Interview d’expat – Lucie à Venise

En 2018, parmi toutes mes bonnes résolutions il y a celle de continuer les interviews d’expats. D’abord parce que j’aime toujours autant ça, ensuite parce que les #HistoiresExpatriées, rendez vous mensuel crée à l’initiative de Lucie du blog L’occhio di Lucie m’ont donné envie d’en savoir encore plus sur tout ces expatriés et tout ces lieux d’expatriation auxquels je n’aurai jamais pensé. Et aujourd’hui c’est justement Lucie qui se prête au jeu du questionnaire d’expat! Si vous voulez en savoir plus sur la vie en Italie, c’est par ici:

  1. Bonjour Lucie! Depuis combien de temps vis-tu en Italie, qu’est ce que tu y fais ?

Buongiorno ! Je suis en Italie irrégulièrement depuis 2011, date de mon Erasmus. Depuis, j’ai posé mes valises à Rome, Ischia, Naples ou Venise… j’y voyage, j’y enseigne le français, j’y ai étudié, j’y ai écrit, j’y ai fait baby-sitter ou jeune fille au pair… beaucoup de choses !

  1. Depuis un an tu nous régales de photos et d’anecdotes sur Venise, mais est-ce qu’il n’y a pas certaines difficultés à vivre dans une ville “musée”?

Beaucoup de villes italiennes sont de véritables musées à ciel ouvert. Il suffit de penser au centre ville de Florence ou aux ruines en plein air de Rome. C’est justement ce que j’aime en Italie : la richesse et la beauté du patrimoine, vraiment hallucinants.

La différence de Venise, c’est que la ville est petite et très, très fréquentée des touristes, bien sûr. C’est désagréable quand je dois marcher dans la rue pour aller au travail, car il faut sans arrêt se contorsionner pour se faufiler entre les badauds qui encombrent les calle étroites ! Mais à part ça, vivre à Venise est un délice et quelque chose de vraiment exceptionnel. Je ne pense pas y passer toute ma vie mais je profite de cette expérience précieuse.

 

  1. Quelles différences évidentes entre Venise et les autres villes d’Italie où tu as pu vivre?

Venise ne ressemble à aucune autre ville. On ne peut la comparer sur aucun point, tout est différent ici ! La vie quotidienne, mais aussi la mentalité, les rythmes, les sons, la lumière… Il n’y a pas que les aspects pratiques qui diffèrent.

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Venise – Le Grand Canal
  1. Comment rencontre-t-on des vrais gens à Venise?

C’est l’obsession de tous les touristes : mais où sont les “vrais” Vénitiens ? Bon, tous les gens sont vrais, qu’on habite Venise depuis 3 jours, 10 ans ou la naissance, mais je comprends ta question. D’ailleurs, à Venise, on parle de « veneziano D.O.C. », d’origine contrôlée, comme pour la nourriture, je trouve ça plus rigolo.

Comme partout, en vivant sur place on rencontre les gens qui vivent aussi à Venise, que ce soit au travail ou dans les commerces. Mais j’ai dit que Venise était différente en tous points, donc pour être cohérente, il y a quand même des particularités en termes de sociabilisation. Comme la ville est petite, et qu’on fait tout à pied, on rencontre très facilement du monde. On n’arrête pas de croiser et recroiser les gens ! Et comme on est souvent dans la rue, il est fréquent de tomber sur une connaissance et de s’arrêter boire un verre au hasard en rentrant du travail.

  1. Est-ce qu’après toutes ces années certaines choses typiquement françaises te manquent encore?

D’un point de vue culturel, certaines choses me manquent, comme l’accès aux livres en français en bibliothèque (j’ai testé la liseuse, je ne suis pas très fan). Le cinéma en V.O. avec des sous-titres en français me manque aussi.

 

  1. Quelles sont les meilleurs habitudes que tu as prises ici et dont tu ne voudrais pas te passer?

Des habitudes alimentaires certainement, j’adore aller manger dehors en Italie. Et ma façon de cuisiner a été transformée radicalement par la découverte de la cuisine italienne, il n’y a pas moyen de revenir sur ça.

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Rome – L’île Tibérine

 

  1. Quelles découvertes as-tu faites aux alentours? Quels sont les prochains voyages prévus?

Récemment, j’ai visité Bassano del Grappa et j’ai découvert un village absolument adorable. Je crois que la Vénétie est pleine de surprises et j’ai l’intention d’approfondir le sujet dans les mois à venir. J’ai aussi prévu d’aller explorer la région des grands lacs au printemps.

 

  1. La question à mille dollars: comment peut-on visiter Venise sans être un gros touriste et participer aux problèmes soulevés par cette industrie?

Ahaha dure question. Cependant, je crois que partout, quand on voyage, on doit se poser la question des effets de nos choix sur les lieux que l’on visite. Ce qui veut dire : s’informer, lire, se questionner ! Avant, j’aimais bien l’idée de faire un voyage sans rien connaître d’un lieu, d’aller à la découverte sans à priori.  Je crois maintenant qu’il faut au contraire chercher à comprendre ce qu’on visite en voyage, et que pour des villes complexes comme Venise, cela passe par comprendre les dynamiques d’une ville qui est unique. Et donc par rapport à cette lecture de la ville, se positionner différemment : déjà, ne pas avoir une attitude de consommateur, comme c’est souvent le cas. Ne pas croire que Venise est un zoo et ses habitants des spécimens en voie d’extinction.

Pour prendre des exemples concrets, si je devais visiter Venise, je ne louerais pas sur Airbnb, j’irais visiter autre chose que la place Saint Marc, j’éviterais de photographier les gens dans leur vie quotidienne, je prendrais mon temps, je renoncerais à l’idée de tout voir et à celle de tout photographier… c’est assez banal en fait, je ne sais pas si j’arrive à m’exprimer clairement.

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Un marché en Sicile

 

 

  1. Quelles sont les idées  politiques ou économiques pour sauver Venise du désastre? Et ton avis là -dessus?

Décidément tu aimes les questions rigolotes 😀 Je ne suis pas trop la politique ici, mais j’ai la sensation que le mouvement général tend plutôt à vendre toujours plus. Quand de nouvelles boutiques ouvrent, ce sont souvent des pizzerias ou des magasins de bonbons chimiques. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait un véritable plan pour préserver le tissu des quartiers.

Cette année, la municipalité a lancé une campagne pour l’année du tourisme durable qui m’a franchement fait rire. On y demande, par des affiches et sur les réseaux sociaux, de ne pas s’asseoir sur les ponts, de ne pas faire de vélo, de ne pas se baigner dans les canaux… en bref, d’avoir un comportement civil et normal. Que cela soit la réponse de la Sérénissime à la thématique bien plus profonde du tourisme durable m’a semblé effarant. En gros, un hashtag, #EnjoyRespectVenice devrait régler les problèmes de la ville ? Il y a probablement d’autres volets à l’initiative mais ils ne sont pas visibles. Les Vénitiens sont pessimistes et c’est peut être une des choses qui me gonfle le plus dans la vie ici : ce poids et ce fatalisme face aux problèmes de la ville.

  1. Régale-nous: quelle est ta spécialité culinaire favorite en Italie?

Mammamia ! Une seule ? Je ne vais pas vraiment être originale, mais si je devais choisir, la pasta alle vongole, les pâtes aux palourdes, a une place spéciale dans mon cœur. Sans parmesan bien sûr !

 

  1. Quelles sont les régions que tu conseillerais de visiter absolument en Italie pour avoir un avant-goût de toute la richesse de ce pays?

Pour moi, n’importe quelle région d’Italie vaut le coup. Ce pays est fascinant, et je ne crois pas qu’il faille nécessairement voir les classiques comme la Toscane plus que les régions méconnues comme la Calabre. Tout est une questions d’envies et de goûts, personnellement je suis une fille du Sud et la Sicile ou la Campania me font tout de suite vibrer, c’est clair. Mais l’année dernière j’ai parcouru l’Ombrie, par exemple, et j’ai halluciné face à la beauté parfaite des paysages qui semblent avoir été peints à la main par un artiste de la Renaissance.

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Naples – Le Castel del’Ovo
  1. Se déplacer en Italie: à velo, en bateau, en train? Ton moyen de transport favori pour voyager ici?

J’adore le train. La lenteur des trains régionaux italiens, qui s’arrêtent dans chaque ville et traversent des paysages bien souvent intéressants, est un régal pour moi.

Mais le traghetto a aussi son charme, surtout parce qu’il permet d’arriver jusqu’aux îles dont le nom en lui-même est déjà un dépaysement et un voyage, comme Ischia, le Tremiti, Ponza ou Pantelleria…

Pour certains voyages, cependant, la voiture me semble indispensable pour arriver jusqu’à certains sites qui ne sont pas desservis, à moins de faire du stop (mais l’Italie est un pays ou le stop marche très mal).

  1. Comment t’y prends tu pour réaliser un guide de voyage?

Olala, j’ai écrit un article entier sur la question ! Déjà, je n’ai jamais créé de guide, seulement mis à jour des éditions déjà établies. Mon travail est donc d’abord de documentation, de recherche, puis d’organisation. Je programme l’enquête, les lieux à visiter, pointe les choses à vérifier, à partir d’une version du guide précédent fournie par l’éditeur. Ensuite vient l’enquête sur le terrain et le relevé des informations. Toutes les techniques sont bonnes : photos, notes, dessins, et accumuler brochures, dépliants, etc. De retour d’enquête on passe à l’élaboration, la mise en forme et la rédaction. Puis viendront les questions de l’éditeur, les modifications, demande de précision, révisions, pour arriver à un résultat le plus pertinent possible.

