Trek sur l’Acatenango

Vendredi 26 janvier – 7h du matin sur un trottoir d’Antigua

Il ne fait pas chaud, j’ai le ventre noué et je me demande pourquoi je suis debout si tôt à attendre un minibus qui va m’emmener souffrir. Aujourd’hui on part pour un trek de deux jours.

On a réservé notre excursion au Volcan Acatenango depuis plusieurs jours sur les conseils de Françaises croisées à Flores. On a retrouvé notre nouveau meilleur ami Teng, arrivé comme nous la veille au soir à Antigua après une trop longue journée de transports (bateau, bus, taxi). Et nous voila à peine réveillés prêts à partir à la conquête de ce fameux volcan culminant à 3976m de haut.

En venant au Guatemala je m’étais imaginée enchaîner les randonnées sur les volcans, accumulant les photos en haute altitude, le cuissot se musclant et les poumons s’habituant au manque d’air. Mais quand le minibus arrive je ne fais pas la fière et je voudrais retourner me coucher. Sauf que c’est trop tard.

 

 

 

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La moitié de l’ascension se fera dans le brouillard

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Pour ce trek nous avons fait appel aux guides de Soy Tour, via whatsapp. Il s’agit d’une association locale, l’argent qui est donné sert – d’abord au paiement des guides, venus des alentours, ensuite à l’amélioration des conditions de vie dans le village qui sert de base. Après avoir fait la tournée des hôtels d’Antigua pour prendre les touristes -heureusement nous ne sommes que 13 ce jour là – le bus nous emmène au village où les guides nous font les dernières recommandations et nous proposent quelques vêtements pour le froid au cas où nous ne serions pas assez vêtus.

Il faut dire que s’il fait 25 degrès à Antigua, le temps ne sera pas le même demain matin à plus de 3000m d’altitude. Les vêtements proposés datent tous des années 90 et la plupart des futurs randonneurs reprennent la route avec un look très vintage qui nous fait oublier toute idée d’être stylée en montagne!

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Teng nous attend depuis bien une demi heure pour manger

Début de la montée: je n’aime pas les volcans

Enfin le grand moment arrive. Le bus nous débarque au bord d’un chemin de sable qui monte tout droit vers le volcan. On loue des bâtons de dernières minutes à des enfants qui attendent à l’entrée les randonneurs – grand bien nous a pris, ces bâtons étaient plus que salutaires. L’ascension commence.

En quelques minutes je ressens toute la souffrance d’une ascension mal préparée: je me demande mille fois ce que je fais là, pourquoi ma gorge me brûle, pourquoi mes pieds semblent s’enfoncer toujours un peu plus dans le sable sans avancer, et surtout pourquoi ce chemin monte de façon continue comme s’il n’avait aucun fin. Alors que je suis bonne dernière en train de cracher mes poumons et furieuse d’avoir voulu tenter cette épreuve, le guide s’arrête pour nous laisser reprendre notre souffle. Ca ne fait que 15 minutes qu’on monte et je vois que Jéromine n’est pas dans un état tellement mieux que moi. Heureusement les guides sont très prévenants: un devant, un derrière, un au milieu, ils vérifient qu’on suit et surtout s’arrêtent très régulièrement.

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sexy archivoyageuse

Cette première montée de l’Acatenango est de loin la pire: je me souviens m’être répété en boucle que je n’aimais pas les volcans et que ça n’avait aucun intérêt de faire des randos sur un tel terrain, avec une route qui ne serpentait même pas! Seuls souvenirs amusants: voir redescendre d’autres groupes affublés des mêmes tenues fluo que nous avons revêtu au début du trek.

Enfin le sable s’arrête et nous retrouvons un chemin de terre nous menant à l’entrée officielle du parc du volcan Acatenango. Le soleil ne semble pas s’être levé ce jour là et les arbres gouttent alors que nous pénétrons dans la forêts. Je ne vais pas nier que je suis déçue même si cette fraîcheur n’est pas forcément mauvaise quand on doit faire de la randonnée. Malheureusement le temps ne semble pas s’améliorer et plus nous montons plus il fait froid! Mais on ne perd pas espoir, surtout que cette deuxième partie de randonnée me plait beaucoup plus!

