Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

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  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

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Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

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Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

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En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

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Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

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  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

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L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

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  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

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Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

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INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

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  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

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INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
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Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

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StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
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PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

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Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
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HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
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James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

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Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
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Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

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C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI. 

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Le week-end du 8 octobre je me suis rendue à un événement dont j’avais entendu parler depuis plusieurs années mais auquel je n’avais encore jamais assisté : les rendez-vous de l’Histoire de Blois. L’Histoire avec un grand H, mon premier amour qui me passionne toujours autant peu importe l’époque ou le lieu, pour qui j’ai trépigné d’impatience pendant plus d’une semaine trop pressée de passer mon week-end à écouter des conférences en veux-tu en voilà. A moins que vous ne soyez vous-même historien, ou prof d’histoire, ou archiviste, ou dans l’édition d’histoire ou encore, et surtout, retraité – car c’est la population majoritaire à ce genre de rendez-vous- vous ne savez pas trop ce que c’est les RDV de Blois. Je vous explique tout ça de suite !

Crées en 1998 par Jack Lang – second ministre de la culture à vie après Malraux – qui était aussi le maire de Blois, les RDV de l’Histoire c’est un festival d’Histoire qui s’étend du jeudi au dimanche : quatre jours de conférences, d’ateliers, de tables rondes sur l’Histoire. Chaque année un thème est choisi, on le découvre le dimanche soir à la fin des RDV, quand tous les parisiens s’entassent dans l’intercité en direction d’Austerlitz ; et les conférences doivent tourner autour de ce thème. Cette année le thème était très large mais surtout très actuel, « Partir », ce qui a permis à de nombreux non-historiens de participer également à ce sujet brûlant : j’ai assisté par exemple à une conférence d’Amnesty Internationale qui m’a  un peu déçue car il y manquait, à mon goût, la rigueur scientifique des autres conférences que j’ai pu voir. Outre les conférences purement historiques un programme d’économie a été mis en place s’intéressant bien évidemment à l’actualité, un peu en marge du thème principal de l’événement. De manière générale chacun essaie de se raccrocher au thème de près ou de loin pour traiter son propre sujet : le titre de la conférence « Partir c’est manger » m’a notamment peu convaincue.

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En parallèle de ces conférences se tient un salon du livre d’histoire où se trouvent toutes les éditions historiques de Gallimard à Vendémiaire en passant par le coin BD ! Et c’est toujours une bonne idée d’aller faire signer une BD par l’auteur, avec un joli croquis en dédicace, pour l’offrir à Noël, cette année en particulier puisque Riyad Sattouf était le Président du salon du livre.  C’était très dur pour moi, et pour mes copines, de ne pas acheter tous les livres qu’on voyait, on a forcément cédé pour un ou deux, mais les fanas de librairies et bibliothèques comprendront.

Enfin les RDV proposent en coopération avec les cinémas de Blois une sélection de films, souvent documentaires, touchant au thème, une bonne alternative quand on en a un peu marre de rester assis à écouter de vieux universitaires parler.

  • Comment ça se déroule ?

C’est ici que tout se complique : les RDV ont lieu dans différents lieux de Blois – le château, la préfecture, le salon du livre, la bibliothèque, l’université, l’iut, la maison de la magie. Certaines conférences nécessitent un ticket – gratuit bien sûr – mais qu’il faut prendre 2h à l’avance, et là encore faire attention car les petites vieilles ont tendance à se jeter voracement dessus n’en laissant plus aucun pour les jeunes chercheurs. La plupart des conférences sont libres d’accès MAIS là encore il vaut mieux venir bien en avance pour ne pas risquer de voir la salle pleine alors que c’est justement cette conférence-là que vous vouliez absolument voir. Qu’on se le dise, malgré l’offre immense qui est proposée, on ne peut pas écouter plus de trois, maximum quatre, conférences par jour, et  mieux vaut bien prévoir son programme à l’avance, tout en sachant qu’il risque fortement d’être perturbé : donc avoir un plan B évite les déconvenues. Autre problème : les lieux ne sont pas toujours  proches les uns des autres, comptez un bon gros quart d’heure, et une centaine de marches, pour vous rendre de l’université au château, et bien entendu quand celle que vous avez planifiée affiche complet, l’autre qui vous intéresse est à l’autre bout de la ville.

