Pékin et la Muraille.

Pékin nous a accueillies dans la nuit, après 27h de voyage. 27h c’est long sur le papier, mais après ce long mois on avait nos habitudes. Les vêtements choisis méticuleusement pour aller aux toilettes quand on voulait, se changer facilement, se mettre à l’aise. La nourriture en quantité suffisante et même plus peur de tester les bonbons bizarres que nous proposent les vendeurs ambulants. J’ai fini mon livre du moment – je lisais alors “l’amie prodigieuse” d’Elena Ferrante – et j’ai enfin eu le courage, et pas d’autre choix, de commencer « L’amour au temps du choléra »de Gabriel Garcia Marques . On a regardé le paysage défiler en essayant de deviner sur la petite carte de Chine du Routard où nous pouvions bien être. De quelles villes venaient les lumières qu’on voyait défiler du train. Et au bout du train l’une des gares de Pékin, je veux dire Beijing. Du monde partout, une queue qui nous ferait cauchemarder à Paris, ici on  n’était pas pressées, encore en vacances, on s’y attendait à ce monde. On était arrivées à Pékin après tout: 21 millions d’habitants plus les touristes.

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Pékin nous a accueillies comme partout ailleurs en Chine : avec des danses et des passants qui nous aident à trouver notre chemin. Un chemin incertain qui se faufile au milieu des hutongs, à quelques pas d’un quartier des affaires.Ici nous prendront un starbuck le matin, nos tongs jurant avec les escarpins des femmes qui travaillent dans la tour HSBC.

On n’a pas trop aimé Pékin. Enfin non. On a aimé Pékin, mais on a aimé ce qu’elle doit être au printemps, en automne. Sûrement pas en été où la chaleur sèche étouffe, où la vision de ces millions de touristes oppresse. Et on en a conclu que Pékin n’était pas une étape de fin de voyage. Alors un autre jour, on commencera un nouveau périple en Chine à partir d’ ici.

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  1. La cité interdite

La cité interdite, la place Tian anmen, le mausolée de Mao: ces incontournables de la Chine qu’on a visités au pas de course, plus par devoir que par plaisir. On en avait rêvé pourtant de  cette merveilleuse cité interdite. Mais après la place du village de Jianshui, le grand édifice rouge qui domine la place m’a paru presque petit. Et ce monde, ce monde mon Dieu ! Nous n’avions qu’une hâte : sortir à toute vitesse de cet endroit.

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S’il avait fait plus frais, s’il y avait eu moins de monde nous aurions sans doute pris le temps d’admirer ses différents palais. Les boiseries décorées, la multitude de toits qui s’étendent jusqu’à la colline, la perspective impériale qui s’ouvre devant nous à chaque porte. Mais il était impensable de traverser la place. Il fallait trouver vite un endroit où se poser, un endroit où manger, boire un coca frais – sans glaçon – et essayer d’apprécier Pékin.

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  1. Temple des lamas et les hutongs

Ce que je retiens de Pékin ce sont les hutongs, j’ai tellement aimé que je n’ai même pas trouvé le temps de sortir mon appareil pour en faire quelques photos. A l’ouest des lacs, non loin de la cité interdite, nous avons marché dans les hutongs.Il n’y a rien de fameux, mais pour une fois il n’y a personne. Ça ne respire pas l’attraction touristique, ce sont simplement de vieux quartiers laissés en l’état, et il y en a partout en ville. Nous sommes arrivées ainsi jusqu’au temple des lamas. Un must do de Pékin. Il faisait plus frais, peut être du fait des arbres, de l’architecture dégagée, de l’ambiance propre aux temples bouddhistes. Ici nous avons eu le temps d’admirer les boiseries, dehors, dedans, assises, debout, en discutant, en nous taisant.

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Près du temple se trouvent encore d’autres hutongs, plus vivants. Ici un café, typique des cafés chinois on le sait maintenant, avec un thé glacé pris bien installées dans un canapé, des bouquins partout, et en même temps un petit quelque chose de très chinois. De cette modernité chinoise particulière : tout est calme, nonchalant. La vie à la chinoise. En face des petits vieux ont sorti leur sofa et discutent en regardant les passants. Il y a des cartes par terre car ici aussi on joue sans cesse.

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Cette après-midi aura été placée sous le signe du cool. En déambulant presque au hasard dans les rues où se trouvent des magasins, des boulangeries, des cafés puis des temples on profite enfin de la vie pékinoise qu’on nous a vendue tout au long de notre séjour. Lorsqu’on rencontrait des étudiants venus faire une année à l’étranger notamment. C’était une image qu’on ignorait avant d’arriver en Chine, une image de Pékin en nouveau Berlin. Mix des villes du sud et de culture underground avec une grosse dose de chinoiseries.

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  1. Je me prends pour Mulan à Jinshanling

On a les références qu’on peut, et moi j’avais Mulan en tête lorsque je marchais sur la Muraille. Ici encore l’excursion était organisée par notre auberge:  Jinshanling est assez loin de Pékin, elle est aussi plus sauvage tout en étant restaurée. C’est une vraie rando : quelques heures sous le cagnard, on transpire instantanément, ça descend et ça monte surtout. Tellement qu’il faut souvent s’aider des mains: « Like a monkey » nous dit la guide hystérique et tyrannique dont on ne comprend que quelques mots d’anglais mais qui arrive à effrayer tout le groupe.

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A Jinshanling on peut être parfaitement seul à certains moments. Il faut faire attention, il s’agit d’une véritable ascension dans une ruine.  On doit aider une Coréenne qui se sent mal. Heureusement il existe des chemins pour redescendre facilement, et en particulier le chemin chinois – autrement dit le téléphérique. Il est difficile de se rendre compte que nous y sommes. La Grande Muraille. Sous un soleil qu’on distingue malgré l’épais voile  de pollution. Un soleil qui ressemble à ces soleils d’Asie, rond,voilé, qui dégage cette lumière si particulière de fin d’été, nous chauffant jusqu’à l’épuisement. On aura marché sur la Muraille. Et ça aura été fatiguant !