Les couleurs nous sont revenues, on respire mieux, et tout me parait moins difficile – mais difficile quand même! Comble du bonheur lors d’un nouvel arrêt des guides nous attendent avec des tasses de chocolat guatémaltèque fumant. Ce sera la première fois qu’on teste ce chocolat à l’eau me rappelant la texture du café turc. Comme ça fait déjà bien trois bonnes heures qu’on marche cette pause chaude et sucrée nous requinque et grâce à elle la dernière partie de la grande montée, à priori l’une des plus difficiles, est un moment très agréable.

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Parties tout derrière avec Jéromine, parce que je déteste avoir l’impression de freiner les gens, on avance d’un bon pas, peu rapide mais sûr, et sans vraiment nous en apercevoir on double tout les randonneurs avant d’arriver au sommet juste derrière Teng, qui semble infatigable. C’est sa première grande randonnée, il est en jean et crapahute comme si l’altitude et l’exercice n’avaient aucun effet sur lui. De notre côté on commence à ne plus ressembler à grand chose: les joues biens rouges, la sueur qui perle et Jéromine a revêtu le superbe manteau tout droit venu de notre école primaire qui lui donne un look particulier.

On est super fières de nous! On attend les autres avant de manger ce que les guides ont préparé (du poulet froid) que je mange de fort bon appétit maintenant que je sais qu’on a fait le plus dur. Il ne reste en effet qu’une grosse heure presque à plat, presque un genre de “rando du dimanche” à nos yeux après ce qu’on a enduré le matin.

Sauf que… je me suis mal débrouillée: est-ce parce que j’ai trop mangé? Je me suis trop reposée? Le mal de l’altitude? Cette dernière heure sera la pire heure de marche que j’ai faite de ma vie. Très vite je sens que ça ne va pas. Le ciel commence pourtant à se découvrir, on entend les grondements de volcans au loin, et mes coéquipiers me dépassent tous à bonne allure, fringants et heureux de pouvoir enfin profiter du paysage, des bois, du soleil, sans que chaque pas ne leur coûte.

Au contraire pour moi chaque pas est plus difficile que le précédent. Je sens que les pleurs montent, la panique. J’avance comme un escargot et certains randonneurs s’arrêtent pour vérifier que je ne vais pas m’effondrer. J’ai de toute évidence atteint une limite et je resterai dans un état végétatif toute la soirée. Malgré le chocolat chaud, le feu qui est allumé près de notre campement et le barbecue de chamallow. Je suis hébétée.

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On surplombe la plaine d’Antigua

Le camp de base : découverte de l’agité volcan Fuego

Et pourtant le campement est parfait: situé à 3600m d’altitude, face au volcan Fuego qui n’en finit pas de gronder et de cracher ses entrailles. Des volutes de fumées s’échappent sans arrêt de son sommet et on admire le coucher de soleil qui lui donne des teintes ocres. Il commence à faire frais et on se rhabille avant de rejoindre le feu tout en profitant de la vue sur la chaîne des volcans et la plaine d’Antigua sous nos pieds.

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Le fugeo prend mille teintes à la minute quand le soleil se couche

Quand la nuit tombe c’est le début du grand spectacle: ce n’est plus de la fumée qui sort du cratère mais bel et bien d’immenses feux qui s’écroulent sur les pentes rougeoyantes du volcan. Chaque explosion est prévenue par un grondement qui s’intensifie, le show n’en finit pas et durera toute la nuit. J’aime ce bruit, le coeur qui se soulève et cette sensation de ravissement à chaque nouvelle gerbe dorée. C’est captivant.