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  • Que voir ? Mon planning de la session 2016

Venons-en maintenant au vif du sujet : qu’est-ce que j’ai pu voir et apprendre durant ce week-end bien chargé culturellement ? J’ai été plutôt déçue de ma première journée qui a néanmoins été sauvée par la dernière conférence :

Le droit des migrants, par Amnesty Internationale : très intéressant sur le parcours des migrants, sur les origines de la crise des migrants, sur le fait que les migrants sub-sahariens qui arrivent aujourd’hui en Europe sont en fait migrants depuis bien plus longtemps; issus d’Ethiopie ou d’ailleurs, ils se sont d’abord exilés au Soudan, puis en Libye avant d’être contraints, ne pouvant revenir sans danger, à partir vers l’avant en Europe. L’exposé manquait cependant d’un peu d’objectivité et d’explication sur ce qui se passe concrètement quand un migrant arrive en France et demande asile.

De la Gaule à la Francie, BnF : intéressant en soi mais recoupant complétement mon cours de prépa, je n’ai rien appris de plus.

Israéliens, Palestiniens : entre diasporas et états, Vincent Lemire et Jihane Sfeir : Je suis tombée en amour devant ces deux conférenciers l’un spécialiste de Jérusalem, l’autre de la Palestine. Ils s’exprimaient tour à tour selon un ordre chronologique sur la fondation de l’Etat d’Israel, sur les complications qui sont apparues, etc. Un exposé à la fois sociologique, économique, diplomatique, un condensé passionnant avec des profs qui savent y faire devant un public.

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Le second jour a été plus prolifique, mieux préparé aussi, selon moi il faudrait imposer des tickets à chaque conférence, ça éviterait de grandes déceptions, mais ça coûterait beaucoup trop cher en papier…

La figure du Barbare, B. Dumézil : j’avais entendu Dumézil sur France inter, à la Marche de l’Histoire, il venait de sortir son dictionnaire du barbare en coopération avec nombre d’historiens et de sociologues. La conférence était géniale, transversale puisque touchant à la figure du barbare tout au long de l’histoire, de l’ethnogenèse – le fait de fabriquer des peuples – des Romains à la vision des fondamentalistes islamiques d’aujourd’hui. C’était très très dur de ne pas se jeter sur le bouquin en sortant.

Histoire des émotions, Alain Corbin, George Vigarello: Alain Corbin était LA STAR de cette édition, celui que toutes les femmes s’arrachent. Un vieux monsieur la tête dans les nuages qui ne comprend pas bien comment fonctionne un micro mais j’avoue que moi aussi j’étais toute émoustillée à l’idée de le voir. Monde parallèle des historiens quand tu nous tiens ! L’exposé partait un peu dans tous les sens, mais difficile de faire tenir un sujet aussi massif en une heure; à défaut d’être entrés dans le détail les auteurs ont donné un bon aperçu de leur travail, et avec un don pour les anecdotes, ont réussi à accrocher leur public.

Punir et partir, ou le bannissement et l’exil : ici encore une conférence transversale allant de l’Antiquité au dernier départ des bagnards pour les îles en 1939, une conférence typique Paris 1, on s’en rend peu compte mais on appartient toujours à une école historique, mais ô combien passionnante. Animée par un magistrat qui donnait à entendre un avis plus juridique, Claude Gauvard –ponte de l’histoire médiévale – a volé la vedette à tous, même si le professeur d’Antique un « jeune » historien très bon orateur, a pris nos cœurs à toutes en nous expliquant la procédure d’ostracisme. Je n’irai pas plus loin, si vous en avez envie je peux faire des articles, ou des fiches presque, beaucoup plus détaillés avec les notes que j’ai prises.

