Sissi & Cie – Les incontournables de Vienne

Quand on parle de Vienne on entend la valse, Schubert, Mozart, on voit les calèches et les belles robes à crinolines qui se pressent sur le chemin de l’Opéra et du Hofburg. On s’imagine l’immense Empire qui va du monde Ottoman à la France. Bref Vienne c’est avant tout la capitale de l’Empire austro-hongrois  et la ville de Sissi, il était donc impensable que je ne vous parle pas de la Vienne impériale et de ses incontournables.

  • Schönbrunn

Le château 

En allant à Vienne il n’y avait qu’une chose que je connaissais : Schönbrunn, le palais de Sissi. Hélas j’ai eu quelques déconvenues en visitant le Versailles autrichien : premièrement quand on connait Versailles on ne peut manquer de voir que…c’est tout de même moins Wouao, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. Plusieurs formules sont offertes pour visiter le château et ses jardins, vous avez notamment le choix entre le grand tour de 22 salles et le tour impérial de 41 salles.

Craintifs on a préféré prendre le tour de 22 salles, imaginant qu’on allait être bien vite fatigués, 22 salles ça parait déjà énorme ; sauf que les pièces de Schönbrunn ne font pas la taille des pièces de nos châteaux français. Schönbrunn est certes un château impérial mais c’est aussi un château familial où se retrouvait l’Empereur pour échapper un peu au vacarme de Vienne, tout ça donne une ambiance assez cosy et un goût de trop peu quand on achève la visite « courte ». Même s’il y a du monde, il est possible de visiter le château agréablement, je n’ai vu aucun rassemblement en troupeau, le trafic est fluide, les informations pas trop nombreuses mais suffisantes.

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Bref, Schönbrunn est une visite qui ne ressemble pas à ce que j’en attendais mais qui m’a beaucoup plu, en partie parce qu’elle permet de se rendre compte du mode de vie d’un Empereur au XIXe siècle. MAIS seconde déconvenue : j’apprends alors que Sissi ne vivait presque pas dans ce château, à vrai dire elle ne vivait presque pas à Vienne ET pire que tout, elle n’aimait même pas vraiment son mari. Alors quoi ? Depuis toutes ces années on nous ment ? Le château de Sissi n’est en fait pas du tout son château ? Cruelle déception dont je ne me remets pas.

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 Le parc

Ce que j’ai préféré à Schönbrunn c’est probablement son parc. En Automne et en hiver je pense qu’il vaut encore plus la balade : pour le côté romantique ou pour les couleurs chaudes des arbres. On a passé une bonne après-midi à se promener. Même si je n’aime pas spécialement les jardins à la française, celui-ci m’a plu, et j’ai surtout aimé toutes les visites qu’il y a à faire dans le parc. Comme tout était payant on a laissé de côté le zoo, le labyrinthe, et nous nous sommes contentés d’aller aux serres impériales du parc. J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les serres botaniques qui sont une de mes visites préférées, alors je me devais de visiter celles de Schönbrunn.

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J’aime les serres tropicales pour leur architecture de fer, pour leur ambiance «Je pars faire une expédition dans les forêts d’Afrique », j’ai l’impression d’être vraiment de retour au XIXème siècle, même si la colonisation n’’était pas une bonne chose, , cette découverte de la faune et de la flore des pays lointains et exotiques ça me fait toujours de l’effet. En plus il fait chaud dans des serres tropicales, donc c’est idéal pour un temps d’automne et d’hiver. N’étant pas Crésus on s’est contenté de la palmeraie en négligeant la serre aux cactus et autres espèces du désert. Ce n’était pas vraiment la période où les fleurs sont écloses et où mille couleurs viennent vous chatouiller les pupilles, mais les camaïeux de vert m’ont suffi pour m’imaginer en Jane bravant tous les dangers de la jungle.

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  • Le centre de Vienne 

De la cathédrale au Hofburg, d’un café viennois à un autre, on traverse forcément à plusieurs reprises le centre de Vienne dont la vie est encore rythmée par les sabots des calèches qui ne transportent plus les aristocrates mais les touristes. Aucune véritable recommandation à vous faire : le mieux est encore de se laisser guider par son instinct et ses envies, de lever la tête pour apercevoir les palais, de ne pas hésiter à se rendre dans les cafés pour percevoir la grandeur de la Vienne d’antan.

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Une visite que je recommande cependant, surtout si vous avez des enfants : le musée de la musique. A défaut de pouvoir aller à l’Opéra nous avons essayé de comprendre ce qu’est la musique et ce qu’est le bruit. L’avantage de ce musée c’est qu’il est à moitié prix de 20h à 22h, et il est assez original et instructif pour que tout le monde l’apprécie : partant des sons qu’entend le bébé dans le ventre de sa mère, à la création artistique des grands compositeurs viennois, on apprend beaucoup sur la conception du bruit et de la musique.

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  • Le parc d’attraction du Prater

Troisième jour à Vienne, après le centre et Schönbrünn on décide de se la couler douce en se rendant « hors des sentiers battus » au nord de la ville : au parc du Prater. Je n’en avais jamais entendu parler et ce fut donc une super découverte. Le Prater c’est d’abord un parc, celui dans lequel Sissi aimait à se promener à cheval quand elle résidait à Vienne et qui est depuis 1964 interdit aux voitures. On y croise des gens qui font du jogging et des chevaux, toujours; mais c’est aussi un parc d’attraction ou fut construit en 1894 la grande roue, emblème de Vienne, cette grande roue qui fonctionne toujours aujourd’hui, avec ses vieilles cabines qui font un peu peur.

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Comme une fête foraine permanente de nombreuses attractions s’organisent autour de la grande roue : moult maisons hantées, des montagnes russes, notamment les montagnes russes en bois les plus vieilles d’Europe– d’après le guide -, des jeux d’eaux et les habituels de toute fête foraine (auto-tamponneuses, marchands de glaces, etc.). Le côté suranné du parc et le super beergarten d’habitués qu’on a trouvé pour manger le midi ont achevé de me convaincre que cette visite méritait qu’on en parle.

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Vienne – Parcours sécession viennoise

Aujourd’hui nouvel article sur Vienne et je vous propose une vision de la ville un peu hors des sentiers battus. Je dis bien « un peu » puisqu’en fait il s’agit de visites que l’on trouve dans tous les guides de voyage mais qui font rarement parti du « must do ».  Vous l’aurez compris depuis quelque temps, j’apprécie de plus en plus l’architecture, en particulier l’architecture que j’ai déjà étudiée lors de mes cours d’histoire de l’art, et c’est donc évident pour moi de réserver presque une journée à un parcours archi quand je suis dans une ville connue pour ça : malheureusement à Vienne les bâtiment intéressants sont dispatchés, je n’ai pas pu tous les voir, et il vaut mieux les intégrer dans d’autres balades et en voir un peu tous les jours. Peu importe je vous donne ici un aperçu de où voir la Sécession Viennoise à Vienne.

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Vous avez tous entendu parler de Klimt et de son baiser, l’un des tableaux les plus célèbres du monde, d’autant plus célèbre que vous avez dû voir traîner ces derniers temps sur facebook la pub de booking.com où un jeune homme invite sa copine à Vienne pour voir ce fameux baiser. Klimt c’est le symbole de ce courant artistique du début du XXe siècle qu’on a appelé « Sécession viennoise » et qui emprunte un peu à l’Art Nouveau et évoque les courants plus épurés qui se développeront par la suite. Cette sécession viennoise dont les membres les plus connus sont des peintres : Egon Schiele et ses corps décharnés ou encore Oskar Kokoshka, s’est également exprimée dans l’architecture si foisonnante en ce début de siècle, et dont les figures les plus emblématiques restent les architectes Adolph Loos et Otto Wagner. Et c’est essentiellement autour des œuvres de ces deux derniers que s’articule ma balade, alors en route !

  • Karlspatz : Un manifeste de la Sécession viennoise

Un peu d’histoire 

C’est en 1897 que naît le mouvement de la Sécession viennoise, rassemblant des architectes et plasticiens autour d’une revue papier qui expose pour but de renouveler l’art viennois en se distinguant du vieil art viennois, et en ouvrant la réflexion artistique aux échanges internationaux en partie pour lutter contre la montée des idées nationalistes que l’on observe partout en Europe (tiens c’est curieux, ça me rappelle quelque chose…). Au nom de ces principes les sécessionnistes créent leur propre espace d’exposition : le palais de la Sécession, construit par Josef Olbrich sur la Karlsplatz de Vienne.

