Week-end en Bourgogne #1

Avril 2019 – vacances de Pâques. 

Comme chaque année nous partons à la recherche d’un petit coin de France qu’on pourrait découvrir, un endroit pas trop loin de Paris et qui nous permette de profiter du beau temps tout en faisant quelques visites culturelles. Après Rouen, les châteaux de la Loire et le bassin-minier c’est sur la Bourgogne que j’ai jeté mon dévolu, et plus exactement au nord de la Bourgogne.

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La campagne bourguignonne c’est avant tout beaucoup de vert

Notre petit nid se trouve à Epoisses, à mi-chemin entre Avallon et Semur-en-Auxois ; à quelques pas de l’autoroute A6, au moment même où la plupart des bouchons débutent lors des grands départs en vacances. Ca parait anecdotique mais c’est grâce à ces bouchons que j’ai découvert pour la première fois la région : lassé de rouler en accordéon mon père avait décidé de passer par les routes de campagnes pour remonter vers Paris. On avait alors zigzagué entre les collines verdoyantes et c’est un trajet qui m’était resté en mémoire.

Nous voici donc au départ de Paris pour un week-end de trois jours à thème plutôt culturel, j’ai en effet pour ambition de faire surtout trois grosses visites : l’abbaye de Fontenay, le muséoparc d’Alésia et la basilique de Vézelay, le tout agrémenté de villes et villages croisés au détour des routes. En route pour un road trip à tendance médiéval…

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Cloître de Fontenay, on se croirait dans “Le nom de la rose”

L’Abbaye de Fontenay

A 2h30 en voiture et 1h en train de Paris se trouve l’une des plus belles abbayes de France, à mon goût du moins. C’était la troisième fois que je me rendais à l’abbaye de Fontenay, cette institution monastique installée, comme souvent, au milieu de rien, dans un endroit champêtre où ça sent bon le printemps et le calme.

Depuis Montbard la route grimpe un peu avant de longer un cours d’eau des plus bucoliques qui mène droit vers l’ancienne abbaye cistercienne.

Construite entre 1130 et 1147 l’abbaye de Fontenay est un ensemble de bâtiments monastiques obéissants à la règle cistercienne établie par Bernard de Clairvaux. Sans vous faire toute l’histoire des ordres monastiques, l’ordre cistercien se distingue par l’importance qu’il accorde à la pauvreté mais aussi à l’autarcie. L’ordre se veut retiré du monde mais aussi capable de subvenir à ses propres besoins. Les moines doivent donc, en plus d’une activité liturgique – que je ne détaillerai pas ici – s’adonner à une activité économique, par exemple cultiver un potager pour pouvoir se nourrir.

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En général l’ordre cistercien essaie de revenir au dépouillement initial présent dans le message du Christ. Ce dépouillement se traduit architecturalement par un art roman très simple et dénudé, tout en rondeur et couleurs claires, qui est probablement le style architectural que je préfère. A chaque fois que je suis rentrée dans  l’église de Fontenay j’ai pu ressentir un véritable apaisement à la vue de ces colonnes nues qui s’alignent, éclairées uniquement par la lumière du soleil qui passe à travers les quelques vitres.

Le plus agréable est sans doute de se balader à travers les divers bâtiments de l’abbaye, de se promener dans ses jardins, d’observer la roue hydraulique et d’imaginer comment les moines ont pu construire un si bel endroit dans un lieu enchanteur qui n’était pourtant au départ qu’un marais.

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Retour au temps de la guerre de Gaules : le Muséoparc d’Alésia

De même que j’avais découvert les heurs et malheurs de la Grande Guerre et de la bataille d’Arras l’an dernier, je me suis dit que passer un week-end dans le coin d’Alésia était peut-être l’occasion de me pencher sur l’histoire de la guerre des Gaules qui, avouons-le, ne m’a jamais passionnée.

Ce qui m’a attiré c’est d’abord l’architecture du nouveau Muséoparc d’Alésia que je trouve assez réussie, mais aussi l’envie d’en savoir plus sur le lieu mythique d’Alésia. Bien qu’on ait longtemps dit qu’on ne savait pas où se situait exactement Alésia, il semblerait que diverses découvertes récentes confirment l’existence d’une bataille de grande ampleur entre romains et gaulois non loin de la ville D’Alise-Sainte-Reine en Bourgogne.

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Le Muséoparc d’Alésia: une architecture sympa et originale

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Le musée se compose de plusieurs parties : une exposition temporaire, une exposition permanente sur la bataille d’Alésia mais aussi toute l’histoire des gaulois et des Romains qui mène à cette fameuse bataille, et une partie extérieure où des ateliers sont proposés. L’exposition permanente demande à elle seule deux bonnes heures et je vous conseille largement de prendre les audioguides.

J’ai été très contente de cette visite que j’ai trouvée à la fois intéressante, savante et pédagogique. Bref je la conseille à tout mes amis profs d’histoire, ou plutôt de latin qui n’auraient pas les moyens d’aller à Rome mais aimeraient emmener leurs élèves faire une visite historique sur la civilisation romaine.

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Le dernier champ de bataille d’Alésia c’est cette colline avec es champs de blés et un petit village

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Car le musée ne se contente pas de retracer la bataille d’Alésia : il commence par expliquer le contexte général de la guerre des Gaules, de la rédaction du fameux témoignage de César, mais aussi des modes de vie romains et gaulois au Ier siècle avant J.C. Entre les objets, les vidéos, les cartels et les explications de l’audioguide, la visite est très complète et nuancée ce qui est appréciable sur un tel sujet. J’ai eu l’impression de réorganiser plein de connaissances que je possédais mais que je n’avais jamais reliées les unes aux autres. La dernière partie est en particulier plus que nécessaire puisqu’elle retrace non seulement les découvertes archéologiques mais aussi l’historiographie sur le sujet et la création du mythe gaulois à travers les deux derniers siècles, et notamment lors de la guerre contre la Prusse en 1871 où la France vaincue s’identifiait aux gaulois vaincus mais valeureux guerriers résistants.

La visite s’achève par une promenade sur le toit de l’édifice avec des cartels qui indiquent les différents lieux de la bataille, on a du mal à y croire aujourd’hui, et une belle vue sur les environs.

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Semur – en -Auxois et sa vieille ville

Villes et villages bourguignons

Entre deux visites culturelles on a tout de même trouvé le temps de se promener dans quelques villages des environs,  qui étaient relativement vide de touristes, ce qui était agréable quoique parfois un peu morne.

En logeant vers Epoisses nous avions un certain nombre de villes où nous pouvions trouver une table pour le soir et si nous n’avons pas mangé à Epoisses même, nous avons tout de même pu goûter la spécialité du pays et mangeant un burger à l’époisses dans une vieux restaurant de Semur-en-Auxois.

Mais côté gastronomie c’est à Avallon que j’ai trouvé mon bonheur dans le restaurant « cuisine angeline » qui nous a attiré pour son ambiance tranquille et bonne famille. Il s’agit d’une cuisine du monde qui était vraiment bonne, ça faisait un peu cantine d’habituée, et il faut dire qu’on était affamés. Mais je conseille vivement ce restaurant, même s’il n’est pas un restaurant de spécialités locales.

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Il y avait deux villes que je voulais voir absolument : Semur-en-Auxois dont j’avais un très bon souvenir, et Flavigny pour ses bonbons.

Semur est une ville qu’on aperçoit de loin, impressionnante avec ses hautes tours protectrices et ses ponts qui enjambent la rivière. Ville médiévale elle ne manque pas de charme mais je l’ai trouvée un peu déprimante de l’intérieur avec tous ces commerces vides en attente d’être vendus. Pourtant la population de Semur ne diminue pas, les habitants s’installent aujourd’hui à l’extérieur de la vieille ville, dans des logements neufs. Il reste cependant que Semur est une étape à ne pas passer. La balade en ville puis le long de la rivière suffisant à la faire aimer.

 

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Flavigny n’était pas initialement dans mes plans, mais sa proximité avec le muséoparc d’Alésia ne m’a pas longtemps fait hésité : j’avais envie d’acheter de ces fameux bonbons de l’abbaye de Flavigny que mes parents transportaient régulièrement avec eux lors des longs trajets en voiture.

Flavigny-sur-Ozerain est en effet connue pour plusieurs choses : le village a reçu le label de plus beaux villages de France, il a été le lieu du tournage du film « Le chocolat » avec Johnny Depp et Juliette Binoche – et qui est un de mes films préféré -, et c’est ici qu’on fabrique les bonbons de l’abbaye de Flavigny. « Un bien bon bonbon » comme l’indique le slogan.

 

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Le village semble étrangement hors du temps, outre la camionnette années 40 qui se trouve à l’entrée de l’entreprise de fabrication des bonbons, le village est encore actuellement un lieu du catholicisme traditionaliste et j’y ai croisé plus de prêtres et de moins que dans toute ma vie – avant d’aller à Assise la semaine suivante. Plus bizarre et désagréable encore, un homme qui sifflait de chez lui « Maréchal nous voilà » avec une fenêtre ouverte sur une place…de quoi mettre légèrement mal à l’aise, j’avais l’impression que la Gestapo pouvait arriver d’un instant à l’autre.

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Pélerinage à la basilique de la Madeleine

En route pour Vèzelay

Pour notre dernier jour j’avais prévu un gros morceau : la mythique basilique de Vezelay, haut lieu de pélerinage, qui surveille la Bourgogne jusqu’à la forêt du Morvan du haut de sa colline. J’avais encore une fois un excellent souvenir de Vezelay, et même si dans mes souvenirs la nef de la basilique était plus blanche, j’ai tout de même retrouvé l’émoi qui avait pu me saisir dix ans auparavant.

Mais avant d’arriver à Vezelay je souhaitais visiter encore un peu de Bourgogne en passant par le village de Montréal puis par la vallée du Cousin pour rejoindre Avallon et enfin faire route vers la basilique.