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  1. Quitter la Chine

L’homme en vêtements de travail orange est toujours au bout de la rue. Accroupi sur ses pieds il arrive dès 5h, se met dans cette position et repart le soir. Consciencieusement chaque jour il se pose sur son semi trottoir et regarde. La rue est pleine de poussière et le béton n’est pas encore posé. C’est sûrement une partie de son travail. Ou peut-être est-il simplement chargé de surveiller l’entrée de la rue. A quelques mètres de là un homme hèle le bus pour les passants. Il ne monte pas dedans puisque c’est son métier : héler le bus. A l’heure du repas il prend un poulet rôti chez le marchand du coin, un marchand qui a la cote. Tout le monde s’y presse, prêt à faire de longues minutes de queue. Nous avons cédé nous aussi. C’était simplement un poulet, un peu sec et pas facile à manger sans couverts. Un starbuck  à la main  je reviens vers l’auberge. De la terrasse je vois les tours d’affaires, les toits des temples et ceux des hutongs. Un chien sur la maison d’en face et le vieil homme toujours accroupi à l’entrée. Il est temps de prendre le métro, l’avion et de revenir, épuisée mais heureuse, convaincue que je reviendrai bientôt.

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En Pratique :

  • Prévoyez une excursion sur la muraille avec votre hôtel ou auberge, elles sont chères mais éviter la difficulté de s’y rendre par ses propres moyens vaut le coup ! En prime vous aurez l’éternel déjeuner en groupe dans un restau du coin, ça permet de goûter à de nombreux plats qu’on ne commanderait pas soi-même.
  • Prévoir de bonne chaussures et de grosses bouteilles d’eau pour la rando. Un homme vous vendra un coca hors de prix (prix parisien) à un endroit stratégique de la muraille, mais si vous pouvez l’éviter…
  • Pékin n’est pas une si grande ville. Ou plutôt le centre historique se fait à pied quand on aime marcher de longues distances. Comparé à Chengdu ou Canton les arrêts de métro sont plus rapprochés. Le métro dessert tout, et surtout il est à seulement 30min de l’aéroport en train direct.
  • Si vous pouvez trouver un logement dans les hutongs c’est le must : plus calmes, quartiers traditionnels, ça donnerait envie de rester dans son auberge tout le temps.

Mon premier trek – Lijiang et les Gorges du Saut du Tigre

Les routes des voyageurs au Yunnan ne sont pas très nombreuses, nos deux nouveaux compatriotes rencontrés à Shaxi suivent le même parcours que nous et se dirigent vers Lijiang, encore plus au nord, pour faire du trekking dans les Gorges du Saut du Tigre.

Rien que ce nom nous effraie. Et pourtant c’est bien pour faire ce trek que nous avions décidé la semaine précédente de ne pas nous rendre dans la jungle du sud du Yunnan. Le trek des Gorges du saut du Tigre est réputé pour ne pas être particulièrement difficile hors saison des pluies. Bien évidemment nous sommes en pleine saison des pluies, les chemins pierreux ont toutes les chances d’être trempés et glissants et la randonnée de devenir dangereuse. D’où notre hésitation. Mais nos nouveaux amis sont des habitués de la montagne qui grimpent les sommets depuis déjà quelques mois, ils sont en quelques jours devenus nos guides et nous nous fions totalement à eux. Alea Jacta Est, nous partons pour Lijiang avec la ferme intention de réussir ce trek !

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  • Lijiang – ou les ravages de l’UNESCO

Lijiang surprend au premier abord par son climat : il pleut, il fait 20 degrés et je trouve enfin une utilité à mon jean et à mon sweat ! Puis on comprend vite que la vieille ville, celle qui a été classée au patrimoine de l’UNESCO en 1997 n’est plus vraiment une ville : il faut payer pour rentrer dans l’enceinte et payer cher. En effet toutes les maisons et les rues sont belles, préservées, une vraie ville où filmer des films chinois d’époque. Mais les maisons n’abritent que des commerces à touristes, et ces derniers sont légions. Une petite atmosphère de Disney Land règne sur Lijiang. Et on se demande si l’Unesco fait autant de bien qu’on le pense à ce qu’elle classe patrimoine mondial !

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Ce n’est pourtant pas une raison pour bouder la ville. Parce qu’elle est un carrefour inévitable pour ceux qui souhaiteraient continuer vers le Tibet, les lacs du nord ou le fameux trek des gorges. Comme partout en Chine on peut profiter de Lijiang dès qu’on s’éloigne des axes principaux. Et la ville devient admirable lorsqu’on se retrouve seul dans les rues, qu’on surplombe l’immense étendue de toits traditionnels depuis la grande pagode Wang Gu Lou, et surtout lorsqu’on se promène dans le parc de l’étang du dragon noir. Les chinois n’ont pas leur pareil pour trouver des noms fabuleux qui touchent l’imaginaire. D’ici on aperçoit le mont du Dragon de Jade encore enneigé malgré la saison. Mont du Dragon de Jade. On s’en rapprochera le lendemain en prenant la route pour les gorges.

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  • Les Gorges du saut du Tigre

2 jours. 5h/7h le Premier, 2h30 le Second.

3900m au-dessus des gorges les plus profondes de Chine. Des falaises qui plongent dans le précipice. Un chemin face à l’Himalaya. Nous y sommes. Les Gorges du Saut du Tigre, et deux jours de randos avec une halte au ¾ du trek dans une auberge de jeunesse.

Le début de la randonnée nous a assez déçues. Ca monte raide, pendant longtemps, c’est sympa mais sans plus. Nous avons du mal à respirer, la vue sur le Yangzi et les villages industriels en dessous ne fait pas rêver. Puis la forêt arrive et le plat avec elle. Un coca et c’est reparti. Il parait que la partie la plus dure de ce trek ce sont les 28 lacets qui emmènent au point culminant. Je ne pense pas être la seule à le penser : les 28 lacets ne sont pas plus durs que ceux d’avant, ils le sont même sûrement moins parce qu’on s’y attend. Mais à ce moment la rando devient vraiment sympa. On est dans la forêt, la vue sur les montagnes environnantes dépayse de plus en plus, et arrivés au sommet le panorama nous récompense largement. Il nous suivra durant tout le reste du trek !