Et pour qu’on ne perde rien du spectacle une fenêtre a été aménagée depuis les toilettes du campement (toilettes fort sales mais on va pas faire nos difficiles, surtout qu’on est venues avec les deux saint Graal que tous nous demandent: du PQ et du gel hydroalcolique, c’est presque le confort). C’est d’ailleurs le meilleur point de vu du campement et ça donne à cette activité si banale un petit quelque chose d’extraordinaire.

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Alors que je commence à peine à reprendre mes esprit je suis époustouflée par ce que je vois et en même temps j’ai un peu peur – j’ai passé la nuit à rêver de la fin de Pompéi pour vous donner une idée – et il semble que je ne panique pas à tort puisque quelques mois plus tard certains villages sont évacués et de nombreuses personnes portées disparues suite à une éruption plus forte que la normale du volcan Fuego.

Samedi 27 janvier – 4h du matin – 3600m d’altitude.

Une lampe de poche sur la tête un guide vient nous réveiller: le chocolat est prêt, le feu pas encore éteint, nous avons le temps d’en profiter un peu avant de grimper les 376 derniers mètres qui nous séparent du sommet pour y voir le lever du soleil.

Fidèle à ma super technique, je me place bonne dernière, et même si je vais bien mieux que la veille je sens que cette montée va être difficile. D’abord parce qu’il fait encore nuit, ensuite parce que je respire de moins en moins bien. Normal à cette altitude. J’ai décidé de ne pas me surpasser, tant pis si j’arrive après le soleil, je veux que cette marche reste un plaisir pour moi. Le chemin compte autant que le but. Et grand bien m’en fasse: j’ai un très bon souvenir de ces deux heures de marche presque seule dans la montagne.

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Sur la lune? Non, seulement sur le toit de l’Acatenango

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notre prochaine étape: le lac Atitlan

Très vite je m’éloigne du reste du groupe qui va trop vite et l’une des filles qui marche avec nous est victime du mal de l’altitude, on doit ralentir et un guide reste avec nous. Une quatrième personne se joint à notre caravane: un chien abandonné qui monte et descend chaque jour avec les randonneurs. Le guide m’indique qu’il doit rester derrière et que je dois donc guider. En pleine nuit. Alors que les lumières des caravanes devant nous ont totalement disparu.

Entre panique et excitation je prend donc la tête de la cordée, notre nouveau compagnon canin me dépasse pour me montrer le chemin, et prends garde à rester toujours dans la lumière de ma lampe de poche pour que je ne le perde pas de vue. C’est un moment insolite et délicieux. Les premières lueures du jour pointent le bout de leur nez derrière la cîmes des rares arbres qu’il reste. On respire de plus en plus difficilement quand le guide, après une énième pause, nous met un peu de pression: “Les filles il reste 10 minutes avant le lever du soleil. On accélère, vous pouvez y arrivez.”

 

3976m – le sommet, enfin…

Vous voyez la scène de fin du seigneur des anneaux? Quand Frodon gravit les derniers mètres le séparant de la montagne du destin, trébuchant dans le sable, se relevant avec des yeux de fous. C’était moi et ma co-randonneuses avec toute la hargne qu’il nous restait pour parvenir au sommet le plus vite possible. Moitié pleurantes de fatigue, moitié mortes de rire en ayant bien conscience du spectacle qu’on donnait. Mais nous voici arrivées au sommet, haletante et tellement heureuses. Le guide a l’air vraiment fier de nous, le soleil n’est pas encore levé. Le temps de rejoindre Jéromine et les autres et nous apercevons le soleil se levant derrière le volcan Agua, pendant que le Fuego continue de cracher tout ce qu’il peut.

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Notre ami de feu n’en finit pas de fumer
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moches, fatigués mais heureux

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La vue depuis ce sommet valait largement les difficultés de la montée: du Pacifique au lac Atitlan en passant par la chaîne des volcans du Guatemala nous avons une vue magnifique. Les nuages qui recouvrent la vallée rendent le paysage encore plus romantique. Même s’il fait froid on a du mal à partir tant on veut rester ici admirer cette vue qu’on a bien méritée. Encore aujourd’hui je ne trouve pas vraiment comment vous décrire cette félicité qu’on ressent quand on admire un tel paysage.