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Montréal – ancienne ville royale

 

Montréal est un ancien village féodal où aurait vécu la reine Brunehault, reine d’Austrasie et de Burgondie au VI e siècle, et surtout sœur de cette chère Galswinthe qui donne le nom au blog que vous lisez ! Le centre ville aux pierres jaunes s’étend d’une porte à l’autre, des jolies maisons à tourelles se déploient le long d’une rue principale, on n’y croise pas grande monde mais la balade est très plaisante. Je pense même avoir préféré Montréal à Flavigny dans le genre « villages français ». Peut-être que c’est son histoire qui me plait davantage, ou la vue qui s’étend sur la pleine, ou encore les jardinets fleuris qui s’alignent sous les fenêtres.

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Nous repartons néanmoins assez vite : direction la vallée du Cousin, ce cour d’eau qui marque la limite d’entrée dans le Morvan. La route qui longe la rivière n’est pas évidente à trouver – si vous venez de Semur il faut passer par Magny puis trouver la route du Meluzien – mais c’est une balade en voiture charmante. Entre les rochers qui forment des gorges quelques rayons du soleil percent à travers les feuilles des arbres et font scintiller la rivière. Le paysage est ponctué de vieux moulins dont certains sont encore en activité. On ralentit pour profiter de ce petit moment hors du temps.

Nous finissons par arriver sur une départementale et quittons le cousin pour nous diriger vers Vezelay, déjà nous apercevons la basilique qui nous guette. Celle ci se dresse tout en haut du village de Vezelay, au bout de l’unique rue où se suivent ateliers d’artistes et boutiques à touristes. Il faut dire que Vézelay est avec Lisieux l’un des plus gros lieux de pélerinage de France, et ce jour-là en particulier le cloître de la basilique est occupé par des groupes de croyants probablement beaucoup de camps scouts.

 

 

 

Si la ville est déjà occupée sous les mérovingiens c’est à l’époque carolingienne que début véritablement la vie religieuse, et ce n’est que sous les premiers capétiens, au XI e siècle qu’elle prend l’ampleur qu’on lui connait aujourd’hui. L’abbé en charge de l’abbaye parvient en effet à convaincre ses pairs que l’abbaye possède des reliques de Sainte-Madeleine, Vezelay devient dès lors un lieu de pélerinage majeur dans l’occident médiéval.

En 1096, le pape Urbain II y prêche la première croisade, on décide alors de l’élévation d’une basilique – sorte d’église avec des privilèges accordés par le pape – mais elle demeure liée à l’abbaye de Cluny jusqu’au XVIIIe siècle.

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La vue depuis Vézelay, tout là bas on distingue le parc du Morvan

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J’étais un peu déçue car la façade et le portail de la basilique étaient en restauration, je me souviens pourtant d’un nartex – en gros l’entrée de la basilique – impressionnant. Mais l’intérieur de l’édifice n’avait rien perdu de sa splendeur. Et par « splendeur » j’entends toujours ce caractère simple mais saisissant des églises romanes. La nef bicolore, les chapitaux tous différents, ces immenses et fines colonnes qui portent le regard autant à l’horizontal qu’à la vertical, l’impression de calme et de luminosité qui abrite le lieu…tout me plait à Vézelay.

Mais le spectacle ne s’arrête pas à la basilique, le jardin qui s’étend à l’arrière, dont la vue porte jusqu’au Morvan et qui permet d’embraser d’un regard presque toute la Bourgogne, est un lieu parfait pour pique niquer et faire une halte avant de repartir pour d’autres aventures. Nous décidons en redescendant de nous arrêter prendre une bière pour conclure en beauté ce week-end…mal nous en a pris, les prix à Vézelay se rapprochent dangereusement de ceux de Paris ce qui a diminué nettement notre satisfaction.

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Balade matinale dans le château d’Epoisses

Enfin il est temps de repartir, un dernier regard à la Bourgogne et nous nous dirigeons ) travers les collines vers l’A6 qui nous ramène chez nous. Ce week-end en Bourgogne a achevé de me convaincre que la région était trop riche pour en avoir fait le tour si vite, et je lorgne déjà vers des séjours dans le Morvan, ou plus au sud encore vers Maçon et la roche de Solutré. Mais plus pratique encore j’aimerai découvrir la ville d’Auxerre et me rendre au château de Guédelon pour voir l’avancée des travaux…bientôt peut-être !

Janvier en blanc et gris

Le mois de janvier a été froid à Paris, froid et gris. Il parait qu’on n’a vu le soleil pas plus d’une minute par jour et le moral des gens s’en est parfois ressenti. En ce qui me concerne j’étais trop occupée par mes révisions pour vraiment m’en apercevoir, je n’ai compris que le soleil m’avait manqué que quand il est réapparu. Et Boudiou ce que ça faisait du bien !

Tout hivernal qu’il était mon mois de janvier a été rempli de découvertes, culturelles évidemment, car quoi de mieux que de plonger sous la couette avec un bouquin quand il pleut, ou arpenter les salles tamisées des musées pour se réchauffer ?

 

 

 

Il parait que ce qu’on fait le premier jour de l’année est à l’image de l’année qui va se dérouler, et cette année je l’ai voulue culturelle. Malgré le froid et le vent j’ai réussi à convaincre mon copain de sortir le 1er pour nous rendre au Palais de Tokyo où se tenaient les derniers jours de l’exposition « carte blanche à Saraceno » ; arrivés devant le musée, la longue queue qui longeait le bâtiment m’a vite fait déchanter : hors de question que je fasse la plante pendant une heure dans le froid. Il a donc fallu trouver un plan B, il se trouvait à quelques mètres à peine : le musée national des arts asiatiques Guimet !

 

 

 

 

Départ pour l’Asie: voyage au Musée national des Arts asiatiques

Il n’y avait personne pour visiter l’exposition « l’ère Meiji » et j’ai eu la bonne surprise d’avoir droit à une seconde entrée dans les dix jours pour aller visiter les collections permanentes. L’exposition Meiji m’a rappelé combien l’art japonais était fin et élégant ; j’avais envie de tout peindre et tout photographier, j’étais presque en extase devant les laques et les paravents. Bref c’était BEAU !

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Une semaine plus tard alors que mon amie Margot du blog Les voix vibrantes s’envolait pour la Thaïlande j’ai décidé de ne pas être en reste et de voyager un peu aussi en passant ma pause midi à déambuler dans les galeries d’Asie du sud-est et du sous-continent indien dans ce même Musée Guimet. Armée de mon appareil photo cette fois ci, j’en ai profité pour essayer de photographier ces objets qui font rêver et ça m’a permis de les peindre en aquarelle ensuite. A noter : faire des photos au musée est finalement une bien bonne idée, ça prolonge la visite.

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Le musée Guimet est en train de devenir un de mes musées préférés. On se prend pour Alexandra David-Neel en se promenant parmi les bouddhas, on admire les représentations multiples de Shiva et Brahma, on se pâme d’admiration devant les statuettes chinoise du début du Moyen-Âge. J’étais alors presque seule au musée et j’ai quitté l’espace d’une bonne heure ce Paris gris pour partir sous des cieux chargés d’une histoire et d’une spiritualité qui me sont inconnues.

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Le 1er dimanche du mois, c ‘est musée – La cité de l’architecture et du patrimoine.

Pour poursuivre mon odyssée des musées on a décidé avec Jéromine de profiter des premiers dimanches du mois gratuits pour voir un maximum de lieux (musées ou châteaux) ; nous nous sommes donc retrouvées ce premier week-end de l’année devant le palais de Chaillot pour y visiter la cité de l’architecture.

Des années que je voulais me rendre dans ce musée et je n’ai pas été déçue : si vous n’avez que quelques jours à passer en France je vous le conseille vivement. Dans ce musée on trouve les plus grandes œuvres architecturales de France à l’échelle 1/1 : la plupart des moulages médiévaux ont été faits au cours des XIXe et  XXe siècles et il est plaisant de pouvoir admirer la chartreuse de Champmol à côté du tympan de la cathédrale de Chartres sans avoir à faire 500 kilomètres. Même si ces œuvres prennent une autre dimension dans leur lieu originel, elles sont bien mises en valeur et on peut plus facilement en admirer les détails.

La seconde partie du musée, à l’étage, concerne le patrimoine architectural plus moderne : art nouveau, Le Corbusier, le centre Pompidou. On y trouve surtout des maquettes et je suis toujours aussi surprise de trouver certains bâtiments superbes en maquette et assez moches en réalité.Le gros plus de cet étage c’est la visite grandeur nature d’un appartement de la cité radieuse de Marseille, je ne suis pas une fan de l’architecture de Le Corbusier mais ça m’a donné envie de connaître mieux son travail et de me rendre à la villa Savoye à Passy.

 

 

 

 

 

Lecture – Leigh Bardugo et la trilogie Grisha

En période de révision c’est toujours agréable d’avoir une activité pour s’aérer totalement l’esprit : du sport, une bonne série à regarder ou encore un bon bouquin pas prise de tête. Pour moi ce fut la trilogie Grisha de Leigh Bardugo, un récit de fantasy jeunesse dans lequel on se plonge facilement et qu’on lâche difficilement.

 

Synopsis : Dans le royaume de Ravka en guerre contre ses voisins depuis des décennies Alina et Mal, deux orphelins recrutés dans l’armée, rejoignent le camp militaire de Kribirsk avec pour mission d’entrer dans le Fold – cette immense mer de néant qui divise le royaume en deux et l’affaiblit jour après jour. Lors de cette traversée, leur navire est attaqué par des volcras, ces bêtes sauvages qui vivent dans le Fold, mais Alina parvient à les repousser et à sauver l’équipage. De retour à Kribitsk la nouvelle se répand vite et parvient jusqu’aux oreilles des Grishas, les magiciens de l’armée, et de leur chef : le Darkling. Qui est Alina ? Son pouvoir pourrait-il enfin permettre de réunir le royaume et sauver Ravka toute entière ?