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Après 6h de marche nous nous arrêtons dans l’auberge Half Way guest house. Un repas sur la terrasse face à l’Himalaya. What else ? Je ne me lasse pas de regarder, de prendre en photo ce paysage pour m’en imprégner, pour être sûre de bien m’en souvenir. Mais comment oublier ? La saison des pluies ne nous permet pas de voir les sommets, nous devons les deviner. Les nuages hantent cette région, la rendent plus mystérieuse, et je peux imaginer ce qui se cache dans ses montagnes qui mènent au Tibet. Quel moine y a trouvé retraite ? Quel alpiniste s’y est aventuré ?

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Le chemin est effectivement boueux et glissant, je suis bien heureuse d’avoir fait les ¾ de la rando la veille car c’est bien la seconde partie du trek qui est la plus dangereuse. Il ne faut qu’un peu plus de 2h pour rejoindre l’endroit où les gorges sont le plus étroites, qui est également la fin du trek, là où les bus viennent rechercher les touristes (ceux qui ont fait le trek et les autres). Ce sont deux heures où nous craignons légèrement pour nos vies. Même si les chemins sont assez larges, il vaut mieux ne pas avoir le vertige. Mais le paysage est toujours à couper le souffle et on s’arrête régulièrement pour souffler, de fatigue, et d’émerveillement.

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Arrivées à Quiatou nous abandonnons nos comparses avec qui nous avons passé 5 jours, ils poursuivent le trek plus loin, vers Haba, dans l’espoir d’arriver au camp de base de la montagne du Dragon de Jade. Vu les conditions rien n’est s^rr alors on les abreuve de recommandations, bien conscientes que s’il leur arrive quelque chose nous serons les dernières à les avoir vus… (Rassurez-vous, il neigeait effectivement trop, et malgré les achats de matériels que nous avions faits à Lijiang, ils ont renoncé à leur ascension).

Ce que j’ai aimé dans le trek : on n’y est jamais seul ! Sans être une autoroute, en cette saison du moins, on trouve forcément des gens avec qui faire le trek, c’est rassurant et ça permet de trouver quelqu’un qui a le même rythme – je remercie d’ailleurs Clinton, backpacker Canadien qui était à mes côtés quand je me suis ENCORE fait une entorse au milieu de nulle part et qui avait avec lui les médicaments pour m’aider à finir le trek.

 

Comment s’y rendre ?

Le plus simple est encore de demander à votre auberge à Lijiang. Des allers-retours sont organisés chaque jour. Vous pouvez soit faire le trek, soit prendre un bus pour suivre les Gorges avec la route – un trek à la chinoise en somme. Certaines auberges de jeunesse proposent de porter vos affaires jusqu’à Qiatou – la fin du trek – pour ceux qui souhaiteraient continuer leur route sans repasser par Lijiang. Par exemple si vous voulez aller à Shangri La. Arrivés à Qiatou un bus vous ramènera à Lijiang.

L’entrée dans le parc des Gorges du Saut du Tigre est payante, le parc est aussi classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le point le plus resserré des gorges, là où on voit et on entend de très très près l’eau tonitruante, est lui aussi payant (vive la Chine).

Point matériel: Je n’ai pris qu’un sac à dos 20L qui suffisait largement pour y mettre une serviette microfibre, de quoi se changer, un vêtement de pluie – nécessaire en cette saison – et de quoi manger à midi.

Dali & Shaxi – La dolce vita en Chine

Il existe un train de nuit qui va de Jianshui à Dali et qui n’est pas indiqué dans les guides. La gare est nouvelle elle aussi, et introuvable pour quelqu’un qui n’est pas de la ville : un bâtiment fermé la moitié de la journée, entouré de tentes qui vendent de quoi se sustenter pour la nuit. Ce train est bien pratique, il nous a permis d’arriver au matin à Dali, après une bonne nuit de sommeil #lovelescouchetteschinoises, prêtes à entamer notre découverte du centre du Yunnan : de Dali à Shaxi.

Dali – 2000m d’altitude, région de la minorité Bai, la vieille ville encore charmante  s’étend aux abords du lac Erhai.On construit  partout à Dali, enfin partout en dehors de la vieille ville, il parait que c’est le Saint-Tropez chinois, un Saint-Tropez au milieu des montagnes qui a fait disparaitre peu à peu les activités traditionnelles de pêche autour du lac, les villages sont devenus touristiques et pourtant il y  reste un petit quelque chose de reposant et de simple. ce petit quelque chose qui la rend incontournable.

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  • Dali – la flâneuse

Dali est un havre de paix pour touristes occidentaux fatigués de voyager. Et c’est aussi un lieu de rencontre des expats qui ont trouvé refuge en Chine. La vieille ville ceinte de murailles est suffisamment petite pour qu’on en fasse  le tour en une journée, mais elle donne envie de s’y arrêter pendant plusieurs jours pour ne rien faire : siroter un thé froid, regarder les passants, traîner dans une librairie et sortir boire un verre chez Ghuilain, un français d’Angoulême installé ici depuis 7 ans.

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En deux jours on reconnait déjà des gens, on sent que les expats sont heureux de pouvoir discuter un peu du pays, de l’Europe, on salue les gens dans les rues, on se sent très vite chez soi à Dali. Dans les rues aux vieilles maisons qui n’ont rien perdu de leur charme se suivent les cafés cosy – on se croirait dans le 11e à Paris – les boutiques touristiques mais aussi les petites boutiques plus typiques où on peut manger des mets étranges, traditionnels de la région. Mais nous ce qu’on a préféré faire c’est suivre un cours de cuisine pour enfin apprendre à faire les dumplings qu’on aime tant !

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  • Dali la sportive

Coincée entre les monts Cangshan et le lac Erhai il est très facile de se mettre au sport à Dali. On a laissé tomber les randos – sans plan, sans s’y connaitre beaucoup, mieux valait ne pas tenter le diable, sans compter que des rumeurs de brigandages courent dans le coin – mais on a loué des vélos pour pédaler aux abords du lac et prendre notre selfie  au milieu de dizaines de chinois faisant de même.

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Le lac est immense et malheureusement la route ne le suit pas toujours, je pense que pour mieux en profiter le scoot est, là encore, une meilleure option, si on souhaite aller jusque dans les villages en tout cas.