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J’ai choisi de faire un parcours très historique, en m’intéressant à plusieurs périodes et plusieurs aires mais toujours sur des thématiques en rapport avec ma formation, cependant j’ai longuement hésité à suivre des conférences plus en rapport avec mon blog. Le thème de cette année s’y prêtait en effet très bien : j’aurai pu axer ces deux journées sur le thème « voyage et récits de voyages », nombreuses étaient les conférences et les tables rondes sur le sujet.

Pour conclure, les RDV de Blois sont malheureusement victimes de leur succès, je ne m’attendais pas à voir autant de monde, l’organisation n’est pas toujours au top, c’est finalement assez fatiguant mais tellement intéressant. Tout le monde peut y trouver son bonheur tant les sujets de conférences sont variés et ne concernent pas uniquement les historiens, enfin même si j’ai trouvé que parfois beaucoup de connaissances devaient être préalablement acquises, pour la plupart des conférences les historiens prennent grand plaisir à vulgariser et rendre accessible à tous ce savoir, sans pour autant le réduire.

Le thème de l’année prochaine sera  les explorations et les découvertes, et je ne sais pas pour vous mais je compte bien m’y rendre à nouveau ! (Surtout que je n’ai même pas eu le temps de visiter le château)

 

voici les titres des ouvrages parus ou à paraître des auteurs que j’ai vus :

  • Jérusalem. Histoire d’une ville monde, Dir. V. Lemire, champs histoire, Flammarion, 2016
  • Histoire des émotions, A. Corbin, G. Vigarello, J-J. Courtine, éd. Seuil, 2016
  • Les Barbares, Dir. B. Dumézil, PUF, 2016

 

 

Chronique parisienne

Depuis quelque temps – quelques mois ? – je vois surgir sur les blogs des articles et des rubriques reprenant un peu toutes les inspirations ou les découvertes faites par lesdites blogueuses durant la semaine ou le mois. Je parle notamment du « Monday morning » de Mathilde ou du « heart, mind and soul » de Coline. Et moi j’adore ce genre d’article, je ressors de leur lecture avec moult nouvelles idées et surtout de nouvelles envies, et comme je passe mon temps à me dire en sortant du ciné ou d’un bon bouquin « j’en ferai un article » – mais bien sûr je ne trouve jamais le temps, ou l’envie- , j’ai pensé qu’une rubrique de ce genre pourrait être la bienvenue. N’ayant absolument aucune idée de nom je me contente de l’appeler « la nouvelle rubrique » mais en italien puisque c’est la langue que j’apprends en ce moment et que ça rend mieux à mes oreilles de française.

Depuis mon retour à Paris je tente de me ré-acclimater peu à peu à la capitale, ce n’est pas si facile après une année passée en Province: les montagnes et les forêts d’Alsace me manquent, le centre ville de Strasbourg où tout était proche aussi. Mais pour me rappeler que Paris est ma ville il y a un truc qui marche à tous les coups: recommencer à visiter, sortir, découvrir des choses. Je suis donc enfin allée prendre le thé avec des scones à l’Oisive thé – ce salon de thé/salon de tricot – qui se trouve pourtant à quelques stations de métro de chez moi, ce qui va me permettre d’y retourner très régulièrement!

J’ai aussi fait des achats et surtout beaucoup de lèche-vitrine: j’ai mis les pieds à l’appartement Sézane pour la première fois, je me suis rendue vendredi dernier à la boutique Les fleurs, lieu de perdition comme dirait mon amie Alice – elle a diablement raison, mais j’ai réussi à n’en sortir qu’avec un pot pour cactus. Enfin je suis tombée par hasard sur la boutique Jamini et j’ai salivé comme il se doit avant de prendre ma décision: je m’achèterai un coussin coûte que coûte pour meubler mon nouvel intérieur.