  1. Dernière question : D’autres villes Italiennes où tu te verrais t’installer?

Bologne, Gênes, Palerme, Naples, Lecce ou Syracuse… certaines villes m’attireraient bien pour quelques mois, d’autres un peu plus longtemps, mais la condition est pour moi toujours la même : pas trop loin de la mer…

Ciao 2017

J’avais moyennement envie de faire mon bilan 2017. Il ne s’est pas passé grand-chose cette année et la nouvelle de la mort de Julie Sarperi du merveilleux blog les carnets de traverse m’a beaucoup choquée. Julie doit être la première blogueuse que j’ai suivie, elle m’a fait rêver et m’a donné envie d’ouvrir un blog pour parler voyage. J’aimais sa poésie, j’aimais son idée des stickers voyageurs et j’en avais commandé quelques-uns. Aujourd’hui j’ai toujours ce mot écrit de sa main dans ma boîte à souvenirs, heureuse de cette gentille attention et de faire partie d’une petite communauté de blogueurs voyageurs. Mourir si jeune après avoir eu un enfant force à se poser des questions et à réfléchir un peu à l’essentiel.

Pendant quelques jours je n’avais plus trop envie de bloguer et de voyager mais seulement de rester chez moi avec famille et amis. Les hommages qui ont été faits sur les différents blogs m’ont redonné envie  et en lisant les nombreux bilans je me suis dit que c’était tout de même bien et que j’aimais résumer mon année en photos. Alors allons-y.

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Invention importante de 2017 – Le cappuccino préparé par l’amoureux tous les dimanches

2017 une année assez stressante mais moins angoissante

Malgré tout le stress que la recherche d’emploi peut produire, surtout le fait de ne jamais savoir si son contrat va être renouvelé, cette année fut moins propice aux doutes : j’ai trouvé un emploi en Bibliothèque Universitaire dans le quartier latin jusqu’en avril et je savais que je souhaitais postuler derrière en bibliothèque municipale, où j’ai vite trouvé un petit contrat. Je ne suis jamais sûre d’avoir du travail, d’ailleurs j’en cherche actuellement, mais je sais vers où orienter mes recherches.

 

 

J’ai véritablement découvert cette année le travail de bibliothécaire et je peux dire que ça m’a plu. Peut-être que je ne ferais pas ça toute ma vie mais je me suis sentie agréablement dans mon élément et en même temps un monde tout nouveau s’est ouvert à moi. Ce fut un bon équilibre entre travail, loisirs et découvertes.

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Une journée de catalogage en Bibliothèque

La littérature oui, beaucoup !

En travaillant en bibliothèque on croise forcément beaucoup de passionnés qui nous transmettent des envies de lire certains livres, de voir certains films. J’avais l’impression d’ajouter chaque semaine une dizaine de livres sur ma pile à lire et c’est une chose qui me manque depuis que je ne travaille plus. Je ne me souviens pas avoir autant lu que cette année et j’ai lu un peu de tout : des récits de vie, des fictions, des essais et beaucoup beaucoup de livres jeunesse. Certains livres ne m’ont laissé aucun souvenir, mais beaucoup m’ont complétement accrochée. Premier de cordée, de Frison-Roche ; L’ombre du vent, de Carlos Luis Zafon, Désorientale de Negar Djavadi, sont probablement mes trois préférés avec un amour particulier pour le 1er.

 

 

Je vous ai déjà parlé ici de mon amour pour la littérature jeunesse. J’ai osé me remettre à lire des livres qui ne sont à priori pas de mon âge, parce que c’était mon métier et parce que rien ne permet  de partir dans un univers fantastique comme les romans jeunesses.

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Inktober challenge

Cette année je me suis donc laissée du temps pour les activités créatrices : je vous ai parlé de l’inktober ici et j’espère continuer à dessiner en 2018. J’ai notamment acheté un kit complet d’aquarelle et j’espère bien réussir à créer de vrais carnets de voyage lors de mes prochaines excursions (l’une d’elles se prépare en ce moment même avec la seule et l’unique Jéromine de l’archivoyageuse). Mon prochain grand défi créatif sera sans doute le NaNoWriMo qui me fait de l’œil depuis des années, je me prépare psychologiquement, mais j’espère avoir le courage de me lancer dedans.

 

 

 

 

 

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Février – 1er weekend de l’année à Bourges!

Voyages encore et toujours

Comparée à d’autres années la catégorie voyage a été plutôt soft : pas de grand voyage au loin mais beaucoup de week-ends par ci par là. C’est une façon de faire qui me convient assez : partir un week-end permet de découvrir la France sans avoir à poser des jours. A part un road trip de 10 jours en Grèce, le premier avec mon amoureux, je ne suis jamais partie longtemps, ça m’a manqué bien sûr mais je n’ai pas été si frustrée que ça.

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Mars – Passage par la capitale normande: Rouen! Malgré la pluie j’ai adoré.

 

J’ai la chance d’avoir des copines aussi bizarres que moi et qui proposent des weekends improbables – Bourges et Dijon ne font a priori pas rêver – et j’ai découvert que mon copain aimait beaucoup partir en voiture avec toute la liberté que ça procure. Nous avons donc pu visiter Rouen et les abbayes du bord de Seine dont je vous parlais ici, et les fameux châteaux de la Loire pour le dernier superbe weekend de l’été indien.

 

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Avril –  organisé (pour moi) au dernier moment , weekend à Bologne et visite de la ville de Ferrare

J’ai quitté la France trois fois : j’ai commencé l’année 2017 à Edimbourg en grimpant Artur Seat, c’était une excellente ascension pour bien débuter l’année ! Je suis partie un long week-end avec Jéromine pour visiter la belle Bologne. Le choix était stratégique : à mi-chemin entre nos deux pays, mais c’était surtout une superbe découverte. J’avais oublié à quel point il est facile de se déplacer en Italie, à quel point j’aimais l’Italie, et comme c’était agréable de se donner du temps pour faire les choses. On a surtout bavassé, refait le monde, et testé mon nouveau filtre polarisant : vous pouvez lire tout ça ici.

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Mai – ENFIN je visite les serres d’Auteuil !

 

Ce fut ensuite la Grèce sous la chaleur et le beau temps, j’y ai dédié plusieurs articles avec mes coups de cœurs : Delphes, Mycènes et la péninsule du Pélion. Ces vacances m’ont donné envie de revenir très vite dans ce pays : Thessalonique me fait de l’œil, je ne connais rien de sa côte est,  et les ruines macédoniennes du nord semblent passionnantes. Je conseille ce pays à tous : pas si loin, pas si cher et magnifique !

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Juin – la Grèce aussi belle que prévue: ses îles, ses ruines, ses plages et ses villes!

 

 2018 je me fixe de continuer les weekends en France pour visiter les villes mais aussi certaines régions : je lorgne depuis quelques temps sur le bassin minier, j’aimerais aussi beaucoup retourner en Bourgogne au printemps. Si le portefeuille me le permet je serais bien tentée par un long weekend à l’étranger : je n’ai jamais vu Lisbonne, Stockholm et Dublin.

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Juillet – je retrouve l’Alsace pour y faire quelques randos. Ici le village de Kaysersberg vu du château.

 

Malgré un court séjour en Alsace je dirais que ce qui m’a le plus manqué en 2017 ce sont les montagnes et les randonnées. Ma bonne résolution c’est de me prévoir au moins un weekend de rando dans l’année : les calanques du sud ou le tour des aiguilles rouges, mon cœur balance encore.

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Août et septembre à Paris – c’est tellement agréable de se promener l’été dans cette ville!

 

 

Retourner en Italie. Ca a été ma grosse frustration de cette année : je n’ai pas pu retourner dans le village de mon copain. Ca m’avait tellement plu la première année que je ne pensais qu’à ça, j’avais envie de revivre les fêtes de village, le café au bar, la foule qui sort à 22h, et la farniente sans culpabilité. Malheureusement contrats en CDD obligent je n’ai pas toujours le choix de mes vacances et j’espère que cette année je pourrais m’y rendre !

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Octobre – Les châteaux de la Loire sous l’été indien.

 

Un petit bouleversement en 2018 ?

J’espère finalement continuer 2018 comme 2017 : approfondir ma connaissance du travail de bibliothécaire en trouvant un travail, profiter des moments à Paris, organiser des sorties, des weekends et des vacances. J’ai pris la résolution d’être plus manuelle : je voudrais conduire plus et surtout je me mets officiellement à la cuisine ! Une vie somme toute très simple, sans drama et avec beaucoup de routine.

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Décembre – On s’échappe un dernier weekend pour visiter Dijon et Beaune! Grosse envie de retourner en Bourgogne aux beaux jours.

 

Oui mais une routine qui va être un peu bousculée dès mars par l’arrivée de mon neveu. Je ne peux même pas dire combien j’ai hâte de voir sa tête et de l’aimer ! Mais avant ça un gros voyage m’attend, le genre qui valait bien le coup de rester de nombreux mois à Paris et qui fera forcément de 2018 une année pleine de promesses !

Blogs

J’avais envie de finir en vous parlant un peu des découvertes blogging que j’ai faites, je ne vais pas vous cacher qu’il y en a peu. Si je n’hésite pas à suivre les gens sur instagram, je ne suis en fait que très peu de blogs: Mathilde (le blog de Mathilde à Boston), Victoria Juliette (jenesaispaschoisir) et Lucie (l’occhio di Lucie) sont les principales. Cependant j’ai découvert récemment le blog de Mi-fugue, mi-raison et j’attends avec impatience chacun de leurs nouveaux articles. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas autant accroché à un blog. Ça valait le coup d’en parler!

Enfin en ce qui concerne les stats du blog elles sont plutôt en baisse mais il est difficile de juger car le blog a changé de nom, d’adresse et a été invisible pendant près d’un mois. Si je m’en remets à wordpress vous avez été 3128 à venir ici depuis avril/mai dernier et vous avez effectué 4959 visites (en comparaison vous étiez 3104 pour près de 6000 visites en 2016).  Les articles les plus lus ont légèrement changé: même si l’article sur les randos dans le parc du Durmitor reste le number one de loin, vous avez aussi consulté mon article sur Naples et sur le XIIIe street art.

Pour achever ce (trop) long article je vous souhaite à tous une très bonne année 2018, pleine de voyages, de découvertes, de lectures, et comme on dit en Alsace… SURTOUT LA SANTE!

Interview littéraire – Livia et les livres d’Art jeunesse

Je me suis vite aperçue que je n’étais pas la seule dans mon entourage à nourrir une certaine passion pour la littérature jeunesse. Alors j’ai eu envie d’interroger mes proches pour savoir ce qui leur plaisait dans cette littérature, comment ils en étaient venus à là. Plus généralement j’aime beaucoup interviewer les gens sur leurs passions, leur vie et je compte publier plus souvent ce genre de questionnaire sur la littérature, les expatriations ou plein d’autres choses.

Aujourd’hui je vous laisse avec Livia, ma copine éditrice, avec qui ce fut l’amitié au premier regard, elle a une vision bien particulière de l’édition jeunesse, une vision à laquelle tout le monde ne pense pas…

Depuis quand tiens-tu une collection de livres jeunesses ? Quand t’est venue cette idée ?

Je dirais qu’il y a eu plusieurs étapes. La première fois que je me suis rendue compte que ce type de livres pouvait m’intéresser, j’avais 21 ans. J’étais en stage au Mac/Val, le musée d’art contemporain du Val de Marne. Il y a là un centre de documentation qui présente un panorama de l’art des XXe et XXIe siècle. Les documentalistes y présentaient le travail  de l’artiste Philippe UG, connu notamment pour ses livres animés. J’ai trouvé son travail intéressant et surtout abordable : j’étais étudiante.

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La collection de Livia

 

 

Quelques mois plus tard, mon père, qui s’intéresse depuis longtemps aux constructivistes et aux suprématistes russes, nous a offert à ma sœur et à moi deux duplicatas de livres d’art jeunesses parus aux éditions MeMo dans la collection « Les Trois Ourses » : Les 2 carrés d’El Lissitzky et Les Animaux à mimer d’Alexandre Rodtchenko. Il m’a également offert Filourdi le dégourdi, conte yiddish illustré par El Lissitzky et édité par Le Sorbier. C’est donc par le biais de l’art moderne et contemporain que j’en suis venue à m’intéresser au livre jeunesse, ou plutôt au livre d’art jeunesse.

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J’ai ensuite continué à explorer ce secteur en grande partie grâce à mon filleul. Depuis qu’il est enfant, il adore l’origami. Avec ma sœur, on s’est dit qu’il fallait qu’il se rende compte du don qu’il avait et des merveilles qu’il pourrait faire s’il persévérait dans cette voie. Alors pour titiller sa curiosité, nous lui avons offert de magnifiques livres animés. Nourrir sa passion a nourri la mienne. Et en regardant les ouvrages qui pourraient lui plaire, je suis tombée sur des artistes remarquables. J’ai commencé à acheter leurs livres, et c’est comme ça qu’un embryon de collection est né.

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Abécédaire de Kveta Pacovska – A l’infini

As-tu un auteur favori ? Pourquoi ?

J’aime beaucoup  le travail de Kveta Pacovska. Ça été immédiat. Le premier ouvrage que j’ai acheté est un abécédaire paru aux éditions du Panama : A l’infini. J’adore cet ouvrage. Il commence par une adresse à l’enfant :

« Les lettres : l’architecture du plaisir. Tu peux envisager ce livre de plusieurs façons : soit comme un livre classique, et en tourner les pages, soit comme une sculpture de papier à travers laquelle tu vas te promener.

Tu peux regarder chaque lettre, toucher chaque lettre, considérer chaque lettre de façon formelle ou lire chaque lettre à haute voix.

Chaque lettre a son propre son, sa propre forme et sa propre couleur. Note leurs différences quand tu les prononces, quand tu écoutes le son de ta voix. Voici donc ma ville de papier : amuse-toi bien ! »

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Kveta Pacovska – Hansel et Grëtel

L’expérience que l’artiste propose au lecteur n’est pas seulement visuelle ; elle est totale : on voit, on touche, on entend. Et on réfléchit à la question du langage, à la représentation du son. L’enfant n’apprend donc pas que les lettres et les chiffres. C’est peut-être récurrent dans les livres de ce type, mais celui-ci se démarque par sa fantaisie et sa diversité. Il recèle de surprises. Et surtout, il est truffé de références visuelles à l’art du XXe siècle. Impossible de ne pas penser à Paul Klee, à Malevitch, aux dadaïstes en le parcourant. Un vrai bonheur pour les yeux et une initiation ludique à l’histoire du regard. J’ai ensuite acheté Après le Pont noir et Couleurs du jour aux éditions Les Grandes Personnes, et une version d’Ansel et Gretel chez minedition.

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J’ai dernièrement découvert aux Trois Ourses un autre artiste passionnant : Katsumi Komagata, un Japonais. Ses livres sont très poétiques. Je pense par exemple à l’ouvrage a cloud. Dans ce travail tout en blanc, on suit de page en page l’évolution d’un nuage. C’est très simple ; magnifique. Le livre Du Bleu au bleu retrace la vie des petits saumons, de la rivière à la mer. Chaque page est réalisée dans un papier différent, dans la gamme des bleus. J’ai pu admirer d’autres ouvrages de cet artiste à la galerie du Boulevard Voltaire. Ils sont tout aussi beaux.

 

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Philippe UG – Tout au fond

 

Comment choisis-tu les livres que tu achètes ?

Je fonctionne à l’émotion. Il ne suffit pas que je trouve un ouvrage intéressant pour l’acheter. Il faut qu’il me transporte. L’idée n’est pas d’acheter tous les livres animés pour faire collection. Non, je n’achète que ce qui m’emballe. Je feuillète, je lis. Parfois, souvent même, ça ne donne rien. Je regarde les ouvrages essentiellement en librairie. Pouvoir les toucher, les regarder sous tous les angles, apprécier leur fabrication participe de l’expérience. Je ne suis pas une passionnée. Je ne connais pas grand-chose à l’histoire de l’illustration et ne fais rien pour combler cette lacune. Connaître tous les illustrateurs ne m’intéresse pas. Ce que j’aime, c’est aller en librairie, faire une découverte presque fortuite et ramener mon trésor chez moi.

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Yusuke Oono – 360° Mont Fuji

 

Quel est ton rapport à l’objet livre ?

Je le feuillète parfois seule mais surtout j’aime le montrer, partager ma découverte. Je le fais avec mes proches, ceux susceptibles d’apprécier le livre autant que moi. Mettre les ouvrages en exposition ne m’intéresse pas car il faut les tenir dans les mains pour vraiment les apprécier.

Les livres que je m’achète ne sont pas forcément ceux que j’offre, et vice-versa. Quand j’offre un ouvrage, je prends beaucoup de temps à le chercher. Et je ne le fais pratiquement qu’avec ma famille. Je dois connaître la personne intimement pour que le cadeau résonne en elle. Le livre est un don que je fais à la personne mais également à notre amitié. Parfois le livre s’impose à moi comme une évidence. Je l’achète alors et j’attends une occasion pour l’offrir.

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A part les livres jeunesses, as-tu une autre passion livresque ?

En fait, comme je te l’ai dit, je ne collectionne pas les livres jeunesses mais les livres d’art. Le livre jeunesse est un incroyable terrain de jeu pour les artistes. Mais il y en a d’autres : les bandes dessinées par exemple. J’adore ça. J’ai pratiquement appris à lire avec Tintin et Alix. Au collège, ma mère m’a achetée tous les Névé de Dieter et Lepage. Ce n’est plus ce que je préfère aujourd’hui mais qu’est-ce que j’ai pu les aimer. J’aime le travail graphique des dessinateurs mais également le rapport du texte et de l’image ; l’humour aussi.

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J’ai des BD assez différentes les unes des autres. J’adore Pinocchio de Winshluss paru chez Les Requins Marteaux, moins pour le dessin que pour l’histoire. Cet ouvrage me fait vraiment rire ; j’aime son côté provocateur.

Dans un tout autre style, j’aime la série d’Emmanuel Guibert sur Alan paru à L’Association. Cette fois son propos m’intéresse moins que le traitement de la page. Son travail en noir et blanc est impressionnant dans les deux premiers volumes. Et ensuite, quand il repasse à la couleur dans Martha et Alan, que c’est beau ! Comme un réalisateur qui passerait des films en noir et blanc aux films en couleurs.

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El Lissitzky – Les deux carrés

Je n’achète pas que des livres. J’ai également quelques lithographies et tableaux. J’ai beaucoup de travaux de ma sœur qui est architecte et plasticienne, mais également des œuvres de plusieurs artistes comme Bernard Jouanne, un extraordinaire peintre qui vit au Vigan, dans le Gard. Les livres jeunesses ne sont donc que la face émergée d’un iceberg formé par mon intérêt pour les arts visuels et la création contemporaine dans toute sa diversité.

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Libraire du Livre animé. Quand vous poussez la porte c’est un immense atelier empli de livres qui vous attend.

 

As-tu une librairie à conseiller ?

Comme je te le disais plus haut, je ne suis pas une spécialiste. Je ne connais pas énormément de lieux. Néanmoins, il y a quelques librairies que j’apprécie. La première est la boutique du livre animé située au 3 rue Pierre l’Ermite, dans le 18e arrondissement. Tu ne la vois pas de l’extérieur. Il faut sonner, et quand tu pousses la porte… Ils organisent régulièrement des expositions. J’aime bien ce lieu.

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Librairie personnelle de Livia

Je vais également souvent à la librairie Le Monte-en-L’air, au 71 rue de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement. Au fond de la boutique, il y a un espace consacré aux arts graphiques. Il faut fouiller ; on peut trouver des œuvres assez surprenantes. Les Trois Ourses ont une librairie-galerie au 200 Boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement. Tous leurs ouvrages sont intéressants. Et puis il y a également les librairies des musées. Elles tendent de plus en plus à développer la partie livre jeunesse.

 

 

Chronique parisienne – Un automne à Paris

Déjà l’époque des calendriers de l’Avent et je n’ai même pas eu le temps de poster sur l’automne à Paris. Il s’agit pourtant de ma période préférée : quand la douceur des premiers jours d’octobre croise les couleurs chatoyantes des arbres qui perdent leurs feuilles. Malgré tout j’ai envie de faire un petit pêle-mêle de ce dernier mois avant de plonger dans la période Noël.