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L’histoire n’a rien de bien original, une orpheline qui se découvre un pouvoir super puissant et qui va potentiellement sauver le monde et pourtant tous les détails qui en font une bon récit sont présents. Un monde magique qu’on apprend à connaître peu à peu, des personnages ambigus qui feront douter l’héroïne plus d’une fois, des légendes et des contes oubliés qui deviennent réalité, Leigh Bardugo parvient à créer un monde cohérent qui laisse au lecteur une grande part d’imagination. Les péripéties sont bien dosées et souvent intrigantes, l’évolution des personnages paraît parfois un peu lente mais on prend plaisir à découvrir leurs caractères, et les histoires amoureuses, bien que clichées, font toujours battre mon petit cœur de jeune fille. En gros on sait ce qu’il va se passer mais on éprouve toujours autant de ravissement quand ça arrive !

J’ai adoré le monde de Leigh Bardugo, qu’elle fait naître dans la trilogie Grisha et qu’elle poursuit dans Six of Crows. Ravka est une sorte de Russie légendaire, terre millénaire constamment en guerre qui est aidée par le pouvoir des Grishas, ces sorciers maîtrisant la matière, le corps humain et les éléments et qui sont pourchassés dans les autres pays pour leurs pouvoirs effrayants. Les Grishas demeurent néanmoins des humains en proie à la jalousie, l’orgueil et l’avidité, et dont on apprend peu à peu l’histoire.

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Même si l’auteur ouvre de nombreuses portes et des possibilités infinies pour le lecteur de s’imaginer d’autres histoires, la trilogie Grisha comporte bien une fin qui nous rend un peu nostalgique lorsqu’on referme la dernière page.

Rédigée à la première personne du point de vue d’Alina, l’écriture comporte quelques défauts : malgré un style parfois simple qui s’adresserait plutôt à des pré-adolescents, les questionnements de l’héroïne portent par moments sur des sujets qui toucheraient plus les 15/16 ans. L’auteur a sans doute eu du mal à se positionner, ce problème ne se pose plus dans Six of crows qui s’adresse davantage à un public « young adult ». En voulant dévoiler toutes les dimensions de ce nouveau monde l’auteur oublie de donner de la consistance à certaines d’entre elles : c’est le cas pour la partie historique et relations internationales du Royaume de Ravka qui n’est pas assez aboutie à mon goût.

Qu’on soit adolescent ou adulte, si on aime la fantasy on passe un très bon moment en compagnie d’Alina et des Grishas et on a hâte de se plonger dans les autres romans de cette auteure se déroulant dans le même univers.

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Des bibliothèques un peu, beaucoup, à la folie.

En janvier je me suis enfin bien amusée à vous faire découvrir sur instagram les plus belles bibliothèques du monde. Du Trinity college à la bibliothèque de Rio les bibliothèques sont souvent des bijoux d’architecture intérieure qui donnent envie de se replonger dans les études seulement pour fréquenter ces superbes salles remplies de bouquins du sol au plafond.

Par la même occasion j’ai pris plaisir à exhumer les vieux bouquins que nous avions dans les propres fonds de notre bibliothèque et j’ai super envie d’en apprendre plus sur la reliure, le papier, l’écriture, l’édition, bref tout ce qui concerne le monde du livre et que j’ignore encore pour cause de pas d’études dans ce domaine là.

 

 

 

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Ce bilan du mois de janvier est enfin fini, mieux vaut tard que jamais, et je vais m’atteler le plus vite possible à rédiger celui de février…qui sait, j’arriverai peut-être à le publier avant la fin du moi de mars !

Le Festival Interceltique de Lorient

C’est au carnaval de Veracruz que l’idée m’est venue. Assises sur les gradins devant le défilé nous discutions  Jéromine et moi de cet événement qui nous plaisait beaucoup et en sommes venues à une question : pourquoi  ne faisions-nous jamais ça en France ? Nous étions venues à Veracruz spécifiquement pour le carnaval mais en Europe, et même en France, d’autres lieux et d’autres événements méritaient peut-être eux aussi un détour.

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Le festival interceltique de Lorient c’est pour tous les âges

 

Je me suis alors souvenue d’une vieille envie : voir de mes propres yeux la grande parade du festival interceltique de Lorient. Comme Jéromine adore la Bretagne et qu’un séjour dans un pays où l’on peut se nourrir exclusivement de crêpes et de cidre est toujours attrayant on s’est donné rendez-vous en ce début du mois d’août sous le soleil breton.

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Les bretonnes fêtent l’arrivée des G.I. américains au port de Lorient lors de la première guerre mondiale
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Pour les fan d’Outlander: ça ne vous rappelle pas quelque chose cette robe?

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Le festival Interceltique de Lorient : qu’est ce que c’est ?

Le festival de Lorient, ou FIL pour les intimes, est né dans les années soixante-dix d’une compétition de bagadou, ces sortes de fanfares bretonnes qui réunissent des instruments traditionnels. Faire partie d’un bagad – singulier de bagadou – c’est loin d’être une blague : chaque ville possède un ou plusieurs bagadou qui s’affrontent lors de compétitions déterminant leur « classe », c ‘est à dire leur niveau, allant de 1 à 5. Le bagad le plus célèbre est sans aucun doute le bagad de Lann Bihoué, le bagad de la marine nationale française, né justement à Lorient, ancien port militaire et qui ouvre la Grande parade du festival.

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Le bagad de Lann Bihoué – bagad de la marine nationale
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Joueuse de Gaïta – instrument traditionnel de Galice

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Les compétitions de bagadou étant nombreuses en Bretagne, ce festival décide dès 1972 de devenir festival interceltique pour se distinguer de ses voisins et convie toutes les autres nations celtes à des festivités regroupant compétitions de bagadou, mais aussi compétitions et spectacles de danses, conférences sur l’interceltisme, concerts et bien sûr la Grande Parade.

Les nations celtes

Quand on parle de nations celtes, on a tout de suite en tête la Bretagne et les îles britanniques. Le monde celte se révèle pourtant bien plus riche et la grande force de ce festival est de faire découvrir ces autres régions celtes et leur folklore. Le FIL invite, chaque année une dizaine de nations : outre les habituels Ecosse, Irlande, Pays de Galles et Bretagne sont conviés l’Île de Man, les Cornouailles, La Galice et les Asturies – deux régions espagnoles -, l’Acadie, au Canada, et l’Australie. Depuis 1994 une nation est mise à l’honneur chaque année; en 2010 l’honneur est revenu aux diasporas celtes que l’on sait nombreuses dans les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis en particulier.

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La présentation des drapeaux des nations ouvre la Grande Parade
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L’Irlande et son fameux lanceur de bâton.
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Les irlandaises se préparent à la danse

Lors des spectacles chaque nation offre à voir sa particularité folklorique tout en signifiant son appartenance au monde celte. A travers les vêtements, les danses, les instruments on s’aperçoit vite qu’il existe de nombreuses similitudes, chacun conservant des caractéristiques bien particulières ce qui explique que les Cornouailles et l’île de Man soient des nations à part.

L’interceltisme, une passion bizarre ?

Depuis des années je regardais la parade depuis mon canapé, admirant les costumes, chantonnant au son des cornemuse, étrange passion ? Peut-être ! Et pourtant je ne suis pas la seule car le FIL accueille chaque année des centaines de milliers de visiteurs ce qui en fait le festival le plus fréquenté d’Europe. Rien que ça.

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Je suis intéressée par le monde celte depuis mon enfance et cette fameuse découverte de l’Irlande qui m’a poussée des années plus tard à suivre des cours de danse irlandaise durant 4 ans, jusqu’à  faire de la compétition. Ce que je ne vous ai jamais dit c’est qu’avant la danse irlandaise j’avais déjà suivi 3 années de cours de danse bretonne avec ma famille et nous avons écumé les Fest-noz à Paris et en Bretagne par amour des bonnes crêpes et de cette ambiance chaleureuse et bon enfant si particulière. J’aime l’idée que des peuples venus d’un peu partout se retrouvent pour partager ce folklore commun qui est encore bien vivant.

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Et soudain: les Peaky funking Blidners débarquent à Lorient!

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Que voir, que faire au festival ?

Organisé dans le centre de Lorient, le FIL voit défiler les spectacles et autres concours durant 8 jours. Si certaines activités sont payantes – l’accès au centre vous demandera notamment de porter un badge payant à partir de 19h – la grande parade et d’autres activités sont gratuites, toutes sont indiquées avec le programme sur le site du festival.

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Ne passant que deux jours à Lorient nous avions décidé de ne payer que pour voir l’un des spectacles de danses et chants des pays celtes . Plusieurs sont organisés tout au long de la semaine et les participants au spectacles ne sont pas forcément indiqués à l’avance, ou alors nous n’avions pas regardé assez attentivement. Sous un chapiteau légérement surchauffé nous avons pu admirer les pipe band – équivalent des bagadou bretons – d’Ecosse et d’Irlande, ainsi que les danseurs et danseuses d’Ecosse et des Asturies.

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Ca danse et ça chante dans tous les sens

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Sans surprise les Irlandais sont ceux qui assurent le plus le show, c’est aussi ceux qu’on attend le plus et nous avons été déçues que les danseurs ne viennent sur scène que pour une danse – ils étaient en fait programmés plusieurs jours après pour faire leur grand spectacle. J’ai pu m’apercevoir que je ne regardais plus la danse irlandaise comme avant : au lieu d’être transportée par le spectacle je ne peux m’empêcher de regarder les pieds et d’analyser les pas, certains que je connais déjà et d’autres que j’aimerais apprendre. Les musiques irlandaises étant toujours un peu les mêmes, j’ai tellement dansé dessus que je sentais mes jambes prêtes à s’élancer toutes seules pour rejoindre les Irlandais sur scène.

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Les Asturies entrent dans le cortège

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Les Asturies étaient les moins impressionnants et pourtant j’apprécie beaucoup ce folklore plus paysan avec des costumes plus simples qui évoquent les durs travaux des champs. Les danses ne varient pas beaucoup, les chants sont souvent a cappella et m’émeuvent toujours un peu.