Je n’ai pas visité le pavillon de la Sécession pour la bonne raison que c’est apparemment très cher pour ce que c’est : selon les guides, et selon certaines connaissances qui l’avaient visité, ça ne valait pas forcément le coup (ni le coût) malgré la superbe fresque de Klimt. Bien évidemment je pense que lorsqu’on s’y connait vraiment bien en architecture et qu’on est apte à en comprendre toutes les subtilités c’est un passage obligé à Vienne. Quoi qu’il en soit j’ai tout de même pris quelques photos de l’extérieur, bien qu’un peu déçue de l’aspect. J’imaginais ce bâtiment plus grand, mieux placé, et je ne le trouve pas du tout mis en valeur…

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Un peu plus loin de ce manifeste architectural se dressent les deux pavillons du métro,œuvres de Otto Wagner. Autant dire que j’ai préféré : l’une des particularités de la sécession viennoise c’est l’utilisation de l’or sur une architecture très classique et épurée. En prime, comme pour l’Art Nouveau, les sécessionnistes aiment user de matériaux peu nobles comme l’acier offrant un certain contraste que je trouve pour ma part très harmonieux. Vous remarquerez enfin des motifs dits « naturalistes » -fleurs, courbes rappelant la nature – propres à la 2nde sécession – un mouvement sécessionniste au sein même de ce mouvement – qui a rassemblé notamment Klimt ou Otto Wagner.

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  • Naschmarkt ou Belvédère ?

Depuis la Karlsplatz deux options s’offrent à vous : d’un côté faire un tour au musée du Belvédère qui abrite les plus célèbres œuvres de Klimt, de l’autre redescendre la Linkeweize… pour découvrir deux autres bâtiments d’Otto Wagner, option à favoriser si on est samedi, jour du marché.

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Il est difficile de rater ces deux réalisation de Wagner, baptisées maison des majoliques et maison des médaillons : elles se distinguent suffisamment des autres immeubles pour capter immédiatement le regard. On y retrouve encore toutes les spécificités de la sécession : fleurs, or, et moi j’adore. Enfin le gros plus de cette balade c’est le Naschmarkt, ce marché qui se déroule tous les samedis : à la fois un marché d’antiquités et un marché où manger. Des petits restaurants, presque des biergarten, ouvrent leurs portes ou étalent des tables sur le bitume pour vous servir des spécialités viennoises et surtout des spécialités orientales. Longtemps Vienne a été la porte d’entrée de l’Orient et on ne peut pas l’ignorer en passant devant les étals de nourriture bulgare, turque, grecque, russe ou même indienne et chinoise. Un véritable tour du monde en quelques pas.

S’il est l’heure de prendre le thé, le café Savoy se trouve tout près des immeubles d’Otto Wagner, un vieux café viennois comme on les aime.

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  • Eglise Saint-Leopold am Steinhof 

Il faut le vouloir et avoir un peu de temps pour aller visiter l’Eglise construite –encore une fois – par Otto Wagner qui se trouve un peu à l’écart du centre. Cette église se trouve au cœur d’un centre hospitalier dont les pavillons sont peu à peu vendus aux particuliers, et qui offre une promenade bien agréable en début d’automne ou au printemps. Il faut monter tout en haut du centre, aux abords d’un bois pour avoir accès à cette fameuse église qui m’est apparue bien plus grande que je l’imaginais, et pour 2€ seulement, je pense qu’il est plus intéressant pour ceux qui n’y connaissent pas grand-chose de se rendre ici plutôt qu’au Pavillon de la Sécession. Grande, belle, épurée, fourmillant de détails, avec des superbes vitraux et un autel magistral : voici une visite que je recommande à tous. Les images parleront mieux que les mots.

Pour s’y rendre : ligne 3 jusqu’au terminus Ottokringer puis bus 48A jusqu’à l’asile psychiatrique.

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  • De l’art partout…

Je n’ai pas pu tout voir et tout faire et il reste encore de nombreux bâtiments que je n’ai pas visités mais qui sont, à mon avis, peu accessibles au public non initié. Si vous le souhaitez, vous pouvez cependant au moins passer devant ces façades si particulières, témoignages d’une période riche des mouvements artistiques viennois et allemands.

Looshaus, d’Adolf Loos : sur la Michaelerplatz, face au palais du Hoffburg, il abrite aujourd’hui une banque.

La Caisse d’épargne de la Poste, d’Otto Wagner : n°2 Georg Coch Platz, l’un des éléments les plus caractéristiques de ce courant, je suis pour ma part très dubitative devant une telle pureté. Autrement dit: il n’y a presque rien.

La pharmacie de l’Ange, d’Otto Wagner : n°9 Bognergasse

 Café Museum, d’Adolf Loos : Karlsplatz

Leopold Museum : abrite les œuvres des principaux peintres de la sécession viennoise.

J’achève enfin ce parcours d’architecture avec un descendant de la sécession viennoise, bien que son style se rapproche en vérité davantage de Gaudi et des premiers architectes Art Nouveau : il s’agit de Friedenreich Hundertwasser. A la fois peintre et architecte de la fin du XXe siècle, un musée lui est consacré à Vienne non loin du bâtiment qui l’a rendu célèbre : la hundertwasserhaus. On ne peut malheureusement plus en visiter l’intérieur, toujours habité, mais le musée est surement très intéressant –vous l’aurez deviné, je ne n’y suis pas allée…mais même vu de l’extérieur ce complexe original et coloré vaut le coup d’œil. Hundertwasser est l’auteur de nombreux autres bâtiments, notamment l’incinérateur que vous pouvez voir en prenant les Schnellbahn 1-2-3 ou 4 vers Handelskai.

S’y rendre : Hundertwasserhaus, n°34-38 Kegelgasse, métro Landstrasse, il suffit alors de suivre les panneaux pour aller au musée, une centaine de mètres plus loin.

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Un long week-end à Vienne

Sous cette lumière rasante d’après-midi d’hiver à laquelle je me suis déjà habituée je reviens sur le blog avec une nouvelle destination « week-end en Europe » : l’impériale Vienne !

Enfilez les gros manteaux d’hiver, oubliez les belles photos lumineuses, à Vienne la saison est bien avancée mais bizarrement le froid sec et les 2 degrés du thermomètre sont plutôt bien passés – ce ne sera jamais pire que NYC en février, je peux tout supporter maintenant. Avant de rédiger des articles plus détaillés sur certaines visites que j’ai vraiment appréciées à Vienne, voici un récapitulatif de ce que  j’ai fait durant ces six jours. C’était une durée assez longue pour faire un peu tout ce qu’on voulait, y compris aller dans des lieux totalement excentrés, c’était surtout suffisant pour profiter sans se presser des nombreux cafés viennois de la ville, qui ont été mon must do du week-end. Malheureusement le prix de ces dits café est parfois prohibitif, ou plus exactement on hésite fortement à en essayer un tous les jours – mais quand la nuit tombe à 17h on n’hésite plus vraiment en fait.

Combien ça coûte ?

Nous avons choisi Vienne car c’était une des destinations les moins chères d’Europe en cette période : en se débrouillant bien on peut avoir à 150€ l’aller-retour depuis Paris. Autre avantage : partir avec des compagnies low-cost mais qui n’imposent pas de se rendre à Beauvais ou je ne sais où : nous volions à l’aller avec AirBerlin et au retour avec Transavia. Plusieurs vols sont assurés par jour depuis Orly ET Roissy, donc destination plutôt pratique.

AirBnB ou auberge de jeunesse ? Cela revenant à peu près au même au niveau du prix, nous avons finalement choisi une AJ, ce qui permet de rencontrer du monde, de demander conseil au personnel – même s’ils étaient assez mauvais pour ça -, et j’ai un petit faible pour la découverte des parties communes des AJ, c’est souvent très cosy, on s’y sent bien pour faire une sieste après une longue journée, ou pour bouquiner en attendant son vol de retour.

Auberge de Jeunesse : Wombats city hostel Vienne, Mariahilfestrasse, juste à côté de la Westbanhof et de la navette qui conduit à l’aéroport.

En ce qui concerne le coût du week –end tout m’a paru affreusement cher à Vienne : habituée à l’Allemagne je m’attendais à payer des prix dérisoires au restaurant ou au musée, que nenni ! Attendez-vous à trouver les même prix qu’à Paris, voire qu’à Amsterdam pour les visites touristiques. Pour détailler un peu :

  • un Wiener Schnitzel – plat local – ne coûtera pas moins de 10€
  • une pinte de Bière sera aux alentours de 4/5€
  • les musées les plus grands sont à 14€. Il y a bien évidemment des réductions, pour les étudiants de moins de 26 ans notamment, ou les mineurs, il est aussi possible de visiter à des moments privilégiés.

Coup de chance, nous sommes arrivés le jour de la fête nationale – le 26 octobre – qui fait également office de « jour du patrimoine » et certains musées sont gratuits, on s’est précipité à la bibliothèque nationale, trop chère en temps normal, mais que je voulais absolument voir !

Le transport revient lui aussi assez cher, je n’ai pas de conseil à donner à ce propos car on a beaucoup marché sans prendre le métro et les prix augmentent relativement vite. Les guides étaient sans cesse en deçà de la réalité. A noter cependant : la navette de l’aéroport est à 8 € ; le Schnell Bahn (S7) est à 4€ mais le temps de parcours légèrement plus long.