Il est déjà l’heure de redescendre: on glisse dans le sable pour revenir au campement en une demi-heure, c’est amusant même s’il faut faire attention. Un deuxième petit-déjeuner nous attend avant d’entreprendre la grande descente, sous le soleil cette fois, et de profiter de la forêt tropicale dans laquelle on déambule gaiement et qu’on n’a pas pu voir la veille dans le brouillard.

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Quand on voit tout ce sable en descendant on comprend pourquoi c’était si difficile à monter

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Malheureusement cette descente est loin d’être idyllique, et tout comme le début de la montée était atroce, on souffre durant ce même passage. Le chemin demande une vigilance constante et l’Américaine qui nous précède et ne cesse de parler nous tape trop sur les nerfs. On n’en peut plus, on veut arriver et on commence à faire des bêtises: des pieds qui butent dans les pierres, des chevilles qui se tordent…Nos pieds vont mettre un sacré temps à nous le reprocher puisque nous avons toutes les deux perdus des ongles de pieds (d’où l’intérêt d’être sûr de ses chaussures de rando quand on part en trek) mais on porte cette blessure comme une blessure de guerre qui nous rappellera des mois durant l’incroyable trek pour grimper l’Acatenango!

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Un dernier au revoir au Fuego 

Conseil:

Pour ce qui est du matériel: de bonnes chaussures de rando (avec du compeed au cas où), un sac d’au moins 30L (on nous a demandé d’emporter 3L d’eau avec nous), des gants, un bonnet, une écharpe, des chaussettes chaudes, plusieurs couches de vêtements de montagne (on trouve tout chez Decathlon) et un coupe vent ou Soft/shell. Il fait vraiment très froid en haut et on dort difficilement à cause de ça. Nous avons grimpé en short et avons réservé nos leggin/joggin pour la nuit ou pour la montée de nuit: c’était agréable d’avoir conserver des vêtements chauds à mettre une fois qu’on se posait au camp de base.

Préférez faire ce trek en semaine, le weekend les caravanes sont très nombreuses, parfois plus de 30 personnes, ce qui rend l’expérience très impersonnelle à mon sens. Essayez de vous préparer un peu en avance avec une marche régulière car ce n’est pas un trek si facile, il est cependant faisable pour quelqu’un qui ne fait du sport que ponctuellement – comme moi – et qui est en bonne santé physique.

Pour finir je vous conseille d’aller voir le super vlog qu’on a fait sur ce trek: vous y verrez la fatigue, le maque de souffle, l’humidité et la joie. C’est notre meilleur vlog donc vraiment allez y!! C’est ici

 

Et si vous souhaitez l’avis d’autres randonneurs sur ce trek vous pouvez lire l’article de Jéromine mais aussi celui de mi-fugue mi-raison

Escale à Livingston – Guatemala

Nouveau jour, nouveau départ. Nous partons aujourd’hui en bus pour traverser le pays du nord au sud avant d’arriver au lac Izabal ou nous espérons être à temps pour monter dans un bateau, ou plutôt une lancha, en direction de Livingston.

Livingston, outre son nom qui fait immédiatement appel à un imaginaire de grand explorateur et qui est donc une promesse d’aventures, fait rêver par sa position et son histoire. Située à l’embouchure du Rio Dulce sur la côte Caraïbe, la ville n’est accessible que par bateau à travers des gorges où vivent des milliers d’oiseaux. Ça vous met l’eau à la bouche ? Nous aussi.