Pour ce qui est des découvertes culturelles j’ai eu le temps – chômage oblige – de lire, voir et visiter pas mal de trucs. Sans m’arrêter sur tout ce que j’ai pu faire – les rendez-vous de l’histoire de Blois le week-end dernier mériteront leur propre article, je vous le promets – je ne peux pas m’empêcher de vous parler un peu plus longuement de ce que j’ai adoré et que je vous recommande chaudement. C’est parti!

J’ai lu…

Peyton Place , de Grace Metallious

L’histoire d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre dans les années 50, on y suit trois principales protagonistes : Alison la jeune fille rêveuse et un peu solitaire, Constance sa mère qui doit vivre avec le difficile statut de mère-célibataire, la belle et intelligente Selena issue des quartiers pauvres en lutte contre son milieu. Peyton Place a été l’un des gros scandales littéraires des années 50 aux Etats-Unis, accusé d’être un roman pornographique et subversif: on aurait bien du mal aujourd’hui à comprendre comment on a pu trouver cet ouvrage ne serait-ce qu’érotique. Le roman met en scène la société des petites villes des Etats-Unis avec tous leurs non-dits, leurs secrets et leurs rancœurs. L’écriture de Grace Metallious est très agréable à lire et on rentre très rapidement dans l’histoire tour à tour écœurés puis touchés par les personnages, notamment par les personnages secondaires qui forgent toute l’ambiance de cette ville modeste d’Amérique.

C’est un grand classique américain et c’est très édifiant sur la société américaine. N’hésitez pas à lire la postface qui explique le scandale à la parution du roman.

L’amie prodigieuse, de Elena Ferrante

Malgré la place privilégiée que ce roman a occupé tout l’été sur les devantures des librairies, ce qui me fait généralement fuir, j’ai cédé à la tentation Elena Ferrante, en partie parce que j’allais à Naples et que je voulais me mettre dans le bain.

J’ai dévoré ce livre, et j’en ai fait de même avec le suivant « Le nouveau nom ». L’amie prodigieuse c’est une tétralogie qui suit la vie de Lena, la narratrice, et son amie Lila dans un quartier pauvre de Naples dans les années 50 – et oui encore. Cette grande amitié, perçue par les yeux de Lena, forge la trame de tout le roman mêlant jalousies, fascination, soutien, et beaucoup d’autres aspects d’une amitié aussi passionnée que complexe. Je me suis parfaitement reconnue dans le rôle de Lena, jeune fille médiocre qui se voit comme vivant sans cesse dans l’ombre de sa prodigieuse amie Lila, et prodigieuse elle l’est effectivement, c’est ce qui la rend si agaçante et attachante à la fois. En parallèle de cette histoire d’amitié se dresse un tableau de Naples et de l’Italie du Sud du milieu du siècle passé, où la Camorra et l’origine sociale conditionnent fortement l’existence de ces jeunes gens.

Je ne l’ai pas lu en italien, j’aimerais, mais la traduction est très bonne, on arrive à comprendre notamment toute l’importance que révèle le fait de parler en italien ou en dialecte à une époque où la langue distingue, plus clairement encore qu’aujourd’hui, le niveau social et culturel d’un individu. Pour conclure : je n’ai arrêté de lire que quand j’ai fini de tourner la dernière page !


J’ai visité…

Le musée de la vie romantique

Petite sortie dans Paris, le but initiale était d’aller prendre un thé au Musée de la Vie Romantique, finalement comme il était trop tôt pour le thé, on s’est contenté de visiter ce joli musée improbable. Une belle maison de campagne en plein Paris, des souvenirs de la famille de George Sand, des salons XIXe reconstitués ET un super salon de thé en jardin ou sous verrière. Un musée simple comme je les aime.  Et en prime j’y ai croisé Daniel Guerrero, l’ancien rugbyman!