En vivant dans différents quartiers de Paris on se crée de nouveaux QG et en ce moment c’est au Sud du Vème arrondissement que j’ai élu domicile. Entre la bibliothèque spécialisée dans les métiers du Livre et le super cinéma La Clef qui passe toujours les films que j’ai oublié d’aller voir, je passe mon temps au café de la Grande Mosquée. Contre le froid des bâches ont été installées et des convecteurs électriques chauffent agréablement. Le thé n’est pas cher, les gâteaux sont bons et on se croirait presque en vacances. La neige est arrivée et c’est un temps idéal pour profiter du hammam entre copines. Bien sur ce n’est pas un hammam typique, on y trouve surtout des Parisiennes ou des touristes, rien de très dépaysant mais je le recommande chaudement !

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Depuis la bibliothèque Buffon une nouvelle vue de Paris s’offre à moi. La tour de Jussieu au loin, le jardin des plantes au premier plan.
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Fascinée par l’ambiance XIXe siècle qui se dégage de ce jardin et de ses bâtiments. Si on observe bien on voit des crânes de rorquals ou de tyrannosaures depuis les fenêtres.

Vous reprendrez bien un podcast?

J’ai passé l’essentiel de mon temps chez moi, parce qu’avec le temps gris c’est dur de sortir de son plaid, mais j’ai tout de même découvert quelques nouveautés culturelles ce mois-ci, à commencer par un certain nombre de podcasts – facile en période d’hibernation :

  • La fabrique de l’Histoire : Les jeunes filles – La fabrique de l’Histoire c’est cette émission historique sur France culture qui change de thème chaque semaine. Des  historiens ou des thésards se succèdent pour parler d’un sujet en lien avec leurs travaux de recherche. C’est souvent très précis et en tant qu’ancienne étudiante en histoire j’adore. Le thème des jeunes filles s’est avéré forcément un peu féministe mais surtout passionnant : les émissions concernaient les jeunes filles de la campagne au début du XXe, l’éducation sentimentale et sexuelle des jeunes filles au XIXe et les jeunes filles rebelles du XXe. Trois sujets assez variés et qui permettent d’en apprendre beaucoup !
  • La Poudre – émission de Christine Bard – Je n’écoute pas tous les épisodes de La Poudre, mais difficile d’éviter celui de Christine Bard à la fois féministe et professeur d’histoire spécialisée dans l’Histoire des femmes. J’adore quand ce sont des universitaires qui sont reçues par Lauren Bastide parce que les questions de l’animatrice parfois un peu naïve – comme nous toutes – se complètent bien avec les réponses très nuancées et réfléchies des interviewées. Cet épisode est absolument à écouter !
  • La compagnie des auteurs : J.K. Rowling – J’ai découvert cette émission de France culture il y a peu et j’ai envie d’écouter toutes les émissions maintenant. 4 épisodes sur J.K. Rowling et Harry Potter sous toutes ses facettes : la politique, la philosophie, la société. C’est l’occasion de s’interroger sur les littératures du merveilleux et de la fantasy et sur leur apport. Passionnant pour tout ceux issus de la génération Harry Potter.

 

 

 

 

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Avant l’averse de neige le jardin des plantes est désert.

 

 

 

Le cinéma d’automne en berne

Malgré le froid des derniers jours – dernières semaines – je me suis aussi forcée à sortir un peu : je suis retournée au cinéma, même si ça demande une motivation hors du commun, pour ENFIN voir Téhéran Tabou  qui était aussi peu drôle que je le pensais mais fichtrement intéressant. Moins dur j’ai vu La Villa de Robert Guediguian. Sans être wahou j’ai passé un bon moment dans les calanques, il faut aimer le travail de Guédiguian pour apprécier vraiment ce film qui est un peu lent peut-être, et très théâtral. Je le conseille cependant, et comme l’a précisé le réalisateur : il faut aller voir un film dans la première semaine, c’est là que le nombre d’entrées compte pour savoir si le film restera en salles.

 

 

 

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La saison des livres, pas celle des musées

Côté musée j’ai été assez molle : j’ai renoncé à l’expo Dior toujours blindée et je me suis reportée sur l’expo Pastels au Petit Palais. Il y avait la queue et beaucoup trop de monde. Le travail des pastels est impressionnant et on se demande toujours comment ces artistes ont pu faire de telles œuvres avec cette technique. Ca donne carrément envie de tenter à son tour. Je n’ai été vraiment subjuguée par aucune œuvre, à part les œuvres symbolistes (Odilon Redon en premier toujours), mais pour ceux qui s’essaient à diverses techniques de dessin, cette expo est très intéressante.

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Enfin arrive décembre. Avec la neige la magie de noël est bien présente, on commence à courir dans les magasins et à rédiger des listes pour soi et pour les autres. A s’étonner du thème bizarre des vitrines de noël  cette année – les pigeons ? Vraiment ? Ils n’ont que ça pour représenter Paris ? J’adore acheter des cadeaux, j’adore en recevoir donc cette période me va très bien même si fort mercantiliste, je sais. Mais Noël c’est  l’occasion d’ acheter tout plein de livres pour les autres, et donc de les lire avant de les offrir. Un petit passage au salon du livre jeunesse de Montreuil m’a permis de dépenser tout l’argent que je n’avais pas et de découvrir de nouveaux éditeurs.

 

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Moment créatif au Palais Royal envahi par les étudiants en Art.

 

 

 

Les péchés mignons…

Décembre c’est aussi le moment où je cède à une obsession un peu honteuse : les miss. Je me suis abonnée à miss univers sur instagram et ne cesse de regarder les stories d’Iris Mittenaere. Allez savoir pourquoi, quelque part ça me fait rêver. Même si on ne trouve pas moins féministe comme programme télé, Madame Miss France a dit que c’était la seule émission où les femmes étaient en majorité à une heure de grande écoute, il serait intéressant d’en faire quelque chose et d’en profiter. Affaire à suivre…

Thank you @michael5inco for this amazing dress ❤️ #finalwalk #missuniverse

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Rempli de petits riens ce mois de novembre a été finalement assez riche et je suis motivée pour voir plus d’expositions ce mois-ci, il faut dire que la saison va bientôt se terminer. Entre la famille, les sorties et un weekend en Bourgogne le mois de décembre risque d’être bien occupé !

 

Inktober – retour d’expérience

Je n’ai jamais été très douée en dessin. Quand j’étais petite et qu’on faisait de la peinture avec ma cousine, ma grand-mère me félicitait toujours sur mon choix des couleurs. J’en étais très fière mais j’ai vite compris que cette qualité de coloriste montrait surtout que ça péchait pas mal ailleurs – j’ai toujours dépassé dans mes coloriages par exemple. Même si je me suis dès lors tournée vers une autre activité artistique – l’écriture – j’ai toujours eu envie de dessiner et surtout de faire jouer les couleurs !

J’avais regardé de loin l’Inktober 2016, j’avais aimé le concept mais ça ne me concernait pas encore. Cette année ma copine Jéromine – toujours la même – ne m’a pas trop laissé le choix : on le faisait ensemble et on allait jusqu’au bout. 

Spoiler alert: on n’est pas allées jusqu’au bout…

Même si finalement nous n’avons PAS réussi à faire tous les thèmes, cette expérience créative était vraiment enrichissante et ça valait bien un article!

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Liste des thèmes de l’Inktober 2017 – certains sont bien plus inspirants que d’autres.
  •  Inktober qu’est ce que c’est ?

C’est un challenge de dessin crée en 2009 par Jack Parker. Le principe est simple : faire un dessin à l’encre « Ink » par jour au mois d’octobre. A chaque jour correspond un thème, la liste des thèmes c’est Jake Parker qui la dévoile quelque jours avant le lancement du challenge.

Chacun fait son Inktober comme il le veut : le but est uniquement de se forcer à faire marcher sa créativité et s’entraîner chaque jour au dessin. Certains suivent leurs propres thèmes, d’autres n’utilisent pas que de l’encre mais de la peinture, du pastel, de l’aquarelle, …

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1er dessin de cette session d’Inktober. Je n’étais pas trop mécontente.

 

Pour ma part, même si j’ai essayé de  tenir le rythme j’ai vite été en retard : il suffit d’avoir un resto avec des copines après le travail pour ne pas avoir le temps de dessiner chez soi. Malgré ma volonté de finir il me reste trois thèmes auxquels je n’ai pas touché : United, Mask et Found. A la fin je les ai faits

dans le désordre – foutu pour foutu autant dessiner ce qui m’inspirait. Enfin je n’ai pas utilisé que de l’encre mais aussi beaucoup d’aquarelle.

Bref chacun fait comme il veut : tenter l’Inktober c’est s’astreindre à sa propre rigueur et l’adapter en fonction de ses envies et de ses capacités.

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J’avais envie d’un grand voilier avec moult détails, mais pour une fois je suis restée réaliste et je me suis contentée d’un bateau viking.

 

  • Soyons créatifs !

Comme vous le voyez certains thèmes sont très larges, d’autres très abstraits, et d’autres encore pas du tout inspirants, c’est ce qui fait l’une des difficultés de l’Inktober. En essayant de suivre les thèmes on peut parfois éprouver un grand vide, on n’a aucune idée de quoi dessiner.  Et ça fait partie de l’exercice !

On sait très bien aujourd’hui que la contrainte peut libérer la créativité: ne pas avoir d’idée immédiate force à faire travailler son cerveau, son intuition, son observation du monde et permet de trouver des ressources totalement inconnues. Quand je n’avais aucune idée pour le thème du jour je me mettais à regarder partout autour de moi : les gens dans le métro, les livres sur la devanture des librairies, les affiches des abri-bus, …

Surprise ! Les meilleurs idées arrivent souvent quand on n’en a pas.

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Inspiré de “La leçon” de Mickaêl Escoffier avec des illustrations de Kris Di Giacomo

J’ai souvent beaucoup mieux réussi les dessins qui me venaient d’une idée subite que ceux que j’avais déjà prévus des jours à l’avance. Cette contrainte, et le fait que je trouvais souvent mes idées tard le soir m’ont forcée à réaliser des dessins moins ambitieux et finalement plus rigoureux et concentrés sur des détails.