Quant à l’Ecosse, j’aurai presque envie de pleurer quand j’entends un pipe band jouer Amazing Grace. Même si, je dois l’avouer, au bout de deux jours on en avait plein les oreilles des cornemuses, les musiques d’Ecosse me font toujours quelque chose et j’étais ravie de pouvoir les écouter à plusieurs reprises lors du spectacle, du défilé mais aussi en ville.

Le Must Do : la Grande parade !

Dimanche matin, 10h30, nous sommes prêtes. Les appareils rechargés, les fesses posées sur le bitume aux meilleures places. Certains connaisseurs ont apporté avec eux des chaises pliantes, des bouteilles d’eau, des ombrelles. Il faut dire que la journée s’annonce chaude et ensoleillée et nous allons vite nous en apercevoir. Deux commentateurs sont installés non loin de nous, et si leurs commentaires apportent certaines connaissances ils sont la plupart du temps assez insupportables.

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Magnifiques costumes de Galice

Se succèdent alors les différents cercles bretons – oui, on ne parle pas de club ou de groupe mais de cercle celtique. Ces cercles correspondent souvent à des villes et adoptent les tissus, les motifs, les couleurs et les instruments de leur contrée. Il y a bien trop de cercles bretons pour que je puisse me souvenir de tous. Des danseurs de tout âge, des nourrissons aux vieilles bretonnes, défilent en dansant avec le sourire. Cette ambiance intergénérationnelle et bon enfant c’est exactement ce qu’on aime et on est comme des enfants à un spectacle.

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Les étoffes sont superbes, les broderies sont si colorées et les dentelles des coiffes si fines! J’adore les robes des Galiciennes même si elles sont très sobres ; certaines Ecossaises défilent dans des costumes qui rappellent la série Outlander et on se demande toujours ce qu’il y a sous les kilts de ces nombreux jeunes hommes avec leur cornemuses.

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La Grande parade dure près de 4h, nous attendons de voir les danseuses irlandaises avant de rentrer à l’auberge pour de nouvelles aventures. Ce défilé est une des choses à voir dans sa vie quand on aime un peu le folklore et les beaux costumes, et encore plus quand on aime la civilisation celte ! Je suis ravie de ce que j’ai vu et je le recommande à tous. C’était également pour Jéromine et moi une occasion de s’essayer à la photo « de rue » avec des modèles consentants – plusieurs captations pour les télés sont organisées le long du défilé – et là pour faire le spectacle.

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Ils ont des chapeaux ronds… et de belles coiffes aussi

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Lorient ce n’est pas que le festival.

On a passé la majeure partie de notre temps au festival mais Lorient est une ville intéressante sous bien d’autres aspects. Ancienne capitale de la compagnie des Indes, puis port militaire et enfin grand chantier naval, la ville a su transformer son passé en attrait touristique.

On a profité de notre dernière après-midi pour aller à Port-Louis, l’ancienne citadelle construite sous Louis XIV qui fait face à Lorient. Au bord de ses remparts on s’est baignées en regardant les voiliers rentrer sur Lorient. C’est ici que se trouve le musée de la compagnie des Indes – il était trop tard pour le visiter mais j’ai entendu dire qu’il était très intéressant.

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Le Fort de Port-Louis, aujourd’hui musée de la Compagnie des Indes

Autre lieu à visiter : la base sous-marine de Lorient. Ancien port militaire, ce qui lui a valu d’être bombardée et presque détruite lors de la seconde guerre mondiale, l’activité militaire de Lorient est aujourd’hui inexistante mais ses infrastructures sont restées et on peut y visiter la base, et surtout un sous-marin d’époque.

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Enfin la cité de la voile Eric Tabarly constitue l’un des nouveaux pôles touristiques de la ville, on trouve à ses abords de nombreux voiliers en train d’être rénovés ou réparés et le musée semble être une agréable visite pour qui est intrigué par la mer, ses métiers et ses aventuriers.

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Lorient est surtout l’un des grands ports de pêche français. Les infrastructures portuaires et la présence de navires étrangers nous le rappellent.

Ces trois jours à Lorient ont tenu toutes leurs promesses et j’ai noté scrupuleusement tout ce que j’aurais aimé faire et visiter pour y retourner bien vite – l’île de Groix me fait de l’œil et je ne vais pas attendre des années pour m’y rendre je crois.

La conclusion de ce weekend festif c’est que peu importe le moment, la Bretagne c’est toujours une bonne idée, mais si vous pouvez y être le premier week-end d’août vous y verrez ce super festival qui valait effectivement le détour.

 

 

Chronique parisienne – Un printemps à Paris

C’est avec grand plaisir que je m’attelle à nouveau à vous rédiger une chronique parisienne. Je n’en avais pas fait depuis novembre dernier, et pour cause : deux mois en Amérique centrale ne m’ont pas permis de faire de grandes découvertes hivernales dans la capitale. Bien qu’étant de retour depuis début mars la recherche d’emploi puis le début d’un nouveau travail ne m’ont pas laissé le temps  et l’envie, d’écumer les musées et les bibliothèques – je m’y remets timidement depuis une semaine – en revanche je me suis largement rabattue sur les podcasts et je reprends une activité cinématographique intense. Le programme du jour : une balade dans un quartier de rêve, des réflexions sur le genre et des découvertes de grands classiques ! J’espère que ces chroniques printanières vous plairont !

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  • Une balade à Paris : le quartier de la Mouzaïa

On a profité d’un de ces beaux jours de mai pour se retrouver au métro Place des fêtes avec ma copine Margot et découvrir enfin ce quartier de la Mouzaïa dont j’entendais parler depuis des années sans avoir jamais eu le courage d’y aller. Oui je parle de courage parce qu’il est à l’autre bout de Paris sur une ligne de métro inaccessible, j’ai d’ailleurs décidé de ne pas prendre cette satanée ligne 7bis, et de juste marcher plus longtemps. C’était une bonne idée.

 

 

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1ère remarque : je comprends pourquoi la plupart des gens m’ont dit qu’ils rêvaient de vivre dans ce quartier. C’est un coin calme, avec des maisons charmantes et des fleurs qui poussent dans tous les jardins. On n’entend pas la circulation ET on n’est pas loin du parc des Buttes-Chaumont. Conclusion : je n’ai même pas osé regarder les prix des loyers tant ce doit être élevé.

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2ème remarque : je ne m’attendais pas à ce que ce quartier soit si grand ! Dans un plan en damier les ruelles se succèdent sur plusieurs étages jusqu’au parc. Certes elles se ressemblent toutes mais c’est agréable de ne pas faire une balade bucolique qui ne permet de parcourir que deux rues. Nos pas nous ont menées jusqu’aux buttes Chaumont que nous avons traversées avant de sortir côté canal et de marcher jusqu’au pavillon des canaux. Une bonne marche dans le XIXe qui demeure à mes yeux l’un des arrondissements les plus sympas de Paris !

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  • Abonnée à France Culture : découverte de nouveaux podcasts.

Mon travail peut se révéler par moment un peu répétitif, quoi de mieux que d’écouter des podcasts pour rendre le temps passé au boulot plus enthousiasmant ? J’ai eu l’occasion ce dernier mois d’être régulièrement branchée sur France culture à la recherche de nouveaux podcasts et très vite j’ai croulé sous le nombre d’émissions qui me donnaient envie. Je ne vous parlerai ici que de trois découvertes : La Série documentaire, Les chemins de la philosophie, et Le Feuilleton.

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LSD – LA série documentaire

Vous avez sûrement entendu parler de La série documentaire, ou LSD, notamment pour son émission de 4 épisodes consacrés au genre masculin diffusée il y a deux semaines. Cette émission qui parlait aussi bien du changement de sexe que de l’éducation ou de la construction de la virilité était passionnante. Ce thème de la masculinité est très exploité par l’historiographie actuelle (la virilité au Moyen-Âge, la vision du soldat durant la 1ère Guerre mondiale, etc…) et cette façon de faire un reportage en donnant juste la parole aux gens permet de varier le propos et d’entendre différents sons de cloche sans jugement.

L’émission de la semaine dernière parlait des marins, je n’ai écouté que l’épisode consacré aux femmes marins pour le moment, mais je peux d’ores et déjà dire que je suis assez fan de ce podcast. J’en apprends beaucoup, ça élargit l’horizon, ça permet de reviser ses clichés et de voir d’un autre œil certaines problématiques contemporaines. J’aime particulièrement découvrir des univers que je ne connais pas du tout et m’imprégner de l’ambiance qui passe à travers certains épisodes – typiquement celle des femmes marins.

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Les chemins de la philosophie

La philo et moi ça fait deux. Je n’ai jamais beaucoup aimé ça,  donc a priori le podcast Les chemins de la philosophie ne m’attirait pas. Mais, quand la page de France culture s’est ouverte sur mon écran j’ai vu que l’émission d’il y a deux semaines traitait des westerns. Et moi j’adore les westerns même si j’en connais bien peu. Et puis faire de l’analyse cinématographique ça m’a toujours ravie, j’aime regarder les films avec de nouveaux codes. J’ai donc lancé le podcast et je me suis également procuré dans la foulée les quatre films qui y sont analysés. Parce que le cowboy, le shérif et la conquête de l’ouest soulèvent plein de questions existentielles sur la formation de l’homme et de la société.

 Certains n’apprécieront peut-être pas le ton très enjoué de la présentatrice, mais il me plaît pour le moment car il me donne envie de m’intéresser à ce que va dire le spécialiste invité. Même s’il s’agit effectivement de philosophie, les réflexions menées sont très concrètes et liées au quotidien, ce n’est pas un cours de philo du collège de France. Cette semaine l’émission portait sur les héros. J’ai hâte de l’écouter mais avec un papier et un crayon pour noter tout ce que j’apprends cette fois ci !