La nuit Blanche à Paris

Je n’étais jamais allée à la Nuit Blanche et… je n’ai pas été vraiment convaincue. J’avoue que je ne suis pas une fan de l’art contemporain, il faut toujours expliquer ce que l’auteur a voulu dire ou montrer, et s’il y a parfois de bonnes idées j’accroche peu. Mais alors quand le sujet est aussi connu que « Les amours de polyphiles », célèbre poème du XVe siècle – je ne rigole pas c’était le thème choisi pour la nuit blanche de Paris – je lâche carrément, et je me demande bien à quel moment l’organisateur a pu penser que ça convenait à un événement visant la démocratisation de la culture. Malgré des œuvres plutôt peu intéressantes, voire ratées, j’ai bien aimé l’idée de se promener de nuit dans Paris et de suivre un parcours pour y voir des œuvres ou des installations.

Idée pour ceux qui voudraient y assister l’an prochain : prendre les bateaux mouches, gratuits ce soir-là, qui remontent la Seine. C’est là où se situent la plupart des installations, c’est donc un bon moyen de faire une croisière gratuite en voyant le plus d’œuvres possibles.


J’ai vu…

Je viens de commencer la deuxième saison de Gomorra, la fameuse série italienne issue du roman de Saviano sur la Camorra, et dont Saviano est d’ailleurs le scénariste. C’est toujours aussi bien, toujours aussi poignant. La réalisation est vraiment excellente, la musique super et j’aime beaucoup voir une série qui n’est pas en anglais, c’est rare et ça permet de découvrir une autre langue – le napolitain. Pour ce qui est du scénario et des personnages, ils sont toujours très bien travaillés, profonds, et même si on a du mal à apprécier véritablement les « héros » on s’y attache. L’ambiance très dure, et la réalité qui se cache derrière cette semi-fiction provoque généralement une petite nausée à la fin de chaque épisode – mais on veut savoir la suite !

Toujours à propos de Gomorra, je viens de lire un article des Inrocks sur le quartier de Scampi qui nuance un peu mon engouement pour la série: effectivement je me suis demandée comment les réalisateurs avaient pu tourner dans ce quartier difficile de Scampi, réputé comme l’un de plus dangereux d’Europe, et quels sont les impacts de la série sur ces quartiers défavorisés. Pas de réponse mais l’article est très intéressant alors hop un petit lien ici: Scampia et Gomorra

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Premiers pas à Massilia

De retour de – longues – vacances et après une bonne semaine de glandouille devant les JO, je me résous à enfin vous pondre un article, mais peu courageuse je vais commencer par le moins difficile et surtout le plus récent : je vais vous parler un peu de Massilia et de combien il y fait bon vivre.

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Je n’ai jamais vraiment eu envie de visiter Marseille, comme beaucoup de gens j’y associais essentiellement des adjectifs négatifs : sale, dangereux, mal famé, etc. Une ville grande et moche avec peu d’intérêt au final. MAIS une de mes  très très très meilleure copine a décidé d’aller s’y installer, n’ayant pas vraiment le choix j’ai dû m’y rendre cet été pour faire enfin connaissance avec Massilia, mettre pour la première fois de ma vie un pied en Provence et également m’apercevoir que j’avais toujours placé Marseille à la latitude de Montpellier.

Marseille capitale de la Culture en 2013 avait aidé à améliorer légèrement l’image de la ville à mes yeux : avec le MUCEM dont tout le monde parlait et la com’ faite autour de l’événement j’avais bien deviné qu’il y avait deux-trois trucs sympas à y voir. Mais en y arrivant il y a quelques semaines je ne pensais pas être autant charmée par la cité phocéenne.

Alors quid de mon itinéraire et de mes visites pour ce premier week-end marseillais ? Que puis-je donc vous conseiller ?

