Prague – le cimetière sur la colline.

Serait-ce un vestige de ma période « Buffy contre les vampires » ou un traumatisme du à la lecture de Dracula, aussi étrange et morbide que cela puisse paraître l’un des lieux dans lesquels j’aime le plus me promener, rêvasser et visiter est bien le cimetière. Outre les cimetières à l’anglaise pleins de verdures, de ruines envahies par la végétation et de tombes qui semblent pousser de partout – voir l’article sur le cimetière de Highgate à Londres -, j’apprécie beaucoup les cimetières plus « célèbres » qui abritent des gens connus et sont aménagés plutôt comme des parc, à l’exemple du Père-Lachaise.

C’est de l’un des cimetières de Prague dont je vais parler aujourd’hui : le cimetière de Vyserhad. Vyserhad c’est « l’autre château » de Prague, l’ancienne colline qui abrite de vieux remparts construits au-dessus de la Vlatva et qui fait face à la colline de Petrin où se trouve aujourd’hui le centre historique de la ville.

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Pour s’y rendre il faut prendre le métro, ligne C, jusqu’à Vyserhad et de là marcher dix à quinze minutes un peu au hasard entres les murailles, les portes et les entrées de souterrains, ou passages secrets. Devant moi marchait une jeune japonaise toute aussi perdue et qui a fini par faire la route à mes côtés, sans parler. Nous savions toutes les deux que nous allions au même endroit, sans toutefois savoir où, nous nous sommes séparées dès l’entrée dans l’enceinte du cimetière, devant l’église. Le cimetière n’est pas très grand, mais à l’instar du Père-Lachaise à Paris il abrite les plus grandes figures artistiques de la République Tchèque, de Dvorak à Mucha.

Très ombragé, il est organisé autour de l’église et dans une enceinte fermée. Les tombes sont régulières mais des herbes et des plantes poussent de partout et il devient agréable de se promener entre les tombes toutes plus originales et fleuries les unes que les autres, en y cherchant des noms connus.

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La spécificité de ce cimetière réside dans son harmonie décorative typée art nouveau et symbolisme. Le long de la galerie qui clos l’enceinte du cimetière on trouve les tombes les plus prestigieuses, comme celle de Dvorak, avec statues, mosaïques, peintures, et autres décorations ornées de fils d’or.

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Non seulement j’ai été émerveillée par ces tombes qui étaient de véritables œuvres d’art, mais en plus, au moment même où je découvrais enfin la tombe de Dvorak – mon compositeur préféré – les cloches de l’église se sont mises à sonner, non pas d’une musique d’église traditionnelle mais de la Moldau de Smetana. La symphonie résonnait de cette église juchée sur ses remparts au-dessus de la Moldau elle-même (la Vltava en tchèque), dans un cimetière où ne se faisaient entendre que le chant des oiseaux, et les pas respectueux des visiteurs. On est loin de la foule, loin des touristes.

 

 

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J’ai achevé la balade en traversant le parc qui permet d’atteindre le bout des remparts où sont cultivées des vignes. On vy voit la vieille ville non loin et la colline de Petrin en face.

 

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A Vyserhad tout est calme, simple et harmonieux. Le soleil réchauffe juste assez, le vent souffle sur le visage une caresse parfaite, le chant des oiseaux n’est troublé que par les cloches qui sonnent à chaque heure une symphonie différente. Le temps semble s’arrêter, et donne envie de s’arrêter aussi.

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