Enfin les transports sont ouverts toute la nuit le vendredi et le samedi pour ceux qui veulent faire la fête, ce qui est vraiment pratique quand on a bien dansé et qu’on n’a pas DU TOUT envie de marcher.

Que voir à Vienne ?

Je recommanderais plutôt Vienne pour un week-end en amoureux ou entre copains qui apprécient particulièrement l’art, l’architecture ou l’opéra. En gros, j’ai trouvé assez peu d’endroits pour faire la fête, Vienne n’est pas extrêmement vivante de ce point de vue. En revanche on se fait bien plaisir avec les musées et châteaux ! Voici mon programme des incontournables et moins incontournables de Vienne :

  • L’indispensable Schönbrunn: le Palais d’été de Marie-Thérèse, aujourd’hui associé à l’impératrice Sissi et son époux François-Joseph, grande demeure de la dynastie Habsbourg. A compléter si vous le souhaitez avec le palais du Hofburg dans le centre de Vienne, pour vous faire une piqûre de rappel de l’histoire de l’Empire austro-hongrois.
  • Des Musées en veux-tu en voilà: Je me suis pour ma part contentée du Belvédère qui abrite la célèbre Judith de Klimt et surtout le fameux Baiser – mais l’attroupement autour permettant assez peu de le voir, autant se concentrer sur les autres Klimt de la salle. Je regrette un peu de n’avoir pas eu le courage de m’aventurer au Kunsthistorisches Museum, le musée d’Histoire de l’Art, sûrement le plus grand musée de Vienne, le Louvre autrichien, qui semble à la fois original et très complet. La plupart des musées se trouvent dans le Museum Quartier : musée d’histoire naturelle, Mumok, Leopold Museum, …  

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  • Parcours Sécession viennoise : toujours mon faible pour l’architecture que j’ai découverte en licence d’Histoire de l’Art: j’avais forcément envie de voir en vrai les lieux sur lesquels j’avais travaillé. Quand il fait froid c’est un peu moins sympa mais les parcours d’architecture ont l’avantage de changer un peu du tourisme habituel. Il n’existe pas de « parcours » à proprement parler, je me suis juste arrangée pour aller voir les uns après les autres les principaux monuments de cette période particulière. S’ensuivra probablement un article consacré spécialement à ce sujet !
  • Le nord de Vienne : Parc du Prater et île du Danube. Déception sur l’île du Danube, même si c’est une agréable promenade d’automne les guides nous la vendaient comme un endroit qui bouge…mais c’est surtout le cas en été. A faire absolument si vous visitez Vienne en juin ou juillet, des restos sont aménagés sur des minis plages, beaucoup d’activités sont proposées et un festival de musique s’y déroule en juin. Gros coup de cœur en revanche pour le Parc du Prater et son côté vintage, je regrette de ne pas avoir pris plus de photos. Je vous en parlerais probablement plus tard également.
  • Le centre de Vienne : balade dans le vieux Vienne, en calèche si vous le souhaitez, rues piétonnes, palais du XIXème, possibilité d’aller à l’Opéra, au bal si vous vous y prenez bien bien à l’avance, ou… de se régaler dans des cafés viennois.

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Où prendre un café viennois et un apfelstrudel ?

Je profite de cet article pour  établir la liste de mes cafés préférés à Vienne, on en a testé seulement 4 sur un grand nombre, 4 parmi les plus célèbres. On y propose toujours moult pâtisseries, des chocolats et cafés viennois et aussi des thés. Les deux spécialitéss sont l’apfelstrudel avec de la crème de vanille (sahne) et la sachertorte, un gâteau au chocolat avec de la gelée d’abricot. Miam miam !

  • Café Central: sûrement mon favori, le premier qu’on ait vu et aussi le plus célèbre de Vienne. Le jour de la fête nationale il y avait du monde mais raisonnablement, quand nous avons voulu y retourner la queue dépassait la rue. Les serveurs étaient aimables et efficaces, le côté rétro avec le pianiste qui jouait d’un vieux piano ajoutait sans doute au charme du lieu, et son architecture  qui témoigne du rôle de la ville comme porte de l’Orient rend le goûter exceptionnel.

Café central, Herrengasse 14.

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  • Demel : Plus qu’un café il s’agit d’une pâtisserie, impossible de ne pas baver devant l’étalage. Le café s’étend sur trois étages, chaque salle ayant son atmosphère propre se référant aux hôtels particuliers du XVIIIe et XIXe. Beau, classe et bon. Situé en face du Hofburg, près de la MichaelPlatz.

Demel, Kohlmarkt 14.

  • Café Hawelka : Un style bien plus cosy, des serveurs très affairés, ici on ne vous propose pas de carte, vous devez savoir déjà ce que vous prenez – dans le doute commandez un apfestrudel, il est excellent. Plus petit que les autres, plus chaleureux mais un service moins bon. Il reste très agréable de s’y poser en regardant la nuit tomber. Ce qu’on a fait le dernier jour de notre périple.

Café Hawelka,Dorotheergasse 6.

  • Café Museum : ma grosse déception puisqu’il ne ressemblait en rien au café construit par Adolph Loos. Les gâteaux restent bons, le service efficace, mais on n’y trouve pas la chaleur des autres. En revanche il est sûrement plus fréquenté par des Viennois que par des touristes.

Café Museum, Operngasse 7., métro Karlsplatz

 

J’arrête ici  le  résumé de ces six jours à Vienne, six jours c’est long, j’en ai des choses à raconter. Malheureusement mes photos sont assez peu réussies je vais donc me venger sur les mots et vous risquez d’avoir à nouveau beaucoup de lecture !

Aufwiedersehen Freunde !

Naples, ça passe ou ça casse.

Seconde étape de ces vacances à rebours : l’Italie. Avant de m’envoler pour Marseille en août dernier j’ai passé quelques jours dans une autre ville « mal famée » de la Méditerranée : l’inquiétante et  sauvage Naples. On dit beaucoup de choses sur Naples, et surtout on dit tout et son contraire : on dit qu’il faut voir Naples avant de mourir, on dit qu’il faut faire très très attention à ses affaires et si possible tout laisser à l’hôtel, on dit que la ville est sale et dangereuse, on dit qu’elle est encore plus rayonnante que Rome, on la dit chaleureuse et funèbre. On m’a surtout dit que Naples, ça passe ou ça casse. Et devinez quoi : pour moi Naples ça s’est très bien passé ! Et j’oserais même dire que j’ai peut-être préféré la vieille Neapolis à sa rivale romaine.

A l’heure où je vous écris, j’écoute du bon rap napolitain découvert dans la série Gomorra – bien sympa soit dit en passant – qui donne à mon italien tout récent un bon accent du sud que je devrai corriger au plus vite. En regardant Gomorra je devine bien que la Naples que j’ai vu n’est pas la Naples de ses habitants : j’ai peu quitté le quartier historique et je n’ai donc pas du tout ressenti l’insécurité ou la présence de la mafia. Malgré tout j’ai eu un peu du mal à apprécier la ville les premières heures, notamment à cause de la tonne de recommandations de sécurité que j’avais reçue en y allant. Pour faire simple : je regardais tout le monde d’un œil suspicieux, n’osant pratiquement pas sortir mon appareil photo de peur d’un vol à l’arraché. Je ne dis pas qu’il n’y a aucun risque, mais une fois qu’on oublie un peu cette peur, Naples devient bien plus agréable car le quartier central n’est pas plus dangereux que celui de n’importe quelle grande ville européenne.

Qu’ai-je bien pu faire durant ces trois petites journées napolitaines ? Que puis-je vous conseiller ? Et pourquoi j’ai aimé Naples ? Pour commencer : je n’ai pas fait grand-chose. Comme pour Marseille j’ai profité de Naples  calmement sans courir partout, parce que je me dis bien que rien ne sert de courir, il faut y revenir bien plus d’une fois, et j’ose espérer que j’en aurai l’occasion. Mon premier conseil est donc : si vous allez à Naples en été, faites-vous à la vie à l’Italienne et ne sortez pas entre midi et 17h. Il fait trop chaud, et c’est très agréable de faire une sieste climatisée en pleine journée. Bien entendu ça diminue la journée mais ça donne bien meilleure humeur. Une fois ce principe acquis, deuxième conseil : trouvez un logement dans le centre historique. Notre chambre se situait rue Nilo, à proximité d’à peu près tout.

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  • Naples: le centre historique

Je n’avais pas envie de piétiner dans un musée, pas envie de visiter les  dix mille églises de la ville, j’avais surtout envie de me promener dans les rues, de voir le linge flotter aux fenêtres, de zigzaguer entre les scooters qui transportent dans le plus joyeux bordel trois passagers, sans casque, bien évidemment, ET de m’empiffrer de pizza – attention ça se dit piTSa ici – matin, midi et soir, ce que j’ai fait. Le centre qui s’étend de la Via Toledo à la Via Duomo est tout à fait propice à ce type de balade. Pour me donner tout de même un but entre deux parts de pizzas j’ai  visité plusieurs monuments : le cloître de Santa Chiara, l’église du Nouveau Jésus  -l’ancien ne suffisait plus apparemment-, et le Naples souterrain.

