Tour de France des départements #2

C’est parti pour un deuxième épisode du Tour de France des départements ! Outre la petite accalmie que nous avons pu avoir cet été pour voyager en France, j’ai eu la chance de pouvoir continuer à me déplacer ces six derniers mois dans le cadre de mon travail. Entre les multiples confinements, semi-confinements, couvre-feu, fermetures de bars, restaurants, établissements culturels et j’en passe je me suis rendue dans différents coins de France, certains que je connaissais déjà, d’autres que j’ai totalement découvert, et, sortant un peu du marasme actuel, je vous en fais ici un petit résumé.

Pourquoi parler voyage alors que la crise semble ne jamais finir ? D’abord pour vous faire partager les jolies découvertes que j’ai pu faire, ensuite pour donner une petite lueur d’espoir dans cette pandémie. Je préfère penser que, comme l’été dernier, nous aurons droits à quelques moments de liberté bientôt, même avec les contraintes sanitaires, mêmes si on nous empêche de nouveau de dépasser les 100km, même si les établissements culturels et restaurants restent fermés. et que la France sera alors un superbe terrain d’exploration pour des vacances ou même un week-end.

En route mauvaise troupe !

22 – Les côtes d’Armor

La Bretagne tout le monde connaît : les rues animées de Rennes, la sauvage pointe du Raz, les eaux turquoises de la presqu’île de Crozon et les remparts de Saint-Malo sont en général bien ancrées dans l’imaginaire français, suffisamment pour que la Bretagne devienne depuis quelques années, et plus encore avec le covid, une destination phare (héhéhé) du tourisme français. Toute la Bretagne ? Non, un petit département résiste encore et toujours à l’envahisseur, au point d’utiliser régulièrement le terme d’irréductibles dans ses slogans : les côtes d’Armor.

Port du Légué, entre les communes Plérin et Saint-Brieuc
Port du Légué envasé la plupart de l’année, mais si charmant

Il s’agit en effet d’un département encore un peu boudé par les vacanciers même si le tourisme représente la moitié de son PIB (l’autre moitié c’est globalement l’agriculture) et que l’attractivité touristique est l’un des grands enjeux des politiques publiques pour ces prochaines années. Coincé entre les grandes villes de Brest et de Rennes, avec une température estivale de quelques degrés plus basse que dans le Morbihan, le département est moins recherché que ses voisins et en souffre quelque peu. Pourtant il n’a rien à leur envier !

Je suis allée faire mon dernier stage au conseil départemental pour découvrir la Bretagne en mode administratif et je n’ai pas été déçue. Je n’ai pas eu le loisir de me déplacer autant que je le désirais, Covid oblige, mais j’ai cependant eu l’occasion d’arpenter les rues de Saint-Brieuc, sa préfecture et plus grande ville, et d’aller faire un tour sur la côte du Goëlo, si belle sous le soleil hivernal. Parce que les côtes d’Armor c’est BEAU et c’est très diversifié, de quoi faire l’objet d’une bonne grosse semaine de vacances, ou de plusieurs weekends.

Lumière d’hiver sur les falaises de Plouha
Port de Gwin Zegal, falaises de Plouha

Que voir dans les Côtes d’Armor ?

  • Les célebres côtes de granit rose du Trégor avec les belles villes de Lannion et de Tréguier
  • La classe mais sauvage île de Bréhat
  • La côte du Goëlo avec les falaises les plus hautes de Bretagne, le paysage ressemble à s’y méprendre au Pays-de-Galles avec ses quelques villages où serpente la jolie route des falaises
  • La côte d’Emeraude de Saint-Brieuc à Saint-Malo : le phare d’Erquy et le cap Frehel sur leur lande battue par les vents, mais aussi les belles criques de Saint Jacut de la mer et de la plage de sables d’or les pins.
  • Les charmants villes et villages de Dinan, Montcontour, Lamballe avec leurs chateaux forts, vieilles maisons à pan de bois et autres remparts.
  • Les abbayes et chateaux comme l’abbaye des Beauport ou le château de la Roche Jagut
  • La ville de Saint-Brieuc avec ses chouettes cafés et son adorable port du Légué.

Enfin, comme partout en Bretagne c’est aussi un mode de vie, des évènements qui rythment le quotidien breton : les fest-noz, les matchs de l’En-avant Guigamp, le tour de France 2021 qui devrait partir de Bretagne. Alors la prochaine fois que vous pensez à la Bretagne… n’oubliez pas les Cotes d’Armor.