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Je ne suis pas bien originale et j’ai fait à peu près les trucs les plus touristiques de la ville : Notre-Dame de la Garde, La Majeure, le Vieux port. Ne manquent que le MUCEM et une rando dans les calanques pour achever ce week-end typique du touriste à Marseille. Je ne vais donc pas vous faire découvrir grand-chose par ici, mais je tenais à vous montrer les quelques photos que j’ai pu prendre sous le beau soleil du Sud.

  • Le centre de Marseille : Vieux-Port, la Bonne Mère et le MUCEM

Même si j’ai été quelque peu déçue par le Vieux-Port qui n’est en fait qu’un port lambda, j’ai adoré l’ambiance globale du centre de Marseille loin d’être aussi bruyante et agitée que je ne l’imaginais. La langueur du Sud se fait sentir, il fait chaud, les gens ne sont pas pressés et je n’en reviens toujours pas d’avoir une ville construite autour de la Mer. Ma copine m’a dit que beaucoup de rues autrefois très sales et craignos avaient été rénovées pour 2013 et pour la construction du Tramway. Aujourd’hui Marseille est lumineuse et il est vraiment agréable de s’y promener.

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Au-dessus du Vieux-Port s’élève la figure de Notre-Dame de la Garde, gardienne de la ville, la Bonne-Mère comme ils disent. Malgré la chaleur j’y suis montée avec les pattes, pour profiter encore plus de la superbe vue sur le port, sur la mer et sur le fameux château d’If que tout lecteur de Monte-Cristo doit avoir vu au moins une fois dans sa vie ! De tout là-haut on distingue les différents quartiers de Marseille : le petit village du Roucas blanc, les îles du Frioul, les jolies rues descendant vers Castellane, le Panier…

Outre la vue, l’intérieure de la basilique vaut le détour: dans un style très oriental et byzantin, un peu comme la cathédrale de la Major. Avec ses arcs dorés  qui lui donnent un style si différent de ce qu’on peut voir ailleurs en France je l’ai trouvée superbe même si mes photos ne lui rendent pas du tout justice

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  • Le quartier du Panier

Deuxième étape obligatoire de cette visite Marseillaise : le Panier, LE quartier qui a inspiré plus belle la Vie – même si je n’ai jamais suivi la série je vois à quoi ça ressemble – et le quartier qui m’a le plus plu à Marseille.

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Pour faire une comparaison très parisienne ça m’a rappelé le haut de Belleville : des jolies places avec des cafés, des rues étroites, des bibliothèques en pleine rue, du street Art un peu partout et de la vie surtout. J’aurai aimé pouvoir me perdre encore plus longtemps dans ces ruelles qui montent et qui descendent et j’y retournerais, c’est sur, lors de ma prochaine visite.

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  • Escapade à l’Estaque

Pour finir voici une balade qui sort un peu des sentiers battus : nous avons pris depuis le vieux port une navette maritime nous menant à l’Estaque, dans le 16e arrondissement, vers les quartiers nords de la ville. Ca tanguait fortement en passant devant le MUCEM, on voyait la Bonne Mere s’éloigner alors que le petit port de l’Estaque s’offrait à nous. Ne vous attendez pas à trouver de merveilleuses demeurent ou des rues vivantes et branchées à l’Estaque : on est ici dans un quartier populaire ressemblant à un village et à midi, il n’y a pas grand monde dehors, si ce ne sont quelques marseillais jouant à la pétanque.