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La plupart des églises de Naples sont payantes, j’ai donc préféré n’en faire qu’une, et celle que je voulais absolument voir c’était Santa Chiara et son superbe cloître en majoliques. Pour qui est allé au Portugal ça n’a rien d’exceptionnel, mais je n’avais encore jamais vu un aussi joli cloître de mosaïques peintes. L’église du Nouveau Jésus m’a beaucoup moins plu: du très sobre italien avec des dimensions impressionnantes, du marbre et des dorures, et bien évidemment un GROS portrait de Padre Pio, comme dans toutes les églises du Sud, et tous les portefeuilles des Napolitains.

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Enfin Naples souterraine est un très bon plan si vous voulez tout de même sortir en pleine journée : la vieille ville de Naples construite par les Grecs se trouve à quelques 40 mètres sous le niveau de la Naples actuelle. Un guide – français si vous le souhaitez – vous emmène découvrir les citernes édifiées sous les Grecs, les Romains puis les Espagnols avec moult anecdotes sur l’histoire de la ville. C’est frais, il ne faut pas être trop claustrophobe, bien que les passages les plus étroits soient facultatifs, c’est très intéressant, et j’ai eu beau être un peu réticente au départ, trouvant la visite trop touristique – toujours cette volonté de ne pas être touriste quand on l’est – j’ai beaucoup apprécié cette visite que je recommande chaudement.

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  • Autres quartiers de Naples: quartier Espagnol et Lungomare

Le soir, quand la fraicheur revient un peu, et que la lumière se fait belle, j’ai imposé à mon Italien la visite de deux autres quartiers de Naples, qui ont fait fonctionner les gambettes. Indispensable mais à éviter trop tard dans la soirée – ce que disent les guides-  : le quartier espagnol. Construit lors de l’arrivée des espagnols, Naples appartenant alors à la Castille, pour y héberger les soldats fraîchement arrivés, c’est un des plus vieux quartiers de Naples.

Les rues sont minuscules, le soleil ne peut pas y passer, et c’est un véritable dédale de rues en damier. Ici j’ai évité de sortir mon appareil photo : d’une part parce qu’on sent que le quartier est moins sûr, d’autre part parce qu’on peut saisir la vie privée des Napolitains à chaque coin de rue et que je ne me sentais pas de voler ces petits instants du quotidien. Le soir les dames sortent les chaises, voire les chaises longues dans les rues, les vieilles dames font descendre de leur balcon un seau pour que les commerçants les remplissent de ce qu’elles ont acheté – une sorte de poulie qui évite de descendre -, les gamins de dix ans roulent sur leur scooter pour aller dealer sur la place.

J’y ai senti un peu le cœur, l’âme de la Naples que l’on nous décrit, sans qu’elle soit aussi sale que dans Gomorra. Le quartier espagnol est dans le centre, spécialité des villes du sud, le centre demeure le quartier des pauvres, le quartier presque insalubre. Juste à côté s’étend la via Toledo, rue piétonne pleine de grandes enseignes, qui rappelle qu’on n’a pas grand-chose à craindre ici. Cette petite visite m’a donné la sensation d’entrer un peu dans le vif du roman d’Elena Ferrante, “l’amie prodigieuse”, censé se dérouler dans les quartiers pauvres de Naples. Bref, j’ai adoré.

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En redescendant la via Toledo,  nous arrivons sur Castel Nuovo – Naples possède trois châteaux, je n’en ai visité aucun, ce sera pour une prochaine fois. A droite du Castel vous arrivez sur le Lungomare, le front de mer, là d’où on voit le mieux le Vésuve qui se couche sous cette lumière rose. Nous ne nous sommes pas aventurés vers le quartier de Chiaia, le quartier huppé, car mes pieds n’en pouvaient plus et que la nuit tombait.Nous nous sommes contentés de nous poser quelques minutes sur une petites crique où étaient amarrées quelques barques et où certains plongeaient. Et là, on était bien, on était à Naples, sous l’ombre menaçante du Vésuve et on s’est dit qu’on pourrait y rester très longtemps.

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  • Procida: la belle découverte

Je tenais absolument à me rendre sur une des îles du golfe de Naples : Capri, Ischia ou Procida. Capri est bien sur la plus connue, Ischia est celle qui doit abriter le plus de maisons de footballeurs italiens et…Procida est la plus petite mais aussi la plus près, et la moins chère. J’avais choisi Procida parce que justement elle était petite et qu’on pourrait en faire à peu près le tour et en profiter en quelques heures. On a pris nos billets la veille, au port principal, et on est partis à 10h, pour une heure de trajet et quand on est arrivés, quel bonheur!

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Le petit port, les maisons de toutes les couleurs et tout en haut un petit bourg médiéval avec un vieux castel qui nous offre une vue superbe sur le plus beau village de l’île : la photo carte postale. Autre intérêt, Procida est un peu délaissée des touristes puisque moins connue, elle ressemble encore à un village de pêcheurs, qui vit du tourisme, mais d’un tourisme plus local – souvent c’est le lieu de villégiature de week-end des Napolitains – ou alors de Français et de Québécois, parce qu’on est partout. La pizza est plus chère qu’à Naples mais toujours très correcte et on peut se baigner un peu à l’écart du port, dans une eau transparente, à deux brassées de bateaux. Çà m’a rappelé les îles grecques à deux pas de Naples. Un gros crush, vous l’aurez compris.  Pour le coup les photos seront un meilleur témoignage et vous convaincront sûrement mieux qu’il faut visiter Procida.

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Pour finir ce long article sur ma nouvelle ville préférée d’Italie je tiens à préciser que les pizzas dont j’ai déjà parlées n’y sont pas pour rien : une simple margherita, la seule, la vraie pizza, avec une mozzarella di buffala vous apprendra que vous n’avez jamais mangé de pizza de votre vie. Elles sont excellentes, et ne coûtent rien du tout. Ça fait très mal quand on revient en France ensuite, j’ai  du mal à remanger des pizza d’ici depuis cette découverte culinaire hors du commun.

P.S : je vous poste des photos de notre logement qui valait le coup. Via Nilo, 40€ par nuit/ personne mais avec un appart vide et une terrasse avec vue sur le Vésuve, le tout dans un vieil hôtel napolitain avec des plafonds à 4 mètres de haut, et des arcades pour les escaliers, bien caché derrière une porte cochère dans les petites rues sombres du Naples historique.

 

 

 

Strasbourg comme une New-Yorkaise

Pendant qu’il pleut des cordes à Paris et dans une grande partie de la France, une petite région à l’est résiste encore, et je peux donc vous écrire cet article depuis mon balcon où je contemple pour le dernier jour les montagnes de la Forêt-Noire au loin. J’en profite pour vous écrire mon avant-dernier article de « bonnes adresses à Strasbourg » sous un angle un peu particulier : après 8 mois de travail l’envie de voyager se faisant de plus en plus forte  j’ai pensé que, à défaut de partir, il pourrait être bon de visiter la ville à la recherche d’ activités « à l’Américaine » – à force de regarder Enjoy phoenix et Coline, ça donne des idées. Je vous propose donc aujourd’hui de découvrir Strasbourg à la New-Yorkaise. Allons-y let’s go, c’est parti les amis !

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  • Footing au parc de l’Orangerie

Un bon week-end new-yorkais commence obligatoirement par un footing. En tout cas c’est ce que nous vendent les séries et films américains: on n’est pas un vrai New-Yorkais si on ne fait pas son footing du matin à Central Park, et par conséquent: est-on un vrai Strasbourgeois si on ne va pas faire son footing au parc de l’Orangerie?

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Je ne suis pas la seule à avoir fait le rapprochement entre les deux parcs : la marque strasbourgeoise « erasmooth » a produit pour sa collection de l’an dernier des sweats intitulés « Central Park – Orangerie ». Et comment ne pas faire ce rapprochement? L’Orangerie est le plus grand parc de Strasbourg, d’une forme presque ronde,et   suffisamment vaste pour abriter un lac avec une cascade, un pavillon où sont organisés des événements divers et variés ET SURTOUT un petit zoo où vous pouvez rencontrer des tortues, des lynx, et des flamands roses. Le zoo s’occupe également de cigognes dont les nids sont répartis dans tout le parc et le quartier de l’Orangerie. Levez la tête, vous devriez en apercevoir sur les cheminées des belles demeures du début du siècle.

L’Orangerie est un coin parfait pour un rendez-vous galant mais c’est aussi le paradis des runners, on en trouve tous les 10 mètres, autrement dit” the place to be” !

