Week-end en Bourgogne #1

Avril 2019 – vacances de Pâques. 

Comme chaque année, nous partons à la recherche d’un petit coin de France qu’on pourrait découvrir, un endroit pas trop loin de Paris et qui nous permette de profiter du beau temps tout en faisant quelques visites culturelles. Après Rouen, les châteaux de la Loire et le bassin-minier c’est sur la Bourgogne que j’ai jeté mon dévolu, et plus exactement au nord de la Bourgogne.

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La campagne bourguignonne c’est avant tout beaucoup de vert

Notre petit nid se trouve à Epoisses, à mi-chemin entre Avallon et Semur-en-Auxois ; à quelques pas de l’autoroute A6, à l’endroit même où la plupart des bouchons débutent lors des grands départs en vacances. Ça parait anecdotique mais c’est grâce à ces bouchons que j’ai découvert pour la première fois la région : lassé de rouler en accordéon mon père avait décidé de passer par les routes de campagnes pour remonter vers Paris. On avait alors zigzagué entre les collines verdoyantes et c’est un trajet qui m’était resté en mémoire.

Nous voici donc au départ de Paris pour un week-end de trois jours à thème plutôt culturel, j’ai en effet pour ambition de faire surtout trois grosses visites : l’abbaye de Fontenay, le muséoparc d’Alésia et la basilique de Vézelay, le tout agrémenté de villes et villages croisés au détour des routes. En route pour un road trip à tendance médiéval…

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Cloître de Fontenay, on se croirait dans “Le nom de la rose”

L’Abbaye de Fontenay

A 2h30 en voiture et 1h en train de Paris se trouve l’une des plus belles abbayes de France, à mon goût du moins. C’était la troisième fois que je me rendais à l’abbaye de Fontenay, cette institution monastique installée, comme souvent, au milieu de rien, dans un endroit champêtre où ça sent bon le printemps et le calme.

Depuis Montbard la route grimpe un peu avant de longer un cours d’eau des plus bucoliques qui mène droit vers l’ancienne abbaye cistercienne.

Construite entre 1130 et 1147 l’abbaye de Fontenay est un ensemble de bâtiments monastiques obéissant à la règle cistercienne établie par Bernard de Clairvaux. Sans vous faire toute l’histoire des ordres monastiques, l’ordre cistercien se distingue par l’importance qu’il accorde à la pauvreté mais aussi à l’autarcie. L’ordre se veut retiré du monde mais aussi capable de subvenir à ses propres besoins. Les moines doivent donc, en plus d’une activité liturgique – que je ne détaillerai pas ici – s’adonner à une activité économique, par exemple cultiver un potager pour pouvoir se nourrir.

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En général l’ordre cistercien essaie de revenir au dépouillement initial présent dans le message du Christ. Ce dépouillement se traduit architecturalement par un art roman très simple et dénudé, tout en rondeur et couleurs claires, qui est probablement le style architectural que je préfère. A chaque fois que je suis entrée dans  l’église de Fontenay j’ai pu ressentir un véritable apaisement à la vue de ces colonnes nues qui s’alignent, éclairées uniquement par la lumière du soleil qui passe à travers les quelques vitres.

Le plus agréable est sans doute de se balader à travers les divers bâtiments de l’abbaye, de se promener dans ses jardins, d’observer la roue hydraulique et d’imaginer comment les moines ont pu construire un si bel endroit dans un lieu enchanteur qui n’était pourtant au départ qu’un marais.

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Retour au temps de la guerre de Gaules : le Muséoparc d’Alésia

De même que j’avais découvert les heurs et malheurs de la Grande Guerre et de la bataille d’Arras l’an dernier, je me suis dit que passer un week-end dans le coin d’Alésia était peut-être l’occasion de me pencher sur l’histoire de la guerre des Gaules qui, avouons-le, ne m’a jamais passionnée.

Ce qui m’a attiré c’est d’abord l’architecture du nouveau Muséoparc d’Alésia que je trouve assez réussie, mais aussi l’envie d’en savoir plus sur le lieu mythique d’Alésia. Bien qu’on ait longtemps dit qu’on ne savait pas où se situait exactement Alésia, il semblerait que diverses découvertes récentes confirment l’existence d’une bataille de grande ampleur entre Romains et Gaulois non loin de la ville D’Alise-Sainte-Reine en Bourgogne.

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Le Muséoparc d’Alésia: une architecture sympa et originale

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Le musée se compose de plusieurs parties : une exposition temporaire, une exposition permanente sur la bataille d’Alésia mais aussi toute l’histoire des Gaulois et des Romains qui mène à cette fameuse bataille, et une partie extérieure où des ateliers sont proposés. L’exposition permanente demande à elle seule deux bonnes heures et je vous conseille vivement de prendre les audioguides.