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Assez fière de mon grimpeur je l’avoue.

Enfin j’ai développé une astuce, que j’ai vue chez d’autres : j’ai choisi un personnage – dans mon cas il s’agit d’une petite fille avec un ciré jaune – que j’adaptais à chaque thème dès que je manquais cruellement d’idée. Je lui ajoutais des objets, je la plaçais dans différents décors. La réunion de ces deux contraintes – un thème, un personnage – permet à l’esprit de ne pas partir dans toutes les directions et de trouver plus vite l’inspiration.

 

 

  • Découvrir son style : constater ses points faibles et progresser.

Dessiner chaque jour c’est aussi l’occasion de faire le point, d’observer des similitudes entre ses dessins et de voir ses points faibles et ses points forts.

En comparant mes Inktober avec ceux de Jéromine on s’est aperçues que je voyais toujours les choses en très grand, et elle en bien plus petit. J’occupais l’intégralité de la page pour représenter des scènes, elle en occupait une partie pour présenter un détail. Résultat : mes dessins étaient peut-être plus ambitieux mais moins bien réalisés car je passais peu de temps sur les détails ; les siens étaient parfaits sur le plan de la réalisation mais auraient peut être mérité d’être compris dans une scène plus grande. Ce constat nous permet aujourd’hui de travailler sur ces défauts et d’apprendre de l’autre.

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2e jour d’inktober – Faisons simple, faisons Moïse qui divise les eaux.
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Je pensais à ce dessin depuis longtemps (squeak = le bruit des glaces qui se fendent), et je suis finalement assez déçue de mon brise-glace.

J’ai trouvé que c’était aussi le moment de se forcer à dessiner des trucs qu’on n’aime pas ou qu’on n’a jamais fait. J’ai profité de certains thèmes pour apprendre à dessiner l’anatomie humaine et animale – le fait de n’avoir jamais eu de cours de dessins m’embête beaucoup, je ne sais pas du tout par où commencer, comment trouver les proportions, etc. Avec le recul ce sont peut-être mes dessins préférés. J’ai pris des modèles et je me suis appliquée, non pas pour faire un beau dessin, mais pour apprendre.

 

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Inspiration: une photo d’éléphant trouvée sur google, j’ai décoré à ma façon.

 

Je précise que j’ai presque toujours utilisé des modèles, des inspirations, sauf pour quelques dessins – notamment ceux de ma petite fille en cirée – je m’excuse d’avance si certains modèles ne sont pas cités, c’est que je ne m’en souviens plus.

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Nature morte. Ce n’est pas ce que je préfère mais c’est un bon moyen d’apprendre l’aquarelle.

 

  • Faire le plein de comptes instagram de dessinateurs

Chaque jour il suffisait de taper le thème et de trouver des milliers de dessins, certains magnifiques : et j’ai profité de ce mois pour découvrir des artistes, ou juste des gens qui aiment dessiner, et renouveler un peu mes abonnements instagram, je vous en présente quelques uns ici.

 

Inktober Day 21: FURIOUS – Grigor Bagrat, an influential land owner from the 2nd Kingdom, discovered that 3 days ago one of his southern sheep ranches was wiped out by hungry trolls. He's required by his insurance to personally travel there to assess the damage in order to make a claim. Which means he's missing the annual tri-kingdom poker tournament. To top it off, rain soaked his favorite pipe and he just can't even right now. #inktober2017 – Inktober shirts are back! Last round to get one then they won't be for sale until next year. Link in the profile⬆️⬆️ #inktober #furious #characterdesign #drawing #sketches #marker #brushpen #comicart #comicartist #inking #drawing #ink #drawingchallenge #pendrawing #sketch #illustration #jakeparker #copic #copicgasenfude #artistsoninstagram #artists #artnews #ink #brushpen #penandink – Pens and paper I'm using + more of my tools: @jakeparkertools

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jakeparker

L’instigateur de l’Inktober. Incontournable.

#Crooked for #inktober2017day8 #malashonok_illustrations #inktober #inktober2017

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Malashonok_a

Anastasia Malashonok est une artiste biélorusse (je crois) et je suis tombée amoureuse de certaines de ces illustrations. C’est une ambiance particulière, pas vraiment funky, avec des couleurs un peu sombres et des traits simples, presque naïfs. J’adore.

 

Yampiri

Photographe et artiste turc. Ces inktober sont très variés, en noir et blanc et assez inspirants. Le petit plus que je viens de découvrir : Yampiri fait des stories d’aquarelle. Parfait pour la novice que je suis, ce sont de bons entrainements.

 

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Même si l’Inktober n’est pas fini. Cet (cette) artiste a également utilisé un seul personnage pour chaque thème : un petit escargot adorable et j’avais très hâte de découvrir chaque jour à quoi il allait ressembler.

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tout n’est pas égal dans ce que fait cette illustratrice française, mais certains de ces dessins m’ont beaucoup parlé : notamment cette sorcière courbée tout droit sortie du conte de la sorcière de la rue Mouffetard !

 

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Ici encore les thèmes de l’Inktober se sont combinés avec le thème de l’artiste : les animaux. A chaque jour un nouvel animal souvent mignon et toujours très très bien réalisé. Un Inktober à conserver pour apprendre à dessiner les animaux !

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il s’agit ici de dessins d’architecture, de dessins de voyages, bref tout ce que j’adore. Détaillés comme pas possible, on s’y croirait. Je rêve de pouvoir dessiner comme ça un jour.

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C’est un monde bizarre mais des idées toujours très originales qui sortent de ces inktober. Mon favoris c’est ce parterre de parapluies qui traverse un passage piétons pour le thème « teeming ».

Day 31: mask #inktober #inktober2017

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lowrinah

Un monde de manga un peu torturé. Un mélange d’encre et d’aquarelle. Une ambiance à la fois dure et poétique se dégage de ses dessins, on sent une inspiration de Miyazaki.

 

#keepTheGrandWild ✊🏽♥️

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Jeremy Collins

Pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous partager aussi mon dessinateur préféré: Jérémy Collins, un grimpeur qui croque les paysages des USA avec de l’encre et de l’aquarelle. C’est sans doute lui ma première source d’inspiration. (Le poing par exemple je l’ai pris comme modèle chez lui).

Depuis que l’Inktober est officiellement fini je n’ai pas cessé de dessiner. Je me suis remise surtout à l’aquarelle: le but est d’être capable de dessiner en voyage, donc de dessiner vite et de dessiner beaucoup de choses différentes.

Je ne sais pas encore si je retenterai l’expérience l’année prochaine ou si je m’attaquerai à un autre défi: le NaNoWriMo. Les deux défis se suivent alors ça risque d’être un peu compliqué de faire les deux. J’encourage tous ceux qui auraient envie de tenter ce genre d’expérience, j’ai trouvé ça vraiment réjouissant même si c’était très contraignant, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est capable de créer et de produire des choses artistiques!

Week-end dans le Val de Loire

En automne quand j’ai envie de partir j’ai toujours ce gros dilemme pour choisir la destination -oui je sais ma vie est terrible – : profiter des derniers moments d’été dans le sud ou s’imprégner de la super ambiance automnale avec ses magnifiques couleurs et ses soirées au coin du feu.

Les aléas de l’emploi m’ont vite fait oublier les destinations ensoleillées et j’ai donc opté pour la seconde solution avec en prime l’impératif « pas loin et pas longtemps » : la solution de repli qui marche toujours fut donc : LES CHÂTEAUX DE LA LOIRE.

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Les bords de Loire en fin d’après-midi.
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L’embarcation typique sur la Loire

Belle en toute saison, la région des châteaux de la Loire, inscrite à l’Unesco, est l’un des Must do touristiques en France. Alliant architecture, histoire de l’art et nature, c’était un peu la destination idéale, et comble du bonheur, on a profité des derniers jours de l’été indien avec un thermomètre à 25degrés. What else ?

Cette région est immense, un week-end ne suffit clairement pas pour tout voir : d’abord parce qu’on risque l’indigestion, ensuite parce que la région est très étendue, allant d’Orléans à Nantes à peu près. J’avais décidé de prendre Blois comme base pour rayonner autour, au programme les châteaux de Blois, Chambord et Chaumont-sur-Loire, en particulier parce que c’était la dernière semaine du festival international des jardins qu’on m’avait beaucoup vendu. C’est parti !

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L’escalier de Blois. Il est pas beau?
  1. Blois – Ville royale et camp de base

On est arrivés à Blois en fin d’après-midi, juste à temps pour visiter le château sous les derniers rayons du soleil. J’étais déjà allée à Blois l’an dernier pour les journées d’histoire dont je vous avais parlé ici. Malheureusement en courant de conférence en conférence je n’avais pas eu le temps de vraiment découvrir la ville. Alors j’étais contente de pouvoir enfin pénétrer dans ce château dont j’ai fait maintes et maintes fois le tour !

Le château de Blois est très bizarre , il est constitué de trois ailes qui reflètent trois époques distinctes : la fin du gothique flamboyant et les constructions de Louis XII, la Renaissance avec la fameuse façade des loges et le superbe escalier à vis de la cour, et l’époque classique.

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Chateau de Blois – Partie “Louis XII”
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Château de Blois – partie classique

On l’oublie souvent mais Blois est un lieu chargé d’histoire, il est devenu château royal quand Louis XII a succédé à son cousin Charles VIII comme roi de France. Et c’est surement ici qu’on voit le mieux le style « Louis XII »,  un style architectural à cheval entre le gothique moyenâgeux et le style Renaissance. Résidence royale pendant près d’un siècle, Blois est surtout connue pour avoir accueilli les Etats-Généraux en 1588, moment où le roi Henri III fait assassiner son rival Henri de Guise.

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La magnifique façade des loges au coucher du soleil. Au loin la cathédrale.

POINT HISTORIQUE – en très succinct.