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  • Shaxi – enfin au calme

Nous avions prévu un jour de rab dans notre planning au cas où: ce fut une évidence en arrivant à Shaxi que nous allions l’utiliser pour rester ici deux jours au lieu d’un seul. Sur la route du thé et de chevaux – rien que ça – Shaxi est une petite ville, presque un village, située à 2h de Dali et de Lijiang, et elle a la particularité d’être entretenue par une association suisse qui la préserve encore du tourisme de masse. Un peu d’authenticité dans cette Chine de la modernité.

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On n’en est certes plus aux boutiques artisanales, ces dernières sont remplacées par des cafés cosy et des magasins de babioles – cartes, bouquins – qu’on aime trouver dans nos villes occidentales, mais l’ambiance y est calme, reposante. Une seule grande rue traverse la ville pour descendre vers la rivière et atterrir dans les champs. Au centre du village une grande place où se font face un temple et un vieux théâtre. Tous les bâtiments sont merveilleusement bien conservés, et notre auberge, qui se situe sur la place ne fait pas exception. Rester un jour de plus à Shaxi c’est rester un jour de plus à boire un thé avec vue sur les montagnes, à profiter de la Chine rurale.

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  • Shibaoshan – les monts du trésor de pierre

C’est à ce moment de calme et de volupté que deux énergumènes font irruption dans nos vies : Naftali et Ian, deux jeunes backpackers de 21 ans qui voyagent ensemble depuis 3 mois. L’un est israélien, l’autre américain et ils nous ont repérées depuis Dali. (Il faut dire que la plupart des voyageurs empruntent les mêmes routes au Yunnan, on est peu mais on se retrouve vite malgré l’immensité de la Chine). C’est le moment de donner un tournant plus sportif à notre séjour : ils nous proposent de nous emmener en rando dans les Shibaoshan, ces montagnes non-loin de Shaxi qui abritent des grottes et temples, et surtout l’idée est d’y aller en stop. C’est tellement bon de ne prendre aucune décision qu’on se laisse guider.

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Les nuages qui stagnent autour de Shibaoshan ajoutent à l’ambiance mystique du lieu, les cris des singes dans les arbres et ce long escalier menant aux temples encore cachés par les épais feuillages nous transportent dans une Chine encore inconnue. A 3000m d’altitude la montée est assez rude mais les temples sont superbes, la vue à couper le souffle et on est heureuses d’avoir fait des efforts.

Que faire à Shibaoshan ? Il s’agit en fait d’un parc, payant comme absolument tout ce qui est touristique en Chine, qui abrite plusieurs temples dans les montagnes, plusieurs randos sont alors possibles. Nous nous sommes contentées de la première, la plus accessible. Compter 2h de rando pour faire le tour de 3 temples et avoir un point de vue sur les montagnes. Pour les plus sportifs, les autres montagnes valent probablement le coup.

Une chose est sûre : Shaxi doit être un passage incontournable d’un voyage au Yunnan ! Jugez plutôt…

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Se rendre à Dali et Shaxi:

  • le train depuis Kunming ou Jianshui (nouvelle ligne) vous dépose à Xiaguan la nouvelle ville. D’ici il faut prendre le bus pour se rendre à la vieille ville
  • Un aéroport dessert la ville
  • Shaxi: bus depuis Dali à prendre à la station de Bus, la plupart du temps ce sera indiqué dans les auberges. Le bus nous a abandonnées sur une aire au milieu de rien où un mini-van est venu nous chercher. On ne sait pas comment, ni pourquoi, mais nous sommes arrivées à Shaxi dans les temps prévus et sans problème.

Où dormir:

  • Dali: Jade Emu guesthouse, juste après les remparts de la ville. Très bonne auberge avec une cour agréable, et possibilité de manger des pizzas (ce qui est un luxe après plus de 2 semaines à manger du riz)
  • Shaxi:Shaxi horse pen 46, auberge dans une vieille maison bai avec cour, porte qui ouvre sur la rivière, vue sur les montagnes. Et surtout DEUX GROS CHIENS baveux à cajoler. Sur la place du village.

Cours de cuisine à Dali: Rice & Friend

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Yuanyang – retraite dans les rizières

Mercredi 22 juin – 11ème réveil en Chine

Voici deux jours que nous sommes à Pugaolao, un village au cœur des rizières de Yuanyang, les plus belles rizières du monde parait-il. Arriver jusqu’ici, dans les montagnes du Sud du Yunnan, n’est pas une mince affaire. Depuis Jianshui nous avons dû prendre le bus de 10h11 à la gare routière, lequel nous a acheminé plus ou moins péniblement jusqu’à Xinjie appelée plus communément Yuanyang, en passant par Nasha – nettement plus peuplée. Nous avons longé le fleuve rouge dont l’eau prend cette teinte étrange au contact de la terre rouge du Yunnan. Nous avons pu admirer des rizières en terrasse à n’en plus finir, et s’étonner des routes cahotantes pour monter toujours plus haut dans les montagnes. A Xinjie un minibus nous attendait pour nous mener jusqu’à Pugaolao.

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Pour une fois nous ne voulions pas négocier, erreur car nous avons dû payer l’entrée dans le parc des rizières, classé au patrimoine de l’Unesco, alors même qu’il était exceptionnellement gratuit ce jour-là. Mais après quelques 7h de transport et une vessie pleine, nous ne voulions qu’une chose : trouver notre auberge. Et c’est uniquement grâce à notre incroyable patience que nous n’avons pas précipité du haut des rizières les Coréens nous accompagnant dans le minibus qui souhaitaient s’arrêter tous les 10 mètres pour prendre une photo. Mais cette journée fatigante valait largement le coup : Pugaolao est un lieu encore perdu dans les montagnes, nous y étions seules touristes et nous avons pu deux jours durant découvrir au plus près les coutumes locales et explorer les rizières.

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  • Randonner dans les rizières

Nous logions dans une auberge dans le bas du village, non loin de la place principale d’où on pouvait observer le lever du soleil. Malheureusement pour nous juin n’étais pas la période idéale pour voir les rizières, en tout cas pas la saison où elles se montrent sous leur plus beau jour mais en compensation nous étions seules dans notre auberge et Alice, l’hôtesse, s’est occupée de nous pendant deux jours entiers. Elle nous a dessiné une carte des rizières alentours avec les noms des villages en anglais et en chinois, et le chemin de randonnée principal. Nous pouvions ainsi demander notre chemin à tous les Chinois que nous croisions. Yuanyang est désormais au patrimoine de l’Unesco mais c’est encore trop peu connu des occidentaux et surtout des Chinois eux-mêmes, une jolie rando de 3h où nous serions totalement seules nous attendait donc.