J’ai été très contente de cette visite que j’ai trouvée à la fois intéressante, savante et pédagogique. Bref je la conseille à tout mes amis profs d’histoire, ou plutôt de latin qui n’auraient pas les moyens d’aller à Rome mais aimeraient emmener leurs élèves faire une visite historique autour de la civilisation romaine.

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Le dernier champ de bataille d’Alésia c’est cette colline avec es champs de blés et un petit village

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Car le musée ne se contente pas de retracer la bataille d’Alésia : il commence par expliquer le contexte général de la guerre des Gaules,  la rédaction du fameux témoignage de César, mais aussi des modes de vie romains et gaulois au Ier siècle avant J.C. Entre les objets, les vidéos, les cartels et les explications de l’audioguide, la visite est très complète et nuancée ce qui est appréciable sur un tel sujet. J’ai eu l’impression de réorganiser plein de connaissances que je possédais mais que je n’avais jamais reliées les unes aux autres. La dernière partie est en particulier plus que nécessaire puisqu’elle retrace non seulement les découvertes archéologiques mais aussi l’historiographie sur le sujet et la création du mythe gaulois à travers les deux derniers siècles, et notamment lors de la guerre contre la Prusse en 1871 où la France vaincue s’identifiait aux Gaulois vaincus mais valeureux guerriers résistants.

La visite s’achève par une promenade sur le toit de l’édifice avec des cartels qui indiquent les différents lieux de la bataille, on a du mal à y croire aujourd’hui, et une belle vue sur les environs.

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Semur – en -Auxois et sa vieille ville

Villes et villages bourguignons

Entre deux visites culturelles on a tout de même trouvé le temps de se promener dans quelques villages des environs,  qui étaient relativement vides de touristes, ce qui était agréable quoique parfois un peu morne.

En logeant vers Epoisses nous avions aux alentours un certain nombre de villes où nous pouvions trouver une table pour le soir et si nous n’avons pas mangé à Epoisses même, nous avons tout de même pu goûter la spécialité du pays en mangeant un burger à l’époisses dans une vieux restaurant de Semur-en-Auxois.

Mais côté gastronomie c’est à Avallon que j’ai trouvé mon bonheur dans le restaurant « cuisine angeline » qui nous a attiré pour son ambiance tranquille et bon enfant. Il s’agit d’une cuisine du monde qui était vraiment bonne, ça faisait un peu cantine d’habitués,  il faut dire qu’on était affamés. Mais je conseille vivement ce restaurant, même s’il n’est pas un restaurant de spécialités locales.

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Il y avait deux villes que je voulais voir absolument : Semur-en-Auxois dont j’avais un très bon souvenir, et Flavigny pour ses bonbons.

Semur est une ville qu’on aperçoit de loin, impressionnante avec ses hautes tours protectrices et ses ponts qui enjambent la rivière. Ville médiévale elle ne manque pas de charme mais je l’ai trouvée un peu déprimante de l’intérieur avec tous ces commerces vides en attente d’être vendus. Pourtant la population de Semur ne diminue pas, les habitants s’installent aujourd’hui à l’extérieur de la vieille ville, dans des logements neufs. Il reste cependant que Semur est une étape à ne pas passer. La balade en ville puis le long de la rivière suffisant à la faire aimer.

 

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Flavigny n’était pas initialement dans mes plans, mais sa proximité avec le muséoparc d’Alésia ne m’a pas longtemps fait hésité : j’avais envie d’acheter de ces fameux bonbons de l’abbaye de Flavigny que mes parents transportaient régulièrement avec eux lors des longs trajets en voiture.

Flavigny-sur-Ozerain est en effet connue pour plusieurs choses : le village a reçu le label de plus beau village de France, il a été le lieu du tournage du film « Le chocolat » avec Johnny Depp et Juliette Binoche –  qui est un de mes films préféré -, et c’est ici qu’on fabrique les bonbons de l’abbaye de Flavigny. « Un bien bon bonbon » comme l’indique le slogan.

 

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Le village semble étrangement hors du temps, outre la camionnette années 40 qui se trouve à l’entrée de l’entreprise de fabrication des bonbons, le village est encore actuellement un lieu du catholicisme traditionaliste et j’y ai croisé plus de prêtres et de moins que dans toute ma vie – avant d’aller à Assise la semaine suivante. Plus bizarre et désagréable encore, un homme qui sifflait de chez lui « Maréchal nous voilà » avec une fenêtre ouverte sur une place…de quoi mettre légèrement mal à l’aise, j’avais l’impression que la Gestapo pouvait arriver d’un instant à l’autre.

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Pélerinage à la basilique de la Madeleine

En route pour Vèzelay

Pour notre dernier jour j’avais prévu un gros morceau : la mythique basilique de Vezelay, haut lieu de pélerinage, qui surveille la Bourgogne jusqu’à la forêt du Morvan du haut de sa colline. J’avais encore une fois un excellent souvenir de Vezelay, et même si dans mes souvenirs la nef de la basilique était plus blanche, j’ai tout de même retrouvé l’émoi qui avait pu me saisir dix ans auparavant.