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  • Brunch au Wawa bar

Courir c’est bien, mais manger c’est encore mieux, et Strasbourg dispose d’un super bar/resto américain qui fait aussi brunch le dimanche matin. Un conseil : pensez à réserver, il n’est pas rare que des groupes viennent occuper toute la place. Ce brunch américain est un peu plus cher que d’autres – 22€ – mais consiste en un buffet à volonté, on en a donc pour son argent! Outre les œufs brouillés, pochés, à la coque, et leur traditionnel bacon, vous pourrez vous remplir l’estomac avec moult pancakes, gaufres, carotcake, etc. En fait vous pouvez trouver ici absolument tout ce que vous voulez, en plus du café et du thé à volonté bien sûr. Typiquement américain.

Le lieu rappelle un peu le central perk de Friends avec ses canapés et ses fauteuils mous dans lesquels il fait bon s’affaler. Pour  peu qu’il pleuve dehors, il devient alors très très difficile d’en ressortir !

Wawa bar, place Saint-Nicholas aux Ondes, Strasbourg

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  • MoMA ou MAMCs

Après la pause brunch, il est impensable de ne pas faire une activité culturelle et là vous avez le choix : soit le MoMA strasbourgeois, appelé ici MAMCS, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, soit une galerie d’Art Contemporain. Je n’en ai jamais visité, et pourtant l’une des plus connues se situe sous mon appartement : le CEAAC.

Le MAMCS possède une belle collection, malheureusement pour vous je n’y entends rien en art contemporain, j’ai donc surtout aimé les collections d’Art Moderne et en particulier la partie « Art nouveau » où des pièces entières sont aménagées pour montrer en grandeur nature à quoi pouvait ressembler ces intérieurs du début du siècle.

Le CEAAC, Centre Européen d’Activité et d’Art Contemporain, abrite plusieurs artistes et différentes expositions temporaires, notamment des expos en partenariat international car des artistes étrangers sont logés sur place : 2015 était par exemple l’année de la Corée. N’hésitez pas à aller vous renseigner sur le site de la CEAAC.

CEEAC, 7 rue de l’Abreuvoir, Strasbourg

MAMCS, 1 rue Jan Harp, Strasbourg

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  • Pause donuts à l’American Break

Encore un foodporn à l’américaine : une boutique spéciale donuts où les donuts sont colorés et hyper bons ! En tout cas moi qui n’aime pas le gras et en mange rarement je suis devenue une grande fan de ceux-ci : mon préféré ? Celui à la fraise, sucré à souhait !

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  • Brooklyn Bridge  ou le Pont des deux rives

Strasbourg n’est pas une île, Strasbourg n’a pas besoin d’un pont pour la relier à un autre quartier de la ville, en revanche Strasbourg est au bord du Rhin et depuis quelques années elle est reliée à sa voisine allemande Kehl par un joli pont qui n’est pas sans rappeler les impressionnantes constructions américaines.

« Il suffit de passer le pont » pour être dans un autre pays, et ça vaut le coup. Le pont des deux-rives qui sert de passerelle entre la rive française et allemande du jardin des deux-rives est utilisable à pied comme à vélo, un autre pont pour les voitures se trouve à quelques mètres. La rive allemande du jardin  est la  plus jolie et la  plus agréable, et c’est une activité estivale géniale que d’aller pique-niquer en Allemagne en regardant le soleil se coucher sur le pont.

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  • Un verre à Brooklyn : la Kulture

Pas de Brooklyn à Stras’ mais un quartier : la Krutenau, et dans ce quartier un bar branché à l’ambiance tout à fait brooklynienne : La Kulture. Ce bar-disquaire a ouvert en septembre, juste au moment où je suis arrivée et il est déjà bondé. En plus d’avoir une déco très épurée et une salle de musique au sous-sol où chacun peut choisir un vinyl pour danser sur la chanson de son choix, la Kulture s’est distinguée par ses partenariats culturels avec les centres d’art, organisant des événements, comme une séance de graffiti pour sensibiliser les élèves de diverses écoles à cet art urbain contemporain.

Enfin n’hésitez pas à vous promener dans la Krutenau, c’est le quartier où vous trouverez le plus d’adresses « à la New-yorkaise », entre bars, coffee shops, restos asiatiques branchés. Un quartier où il fait bon vivre. Vous l’aurez deviné : c’est mon quartier !

Un seul regret pour cette visite de Strasbourg à la New-Yorkaise : il n’existe pas encore de rooftop ! Mais l’idée est lancée, et j’ose croire qu’elle ne tardera pas à faire des adeptes : un rooftop avec vue sur la cathédrale et les montagnes, voilà de quoi ramener les foules !

La Kulture, 9 rue des Bateliers, Strasbourg

Art Nouveau à la Robertsau: visite d’un quartier strasbourgeois

Aujourd’hui j’avais envie de vous faire découvrir un des quartiers de Strasbourg, et pas n’importe lequel : celui dans lequel je travaille. Il n’est pas facile de faire un article de ce genre : d’abord parce qu’on ne pense pas forcément à prendre des photos d’un lieu qu’on arpente chaque jour de long en large, ensuite parce qu’en revenant dudit travail on n’a pas forcément envie d’écrire dessus.

Pour le premier problème je l’ai résolu en me forçant un beau soir du début du mois à prendre mon appareil et à matraquer autant que possible les maisons devant lesquelles je passe tous les jours. Pour le second problème, je ne vous parlerai QUE du quartier et non du Travail, bien que la plus belle demeure du quartier soit mon lieu de travail.

Ce quartier c’est l’Orangerie. Depuis les rives de l’Oos jusqu’au parc de l’Orangerie en passant par la grande avenue de la Robertsau, ce quartier regroupe un ensemble de belles demeures du début du siècle, certaines un peu farfelues, et pour la plupart très typées Art Nouveau. Un lieu sympa où se promener si vous avez déjà tout fait à Strasbourg et que le beau temps invite à la flânerie. Et, si vous voulez vous la jouer un peu en vous promenant avec vos amis, voici un minuscule cours d’Art Nouveau qui ajoutera un petit côté « pédagogique » à cet article.

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L’Art Nouveau est un courant artistique de la fin du XIXe et du début du XXe qui est né à Bruxelles et s’est propagé dans le reste de l’Europe de telle sorte que vous trouvez des exemples d’Art Nouveau un peu partout dans la vieille Europe. La particularité de ce mouvement c’est qu’il a beaucoup influencé l’architecture puisque le Manifeste de l’Art Nouveau n’est autre qu’une maison – vous pouvez lire à ce propos mon très vieil article sur l’Art Nouveau à Bruxelles. Les plus célèbres artistes de ce mouvement sont bien sûr Gaudi à Barcelone, Hector Guimet à Paris – celui qui a créé les entrées du métro – mais aussi McKintosh à Glasgow qui a développé un Art Nouveau très épuré et bien loin des courbes originelles.

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Quelles sont les caractéristiques de l’Art Nouveau ?

J’ai ressorti mes cours de fac pour ne pas vous dire –trop- de bêtises mais on peut résumer comme ça : tout ce qui vous rappellera la nature, que ce soit la flore, la faune aquatique – par exemple à  la Casa Batllo de Barcelone – tout ce qui est organique est Art Nouveau. Des fenêtres et des portes rondes, façon trou de Hobbit, de la déco qui ressemble à des plantes ou à des os ; mais aussi des façades figurées ressemblant un peu aux affiches de Mucha. On peut remarque aussi l’emploi de matériaux  différents : beaucoup de fer forgé, beaucoup de bois, mais aussi de la céramique, des matériaux considérés comme peu nobles mais auxquelles on se plait à donner des formes plus organiques avec toujours beaucoup de courbes censées représenter la nature. Les demeures Art Nouveau sont en général des demeures bourgeoises voire des magasins qui indiquent donc dans quel domaine s’est enrichi le propriétaire -par exemple les ateliers de céramique à Lille. Enfin aucun détail n’est ignoré, les architectes de l’Art nouveau utilisant comme objets décoratifs tous les éléments pratiques de la maison:  les poignées de portes, les rampes d’escalier, les barreaux de fenêtres, les cheminées, etc. La maison est conçue comme un être vivant où tout est Art.

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La plus belle, ou du moins la plus typique des demeures Art Nouveau: mon lieu de travail!

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L’Alsace se situe entre deux écoles d’Art Nouveau : celle de Bruxelles et le Jugenstilj germanique – rappelons qu’à l’époque Strasbourg est en Prusse – et l’Art Nouveau s’est donc essentiellement développé dans les quartiers de la nouvelle ville ou le quartier dit « impérial ». Les maisons de l’allée de la Robertsau ne sont pas toutes Art Nouveau, certaines marquent déjà un passage vers l’Art Déco avec des façades beaucoup plus géométriques et droites – un peu comme ce qu’on voit à Glasgow -, d’autres semblent être de simples fantaisies d’architectes, comme cette demeure à moitié normande qui abrite la résidence de l’Ambassadeur d’Italie.

Le dernier truc sympa du quartier c’est qu’il abrite tous les consulats, ambassades  et institutions européennes, et personnellement je m’amuse beaucoup à essayer de reconnaître les drapeaux plantés sur le fronton de certains immeubles. Enfin si vous poursuivez le long de l’Oos vous atteindrez le Parlement Européen par une petite promenade au bord de l’eau paradis des coureurs et de ceux qui promènent leur chien.