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C’était aussi superbe que ce qu’on pouvait imaginer, et plus dépaysant que prévu : on n’avait pas tout à fait compris qu’on risquait de croiser des troupeaux de bœufs, de se faire racketter par des petites vieilles avec leurs hottes sur le dos, et qu’on serait en fait en plein milieu des rizières. Les nuages montaient lentement de la vallée et recouvraient peu à peu les rizières vertes qui s’étendaient à perte de vue. Nous sommes passées par de nombreux villages, avons croisé nombre d’homme ne faisant rien pendant que leurs femmes revenaient de la ville surchargées, plus belles que jamais dans leurs costumes d’un bleu électrique.

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  • Les minorités : à la rencontre des Hani et des Yao

Je pense pouvoir dire sans me tromper que Yuanyang a été le cœur de notre voyage en Chine et le moment où nous avons été les plus proches des Chinois, ou plus exactement des minorités chinoises. Le Yunnan est la province chinoise abritant le plus de minorités et les montagnes du district de Yuanyang ont été originellement peuplées par des peuples tibeto-birmans dont les Hani qu’on suppose être les premiers à avoir bâti des rizières en terrasses. A leurs côtés vivent des Yao et des Yi, chacun se différenciant par les couleurs et les costumes qu’il arbore. Au Yunnan les costumes traditionnels ne sont pas du folklore, ils sont encore l’habit de tous les jours et nous nous sommes vite senties étrangères avec nos jeans et nos t-shirt citadins.

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En visitant dans le sillage d’Alice nous avons pu rencontrer et côtoyer les Hani : elle nous a d’abord emmené au marché du plus grand village du coin. Ici aucune photo, cela aurait semblé déplacé et nous ne passions pas vraiment inaperçues. C’ést le marché le plus authentique où je suis allée de toute ma vie. A côté des marchands de tissus et de légumes on vendait des animaux : poules, porcs et autres. Un vrai marché à l’ancienne, bouillonnant, fascinant, entre les Hani aux couvre-chefs bleus et les Yao aux jupettes multicolores. Plein de petites femmes à la peau brunie et ridée par la soleil avec leurs hottes sur le dos.

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Le soir c’était la fête annuelle pour l’entrée du parc au patrimoine de l’Unesco. Cette fois-ci l’idée était de faire la fête avec les gardes des parcs, des amis d’Alice et de danser autour du feu sur de la musique Hani – une musique qui rentrait dans la tête. A notre arrivée on a pu découvrir la tradition chinoise : chacun nous a porté un toast, mais Alice nous a vite fait comprendre qu’on ne devait pas boire à chaque fois, sinon on ne tiendrait pas la soirée. On avait au moins l’assurance que tout cet alcool ingéré préviendrait les intoxications alimentaires : poissons pêchés dans les rizières, viandes d’on ne sait quelle provenance, le festin devant nous était fameux mais on avait un peu peur pour nos estomacs !

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Alice nous a fait faire le tour de la montagne avant de nous ramener à Nansha, à 1h30 de Pugaolao. Le calme des rizières que ne brisaient que les beuglements des vaches, et les cris des porcs ; l’incroyable vue sur la montagne, les villages Hani et les rizières ; la fraîcheur enfin retrouvée allaient nous manquer. Mais c’en était fini du sud, il était temps de remonter le fleuve rouge vers le nord : direction Dali.

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Jianshui – In love with le Yunnan

 

En partant de Guilin nous en savons un peu plus sur notre itinéraire : jusqu’à présent nous savions que nous allions dans le Yunnan, le cœur de notre voyage, mais pour y faire quoi ? Pour y voir quoi ? Après le lourd trajet de Guilin à Kunming, ville du printemps éternel et capitale du Yunnan, nous avons bien compris que la Chine est plus grande que nous l’imaginions. Le moindre trajet se compte en heures, et la plupart du temps à bord de bus pas toujours bien portant – la ceinture de sécurité étant clairement en option.

Nous avons du choisir entre la région du Xishuangbana tout au sud de la province, à la frontière de la Birmanie et du Laos – une région où j’aurai pu découvrir la jungle et le climat propre aux pays sud asiatiques – et un trek dans le nord, aux fameuses gorges du saut du tigre.

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Avec toute la difficulté qu’imposent les choix, surtout en voyage, surtout dans des lieux aussi reculés où on ne pense pas forcément revenir un jour, nous avons décidé de ne pas aller plus au sud que les rizières de Yuanyang, et de remonter vers les montagnes loin de la chaleur étouffante et humide du Mékong. Nos prochains jours sont alors tout tracés : une halte dans la ville de Jianshui avant de goûter aux charmes des plus belles rizières du monde – à ce qu’il parait.

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Kunming nous avait déjà réconciliées avec les villes chinoises : portant bien son nom de ville du printemps, le climat y était ENFIN très agréable. Loin des foules de touristes nous avons découvert avec plaisir le superbe temple de Yuantong, un havre de paix en plein centre-ville, et nous nous sommes baladées le soir le long du grand parc de la ville, à l’heure où les étudiants sortent leurs guitares, où les plus âgés dansent et chantent, et où de nombreux chinois font leur jogging. A retenir : Kunming est presque plus vivante à la nuit tombée que de jour, comme une jolie ville de vacances où il fait bon vivre.

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Mais mon coup de cœur du voyage – mon immense coup de cœur- a été la ville de Jianshui, que je prenais au départ pour un village, un village de la taille et de la population de Strasbourg à peu près, et qui est presque totalement oublié des touristes, chinois ou occidentaux. Jianshui est à quelques heures en bus de Kunming et possède depuis peu une belle gare située à un trentaine de minutes de la ville, une gare au milieu de rien, qui n’est pas ouverte toute la journée mais qui dessert les principales villes de la région !

 

La particularité de Jianshui c’est d’avoir conservé ses vieilles maisons devenues aujourd’hui des commerces. La principale attraction est alors de se promener dans la vieille ville depuis la grande porte du soleil, plus impressionnante à mon goût  que la porte de la cité interdite. Des petites rues, de belles maisons, des scooters, des taxis, des marchands ambulants, Jianshui est une ville très vivante et les Chinois avaient l’air franchement étonnés de nous trouver là.

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  • Les jardins de la famille Zhu

Quel bonheur de visiter un jardin chinois avec ce silence et cette impression d’être presque seules ! La résidence a été construite à la fin du XIXe siècle  et abrite de beaux jardins, un théâtre sur l’Eau, des cours intérieures et de beaux pavillons d’habitations. Une visite incontournable selon moi. Elle ressemble à d’autres visites de résidences que vous pourrez faire en Chine – à Canton, Pékin, etc – à la différence que vous y serez tranquilles, l’idéal pour profiter vraiment de la beauté et de l’ambiance paisible des jardins chinois.

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  • Le temple de Confucius

Second plus grand temple de Confucius en Chine je ne pouvais manquer de le visiter malgré le prix toujours très élevé. Construit  sous la dynastie Yuan en 1285 – donc vieux – à l’époque où des membres de la famille impériale avaient été déportés dans le Yunnan, ce temple était un moyen pour eux de conserver leur identité par la culture et la science. J’y étais en fin d’après midi au moment où les vieux chinois quittent le banc sur lequel ils jouaient et papotaient depuis des heures pour se mettre à faire du sport – c’est-à-dire faire des tours du lac seuls ou à plusieurs en marchant de plus en plus vite, l’un des moments les plus WTF de ma vie.

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J’étais ABSOLUMENT seule dans le temple et bien entendu je n’ai pas entendu la cloche qui signalait la fermeture, c’est au moment de ressortir que j’ai trouvé portes closes. Partagée entre la panique et le rire j’ai finalement trouvé un gardien qui s’est précipité pour m’ouvrir les immenses portes. Et c’est sans doute en sortant du temple que la vue est la plus belle : le soleil couchant sur les montagnes vertes et la terre rouge du Yunnan.

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  • La Tour face au soleil

Impossible de la manquer, cette porte démesurée bâtie en 1389 s’élève plus haut que tous les bâtiments de la vieille ville et sur sa place se retrouvent les Chinois de tout âge pour jouer au Majong ou simplement regarder les passants. Et pour la première fois de notre vie nous avons vus tous les regards se tourner vers nous au même moment et nous suivre un longuement. Difficile de faire comme si de rien n’était, difficile d’observer les habitants de façon naturelle, mais ils ont fini par nous oublier et vaquer à leurs occupations. La porte du soleil marque la limite entre la vieille ville et la nouvelle ville plus poussiéreuse et bruyante. Une ville chinoise comme je m’y attendais.

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Pour ceux qui souhaiteraient prolonger leur séjour à Jianshui, aux alentours de la ville se trouvent la résidence de la famille Zhang ou encore le pont du double dragon, deux visites qui – apparemment – valent le coup. Quoi qu’il en soit, rester une journée de plus dans ce havre de paix à mi-chemin entre la ville et la campagne chinoise ne peut qu’être une bonne idée !

 

 

ARRIVER A JIANSHUI depuis Kunming :

  • En bus compter 3h de trajet, le bus se prend de la gare ferroviaire de Kunming, il y en a à peu près 20 par jour
  • En train : la gare de Jianshui est très éloignée du centre-ville, il vous faudra prendre un taxi, le prix est d’environ 30 yuans

OU ALLER après Jianshui ?

  • Pour Yuanyang : prendre le bus de 11h34 (qui passe précisément à cette heure- là) à la gare de bus de Jianshui. Pour se rendre à la gare ferroviaire un bus traverse le centre, le taxi coûte environ 6 yuans. 3h de voyage, arrêtez-vous à la grande ville de Xinje pour prendre un mini-bus pour les villages.
  • Pour le Xishuangbanna : vers Jinghong- 2 bus couchettes directs à 19h et 20h
  • Pour Dali : gare ferroviaire, bus de nuit départ vers 17h, 12h de train.

 

 

Chine – Echappée dans le Guangxi

Passer par le Guangxi n’est pas la route la plus rapide pour se rendre au Yunnan, province qui constituait le cœur de notre voyage, nous savions que, si les trois heures à bord d’un TGV ultra moderne pour rejoindre Guilin seraient « easy », le trajet qui allait nous conduire dans le Yunnan par la suite serait notre première vraie rencontre avec la Chine (Aka, 20h de train sur des couchettes « dures » dont je reparlerai). Alors pourquoi passer 4 jours dans le Guangxi ? Pour la bonne et simple raison qu’il se trouve dans cette province deux des plus beaux paysages que possède la Chine : les rizières de Longji ET les fabuleux pics karstiques de Yangshuo.

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  • Guilin

On a donc posé nos valises pour quatre jours à Guilin, ville agréable où il n’y a pas grand-chose à faire mais idéalement placée pour visiter toute la région. Ce qu’on a aimé à Guilin c’était d’abord l’auberge de jeunesse dont on a fait notre maison : globalement en Chine toutes les auberges sont sympas mais celle-ci avec son gros canapé rouge nous a particulièrement conquises.

Même si l’intérêt de Guilin réside en son emplacement il y a tout de même de quoi faire quelques balades et visites pas loin de la ville : nous nous sommes contentées d’aller faire les tour des lacs – avec vue sur les pics karstiques – et surtout avec deux pagodes qui donnent un charme bien chinois à l’ensemble. Pour ceux qui souhaiteraient faire plus de choses – mais je rappelle que toute visite en Chine coûte cher – beaucoup nous ont conseillé la grotte de la flûte de roseau dans les environs de Guilin ; ou encore la colline en trompe d’éléphant et le musée de l’héritage des princes Jingjiang dans Guilin même.

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  • Yangshuo

Impossible de ne pas connaître les fameux pains de sucre de Yangshuo, ce paysage terrestre qui ressemble à quelque chose près à la baie d’Halong au Vietnam. Impossible de ne pas les avoir déjà vus puisque c’est ce paysage qui figure le plus souvent sur les estampes chinoises, et que l’on trouve sur les billets de 20 yuans.

On aperçoit déjà les pics depuis le train qui nous emmène à Guilin, mais c’est en prenant un bus depuis Guilin pour aller à Yangshuo qu’on peut vraiment se balader dans cette superbe région. Malheureusement nous n’avons pas pu apprécier Yangshuo à sa juste valeur : le bus nous dépose en plein milieu d’une ville-musée, ultra touristique, remplie de boutiques pour touristes … au bout il y a la rivière Li, et une vue splendide, bien que voilée sur les fameux pains de sucre.

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C’est beau, certes…mais il fait aussi très chaud : on retrouve les 38 degrés de Canton, on sue comme pas possible, on étouffe. Et tout ce monde, c’est insupportable ! Nous n’avons qu’une après-midi pour profiter du lieu alors nous louons un vélo – trop peur de louer un scooter – mais sans véritable plan on n’ose  aller bien loin. Notre erreur ? Avoir pensé que Yangshuo se visitait vite et ressemblait à un lieu magique et paisible. Magique il l’est, mais paisible pas du tout.

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Mon conseil : Yangshuo vaut sans nul doute le détour, mais pour s’imprégner véritablement du lieu la meilleure chose à faire et de prendre un taxi pour dormir quelques jours dans un village aux alentours de la ville, si possible plutôt vers la rivière Yulong. De là vous pourrez emprunter vélo ou scooter, ou bien remonter la rivière en radeau…si vous n’y êtes pas durant la saison des pluies qui rend impossible la navigation sur Li et Yulong.

A éviter : la saison des pluies. C’est ce jour- là que nous avons compris ce que pouvait vouloir dire « saison des pluies », après avoir été  trempées en quelques minutes plusieurs fois dans la journée, comme si on nous balançait des seaux d’eau sans pour autant en  être rafraîchies.

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Pour se rendre à Yangshuo : depuis la gare ferroviaire de Guilin on trouve des compagnies touristiques qui vous y emmènent pour 45/50 yuans MAIS au retour nous nous sommes contentées d’arrêter un bus en lui demandant s’il allait à Guilin, et on en a eu pour 25 yuans. ASTUCE : demandez à tous les bus que vous croisez, vous devriez tomber sur le bon bus ce qui vous évitera de payer le fameux prix « des touristes ».

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  • Rizières de Longji (prononcer long-zi)

Après le semi-échec de Yanghsuo, pour être sûres de ne pas rater notre escapade dans les rizières on s’inscrit pour une sortie organisée par l’auberge. On a vite compris que les distances étaient si grandes, et les guides si peu précis, qu’on ne peut pas tout organiser seules et ça vaut le coup de se laisser transporter en payant un peu plus cher pour éviter les galères. Nous voici donc dans le bus prêtes à apercevoir dans moins de trois heures nos premières rizières chinoises ! Le cœur  bat, on a hâte d’en avoir plein les yeux et…on n’est pas déçues.

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Première étape : le village Yao. Les femmes de l’ethnie du même nom qui sont censées ne couper qu’une fois leurs cheveux au moment du mariage nous font un spectacle, de toute évidence un spectacle pour touristes. Le plus intéressant est peut-être d’observer le comportement et les réactions des touristes chinois Han. Puis vient le moment de manger : nous voici attablées avec six autres personnes,  des Malais et deux Français, Loïc et Magalie, qui font une pause durant leur internat de médecine. C’est l’occasion ou jamais de discuter avec les gens et surtout de goûter toutes sortes  de plats qu’on n’aurait jamais commandé de nous-mêmes au restaurant. On découvre qu’on ADORE le riz/tomates/œuf, un plat qu’on trouve partout, mais aussi les patates caramélisées, les aubergines grillées, etc… Le repas est sans-doute l’un des meilleurs côtés de ces sorties organisées, qu’on renouvellera pour aller voir la grande-Muraille.

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Enfin arrive le moment de se rendre aux terrasses. Les terrasses de Longji ne sont pas les plus grandes d’Asie, et peut-être pas les plus belles, mais elles font partie des plus hautes. Le dénivelé entre les premières terrasses et celles se trouvant au sommet est assez important ce qui les rend particulièrement impressionnantes et photogéniques. Nous avons aussi eu la chance de venir à une période où le riz était bien vert et l’eau miroitait encore à la surface des rizières.

Pour y monter deux choix s’offraient à nous : le téléphérique, moyen de locomotion favori des Chinois, et nos pieds. Accompagnées de Loïc et Magalie nous choisissons évidemment de monter par nos propres moyens, surtout que la rando ne fait que 50 minutes, même si ce sont 50 minutes pendant lesquelles on ne cesse de monter. Nous voici donc seuls au milieu des rizières, on croise des Chinois qui y travaillent encore, des femmes de l’ethnie Yao qui tissent. Le chemin est très bien indiqué et vaut vraiment le coup. Les photos vous permettront de juger…

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Conseil : la sortie nous a coûté 350 yuans, pour sept heures de trajet (aller et retour), un spectacle touristique dont on aurait pu se passer, et un repas. La formule qui se contentait de nous emmener aux rizières aurait probablement suffit, elle coûtait un peu moins cher. Vous trouverez ces excursions proposées dans toutes les auberges de Guilin, c’est à mon avis la meilleure façon de se rendre dans cet endroit difficilement accessible – c’est en effet à assez haute altitude, il faut supporter les lacets de montagne.

Les pics karstiques puis les rizières, aucun doute nous sommes bien en Chine, et maintenant qu’on s’est un peu accoutumées aux façons de faire du pays nous allons vivre notre première grande expérience chinoise : les vingt heures de train qui nous mèneront au Yunnan,  cœur de notre voyage.

Les Dames de Canton. Histoire d’une arrivée en Chine

Après quatorze heures d’avion, une course dans l’aéroport de Pékin pour avoir la correspondance, et une longue attente à humer les effluves de nouilles lyophilisées dont se nourrissaient tous les chinois autour de moi – je ne savais pas encore que ça deviendrait également mon repas principal et que dans un mois je ne supporterais plus cette odeur – me voici à Canton. Bagage récupéré, je dois retrouver le ticket donné à l’entrée dans l’avion à Paris pour ressortir de l’aéroport…ce papier qu’on ne conserve jamais, surtout  après avoir passé tant de temps en l’air sans plus savoir l’heure qu’il est. Premier contact avec la Chine : l’administratif. Pas bon pour moi ça. J’ai finalement retrouvé ce fameux ticket, Jéromine m’attendant depuis déjà plusieurs heures aux arrivées. La première étape de cette aventure est réussie : nous nous sommes retrouvées.

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Je mens. Ces images ne sont pas vraiment les premières images que je conserverais de Canton, elles ne sont que les images habituelles d’une arrivée dans un aéroport, partout les mêmes, sans rien qui permette de distinguer où on est arrivé, hormis cette chinoise qui me refuse la sortie. Ma vraie première bouffée de Canton c’est lorsqu’on s’est engouffrées dans une petite rue, bien différente de la grande avenue où nous avait menées le métro, une rue avec de gigantesques arbres qui nous gouttaient dessus.- avant-goût de la mousson à la chinoise.

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C’est dans la nuit noire que nous avons trouvé notre hôtel. Toujours dans cette nuit noire, inhabituelle pour des occidentales chez qui le soleil se couche à 21h en cette période estivale, que nous sommes ressorties pressées de trouver un bon repas. Nous n’avons pas cédé à nos bas instincts qui nous conduisaient vers le McDo, le choix de la simplicité ; non il nous fallait rentrer de plain-pied dans la Chine éternelle avant de se plaire à explorer la Chine moderne et c’est assises sur des bancs dans la rue que nous avons testé nos premières prouesses avec les baguettes, et surtout nos premières rencontres avec les Chinois, la vraie découverte de ce voyage.

Ne sachant pas lire le moindre idéogramme nous avons choisi nos plats sur les photos, mais la dame qui nous a servies, nous autres uniques occidentales dans la rue que tout le monde regardait, cette dame a décidé de nous apprendre à manger son plat : une discussion de sourds où nul ne parle le langage de l’autre; la dame a fini par nous donner littéralement la becquée – rien de mieux pour apprendre. En quelques minutes nous y étions enfin : l’inconnu, l’incompris et l’aventure !

Une longue introduction pour vous présenter en quelques points ce que nous avons vu et aimé à Canton, porte d’entrée de la Chine pour nous – et pour tous les occidentaux qui nous ont précédés au XVIIIe siècle. Je n’avais rien lu, rien vu sur Canton, on s’est laissées guidées par le Lonely de façon un peu cahotante : voici le résultat.

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  • L’île de Shamian

Au sud de Guanghzou, vers le delta de la rivière des Perles – un bien beau nom pour cacher un fleuve boueux parmi les plus pollués du monde – se trouve une oasis de verdure, loin des grands immeubles de la mégalopole : l’île de Shamian. Ancienne concession britannique et française on y trouve des immeubles coloniaux typiques, colorés, entourés de grands arbres, réunis autour de charmants parcs. Tout y est très calme, loin de l’agitation de la ville. Seul signe qu’on est bien dans une grosse ville de plus en plus occidentale : le starbuck qui a trouvé refuge dans une très belle demeure appelant à la rêverie, à la paresse et au repos. Il faut dire qu’il fait plus que chaud à Canton : 35 degrés pour 90% d’humidité, nous sommes trempées au moindre mouvement. Nous suffoquons presque et je salue aujourd’hui notre courage d’avoir traversé la ville pour venir ici à pied.

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  • Parc de Yuexiu

Ici encore le choc fait du bien : une véritable forêt tropicale dans la ville. Il faut dire que nous venons de la gare centrale de Canton où nous sommes allées chercher nos premiers tickets de train : une expérience hors du commun. Des centaines, peut-être des milliers de Chinois font la queue dans cet immense hall de gare, une foule comme on n’en verra jamais en France ou en Navarre, et bien sûr au milieu il y a nous. Nous occidentales à la peau blanche, dont une arbore des yeux bleus et des cheveux blonds. Comment voulez-vous ne pas attirer le regard ?

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A Yuexiu on ne voit que le ciel plombé de nuages et la végétation luxuriante. Un lac. Des temples. Des chemins qui montent vers diverses collines. Aucun bruit, si ce n’est la voix sortant des hauts-parleurs qui répète la même chose en boucle. Depuis la colline on aperçoit le district financier qui nous rappelle que nous ne sommes pas en pleine jungle. Mais c’est surtout ici que nous connaissons notre première pluie tropicale. Elle s’abat à plusieurs reprises avec force, pourtant la chaleur ne diminue pas et l’humidité ne cesse d’augmenter.

  • Découvrir Guanghzou: des petites rues à Times square

Canton, ses rues, ses ruelles, ses commerces et ses commerçants qui dînent sur le trottoir. Ses trottoirs recouverts de carreaux fendillés par les racines des immenses arbres qui cherchent à sortir de terre,  leurs lianes laissant retomber par petites gouttes toute l’humidité accumulée ces derniers jours. Et  partout des hommes assis sur le bord de la route, dans leurs chariots ou à terre, et qui attendent, qui regardent la vie se dérouler. Une image qui nous verrons régulièrement dans toutes les villes, grandes ou petites. Et puis des vélos, des voitures et toute sortes d’autres véhicules qui sillonnent les rues. Des chinois qui ne font plus attention au charme particulier de ces grands immeubles grillagés avec leur décoration de clims. C’est à peu près ce que je m’imaginais de l’Asie, et c’est ce que j’ai adoré à Canton et ce pourquoi je souhaiterais y retourner.

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Au détour d’une allée on se retrouve dans une rue piétonne, à un carrefour aux allures de Times square avec des magasins en enfilade, ouverts jusque tard dans la nuit. Les enseignes sont encore plus grandes qu’ailleurs et plus lumineuses. Canton regroupe tout ce qu’on pense connaître de la Chine et tout ce qu’on ne s’attend pas à découvrir. Je ne saurais finalement dire pourquoi j’ai tant aimé Canton, malgré la chaleur, la moiteur et la fatigue. Mais je conseille d’y aller, pour l’ambiance et pour comprendre la Chine. Arrivées ici on ne peut s’empêcher de penser à ce joli bar sur berge à Paris dont le nom évoque toute la nostalgie d’une Chine qu’on n’a jamais pu posséder, la beauté des ce pays exotique qui vous attire et vous intrigue. Bien loin de la foule et de la moiteur chinoise, aujourd’hui ce sont nous les dames de Canton.

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