Livingston est aussi l’une des seules villes du Guatemala où survit la culture Garifuna, cette culture encore très présente au Bélize, qui mélange culture afro-caribéenne des anciens esclaves enfuis de Sainte-Lucie et culture maya. On était donc absolument sûres d’avoir un coup de foudre pour Livingston, c’est peut-être pour cette raison que nous avons finalement été déçues. Bien évidemment ce n’est pas du tout un endroit que je déconseillerais et les guides sont souvent assez unanimes dessus : c’est super. Nous avons d’ailleurs conseillé à chaque voyageurs qui visitait le Guatemala de s’y rendre, mais après la découverte du Belize nous avons eu un ressenti de « c’est pareil, en un peu moins bien. »

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Florès-Livingston: un trajet (presque) enchanteur

Mais revenons à notre bus. Il est tôt et nous attendons aux portes de la ville de Florès un bus qui semble assez moderne mais qui se révèlera au final pas du tout adapté au chemin. Bien installées, nos écouteurs sur les oreilles le spectacle peut commencer : après la jungle et les campagnes guatemaltèques nous traversons l’un des paysages qui m’aura peut être le plus plu du Guatemala. Au milieu d’une végétation luxuriante s’élèvent des sortes de pics karstiques que nous admirons tantôt sous une puissante pluie tropicale, tantôt sous un soleil doré. Il est impossible de rendre ces nuances de vert, les halos brumeux et les traînées de nuages qui saupoudrent ce paysage assez féerique et que nous admirons pleinement en arrivant au sommet de certaines routes. C’est par ici que se cachent les chutes de Semuc Champey que nous n’avons pas inscrites dans notre planning, avec quelques regrets mais nous ne pouvions pas tout faire.

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Le voyage s’avère bien plus long que prévu et on commence à s’inquiéter. Les immenses dos d’âne qui ne sont pas faciles à prendre en voiture obligent le bus à repasser en première très régulièrement, ce qui met nos nerfs à rude épreuve. L’heure tourne et à l’arrivée du bus nous courons vers le fleuve en espérant trouver une dernière lancha. Sans problème, nous aurons même le temps de manger un morceau !

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Les déboires du trajet ne sont pas finis. Je pensais remonter un fleuve sinueux en pleine jungle, que nenni ! Nous traversons l’immense lac Izabal et voyons très nettement un rideau de pluie se rapprocher de nous. Ca ne manque pas, nous finissons trempées par une pluie battante, rendue d’autant plus forte par la vitesse du bateau. Ce dernier claque sur les vagues du lac rappelant la désagréable sensation du tape-cul, ce jeu de parc pour enfant que j’ai toujours détesté. La tempête achevée nous retenons un cri de ravissement : nous voici arrivés dans un passage plus étroit du fleuve ou la végétation nous entoure, puis soudain les Gorges ! Des centaines d’oiseaux nous tournent autour, je suis trop occupée à m’extasier pour prendre une photo convenable.

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Livingston loin du monde

Le soleil se montre de nouveau et nous voilà arrivées à Livingston. Un homme nous emmène, à pied, jusqu’à l’hôtel traversant la ville qui nous paraît bien pauvre, à l’exception de la rue « touristique ». Nous ne sommes  pas rassurées, surtout au moment où nous apprenons qu’il faut passer par la plage pour atteindre l’hôtel. Mais ce dernier à l’air fort convenable, et possède une piscine. En vérité c’est un petit havre de paix: le lendemain matin nous nous réveillons avec pour unique bruit celui des oiseaux tropicaux dont nous ne connaissons pas les chants. Place à l’exploration maintenant !

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Un rapide tour en ville nous confirme que Livingston est une ville pauvre où on se sent un peu seules touristes par moments, et on n’est pas bien à l’aise. A cause de son isolement (volontaire) la ville n’est presque pas reliée au reste du Guatemala, seul le port de Puerto Barrios se trouve à moins d’une heure et en cas de problème l’aérodrome qui a été abandonné ne sert plus à rien. On expérimente cet isolement au moment où l’électricité et l’eau sont coupées dans toute la ville. Certains hôtels disposent de générateurs qui assurent le bon fonctionnement de leurs établissements, notamment des toilettes, pour le reste la seule indication c’est que « ça reviendra quand il fera noir ». A 23h il ne fait visiblement pas assez noir et nous rentrerons à l’auberge, par la plage toujours, à la lumière de nos smartphones.