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La très étrange ambassade de Roumanie avec sa haute tour de brique
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Ambassade d’Italie, la Normandie à Strasbourg

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Le voilà tout de verre vêtu: le Parlement Européen

Il y a des exemples d’Art Nouveau un peu partout à Strasbourg, dans les quartiers périphériques – Krutenau, Neudorf, Quartier Impérial – mais aussi dans le centre ville et je vous invite vraiment à visiter la ville en levant la tête pour voir tous ces petits détails auxquels on ne fait pas forcément attention. Enfin je ne peux pas résister à vous mettre une photo de la plus belle maison Art Nouveau de Strasbourg qui abrite aujourd’hui le lycée international.

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Mes bonnes adresses à Strasbourg #2

Deuxième session de cette revue des endroits sympas que j’ai pu découvrir à Strasbourg : aujourd’hui je vous emmène bruncher, faire les boutiques et boire un verre pour se reposer de cette grosse journée!

L’HEURE DE BRUNCHER

Rite incontournable du triptyque dominical strasbourgeois – brunch, musée, messe – et le seul que je respecte assez fréquemment,  depuis quelques années de nombreux bars, restos et salons de thé ont ouvert leurs portes le dimanche pour bruncher et les Strasbourgeois s’y précipitent parce qu’il faut bien le dire il n’y a pas grand-chose d’autre à faire le dimanche à Strasbourg. Je n’ai pas encore pu tester tous les brunchs que je voulais mais je peux déjà vous donner mes petits préférés. Sachez que quelque soit l’endroit où vous irez , vous vous en sortirez globalement pour moins cher qu’à Paris, mais s’il fait beau allez-y plutôt vers 11h car c’est vite plein; pour certains brunchs, et  surtout si vous êtes nombreux,  je vous conseille de réserver.

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  • Bistrot & Chocolat ou le brunch veggie

Je n’ai pas une tendance très végétarienne/vegan mais c’est difficile de ne pas aimer Bistrot & Chocolat, et leur brunch en particulier. Vous pouvez choisir entre plusieurs formules plus ou moins chères mais toutes entièrement végétariennes et bio –donc exit le bacon pour ceux qui en raffolent – mais on se rattrape largement sur les mini-cakes, les super bons œufs brouillés et toutes les autres petites mignardises qu’on vous présente. Ça ne parait pas copieux mais je vous assure qu’on se remplit bien la panse. Pour la boisson vous avez le choix entre café – expresso-, thé et chocolat, je regrette un peu qu’il n’y ait pas de cappuccino ou de grand crème MAIS il parait que leur chocolat chaud est absolument délicieux donc à goûter très prochainement. Coincé juste derrière la cathédrale le lieu est vraiment sympa, mignon, chaleureux et vous pouvez vous poser en terrasse dès que les beaux jours arrivent.

Pas de réservation.

Bistrot & Chocolat, 8 rue de la râpe, 67 000 Strasbourg

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  • L’Atlantico

Mon QG du brunch, non pas qu’il soit incroyablement meilleur qu’ailleurs mais je le trouve bien moins cher – 14€ pour le plus gros brunch qui mélange sucré et salé. Brunch très simple mais avec assez de choix pour faire plaisir à tout le monde : viennoiseries, brioche, cookies, saumon, bacon, confitures, fromage et du choix en boissons. Ce qui vaut la palme d’or à l’Atlantico c’est surtout le fait que le resto soit une péniche et moi qui adore les bateaux cet intérieur tout en bois avec de vieilles lampes à huile ça me fait chavirer, surtout quand en fond passe une playlist folk. Vous pouvez vous poser également sur les ponts avant et arrière du bateau ainsi que sur la terrasse juste devant, très prisée quand il fait beau. La vue est une de celle que j’aime le plus à Strasbourg : le temple protestant d’un côté, l’Ill de l’autre avec le quai des pêcheurs. Petite astuce : la terrasse est totalement ensoleillée à partir de 11h30/12h.

Atlantico, Quai des pêcheurs, 67000 Strasbourg

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L’HEURE DE SHOPPER

Globalement vous pouvez tout trouver à Strasbourg. Si les Galeries, le Printemps et autres boutiques du centre-ville ne vous conviennent pas il vous suffit de vous rendre aux centres commerciaux des Halles ou de Rivétoile à quelques minutes du centre pour y faire du shopping chez les grandes marques habituelles. Mais comme dans toute ville on y trouve aussi des petites boutiques indépendantes qui vendent un peu de tout et qui font mon bonheur.

 

  • Céleste

Au bout de la Grand’Rue cette petite boutique devrait attirer l’œil de toutes les blogueuses lifestyle : une petite table de jardin avec des fleurs est installée devant l’entrée, dans les vitrines des pièces Nat&Nin, des bijoux un peu ethniques et PLEIN DE PAPETERIE  de chez Season Paper. Je préfère ne pas compter combien j’ai pu dépenser dans cette boutique à acheter des cartes, des petits bloc-notes et à lorgner sur les carnets et agendas. On peut même craquer sur les sacs, les plateaux ou la vaisselle. Heureusement cette boutique est assez loin de chez moi, donc je n’y vais qu’en cas d’extrême urgence et quand je sais exactement ce que je veux.

Céleste, 30 Grand’Rue, 67000 Strasbourg

  • Monogram

Encore une papeterie. Oui j’adore ça. Celle-ci est un peu différente de la première, elle m’a attiré l’œil d’abord parce qu’elle vendait des cartes assez amusantes, ensuite pour ses boîtes et classeurs. Le genre de classeurs qui vous donnent envie de faire des fiches pour avoir le plaisir de les ranger dedans. Et des boîtes auxquelles on est sûre de trouver une utilité sur le moment, alors que, soyons sérieux, on ne saura jamais quoi ranger dedans. Vous y trouverez aussi tout ce qu’il faut pour faire du scrapbooking, de l’aquarelle, un peu de peinture et d’autres activités manuelles à propos desquelles je m’y connais bien peu.

Monogram, 6 rue des Juifs, Strasbourg

  • Le petit Souk

La boutique dans laquelle je n’emmènerais pas mon cher et tendre, il risquerait de se poser des questions sur mes intentions. Il s’agit ici d’une boutique pour enfants avec plein de petits trucs mignons, et encore une fois très inutiles, que vous pourrez acheter à votre enfant, ou plutôt à ceux des autres : des vêtements mais aussi des jouets. Dans la deuxième partie de la boutique vous trouverez davantage d’objets vous concernant, par exemple des mugs, des thermos et d’autres petits ustensiles choupi-trognons.

Le petit souk, 113 Grand’Rue, Strasbourg

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  • Hic & Nunc, bijouterie création

Coincée dans une ruelle entre la petite France et la Grand’Rue, cette boutique n’est pas facile à trouver et pourtant elle vaut vraiment le coup: des bijoux abordables, originaux et tendance à la fois,  souvent à  motifs géométriques. On y trouve un peu tout ce qu’on veut: boucles d’oreilles, sautoirs, bracelets…. Toutes les amies que j’ai emmenées là ont trouvé leur bonheur – ou plutôt ont craqué. Génial pour faire des cadeaux, surtout que les collections changent assez régulièrement.

Hic&Nunc, 10 rue du Bouclier, Strasbourg

L’HEURE DE BOIRE UN VERRE

  • Jeannette et les cycleux

Le bar simple, sympa et bien placé. Rien de particulier chez Jeannette et les cycleux, mais l’ambiance y est agréable, on y boit et on y mange pour pas trop cher : des knacks si vous êtes de vrais alsaciens, leur fondant au chocolat est aussi très bon. Vous pouvez goûter à un choix très large de mojitos : fraise, framboise, pim’s, c’est un peu la spécialité de la maison.

Jeannette et les cycleux c’est un peu le bar où on donne rendez-vous à ses copines en fin de journée pour se raconter nos vies et finir un tout petit peu pompettes.

Ma sœur y a également testé le déjeuner à midi et elle m’en a dit grand bien, donc n’hésitez pas, c’est très bien placé pour les touristes qui restent dans le centre-ville et qui commencent à en avoir plein les jambes.

Jeannette & les cycleux, 30 rue des Tonneliers, Strasbourg

  • Le Barco-latino

Avec le printemps qui arrive c’est le grand retour du Barco Latino sur la scène strasbourgeoise. Relativement délaissées pendant l’hiver la péniche et sa terrasse sont à nouveau prises d’assaut dès que les beaux-jours reviennent, au point que les serveuses ne savent plus trop où donner de la tête. Le pont avec les palmiers, les tonneaux de bois et les petites guirlandes donnent un air de vacances au quai des bateliers et on savoure son mojito ou sa pina colada autour de nachos même pas trop chers. Certains soirs des cours de Salsa sont donnés dans la cale de la péniche où vous pouvez danser la plupart du temps.