Henri III est roi de France après les morts successives de ses frères François II et Charles IX (celui de la St-Barthélémy). Il est plus malin que ces derniers et a l’ambition de marquer plus clairement la frontière entre lui, le monarque élu, et les autres nobles, à une période où on ne parle pas encore de monarchie absolue.

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La salamandre – Symbole de François 1er.

En même temps ça fait déjà bien une vingtaine d’années que les catholiques et les protestants se tapent dessus : les chefs des catholiques intransigeants – on appelle ça la Ligue –  ce sont les Guise, et surtout leur aîné le duc Henri de Guise. Le roi veut être un super monarque mais il sent bien que les nobles le soutiennent bof bof. Il décide de réunir les Etats-Généraux – oui les même que pour la Révolution parce qu’à cette époque ça se fait encore – et là il frappe fort, il fait une sorte de putsch ou de répression interne : il fait assassiner au sein même du château son ennemi Henri de Guise, ainsi que le frère de celui-ci, et fait arrêter les principaux chefs de la Ligue.

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BREF.

Le XVI siècle est une période peu abordée dans les programmes scolaires, ou alors très rapidement, et j’ai découvert l’existence de Louis XII et le détail des guerres de religion en classe prépa. Mais guess what ? C’est passionnant et grâce à ça toute cette région de la Loire résonne différemment puisque c’est ici que TOUT se passe ! Alors je conseille fortement de faire un tour sur wikipédia avant, pendant ou après la visite pour se mettre bien dans l’ambiance.

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Il n’y pas que le Château à voir à Blois. La ville entière est agréable à visiter mais il faut avoir de bonnes cuisses : ça monte et ça descend. Construite sur deux collines, ses jolies rues anciennes montent au château et à la cathédrale dont les jardins offrent une superbe vue sur la Loire. Il faut prendre le temps d’errer et de se perdre un peu dans les rues pour trouver de bons restos et des cafés cosy comme on les aime, et trouver de quel point de vue la façade des loges est la plus belle.

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  1. Chaumont sur Loire et ses jardins

2ème jour  – 2eme château : on part de bon matin longer la Loire sous la brume en direction d’un château que je veux voir depuis longtemps : Chaumont ou plutôt le festival international des jardins.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là mais la brume était épaisse, presque trop, et donnait une atmosphère très singulière. J’ai cru que c’était quelque chose de normal sur la Loire mais un passage sur instagram m’a fait comprendre qu’il y avait la même chose à Paris, à la seule différence qu’elle s’est rapidement évaporée dans le Loir et Cher.

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L’aubre (10h) sur la Loire
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Un vrai château de contes de fée, surtout sous cette brume!

Les chateaux de la loire sont connus pour être une destination phare du cyclotourisme, mais c’est aussi très agréable de parcourir la région en voiture – même si moins écolo – et la raison principale ce sont les deux départementales construites de part et d’autre du fleuve sur des digues. On longe la Loire, on voit passer les oiseaux, les pêcheurs, les villages et surtout les châteaux.

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On voit la brume qui s’éloigne au loin. Et mon doigt sur la photo aussi…

Il faut bien une journée pour voir Chaumont : entre le château, le parc, le festival et une pause bien méritée, c’est un château où il faut prendre son temps.

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Le parc de Chaumont et ses couleurs automnales

Château légèrement fantasmé à tendance Walt Disney, j’ai adoré l’allure extérieure du château, un peu moins l’intérieur car je m’attendais à plus de pièces d’époque, c’est-à-dire du XVe ou du XVIe, or presque tout a été refait au XIXe. On se promène plus dans un manoir du style de Downtown Abbey que dans la résidence de Catherine de Médicis. Mais à part cette légère déception ce château est top. Le parc resplendit des couleurs automnales, il est animé par diverses œuvres d’art contemporain sur le thème de la nature – certaines incompréhensibles, d’autres qui se veulent seulement amusantes et ça marche.

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LE vallon des brumes. On riait comme des enfants en y descendant.

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Mais le clou du spectacle c’était le festival des jardins qui s’achève la première semaine d e Novembre, on tombait donc à pic. Un thème différent mais certains jardins  restent d’année en année. On passe entre les bosquets qui racontent tous une histoire, une ambiance. C’est entre le jardin et l’art contemporain et je dois dire que je suis bien plus sensible quand il s’agit de jeux avec la nature que de toiles abstraites ou d’happenings. Mon « jardin » préféré est sans doute le vallon des brumes : une brume toute créée pour l’occasion, une jolie cascade, un chemin de bois qui permet de s’y promener. C’est très simple et ça marche à fond ! J’ai aussi beaucoup aimé le jardin de sorcière, un jardin aux plantes médicinales décoré comme une maison de sorcière – parfait pour halloween.

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Dernière découverte : le self du château, abrité dans une serre avec une grande terrasse à l’abri de quelques arbres. Il faisait si beau et si chaud ce weekend là que je n’imaginais pas manger en intérieur. Très bobo/écolo, ce self est entièrement bio avec couverts biodégradables. On y sert des soupes de curry, des jus de carottes/betteraves/autres légumes auxquels je n’aurais pas pensé. Bref c’était très bon, très bien placé et on aurait pu y passer l’après-midi.

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  1. Chambord – Palais mystérieux

Le roi des châteaux, celui qu’on ne présente plus, et pourtant celui que je n’avais jamais vu. On – mes parents- m’en avaient dit beaucoup de mal « Mais pourquoi tu vas à Chambord, c’est vide, il y a rien ». Mais j’avais envie de me faire ma propre idée parce qu’il avait l’air tout de même très beau ce château.

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Jardins à la française sur fond de plus grand domaine forestier d’Europe

Il s’agit du château le plus à l’est du Val de Loire, donc le plus proche de Paris, donc sur la route. Le temps était moins clément que les deux jours précédents mais j’espérais pouvoir faire de belles photos et me balader un peu dans le parc pour profiter de l’automne à défaut de voir un super château. Et finalement il m’a vraiment emballée ce palais. D’abord parce que de l’extérieur il a franchement de la gueule – l’arrivée à travers les bois est digne d’un film -, ensuite parce qu’il est amusant à visiter. Amusant ? Je m’explique.

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Construit par François 1er, ce château veut se donner des airs de fin moyen âge, il est donc organisé autour d’un donjon avec 4 tours … et un dédale de couloirs et d’appartements. Aucun intérêt à visiter Chambord selon un itinéraire précis, je n’ai jamais compris où je me trouvais vraiment dans le château mais j’ai adoré fouiner un peu partout et m’y perdre.

2ème amusement : le fameux escalier hélicoidale. Deux personnes peuvent y monter chacune de leur côté sans jamais se croiser – mais on se voit par les petites lucarnes, ce qui est assez rigolo.

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Enfin j’ai adoré le mystère qui entoure ce site : personne ne sait bien pourquoi François 1er à construit Chambord ici. Le château est loin de tout, même de la Loire, au milieu des marais et de la forêt. Il s’agit pourtant du second plus grand château de France après Versailles, il a d’ailleurs inspiré le Roi Soleil. Mais surtout François 1er n’a presque pas vécu à Chambord, jamais plus de deux semaines d’affilé, et si ses fils et petits-fils ont poursuivi les travaux d’aménagement, le palais était trop éloigné de la cour pour qu’ils y séjournent vraiment. C’est resté un pavillon de chasse traversé par les courants d’air et tellement grand qu’il était difficile à chauffer.

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Pose selfie/ blogueuse mode. LE fond n’est pas trop mal.
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Chambord est surtout l’un des plus gros domaines forestiers d’Europe, avec une faune et une flore préservée.  On y trouve des cerfs, des sangliers, mais aussi des poissons des marais.

Pour cette raison on a longtemps laissé Chambord tel qu’il devait être à l’époque : vide. MAIS la palais a en fait été habité bien plus tard : Louis XIV y a fait quelques séjours et il a servi de lieu de résidence à des princes en exil, des cousins du roi, etc. Aujourd’hui les monuments nationaux ont décidé de réaménager Chambord avec du mobilier du XVIIIe, époque où il a le plus été habité. Le contraste d’aménagement entre ces différentes époques est saisissant.

Mon copain a trouvé que le palais avait tout d’une belle coquille vide. Chef d’œuvre de l’art renaissance la façade extérieur peut paraître un peu too much : des tours de partout, de la dentelle à certains endroits et un massif mur d’enceinte. Je pense que Chambord est tout de même un château à voir justement parce qu’il est si impressionnant et mystérieux.

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En voiture sur la digue.
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Promenade matinale à Blois.

Ces deux jours dans la Loire étaient encore mieux que ce que j’avais prévu et j’ai vraiment très hâte de faire un deuxième séjour plus à l’Ouest, à la découverte de châteaux plus anciens : Loches, Amboise, Ussé, et tant d’autres !

 

 

 

 

Le monde merveilleux de la littérature jeunesse

Il y a six mois je suis devenue par le hasard des choses bibliothécaire jeunesse. Je ne dirais pas que j’ai pénétré dans un monde inconnu, mais j’ai redécouvert plus en profondeur un univers singulier de la littérature et j’en suis tombée amoureuse. J’ai toujours aimé pousser les portes des librairies jeunesse à commencer par la célèbre librairie Chantelivre de l’Ecole des loisirs : un immense magasin rempli de livres pour tous les âges où ma maman aimait nous emmener à deux pas du Bon Marché. J’avais d’ailleurs commencé une petite collection de livre jeunesse à Strasbourg : dans la magnifique librairie de la rue des Juifs j’avais craqué pour « Oh non Georges ! » après l’avoir feuilleté moult fois.

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Deux découvertes poétiques: “l’Ourse”, illustrations magnifiques et “Les collectionneurs”, une très bonne idée, une histoire très bien menée.

Alors quand on m’a proposé le poste je me suis dit pourquoi pas. Et j’avais raison parce que la littérature jeunesse c’est canon et ça devrait être bien plus mis en avant – notamment auprès des adultes. Vous trouverez donc à partir de maintenant – et aussi régulièrement que possible – des chroniques de littérature jeunesse, et pour commencer : pourquoi cette passion soudaine pour la littérature jeunesse ?