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Randonnée jusqu’aux Siete altares

On n’avait pas bien prévu ce qu’on allait faire mais la gérante de l’hôtel nous parle d’un lieu au cœur de la forêt qu’on peut atteindre par la côte : les Siete altares. Malgré quelques soucis de santé (je vous laisse deviner lesquels) on part pour cette rando imprévue : 2heures à longer la plage avant d’atteindre le chemin dans la forêt nous menant aux fameux bassins/cascades, lieu de culte pour les Garifunas. La plage est calme, les eaux ne sont pas turquoise mais les palmiers se suivent et ne se ressemblent pas. On ne croise presque personne : un couple ici, un pêcheur, une famille qui joue dans l’eau, mais aussi des chiens qui semblent malheureusement chercher le combat. Se dégage de cette balade un sentiment de lenteur, d’apaisement que j’apprécie vraiment. On est bien loin du monde et je comprends le cliché de « slow » qu’ont les îles des Caraïbes.

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Enfin nous arrivons à l’entrée du chemin : un sentier boueux pour lequel nous ne sommes pas chaussées comme il faut. Evidemment la pluie d’hier a rendu le chemin presque impraticable mais nous tentons le coup tout de même. Dès les 10 premières minutes nous nous retrouvons face à un bras de rivière à traverser. On voulait jouer à Lara Croft ? On va être servies ! A moitié dans la boue, à moitié dans la rivière, cette petite rando se rapproche plus d’un canyoning que d’une balade dominicale. Sans compter que nous n’avons aucune indication sur le chemin à prendre et que plusieurs sentiers s’ouvrent sous nos yeux. Après plusieurs tentatives on décide de rebrousser chemin. Il nous faut encore deux heures pour faire le chemin de retour et le soleil ne va pas tarder à décliner. On a trouvé la faille de nos supers sandales décathlon qu’on abandonnera sitôt de retour sur la plage pour s’épargner davantage d’ampoules.

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Malgré ce semi-échec je suis contente de cette journée à la fois calme et aventureuse. Les siete altares, ou ce que nous en avons vu, étaient bien belles et ça vaut sûrement le coup de monter tout en haut pour voir les chutes et la suite de bassins. La forêt était superbe, les rais de lumières qui la traversaient nous rappelaient l’heure qui tourne et nous ont permis de faire des photos sympas !

 

Derniers au revoir à la mer des Caraïbes

Le lendemain nous repartons de bonne heure, cette fois ci notre bateau nous emmène vers Puerto Barrios, c’est un navire de travailleur et ils ont prévu les bâches pour nous protéger. Au pied de basses montagnes verdoyantes la grande ville bananière se rapproche. Cette vue me plait particulièrement et me rappelle les descriptions de Terrilville dans « Les aventuriers de la mer ». Déjà que je pensais m’aventurer dans le désert des pluies en venant à Livingston, je ne cesse de faire des rapprochements avec cette superbe saga de Robin Hobb ; serait-elle venue au Guatemala pour l’écrire ?

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P1090640Une dernière bonne saucée nous convainc qu’il est temps de quitter la côte des Caraïbes et de s’aventurer vers des cieux plus cléments, ou du moins plus secs !

Livingston est une halte qui peut être très agréable, si elle est un peu mieux préparée que nous ne l’avons fait. Si vous rêvez d’une cabane façon Robinson Crusoé où vous ne feriez presque rien pendant quelques jours, plusieurs auberges ou hôtels proposent des cabanons sur pilotis le long du Rio Dulce ou dans les bras de fleuves qui s’enfoncent dans la forêt. Outre les siete altares, la traversée des gorges est à faire ! D’autres activités sont également proposées dans les restaurants de Livingston, et probablement dans les auberges.

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Guatemala – au coeur du monde Maya

Nous quittons le Belize sous un temps pluvieux et parcourons en taxi les quelques kilomètres nous séparant de la frontière Guatémaltèque. La route serpente à travers les Mayas mountains, des panneaux indiquent des sites archéologiques et des grottes nous convainquant que ce pays mériterait bien quelques jours de visite supplémentaires. Nous voilà tout excitées de passer notre 3ème frontière et de découvrir un nouveau pays. La douane est tout sauf angoissante : au guichet le douanier tamponne rapidement nos passeports sans trop regarder pendant que des écrans diffusent les derniers clips de reggaeton. Pas de contrôle particulier, on entre et on sort un peu comme dans un moulin. Une famille de mennonites fait le chemin en sens inverse et ne comprend visiblement pas un mot d’espagnol ce qui complique un peu son passage, mais les autorités ont l’habitude alors on ne s’en mêle pas.

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Une fois la frontière passée nos poches se font plus lourdes – nous avons à nouveau changé de la monnaie pour passer aux Quetzals, et nous en avons beaucoup plus. Ne SURTOUT pas se précipiter dans l’un des nombreux taxis qui vous attendent pour traverser le « no man’s land », il suffit de traverser un pont à pied et ça ne vous prendra que quelques minutes. Nous trouvons un taxi collectif dans la ville frontalière. Ça y est, nous sommes au Guatemala, prêtes à prendre la route pour Florès et la jungle !

Comme beaucoup de voyageurs nous passons trois jours à Florès dans l’auberge Los Amigos. Trois jours pour découvrir la ville-île de Florès, paresser sur le lac Peten itza et surtout voir les majestueuses pyramides de Tikal, l’un des plus beaux sites Mayas enfoui dans la jungle.

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La ville-île de Florès

A la fois calme et touristique Florès a été une étape très agréable : arrivées en début d’après-midi nous avons eu largement le temps de nous étendre dans le super patio de l’auberge, d’amener nos vêtements à laver à la laverie attenante à l’auberge et de sortir photographier la ville. Je les attendais avec impatience les couleurs guatémaltèques et je n’ai pas été déçue : bien que petite,  l’île regorge de maisons colorées et de petite ruelles pavées. C’était un régal pour l’appareil photo.

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La promenade qui longe l’île au bord de l’eau est un peu fréquentée par les touristes : des restaurants passent de la musique, des canotiers proposent des tours de barque, et des stands tenus par des familles proposent à manger sur le pouce (c’est bon!), cette promenade a un air très méditerranéen. Nous devons  finalement faire demi-tour car une partie de l’île a les pieds dans l’eau et n’est accessible que par barque. Nous décidons de monter à travers les ruelles vers le Zocalo, la place centrale où de jeunes Guatémaltèques jouent au foot pendant que nous admirons la vue sur le lac.

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De retour à l’auberge nous rencontrons Alan qui nous propose de nous joindre à un groupe pour effectuer un tour en barque au coucher du soleil. Ça n’était pas prévu mais puisque nous avons fini d’explorer l’île – une grosse heure suffit – pourquoi ne pas voguer vers de nouveaux horizons ?!

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Nous voilà donc embarquées sur le lac Peten Itza, ce dernier bastion maya qui n’a été conquis qu’en 1697 par les Espagnols. Nous nous arrêtons au Mirador d’où nous pouvons voir combien l’île de Florès est minuscule, avant d’aller sur une plateforme d’où on peut voir le coucher du soleil tout en jouant à Tarzan en sautant à la corde. Malheureusement nous n’avons pas pris nos maillots,  nous devons donc nous contenter d’observer les autres avec en fond ce superbe coucher de soleil sur les eaux calmes du lac. Les rives deviennent dorées et les cabanons de bois prennent de jolies couleurs. Une journée parfaite au Guatemala.