Barco Latino, Quai des pêcheurs, Strasbourg

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  • Le XX, bar à vins

Autre ambiance, autre lieu. Place Saint-Nicolas-aux-Ondes vers l’Université venez déguster planchettes et bon vin dans ce bar à vin vraiment sympa. J’aime en particulier pouvoir m’affaler dans un des gros canapés. Un endroit parfait pour un verre entre amoureux ou pour fêter une bonne nouvelle avec ses amis. Le serveur/caviste vous conseillera et il vous conseillera bien. Le dernier vin que j’y ai goûté était plus qu’excellent, la carte est très large, change souvent, donc c’est un lieu idéal pour les amateurs de vin, et même pour les autres qui n’y connaissent rien. Ce qui est mon cas.

Le XX, 3 rue des planches, Strasbourg

Le musée de l’Oeuvre Notre-Dame

Le premier dimanche du mois c’est l’occasion d’aller visiter les musées nationaux qui coûtent si cher à Strasbourg – malgré mes 25 ans je ne peux pas bénéficier de réduction puisqu’il faut être AUSSI étudiant – du coup je me limite à un musée par mois puisque tout est gratuit. En contrepartie il est impossible d’avoir un audioguide on doit donc se contenter des panneaux explicatifs, souvent très bien faits. MAIS Strasbourg a trouvé une super idée pour rendre ces visites un peu plus funky : à partir de 14h30 commence le « Musée pour tous », des étudiants en histoire et histoire de l’art sont présents dans les salles pour analyser, expliquer et répondre aux questions de ceux qui veulent. Ils sont jeunes, s’y connaissent et sont souvent très sympas ça rend la visite un peu plus chaleureuse. Je n’ai pas trop envie de demander s’ils sont payés ou non, quand on fait ce genre d’études l’exploitation semble la règle.

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Ce dimanche je suis donc allée au Musée de l’œuvre Notre-Dame, en face de la Cathédrale Notre-Dame, juste à côté du palais Rohan. Ce musée crée en 1931 abrite depuis sa création certaines des sculptures et autres œuvres de la statuaire médiévale de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg pour les conserver des intempéries. Des copies ont été réinstallées sur la cathédrale pour remplacer les originaux. On pourrait râler un peu d’avoir une cathédrale « fake » mais la plupart de ces statues sont situées dans des lieux presque inaccessibles de la cathédrale et les avoir dans le musée permet d’apprécier le travail de l’artiste et les détails de l’ornementation et du décor de l’art médiéval.

Evidemment après avoir suivi des études d’histoire et d’histoire de l’art, notamment avec un UE sur l’art gothique, mon avis n’est pas tout à fait objectif : j’ai donc ADORE le musée. Les premières salles m’ont un peu fait penser à The Cloister à New-York, d’ailleurs l’une des statues de la cathédrale y est actuellement abritée, avec pour seule différence que le lieu est plus adapté à la présence d’un cloître gothique que les faubourgs de Harlem. La découverte des salles se fait dans l’ordre chronologique, depuis le Roman – XIIe siècle, la cathédrale ayant été construite en 1130,  jusqu’au au XVIIe siècle. On y admire, outre les sculptures, des vitraux, des pièces d’orfèvrerie, des tableaux, des tapisseries, et depuis peu, des dessins d’architecture médiévaux.

Toute cette collection n’est pas issue uniquement de la cathédrale de Strasbourg mais de toute la région du Rhin supérieur, et offre un excellent aperçu de la richesse de l’art gothique dans cette région. Les dernières salles concernent davantage la Réforme, puis la contre-réforme, et les difficultés des artistes auparavant engagés pour des œuvres figuratives religieuses qui doivent alors faire face à l’iconoclasme – la destruction ou l’enlèvement des images saintes – officialisée par un mandement de 1530 à Strasbourg.

La partie la plus intéressante était sans-doute la salle de didactique des dessins architecturaux. Le musée de l’œuvre Notre-Dame dispose en effet de la 3ème plus grande collection de dessins architecturaux médiévaux du monde, les premières étant à Vienne et à Ulm, même s’il ne s’agit que d’une trentaine de dessins sur parchemins puis papiers. Pour être exacte ces œuvres sont la propriété de la fondation de l’œuvre Notre-Dame. Cette fondation a été créée à peu près en même temps que la cathédrale, il s’agit de l’institution chargée de l’administration du chantier de la cathédrale qui possède donc toutes les ébauches, projets, sculptures de la cathédrale. Cette fondation existe toujours et a conservé ses locaux dans cette vieille bâtisse gothique qui abrite le musée. Les dessins ne sont visibles que le samedi après-midi entre 15h et 17h et sur réservation – pas plus de 15 personnes, la visite dure 30min – pour des raisons de conservation. Je n’ai donc pas pu les voir. En revanche une salle « didactique » propose quelques reproductions de ces dessins avec, en l’occurrence, un guide pour expliquer les différentes étapes de construction de la cathédrale ainsi que les méthodes de dessin et d’architecture. Enfin les documents ont tous été numérisés et une tablette permet de les visualiser. Un petit texte commente le document et il est possible de zoomer pour mieux voir le dessin. Sehr Sehr interessant !

Je ne peux malheureusement pas me contenter de ces reproductions, je suis donc bien décidée à réserver ma place un prochain samedi pour aller voir les originaux, et je ne devrais pas avoir trop de mal à motiver mes copines archivistes pour m’accompagner.

Je vous conseille d’achever cette visite par une redécouverte de la cathédrale, dont l’entrée est gratuite,cette fois et par l’ascension de la tour la plus haute de France – et je pense que vous les regarderez d’un autre œil maintenant qu’elles n’ont plus de secrets pour vous.

PS: Toutes les photos sont prises avec mon smartphone tout cassé, je n’avais pas vraiment prévu de faire des photos.

Mes bonnes adresses à Strasbourg #1

 

 

Déjà cinq mois que je vis à Strasbourg et il ne m’en reste plus que trois, j’ai l’impression que je n’aurai jamais assez de temps pour tout voir et tout faire même si je pense être en mesure de dire que je connais assez bien la ville, sans être pour autant une parfaite strasbourgeoise. Strasbourg est très vivante : des bars, des restos et des cafés  semblent ouvrir tous les jours, je ne peux donc pas vous donner une liste exhaustive des bonnes adresses à Strasbourg mais je commence à avoir des QG. J’avais donc envie de vous présenter mes bonnes adresses à la façon de Victoria de Mango and Salt en plusieurs fois, d’autres sessions de « bonnes adresses » devraient donc suivre dans les mois à venir.

 

L’Heure de la culture

  • Presqu’île André Malraux

L’une des premières choses que j’ai faite après avoir eu mon appart c’est de m’inscrire à la Médiathèque André Malraux située à quelques centaines de mètres de chez moi. La nouvelle presqu’île André Malraux qui abrite, outre l’immense Médiathèque du même nom, le cinéma UGC juste en face du centre commercial de Rive Etoile est l’un des nouveaux lieux culturels de Strasbourg. Sur la presqu’île des bars et des cafés commencent à s’ouvrir, mêlés à des habitations et des magasins. Pour ceux qui connaissent Paris ce quartier me fait vraiment penser au quartier de la BnF – surtout avec ce grand corridor qui prend le vent.

La Médiathèque est immense – 4 étages – une cathédrale de la connaissance et de la découverte : je flâne aussi bien dans les allées de littérature que dans celles d’ethnologie ou d’histoire. En prime la médiathèque est reliée aux autres médiathèques de l’Eurométropole de Strasbourg, ce qui double presque le nombre de volumes ou de films auxquels on a accès.

  • Cinéma Odyssée

Situé dans le centre de Strasbourg, à côté de la place Kléber, c’est un vieux cinéma qu’il a fallu rénover notamment pour sa salle typique des années 30, il a été finalement décidé d’en faire un cinéma, ou plus exactement un cinéma pédagogique et éducatif. La particularité de l’Odyssée c’est qu’il y a un festival constant : ce mois-ci est par exemple le mois du cinéma irlandais ; sont déjà passés la quinzaine du cinéma roumain, du cinéma coréen, … Le cinéma organise également régulièrement des projections de vieux chefs d’œuvres, ce qui me permet de me refaire une culture cinématographique : j’ai pu voir entre autres Le Guépard et Out of Africa. Et c’est toujours plus sympa de le voir en salle que chez soi sur son petit ordinateur.

L’odyssée travaille beaucoup avec les écoles, les collèges ou les lycées; bénéficiant d’aides de l’Etat ce cinéma a un rôle réellement pédagogique, un peu différent des cinémas d’art et d’essai que l’on trouve dans le centre de Strasbourg.

Cinéma Odyssée, 3 rue des francs bourgeois, Strasbourg

L’heure du Café

  • Le Café Bretelle

LE coffee shop de Strasbourg, il a ouvert il y peu dans le quartier de la Krutenau – à 5 mètres de chez moi – dans une ambiance chaleureuse très new-yorkaise, avec des murs en briques, c’est ici qu’il faut venir pour déguster de bons cafés qui changent chaque semaine. Pour ma part, je ne connais rien au café et je prends des  cappuccini ou des mocchas avec en prime une sucrerie. La spécialité de la maison c’est le gâteau twix, que je n’ai toujours pas goûté, me limitant pour le moment au cheesecake – très bon. Le lieu est souvent plein, il faut absolument réserver le midi, pour le reste du temps mieux vaut arriver en milieu d’après-midi ou milieu de matinée si on veut une place libre. Au printemps et en été la terrasse est installée et on peut profiter du côté place de village de la Krutenau.

Café Bretelles, 2 rue Fritz, Strasbourg

  • Oh my goodness!

Issu d’un financement participatif ce café a vu le jour en septembre 2015 et s’intitule lui-même “café associatif”. Très très bobo il reste que ce café situé près de la porte de l’hôpital est super sympa : là encore, mieux vaut arriver tôt pour pouvoir profiter des sucreries qui ont l’air vraiment bonnes, pour les cafés/cappucino et autre rien de particulier, tout paraît assez peu cher pour une parisienne comme moi, c’est bon, c’est chaud, et il est très plaisant de pouvoir s’enfoncer dans de bons fauteuils et canapés en lisant un bouquin, en travaillant ou en parlant de nos prochaines vacances avec les copines. Des soirées concerts ou jeux sont parfois organisées – génial pour faire des rencontres -, mais fort de son côté “associatif” ce café organise aussi des événements plus solidaires, par exemple des cours de discussion en anglais ou des ateliers co-searching pour aider à chercher un emploi. Il est enfin possible de privatiser le café pour une soirée anniversaire ou autre, un concept auquel je dis OUI!

Pour en savoir plus n’hésitez pas à aller sur la page web du café Oh my goodness!

Oh my goodness, 13 rue de la 1ère armée, Strasbourg

L’heure du Thé

  • Salon de Thé « Grand’Rue »

Le salon de thé par excellence du centre de Strasbourg. S’il ne paie pas de mine au premier regard – on peut facilement passer devant sans le voir – le salon de thé Grand’Rue est le premier salon de thé à tester quand vous venez  à Strasbourg : des super desserts, un grand choix de boissons, un intérieur très très cosy où on voudrait rester quand il fait froid ou qu’il pleut – et cette année on a plutôt eu droit à la pluie.

Salon de Thé Grand’Rue, 80 Grand Rue, Strasbourg

  • What the cake?

J’étais déjà passée plusieurs fois devant ce petit salon de thé qui de l’extérieur me semblait très tentant mais j’ai fini par y aller comme second plan après avoir raté un autre salon que je voulais tester – ce n’est que partie remise. What’s the cake est un salon de thé très girly, légèrement british avec des pâtisseries – un cup cake au nutella entre autres – pour se remplir la panse tout en buvant un bon thé au Jasmin après une dure journée de travail. Cosy, tout en pastels, il n’y a pas vraiment de choix de thé – donc je ne recommande pas pour un grand amateur – mais c’est le genre d’endroit où j’emmène les copines avec plaisir, pour y discuter de tout et de rien.

What the cake, 51 rue du Fossé des Tanneurs, Strasbourg

 

 

L’Heure de MANGER

  • Chez Mon Ex – le resto branché du moment

Le resto qui vient d’ouvrir avenue de la Victoire tout près du tram et qui est un peu « the place to be », forcément – ça nous amuse toujours beaucoup de placer au détour d’une conversation « hier j’ai mangé chez mon ex, c’était super ». Déco à thème avec assiettes brisées, scènes de ménages, et ambiance appartement – manger sur un canap c’est très mode à Strasbourg. Repas un peu cher mais bon, et copieux. Parfait pour un repas entre copines.

Chez mon Ex, 17 boulevard de la Victoire, Strasbourg

  • Le Pont aux Chats

Un resto qui se veut classe sans être trop cher, pas une grande variété de choix mais très bien cuisiné, là où  emmener sa copine sans se ruiner. Situé rue de la Kruntenau dans une vieille bicoque à la déco amusante, difficile de la rater, un resto que je conseille vraiment.

Le Pont aux Chats, 42 rue de la Krutenau, Strasbourg

Je ne dispose pas de photos pour chacun de ces endroits puisque je ne pense pas toujours à prendre en photo les lieux où je suis, surtout quand j’y mange bien et en bonne compagnie; je n’ai pas non plus toujours le bon appareil pour prendre des photos, et surtout je me sens toujours un peu ridicule à tout mitrailler quand mes copines veulent juste manger.

Vous trouverez notamment des articles plus détaillés sur certains de ces lieux dans le blog de Camille: les rendez-vous de Camille , ou sur le blog  qui teste toutes les nouveautés strasbourgeoises: pokaa.

Expatriation en … Alsace

Strasbourg – jour 35

Un peu plus d’un mois que je suis à Strasbourg. Le temps de faire un point. En théorie il ne s’agit pas vraiment d’une expatriation puisque je ne quitte pas ma « patrie », la France, mais s’installer dans une autre région, et encore plus dans une région avec une très très forte identité comme l’Alsace reste dépaysant.

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Il y a ici beaucoup de choses nouvelles. Pour commencer le temps : j’étais déjà venue plusieurs fois à Strasbourg, en été et en hiver, je pensais bien connaître la ville, être prête à endurer le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. J’avais juste oublié les autres saisons. J’ai pu me délecter d’un début d’automne magnifique, les arbres très colorés, le soleil qui réchauffe, la lumière dorée, et je découvre depuis peu la fin d’automne un peu gloomy : du brouillard matin, midi, soir.

Après m’être dit que c’était « passager, ça va c’est normal le brouillard fin octobre. » J’ai compris que non, le fog à Strasbourg c’est presque tout le mois de novembre, la ville entière est dans un nuage et il en va de même pour les villages du Bas-Rhin. La faute au Rhin ? Aucune idée, mais le fait est qu’en sortant d’Alsace le brouillard s’évapore et qu’il y a enfin ce grand ciel bleu qui « rayonne sur toute la France » comme nous dit madame Météo. Preuve que Strasbourg c’est pas vraiment la France.

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Autre découvert: l’identité strasbourgeoise. Je m’attendais au rejet habituel des parisiens, à la forte identité de région, mais j’ai découvert qu’à Strasbourg on était certes alsacien, mais aussi européen. La ville ne cherche pas à rivaliser avec Paris : Paris est capitale de la France, Strasbourg se veut capitale de l’Europe. Sa véritable rivale c’est Bruxelles. Et d’ailleurs on ne parle pas de la mairie de Strasbourg mais de l’Eurométropole. Ce n’est pas pour rien si certains souhaitent appeler la nouvelle région « Eurorégion » , mais personnellement je préfère le nom d’Austrasie…

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Strasbourg est une grande ville avec banlieue mais… les villages sont à deux pas. Issue de ma banlieue parisienne pour moi un village c’est ce trou paumé au fin fond de l’Essonne ou des Yvelines avec 6000 pauvres habitants. Attention, ici il s’agit d’une ville, et elle est à moins de 10 minutes de Strasbourg, les gens y vivent, certains y travaillent. Et oui, dès qu’on sort de l’agglomération on est dans les vignes, puis dans les Vosges. La nature est à côté et avec elle les randos, les châteaux, et le grand air. Et peut être même un peu de ski cet hiver.

WP_20151104_003Un mois donc et j’en découvre encore beaucoup. Je ne m’habitue pas encore à écouter les vieux passer de l’alsacien au français comme s’il s’agissait d’une même langue, ou à entendre cet accent encore plus abrupt que l’allemand dans les bouches des jeunes – il paraît qu’on l’attrape vite, prévenez-moi si jamais. Je ne m’habitue pas non plus à partager mon espace avec des vélos, partout, tout le temps, même si j’en ai un aussi et que j’ai hâte de m’en servir pour embêter les piétons. Je suis toujours heureuse et étonnée de traverser les vieilles rues aux noms pittoresques – la rue-au-vieux-cochon-de-lait – avec des maisons à colombage et je ne me lasserai jamais de contempler la cathédrale.

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Ici les gens commandent vraiment des Bretzels chez le boulanger – super et pas cher pour caler une petite faim. Je suis toujours incapable de prononcer certains mots comme « Spaetzle ». Je n’ai pas encore bien compris ce que c’était que les « Stammtischs ». Je n’ai encore jamais lu les DNA, Dernières Nouvelles d’Alsace, mais ça ne saurait tarder. Je trouve ça incroyable d’être en Allemagne en quelques minutes de vélo et d’aller y faire ses courses comme si tout était normal. Je me moque encore d’eux parce qu’ils ne savent pas dire correctement « Krutenau »  et « Broglie » et pourtant j’ai pris l’habitude de faire la même chose.

Mais surtout, surtout : je ne m’habitue pas au fait que mes cheveux se soient mis à boucler sous ce climat.