Mais avant d’arriver à Vezelay je souhaitais visiter encore un peu de Bourgogne en passant par le village de Montréal puis par la vallée du Cousin pour rejoindre Avallon et enfin faire route vers la basilique.

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Montréal – ancienne ville royale

 

Montréal est un ancien village féodal où aurait vécu la reine Brunehault, reine d’Austrasie et de Burgondie au VI e siècle, et surtout sœur de cette chère Galswinthe qui donne son nom au blog que vous lisez ! Le centre ville aux pierres jaunes s’étend d’une porte à l’autre, des jolies maisons à tourelles se déploient le long d’une rue principale, on n’y croise pas grande monde mais la balade est très plaisante. Je pense même avoir préféré Montréal à Flavigny dans le genre « village français ». Peut-être que c’est son histoire qui me plait davantage, ou la vue qui s’étend sur la plaine, ou encore les jardinets fleuris qui s’alignent sous les fenêtres.

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Nous repartons néanmoins assez vite : direction la vallée du Cousin, ce cour d’eau qui marque la limite d’entrée dans le Morvan. La route qui longe la rivière n’est pas évidente à trouver – si vous venez de Semur il faut passer par Magny puis trouver la route du Meluzien – mais c’est une balade en voiture charmante. Entre les rochers qui forment des gorges quelques rayons de soleil percent à travers les feuilles des arbres et font scintiller la rivière. Le paysage est ponctué de vieux moulins dont certains sont encore en activité. On ralentit pour profiter de ce petit moment hors du temps.

Nous finissons par arriver sur une départementale et quittons le Cousin pour nous diriger vers Vezelay, déjà nous apercevons la basilique qui nous guette. Celle ci se dresse tout en haut du village de Vezelay, au bout de l’unique rue où se suivent ateliers d’artistes et boutiques à touristes. Il faut dire que Vézelay est avec Lisieux l’un des plus gros lieux de pélerinage de France, et ce jour-là en particulier le cloître de la basilique est occupé par des groupes de croyants probablement beaucoup de camps scouts.

 

 

 

Si la ville est déjà occupée sous les mérovingiens c’est à l’époque carolingienne que débute véritablement la vie religieuse, et ce n’est que sous les premiers capétiens, au XIe siècle qu’elle prend l’ampleur qu’on lui connait aujourd’hui. L’abbé en charge de l’abbaye parvient en effet à convaincre ses pairs que l’abbaye possède des reliques de Sainte-Madeleine, Vezelay devient dès lors un lieu de pèlerinage majeur dans l’occident médiéval.

En 1096, le pape Urbain II y prêche la première croisade, on décide alors de l’élévation d’une basilique – sorte d’église avec des privilèges accordés par le pape – mais elle demeure liée à l’abbaye de Cluny jusqu’au XVIIIe siècle.

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La vue depuis Vézelay, tout là bas on distingue le parc du Morvan

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J’étais un peu déçue car la façade et le portail de la basilique étaient en restauration, je me souviens pourtant d’un nartex – en gros l’entrée de la basilique – impressionnant. Mais l’intérieur de l’édifice n’avait rien perdu de sa splendeur. Et par « splendeur » j’entends toujours ce caractère simple mais saisissant des églises romanes. La nef bicolore, les chapiteaux tous différents, ces immenses et fines colonnes qui portent le regard autant à l’horizontal qu’à la verticale, l’impression de calme et de luminosité qui abrite le lieu…tout me plait à Vézelay.

Mais le spectacle ne s’arrête pas à la basilique, le jardin qui s’étend à l’arrière, dont la vue porte jusqu’au Morvan et qui permet d’embraser d’un regard presque toute la Bourgogne, est un lieu parfait pour pique niquer et faire une halte avant de repartir pour d’autres aventures. Nous décidons en redescendant de nous arrêter prendre une bière pour conclure en beauté ce week-end…mal nous en a pris, les prix à Vézelay se rapprochent dangereusement de ceux de Paris ce qui a diminué nettement notre satisfaction.

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Balade matinale dans le château d’Epoisses

Enfin il est temps de repartir, un dernier regard à la Bourgogne et nous nous dirigeons ) travers les collines vers l’A6 qui nous ramène chez nous. Ce week-end en Bourgogne a achevé de me convaincre que la région était trop riche pour en avoir fait le tour si vite, et je lorgne déjà vers des séjours dans le Morvan, ou plus au sud encore vers Macon et la roche de Solutré. Mais plus pratique encore j’aimerai découvrir la ville d’Auxerre et me rendre au château de Guédelon pour voir l’avancée des travaux…bientôt peut-être !

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