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Le feuilleton

Quand le travail nécessite une trop grande concentration pour écouter attentivement un podcast qui est supposé m’apprendre quelque chose mais que j’ai tout de même envie d’avoir un truc dans les oreilles, ma solution c’est le feuilleton !

On entend beaucoup parler de livre audio ces derniers temps et l’écoute de ce podcast est, je pense, un bon moyen de tester cette méthode de « lecture ». Le Feuilleton se propose de lire en plusieurs épisodes un roman avec des acteurs qui font les voix, un bruitage et surtout une musique qui permet immédiatement d’entrer dans la fiction. J’ai écouté cette semaine « Retour à Kyllibegs » de Sorj Chalandon, une histoire d’Irlande et d’IRA. Dès les premières minutes retentit la musique irlandaise qui me plonge dans les grands espaces verts aux côtes déchiquetées, dans les bars enfumés où résonne le gaélique, bref je suis transportée. Cette écoute ne me demande pas de concentration, on me raconte une histoire et j’avais oublié à quel point c’était agréable !

C’est donc pour moi un essai réussi, sans compter que je suis moins exigeante que lorsque je choisis un livre. Je lance le podcast et je vois si j’accroche à l’histoire sans qu’au départ le titre ou le sujet ne m’interpelle particulièrement. Un bon moyen pour découvrir de nouveaux auteurs !

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  • Un film : L’Homme qui tua Liberty Valence – John Ford

Après ma session podcast j’ai eu envie de me refaire une culture classique, et surtout classique western. J’ai jeté mon dévolu sur le célèbre «L’Homme qui tua Liberty Valence » un des grands films à voir dans sa vie. Pourquoi ? Parce que ce film raconte la naissance de la démocratie dans les terres de l’Ouest et comment le droit va finalement vaincre le pistolet…ou pas.

On retrouve tous les principaux éléments du western : le jeune citadin qui arrive dans un village de bric et de broc bien décidé à faire régner la loi, le vilain bandit auquel personne n’ose s’opposer, la lutte entre les grands éleveurs et les petits propriétaires. Une batterie de personnages allant du shérif marié à une Mexicaine au rédacteur du journal, seul à vraiment soutenir le héros, donne une vraie complexité et une profondeur au village et à la vie dans l’ouest. John Ford (le réalisateur) montre bien les nuances et les difficultés de cette vie-là mais aussi la difficile création de la démocratie à travers la liberté de la presse, le début du vote mais aussi la mise en scène de la démocratie.

Si vous ne l’avez pas encore vu je recommande très chaudement ce grand classique qui est, de toute façon, une bonne entrée dans le genre du western !

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INFO : LA SEMAINE ITALIENNE

Jusqu’au 3 juillet la mairie du XIIIe organise comme chaque année un festival italien : rencontres littéraires, films, musique, conférences, beaucoup de rendez-vous ont l’air passionnants. Vous pourrez notamment voir au cinéma l’Escurial de grands classiques italiens mais aussi en avant-première les futures sorties et les derniers films et documentaire primés. Je vous mets le lien du programme là.

 

 

“Au nord c’était les corons…” – Weekend dans le bassin minier

Comme je vous le disais dans un précédent article sur mes envies de voyage, j’avais une envie grosse comme ça et qui grandissait de plus en plus d’aller voir le bassin minier français. Depuis que j’ai étudié rapidement en licence d’histoire de l’art le patrimoine industriel j’étais super intriguée par tout ce patrimoine inconnu, et en particulier par le bassin minier qui, en plus de posséder des « monuments » superbes, avait des villes datant du Moyen-âge qui promettaient un beau voyage. Les vacances de Pâques et un grand soleil m’ont motivée pour barrer de ma travel liste cette destination et je suis partie 3 jours sur les routes du Pas de Calais entre Arras, Lens et Douai.

J’ai tellement aimé ce week-end que je n’ai pas réussi à faire un article plus court, trop de choses à vous dire, et encore je suis loin d’avoir tout dit!

Un pays de tours d’extraction et de terrils

Si comme moi vous n’avez jamais mis les pieds dans le nord (à part à Lille), les terrils et les chevalements sont des choses bien abstraites pour vous. Petit point vocabulaire et histoire pour poser l’ambiance.

Les chevalements :

Ce sont ces grandes tours la plupart du temps en fer forgé qui marquaient l’entrée des fosses dans lesquelles descendaient les mineurs. Si à la fin de l’exploitation des mines on trouvait des ascenseurs dans ces tours, pendant très longtemps les mineurs sont descendus dans de grands chaudrons, tout serrés, un peu comme dans la ligne 13. Sauf que là on pouvait descendre à plus de 400m de profondeur, bien en dessous du niveau d’un fleuve. 

 

 

Il y avait 150 chevalements dans le bassin minier du Nord Pas de Calais, 21 sont encore debout aujourd’hui. On voit très vite qu’ils sont tous différents. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fosse appartient un quartier fait de corons – ces maisons toutes pareilles – ou de cités ouvrières et ces tours sont le symbole du quartier, ce qui fait leur identité. Alors on ne lésine pas pour avoir une tour plus belle que celle du voisin, on y ajoute des ornements, des toitures particulières, et ces chevalements sont de véritables œuvres architecturales représentatives d’un style et d’une époque donnée.

Les terrils :

Ce sont ces montagnes artificielles toutes noires que l’on peut voir jaillir ici et là dans tout le bassin minier. Ils apparaissent en 1850 et sont la trace extérieure de ce qui s’est passé en sous-sol : ils sont constitués de résidus de charbon, c’est à dire de toute la matière impropre à l’exploitation, qu’on ramenait des mines. Le charbon était en effet remonté à la surface pour que des petites mains – des femmes et des enfants – trient le bon charbon du mauvais. Le mauvais était entassé à côté des fosses, remonté par des wagons.

Quand les terrils devenaient trop lourds ils s’affaissaient, c’est pourquoi on s’est mis à entasser de plus en plus de manière horizontale pour mieux répartir la charge. On a récemment perçu l’importance patrimoniale des terrils comme monuments de mémoire mais aussi leur intérêt écologique.

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Terril 74 de la base 11/19 de Loos en Gohelle

FUN FACT : les terrils parce qu’ils sont formés de résidus de charbon donc très noirs attirent d’avantage le soleil ce qui crée un micro-écosystème, On s’est aperçu qu’on trouvait sur les terrils des fleurs d’Afrique du sud et des espèces animales inconnues de la région.

Mais retournons à nos découvertes !

Les mines c’était le point central de ma visite ici. On ne peut de toute évidence pas tout voir alors on s’est contenté de deux visites principales : la base du 11/19 à Loos en Gohelle, près de Lens, pour y monter sur le terril ; puis la centre historique minier de Lewarde près de Douai.

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Deux périodes de l’histoire des mines et deux chevalements distincts: en fer forgé au XIXe et en béton armé depuis 1950

La base 11/19 de Loos en Gohelle

Les deux terrils jumeaux qui se dressent derrière Lens sont visibles d’un peu partout dans ce paysage plat, et ils sont pour le moins impressionnants. J’ai adoré conduire dans les cités ouvrières avec au bout de la rue ces montagnes qui s’agrandissaient.

Il n’y pas grand- chose à faire à part monter sur ces terrils à la base du 11/19 parce que si le site a été totalement conservé, avec ces deux chevalements du XIXe et post guerre mondiale, c’est parce qu’il abrite aujourd’hui des entreprises liées au numérique. L’idée étant de redynamiser la région qui connaît encore un très fort taux de chômage.

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Un système de rails et de wagonnets amenait les déchets de charbon en haut des terrils

Ce jour là il faisait peut-être un peu trop chaud pour monter un terril, mais on l’a quand même fait. Je vous épargne ma tête rougeaude en arrivant au sommet, il faut dire que la montée n’est pas si facile. Les terrils font facilement 200m de haut et la dernière montée est ultra raide. Tout le long du chemin on croise des gens qui viennent faire leur footing, leur cyclisme ou d’autres qui montent et descendent à toute allure, s’entraînant pour un trail.

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Vue sur la campagne environnante depuis le terril 74a. On voit au fond des terrils en plateaux
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Les fosses 1 et 3 de Liévin avec leurs chevalements

A l’arrivée au sommet, c’est un paysage que je n’ai pas du tout l’habitude de voir et qui surprend : ce pays est totalement plat et on voit par ci par là d’autres terrils et d’autres tours qui sillonnent le paysage. Ça ne donne qu’une petite idée de ce que ça devait être il y a 50 ans. Si vous regardez la série peaky blinders, on y parle souvent du « pays noir », on comprend aisément pourquoi quand on contemple le bassin du haut de ces terrils.

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Centre historique minier de Lewarde

Seconde étape : le centre minier de Lewarde. Ici vous aurez toutes les infos sur la vie de mineur de l’ouverture de la première mine, vers 1720 – oui c’est très tôt – jusqu’à la fermeture totale des mines en 1990. La visite vous mène dans les souterrains de la mine où le guide explique et montre le fonctionnement de celle-ci, vous pouvez ensuite vous balader dans les halls d’exposition et dans les autres bâtiments du site.

Vous pouvez également entendre le témoignage d’anciens mineurs en direct (même s’il commence à ne plus en rester beaucoup). Le site a été rénové pour la visite et il est vraiment très beau ! C’était à ce site là que je pensais en allant visiter le nord. Une belle architecture en brique, de vieilles machines d’acier et les deux chevalements qui nous guident de loin.

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Le carreau de la mine: là où on choisissait les mineurs le matin, ceux qui ne descendaient pas “restaient sur le carreau”  (on en apprend des choses!)

Si vous avez le temps, l’envie ou seulement que vous préferez un autre site , celui de Wallers-Arenberg, plus près de Valenciennes est extrêmement bien conservé et pour cause : c’est ici qu’a été tourné le film Germinal de claude Berri (avec Depardieu et Renaud). Avec ses trois chevalements le site est très impressionnant même de très loin. On est arrivé trop tard pour pouvoir s’y promener mais des visites sont organisées avec d’anciens mineurs, également figurants du film ; le site a d’ailleurs été associé à l’industrie du cinéma et, outre de nombreux tournages, elle accueille des associations ou des entreprises liées au cinéma.