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L’Estaque vous connaissez surement : c’est là où à grandi Robert Guédiguian, le plus célèbre réalisateur Marseillais, et c’est aussi l’endroit qui a inspiré la plupart de ses films sur la ville, en commençant par Marius et Jeannette, chef d’œuvre à voir si ce n’est pas déjà fait !Après avoir longé le front de mer – avec un arrêt devant la superbe maison « La Palestine » – en route pour le haut du quartier, des petites rues, des maisons avec un minuscule jardin derrière, une superbe vue sur la mer avec Marseille qui s’étend jusqu’aux îles du Frioul. On ne se sent plus en ville, et pourtant on y est encore, c’est encore plus calme qu’ailleurs, les volets sont plus  colorés, l’accent plus chantant. On dirait le Sud, le temps dure longtemps…

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Ce week-end était beau, plein de découvertes et je ne saurais que trop vous recommander de prendre l’air, enfin le Mistral, à Massilia si vous avez un week-end ou même davantage. Une ville si près de la mer, de la montagne, et à la fois si agréable à vivre, ça ne court pas les rues. Donc si vous ne la connaissez pas encore ALLEZ-Y!

Je suis ravie de t’avoir rencontrée Marseille, je reviendrais bien vite.

Strasbourg comme une New-Yorkaise

Pendant qu’il pleut des cordes à Paris et dans une grande partie de la France, une petite région à l’est résiste encore, et je peux donc vous écrire cet article depuis mon balcon où je contemple pour le dernier jour les montagnes de la Forêt-Noire au loin. J’en profite pour vous écrire mon avant-dernier article de « bonnes adresses à Strasbourg » sous un angle un peu particulier : après 8 mois de travail l’envie de voyager se faisant de plus en plus forte  j’ai pensé que, à défaut de partir, il pourrait être bon de visiter la ville à la recherche d’ activités « à l’Américaine » – à force de regarder Enjoy phoenix et Coline, ça donne des idées. Je vous propose donc aujourd’hui de découvrir Strasbourg à la New-Yorkaise. Allons-y let’s go, c’est parti les amis !

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  • Footing au parc de l’Orangerie

Un bon week-end new-yorkais commence obligatoirement par un footing. En tout cas c’est ce que nous vendent les séries et films américains: on n’est pas un vrai New-Yorkais si on ne fait pas son footing du matin à Central Park, et par conséquent: est-on un vrai Strasbourgeois si on ne va pas faire son footing au parc de l’Orangerie?

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Je ne suis pas la seule à avoir fait le rapprochement entre les deux parcs : la marque strasbourgeoise « erasmooth » a produit pour sa collection de l’an dernier des sweats intitulés « Central Park – Orangerie ». Et comment ne pas faire ce rapprochement? L’Orangerie est le plus grand parc de Strasbourg, d’une forme presque ronde,et   suffisamment vaste pour abriter un lac avec une cascade, un pavillon où sont organisés des événements divers et variés ET SURTOUT un petit zoo où vous pouvez rencontrer des tortues, des lynx, et des flamands roses. Le zoo s’occupe également de cigognes dont les nids sont répartis dans tout le parc et le quartier de l’Orangerie. Levez la tête, vous devriez en apercevoir sur les cheminées des belles demeures du début du siècle.

L’Orangerie est un coin parfait pour un rendez-vous galant mais c’est aussi le paradis des runners, on en trouve tous les 10 mètres, autrement dit” the place to be” !

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  • Brunch au Wawa bar

Courir c’est bien, mais manger c’est encore mieux, et Strasbourg dispose d’un super bar/resto américain qui fait aussi brunch le dimanche matin. Un conseil : pensez à réserver, il n’est pas rare que des groupes viennent occuper toute la place. Ce brunch américain est un peu plus cher que d’autres – 22€ – mais consiste en un buffet à volonté, on en a donc pour son argent! Outre les œufs brouillés, pochés, à la coque, et leur traditionnel bacon, vous pourrez vous remplir l’estomac avec moult pancakes, gaufres, carotcake, etc. En fait vous pouvez trouver ici absolument tout ce que vous voulez, en plus du café et du thé à volonté bien sûr. Typiquement américain.

Le lieu rappelle un peu le central perk de Friends avec ses canapés et ses fauteuils mous dans lesquels il fait bon s’affaler. Pour  peu qu’il pleuve dehors, il devient alors très très difficile d’en ressortir !

Wawa bar, place Saint-Nicholas aux Ondes, Strasbourg

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  • MoMA ou MAMCs

Après la pause brunch, il est impensable de ne pas faire une activité culturelle et là vous avez le choix : soit le MoMA strasbourgeois, appelé ici MAMCS, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, soit une galerie d’Art Contemporain. Je n’en ai jamais visité, et pourtant l’une des plus connues se situe sous mon appartement : le CEAAC.

Le MAMCS possède une belle collection, malheureusement pour vous je n’y entends rien en art contemporain, j’ai donc surtout aimé les collections d’Art Moderne et en particulier la partie « Art nouveau » où des pièces entières sont aménagées pour montrer en grandeur nature à quoi pouvait ressembler ces intérieurs du début du siècle.

Le CEAAC, Centre Européen d’Activité et d’Art Contemporain, abrite plusieurs artistes et différentes expositions temporaires, notamment des expos en partenariat international car des artistes étrangers sont logés sur place : 2015 était par exemple l’année de la Corée. N’hésitez pas à aller vous renseigner sur le site de la CEAAC.

CEEAC, 7 rue de l’Abreuvoir, Strasbourg

MAMCS, 1 rue Jan Harp, Strasbourg

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  • Pause donuts à l’American Break

Encore un foodporn à l’américaine : une boutique spéciale donuts où les donuts sont colorés et hyper bons ! En tout cas moi qui n’aime pas le gras et en mange rarement je suis devenue une grande fan de ceux-ci : mon préféré ? Celui à la fraise, sucré à souhait !

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  • Brooklyn Bridge  ou le Pont des deux rives

Strasbourg n’est pas une île, Strasbourg n’a pas besoin d’un pont pour la relier à un autre quartier de la ville, en revanche Strasbourg est au bord du Rhin et depuis quelques années elle est reliée à sa voisine allemande Kehl par un joli pont qui n’est pas sans rappeler les impressionnantes constructions américaines.

« Il suffit de passer le pont » pour être dans un autre pays, et ça vaut le coup. Le pont des deux-rives qui sert de passerelle entre la rive française et allemande du jardin des deux-rives est utilisable à pied comme à vélo, un autre pont pour les voitures se trouve à quelques mètres. La rive allemande du jardin  est la  plus jolie et la  plus agréable, et c’est une activité estivale géniale que d’aller pique-niquer en Allemagne en regardant le soleil se coucher sur le pont.

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  • Un verre à Brooklyn : la Kulture

Pas de Brooklyn à Stras’ mais un quartier : la Krutenau, et dans ce quartier un bar branché à l’ambiance tout à fait brooklynienne : La Kulture. Ce bar-disquaire a ouvert en septembre, juste au moment où je suis arrivée et il est déjà bondé. En plus d’avoir une déco très épurée et une salle de musique au sous-sol où chacun peut choisir un vinyl pour danser sur la chanson de son choix, la Kulture s’est distinguée par ses partenariats culturels avec les centres d’art, organisant des événements, comme une séance de graffiti pour sensibiliser les élèves de diverses écoles à cet art urbain contemporain.

Enfin n’hésitez pas à vous promener dans la Krutenau, c’est le quartier où vous trouverez le plus d’adresses « à la New-yorkaise », entre bars, coffee shops, restos asiatiques branchés. Un quartier où il fait bon vivre. Vous l’aurez deviné : c’est mon quartier !

Un seul regret pour cette visite de Strasbourg à la New-Yorkaise : il n’existe pas encore de rooftop ! Mais l’idée est lancée, et j’ose croire qu’elle ne tardera pas à faire des adeptes : un rooftop avec vue sur la cathédrale et les montagnes, voilà de quoi ramener les foules !

La Kulture, 9 rue des Bateliers, Strasbourg