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  1. Parce qu’on a tous commencé par là !

Qu’il s’agisse d’albums, de contes, de documentaire ou de romans il ne s’agit jamais d’une découverte puisque nous avons tous eu entre nos mains des ouvrages de jeunesse. Se replonger dedans c’est avant tout se replonger dans son enfance, l’un des meilleurs moyens de conserver sa part d’enfance peut-être ! Il nous reste toujours l’intonation des phrases de maman ou de papa lorsqu’ils racontaient pour la énième fois la même histoire qu’on aimait tant – « Gargouilligouilla » pour ma part – on se souvient des albums qui nous ont un peu transporté et qu’on aimait regarder encore et encore, et surtout on se souvient des premiers romans dans lesquels on s’est plongé entièrement sans pouvoir en sortir, ceux qui nous ont donné le goût de la lecture. Harry Potter pour ne pas le citer.

Et bien surprise ! S’il y a beaucoup de nouveautés, de bonnes nouveautés, il en va de la jeunesse comme de la littérature adulte : elle a ses grands classiques. D’une génération à l’autre ce sont finalement souvent les mêmes auteurs qui aident les enfants à grandir et à développer leur imagination et on s’aperçoit vite qu’on les connait bien, et qu’on apprécie de les retrouver.

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“Moabi” – un ouvrage poétique sur l’écologie et l’homme par le talentueux Mickaël El Fathi
  1. Parce que c’est esthétique et poétique

La littérature jeunesse s’affranchit de certaines règles et se permet une certaine poésie beaucoup plus facilement que la littérature adulte. J’ai l’impression que les enfants sont plus réceptifs à l’association de mots, d’images, d’odeur, de sons, à des métaphores qui nous paraissent pourtant difficiles mais qu’ils intègrent très vite. Les histoires peuvent être douces et belles, expliquer le monde de la façon la plus jolie possible et amoindrir les maux les plus durs.

A côté du texte, souvent travaillé et très fin, il y a les illustrations et je ne vais pas mentir c’est avant tout ça qui m’attire vers tel ou tel livre. A force je finis par connaitre les illustrateurs et j’ai fait de superbes découvertes au point de me mettre moi-même au dessin. On ne peut pas rester six mois à admirer des planches sans avoir envie de se tester à son tour, ça ne fait pas fonctionner que l’imagination des enfants !

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“L’Ascension de Saussure” – à mi chemin entre l’album et le documentaire. Voyage au pays du Mont-Blanc.

Les couleurs, les textures, les techniques, autant de choses qui donnent une ambiance si particulière et qui conduisent ces ouvrages enfantins à flirter avec les livres d’arts. Certains sont d’ailleurs de vrais livres d’artistes travaillant sur l’objet livre et on finit par se demander s’il s’agit de livres pour enfants ou pour adultes ! Ces ouvrages coûtent en général un bras et permettent surtout une vraie réflexion sur ce qu’est le livre et ce qu’est l’artiste.

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Les livres pour enfant voyagent: on reconnait immédiatement le tramway de Lisbonne et on embarque pour une très belle histoire.
  1. Parce que c’est drôle !

Il y a en littérature jeunesse un humour singulier, une touche d’absurde qui me parle beaucoup. Outre les codes habituels du comique que les enfants abordent très tôt, on trouve souvent dans ces ouvrages un humour un peu grinçant, ironique, qui se moque du monde des adultes ou qui le défie. J’aime que les auteurs jeunesse ne s’adressent pas aux enfants comme à des idiots, loin de là puisque c’est souvent l’adulte qui est considéré comme tel. Ça m’est arrivé souvent de franchement rire en découvrant un album : pour n’en citer qu’un j’ai adoré les histoires de Courgette la grenouille.

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“Le sorcier vert” sur le photographe Salgado et son projet de reconstruire une forêt: Le très drôle “La mouette à la croustille” pour sensibiliser les enfants à l’écologie quotidienne!
  1. Parce que ça concerne tout le monde.

Des histoires enfantines ? Surement pas ! J’ai été étonnée de voir combien la littérature jeunesse s’attaquait à tous les sujets du plus anodin au plus grave. J’ai acheté de nombreux livres sur le deuil, la séparation, la guerre, l’écologie, et d’autres histoires simplement drôles mais qui touchaient souvent à des sujets bien plus complexes qu’il n’y paraissait. A mon sens il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans ces ouvrages, ils racontent bien souvent des histoires universelles qui touchent à la tolérance, l’amour, le respect, etc. J’adorerai créer un fonds de bibliothèque pour attirer les adultes vers ces albums soit-disant pour enfants mais qui concernent vraiment tout le monde.

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Des livres sur des thématiques moins fun: ici “Coton Blues” sur l’esclavage dans le sud des Etats-Unis. Superbes illustrations et belle évocation des croyances vaudous.

5 . Parce qu’on découvre des choses

Il n’y a pas que les enfants qui apprennent et s’ouvrent à des nouvelles choses avec cette littérature. Certains livres sont des véritables invitations au voyage – pour quelqu’un qui comme moi adore les récits de voyages illustrés, c’est une aubaine – New-York, la montagne, Paris, Lisbonne, il y en a pour tous les goûts. Et les documentaires tirent très bien leur épingle du jeu. Le retour ces derniers temps à des illustrations plus vieillottes fonctionne très bien: en feuilletant les encyclopédies animalières, les livres d’histoire ou même des imagiers on a envie d’aller voir plus loin. Les enfants se spécialisent souvent sur un domaine: les dinosaures, les planètes, les animaux de la mer et devinez quoi…ils en savent bien plus que nous à ce propos et on a donc beaucoup à apprendre de ces ouvrages!

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Passion livres pop-up! Ici sur la préhistoire.

Enfin parce qu’on s’évade, on entre dans des mondes merveilleux qu’on avait oubliés depuis longtemps et ça fait franchement du bien !

Nous avons la chance en France d’avoir un monde de l’édition jeunesse très compétent, qui publie régulièrement de très bonnes choses avec d’excellents illustrateurs et autant de supers auteurs. L’offre éditoriale est bien moins importante que dans le secteur adulte mais à mon sens de meilleure qualité : il est en effet très rare qu’il y ait de mauvais livres qui sortent. On peut ne pas en aimer certains, en critiquer d’autres sur leur message, leur rigueur mais il s’agit souvent seulement d’une question de goût.

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Dernière trouvaille “Le voyage d’Osvaldo” – Une mignonne histoire pour affronter ses peurs et vivre de grandes aventures!

Quelques adresses et liens:

Avant de vous faire des articles plus complets sur le sujet et pour aller plus loin je vous conseille vivement un blog superbe qui donne envie: La route des briques jaunes tenu par Vicky et Mathilde. Beaux, épurés, les livres choisis sont variés, originaux et très bien critiqués. Une référence pour les blogs jeunesse.

La librairie chantelivre de l’Ecole des loisirs: 13 rue de Sèvres, Paris, Metro Sèvres-Babylone

Librairie La Bouquinette, 28 rue des Juifs, Strasbourg : les devantures sont faites par des artistes et changent régulièrement. Mieux que les vitrines de Noel des Galeries

*Le dessin de la vignette de l’article est de moi.

Lectures en Italie

A défaut de pouvoir partir en voyage on peut facilement s’évader par la lecture et j’aime autant me plonger dans des romans dont le cadre me permet de m’imaginer des pays lointains que savourer des récits de voyages où j’ai l’impression de faire de vrais road trip sans bouger de mon canapé. Aujourd’hui je dédie un petit article à l’Italie, l’Italie du sud plus exactement. Je n’ai que deux ouvrages à présenter et aucun des deux n’est un roman mais ils m’ont tous les deux touchée, de façon très différente, et je les recommande chaudement! Alors on se sert “un caffè” ou un spritz et c’est parti pour un tour dans le mezzogiorno.

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VIA APPIA

Genre : Récit de voyage / Déclaration d’amour

Thème : Italie du sud

Degré d’appréciation : Je suis à deux doigts de prendre un billet pour Brindisi.

Pour ses vacances d’été Jacques de Saint-Victor, un universitaire français, décide de prendre ses bâtons de marche pour descendre la Via Appia de Rome à Brindisi. Il arpente, d’abord à pied puis en Fiat, la plus vieille route de l’Occident, méditant et observant avec amour l’Italie du Sud.

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Arpino – Devant l’église les bannières des “contrada”, les quartiers, de la ville qui vont s’affronter lors de l’annuel “Gonfalone”, une sorte de Palio.

Loin des itinéraires touristiques les plus connus la Via Appia se perd dans les méandres du Lazio, de la Campanie, de la Basilicate et des Pouilles, traversant des villes un peu éloignées de circuits habituels et parfois presque abandonnées; des lieux ravagés par la crise – plus grave dans ces régions qu’en Grèce parait-il – et des sites historiques de toutes époques.

Entre deux dégustations de mozarrella di Buffala et des arrêts fréquents pour un café au bar l’auteur s’interroge sur l’Italie : celle d’avant et celle d’aujourd’hui. Il mêle l’histoire de la grande Rome aux soirées de Berlusconi, les rêveries de Stendhal aux propos de le jeunesse abandonnée de Naples. Entre littérature, gastronomie et histoire il essaie de comprendre et de décrire cette Italie qu’on voit si peu: celle du Mezzogiorno.

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Le Mont Cassin et son abbaye qui, du haut de ses 1669m, domine la vallée jusqu’à Caserta.

 

Sans être difficile, l’écriture de ce récit est parfois très érudite ce qui pourrait en rebuter certains. Ayant fait des études d’histoire  les digressions sur l’époque antique ou sur les méfaits du fascisme ne m’ennuient pas, au contraire c’est ce qui apporte un grand intérêt à l’ouvrage. On apprend quelque chose à chaque chapitre et ça donne envie d’aller fouiller un peu plus profondément dans l’histoire de l’Italie.

J’aime les récits de voyage, j’aime encore plus celui-ci parce qu’il me parle.  Terracina, Caserta, Benevento… Les lieux par lesquels passe l’auteur ne me sont pas inconnus bien que loin d’être les villes les plus fréquentées d’Italie, ou les plus belles. Mais grâce à ce récit on constate que la moindre ville, la moindre portion de route en Italie a une histoire millénaire, une vie et que les traditions sont encore bien présentes. Impossible de ne pas avoir l’envie immédiate d’embarquer à bord d’un train, d’une Fiat ou d’un bateau pour arpenter lentement, très lentement cette Italie méconnue, en s’arrêtant partout et nulle part, car quoi de mieux que de boire son cappuccino en observant la dolce vita?

Les montagnes de la Ciocaria qui surveillent la “Casilina” cette route reliant Rome à l’antique Capoue.

Le soleil écrasant du sud, les oliviers, le délicieux goût des tomates mais aussi l’ombre de la crise et les souvenirs du fascisme, au grè de ses pérégrinations Jacques de Saint-Victor décrit avec une immense tendresse ces habitudes, ces façons de penser et de faire si typiquement italiennes. Ça nous parait étrange, parfois suranné mais il n’y a aucun jugement de la part de l’auteur– sauf pour le Calcio, le début de la déchéance d’un peuple nous dit-il  – il y a seulement beaucoup de réflexion et d’amour.

Ce livre est une véritable déclaration de l’auteur à son pays d’adoption, un amour pour l’autre que l’on ne comprend pas toujours, ce qui le rend si attachant.

 

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L’OPTICIEN DE LAMPEDUSA


 Genre: reportage

Thème: Les migrants à Lampedusa

Degré d’appréciation: Tout le monde devrait lire ce livre.

C’est une lectrice de la bibliothèque où je travaille qui m’a conseillé fortement ce livre quand elle me l’a rendu. Elle avait l’air émue et un peu retournée. Le soir même je me plongeais dans ce roman issu d’un reportage et j’ai compris l’émoi de la lectrice précédente.

L’opticien de Lampedusa c’est un homme banal qui s’est installé il y a longtemps sur cette petite île paradisiaque au large de la Sicile et de la Tunisie. Certes on entend parler des migrants, mais toutes ces histoires lui paraissent encore lointaines quand il prend la mer avec un groupe d’amis pour profiter de l’après-midi et se retrouve soudainement face à un naufrage. De cette journée qui a fait de lui un “sauveur” débute un long questionnement, une remise en cause de sa vie. Le récit d’une prise de conscience.

Cet opticien existe. Peut-être est-ce pour cela que cet ouvrage est dur et émouvant. L’histoire d’un monsieur tout le monde, un homme simple au caractère très méticuleux qui réalise la tragédie quotidienne se déroulant à quelques pas de lui. Je me suis arrêtée fréquemment pendant cette lecture pour digérer ce qui était dit. Le style à la fois simple et neutre est pourtant puissant : coupable, triste, plein d’espoir et dépité, on ressort plus sensible et plus démuni de cette lecture lourde mais nécessaire.

Pour ce reportage Emma Jane Kirby a été récompensée par le prix Bayeux des correspondants de guerre.

 

 

 

Athènes et l’Attique

Adieu la presque douceur méditerranéenne, aujourd’hui les températures augmentent et nous ressentons déjà plus de 40 degrés à Nauplie, on sait d’avance que les prochains jours à Athènes seront durs. Je réfléchis à des activités pour survivre à cette canicule mais pour le moment ma seule idée est la suivante : s’arrêter prendre un dernier bain de mer dans le golfe de Corinthe avant d’entrer dans la cité surchauffée. Très bonne idée malgré les oursins qui nous collent au pied et qui rendent la fin du trajet en voiture un peu plus pénible. Mais bon. Ce soir on mangera des souvlakis et ça suffit pour le moment à me rendre heureuse.

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L’immanquable vue d’Athènes depuis le Lycabette

Athènes signe la fin de notre voyage en Grèce continentale, il nous reste à visiter la ville pendant 3 jours avant de reprendre l’avion. Je n’en ai pas du tout envie mais la chaleur est telle qu’au bout de ces 3 jours je serai bien heureuse de retrouver la grisaille parisienne !

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Comme prévu on étouffe en ville. Les immeubles sont très mal isolés, Jéromine m’en avait déjà parlé pour l’hiver mais je n’avais pas pensé qu’on pourrait souffrir de cette mauvaise isolation en été. Et pourtant c’est pire que tout : les matelas sont brûlants, les ventilateurs recrachent un air chaud, on ne sait jamais s’il vaut mieux les éteindre ou les allumer. Malgré ce temps TOO HOT, on réussit à ne pas faire que rouspéter pendant ces derniers jours. Avec force et courage nous organisons notre temps : musées, acropole, shopping et journée au cap Sounion sont au programme. Des activités qui nous permettent d’éviter un peu la chaleur et de belles découvertes d’Athènes que je recommande à tous.

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L’école polytechnique et son street art

Onomia, Exarcheia, Psiri – les quartiers presques inconnus

C’est toujours un plaisir de prononcer des noms aux consonances exotiques qui ne nous évoquaient rien quelques heures auparavant. Un monde entier qui s’offre à nous à travers ces quelques nouveaux mots. Exarcheia c’est le quartier anarchiste avec quelques bars sympas et du street art en veux-tu en voilà – un petit tour dans l’ancienne école polytechnique s’impose à tout fan de street art d’ailleurs – et nous le traversons pour nous rendre vers Onomia et le musée d’archéologie.

C’est l’un des plus grands du monde et un must do quand vous avez déjà visité moult sites archéologiques de Grèce. Je pense notamment à Mycènes: le musée d’Athènes est indispensable pour compléter la visite des ruines, c’est ici que vous trouverez le fameux masque d’Agamemnon et autres bijoux, armes, poteries qui sont vraiment superbes. Le musée est immense je me suis donc surtout attardée sur ce que j’ai déjà vu et ce qui concernait la Grèce continentale – mais la section civilisation cycladique ne manque pas d’intérêt non plus.

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L’étonnant quartier de Psiri

Après la culture, le réconfort ! J’avais hâte que Jéromine nous promène dans les quartiers moins courus des touristes mais agréables à vivre comme Psiri ou Gazi. On s’est donc posé dans une des pâtisserie de Psiri après avoir traversé un quartier pas du tout sympa où, perso, je ne serais pas passée seule la nuit. MAIS Psiri était fort sympathique et m’a fait un peu pensé à Camden à Londres.

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Sur les pentes de l’Acropole

ENFIN, l’incontournable, l’unique, l’Acropole ! J’y étais déjà allée avec Jéromine, ca avait dû être une des journées les plus chaudes de ma vie, j’ai trouvé que cette fois-ci le vent était au rendez-vous et rendait la visite largement supportable. Midi était une très bonne heure puisque les cars de touristes n’étaient pas encore arrivés, et même si nous n’étions pas seuls sur l’Acropole, nous n’étions pas envahis, mis à part les propylées mais je les trouve toujours aussi beaux quand ils sont « crowded ».

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Ce que j’avais surtout envie de voir c’était ce fameux quartier d’Anafiotika, construit par des habitants d’Anafi, dans les Cyclades, et qui ressemble donc à un petit bout d’île en plein Athènes. C’est reposant, calme, au pied de l’imposant rocher de l’Acropole avec une superbe vue sur Athènes. S’il y a bien un endroit que je recommande de ne pas manquer à Athènes c’est celui-ci. Les photos parlent d’elles-mêmes.

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Encore une fois ne ratez pas l’article de larchivoyageuse consacré au quartier d’Anafiotika.

Dernier coup de coeur: le stades panathénéique

Un peu boudés par les guides, je n’étais moi-même pas très enthousiaste à l’idée de visiter les stades des panathénées. Sans doute lié au mauvais souvenir de la visite du cirque Maximus à Rome. En vérité ce stade-là n’a rien à voir, il date de 1896 et des premiers jeux olympiques. Rien à voir – ou presque – avec la Grèce antique. Des infos sont donnés a divers endroits du stade et le petit musée consacré aux jeux olympiques a été une très bonne surprise. J’adore regarder les JO à la télé alors c’était assez émouvant de voir les flammes olympiques, les vraies, et surtout de comparer les affiches officielles des JO qui témoignent d’une époque et d’un lieu. Je vous en donne quelques exemples ici.

Mexico et l’art déco des années 60/70
La force et la virilite, premières des qualités à l’aube de la 2nde Guerre Mondiale

Au bout du monde grec : le cap Sounion

Pour échapper aux 45 degrés qui sont annoncés – comptez-en donc plus de 50 dans la ville d’Athènes où les voitures sont encore reines – une seule solution : fuir la ville et aller à la plage. Comme Jéromine n’était encore jamais allée au Cap Sounion c’était l’occasion ou jamais, sachant qu’il y aurait forcément un lieu où se baigner ET 2h de bus climatisé. Le rêve !

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Le temple de Poséidon veille sur l’Attique

C’est au bout du bout de l’Attique que ce temple de Poséidon a été érigé au Ve siècle, offrant une superbe vue sur la mer et sur la côte. Si le lieu est sûrement majestueux au coucher du soleil, en plein après-midi il était seulement écrasé de soleil et on est vite redescendus vers la plage pour la vraie activité de la journée : la baignade.

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En bas il y a la plage où on s’est baignés

Ne pas manquer de profiter de la fin d’après-midi, quand la chaleur s’estompe un peu, pour prendre un verre dans le bar au pied du site. La vue est parfaite et on est ENFIN bien.

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Bye bye la Grèce

Ces dix jours en Grèce sont finis et j’en repars avec l’idée de revenir très vite. Comme toujours, plus on découvre un pays, plus on se rend compte qu’on a des milliers de choses à découvrir. J’envisage déjà de longs week-end à Thessalonique, des vacances farniente en Crête, un road-trip sur la côte Ouest et surtout visiter le reste du Péloponnèse ! Pour le moment on se contentera de se cuisiner des salades grecques sur le balcon pour faire comme si on y était toujours en attendant les prochaines vacances…

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Je suis absolument fan de ces arbres étranges qu’on trouve partout en Grèce.

 

Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.