(PS : Saint-Brieuc est à 2h10 de Paris, et les villes comme Dinan ou Lamballe sont très bien reliées par le TER à Rennes)

Le Pont du Gard

30 – Le Gard

A l’autre bout de la France se trouve le superbe département du Gard où j’ai posé mes valises pour deux petites semaines cet été -mais que je vais continuer d’explorer pendant les prochaines années puisqu’une partie de la famille s’y est installée. Du Gard je ne connaissais que les températures caniculaires et les arènes de Nîmes entraperçues lors d’une traversée de la ville en voiture il y a fort longtemps, pourtant le département m’attirait déjà, à raison.

Situé à la fois sur les Cévennes, la Camargue et la garrigue – des mots qui sentent bon les vacances – le Gard regorge de paysages très différents qui permettent de se faire plaisir en ce qui concerne les activités de plein air – randonnée, kayak, vélo, … avec des sites naturelles majestueux telles que le cirque de Navacelles, le Mont Aigoual, les gorges du Gardon ou les salines. Mais le Gard est surtout célèbre pour son histoire et son patrimoine : terre romaine par excellence on y trouve de nombreux ouvrages antiques très, très, très bien conservés comme le Pont-du-Gard ou les multiples portes/arènes/tours de Nîmes.

Vue de la garrigue depuis la terrasse d’Uzes
Uzes et son château

Pour ma part je me suis contentée pour le moment d’arpenter la Garrigue au centre du département, dans les alentours d’Uzès, charmante ville du sud avec sa place du marché où on s’arrête manger des glaces gastronomiques. Les couleurs dorées sur les vignes et sur les gorges du Gardon ont ravi mes yeux en juillet et j’ai hâte d’y retourner pour en profiter à d’autres moments de l’année, notamment en automne quand les températures seront pile comme il faut pour tenter des randonnées.

Pour conclure : encore un département que je ne connaissais pas du tout mais qui entre immédiatement dans le top 10 de mes départements préférés !

Chambord, château des Rois

41 – Loir-et-Cher

Ah la vallée de la Loire ! En tant que parisienne c’est une des valeurs sûres pour un week-end de dernière minute. A 2h de Paris en train et en voiture le département du Loir-et-Cher est une bonne entrée pour découvrir la vallée des châteaux de la Loire. Depuis la royale ville de Blois avec son château aux trois époques il est très facile de partir rouler en voiture ou à vélo le long des bords de la Loire pour profiter d’un pique-nique sur le fleuve le plus sauvage de France et de reprendre la route jusqu’au prochain château : Cheverny, Chaumont et son festival des jardins ou encore l’imposant Chambord (qui n’est pas sur la Loire en revanche).

La Loire de bon matin

Je connais cependant encore mal les villes du Loir-et-Cher hormis Blois où se déroule chaque année les Rendez-vous de l’histoire, la grande messe des passionnés d’histoire. Le premier week-end d’octobre et pendant 5 jours des historiens, journalistes, étudiants occupent la ville se déplaçant de conférences en conférences sur un thème choisi l’année précédente. Le seul festival que j’essaie de ne jamais rater. Pour ceux que ça intéresse voici le lien pour le site des RDVH, le sujet de l’année prochaine sera « le travail ».

Outre le tourisme royal, le Loir et Cher abrite de nombreux villages et petites cités d’art et d’histoire qui valent probablement le coup d’œil : Vendôme, Lavardin, Saint-Aignan ou encore la cité troglodyte de Troo. Et pour ceux qui ont besoin de nature, n’hésitez pas à sortir de la vallée de la Loire pour partir explorer la mystérieuse région des étangs de Sologne.

Fin de journée sur les quais de l’Ill

67 – Le Bas-Rhin

Le Bas-Rhin c’est un peu mon chez moi, là où j’ai passé mon permis, là où je reviens toujours sans l’avoir forcément prévu. Toujours ce pincement au cœur lorsque je quitte Strasbourg, toujours cette impression de retour à la maison quand je roule ma valise en direction du tram C pour me rendre à la Krutenau (quartier où je reviens toujours aussi). Pas besoin ici de vous faire la publicité pour Strasbourg, l’une des plus belles villes de France – en toute objectivité ; l’une des plus agréables à vivre aussi grâce à ses nombreuses librairies, ses cafés, ses petits commerces, son centre-ville piétonnier qui ne cesse de s’agrandir et surtout, surtout… les Vosges qui s’étendent à ses pieds.

Le Bas-Rhin ce n’est pas que Strasbourg, c’est aussi toutes les villes et villages alsaciens colorés et parés de leur plus beaux – ou kitsch – atours au moment des fêtes de noël, qui resplendissent dans leur écrin doré au moment de l’automne, qui s’apparentent à des villages de contes de fées au printemps et…qui croulent sous les touristes en été. MAIS ce sont aussi des villes moins connues mais qui méritent tout autant le détour comme Saverne à l’est, Wissembourg au nord ou Sélestat au sud.

Randonnée des trois châteaux de Fleckenstein – les Vosges à perte de vue
Wissembourg, ville de l’outre-forêt

Enfin le Bas-Rhin ce sont les Vosges, ces petites montagnes où s’étend une forêt qui revêt ses plus belles couleurs à l’automne ; une marée verte où s’élèvent quelques ruines de châteaux ; des sentiers qui contournent d’anciennes bornes frontières. Bref un département avec beaucoup d’histoire et qui permet à tout moment de l’année de prendre un bon bol d’air frais, d’oublier les tracas, y compris au moment du covid…voire de partir à l’étranger sans même passer la frontière ! (ce fut le cas lors de ma dernière rando à Fleckenstein, on passe en Allemagne sans même s’en apercevoir, ce sont les réseaux mobiles qui nous préviennent). Même après des années je n’ai toujours pas fini de l’explorer : j’ai d’ailleurs prévu d’aller enfin à Saverne, mais aussi au pays de Bitche dont j’ai beaucoup entendu parler mais où je n’ai encore jamais mis les pieds.

Passage au col des Boeufs

974 – La Réunion

Un département-Région qui fait rêver, mais où je ne pensais pas aller de sitôt, et pourtant… Je m’étais dis en début d’année que si c’était possible j’aimerais effectuer un de mes stages en outre-mer. C’est l’avantage de la fonction publique territoriale, ça concerne TOUS les territoires français. Et puis BIM, en septembre la liste de stages tombe, dessus se trouve Saint-Denis de la Réunion. J’hésite un peu avec le covid, mais l’occasion est trop bonne, je le demande…et je suis prise. C’est parti pour deux mois dans cette île perdue au milieu de l’océan indien, à savourer des caris et des rougails sur la plage après avoir randonné dans les cirques. Deux mois c’est loin d’être assez pour visiter l’île mais assez pour en explorer toutes les facettes : de la côte ouest Chill, à la luxuriante côte Est en passant la sauvage côte sud, territoire du volcan, j’ai adoré la Réunion sous tous ses angles.

Hell-Bourg, plus beau village de France
Mafate qui disparait dans la brume de midi
Temple hindou à Saint-Pierre

Pouvoir y séjourner en tant que stagiaire a permis également de connaître l’île et ses habitants plus en profondeur : subir les embouteillages de Saint-Denis, être attentif au cours du litchi, se mettre au bivouac et au pique-nique du dimanche au lagon. Nos collègues réunionnais ont eu à cœur de nous faire découvrir la culture réunionnaise et de nous faire vivre leur quotidien, c’est ce qui a rendu cette expérience aussi particulière. Je suis repartie avec l’intention ferme d’y retourner, ne serait-ce que parce que je n’ai pas eu le temps de gravir le piton de neiges, de voir les ravines pleines d’eau, de me rendre à la fenêtre des Makes et j’en passe.

Je retiens de la Réunion son incroyable diversité pour un si petit territoire : lagon, terre aride du volcan, forêts tropicales, cascades et bassins, forêts primaires, forêts alpines, plaines, de quoi faire plaisir à tout le monde. Petit bémol néanmoins : la difficulté des randonnées, à prendre en compte ! Les randonnées dites moyennes sont globalement des randonnées dures en métropole. Ne pas y penser c’est s’exposer à passer un moment pas top dans un lieu pourtant magnifique.

Côte sauvage vers Saint-Joseph
Randonnée sur le volcan: les cratères rivales
Plage d’Etang Salé – ça sentirai presque la Californie

Et 2021?

L’année 2021 ne commence pas particulièrement mieux que ne s’est finie 2020: on est toujours suspendus à la moindre annonce, on s’attend à tout moment à être reconfinés, coincés chez soi sans plus pouvoir profiter ni de sa famille, ni de ses amis, ni du plein air. On espère fortement que le gouvernement a appris des deux premiers confinements et nous permettra, même avec un reconfinement lourd, d’aller nous promener dans les parcs, jardins, plages, forêts (pour les montagnes c’est autre chose, le risque d’accident peuvent justifier la fermeture de ces espaces pour laisser les secours se concentrer sur le covid). Mais cette année de doute a permis également de moins repousser les choses : chaque weekend je me suis dit que ce serait peut-être le dernier dehors donc que je ferais bien d’en profiter pour me promener… Et je crois que finalement je n’ai jamais autant fait de randonnées ou de balades. En faisant attention toujours (d’autant plus quand on sait qu’on bouge régulièrement pour aller en cours ou en stage, j’ai fait scrupuleusement attention aux gestes barrières et me suis auto-confinée plusieurs fois pour être sûre de ne rien transmettre) je peux dire que je me suis fait plaisir cette année, et j’ai découvert le territoire français plus que jamais.

J’ai hâte de poursuivre cette découverte en 2021, en espérant cette fois pouvoir faire des visites culturelles. Comme toujours quelques idées pointent le bout de leur nez : le Gers – il parait que c’est la Toscane française -, le Var, l’Eure, la Guyane, le Cantal ou encore tous les départements autour de Paris qui me font de l’œil. Mais en y regardant de plus près je me rends finalement rarement là où je l’avais prévu, la surprise reste donc entière pour la prochaine édition du Tour de France des départements (qui arrivera très vite j’espère). Et vous, des départements à me conseiller ou des départements qui vous donnent envie d’une escapade quand les beaux jours seront revenus?

Week-end dans le Val de Loire

En automne quand j’ai envie de partir j’ai toujours ce gros dilemme pour choisir la destination -oui je sais ma vie est terrible – : profiter des derniers moments d’été dans le sud ou s’imprégner de la super ambiance automnale avec ses magnifiques couleurs et ses soirées au coin du feu.

Les aléas de l’emploi m’ont vite fait oublier les destinations ensoleillées et j’ai donc opté pour la seconde solution avec en prime l’impératif « pas loin et pas longtemps » : la solution de repli qui marche toujours fut donc : LES CHÂTEAUX DE LA LOIRE.

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Les bords de Loire en fin d’après-midi.

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L’embarcation typique sur la Loire

Belle en toute saison, la région des châteaux de la Loire, inscrite à l’Unesco, est l’un des Must do touristiques en France. Alliant architecture, histoire de l’art et nature, c’était un peu la destination idéale, et comble du bonheur, on a profité des derniers jours de l’été indien avec un thermomètre à 25degrés. What else ?

Cette région est immense, un week-end ne suffit clairement pas pour tout voir : d’abord parce qu’on risque l’indigestion, ensuite parce que la région est très étendue, allant d’Orléans à Nantes à peu près. J’avais décidé de prendre Blois comme base pour rayonner autour, au programme les châteaux de Blois, Chambord et Chaumont-sur-Loire, en particulier parce que c’était la dernière semaine du festival international des jardins qu’on m’avait beaucoup vendu. C’est parti !

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L’escalier de Blois. Il est pas beau?

  1. Blois – Ville royale et camp de base

On est arrivés à Blois en fin d’après-midi, juste à temps pour visiter le château sous les derniers rayons du soleil. J’étais déjà allée à Blois l’an dernier pour les journées d’histoire dont je vous avais parlé ici. Malheureusement en courant de conférence en conférence je n’avais pas eu le temps de vraiment découvrir la ville. Alors j’étais contente de pouvoir enfin pénétrer dans ce château dont j’ai fait maintes et maintes fois le tour !

Le château de Blois est très bizarre , il est constitué de trois ailes qui reflètent trois époques distinctes : la fin du gothique flamboyant et les constructions de Louis XII, la Renaissance avec la fameuse façade des loges et le superbe escalier à vis de la cour, et l’époque classique.

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Chateau de Blois – Partie “Louis XII”

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Château de Blois – partie classique

On l’oublie souvent mais Blois est un lieu chargé d’histoire, il est devenu château royal quand Louis XII a succédé à son cousin Charles VIII comme roi de France. Et c’est surement ici qu’on voit le mieux le style « Louis XII »,  un style architectural à cheval entre le gothique moyenâgeux et le style Renaissance. Résidence royale pendant près d’un siècle, Blois est surtout connue pour avoir accueilli les Etats-Généraux en 1588, moment où le roi Henri III fait assassiner son rival Henri de Guise.

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La magnifique façade des loges au coucher du soleil. Au loin la cathédrale.

POINT HISTORIQUE – en très succinct.

Henri III est roi de France après les morts successives de ses frères François II et Charles IX (celui de la St-Barthélémy). Il est plus malin que ces derniers et a l’ambition de marquer plus clairement la frontière entre lui, le monarque élu, et les autres nobles, à une période où on ne parle pas encore de monarchie absolue.

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La salamandre – Symbole de François 1er.

En même temps ça fait déjà bien une vingtaine d’années que les catholiques et les protestants se tapent dessus : les chefs des catholiques intransigeants – on appelle ça la Ligue –  ce sont les Guise, et surtout leur aîné le duc Henri de Guise. Le roi veut être un super monarque mais il sent bien que les nobles le soutiennent bof bof. Il décide de réunir les Etats-Généraux – oui les même que pour la Révolution parce qu’à cette époque ça se fait encore – et là il frappe fort, il fait une sorte de putsch ou de répression interne : il fait assassiner au sein même du château son ennemi Henri de Guise, ainsi que le frère de celui-ci, et fait arrêter les principaux chefs de la Ligue.

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BREF.

Le XVI siècle est une période peu abordée dans les programmes scolaires, ou alors très rapidement, et j’ai découvert l’existence de Louis XII et le détail des guerres de religion en classe prépa. Mais guess what ? C’est passionnant et grâce à ça toute cette région de la Loire résonne différemment puisque c’est ici que TOUT se passe ! Alors je conseille fortement de faire un tour sur wikipédia avant, pendant ou après la visite pour se mettre bien dans l’ambiance.

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Il n’y pas que le Château à voir à Blois. La ville entière est agréable à visiter mais il faut avoir de bonnes cuisses : ça monte et ça descend. Construite sur deux collines, ses jolies rues anciennes montent au château et à la cathédrale dont les jardins offrent une superbe vue sur la Loire. Il faut prendre le temps d’errer et de se perdre un peu dans les rues pour trouver de bons restos et des cafés cosy comme on les aime, et trouver de quel point de vue la façade des loges est la plus belle.

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  1. Chaumont sur Loire et ses jardins

2ème jour  – 2eme château : on part de bon matin longer la Loire sous la brume en direction d’un château que je veux voir depuis longtemps : Chaumont ou plutôt le festival international des jardins.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là mais la brume était épaisse, presque trop, et donnait une atmosphère très singulière. J’ai cru que c’était quelque chose de normal sur la Loire mais un passage sur instagram m’a fait comprendre qu’il y avait la même chose à Paris, à la seule différence qu’elle s’est rapidement évaporée dans le Loir et Cher.

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L’aubre (10h) sur la Loire

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Un vrai château de contes de fée, surtout sous cette brume!

Les chateaux de la loire sont connus pour être une destination phare du cyclotourisme, mais c’est aussi très agréable de parcourir la région en voiture – même si moins écolo – et la raison principale ce sont les deux départementales construites de part et d’autre du fleuve sur des digues. On longe la Loire, on voit passer les oiseaux, les pêcheurs, les villages et surtout les châteaux.

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On voit la brume qui s’éloigne au loin. Et mon doigt sur la photo aussi…

Il faut bien une journée pour voir Chaumont : entre le château, le parc, le festival et une pause bien méritée, c’est un château où il faut prendre son temps.

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Le parc de Chaumont et ses couleurs automnales

Château légèrement fantasmé à tendance Walt Disney, j’ai adoré l’allure extérieure du château, un peu moins l’intérieur car je m’attendais à plus de pièces d’époque, c’est-à-dire du XVe ou du XVIe, or presque tout a été refait au XIXe. On se promène plus dans un manoir du style de Downtown Abbey que dans la résidence de Catherine de Médicis. Mais à part cette légère déception ce château est top. Le parc resplendit des couleurs automnales, il est animé par diverses œuvres d’art contemporain sur le thème de la nature – certaines incompréhensibles, d’autres qui se veulent seulement amusantes et ça marche.

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LE vallon des brumes. On riait comme des enfants en y descendant.

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Mais le clou du spectacle c’était le festival des jardins qui s’achève la première semaine d e Novembre, on tombait donc à pic. Un thème différent mais certains jardins  restent d’année en année. On passe entre les bosquets qui racontent tous une histoire, une ambiance. C’est entre le jardin et l’art contemporain et je dois dire que je suis bien plus sensible quand il s’agit de jeux avec la nature que de toiles abstraites ou d’happenings. Mon « jardin » préféré est sans doute le vallon des brumes : une brume toute créée pour l’occasion, une jolie cascade, un chemin de bois qui permet de s’y promener. C’est très simple et ça marche à fond ! J’ai aussi beaucoup aimé le jardin de sorcière, un jardin aux plantes médicinales décoré comme une maison de sorcière – parfait pour halloween.

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Dernière découverte : le self du château, abrité dans une serre avec une grande terrasse à l’abri de quelques arbres. Il faisait si beau et si chaud ce weekend là que je n’imaginais pas manger en intérieur. Très bobo/écolo, ce self est entièrement bio avec couverts biodégradables. On y sert des soupes de curry, des jus de carottes/betteraves/autres légumes auxquels je n’aurais pas pensé. Bref c’était très bon, très bien placé et on aurait pu y passer l’après-midi.

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  1. Chambord – Palais mystérieux

Le roi des châteaux, celui qu’on ne présente plus, et pourtant celui que je n’avais jamais vu. On – mes parents- m’en avaient dit beaucoup de mal « Mais pourquoi tu vas à Chambord, c’est vide, il y a rien ». Mais j’avais envie de me faire ma propre idée parce qu’il avait l’air tout de même très beau ce château.

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Jardins à la française sur fond de plus grand domaine forestier d’Europe

Il s’agit du château le plus à l’est du Val de Loire, donc le plus proche de Paris, donc sur la route. Le temps était moins clément que les deux jours précédents mais j’espérais pouvoir faire de belles photos et me balader un peu dans le parc pour profiter de l’automne à défaut de voir un super château. Et finalement il m’a vraiment emballée ce palais. D’abord parce que de l’extérieur il a franchement de la gueule – l’arrivée à travers les bois est digne d’un film -, ensuite parce qu’il est amusant à visiter. Amusant ? Je m’explique.

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Construit par François 1er, ce château veut se donner des airs de fin moyen âge, il est donc organisé autour d’un donjon avec 4 tours … et un dédale de couloirs et d’appartements. Aucun intérêt à visiter Chambord selon un itinéraire précis, je n’ai jamais compris où je me trouvais vraiment dans le château mais j’ai adoré fouiner un peu partout et m’y perdre.

2ème amusement : le fameux escalier hélicoidale. Deux personnes peuvent y monter chacune de leur côté sans jamais se croiser – mais on se voit par les petites lucarnes, ce qui est assez rigolo.

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Enfin j’ai adoré le mystère qui entoure ce site : personne ne sait bien pourquoi François 1er à construit Chambord ici. Le château est loin de tout, même de la Loire, au milieu des marais et de la forêt. Il s’agit pourtant du second plus grand château de France après Versailles, il a d’ailleurs inspiré le Roi Soleil. Mais surtout François 1er n’a presque pas vécu à Chambord, jamais plus de deux semaines d’affilé, et si ses fils et petits-fils ont poursuivi les travaux d’aménagement, le palais était trop éloigné de la cour pour qu’ils y séjournent vraiment. C’est resté un pavillon de chasse traversé par les courants d’air et tellement grand qu’il était difficile à chauffer.

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Pose selfie/ blogueuse mode. LE fond n’est pas trop mal.

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Chambord est surtout l’un des plus gros domaines forestiers d’Europe, avec une faune et une flore préservée.  On y trouve des cerfs, des sangliers, mais aussi des poissons des marais.

Pour cette raison on a longtemps laissé Chambord tel qu’il devait être à l’époque : vide. MAIS la palais a en fait été habité bien plus tard : Louis XIV y a fait quelques séjours et il a servi de lieu de résidence à des princes en exil, des cousins du roi, etc. Aujourd’hui les monuments nationaux ont décidé de réaménager Chambord avec du mobilier du XVIIIe, époque où il a le plus été habité. Le contraste d’aménagement entre ces différentes époques est saisissant.

Mon copain a trouvé que le palais avait tout d’une belle coquille vide. Chef d’œuvre de l’art renaissance la façade extérieur peut paraître un peu too much : des tours de partout, de la dentelle à certains endroits et un massif mur d’enceinte. Je pense que Chambord est tout de même un château à voir justement parce qu’il est si impressionnant et mystérieux.

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En voiture sur la digue.

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Promenade matinale à Blois.

Ces deux jours dans la Loire étaient encore mieux que ce que j’avais prévu et j’ai vraiment très hâte de faire un deuxième séjour plus à l’Ouest, à la découverte de châteaux plus anciens : Loches, Amboise, Ussé, et tant d’autres !

 

 

 

 

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI.