Vitra Design Museum: culture et lèche-vitrine aux portes de Bâle

 

Par un pluvieux après-midi de Mars, ma copine Fanny m’a proposé de prendre la voiture pour aller visiter à Weil am Rhein, au bout de la banlieue de Bâle, l’Usine de Design Vitra ou Vitra Design Museum. Je n’en avais jamais entendu parler. La société Vitra qui a conçu cette usine de production est pourtant connue pour avoir travaillé avec les plus grands designers et pour avoir notamment produit les chaises Earnes, du nom des designers, et qui sont la GROSSE production du site.

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L’usine a ouvert en 1957 et sa particularité c’est qu’après un gros incendie en 1981 la décision a été prise  de faire reconstruire tous les bâtiments par de grands architectes qui devaient donc prendre en compte le caractère pratique et la fonctionnalité des bâtiments. Un défi pour ces architectes qui transforment l’usine Vitra en une sorte de musée d’architecture à ciel ouvert ce qui permet, entre autre, de donner plus de visibilité à sa production . Outre les bâtiments, on trouve à Vitra une expo permanente, des expo temporaires d’art contemporain et surtout Un SHOWROOM, le plus génial que j’ai jamais vu, et qui surpasse largement Ikea.

J’ai passé les expos d’art et je me suis contentée de faire la visite du site avec une guide afin de filer vers le showroom. Je préfère prévenir : je ne suis pas une grande fan de l’architecture et du design contemporains, ou plutôt je n’y entends pas grand-chose : on a beau m’expliquer la difficulté de la construction, la particularité d’utiliser tel matériau ou tel autre, si ça ne me touche pas, rien à faire, ça ne me touche pas et j’ai tendance à trouver qu’on se prend beaucoup la tête pour rien. Cependant il y a plusieurs concepts que j’ai bien aimés dans ces bâtiments.

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 L’accueil où on prend les billets pour commencer : ce bâtiment construit par Frank Gehry, le même que celui qui a fait le Guggenheim à Bilbao, est constitué de différents volumes imbriqués les uns dans les autres, genre déconstruction architecturale, qui donne un ensemble à la fois épuré mais très sympa. – « sympa » est l’adjectif qui me semble le plus approprié pour décrire ces bâtiments, c’est dire mon niveau d’analyse  en matière d’architecture. J’ai aussi beaucoup aimé le hall de production édifié par l’agence d’architecte japonaise SANAA : bâtiment circulaire et entièrement revêtu de plexi blanc qui ressortait dans le ciel gris du jour. Je ne saurais dire pourquoi mais ce style très nippon m’a vraiment plu, je ne me souviens pas de tous les commentaires sur la réalisation d’un tel bâtiment, mais cet espèce de rideau blanc m’a touché.

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Enfin la dernière réalisation du site, le pavillon de conférence, de Tadao Ando, est de loin celle qui m’a le plus parlé, le concept et la réalisation ont su trouver grâce à mes yeux. Je n’en dis pas plus car c’est intéressant de le découvrir soi-même. Tout ce que je peux dire c’est que les cerisiers en fleurs ont inspiré Tadao Ando et qu’il ferait bon se retrouver pour une réunion dans ce pavillon de conférence.

Je suis en revanche passée à côté du dôme géodésique que je pensais être une tente plantée là pour accueillir une expo, je n’ai retenu qu’une chose : on peut le louer pour des cérémonies ou des anniversaires.  Idem pour la caserne des pompiers, toute première réalisation de Zaha Hadid – architecte irakienne décédée le mois dernier. Tout d’abord j’ai toujours du mal avec l’utilisation du béton sans revêtement, ensuite le bâtiment étant désaffecté il est difficile de se rendre compte de l’aspect et de la prouesse architecturale qu’a dû être cette réalisation.

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Mais mon gros coup de cœur dans cette visite a été le showroom de l’usine. Je préviens : je n’avais absolument pas les moyens de me payer ce genre de meuble, que l’on trouve pour beaucoup moins cher chez Ikea – je sais c’est une hérésie  de dire ça de meubles de designers. Le showroom est un bâtiment constitué de plusieurs maisons avec d’immenses baies vitrées qui sont, là aussi, imbriquées les unes dans les autres.

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Dans chaque « maison » est reconstituée une pièce à vivre pour voir en grandeur nature ce que donnent les meubles, et bien sûr ça donne très envie d’acheter et la vue sur les collines de la forêt noire  n’y est pas pour rien. Je vous laisse apprécier au vu des quelques photos que j’ai pu prendre. Je vous recommande cette visite en hiver comme en été, car, en plus du showroom, le café/pâtisserie au rez-de-chaussée avec terrasse est très accueillant et je m’y serais bien posée si j’avais eu plus de temps.

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Pour plus d’informations je vous mets le lien vers le site du Vitra Design Museum ici.

La visite dure environ 2h: on ne peut faire que des visites guidées en anglais (14h et 16h) ou en allemand (11h et 13h)

 

Le charme désuet de Baden-Baden

Cette seconde escapade en Bade Wurtemberg m’a menée à Baden-Baden, où plutôt Baden-in-Baden qui signifie « les bains au pays de Bade » et non « bains-bains » comme je le pensais. A 1h30 de Strasbourg, beaucoup moins si vous roulez à l’allemande, cette ville d’eau est l’une des plus connues d’Europe et une sortie traditionnelle strasbourgeoise. Comme la plupart des villes de ce genre il se dégage de Baden-Baden une atmosphère très particulière entre charme désuet du début du siècle et fantasme bourgeois d’un passé rêvé. Une atmosphère assez bien retransmise dans le fameux The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

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Il y a assez à faire à Baden-Baden pour y rester une grosse journée, voire deux si vous disposez d’une voiture ou que vous n’avez pas peur de marcher. Même en y étant allée deux fois je n’ai pas pu faire tout ce que je voulais : notamment la visite du vieux château. Pour en voir un peu plus je vous invite à nouveau à vous rendre sur les blogs de Madame Oreille et de Juliette, vous y verrez Baden à la belle saison.

Baden est située au cœur d’une région de petites montagnes et la ville s’étale à flanc de ces « bergen », il parait d’ailleurs assez étrange de devoir emprunter des routes quasi de montagnes pour se rendre d’un lieu à un autre, surtout en cette période hivernale où Baden était encore recouverte de blanc, ça contribue à un certain dépaysement.

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  • Les Thermes

Premier arrêt : les bains. C’était la raison principale de ma venue et après avoir testé le hammam de la grande mosquée de Paris j’avais hâte de poursuivre ma découverte des lieux d’eau. Il existe plusieurs bains à Baden, je me suis rendue aux plus connus des locaux, les thermes de Caracalla. Je préfère vous prévenir, rien de très romain là-dedans, si ce n’est le concept, les thermes sont des complexes modernes avec sauna, petit hammam, luminothérapie et compagnie, donc rien d’ancien ici. Si vous voulez une architecture plus « ancienne » je vous conseille les bains irlando-romains de Friedrichsbad.

J’ai eu un gros coup de cœur pour les bains en extérieur, notamment le jacuzzi. Sous cette température de janvier la différence calorique entre les bains et l’air crée une sorte de fumée qui rend le lieu un peu magique et très, très apaisant. L’air est très froid et contraste parfaitement avec le jacuzzi, on aurait pu me laisser des heures dedans, les épaules au vent à profiter d’une légère brise. Moment parfait.

Les bains se paient à l’heure – 16€ pour deux heures- tout dépend de ce que vous y faites mais j’ai trouvé que deux heures étaient suffisantes pour essayer tous les bains et les activités proposées. Si vous vous sentez l’âme germanique vous pouvez vous rendre au premier étage où se trouvent les saunas et bains pour naturistes. On est en Allemagne, le rapport au corps est autre et il existe beaucoup de thermes qui interdisent tout port d’un maillot de bain.

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  • Flâner dans Baden-Baden

Les cheveux humides et l’esprit apaisé il est temps désormais de quitter les bains pour nous rendre en ville. Comme pour Fribourg j’avais imaginé la ville toute verte et fleurie et je l’ai vue sous la neige, mais la lumière et l’ambiance particulière de ces premières neiges donnaient une ambiance vraiment agréable à notre promenade. La ville est peuplée de vieux bâtiments du début du siècle, d’hôtels et… de Russes: vous trouverez les menus écrits dans les deux langues – allemand et russe – il en va de même pour le nom des hôtels ou pour les musées. Ce qui contribue à cette image de cité fantasme : une idée que se font ces riches Russes de la gloire passée de l’Occident.

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En se dirigeant vers le centre-ville les rues sont adorables, colorées, comme dans la plupart des villes germaniques, avec des restaurants à terrasse. Nous nous arrêtons dans un salon de thé – le café König– où les gâteaux nous font de l’œil. Ils sont à ma grande surprise très légers, et pas si chers que ça malgré le côté très select que se donne l’établissement – un genre de Ladurée germain – mais il faut dire qu’en Allemagne la vie reste moins chère, y compris dans ces villes de riches.

LE lieu de promenade par excellence de Baden c’est la Lichtentaler Allee qui se déroule le long de l’Oos, permettant de passer devant les hôtels les plus grands, plus beaux, les plus chers mais qui semblent tous incroyablement vides, voire délabrés pour certains. C’est donc ça le charme désuet de Baden Baden dont on m’avait parlé. Les enseignes de certains hôtels s’effritent, tandis que de l’autre côté on perçoit les grandes demeures saisonnières des habitués de Baden. Si on poursuit le chemin de l’Oos on arrive jusqu’à un cloître,  parait-il. Mais la nuit commençant à tomber nous avons vite fait demi-tour.

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De l’autre côté de l’Allée, un parc  déjà verdoyant et fleuri de primevères fin février, et qui donne sur les établissements nécessaires à une ville d’eau : le casino et la Trinkhalle, un endroit où l’on peut boire de cette eau pure qui a fait le succès de la ville. L’architecture est belle, très allemande, très XIXe mais impossible de ne pas se sentir pénétré à son tour d’une certaine nostalgie de la grande époque germanique de Sissi et de l’Empire austro-hongrois. Plus actuels on trouve également des musées d’art moderne – le musée Frieder Burda possédant de nombreuses œuvres d’expressionnistes allemands, et la Kunsthalle qui abrite des expos d’art contemporains temporaires.

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  • Le Merkurberg

Dernière activité à Baden : se rendre sur la montagne de Mercure où nous emmène le téléphérique le plus raide d’Europe, pour avoir une vue superbe sur la ville, la région et au loin le Rhin qui serpente sur la plaine, marquant la frontière entre la France et l’Allemagne.

Le téléphérique était effectivement très raide et bien que riant au début, j’ai vite arrêté de faire la maline en voyant la dernière montée – un conseil : regardez plutôt en bas.  Une fois sur le Merkurberg il est possible de monter au poste d’observation – plus haut toujours plus haut – et là c’est un vent à décorner les bœufs que vous rencontrez, ainsi que la vue tant attendue sur la Forêt-Noire bien sûr.

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Lord de ma première venue le téléphérique était fermé – il l’est de janvier à mi-février – on en avait donc profité pour faire une rapide promenade sur l’un des nombreux chemins qui partent du Merkurberg et qui se faufilent entre les sapins avec quelques points de vue à par endroits.

Une chose est sûre, cette visite de Baden-Baden m’a donnée furieusement envie d’y retourner quand les beaux-jours seront revenus et de profiter cette fois des vignes, des promenades, et des musées.

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Pour vous rendre à Baden-Baden :

Depuis Strasbourg le plus pratique est encore la voiture, une autoroute rénovée vous y emmène depuis Kehl. Vous pouvez aussi utiliser le train depuis la gare centrale de Strasbourg OU depuis l’arrêt de Tram de la Meinau, prenez un TER qui vous emmène à Apenweier, là un TER allemand vous emmènera à Baden où plusieurs lignes de Bus vont dans le centre-ville. ATTENTION les trains allemands sont tout sauf fiables, ils peuvent être supprimés sans explication et il faut s’armer de patience, surtout que la gare d’Apenweier est perdue au milieu de champs. AU CAS OU, munissez-vous d’un numéro de taxi allemand qui pourrait vous ramener à Kehl sans trop de problèmes.

Depuis Paris le train ne fait qu’une correspondance à Karlsruhe, et pour 40vous serez à Baden en 3h30.

Pour vous rendre à Merkurbahn:

Depuis Leopoldplatz – c’est à dire le centre-ville – prenez le bus 205 en direction de Merkurwald et descendez au dernier arrêt. Il passe toutes les demi-heures, il y a également un arrêt aux thermes de Caracalla. Le prix du téléphérique est de 2€. Vous pouvez aussi monter au Merkurberg par des chemins de randonnées, vous en avez alors pour plusieurs heures, et environ 1h30 en descente.

Pour vous rendre au vieux château:

Depuis Leopoldplatz prenez le bus 208 jusqu’à “Neueschloss” – que vous pouvez aussi visiter -, puis 30 minutes de marche dans la forêt à pied. Une balade qui peut être sympa au printemps mais je ne l’ai pas tentée en plein hiver.

MES BONNES ADRESSES A BADEN-BADEN:

Café König, Lichtentaler Strasse 12, Baden-Baden

Thermes de Caracalla, Römerplatz 1, Baden-Baden

Vu le prix des billets, si vous ne roulez pas sur l’or mais qu’un long week-end loin de Paris vous tente, je vous recommande vraiment de venir en Bade-Wurtemberg : nature, culture, calme et dépaysement garantis.

Freiburg et le sud de la Forêt-Noire

Depuis la fin des marchés de noël j’ai un peu cessé de visiter l’Alsace et j’ai passé les deux mois d’hiver tournée vers la région frontalière : le Baden-Würtemberg. Je connaissais déjà un peu le coin pour être allée à Ulm – que j’ai adorée – et à Heidelberg – où j’espère retourner si je trouve le temps. Cette fois-ci je me suis concentrée sur deux villes proches de Strasbourg et idéales pour une escapade à la journée : Freiburg et Baden-Baden.

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Je vous parlerai aujourd’hui de Freiburg, petite bourgade bien allemande, capitale de la Forêt-Noire, connue surtout pour son université. Située à une heure à peine de Strasbourg Freibourg-im-Brisgau – attention il existe aussi une Freibourg en Suisse – est de fait une sortie traditionnelle pour les Alsaciens.

Vous avez peut-être déjà consulté les supers articles de Madame Oreille et de Juliette de Je-ne-sais-pas-choisir sur cette ville, sachez que je l’ai découverte bien différemment. Je m’attendais à de jolies collines verdoyantes, à de petites terrasses ravissantes dans le vieux centre-ville… J’ai eu le droit à un Freibourg très gloomy sous la pluie et le brouillard, entourée de collines aux arbres morts. Un temps à fêter la Walpurgis Nacht, sorte de Halloween germanique, les cadavres seraient sortir de leur tombe que ça ne m’aurait pas plus étonnée que ça.

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Mis à part ce petit décalage entre mes attentes et la réalité je ne peux nier que Freibourg est une adorable ville, typiquement allemande. Une grosse place de la cathédrale « Münster », faite dans le même grès que celle de Strasbourg, un marché avec un marchand de curry würst au milieu,  de petites ruelles avec des magasins très mignons – notamment des magasins de cartes – j’ai l’impression que les Allemands comme les alsaciens en sont très friands-, de belles fenêtres colorées, des décos de noël, des grandes rues bordées d’enseignes allemandes. Une ville dont le calme n’est troublé que par le passage du tramway. On a pu y manger dans une brasserie des plats bien germaniques : bière et Schnitzel mit Kartoffelsalat.

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Je ne vais pas mentir, en vivant à Strasbourg cette ambiance très allemande ne m’a pas tellement dépaysée; on sent bien qu’on est passé de l’autre côté de la frontière, car certains détails sont vraiment allemands – par exemple ces inscriptions sur les frontons des portes pour le carême, qu’on trouvait encore il y a peu dans le sud de l’Alsace et qu’on ne voit plus aujourd’hui quet dans les länder catholiques allemands –, mais globalement on est presque à la maison, même entendre de l’allemand m’est devenu familier. Freibourg est avant tout une ville très colorée, ce qui la rend gaie malgré le temps peu clément, une ville très jeune peuplée d’étudiants à bicyclette – existe-t-il seulement un autre moyen de se déplacer dans cette région rhénane ? – qui zigzaguent sur les pavés mouillés.

Je l’ai appris par la suite: Freibourg est une ville « verte » l’une des premières villes d’Allemagne à avoir élu un maire vert; elle est également pionnière dans la construction d’éco-quartiers comme celui de Vauban que je n’ai pas pu visiter – mais j’espère pouvoir y remédier très vite.

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Voulant voir un peu  de nature, nous avons  pris une voiture pour nous enfoncer un peu plus profondément dans la Forêt-Noire, dont le nom me fait toujours autant rêver. Après une demi-heure de route dans les montagnes avec une impression de partir en Road-Trip – j’ai d’ailleurs acheté ma première carte routière pour l’occasion – nous sommes arrivés au Titisee – ou lac Titi en français – un lac situé à 1000m d’altitude. Je n’avais pas pensé qu’à cette altitude il y aurait de la neige et que le lac serait complètement gelé, mais ça m’a permis de voir mon premier paysage d’hiver de la saison. C’était calme, c’était beau, c’était glacial. Un bon vent du nord soufflait à nous empêcher d’avancer, les alentours du lac étaient enneigés, la lumière était superbe.

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Le Titisee est d’ordinaire très prisé en été pour toutes sortes d’activités nautiques. Nous n’y sommes pas restés très longtemps, juste assez pour prendre un café dans ce semblant de cité balnéaire plutôt vide à cette époque de l’année. Comme toujours quand je visite un endroit, j’en suis repartie avec l’idée d’y revenir très vite pour voir à quoi tout ça pouvait ressembler au printemps ou en été. Malheureusement il ne me reste que deux mois à passer ici et il est plus que probable que le temps me manquera. Peut-être un jour … sur la route de la Bavière ou de la Suisse je repasserai par cette fantastique Schwarzwald !P1020624

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Europa Park: escapade en Allemagne

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Ca y est, j’ai fait ma première sortie hors de Strasbourg et même hors de la France, et après avoir bien goûté à la vie culturelle de l’Alsace pendant la semaine, on a pris la voiture direction : Europa Park !

Europa Park – pour ceux qui ne connaitraient pas – est un parc d’attraction situé dans le Bade-Wurtemberg, pas loin de la France et de la Suisse, seulement à une petite heure de Strasbourg. Europa Park a été créé il y a 40 ans par la famille Mack, des forains qui construisent des attractions. Le parc est au départ censé être une vitrine pour les attractions à vendre mais dès le début le parc attire les foules.

 

Le Principe

Le parc est construit autour du thème de l’Europe (grosse surprise). Au départ seulement quelques pays étaient représentés : Autriche, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni … Le but était simple : représenter des pays d’Europe en créant des ambiances typiques avec architecture, restaurants traditionnels, musiques du pays, etc. On retrouve par exemple en France une place parisienne avec café parisien vraiment réalistes. Le parc n’a jamais cessé de s’étendre et aujourd’hui nombre de pays ou de régions ont été rajoutés : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la France, l’Allemagne la Russie, la Scandinavie, l’Islande – le petit dernier. Le quartier irlandais serait en préparation pour 2016.

On y trouve aussi des quartiers sur d’autres thèmes : la forêt des contes de Grimm ou le quartier colonial lié à l’histoire de l’Europe.

On s’y croirait

Tout dépend des pays mais la plupart du temps on a l’impression de changer de pays en quelques mètres. Si la France, l’Allemagne ou l’Angleterre sont assez moyennement réussi car ce sont les premiers à avoir été crées, préparez vous pour les autres « quartiers » à passer votre temps à vous dire « Oh j’irai bien en Suisse! » « Ca donne vraiment envie de retourner en Grèce ». Mes petits favoris étaient la Russie avec ses isbas trop joliment décorées et ses fresques orthodoxes, et l’Islande avec ses petites maisons colorées en bois, les enfants peuvent même y faire un peu de bateau brise-glace sur une petite mer où on pêche la baleine. Tout est adorable, super bien fait et en une journée je n’ai clairement pas eu le temps de tout voir !

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La nourriture est elle aussi censée correspondre aux pays : café en France, pizzas et pâtes en Italie, gyros pita en Grèce, fondue en Suisse. Sans que ce soit excellent, tout est plutôt bon et  ça permet de manger un peu ce qu’on veut, enfin SURTOUT, nous ne sommes pas dans un parc français, les prix sont allemands, c’est-à-dire que ça ne coûte presque rien !

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Les attractions

Comme pour le reste elles sont supposées être liées à la région où elles sont implantées : on trouvera des attractions d’eau en Grèce et au Portugal par exemple, ou encore une piste de Bobsleigh en Suisse. Mais bien sûr elles sont localisées là où il y avait de la place, pourtant elles portent presque toujours un nom en rapport avec leur place et les décos sont ici encore très recherchées. L’attraction Wodan, en Islande, ressemble beaucoup au Tonnerre de Zeus du parc Astérix, avec en plus une musique très wagnérienne tout le long de la file d’attente, des quizz en rapport avec la mythologie scandinave et une décoration qui créée une ambiance très très nordique : on ne s’ennuie pas en faisant la queue !

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L’attraction phare du parc c’est « silverstar » une montagne russe de 73m de hauteur. Je suis habituée aux montagnes russes et aux attractions en tant que fidèle cliente du parc Asterix et de Disney, et là j’ai eu peur. Mais vraiment peur. Ca ne servirait à rien de vous décrire, mais pour ceux qui aiment les sensations fortes : faites-le !

Il y en a pour tous les goûts à Europa Park, il y a tellement d’attractions qu’il est impossible de tout faire en une journée, même s’il y a peu de queue, même si vous ne vous intéressez qu’à un type d’attraction. Et à vrai dire, même les attractions pour « enfants » valent le coup : la grosse attraction du moment : « Arthur et les Minimoys » – quel rapport avec l’Europe, aucune idée – pour les plus de 4 ans, mais même les grands poussent des petits cris d’admiration.

 

Le petit plus : les décorations temporaires

Si vous y allez à l’automne ou en début d’hiver le parc arbore ses vêtements d’Halloween et de Noël, et là encore on ne lésine pas sur la déco : des milliers de citrouilles et de coloquintes jusqu’à fin octobre, et en prime les « nuits de l’horreur » qui se déroulent non loin du parc. Le but est de visiter des maisons hantées sur différents thèmes avec des acteurs qui déambulent pour faire peur. Je n’y suis pas allée mais apparemment ils obtiennent de bons résultats.

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Europa Park a été élu meilleur parc de loisir du monde en 2014/2015 et je comprends bien pourquoi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant ressemblé à une gosse en découvrant un parc d’attraction.

L’Or du Rhin

  • Etape 2 : De Mayence à Sankt-Goarshausen

La partie difficile commence : il faut louer les vélos et remonter le Rhin pour les rendre dans deux jours à Coblence. Le Rhin est un trajet connu du cyclotourisme : une piste cyclable le longe intégralement, s’éloignant juste un peu au moment de passer la ville de Mayence. On passe par des jardins privatifs et par de grands champs de blés avant de rejoindre la rive à Bingen.

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Faire du vélo dans les champs en plein après-midi et par 30 degrés ce n’est pas la meilleur des idées mais avec ce qu’il faut de fruits secs et d’eau on y survit ! Surtout quand un BeerGarten nous attend à Bingen : bière, frites et currywürst. On finit par s’habituer à ce régime germanique.

A Bingen commence la route du Rhin romantique, on y voit notre première ruine de château fort qu’on mitraille de photos comme si c’était le dernier. Deux jours plus tard on lèvera à peine les yeux pour les regarder.

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Nombreuses sont les légendes à propos du Rhin : trésor des Nibelungen, rocher de la Loreley, etc et nombreux sont les artistes inspirés par ce fleuve qui serpente entre des gorges parfois très étroites. Des châteaux ont été édifiés sur chaque éperon rocheux pour y protéger les voyageurs qui empruntaient le Rhin – et leur faire payer des péages – , et ils furent nombreux…

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Gros coup de coeur pour la ville de Bacharach : surement parce que le soleil de la fin d’après-midi rendait les vignes plus vertes et la lumière plus belle. Adorable centre-ville avec de vieilles maisons surplombé par l’un des nombreux Burg (châteaux) du fleuve. Malheureusement notre timing ne nous a pas permis de flâner très longtemps dans les villes qui bordent le Rhin. Beaucoup trop de kilomètres à parcourir et trop peu de temps pour y arriver.

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Nous avons finalement pris le train, le voie ferrée longeant elle aussi le Rhin sur sa rive gauche, pour parvenir jusqu’à Sankt-Goarshausen où se trouve le rocher de la Loreley et notre hébergement. A 22h nous arrivions enfin SUR ce fameux rocher où nous attendaient nos lits, après une longue montée sur une route sinueuse et quelques craquages physiques. Mais la vue sur la partie la plus encaissée du Rhin et aussi la plus légendaire fait oublier cette difficile fin de journée. Ce qu’il faut retenir ici c’est que le Rhin: c’est beau, c’est beau et c’est beau.

Un conseil : il faut faire cette partie en voiture OU laisser son vélo en bas pour monter à pied, un escalier à flanc de falaise mène au point de vue.

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  • Etape 3 : Sankt-Goarshausen-Coblence

Dernière étape, moins de kilomètres à parcourir cette fois, et nous prenons notre temps pour monter jusqu’au Burg de Sankt-Goar alors qu’il fait encore beau. Cette fois-ci nous avons vue sur Sankt-Goarshausen et le fameux rocher.

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Le soleil nous accompagne jusqu’à Boppard où nous nous arrêtons pour manger. Le temps se couvre et la pluie commence. La route du Rhin à vélo est sensée être facile, mais avec le vent qui remonte le Rhin et la pluie qui est de plus en plus forte ce n’est plus vraiment une rigolade. Pourtant on apprécie vraiment cette dernière partie du trajet, avec ce temps et cette lumière sombre le Rhin paraît plus légendaire. Un cycliste que nous avons déjà croisé la veille vient nous parler et nous félicite d’avoir choisi cette portion du Rhin pour faire du cyclotourisme, c’est la plus belle. Et lui qui vit aujourd’hui à Mayence aime passer des week-end à faire l’aller/retour avec Coblence.

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Nous passons une boucle, on trouve moins de vignes ici, le Rhin s’élargit, il ne va pas tarder à rejoindre la Moselle à Coblence. Quand nous y parvenons il pleut franchement, nous avons parcouru 30 kilomètres en 1h30, pressées par la météo, et nous somme contentes de voir qu’un téléphérique nous amène jusqu’à l’entrée de l’auberge située dans la forteresse qui surplombe la ville. Cette forteresse est l’une des plus grandes d’Europe, plus grandes que celles de Vauban, et fut en partie détruite par Napoléon puis reconstruite au cours du XIXe. D’ici on a une vue impressionnante sur la  ville de Coblence, pas vraiment jolie, mais assez grande comparée à toutes les villes qu’on a pu croiser.

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A vélo sur le Rhin. Etape 1: les environs de Mayence

WP_20150709_001Faire du vélo sur le Rhin fait partie des ces choses que j’ai mise dans ma liste des « Choses à faire dans ma vie » pour l’oublier instantanément puisque ce n’était tout de même pas ma priorité. Et – comme la danse irlandaise, comme l’apprentissage du suédois – ce sont justement ces choses-là que j’ai pu barrer de ma liste. En février dernier une amie a eu l’idée géniale de partir faire du cyclotourisme près de Strasbourg. Intéressant… Quand on fait du vélo, ce qui n’est pas DU TOUT mon cas. Mais cette amie ayant des capacités de persuasion et de motivation hors du commun j’ai embrayé en proposant de remonter le Rhin entre Mayence et Coblence. L’organisation a été chaotique – 7 filles venant d’un peu partout dans le monde qui se retrouvent à Mayence pour louer des vélos – mais les vacances valaient le coup. Et on a pu apprendre que 60km par jour c’était un peu trop pour nos petites cuisses.

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Avant d’enfourcher nos vélos nous sommes restées quelques jours à Mayence histoire de se mettre en jambe. ET il y  a des choses à faire autour de Mayence (comme dans toute l’Allemagne)

  • Visite de Mayence : Ancienne ville romaine, Mayence a pris de l’importance durant le Saint-Empire-Romain-Germanique quand son archevêque est devenu l’un des princes-électeurs de l’Empire. Mais la ville est surtout connue pour être le lieu de naissance de Gutenberg, et de l’imprimerie. Il paraît que le musée de l’imprimerie est très bien… C’est évidemment la seule chose que nous n’avons pas vue.  Le centre-ville est petit mais très mignon, organisé sur plusieurs rues autour de la cathédrale et de sa grande place, il ressemble à celui de beaucoup de villes allemandes. Enfin, l’église Saint-Stéphane qui se situe dans la haute ville abrite des vitraux de Chagall.

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  • Les vignes : Mayence est la capitale de la Rhénanie-Palatinat et au centre du plus grand vignoble d’Allemagne. Le gérant de notre auberge nous a prêté des vélos pour qu’on visite la région en pédalant. Cadre idyllique entre le Main et les Vignes, nous sommes allées jusqu’à la ville de Erbach avant de remonter vers les collines pour visiter l’Abbaye d’Erbach où a été filmé une partie du « Nom de la  Rose ». On n’y reconnait absolument rien mais rien que pour la descente à vélo jusqu’au Rhin je suis contente d’y être allée.

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  • Francfort : dernier jour vers Mayence, comme on a – déjà – mal aux fesses et qu’on n’a pas envie de refaire tout de suite du vélo on profite du réseau de chemins de fer allemand pour aller visiter Francfort qui ne se situe qu’à 1 heure de Mayence. Il faisait très très beau, et même pas trop chaud, ça a du contribuer au fait que j’ai bien aimé Francfort. Juste derrière le mini centre-ville historique se dressent les tours – architecturalement pas vraiment réussies – de la bourse allemande. Les berges du Main sont aménagées et comme partout en Allemagne les gens se déplacent à Vélo, ce qui donne une atmosphère de vie bien plus agréable.

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  • A voir surtout à Francfort : les musées. Il y en a plusieurs, on s’est contentées du Städel Museum. Prix élevé mais collection immense allant de la 1ère Renaissance Italienne à l’art contemporain qui occupe tout le sous-sol.

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Ulm: l’Allemagne en fête

On est entré dans Ulm sous la pluie et l’orage mais dans la ville régnait une atmosphère de fête, d’attente et d’espoir. La raison ? La finale de la coupe du monde de foot bien sur. Je savais les Allemands portés sur le foot mais il faut avouer que la ville, ou le lander, avait mis les moyens ce soir là : impossible de faire dix pas sans se retrouver face à un écran retransmettant le match. Presque pas un seul Allemand qui ne porte pas autour de la tête une couronne de fleurs rouges, noires, jaunes et un drapeau peint sur la joue. Sur la place de la cathédrale une immense foule est rassemblée, impossible de se faufiler pour voir l’écran géant, on passe notre chemin, il est difficile de visiter la ville ce soir là, les habitants s’agglutinent tous autour des écrans situés dans le centre ville. En contrepartie il n’est pas très dur de trouver une place à l’intérieur des restau pour manger, tout se passe dehors. Et malgré la pluie battante, notre Schnitzel (escalope allemande) une fois finie on se joint au troupeau pour visionner les dernières minutes du match et vibrer de concert avec les Allemands. La nuit fut alors courte et ponctuée de klaxons mais le lendemain une belle surprise nous attend : le soleil ! P1050056P1050055P1050063P1050069P1050074 Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en faisant une halte par Ulm, pour moi c’était principalement le nom d’une des plus grandes écoles françaises, et accessoirement une bataille de Napoléon dont je ne connaissais d’ailleurs ni la date, ni l’issue (1805, Napoléon gagne contre les troupes austro-hongroises). La ville vaut un petit détour si vous décidez de visiter l’Allemagne – un projet de voyage qui à mon humble avis vaut sacrément le coup-. La cathédrale se situe en plein cœur de la ville, très haute, abritant de superbes fresques et des sculptures de bois très détaillées ornant les sièges des chanoines. Le quartier qui entoure la cathédral semble neuf mais réalisé de façon à correspondre à la vieille architecture : une certaine harmonie demeure dans tout le centre-ville piétonnier, à l’exemple de beaucoup de villes allemandes. P1050076P1050092P1050087P1050099P1050081P1050097 La véritable attraction d’Ulm c’est le vieux quartier des pécheurs « Fisherviertel » qui se déroule le long des canaux et jusqu’aux rives du Danube. Des ponts de pierres ou des passerelles de fer enjambent l’eau qui s’écoule lentement vers le fleuve. Les maisons construites sur pilotis ont les pieds dans l’eau, tantôt en pierre, tantôt en sorte de tulle, de toutes les couleurs, elles sont parfaitement décorées, arborant de beaux balcons fleuris voire de petits jardins au bord de l’eau où trônent des vélos, des balançoires, des potagers. Non loin du moulin une imposante sculpture de moineau est plantée au milieu du canal : symbole de la ville. Bien que petit, le quartier est vraiment agréable et je me suis imaginée au moins dix fois vivre dans telle ou telle maison et cette petite virée à Ulm m’a confirmée dans l’idée qu’il fait ma foi bon vivre en Allemagne.P1050079P1050096P1050085P1050094