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TIKAL – Au coeur du monde Maya

Le repos sera de courte durée car nous partons le lendemain matin avant l’aurore pour nous rendre à Tikal – une excursion organisée par l’auberge. Le bus s’enfonce dans la sombre jungle et je m’endors pour finir ma nuit mais au réveil les premières lueurs de l’aube réveillent les oiseaux et nous pouvons commencer l’exploration de ce mythique site Maya. La visite n’a rien à voir avec Lamanai, le guide est très intéressant et nous laisse du temps pour prendre des photos et  déambuler à notre guise sur le site. Ce dernier est énorme et je suppose que toute une journée ne suffirait pas pour tout voir, nous nous contentons donc de suivre le parcours « balisé » du guide et de voir les quatre principaux temples.

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Il n’y a encore pas grand monde à cette heure là ce qui rend la visite très agréable. Devant nos yeux ébahis contemplant la première pyramide le guide rit: « Attendez de voir le temple IV ! », nous dit-il. On a du mal à croire que ça puisse être aussi impressionnant que la place centrale où s’élève le temple maya le plus connu, sous lequel un roi serai enterré. Certains bâtiments sont laissés aux caprices de la nature et des arbres y poussent, voire les recouvrent intégralement, ce mélange de ruines et de jungle dans la douce lumière du matin donne vraiment au site un côté Indiana Jones !

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Nous finissons par monter tout en haut du temple IV, le plus haut, pour admirer la vue sur Tikal. Une traînée de nuages recouvre la forêt, rendant le site encore plus mystérieux. Des sommets de pyramides pointent ça et là alors que la jungle recouvre tout. Un horizon de grands arbres et de lianes d’où s’entendent par moments les cris des singes hurleurs. La vue est saisissante et j’ai vraiment du mal à redescendre. Les photos de rendent pas justice à ce site. Dommage, il vous faudra y aller !

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Farniente au Lac PETEN ITZA

Que faire de notre dernière journée ici ? Rester allongées dans la patio à bouquiner et errer sur internet ? Non, Alan a prévu autre chose pour nous : aujourd’hui nous partons en collectivo vers une autre rive du lac, à El Remate, où un de ses amis possède un hôtel.

El Remate est un petit havre de paix où se dressent des hôtels et des cabanes de bois bien cachées dans les feuillages. Le genre de lieu où on passe plusieurs jours à ne strictement rien faire en admirant les changements de couleur du lac tout au long de la journée. Un lieu que je recommande aux  voyageurs qui ont un peu plus d’argent et qui cherchent un moment de farniente totale. Grâce à Alan nous profitons du ponton gratuit et du hamac pour paresser au bord de l’eau. Il n’y a pas de meilleur moyen d’apprécier à sa juste valeur cet immense lac aux eaux calmes et nous passons une après-midi exceptionnelle.

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Le retour s’avère moins reposant : les collectivos ne circulant plus à partir d’une certaine heure, nous avons mal prévu l’heure du coucher du soleil et devons rentrer dans la nuit le long du lac avant de trouver ENFIN un bus qui accepte de nous ramener à Florès. Sachant qu’il fallait un peu plus d’une demi-heure pour rentrer à l’auberge en transport nous serions montées dans n’importe quel véhicule, y compris dans un wagon à bestiaux ! (on y a fortement songé!)

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Après ce retour qui a failli être épique, besoin de confort food: on s’arrête donc au Burger king à l’entrée du village. Parce que comme le Mexique, le Guatemala est très tourné vers les Etats Unis, vous y trouverez  les mêmes enseignes et le coca comme boisson reine.

On est vraiment ravies de ce séjour dans la région du Pétén. Tikal est vraiment LE site maya qu’il faut voir selon moi, en constante fouille archéologique, les découvertes n’en finissent pas et ce lieu est aussi intéressant que beau. Si les longues marches ne vous font pas peur vous pouvez également tenter les treks comme celui d’El Mirador, accessible uniquement après trois jours de marche dans la jungle. Ça doit valoir le coup si on dispose d’un peu plus de temps.