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Les 3 chevalements de Wallers Arenberg. Le plus petit est visible dans le film Germinal.
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L’Estaminet c’est le bar où se retrouvent les mineurs, mais aussi le lieu du synidcalisme. Toute une politique du loisir a été faite pour éviter que les mineurs n’aillent trop à l’estaminet.

Les villes du Nord

Avant d’être connu pour sa houille, le bassin minier était connu pour ses villes drapières qui s’inscrivaient dans une région marchande entre Lyon et Amsterdam : c’est pour ça que beaucoup ont conservé des beffrois et des centre villes typiques des Flandres, même si un grand nombre ont été détruits par les bombardements des deux guerres.

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La place des héros

Arras

Notre point de chute : la superbe ville d’Arras. En fait Arras n’est pas vraiment située dans le bassin minier, elle en est la limite et on voit vite que la ville est plutôt bourgeoise et n’a pas hérité de la même culture que Lens ou Valenciennes. Je savais que la ville serait belle avec sa grande place qui rappelle les places belges et autant le dire : j’ai trouvé la place des héros d’Arras plus belle que les grandes places de Lille ou de Bruxelles ! Un ensemble architectural d’une harmonie rare qui s’étend sur deux places, un beffroi magnifique qui s’illumine à la nuit tombée. Il est aussi agréable de se promener à Arras de nuit que de jour, et pour cela je suis bien contente d’avoir choisi cette ville comme base pour rayonner.

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Grand’place d’Arras

Nous n’avons pas visité les musées et églises d’Arras, ce sera pour une prochaine fois, on avait juste envie de se balader en ville, de prendre une bonne bière sur la place centrale ou de chercher un bon restaurant (que nous avons trouvé), Seul bémol : j’ai trouvé la ville assez chère, on était très proche des prix parisiens.

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Notre airbnb était parfait avec vue d’un coté sur les jardins ouvriers, de l’autre sur le beffroi au loin. Dans un quartier calme et à 5minutes du centre ville. Et surtout il n’était pas difficile de se garer. Point important quand on vient en voiture !

Restaurant Carpe Diem: 8bis rue des petites Vieziers –>cuisine traditionnelle et oiginale en même temps, super bon, patron vraiment sympa!

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Douai

Surprise de ce voyage : l’architecture de Douai. Si Arras est la capitale de l’Artois, Douai est l’ancienne capitale des Flandres, la ville qui accueillait le parlement de la région. Je savais déjà que le beffroi avait été classé au patrimoine de l’Unesco – ce qui vaut dejà une visite – mais je ne m’attendais pas à ce style flamand tout en brique qui s’étend le long de la rivière, la Scarpe, et donne des allures de Venise à la ville. Certes la ville est très petite mais elle constituait une étape parfaite pour y déjeuner le midi et faire une rapide promenade. C’était aussi l’occasion de goûter les spécialités culinaires du coin, même si je ne mange pas de fromage je me suis forcée à tenter le maroilles pour ne pas mourir bête.

*Douai est au cœur du bassin minier et pas loin du site de Lewarde.

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Un vieux pont comme on en voit souvent aux Pays-Bas
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Ancien parlement des Flandres, aujourd’hui cour de justice

Lens 

Autant vous le dire, je n’ai pas trouvé de charme particulier au centre ville de Lens. Nous y passions essentiellement pour voir le Louvre-Lens qui vaut le détour, notamment parce qu’il y avait une exposition sur l’art iranien du XIXe siècle et que je suis passionnée par l’Iran. (Mais aucun rapport avec le thème du voyage). En revanche j’ai été sacrément émue par les cités ouvrières qui se déploient tout autour de la ville, plus particulièrement dans la ville voisine de Liévin où deux chevalements subsistent toujours.

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La base 11/19, la ville de Lens et ses citès minières et d’autres terrils en fond. Ils sont encore 200 dans la région.
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La grande salle du Louvre-Lens: sur la droite une frise permet de situer chronologiquement les oeuvres.

Pour la petite histoire, le chevalement qui se trouve sur l’actuel parking du Carrefour indiquait l’entrée de la fosse 3, c’est dans cette fosse que le célèbre joueur de foot Kopa a travaillé avant de se faire repérer puis de jouer au Real Madrid. Cette anecdote a son importance car elle témoigne du lien fort qui existe entre le bassin minier et le foot. Le stade de Lens est d’ailleurs visible de partout aux alentours et a été construit par les mineurs. Si l’occasion se présente je pense que c’est une expérience incroyable d’aller voir un match du RC Lens à domicile et d’entendre le stade chanter leur hymne : les corons.

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Les corons devant le site de Wallers-Arenberg

Les corons

Tout au long de notre périple nous avons croisé des corons et des cités ouvrières qui sont sortis de terre dans l’ombre des immenses terrils. Si vous avez vu Billy Eliott ça vous rappellera forcement quelque chose. Il y a une certaine beauté dans ces cités, symboles de tout une culture et de tout un mode de vie. Elles ont souvent été réalisées par des architectes auxquels faisaient appel les compagnies minières : le but était de montrer pourquoi SA cité était la meilleure, la plus hygiénique, la plus agréable pour vivre.

 

 

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Jolies maison d’Arras

Les corons sont ce qui m’a le plus ému dans tout ce voyage, ça vous prend au ventre, parce qu’il ne s’agit pas d’un mode de vie qui a disparu il y a bien longtemps, c’était presque hier et on s’aperçoit qu’on n’y connaissait rien, que ce passé minier a longtemps été quelque chose dont on ne parlait pas, qu’on n’a pas eu autant de considération qu’ils le méritaient pour ces hommes et pour ces familles alors qu’on leur doit tant.

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La cité 9 de Lens, jute à côté du Louvre-Lens: un bon exemple d’organisation hiérarchique des cités ouvrières. Le terril 74a en fond.
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Cité 9 – Eglise Saint-Théodore: inspirée des maisons scandinaves mais la brique remplace le bois. Edifiée par l’architecte Louis-Marie Cordonnier qui a réalisé de nombreuses cités ouvrières.

J’ai appris que la plupart des droits économiques et sociaux qui font désormais partie de notre constitution ont été acquis suite à des grèves et des revendications des mineurs. Zola s’est d’ailleurs inspiré d’une grève réelle, celle des mineurs d’Anzin en 1884, pour écrire son roman Germinal; il est lui même descendu dans la mine – roman naturaliste oblige – et on peut toujours voir le terril renard dont il parle dans le livre. Cette grève a permis de mettre en place la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats.

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Le bassin de la première guerre et le carnage de la bataille d’Arras

Dernière thématique imprévue de ce week-end : les lieux de mémoire de la grande guerre. Vous saviez que s’était déroulée en 1917 une importante bataille à Arras ? Non ? Et bien moi non plus !

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La carrière Wellington

C’est pourtant la première chose qu’on a  visité à Arras. Notre logement se trouvait pas loin d’un lieu appelé « la carrière Wellington » et comme mon copain adore descendre sous terre, c’était l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette fameuse bataille.

Si on ne connait rien à cet épisode de la guerre c’est qu’Arras a été confiée durant 2 ans au commandement britannique et que cette bataille devait se dérouler en même temps que la bataille du Chemin des Dames (là normalement vous en avez entendu parlé) pour prendre les allemands en tenaille. Je vous passe les détails de la statégie, le résultat c’est que les britanniques ont réussi leur mission, ils ont fait recuer les allemands de 12km au prix de…250 000 morts.

Voilà.

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L’une des sorties pour donner l’assaut. Les écritures en noire datent de la 1ère Guerre Mondiale.

Les souterrains d’Aras ont été creusés par les tunneliers néo-zélandais pour créer tout un réseau qui permettrait d’arriver derrière les lignes ennemies. Une semaine avant l’assaut 24 000 soldats sont restés terrés dans les souterrains. On y voit aujourd’hui les traces de leur passage, et ces traces donnent souvent envie de pleurer.

Ce qui était le plus surprenant c’était que nous étions les seuls Français lors de cette visite : des Britanniques, des Canadiens ou encore des membres de l’armée néo-zélandaises etaient présents et on sentait l’ambiance de recueillement, de pèlerinage que revêtait cette visite. Nous avions honte de ne rien en savoir alors qu’elle s’est déroulée chez nous.

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Jolis trous d’obus qui forment un paysage vallonné; il faut imaginer que le 9 avril 1917 il neigeait et cette belle herbe verte était un mélange de boue et de gel.
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La zone neutre entre les camps français et allemand séparés de 20m par de grands trous d’obus.

Le mémorial de Vimy

Plusieurs lieux de mémoire étant accessibles entre Arras et Lens, nous avons décidé de nous rendre au mémorial canadien de Vimy qui rend hommage aux 66 000 morts canadiens. La crête de Vimy a été reprise par les Canadiens lors de cette fameuse bataille et on comprend pourquoi : d’en haut on a vu sur toute la région. Le terrain est jalonné de trous d’obus recouverts d’une belle herbe bien verte. Je ne veux même pas pensé à ce  qui se trouve sous cette belle forêt où la nature a repris ses droits. Reste que ce terrain n’est pas accessible aux marcheurs, il a été impossible de déminer. Autre particularité, ce lieu a été cédé au Canada, vous vous retrouvez donc en terre canadienne et la visite est assurée par des Québécois! Ici aussi nous avons croisé une majorité de touristes Américains ou de Canadiens.

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Symbole du passage vers la vie éternelle. Ce monument massif est sincèrement émouvant.

Je ne m’étais jamais intéressée à la première guerre mondiale parce qu’on nous bassine trop avec ça au lycée, mais ces lieux de mémoire m’ont  touché et je réfléchis déjà à un pochain weekend ou juste une journée pour aller visiter Verdun, la Somme ou encore me rendre sur cette zone morte, non déminée, encore pleine de tranchées dont j’ai vu récemment un thread sur twitter (je vous mets le lien plus bas.)

Comme vous pouvez le voir ce week-end de découverte a été au delà de mes espérances, il faut dire que nous avons profité d’un temps superbe qui rend toute visite plus agréable. Je ne peux que chaudement recommander à tous les passionnés d’histoire de venir passer quelque jours dans ce coin, il y a tant à apprendre, tant de lieux de mémoire (de la guerre mais aussi des mines). J’ai été sur-stimulée intellectuellement et émotionnellement durant 3 jours, parce que cette histoire est encore récente et on se rend bien compte de tout ce qu’elle a de terrible.

Bref. Allez dans le bassin minier, c’est trop bien !

P.S : je ne suis passée que rapidement à Valenciennes pour prendre l’apéro donc pas de photos de la ville, mais j’ai aussi été agréablement surprise, j’ai trouvé la ville dynamique et je sais qu’il y a de nombreux sites à voir autour.

Liens:

Pour en savoir plus sur cette histoire fascinante: le site de l’Unesco sur le bassin minier

Les corons chantés par les supporters du RC Lens:

La zone rouge française 

Week-end dans le Val de Loire

En automne quand j’ai envie de partir j’ai toujours ce gros dilemme pour choisir la destination -oui je sais ma vie est terrible – : profiter des derniers moments d’été dans le sud ou s’imprégner de la super ambiance automnale avec ses magnifiques couleurs et ses soirées au coin du feu.

Les aléas de l’emploi m’ont vite fait oublier les destinations ensoleillées et j’ai donc opté pour la seconde solution avec en prime l’impératif « pas loin et pas longtemps » : la solution de repli qui marche toujours fut donc : LES CHÂTEAUX DE LA LOIRE.

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Les bords de Loire en fin d’après-midi.
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L’embarcation typique sur la Loire

Belle en toute saison, la région des châteaux de la Loire, inscrite à l’Unesco, est l’un des Must do touristiques en France. Alliant architecture, histoire de l’art et nature, c’était un peu la destination idéale, et comble du bonheur, on a profité des derniers jours de l’été indien avec un thermomètre à 25degrés. What else ?

Cette région est immense, un week-end ne suffit clairement pas pour tout voir : d’abord parce qu’on risque l’indigestion, ensuite parce que la région est très étendue, allant d’Orléans à Nantes à peu près. J’avais décidé de prendre Blois comme base pour rayonner autour, au programme les châteaux de Blois, Chambord et Chaumont-sur-Loire, en particulier parce que c’était la dernière semaine du festival international des jardins qu’on m’avait beaucoup vendu. C’est parti !

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L’escalier de Blois. Il est pas beau?
  1. Blois – Ville royale et camp de base

On est arrivés à Blois en fin d’après-midi, juste à temps pour visiter le château sous les derniers rayons du soleil. J’étais déjà allée à Blois l’an dernier pour les journées d’histoire dont je vous avais parlé ici. Malheureusement en courant de conférence en conférence je n’avais pas eu le temps de vraiment découvrir la ville. Alors j’étais contente de pouvoir enfin pénétrer dans ce château dont j’ai fait maintes et maintes fois le tour !

Le château de Blois est très bizarre , il est constitué de trois ailes qui reflètent trois époques distinctes : la fin du gothique flamboyant et les constructions de Louis XII, la Renaissance avec la fameuse façade des loges et le superbe escalier à vis de la cour, et l’époque classique.

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Chateau de Blois – Partie “Louis XII”
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Château de Blois – partie classique

On l’oublie souvent mais Blois est un lieu chargé d’histoire, il est devenu château royal quand Louis XII a succédé à son cousin Charles VIII comme roi de France. Et c’est surement ici qu’on voit le mieux le style « Louis XII »,  un style architectural à cheval entre le gothique moyenâgeux et le style Renaissance. Résidence royale pendant près d’un siècle, Blois est surtout connue pour avoir accueilli les Etats-Généraux en 1588, moment où le roi Henri III fait assassiner son rival Henri de Guise.

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La magnifique façade des loges au coucher du soleil. Au loin la cathédrale.

POINT HISTORIQUE – en très succinct.

Henri III est roi de France après les morts successives de ses frères François II et Charles IX (celui de la St-Barthélémy). Il est plus malin que ces derniers et a l’ambition de marquer plus clairement la frontière entre lui, le monarque élu, et les autres nobles, à une période où on ne parle pas encore de monarchie absolue.

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La salamandre – Symbole de François 1er.

En même temps ça fait déjà bien une vingtaine d’années que les catholiques et les protestants se tapent dessus : les chefs des catholiques intransigeants – on appelle ça la Ligue –  ce sont les Guise, et surtout leur aîné le duc Henri de Guise. Le roi veut être un super monarque mais il sent bien que les nobles le soutiennent bof bof. Il décide de réunir les Etats-Généraux – oui les même que pour la Révolution parce qu’à cette époque ça se fait encore – et là il frappe fort, il fait une sorte de putsch ou de répression interne : il fait assassiner au sein même du château son ennemi Henri de Guise, ainsi que le frère de celui-ci, et fait arrêter les principaux chefs de la Ligue.

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BREF.

Le XVI siècle est une période peu abordée dans les programmes scolaires, ou alors très rapidement, et j’ai découvert l’existence de Louis XII et le détail des guerres de religion en classe prépa. Mais guess what ? C’est passionnant et grâce à ça toute cette région de la Loire résonne différemment puisque c’est ici que TOUT se passe ! Alors je conseille fortement de faire un tour sur wikipédia avant, pendant ou après la visite pour se mettre bien dans l’ambiance.

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Il n’y pas que le Château à voir à Blois. La ville entière est agréable à visiter mais il faut avoir de bonnes cuisses : ça monte et ça descend. Construite sur deux collines, ses jolies rues anciennes montent au château et à la cathédrale dont les jardins offrent une superbe vue sur la Loire. Il faut prendre le temps d’errer et de se perdre un peu dans les rues pour trouver de bons restos et des cafés cosy comme on les aime, et trouver de quel point de vue la façade des loges est la plus belle.

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  1. Chaumont sur Loire et ses jardins

2ème jour  – 2eme château : on part de bon matin longer la Loire sous la brume en direction d’un château que je veux voir depuis longtemps : Chaumont ou plutôt le festival international des jardins.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là mais la brume était épaisse, presque trop, et donnait une atmosphère très singulière. J’ai cru que c’était quelque chose de normal sur la Loire mais un passage sur instagram m’a fait comprendre qu’il y avait la même chose à Paris, à la seule différence qu’elle s’est rapidement évaporée dans le Loir et Cher.

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L’aubre (10h) sur la Loire
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Un vrai château de contes de fée, surtout sous cette brume!

Les chateaux de la loire sont connus pour être une destination phare du cyclotourisme, mais c’est aussi très agréable de parcourir la région en voiture – même si moins écolo – et la raison principale ce sont les deux départementales construites de part et d’autre du fleuve sur des digues. On longe la Loire, on voit passer les oiseaux, les pêcheurs, les villages et surtout les châteaux.

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On voit la brume qui s’éloigne au loin. Et mon doigt sur la photo aussi…

Il faut bien une journée pour voir Chaumont : entre le château, le parc, le festival et une pause bien méritée, c’est un château où il faut prendre son temps.

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Le parc de Chaumont et ses couleurs automnales

Château légèrement fantasmé à tendance Walt Disney, j’ai adoré l’allure extérieure du château, un peu moins l’intérieur car je m’attendais à plus de pièces d’époque, c’est-à-dire du XVe ou du XVIe, or presque tout a été refait au XIXe. On se promène plus dans un manoir du style de Downtown Abbey que dans la résidence de Catherine de Médicis. Mais à part cette légère déception ce château est top. Le parc resplendit des couleurs automnales, il est animé par diverses œuvres d’art contemporain sur le thème de la nature – certaines incompréhensibles, d’autres qui se veulent seulement amusantes et ça marche.

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LE vallon des brumes. On riait comme des enfants en y descendant.

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Mais le clou du spectacle c’était le festival des jardins qui s’achève la première semaine d e Novembre, on tombait donc à pic. Un thème différent mais certains jardins  restent d’année en année. On passe entre les bosquets qui racontent tous une histoire, une ambiance. C’est entre le jardin et l’art contemporain et je dois dire que je suis bien plus sensible quand il s’agit de jeux avec la nature que de toiles abstraites ou d’happenings. Mon « jardin » préféré est sans doute le vallon des brumes : une brume toute créée pour l’occasion, une jolie cascade, un chemin de bois qui permet de s’y promener. C’est très simple et ça marche à fond ! J’ai aussi beaucoup aimé le jardin de sorcière, un jardin aux plantes médicinales décoré comme une maison de sorcière – parfait pour halloween.

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Dernière découverte : le self du château, abrité dans une serre avec une grande terrasse à l’abri de quelques arbres. Il faisait si beau et si chaud ce weekend là que je n’imaginais pas manger en intérieur. Très bobo/écolo, ce self est entièrement bio avec couverts biodégradables. On y sert des soupes de curry, des jus de carottes/betteraves/autres légumes auxquels je n’aurais pas pensé. Bref c’était très bon, très bien placé et on aurait pu y passer l’après-midi.

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  1. Chambord – Palais mystérieux

Le roi des châteaux, celui qu’on ne présente plus, et pourtant celui que je n’avais jamais vu. On – mes parents- m’en avaient dit beaucoup de mal « Mais pourquoi tu vas à Chambord, c’est vide, il y a rien ». Mais j’avais envie de me faire ma propre idée parce qu’il avait l’air tout de même très beau ce château.

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Jardins à la française sur fond de plus grand domaine forestier d’Europe

Il s’agit du château le plus à l’est du Val de Loire, donc le plus proche de Paris, donc sur la route. Le temps était moins clément que les deux jours précédents mais j’espérais pouvoir faire de belles photos et me balader un peu dans le parc pour profiter de l’automne à défaut de voir un super château. Et finalement il m’a vraiment emballée ce palais. D’abord parce que de l’extérieur il a franchement de la gueule – l’arrivée à travers les bois est digne d’un film -, ensuite parce qu’il est amusant à visiter. Amusant ? Je m’explique.

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Construit par François 1er, ce château veut se donner des airs de fin moyen âge, il est donc organisé autour d’un donjon avec 4 tours … et un dédale de couloirs et d’appartements. Aucun intérêt à visiter Chambord selon un itinéraire précis, je n’ai jamais compris où je me trouvais vraiment dans le château mais j’ai adoré fouiner un peu partout et m’y perdre.

2ème amusement : le fameux escalier hélicoidale. Deux personnes peuvent y monter chacune de leur côté sans jamais se croiser – mais on se voit par les petites lucarnes, ce qui est assez rigolo.

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Enfin j’ai adoré le mystère qui entoure ce site : personne ne sait bien pourquoi François 1er à construit Chambord ici. Le château est loin de tout, même de la Loire, au milieu des marais et de la forêt. Il s’agit pourtant du second plus grand château de France après Versailles, il a d’ailleurs inspiré le Roi Soleil. Mais surtout François 1er n’a presque pas vécu à Chambord, jamais plus de deux semaines d’affilé, et si ses fils et petits-fils ont poursuivi les travaux d’aménagement, le palais était trop éloigné de la cour pour qu’ils y séjournent vraiment. C’est resté un pavillon de chasse traversé par les courants d’air et tellement grand qu’il était difficile à chauffer.

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Pose selfie/ blogueuse mode. LE fond n’est pas trop mal.
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Chambord est surtout l’un des plus gros domaines forestiers d’Europe, avec une faune et une flore préservée.  On y trouve des cerfs, des sangliers, mais aussi des poissons des marais.

Pour cette raison on a longtemps laissé Chambord tel qu’il devait être à l’époque : vide. MAIS la palais a en fait été habité bien plus tard : Louis XIV y a fait quelques séjours et il a servi de lieu de résidence à des princes en exil, des cousins du roi, etc. Aujourd’hui les monuments nationaux ont décidé de réaménager Chambord avec du mobilier du XVIIIe, époque où il a le plus été habité. Le contraste d’aménagement entre ces différentes époques est saisissant.

Mon copain a trouvé que le palais avait tout d’une belle coquille vide. Chef d’œuvre de l’art renaissance la façade extérieur peut paraître un peu too much : des tours de partout, de la dentelle à certains endroits et un massif mur d’enceinte. Je pense que Chambord est tout de même un château à voir justement parce qu’il est si impressionnant et mystérieux.

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En voiture sur la digue.
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Promenade matinale à Blois.

Ces deux jours dans la Loire étaient encore mieux que ce que j’avais prévu et j’ai vraiment très hâte de faire un deuxième séjour plus à l’Ouest, à la découverte de châteaux plus anciens : Loches, Amboise, Ussé, et tant d’autres !

 

 

 

 

Chronique parisienne – Un été à Paris

Paris l’été, Paris en août. Paris quand elle se vide, sous la pluie, le froid et cette impression d’un automne arrivé trop tôt. C’est ce qu’on voit et ce qu’on lit sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, et, en effet, on ne peut pas dire que Paris ait réservé ses plus beaux jours à ceux qui ont décidé d’y rester en Août. Période pourtant suffisamment difficile quand on voit tous les autres partir en vacances.

Mais, ce ne serait pas rendre justice que de limiter Paris à ces quelques jours de mauvais temps. Parce que Paris a la gentillesse de ne faire tomber la pluie que la semaine, laissant un grand soleil illuminer nos week-ends et nous donner tout le loisirs de nous croire nous aussi en vacances. Voici donc une petite chronique d’un Paris estival un peu plus vide mais bien vivant.

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Le cactus pour montrer qu’on parle de la Californie

Vive la Piscine et les Palmiers : l’expo David Hockney à découvrir de toute urgence.

Cette chronique parisienne n°4 ou 5 – je ne me souviens pas, je l’ai si peu tenue – est l’occasion de vous parler de ma grosse découverte de ce mois d’août : l’artiste David Hockney. Je remercie mes copines portées sur l’art moderne et contemporain qui m’emmènent voir des expo dont je n’avais même pas entendu parler. Ou plutôt j’avais soigneusement détourné la tête de l’immense affiche en passant devant Beaubourg où une retrospective est organisée.

David Hockney est un artiste britannique (toujours en vie) un peu touche à tout. Né en Angleterre la majeure partie de ses œuvres concerne la Californie où il vit et travaille, et ses principales oeuvres sont des tableaux, mais des tableaux réalisés avec l’aide de la photo, des nouvelles technologies ou d’autres techniques plus modernes. Je ne connaissais rien à son œuvre et j’ai adoré.

L’exposition est très bien faite, si vous omettez le tout premier panneau qui utilise des termes un peu trop complexes à mon goût et de nature à perdre le visiteur profane. L’œuvre d’Hockney est si vaste et si variée qu’il est impossible de s’ennuyer : chaque pièce met en avant des périodes différentes de son travail et qui n’ont parfois rien à voir. On ressent une véritable critique, une sorte d’ironie pour ses contemporains, et en même temps une grande recherche intellectuelle. Un travail sur la matière, sur les supports, sur les sujets qui peut faire peur mais on comprend tout très bien et c’est rudement intéressant.

L’homosexualité, la société californienne, les couleurs de Los Angeles et à certains moments les campagnes anglaises, tous ces sujets sont évoqués à travers la photo, les films et la peinture. Mais LE sujet pour lequel David Hockney est célèbre ce sont les piscines. Il a cherché, longtemps, comment rendre les reflets du soleil dans la piscine. Une étude très intéressante où on voit se croiser divers courants artistiques.

J’ai pris beaucoup de plaisir à arpenter cette expo, j’espère vous avoir donner envie de vous y rendre à votre tour ! Je regarderai plus sérieusement les expo à Pompidou désormais.

Exposition David Hockney – Centre Pompidou : jusqu’au 23 octobre 2017

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Des terrasses ensoleillées : les vacances à Paris

L’été c’est LA saison des terrasses et des lieux éphémères qui essaiment un peu partout dans Paris. Le plus célèbre est Ground Control, ce lieu culturel éphémère qui ne se pose jamais au même endroit. Une amie m’a expliqué que la mode des lieux éphèmères était en fait un courant d’urbanisme qui avait pour vocation de redonner du rythme à la ville, d’en faire une entité sans cesse en mouvement en réutilisant des lieux en friches mais promis à un autre destin. Les grands voisins par exemple : on sait depuis longtemps que le lieu sera réutilisé en 2018 mais la mairie a laissé des associations en prendre possession pour une durée déterminée afin de ne pas laisser de terrain abandonné et de permettre du mouvement.

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J’ai découvert une autre terrasse forte agréable aux dernières lueurs de l’après-midi : le Palazzo de la porte dorée. J’adore le palais de la porte dorée pour son archaïsme imposant. Un retour immédiat dans un Empire colonial français persuadé d’apporter la civilisation aux peuples indigènes. Une idée bien visible dans l’iconographie particulière de ce palais : depuis les palmiers aux tableaux orientalistes de la salle principale en passant par l’architecture du palais. Tout sent les années 30. J’aime encore plus que ce palais abrite aujourd’hui le musée national de l’immigration.

C’est à l’occasion de l’exposition Ciao Italia qu’une terrasse éphémère a vu le jour devant le Palais, rebaptisé pour l’occasion le Palazzo. Des coussins sur l’escalier monumental, un DJ, des chaises longues, du sable et bien entendu un bar à Spritz. L’endroit n’est pas trop couru. De quoi se faire un agréable afterwork.

Toute une programmation est prévue jusqu’au 15 octobre, tout se trouve ici : Palazzo

Des animations et conférences sont aussi prévues autour du thème de l’Italie. J’adore l’idée des « conférences pompettes » sur les vins italiens par exemple.

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Que faire l’été à Paris ? Sortir de Paris pardi !

Le meilleur moyen de profiter de la chaleur à Paris est encore de sortir de Paris. Ou d’aller se baigner dans le bassin de la Villette mais il parait que ce n’est plus très sûr.

Une sortie que je voulais faire depuis longtemps parce qu’elle permet de respirer et de retrouver la nature : une balade à Fontainebleau. A un peu plus d’une demi-heure de Paris se trouve une effet une immense forêt avec moult chemins de randonnées – balisés en bleu, jaune (familiale) ou rouge et blanc pour les GR – des blocs pour grimper, et encore sûrement beaucoup d’autres activités. Quand il fait 30 degrés, c’est la sortie idéale.

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Une mer de fougères dans cet ancien repère de peintres

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Nous avons rejoint beaucoup d’autres touristes dans le village de Barbizon où vous pouvez également faire une sortie culturelle, mais finalement on a préféré piqueniquer au milieu des bois, changer d’itinéraire en plein milieu et se perdre sur une crête avant de finalement retrouver le chemin (merci les gens que l’on croise et le GPS). Très rapidement on n’entend d’autre bruit que ses pas et le souffle du vent, on a de superbes vues sur toute la forêt de Fontainebleau, on croise d’étranges rochers sculptés par la mer et on s’évade vraiment.

Pour les vrais marcheurs, le circuit des 25 bosses est la rando avec le plus de dénivelés en île de France, nous en avons emprunté un bout: par chance c’était le coté qui offre les beaux points de vues. Il s’agit d’une randonnée longue et assez difficile mais très belle.

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La forêt de Fontainebleau qui s’étend à perte de vue.
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Une tortue croisée au détour d’un chemin

 

Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

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  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

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Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

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Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

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En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

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Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

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  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

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L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

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  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

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Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

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INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

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  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

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INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
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Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

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StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
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PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

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Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
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HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
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James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

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Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
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Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

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C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI.