Chronique parisienne – Un été à Paris

Paris l’été, Paris en août. Paris quand elle se vide, sous la pluie, le froid et cette impression d’un automne arrivé trop tôt. C’est ce qu’on voit et ce qu’on lit sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, et, en effet, on ne peut pas dire que Paris ait réservé ses plus beaux jours à ceux qui ont décidé d’y rester en Août. Période pourtant suffisamment difficile quand on voit tous les autres partir en vacances.

Mais, ce ne serait pas rendre justice que de limiter Paris à ces quelques jours de mauvais temps. Parce que Paris a la gentillesse de ne faire tomber la pluie que la semaine, laissant un grand soleil illuminer nos week-ends et nous donner tout le loisirs de nous croire nous aussi en vacances. Voici donc une petite chronique d’un Paris estival un peu plus vide mais bien vivant.

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Le cactus pour montrer qu’on parle de la Californie

Vive la Piscine et les Palmiers : l’expo David Hockney à découvrir de toute urgence.

Cette chronique parisienne n°4 ou 5 – je ne me souviens pas, je l’ai si peu tenue – est l’occasion de vous parler de ma grosse découverte de ce mois d’août : l’artiste David Hockney. Je remercie mes copines portées sur l’art moderne et contemporain qui m’emmènent voir des expo dont je n’avais même pas entendu parler. Ou plutôt j’avais soigneusement détourné la tête de l’immense affiche en passant devant Beaubourg où une retrospective est organisée.

David Hockney est un artiste britannique (toujours en vie) un peu touche à tout. Né en Angleterre la majeure partie de ses œuvres concerne la Californie où il vit et travaille, et ses principales oeuvres sont des tableaux, mais des tableaux réalisés avec l’aide de la photo, des nouvelles technologies ou d’autres techniques plus modernes. Je ne connaissais rien à son œuvre et j’ai adoré.

L’exposition est très bien faite, si vous omettez le tout premier panneau qui utilise des termes un peu trop complexes à mon goût et de nature à perdre le visiteur profane. L’œuvre d’Hockney est si vaste et si variée qu’il est impossible de s’ennuyer : chaque pièce met en avant des périodes différentes de son travail et qui n’ont parfois rien à voir. On ressent une véritable critique, une sorte d’ironie pour ses contemporains, et en même temps une grande recherche intellectuelle. Un travail sur la matière, sur les supports, sur les sujets qui peut faire peur mais on comprend tout très bien et c’est rudement intéressant.

L’homosexualité, la société californienne, les couleurs de Los Angeles et à certains moments les campagnes anglaises, tous ces sujets sont évoqués à travers la photo, les films et la peinture. Mais LE sujet pour lequel David Hockney est célèbre ce sont les piscines. Il a cherché, longtemps, comment rendre les reflets du soleil dans la piscine. Une étude très intéressante où on voit se croiser divers courants artistiques.

J’ai pris beaucoup de plaisir à arpenter cette expo, j’espère vous avoir donner envie de vous y rendre à votre tour ! Je regarderai plus sérieusement les expo à Pompidou désormais.

Exposition David Hockney – Centre Pompidou : jusqu’au 23 octobre 2017

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Des terrasses ensoleillées : les vacances à Paris

L’été c’est LA saison des terrasses et des lieux éphémères qui essaiment un peu partout dans Paris. Le plus célèbre est Ground Control, ce lieu culturel éphémère qui ne se pose jamais au même endroit. Une amie m’a expliqué que la mode des lieux éphèmères était en fait un courant d’urbanisme qui avait pour vocation de redonner du rythme à la ville, d’en faire une entité sans cesse en mouvement en réutilisant des lieux en friches mais promis à un autre destin. Les grands voisins par exemple : on sait depuis longtemps que le lieu sera réutilisé en 2018 mais la mairie a laissé des associations en prendre possession pour une durée déterminée afin de ne pas laisser de terrain abandonné et de permettre du mouvement.

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J’ai découvert une autre terrasse forte agréable aux dernières lueurs de l’après-midi : le Palazzo de la porte dorée. J’adore le palais de la porte dorée pour son archaïsme imposant. Un retour immédiat dans un Empire colonial français persuadé d’apporter la civilisation aux peuples indigènes. Une idée bien visible dans l’iconographie particulière de ce palais : depuis les palmiers aux tableaux orientalistes de la salle principale en passant par l’architecture du palais. Tout sent les années 30. J’aime encore plus que ce palais abrite aujourd’hui le musée national de l’immigration.

C’est à l’occasion de l’exposition Ciao Italia qu’une terrasse éphémère a vu le jour devant le Palais, rebaptisé pour l’occasion le Palazzo. Des coussins sur l’escalier monumental, un DJ, des chaises longues, du sable et bien entendu un bar à Spritz. L’endroit n’est pas trop couru. De quoi se faire un agréable afterwork.

Toute une programmation est prévue jusqu’au 15 octobre, tout se trouve ici : Palazzo

Des animations et conférences sont aussi prévues autour du thème de l’Italie. J’adore l’idée des « conférences pompettes » sur les vins italiens par exemple.

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Que faire l’été à Paris ? Sortir de Paris pardi !

Le meilleur moyen de profiter de la chaleur à Paris est encore de sortir de Paris. Ou d’aller se baigner dans le bassin de la Villette mais il parait que ce n’est plus très sûr.

Une sortie que je voulais faire depuis longtemps parce qu’elle permet de respirer et de retrouver la nature : une balade à Fontainebleau. A un peu plus d’une demi-heure de Paris se trouve une effet une immense forêt avec moult chemins de randonnées – balisés en bleu, jaune (familiale) ou rouge et blanc pour les GR – des blocs pour grimper, et encore sûrement beaucoup d’autres activités. Quand il fait 30 degrés, c’est la sortie idéale.

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Une mer de fougères dans cet ancien repère de peintres

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Nous avons rejoint beaucoup d’autres touristes dans le village de Barbizon où vous pouvez également faire une sortie culturelle, mais finalement on a préféré piqueniquer au milieu des bois, changer d’itinéraire en plein milieu et se perdre sur une crête avant de finalement retrouver le chemin (merci les gens que l’on croise et le GPS). Très rapidement on n’entend d’autre bruit que ses pas et le souffle du vent, on a de superbes vues sur toute la forêt de Fontainebleau, on croise d’étranges rochers sculptés par la mer et on s’évade vraiment.

Pour les vrais marcheurs, le circuit des 25 bosses est la rando avec le plus de dénivelés en île de France, nous en avons emprunté un bout: par chance c’était le coté qui offre les beaux points de vues. Il s’agit d’une randonnée longue et assez difficile mais très belle.

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La forêt de Fontainebleau qui s’étend à perte de vue.
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Une tortue croisée au détour d’un chemin

 

Interview d’expat – Jéromine en Grèce

Je reviens tout juste de près de deux semaines en Grèce où je suis allée voir ma super copine Jéromine que vous connaissez peut-être pour être l’auteure du blog l’archivoyageuse. Elle s’est installée à Athènes il y a un an, j’ai un peu tardé à aller la voir mais mieux vaut tard que jamais et cinq ans après nous étions à nouveau réunies dans la capitale grecque qu’on avait découverte ensemble. C’était l’occasion idéale pour la soumettre à l’interview d’expat, d’autant plus intéressant que ce n’est pas LA destination phare  pour s’expatrier. Alors c’est comment la vie en Grèce?

Salut Jéromine, qu’est-ce que tu es donc venue faire en Grèce?

Je suis à Athènes pour effectuer un Volontariat International en Administration, en tant qu’archiviste à la photothèque de l’École française d’Athènes, poste auquel j’ai postulé après que tu m’aies envoyé l’offre d’emploi. Je suis arrivée en septembre dernier, avec un contrat d’un an.

Et où est-ce que tu vis?

J’habite dans le quartier de Neapoli, au nord-est du centre historique d’Athènes. J’ai choisi cette zone pour la proximité avec mon lieu de travail, qui n’est qu’à une vingtaine de minutes à pied. Après dix mois je peux dire que j’aime beaucoup l’endroit où je vis, les touristes y sont peu présents, aussi je vis entourée de Grecs qui mènent une vie “normale”, et non de boutiques de souvenirs ou de restaurants attrape-touristes comme on peut en trouver à Monastiraki. Le centre et ses attractions restent quand même à proximité, me permettant de profiter pleinement de la ville.

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Monastiraki au centre d’Athènes

Il y a des différences importantes avec la France?

La plus grosse différence avec la France est au niveau des prix. Par exemple, alors qu’à Paris je payais 700 euros pour un 30m², ici je ne paye que 450 euros par mois pour un 85m² avec un grand balcon. Aller au restaurant, boire un coca en terrasse ou faire ses courses au marché revient également bien moins cher. Évidemment les salaires aussi sont  inférieurs aux nôtres, le SMIC se situant aux environs de 500 euros par mois.

Autre différence, le rythme horaire : les Grecs commencent leur journée de travail tôt, certains services tels que la poste ou la compagnie d’électricité sont ouverts dès 7h30, et finissent tôt également. Je travaille de 8h à 15h30 tous les jours. Ils déjeunent après le travail, aux alentours de 15h-16h, pour ensuite ne dîner que vers 21h-22h. Enfin, il faut quand même le souligner, les Grecs sont bien plus portés sur la discussion avec un inconnu que les Parisiens. Au marché, dans le taxi, au restaurant, on vous demandera d’où vous venez, ce que vous faites ici, si vous vous plaisez à Athènes, ce qui rend le quotidien assez agréable, notamment en arrivant dans un pays où l’on ne connait personne.

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Egine – Ile du golfe saronique à seulement une heure d’Athènes

 

Ca a été difficile de s’installer et de s’adapter?

Je n’ai pas eu de difficultés particulières en arrivant puisque j’ai la chance d’avoir trouvé un appartement avant de quitter la France, et que je travaille entourée de Français et de Grecs qui m’ont aidée dans mes démarches administratives.

J’ai eu du mal à me faire à la température de mon appartement pendant l’hiver. En effet, dans la plupart des immeubles athéniens le chauffage est collectif, et ne fonctionne que quelques heures par jour. Comme il ne fonctionnait pas chez moi, j’avais des radiateurs électriques qui étaient à la fois insuffisants à chauffer l’ensemble de mon appartement, et également un puits à argent, puisque l’électricité coûte très cher ici. De plus les appartements sont très mal isolés, et c’est un sujet de discussion assez récurrent, de savoir si l’on arrive à se chauffer assez chez soi.

Enfin, j’avoue être encore très agréablement surprise chaque samedi lorsque je me rends au marché et qu’avec moins de 10 euros je remplis mes sacs d’œufs, pommes de terre, carottes, pommes, tomates et autres légumes.

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Il y a des choses qui te manquent de la France?

J’en suis la première surprise mais à part les gens, la France ne me manque pas, que ce soit au niveau des courses au supermarché ou des sorties, qui sont à peu près les mêmes. En y réfléchissant je pourrais dire certains gâteaux et sucreries pour lesquels les rayons sont bien plus petits ici, avec beaucoup moins de choix, ou alors le fait d’aller danser en boîte, car si les Grecs sortent beaucoup, ils ne vont pas beaucoup danser

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

La principale habitude que j’ai prise ici est de marcher beaucoup plus qu’à Paris. En effet, même si le métro existe, il n’a que quatre lignes, et les stations sont très espacées les unes de autres. Les bus ne passent pas toujours même lorsqu’ils sont indiqués, et j’en ai déjà attendu un plus de trente minutes avant de renoncer. Aussi je me déplace la plupart du temps à pied.

 

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Chypre – vivre à Athènes c’est aussi l’occasion de faire des weekend là où on aurait jamais pensé aller.

Quelles découvertes as-tu faites ? Quels voyages sont prévus ?

J’étais déjà venue à Athènes il y a cinq ans pour visiter, mais je me suis rendue compte en y habitant à quel point la ville ne se résume pas à son centre historique avec le quartier de Plaka et l’Acropole. En effet, il suffit de marcher une vingtaine de minutes pour être dans le quartier anarchiste d’Exarcheia, avec ses librairies, son street-art présent partout et ses petites terrasses. Ma découverte principale est que même si Athènes est principalement connue pour ses sites archéologiques, elle a bien plus à offrir et qu’il ne faut pas hésiter à se balader au hasard.

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Le quartier anarchiste d’Exarcheia et ses nombreux tags

Je profite de mon temps ici pour voir le plus que je peux du pays, je suis allée visiter le site archéologique de Delphes, les Météores, des monastères orthodoxes perchés sur des blocs rocheux presque aussi lisses que des galets, les îles d’Égine, Hydra et Skiathos, et surtout je me suis bien baladée dans le Péloponnèse, avec plusieurs séjours et excursions, à Mycènes, Mystras, Nauplie, Méthoni, Ermioni, Monemvasia. J’ai aussi profité des vols pas chers pour aller passer un week-end à Chypre, cette île-état coupée en deux, avec une partie aux influences turques et une partie aux influences grecques.

Je ne sais pas si je vais visiter d’autres endroits de Grèce pendant les deux derniers mois qui me restent, mais j’espère profiter encore un maximum de la ville d’Athènes, en visitant les musées que je n’ai pas encore vus, et en allant à l’Acropole.

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Ile d’Hydra – la perle de la mer Egée dans l’archipel des îles Saroniques

 

Qu’est ce que tu conseillerais de faire à Athènes ou en Grèce ? Que préfères-tu de la Grèce ?

Une des choses que je conseille vraiment de faire à Athènes est de se rendre au sommet de la colline du Lycabette pour y voir le coucher du soleil (par temps découvert bien sûr). La montée nécessite une demi-heure de marche, et une fois au sommet on a une vue à 360° sur la ville, on voit l’Acropole, la mer et même Égine, tandis que le soleil se couche sur les montagnes. C’est un très beau spectacle, qui a en plus l’avantage d’être gratuit.

Coucher de soleil sur le #montlycabette #sunset #lycabettus #athens #greece #visitgreece

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Je recommande sinon vraiment d’aller voir les Météores, je n’avais jamais vu d’endroit qui y ressemble ailleurs. Dernièrement j’ai passé un week-end sur l’île de Skiathos, qu’on m’avait décrite comme une deuxième Mykonos, et en fait j’ai été agréablement surprise, je l’ai préférée dix fois à Mykonos !

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Le Mont Lycabette – incontournable pour voir le plus beau coucher de soleil d’Athènes.

 

Est-ce difficile de vivre dans un pays “en crise” ?

J’ai la chance de vivre en Grèce tout en étant payée par la France, ce qui me permet d’avoir un niveau de vie supérieur aux locaux, aussi je ne ressens pas personnellement la crise. Je constate cependant les effets de la crise en voyant les rideaux de fer de certaines boutiques en permanence fermés, ainsi que les immeubles dont la construction n’a pas été achevée et qui semblent être laissés à l’abandon.

De plus, les Grecs ayant des difficultés à payer leurs factures, la compagnie d’électricité offre une compensation financière à ceux qui payent à temps, ce qui n’arriverait jamais en France. Cependant, et c’est une Grecque qui me l’a dit, en dépit de cette situation qui s’éternise, les Grecs continuent de faire la fête, de se retrouver au restaurant ou pour boire un verre, et l’ambiance générale est assez festive, ce qui est très agréable au quotidien.

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Les gorges du Bardon sur la route entre Argos et le sud du Péloponnèse. Quand on visite la Grèce les routes valent souvent autant le voyage que la destination finale.

Une spécialité culinaire ou culturelle que tu adores?

Sans hésiter le souvlaki, sandwich constitué de viande grillée, avec tomates, oignons et tzatziki enveloppés dans un pain pita. Je vais très souvent en manger, dans le même petit restaurant près du métro Syngrou-Fix, et je prends la version avec une brochette de poulet. Pour seulement 2,40 euros on a un très bon sandwich, et moi qui n’aimais pas les sandwichs grecs en France, ici j’en suis fan.

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Manger à Athènes : entre le Tzatsiki et les souvlakis il y a de quoi se faire plaisir pour pas cher.

Et c’est facile de rencontrer des gens?

J’ai choisi d’utiliser le réseau Couchsurfing pour rencontrer des gens en dehors du travail. Plusieurs évènements sont organisés, des soirées dans un bar, des rassemblements pour faire connaissance ou encore des randonnées et excursions à la journée.

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Les Météores en Thessalie

De quoi parle ton blog ?

J’ai créé mon blog il y a trois ans, à l’occasion d’un voyage de quatre mois en Asie du Sud-est, et j’ai continué de l’alimenter avec mes récits de voyage et mes vidéos. Depuis septembre dernier j’y parle aussi de ma vie quotidienne à Athènes, de ce qu’il y a à voir et à faire, de la vie d’expat’. Et sinon j’ai commencé une série d’interview des voyageurs que j’héberge via le Couchsurfing, pour mettre en avant ce système alternatif de voyage, et montrer la diversité des jeunes qui voyagent, pourquoi ils le font, ce qu’ils attendent de l’Europe, de la Grèce.

Et après Athènes ?

Je quitte Athènes fin août, et j’ai pour projet de partir en PVT en Amérique latine en janvier 2018.

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Monemvasia

Interview d’expat – Caroline chez les Pictes

Je suis très heureuse de vous présenter mon deuxième épisode des “interview d’expats”! J’ai un peu traîné, moi qui pensais en publier un par mois MAIS je me rattraperai très vite. Promis. Aujourd’hui c’est ma très bonne copine Caroline qui s’est prêtée au jeu de l’interview.

Quand j’ai rencontré Caro elle me parlait déjà d’Ecosse, il faut dire qu’elle avait vécu un an déjà au Pays de Galles donc les paysages pluvieux et très verts avec des châteaux ça la connaissait. Puis elle a réussi à partir et en quelques semaines elle était tout à fait installée. Alors presque trois ans après: qu’est ce que c’est d’être expat en Ecosse?

Salut Caro, qu’est ce que tu fais en Ecosse ? 

Je suis en Ecosse depuis Aout 2014, d’abord à Glasgow pour mes études et après à Edimbourg depuis Aout 2015, pour le travail.

Où vis-tu ?

Dans la capitale écossaise Edimbourg. Cela a été un rêve de plusieurs années de venir vivre en Ecosse et spécialement à Edimbourg. Beaucoup de personnes (Français et Ecossais) me demandent « pourquoi l’Ecosse ? », et c’est toujours difficile de faire comprendre que l’ambiance du pays et le mode de vie ici me correspondent plus qu’à Paris.

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Edimbourg et sa pierre noire
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Glasgow – Université “Harry Potter”. Une ville jeune, une ambiance de fête et une culture alternative.

Quelles différences notables avec la France ?

Une fois passée la barrière de la langue (surtout des accents !), on se rend compte qu’il n’y  a pas tellement de différences dans la vie quotidienne. Les soucis et les envies ne sont pas si différents que ceux des Français – Français et Ecossais ont tous les mêmes sujets de conversation autour de la table au repas de Noel par exemple

Pour une différence plus marquante peut-être : le système scolaire. De la primaire à l’université, les Ecossais ont essayé de se concentrer sur l’inclusion : les classes sont très mixtes (niveaux de vie, capacités..) et la différence de l’autre est –en surface- acceptée.

Sinon, s’il y a quelque de chose de bien britannique,  c’est le « politiquement correct ». Les Ecossais (sobres) ont une telle maîtrise d’eux-mêmes : pas de disputes dans les files d’attentes, pas de bousculades dans les transports en commun, pas un mot plus haut que l’autre, excuse me sir, please, may I help ?  (Par contre, à la nuit tombée, à la sortie du pub et l’alcool aidant, certains deviennent WILD.)

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Oban – le port de départ pour les Hébrides
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Eilean Donan Castle – Le plus célèbre des châteaux creepy d’Ecosse

As-tu rencontré des difficultés lors de ton arrivée/ton installation ?

Pas spécialement de difficultés liées à l’Ecosse: pour l’instant, pas besoin de visa ou même de permis de travail. Mais on rencontre les difficultés de base que les expats connaissent tous : ouvrir un compte en banque, trouver un logement…

Ah si, il y a eu une difficulté spécial « Edimbourg » : trouver un logement au mois d’août. A cause du festival, les loyers flambent juste pour le mois et une grande partie des appartements est louée à des touristes venus pour le festival (ne parlons pas des hôtels et auberges de jeunesse).

Si vous cherchez un appart à Edimbourg, essayez plutôt en mai-juin ou il faudra casser la tirelire.

Y a-t-il des choses qui te manquent de la France ?

Une bonne boulangerie.

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Edimbourg – Princes street la rue principale de New Town
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Edimbourg – Victoria street entre New Town et Old Town

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

Je suis en général plus zen en Ecosse – dans les transports, sur la route… dès que j’arrive à Paris, j’ai la tension qui monte d’un coup !

Qu’as-tu visité dans le pays/la région

J’ai vu Edimbourg en long en large en travers, et je suis sûre qu’il y a encore beaucoup à voir ! Mais mon souvenir préféré c’est la fois où j’ai loué une voiture pour monter dans les Highlands, les lochs, les montagnes (que les Ecossais appellent « Ben »), les vues à couper le souffle.

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Les Pentlands – Des minis montagnes à quelques minutes d’Edimbourg, de quoi randonner le dimanche en pleine nature
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A chaque saison l’Ecosse prend des couleurs différentes et un nouveau paysage s’offre à vous
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Pas très loin de Glasgow se trouve Glencoe et les three sisters – un incontournable de l’Ecosse.

Quels prochains voyages/découvertes sont prévus ?

Pour les prochains voyages en terre écossaise, j’aimerais beaucoup aller dans les Shetlands pour le festival viking Up Helly Aa, (dernière semaine de janvier) peut-être l’année prochaine ? Mais mon prochain voyage est un peu plus « exotique », je pars au Brésil : Rio, les chutes d’Iguaçu ..

Ce que tu conseillerais de faire/voir absolument en Ecosse et à Edimbourg ?

3 jours à Edimbourg – les visites guidées de nuits dans les ruelles sombres de la ville sont un must + une nuit à Glasgow pour faire l’expérience des bars et des concerts, et une semaine minimum en voiture dans les Highlands pour en prendre plein des mirettes. Les plus courageux peuvent planter leur tente et camper. Je conseillerais de visiter une île, Skye ou la plus petite et belle Arran. C’est très beau et on prend un bon bol d’air pur.

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Vacances  en automne pour découvrir l’île d’Arran trop méconnue

Des endroits où sortir ?

Faire la fête ? Glasgow ! des bars très sympas à tous les coins de rue, dans le West end surtout. A ne pas rater : participer à un ceillidh. Danses écossaises, et whisky pour vous réchauffer.

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Pub dans le West End à Glasgow.  Ici le pub est une institution!

Quelle est la super découverte de ton nouveau pays qui n’existe pas ailleurs ?

La culture du pub, aller dans un bar, se rechauffer, voir ses amis, boire un verre.

Est-il facile de rencontrer des gens ?

Super facile, surtout avec l’accent français . Allez dans un pub, même le plus reculé et vous vous retrouverez toujours à discuter avec un local. Mes amis écossais, je les ai rencontrés sur le pas de ma porte (histoire vraie) car c’étaient les voisins !

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Arthur’s seat – le sommet d’Edimbourg, une ascension pas si facile sur une falaise sauvage qui donne une vue sur tout Edimbourg… et sur la mer du Nord.
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Edimbourg et les Paintlands au loin – Vue depuis le Museum of Scotland

Et une autre expatriation ?

Je pense repartir à un moment mais j’espère que l’Ecosse restera mon point de chute final.

Ressent-on une identité écossaise très forte ? Est-ce qu’on parle beaucoup du Brexit ?

Oui, venez à Edimbourg pendant les 6 nations pour voir ! Dans les mois qui ont suivi le Brexit, oui. Certains Ecossais sont même venus me voir pour s’excuser du vote de certains de leurs compatriotes (quand on parle de politesse..). Les choses sont un peu retombées depuis septembre, on est un peu dans le noir et l’incertitude.

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Alors il pleut tout le temps en Ecosse?

Chronique parisienne 4 – Une semaine féministe

  • Expo du moment – “Présumées coupables” aux Archives Nationales

Pour finir cette semaine toute féministe je suis allée samedi dernier au CARAN, le centre des Archives Nationales au cœur du Marais, pour y voir l’exposition « Présumée coupables ». Malgré le monde – qui eut pensé qu’une expo sur ce thème serait bondée ? – je suis sortie plutôt satisfaite de cette visite.

Pièces d’archives à l’appui, l’expo retrace cinq  types de condamnation en justice pour les femmes depuis le Moyen-âge jusqu’à la Libération : les sorcières, les empoisonneuses, les pétroleuses, les collaboratrices et les infanticides. Cinq crimes majeurs qui conduisent des femmes en procès,  crimes pour lesquelles elles sont souvent condamnées, mais pas toujours ! L’exposition détaille non seulement le déroulement des procès mais également les processus qui conduisent ces femmes à se retrouver en Justice : délation, profils particuliers (âge, vie marginale, etc), situations difficiles qui poussent au meurtre ou à l’abandon de son enfant, …

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Le CARAN – Centre de Recherche des Archives Nationales
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Cour de l’Hôtel de Soubise

Le gros plus : les archives sont dans les vitrines, passionnantes pour qui est paléographe mais peu évocatrices pour les profanes MAIS des écrans proposent la transcription des textes en vieux français et également la traduction en français d’aujourd’hui. On peut ainsi lire les procès verbaux de dizaines et de dizaines de femmes qui décrivent leurs danses sataniques, le calvaire de l’inceste, ou encore les raisons de leur « collaboration horizontale ».

Même si on s’y connait sur certains sujets – par exemple le Moyen-Âge – on apprend forcément quelque chose sur les autres périodes : pour ma part je ne connaissais rien aux pétroleuses, et je n’avais jamais eu l’occasion d’en savoir plus sur les femmes tondues de la libération que ce que nous offrent à voir les films de l’époque (qui sont très durs à regarder je trouve).

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Enfin : avoir accès à des documents d’archives est pour moi quelque chose de toujours émouvant, qu’il s’agisse de procès du XIIIe siècle ou de lettres de Louise Michel. Permettre que cette mémoire commune soit diffusée à tous même sur de courtes périodes, seulement lors d’expositions, est primordial ! Il est donc important d’encourager les Archives Nationales qui organisent régulièrement des expositions, souvent quelque peu politiques, et toujours passionnantes !

L’exposition a lieu à l’Hotel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois (métro Rambuteau) jusqu’au 27 mars 2017 – 6€ l’entrée plein tarif

Pour en savoir plus: site des archives nationales

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  • Un magazine: CAUSETTE

Il y a deux mois alors que j’attendais patiemment le RER pour rentrer chez les parents en trainant dans le Relais du coin j’ai décidé d’acheter Causette, ce magazine féministe que je n’avais jamais ouvert. J’avais dans les poches tout pile le prix, les textes avaient l’air de valoir le coup, adjugé-vendu ! J’ai eu raison. Malgré le prix prohibitif – mais c’est le cas de tous les magazines il me semble – j’ai dévoré le numéro de janvier, j’ai fait exprès de le laisser chez mes parents, chez mon copain pour le faire lire au plus de monde possible. Causette adopte un ton très ironique, impossible à apprécier si vous n’êtes pas trop second degré : des chapeaux politiquement incorrects comme « Aimer les enfants c’est ne pas en faire ? » pour n’en citer qu’un, avec une ligne éditoriale avant tout féministe mais qui parle aussi beaucoup de politique, des reportages inédits sur d’autres parties du monde. Bref un ensemble qui me plait : je trouve toujours un article à lire selon mon moral. Petit bémol : je pense ne pas être tout à fait d’accord avec leurs critiques culturelles, pas assez critiques justement, à l’inverse du reste du magazine.

 Pour celles – ou ceux –  qui trouveraient cela trop cher, pensez à regarder dans votre médiathèque, la mienne l’achète chaque mois, et un abonnement à la médiathèque est toujours moins cher.

  •  Podcast: “Le dictionnaire du féminisme” sur France Inter

Je me suis longtemps dit qu’il faudrait que je profite des tâches répétitives au boulot pour écouter des postcasts, c’est chose faite cette semaine après avoir vu passer sur twitter une annonce pour un épisode de « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun –France Inter – sur le féminisme, ou plus exactement sur le Dictionnaire du féminisme, paru il y a peu aux Presses Universitaires de France sous la direction de Christine Bard.

Christine Bard n’est pas une inconnue, c’était la prof de Jéromine, l’archivoyageuse, pendant sa licence d’histoire, et c’est surtout celle qui a fondé en 2000 le centre d’archives du féminisme. Pourquoi un centre d’archives ? Parce que dès le départ les féministes, et  les associations féministes ont produit de nombreux documents, collectés et réunis en 3 lieux : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine et la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris, et la BU d’Angers où le fonds d’archives est accompagné d’un fonds documentaire unique de 10000 ouvrages sur le thème du genre et du féminisme.

 Pour en savoir plus je vous conseille, bien entendu, d’écouter le podcast !

Justine et le PVT en Australie

Pour lancer ma nouvelle rubrique d’interview d’expats – idée piquée du blog de Mathilde (eh oui encore!) – j’ai fait appel à ma Justine, une amie élève du barreau de Paris qui a pris une année de césure pour vivre sous le grand air australien. Travailler, voyager, galérer un peu : comment ça se passe concrètement une année de PVT en Australie? Justine a accepté de répondre à mes quelques questions et devinez quoi…ça donne sacrément envie de partir!

Qu’est ce que tu es allée faire en Australie?

J’ai décidé de partir une année à l’autre bout du monde, en Australie, afin d’apprendre l’anglais. Mais le projet linguistique s’est vite transformé en roadtrip ! J’ai voyagé la moitié de mon séjour, et travaillé en tant que jeune fille au pair dans une famille australienne l’autre moitié.

Où vivais-tu?

J’ai vécu à Brisbane, dans l’état du Queensland. C’est la 3ème plus grosse ville d’Australie mais c’est une ville à taille humaine assez isolée. Le climat subtropical assure une météo idéale, avec un hiver dont les températures oscillent entre 15 et 20 degrés. Cet hiver très doux a été un argument déterminant dans le choix de mon lieu d’établissement, outre le coût de la vie nettement moins élevé qu’ailleurs.

Il est assez facile de dénicher une chambre en colocation sur du court terme, mais les prix sont plus élevés que sur le long terme. La grande flexibilité de ce type de location se paye, il suffit de payer un « bond », une sorte de caution, et c’est tout ! En revanche, tout est basé sur la confiance, il n’y a aucune trace écrite sur les locations « short term » , il faut donc être prudent.

Trop fière de ma maison sur roue retapée par mes soins.
Trop fière de ma maison sur roue retapée par mes soins.
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S’arrêter dans des lieux tout droit sortis de films.

Quelles difficultés as-tu rencontrées lors de ton arrivée?

En PVT il n’est pas si facile de trouver un emploi : on ne peut travailler que 6 mois d’affilée pour un même employeur. Personnellement, j’ai commencé à chercher un job quelques mois avant l’expiration de mon visa, ce qui m’a beaucoup pénalisée. Il existe aussi une concurrence réelle avec les étudiants qui ont peu de cours à l’université, mis dans  l’obligation de travailler à cause du prix très élevé des frais de scolarité. Enfin, la barrière de la langue est une difficulté supplémentaire.

Le plus facile est d’opter pour un travail de récolte à la  ferme,  mais il est indispensable d’avoir une voiture – la voiture est indispensable dans ce pays –  d’être mobile, et d’avoir conscience de la précarité de ce type de poste. A titre d’exemple, j’ai parcouru 2300km d’une traite, en 3 jours, pour rejoindre une ferme productrice de citrons qui m’avait offert du travail. A mon arrivée, l’exploitant m’a annoncé que le cours du citron avait baissé, et que par conséquent, il me faudrait rester dans les environs en attendant son appel… 15 jours plus tard, toujours rien !

Pour ce qui est de trouver un van il existe un véritable marché pour les backpacker. L’idée consiste à acheter un utilitaire à un entrepreneur et à lui offrir une seconde vie en le transformant en campervan. Personnellement, j’ai acheté un utilitaire affichant 200 000 kms au compteur afin de l’aménager (compter 3000 dollars la vieille camionnette, au moins 1000 dollars d’équipement, et 1000 dollars d’assurance).

On roule, on roule sans s'arrêter dans le désert australien.
On roule, on roule sans s’arrêter dans le désert australien.

Quelles sont les différences notables entre l’Australie et la France?

La bouffe et la culture ! C’est en s’expatriant que l’on réalise la richesse de notre gastronomie et de notre histoire ! Originellement, l’Australie est une terre aborigène. L’histoire de l’Australie est donc essentiellement celle de sa colonisation, qui est relativement récente (18, 19ème siècle). Il n’y a donc pas de beaux châteaux à visiter, mais plutôt des buildings !

Quelles habitudes as-tu prises dans ton pays d’accueil? 

La principale habitude que j’ai prise en Australie est liée au rythme de vie. J’ai appris à vivre à l’heure australienne, c’est-à-dire en fonction du rythme du soleil. Celui-ci se lève entre 5 et 6h du matin, l’on prend vite l’habitude de se lever entre 6h30 et 7h du matin, y compris le weekend. Les australiens sont des lève-tôt, et des couche-tôt, à 22h les rues se vident.

Une année remplie de visites et de découvertes?

J’ai parcouru tout la côte est de l’Australie à bord de mon van, en allant de Cairns (grande barrière de corail, nord du Queensland) à Melbourne, en passant par le désert d’Alice Spring. Je n’ai pas pu visiter la côte ouest, les distances étant trop longues, il aurait fallu une année complète de voyage pour parcourir toute les côtes australienne en van (ce que font d’ailleurs beaucoup de backpacker !) Mais je souhaitais également me poser pour travailler.

La vie au grand air et ses nombreux avantages: le feu de bois au milieu du désert.
La vie au grand air et ses nombreux avantages: le feu de bois au milieu du désert.
Pause photos dans de désert.
Pause photos dans le désert.

Que conseillerais-tu absolument de voir ou faire en Australie?

Incontestablement, le Red Center, autrement dit le désert  d’Alice Spring ! Ce fut une expérience incroyable, le seul fait d’évoquer ce périple m’émeut ! Pour atteindre le désert, il faut d’abord parcourir 2000 km de no man’s land. Une seule route qui s’enfonce aux confins de l’Australie profonde, là où la terre orangée est sèche et rocailleuse. Des milliers de kilomètres de plaines désertiques, avec parfois une ligne de train de marchandises, quelques vaches faméliques.  Les arrêts dans les stations essence sorties de nulle part valent le détour, non pas pour le prix exorbitant du carburant, mais pour l’atmosphère très « far west ». La rencontre de ces gens qui vivent dans le grand outback, à 1000 km d’une ville, est une expérience en elle-même. Le « Territoire du Nord » que l’on traverse est également peuplé en grande partie d’aborigènes, qui vivent dans des réserves interdites aux touristes. Mais l’on en rencontre beaucoup dans les stations essence, qui font office de boutique d’approvisionnement en chips, coca et autre malbouffe. Bon nombre d’aborigènes en raffolent, perdus bien loin de leurs racines et de leur culture ancestrale.

L’arrivée à Alice Spring, la porte d’entrée du Red center, est un moment fort car il marque la fin d’un long périple. Commence alors la grande aventure du désert, ses paysages époustouflants, la chaleur écrasante et les nuées de mouches qui nous poursuivent sans relâche ! Pour les sites les plus touristiques, cela signifie aussi une horde de cars de touristes chinois, tout beaux, tous propres, armés de leur appareil photo.

La terre ocre d'Alice Springs.
La terre ocre d’Uluru, le rocher sacré des Aborigènes.
Au sommet d'Uluru.
Au sommet d’Uluru.

Autre lieu typique incontournable : le nord du Queensland, ce territoire hostile et moite. C’est une ambiance unique, bien loin du cliché du surfeur australien à Sydney. Le climat y est tropical, l’atmosphère est lourde, moite et humide. Un parfait vivarium qu’affectionnent particulièrement les crocodiles et autres espèces dangereuses en tout genre. Il est interdit de se baigner dans la moindre petite creek d’eau, la baignade y est extrêmement dangereuse. Dans un autre genre, les méduses tueuses peuplent les eaux de Cairns pendant la saison des pluie. Charmant.

Là bas, l’Australien, c’est un vrai gars du pays, qui te dit « Hey mate » quand il te voit, assassine l’anglais avec son accent écorché, porte le grand chapeau en paille et la chemise à carreaux. La conversation du coin de rue ? La chasse au crocodile en mer. Rien ne leur fait plus plaisir que de parler des captures de crocodiles (relâchés dans des parcs) avec force  détails pour terroriser le touriste facilement impressionnable.

Cairns, au nord du Queensland. Entre grande barrière de corail et mangroves.
Cap tribulation – la région la plus au nord du Queensland après laquelle il n’existe plus de route bitumée.
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Le lagon de Cairns: impossible de se baigner dans l’eau à cause de sa mangrove trop dangereuse

Des endroits où sortir ou faire la fête?

Je ne suis pas allée en Australie pour faire la fête, je n’étais pas du tout attirée par les sorties en bar. Je passais mes weekend à parcourir le pays, y compris lorsque j’étais basée à Brisbane. Et puis, en Australie, la vie est chère ! L’alcool est surtaxé, il faut donc avoir les moyens de prendre un verre, c’est quand même un budget !

Une spécialité culinaire ou culturelle que tu as adorée?

Un plat ? Non, sans déconner, on est en Australie. Leur grande fierté nationale, c’est une sorte de pâte à tartiner industrielle  (Vegemite) qui est une spécialité australienne. Immonde.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié le savoir-vivre australien, à tout point de vue. La vie  est agréable, je n’ai pas ressenti le stress et l’agacement généralisé qui existe à Paris. Les gens prennent les transports en commun calmement, ils font sagement la queue pour monter à bord, tout le monde paie son ticket. A la moindre question, l’on s’empresse de vous répondre avec moult détails, et quelques questions personnelles au passage. Autre point très important : le rythme du travail est plus léger qu’en France. Il est impensable de réaliser les horaires des avocats d’un cabinet d’affaire parisien, 18h30/19h c’est un grand maximum pour quitter son travail.

Au Mont Sanders, point culminant des McDonell Rangers.
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At the top of the world…ou le “Territoire du nord”.

Est-il facile de rencontrer des gens?

La barrière de la langue est bien évidemment un grand frein pour le contact local. Les étrangers ont tendance à rester ensemble, il est difficile d’approcher les « vrais australiens », qui font leur vie. En revanche, ils sont très ouverts à la discussion et curieux à propos de la France. J’ai été interpellée par une multitude de passants qui s’amusent à balancer tous les mots de français qu’ils connaissent (Madame, merci !). Il est facile d’engager la conversation, qui tourne d’ailleurs facilement vers des sujets politiques.

Que t’a apporté ce voyage?

Un voyage d’une telle ampleur, sur une année entière, laisse forcément des traces profondes. Ce périple se transforme vite en voyage initiatique, presque méditatif. Le fait de se déconnecter entièrement de la civilisation, de  l’environnement quotidien, des influences extérieures, permet de se recentrer sur l’essentiel et de faire une profonde retour sur soi-même. Les rencontres, le fait de découvrir des modes de vie totalement différents sont autant de claques qui remettent en question tous vos acquis culturels, tout ce qu’on vous inculque depuis l’enfance.

Un exemple: ce couple assez âgé rencontré lors de mon périple vers Alice Spring.  Alors que le van était embourbé, un bonhomme est venu me secourir en courant, armé de sa pelle, et n’a pas hésité à se salir pour m’aider. Non content de ce sauvetage, il m’invite à boire un café dans sa superbe caravane tout confort, avec sa femme. Je découvre que ce vieux couple mène une vie nomade et itinérante, ils voyagent à travers l’Australie pour vendre du matériel de camping, et vivent dans leur caravane. Ils expliquent alors qu’ils perçoivent la vie comme une grande aventure, ils me disent d’oser, de foncer, d’enlever les barrières qui n’existent que dans ma tête. Je me souviendrais toujours de ce geste, mimant avec ses mains l’acte de me retirer de la tête les obstacles mentaux. Ecoute un vieux qui a l’expérience de la vie me disait-il, et sors de ton étau. Cet homme, qui me connaissait à peine, a su m’analyser, prenant soin au passage de me sermonner. Encore un discours qui donne matière à réflexion et qui bouleverse vos conceptions préfabriquées de la vie.

Seule au milieu du désert. Méditer, déconnecter et se retrouver dans l'immensité de la nature.
Seule au milieu du désert. Méditer, déconnecter et se retrouver dans l’immensité de la nature.
Coucher de soleil sur Cairns
Coucher de soleil sur Cairns

Et si tu devais t’expatrier…?

Si je devais m’expatrier, ce serait incontestablement en Australie, j’ai eu un véritable coup de foudre pour ce pays.

Quels conseil pour quelqu’un qui prépare son PVT en Australie?

Inutile de tout préparer et de tout organiser minutieusement, le voyage c’est aussi l’imprévu et l’improvisation. Il convient juste de tracer un itinéraire de base, en prenant soin de regarder les saisons. Il existe différents climats en Australie, notamment une saison des pluies dans le nord du Queensland. Il faut en tenir compte pour dessiner son l’itinéraire,  l’idéal étant de voyager l’été dans le sud de l’Australie pour éviter l’hiver frais, puis de remonter dans le Queensland après la saison des pluies.

Faire quelques repérages pour l’aspect pratique (comment ouvrir un compte bancaire, le téléphone, l’assurance santé, faire un stock de médicaments…), s’informer sur les grandes enseignes bon marché etc.

Enfin s’interroger aussi sur la ville où vous déciderez de vous fixer si vous souhaitez travailler en dehors des fermes : tout dépend alors de vos aspirations. Il y a peu de villes, peu de choix mais il ne faut pas se tromper: si vous vous ennuyez ferme sur la côte ouest assez sauvage et peu habitée, il faut parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre Sydney.

Un petit tour par GReat Ocean road pour finir cette année en beauté.
Un petit tour par Great Ocean road pour finir cette année en beauté.

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Un autre PVT ça te tente?

Si je voulais faire un PVT pour le fun, en dehors de toute contrainte linguistique, je choisirais l’Argentine pour un dépaysement total !Je n’envisagerais pas de m’installer dans un pays que je ne connais pas, mais je serais ouverte à l’idée de refaire une expérience d’une année ailleurs, aux Etats-Unis par exemple. Toutefois il n’y a pas de PVT dans ce pays, qui est donc peut accessible.

On parle beaucoup de la mauvaise réputation des Français en Australie, tu en as ressenti les effets?

En effet, il y a eu quelques mauvaises expériences avec des backpacker, qui dans leur volonté de faire des économies, peuvent avoir tendance à abuser en ne voulant rien payer et faire le « squatteur », mais cela ne concerne pas que les Français. La grande majorité des backpacker qui sillonnent  l’Australie sont de nationalité allemande et française, donc forcément, nous sommes dans le viseur. Nous avons aussi une réputation de grande gueule, car nous avons tendance à être  plus direct que les Australiens qui sont plus précautionneux pour dire le fond de leur pensée. J’ai eu quelques réflexions du type « c’est le french style » à propos d’un désaccord avec un bailleur, mais en dehors de ça je n’ai pas ressenti  d’hostilité spécifiquement anti-française. D’un point de vue plus général, c’est la France en tant que pays qui a une mauvaise image : insécurité, immigration non contrôlée, attentats terroristes, Union européenne totalitaire, voilà ce que j’ai souvent entendu.

Info: pour trouver un logement LE site par excellence est gumtree

Des paysages toujours aussi grandioses.
Des paysages grandioses, partout. c’est ça avant tout l’Australie.

Bilan 2016 -Une bien chouette année!

Je n’avais pas très envie de faire un « bilan de 2016 » cette année, d’abord parce que je ne voyais pas bien quoi dire, parce que je me demande surtout ce qu’il va se passer l’année prochaine et enfin parce que je fonctionne en années scolaires ou en années d’anniversaires. Mais au moment de faire mon habituelle liste de résolutions je me suis souvenue que cette liste devenait souvent l’objet de culpabilité, de «je vois trop gros et au final je fais rien ». Alors comme quand j’étais en prépa et que j’avais le sentiment de ne pas travailler du tout et de me noyer sous mes plannings, je me suis rappelée qu’il était bon de noter ce qu’on avait fait plutôt que ce qui nous reste à faire. Et en plus ça fait un article facile.

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En hiver le meilleur remède contre la déprime, le froid et la nuit, ce sont les bains de Baden-Baden et l’atmosphère “Grand Budapest Hôtel” de la ville.
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Février – Virée en Forêt-Noire. Au programme le Titisee et Freibourg

La chose la plus géniale qui me soit arrivée en 2016, celle qui me rend la plus fière est sans aucun doute d’avoir eu mon permis et de pouvoir ENFIN barrer cette résolution que je notais depuis des années. Je ne sais pas trop pourquoi je ne m’en sentais pas capable, toujours pas vraiment d’ailleurs et pourtant quand je prends le volant les automatismes reviennent vite et c’est vraiment le pied de se dire que je peux prendre la voiture pour aller où je veux…notamment en road trip bien sûr.

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Mars – 30 000 personnes pour fêter le Carnaval de Strasbourg.

Mais 2016 c’était aussi une découverte plus approfondie de la région des trois frontières : Alsace, Suisse et Allemagne. La visite de villes que je ne connaissais pas du tout mais dont je fais désormais la promo : Wissembourg, Colmar, Freibourg, Baden-Baden, Bâle et surtout la merveilleuse Marburg qui attend encore son article sur le blog.

C’était Strasbourg et la vie quotidienne strasbourgeoise entre les brunchs du dimanche, le passage régulier à la médiathèque le samedi, le cinéma à quelques minutes de chez soi, les terrasses des péniches pleines de monde au moindre rayon de soleil. Passer devant la cathédrale presque tous les jours, tester les nouveaux restaurants qui ouvrent, sortir enfin son vélo pour traverser la ville et rêver devant les montagnes de la Forêt-noire là-bas au loin.

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Bâle en avril – Découverte de la Suisse allemande et d’une ville culturelle très dynamique.

Enfin, après avoir quitté l’Alsace, il y a eu des voyages plus lointains. Je me suis rendue pour la première fois de ma vie en Asie – la rive asiatique d’Istanbul ne compte pas – dans un pays qui ne m’attirait pas du tout : la Chine. Je n’ai pas encore fini de vous raconter, et de me raconter ce voyage. Le plus long que j’ai fait,  avec un sac à dos et mes pauvres New-Balance qui ne ressemblent plus à rien. Toujours accompagnée de ma fidèle acolyte Jéromine c’était aussi la première fois que je me faisais des « compagnons de voyage » pour partir trekker dans les Gorges du Saut du Tigre. Première fois aussi que je faisais un voyage aussi long seule, et premier visa évidemment.

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Mai – dernière visite au fin fond de l’Alsace à Wissembourg. Est-ce encore bien l’Alsace d’ailleurs?
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Mai bis – Avec les sistas à Colmar et il ne faisait pas encore super chaud.

Après la Chine j’ai commencé à apprendre l’Italien – presque en totale immersion, en vivant la dolce Vita dans les montagnes des Apennins entre Rome et Naples. Avec l’apprentissage de la langue vient l’envie de vivre en Italie du Sud, même si je sais que ce n’est pas une région facile. Pour le moment l’Italie ce n’est encore que pour les vacances mais si je veux progresser…

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Début juin – Retomber amoureuse de l’Allemagne dans les rues de Marburg

L’automne était sous le signe de la culture: châteaux de la Loire, beaucoup de musées à Paris et Vienne sous une belle lumière de fin d’octobre.

Enfin le nouvel-an comme tous les deux ans en Ecosse. Cette fois-ci c’était à Edimbourg, j’ai pu admirer le superbe feu d’artifice au-dessus du château, les pieds et les mains glacées, avec une légère hâte de passer le reste de la nuit dans un pub pour me réchauffer.

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Juillet – Chine. On part en trek en pleine saison des pluies pour toucher l’Himalaya.
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Août – Naples et Procida et la douceur de vivre à l’Italienne.
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Août bis – Je découvre la Provence et la jolie ville de Marseille.

Et pour 2017 ?

 Beaucoup d’articles que je n’ai pas encore rédigés, probablement beaucoup de glandouille à la maison. Mais je continue de rêver de sorties, de weekends et de grands voyages. Je me replonge dans des récits de voyage, des carnets de carnettistes. J’ai eu pour noël le superbe Rencontres autour du monde de Stéphanie Ledoux qui me donne envie de me mettre au dessin ET d’aller en Afrique. J’ai envie d’un voyage là où je ne connais rien, et en même temps de découvertes pas loin, en France et à Paris. 

 

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Septembre – A vélo sur la Loire pour visiter Tour, Chenonceau et Amboise. Conclusion: je ne suis pas une pro du cyclotourisme.
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Octobre – Schönbrunn coloré de rouge et d’orange pour fêter l’automne. Et le froid.

En ce qui concerne le blog il me reste encore plus de la moitié de la Chine à vous montrer, viendra aussi un article pour un week-end Marburg que j’ai tellement aimée, et un petit aperçu des visites nature à faire dans les environs d’Edimbourg. Sûrement encore plus de chroniques parisiennes mêlant vie quotidienne et vie culturelle, et, comme on voyage très bien aussi depuis son canapé, il y aura des critiques de livres, notamment un article avec des BD prévu pour très bientôt et du cinéma si j’arrive à m’y rendre plus souvent. Enfin, j’arrive à mes 26 ans et je fais le deuil de la gratuité dans les musées. Heureusement je gagne enfin un peu ma vie – pour combien de temps? – et je vais pouvoir continuer à voir les expos à Paris et découvrir des musées inconnus  – j’en ai beaucoup sur ma liste.

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Décembre – Découverte de Lyon, ville semi italienne. J’ai adoré le vieux Lyon, Croix rousse et le parc de la tête d’Or sous le soleil.

Pour finir: les stats! Parce que j’adore regarder les petits graphiques se modifier: qui vient lire mon blog? D’où le regardez vous? Quels articles sont les plus lus?

En 2016 j’ai rédigé 34 articles, la plupart sur Strasbourg et sa région, et je pensais curieusement en avoir écrit bien plus. Le nombre de visites à plus que doublé en un an et je vous remercie beaucoup beaucoup beaucoup. De 2600 visites on est passé à près de 6000, avec une moyenne de 16 visites par jour, on n’atteint pas le stade des influenceurs mais ça fait tout de même rudement plaisir!

 

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31 décembre – Edimbourg pour Hogmanay. Du vent, beaucoup de nuit et un superbe feu d’artifice!

 

L’article le plus consulté est encore une fois le parc national du Durmitor au Monténégro, puis l’article sur mes bonnes adresses à Strabourg et enfin le récap de mon boat trip en Grèce il y a quelques années. J’en profite pour vous renvoyer à ce propos au blog de Jéromine, l’archivoyageuse, qui est expat en Grèce depuis septembre dernier et qui vous en parlera bien mieux que moi.

Grosso modo c’est en général pour avoir des infos sur le Monténégro qu’on vient consulter mon blog puisque les articles sont clairement en tête du classement. Le Monténégro est d’ailleurs le deuxième pays qui consulte le plus mon blog – devrais-je faire une traduction en monténégrin?. Figurent également au top 5 des pays qui me lisent la Belgique, la Grèce, le Canada et les Etats-Unis.

Très bonne année 2017 a TUTTI! Et à très vite j’espère (je m’y emploie)

Chronique parisienne: perdue dans les (vieux) livres

Mardi 13 décembreC’est l’heure de la 3ème chronique parisienne (puisque cette rubrique a été rebaptisée ainsi, puisque j’y parle essentiellement de ce que j’ai pu faire et voir à Paris).

Comme quoi on peut toujours découvrir le 5e arrondissement autrement. Ici depuis le restaurant administratif de l’ancienne école polytechnique. (On ne se mouche pas du coude…)
L’église Saint Étienne du Mont, toujours aussi belle (selon moi)

Depuis un mois j’ai repris le travail, un travail qui ne va pas durer longtemps mais qui me permet de découvrir un nouveau milieu j’ai nommé : les bibliothèques. Je ne suis pas vraiment novice des bibliothèques, comme tout étudiant qui se respecte j’en ai fréquenté moult durant mes études, j’ai même eu le droit d’avoir ma carte « chercheurs » de la Bibliothèque Nationale. Celle qui donne accès à un tout nouveau monde où on a droit à deux heures de pause, une place réservée, et un café pour y rencontrer ses pairs. Mais aujourd’hui je suis de l’autre côté.


Si vous me suivez sur snapchat vous avez pu voir que je me perdais assez régulièrement dans les immenses magasins de la Bibli, entre les comptes rendus de l’ONU, les manuels de droit et les vieux dictionnaires juridiques du XVIIe. J’aime assez l’idée de vous montrer une fois par semaine les off de la vie de bibliothécaire et redécouvrir avec vous le 5e arrondissement de Paris. Je ne l’aurai pas quitté longtemps mais ça suffit pour que je « waho » à chaque fois que je passe devant le Panthéon ou que je « ooh trop mignon » quand je longe l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Rendre instagrammables des ouvrages de droit…tout un défi!

Et puisqu’on parle de livres j’en ai plusieurs de retard dont je voulais vous parler.

  • Nos contrées sauvages, Cate Kennedy

L’histoire : Sandy élève seule sa fille dans une petite ville de l’Australie quand la père de celle-ci, un photographe-aventurier, refait son apparition et décide d’emmener sa progéniture en trek en Tasmanie pour faire connaissance pendant que Sandy fait une retraite dans un camp bouddhiste. Evidemment tout ne se passe pas comme prévu…

Je n’ai pas tout de suite accroché avec ce roman : l’écriture est excellente, ça se lit très vite MAIS les personnages sont assez peu agréables, chacun à leur manière, et ce qui m’a finalement le plus dérangée c’est de me reconnaitre dans chacun d’eux, essentiellement pour leurs mauvais côtés. Plein de cynisme, à la fois cinglant et avec une certaine tendresse ce roman est un récit de société sur une génération qui peine à vieillir et vit dans le paraître. Le livre s’intéresse aussi beaucoup à la question du tourisme de masse qui est sans cesse présente durant le trek : que font les touristes à la nature ? Le paradoxe du touriste qui aimerait être seul au monde et détruit ainsi peu à peu les espaces sauvages met forcément un peu mal à l’aise mais permet aussi de se poser des questions.

Un très bon livre, très intelligent.wp-1482312846865.jpeg

  • Le voile de Téhéran, Parinoush Saniee

L’histoire : Iran, régime du Shah – Malgré son rêve de poursuivre ses études Massoumeh se retrouve mariée à 16 ans à un homme qu’elle ne connait pas. Tout au long des révolutions et des changements de régime que connait le pays elle essaie de prendre sa vie en main et se battre.

Avis mitigé. J’ai beaucoup aimé sur le moment, pas pour l’écriture que j’ai trouvé trop simple, pas pour les personnages que j’ai trouvé peu étoffés, mais pour les événements que le livre raconte. Je me passionne pour   l’Iran depuis que j’ai vu Persepolis, or ce roman décrit tous les mouvements qu’à connu l’Iran durant 50 ans. J’ai ouvert des livres d’histoire en même temps  pour approfondir ce que je lisais et c’est en ça que cette lecture m’a beaucoup apportée. Si les personnages, surtout les personnages principaux, ne sont pas habités par des paradoxes qui pourraient me les rendre attachants – hormis peut-être la mère de Massoumeh qui est finalement la plus intéressante car ne rentrant pas dans une case – la complexité de la situation du pays est très bien rendue et permet de mettre des images derrières des mots de « révolution islamique ».

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  • Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

Mon petit dernier, trouvé encore une fois dans le club de lecture de Mango and salt. Un roman victorien comme on les aime, avec une écriture proche de Jane Austen bien qu’un peu plus bigote, et une certaine originalité : mettre au cœur du livre le sujet des cités industrielles du nord de l’Angleterre !

L’Histoire : Pour des raisons familiales Margaret, fille d’un  pasteur du sud de l’Angleterre, se voit contrainte de déménager dans le nord, non loin de Newcastle , dans une ville ouvrière. Changement de vie total : point de champs et de balades en plein air mais des bains de foule sous la poussière des usines et grèves !

Voici un bon livre à lire avec une tasse de thé et un plaid sur les genoux. Il est toujours agréable de lire des romans de cette période, celui-ci est particulier car c’est un sujet que je n’avais encore jamais vu traité, et à vrai dire, je ne savais pas que les syndicats existaient déjà en 1860 ! La chronique de la vie citadine au milieu des usines et des grèves est passionnante, bien que peu crédible par moments, et Elisabeth Gaskell fait bien attention de confronter régulièrement la vision du patron et celle de l’ouvrier , présentant son héroïne, et le lecteur avec elle, comme une observatrice qui doit se faire son propre avis sur un sujet qu’elle ne maîtrise pas du tout.

Je le recommande donc chaleureusement à tous les adeptes de ce genre de littérature.

Il parait qu’il existe une série de la BBC du même nom: North &South...je vais regarder ça le plus vite possible.

Chronique parisienne #2 – Un pied en Orient

Un mois, ou presque, a passé depuis la dernière édition et j’ai été pas mal occupée ces derniers temps puisque je suis partie six jours à Vienne – je vous parle de la capitale viennoise dans un article consacré : un long week-end à Vienne – où j’ai pris une longueur d’avance avec l’hiver. J’ai passé le restant du mois à écrire et envoyer des lettres de motivation pas du tout motivées en buvant moult cappuccino dans des cafés parisiens ou en regardant la pluie tomber depuis ma grande baie vitrée qui donne sur un cimetière à l’anglaise. Ambiance gloomy parfaite pour un soir d’halloween.

Enfin j’ai découvert deux supers applis sur lesquelles j’ai dû passer des heures : pacer, un podomètre qui m’a rendue accroc à la marche, mon but étant chaque jour d’atteindre les dix mille pas attendus. J’ai remarqué que je ne les atteignais jamais à Paris, à moins de décider de ne pas du tout prendre le métro de la journée, alors que je pouvais facilement viser les seize mille pas à Vienne, autrement dit : vive le tourisme !

La seconde appli c’est « keep », une appli google toute bête qui permet de faire des listes partagées avec ses contacts : on peut y ajouter des couleurs et des photos, c’est joli et ça m’a bien occupée. Au top de mes listes : l’habituelle « Où partir en voyage ? », suivie de sa petite sœur « Où partir en week-end ? », et les plus utiles et moins inspirantes « Idées de livres, de films, … ». Enfin, celle qui va devenir de plus en plus d’actualité, la fameuse liste de Noël ! L’avantage de cette appli c’est que les collaborateurs peuvent ajouter des choses mais aussi cocher les cases lorsqu’une tâche est faite – donc pas mal pour les cadeaux de noël, pratique aussi pour les courses.

Pour finir ce mois-ci j’ai tout de même visité, vu et lu un peu et je vous raconte ça un peu plus en détail.

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J’ai lu : Les Intéressants, de Meg Wolitzer

Encore un roman américain qu’il est bien. Un roman social sans grand rebondissement, un roman qui raconte la vie d’une bande de jeunes new-yorkais artistes ou enfants d’artistes vue par le prisme de la jalousie de Julie, une jeune fille « lambda » qui s’est retrouvée dans un monde auquel elle ne cesse de se comparer. Difficile pour moi de ne pas s’assimiler à Julie, à sa manie de toujours regarder ce que sont les autres, à toujours se sentir hors du coup, trop différente, pas assez bien. D’autant plus à l’heure de facebook et d’instagram où il est devenu presque impossible de ne pas s’étouffer de jalousie devant la vie parfaite que chacun cherche à montrer sur le net. Au-delà de ce travers difficile à gérer, le roman évoque surtout la vie d’une génération : d’une enfance dans les années folk à l’arrivée de la société d’Internet en passant par l’époque tragique du Sida, on suit les différents personnages à chaque époque de leur vie avec ce qu’il y a de drames, de petits bonheur et de renoncements. A travers une histoire d’amitié, Les Intéressants c’est un récit de société, une société dont on entend encore assez peu parler, et comme me l’a mentionné ma mère : c’est dommage que seuls les Américains soient capables de se retourner ainsi sur leur propre société.

Alors si vous connaissez des auteurs britanniques, italiens, français ou que sais-je qui écrivent des romans dans la même veine : je suis preneuse !

Cinéma: l’Iran à l’honneur !

  • Sonita, de Rokhsareh Ghaem Maghami

Difficile de ne pas aimer Sonita, la rappeuse afghane de 15 ans dont la voix s’est levée pour dénoncer les pratiques moyenâgeuses et la condition féminine en Afghanistan. Difficile de ne pas aimer ce film porté par Sonita et par la réalisatrice qui devient à mi-parcours l’une de principales protagonistes du documentaire. Difficile de ne pas pleurer enfin en écoutant le rap engagé de Sonita après avoir suivi son parcours difficile et les incompréhensions dans ce Moyen-Orient encore ravagé par les guerres et par les censures religieuses.

Bien qu’un peu long vers la fin j’ai adoré ce film. Je le savais avant d’aller le voir, ce ne fut donc pas une surprise. La surprise c’était de constater à quel point Sonita crevait l’écran avec son sourire, son voile qui ne recouvre plus grand-chose, son répondant et sa foi en elle-même. Enfin l’élément particulier de ce film c’est la rôle de la réalisatrice, peu habituel, et qui pose de vraies questions sur le rôle des réalisateurs, tout comme celui des journalistes ou des documentaristes : sont-ils là pour montrer seulement la réalité ou ont-ils une légitimité à agir au sein de leur propre documentaire ? N’ayant pas la réponse, je vous laisse y réfléchir en allant voir Sonita !

  • Les enfants du ciel, de Majid Majidi

Encore un film iranien ! Car oui je n’en ai jamais assez. Celui-ci  date de 1997, bien que les vêtements et les voitures donnent l’impression d’être en plein dans les années 80 témoignant d’un léger retard de l’Iran sur le plan de la mode à cette époque. Children of heaven c’est l’histoire d’Ali, 8 ans et de sa jeune sœur Zahra, enfants pauvres de Téhéran, dont les parents gagnent à peine assez pour leur acheter des chaussures dignes de ce nom. Ali perd malencontreusement les chaussures de sa sœur qu’il avait amené chez le cordonnier, les deux enfants doivent alors partager leur unique paire de chaussure pour aller à l’école – le matin pour les filles, l’après-midi pour les garçons –; s’ensuit toute une série de « rebondissements » autour de ces chaussures et des moyens mis en œuvre par Ali pour trouver une seconde paire à sa sœur. Autour de cette trame, plutôt simple, se dessine un Téhéran qu’on connait peu, vu à travers l’œil des enfants : les rythmes de l’école, les devoirs, les amitiés, les parents qui cherchent du travail, l’immense Téhéran. Outre l’excellent jeu d’acteur des deux jeunes enfants j’ai adoré la réalisation du film et ce qu’il donnait à voir de l’Iran : un long métrage social efficace, drôle par moment, presque tragique à d’autres, on se replonge avec plaisir dans l’enfance à travers ces deux personnages qu’il est difficile de ne pas aimer.

 

  • Captain Fantastic, de Matt Ross

Comment ne pas aller voir un tel film, en particulier quand Viggo Mortensen en est la tête d’affiche ? Je reviens sur le synopsis : Ben, sa femme et ses nombreux enfants vivent une vie atypique dans les forêts du nord des USA. Capturant, cueillant et élevant eux-mêmes ce qu’ils mangent, les membres cette petite famille vivent en dehors de la société, éduqués consciencieusement par leur père qui leur enseigne autant la littérature que la musique ou encore l’importance de réfléchir à la société de consommation qu’il fuit. Lorsque la mère est atteinte d’une maladie, tous doivent renouer avec « le monde réel » et c’est un véritable choc les  obligeant à se poser des questions sur la conception de cette éducation face à la société.

Légèrement décevant à cause du manque de profondeur des personnages – il y en a peu voire pas – ce film à l’avantage de n’être pas du tout manichéen : il n’y a pas de bonne façon d’élever ses enfants, pas de mauvaise façon de vivre, il permet au contraire de mettre l’accent sur les extrémismes des deux camps, laissant au spectateur la possibilité de se faire son propre choix. Très drôle par moments, un peu tire-larmes à d’autres, ce film m’a surtout permis d’apprendre qui était Noam Chomsky – honte à moi, je ne connaissais pas – et de me rappeler combien Viggo Mortensen est beau sans sa barbe (attention spoiler !)  Un film qui ne restera pas dans mes annales mais qui permet de passer une bien bonne soirée.

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J’ai visité : le musée Gustave Moreau

Un de mes musées préférés à Paris, je pense que j’en parlerais encore plus longuement dans un article dédié aux musées parisiens. J’adore ce musée car, comme le musée de la vie romantique, c’est avant tout un atelier d’artiste. On entre dans l’intimité de l’artiste, la muséographie est restée telle qu’il l’a voulu – c’est-à-dire très fouillis – et on ressent toute l’atmosphère du XIXe siècle. En prime, l’escalier maintes fois pris en photo est vraiment superbe, et très instagrammable ! J’ajouterais que personnellement j’aime beaucoup le style orientaliste / symboliste de Gustave Moreau qui se rapproche parfois d’Odilon Redon, ça vaut le coup de se pencher – littéralement – sur certaines œuvres pour distinguer tous les traits de crayons et tous les personnages, détails de paysages que l’on ne peut pas voir au premier coup d’œil, technique singulière qui me semble propre à ce peintre.

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Chronique parisienne

Depuis quelque temps – quelques mois ? – je vois surgir sur les blogs des articles et des rubriques reprenant un peu toutes les inspirations ou les découvertes faites par lesdites blogueuses durant la semaine ou le mois. Je parle notamment du « Monday morning » de Mathilde ou du « heart, mind and soul » de Coline. Et moi j’adore ce genre d’article, je ressors de leur lecture avec moult nouvelles idées et surtout de nouvelles envies, et comme je passe mon temps à me dire en sortant du ciné ou d’un bon bouquin « j’en ferai un article » – mais bien sûr je ne trouve jamais le temps, ou l’envie- , j’ai pensé qu’une rubrique de ce genre pourrait être la bienvenue. N’ayant absolument aucune idée de nom je me contente de l’appeler « la nouvelle rubrique » mais en italien puisque c’est la langue que j’apprends en ce moment et que ça rend mieux à mes oreilles de française.

Depuis mon retour à Paris je tente de me ré-acclimater peu à peu à la capitale, ce n’est pas si facile après une année passée en Province: les montagnes et les forêts d’Alsace me manquent, le centre ville de Strasbourg où tout était proche aussi. Mais pour me rappeler que Paris est ma ville il y a un truc qui marche à tous les coups: recommencer à visiter, sortir, découvrir des choses. Je suis donc enfin allée prendre le thé avec des scones à l’Oisive thé – ce salon de thé/salon de tricot – qui se trouve pourtant à quelques stations de métro de chez moi, ce qui va me permettre d’y retourner très régulièrement!

J’ai aussi fait des achats et surtout beaucoup de lèche-vitrine: j’ai mis les pieds à l’appartement Sézane pour la première fois, je me suis rendue vendredi dernier à la boutique Les fleurs, lieu de perdition comme dirait mon amie Alice – elle a diablement raison, mais j’ai réussi à n’en sortir qu’avec un pot pour cactus. Enfin je suis tombée par hasard sur la boutique Jamini et j’ai salivé comme il se doit avant de prendre ma décision: je m’achèterai un coussin coûte que coûte pour meubler mon nouvel intérieur.

Pour ce qui est des découvertes culturelles j’ai eu le temps – chômage oblige – de lire, voir et visiter pas mal de trucs. Sans m’arrêter sur tout ce que j’ai pu faire – les rendez-vous de l’histoire de Blois le week-end dernier mériteront leur propre article, je vous le promets – je ne peux pas m’empêcher de vous parler un peu plus longuement de ce que j’ai adoré et que je vous recommande chaudement. C’est parti!

J’ai lu…

Peyton Place , de Grace Metallious

L’histoire d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre dans les années 50, on y suit trois principales protagonistes : Alison la jeune fille rêveuse et un peu solitaire, Constance sa mère qui doit vivre avec le difficile statut de mère-célibataire, la belle et intelligente Selena issue des quartiers pauvres en lutte contre son milieu. Peyton Place a été l’un des gros scandales littéraires des années 50 aux Etats-Unis, accusé d’être un roman pornographique et subversif: on aurait bien du mal aujourd’hui à comprendre comment on a pu trouver cet ouvrage ne serait-ce qu’érotique. Le roman met en scène la société des petites villes des Etats-Unis avec tous leurs non-dits, leurs secrets et leurs rancœurs. L’écriture de Grace Metallious est très agréable à lire et on rentre très rapidement dans l’histoire tour à tour écœurés puis touchés par les personnages, notamment par les personnages secondaires qui forgent toute l’ambiance de cette ville modeste d’Amérique.

C’est un grand classique américain et c’est très édifiant sur la société américaine. N’hésitez pas à lire la postface qui explique le scandale à la parution du roman.

L’amie prodigieuse, de Elena Ferrante

Malgré la place privilégiée que ce roman a occupé tout l’été sur les devantures des librairies, ce qui me fait généralement fuir, j’ai cédé à la tentation Elena Ferrante, en partie parce que j’allais à Naples et que je voulais me mettre dans le bain.

J’ai dévoré ce livre, et j’en ai fait de même avec le suivant « Le nouveau nom ». L’amie prodigieuse c’est une tétralogie qui suit la vie de Lena, la narratrice, et son amie Lila dans un quartier pauvre de Naples dans les années 50 – et oui encore. Cette grande amitié, perçue par les yeux de Lena, forge la trame de tout le roman mêlant jalousies, fascination, soutien, et beaucoup d’autres aspects d’une amitié aussi passionnée que complexe. Je me suis parfaitement reconnue dans le rôle de Lena, jeune fille médiocre qui se voit comme vivant sans cesse dans l’ombre de sa prodigieuse amie Lila, et prodigieuse elle l’est effectivement, c’est ce qui la rend si agaçante et attachante à la fois. En parallèle de cette histoire d’amitié se dresse un tableau de Naples et de l’Italie du Sud du milieu du siècle passé, où la Camorra et l’origine sociale conditionnent fortement l’existence de ces jeunes gens.

Je ne l’ai pas lu en italien, j’aimerais, mais la traduction est très bonne, on arrive à comprendre notamment toute l’importance que révèle le fait de parler en italien ou en dialecte à une époque où la langue distingue, plus clairement encore qu’aujourd’hui, le niveau social et culturel d’un individu. Pour conclure : je n’ai arrêté de lire que quand j’ai fini de tourner la dernière page !


J’ai visité…

Le musée de la vie romantique

Petite sortie dans Paris, le but initiale était d’aller prendre un thé au Musée de la Vie Romantique, finalement comme il était trop tôt pour le thé, on s’est contenté de visiter ce joli musée improbable. Une belle maison de campagne en plein Paris, des souvenirs de la famille de George Sand, des salons XIXe reconstitués ET un super salon de thé en jardin ou sous verrière. Un musée simple comme je les aime.  Et en prime j’y ai croisé Daniel Guerrero, l’ancien rugbyman!

La nuit Blanche à Paris

Je n’étais jamais allée à la Nuit Blanche et… je n’ai pas été vraiment convaincue. J’avoue que je ne suis pas une fan de l’art contemporain, il faut toujours expliquer ce que l’auteur a voulu dire ou montrer, et s’il y a parfois de bonnes idées j’accroche peu. Mais alors quand le sujet est aussi connu que « Les amours de polyphiles », célèbre poème du XVe siècle – je ne rigole pas c’était le thème choisi pour la nuit blanche de Paris – je lâche carrément, et je me demande bien à quel moment l’organisateur a pu penser que ça convenait à un événement visant la démocratisation de la culture. Malgré des œuvres plutôt peu intéressantes, voire ratées, j’ai bien aimé l’idée de se promener de nuit dans Paris et de suivre un parcours pour y voir des œuvres ou des installations.

Idée pour ceux qui voudraient y assister l’an prochain : prendre les bateaux mouches, gratuits ce soir-là, qui remontent la Seine. C’est là où se situent la plupart des installations, c’est donc un bon moyen de faire une croisière gratuite en voyant le plus d’œuvres possibles.


J’ai vu…

Je viens de commencer la deuxième saison de Gomorra, la fameuse série italienne issue du roman de Saviano sur la Camorra, et dont Saviano est d’ailleurs le scénariste. C’est toujours aussi bien, toujours aussi poignant. La réalisation est vraiment excellente, la musique super et j’aime beaucoup voir une série qui n’est pas en anglais, c’est rare et ça permet de découvrir une autre langue – le napolitain. Pour ce qui est du scénario et des personnages, ils sont toujours très bien travaillés, profonds, et même si on a du mal à apprécier véritablement les « héros » on s’y attache. L’ambiance très dure, et la réalité qui se cache derrière cette semi-fiction provoque généralement une petite nausée à la fin de chaque épisode – mais on veut savoir la suite !

Toujours à propos de Gomorra, je viens de lire un article des Inrocks sur le quartier de Scampi qui nuance un peu mon engouement pour la série: effectivement je me suis demandée comment les réalisateurs avaient pu tourner dans ce quartier difficile de Scampi, réputé comme l’un de plus dangereux d’Europe, et quels sont les impacts de la série sur ces quartiers défavorisés. Pas de réponse mais l’article est très intéressant alors hop un petit lien ici: Scampia et Gomorra

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Expatriation en … Alsace

Strasbourg – jour 35

Un peu plus d’un mois que je suis à Strasbourg. Le temps de faire un point. En théorie il ne s’agit pas vraiment d’une expatriation puisque je ne quitte pas ma « patrie », la France, mais s’installer dans une autre région, et encore plus dans une région avec une très très forte identité comme l’Alsace reste dépaysant.

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Il y a ici beaucoup de choses nouvelles. Pour commencer le temps : j’étais déjà venue plusieurs fois à Strasbourg, en été et en hiver, je pensais bien connaître la ville, être prête à endurer le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. J’avais juste oublié les autres saisons. J’ai pu me délecter d’un début d’automne magnifique, les arbres très colorés, le soleil qui réchauffe, la lumière dorée, et je découvre depuis peu la fin d’automne un peu gloomy : du brouillard matin, midi, soir.

Après m’être dit que c’était « passager, ça va c’est normal le brouillard fin octobre. » J’ai compris que non, le fog à Strasbourg c’est presque tout le mois de novembre, la ville entière est dans un nuage et il en va de même pour les villages du Bas-Rhin. La faute au Rhin ? Aucune idée, mais le fait est qu’en sortant d’Alsace le brouillard s’évapore et qu’il y a enfin ce grand ciel bleu qui « rayonne sur toute la France » comme nous dit madame Météo. Preuve que Strasbourg c’est pas vraiment la France.

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Autre découvert: l’identité strasbourgeoise. Je m’attendais au rejet habituel des parisiens, à la forte identité de région, mais j’ai découvert qu’à Strasbourg on était certes alsacien, mais aussi européen. La ville ne cherche pas à rivaliser avec Paris : Paris est capitale de la France, Strasbourg se veut capitale de l’Europe. Sa véritable rivale c’est Bruxelles. Et d’ailleurs on ne parle pas de la mairie de Strasbourg mais de l’Eurométropole. Ce n’est pas pour rien si certains souhaitent appeler la nouvelle région « Eurorégion » , mais personnellement je préfère le nom d’Austrasie…

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Strasbourg est une grande ville avec banlieue mais… les villages sont à deux pas. Issue de ma banlieue parisienne pour moi un village c’est ce trou paumé au fin fond de l’Essonne ou des Yvelines avec 6000 pauvres habitants. Attention, ici il s’agit d’une ville, et elle est à moins de 10 minutes de Strasbourg, les gens y vivent, certains y travaillent. Et oui, dès qu’on sort de l’agglomération on est dans les vignes, puis dans les Vosges. La nature est à côté et avec elle les randos, les châteaux, et le grand air. Et peut être même un peu de ski cet hiver.

WP_20151104_003Un mois donc et j’en découvre encore beaucoup. Je ne m’habitue pas encore à écouter les vieux passer de l’alsacien au français comme s’il s’agissait d’une même langue, ou à entendre cet accent encore plus abrupt que l’allemand dans les bouches des jeunes – il paraît qu’on l’attrape vite, prévenez-moi si jamais. Je ne m’habitue pas non plus à partager mon espace avec des vélos, partout, tout le temps, même si j’en ai un aussi et que j’ai hâte de m’en servir pour embêter les piétons. Je suis toujours heureuse et étonnée de traverser les vieilles rues aux noms pittoresques – la rue-au-vieux-cochon-de-lait – avec des maisons à colombage et je ne me lasserai jamais de contempler la cathédrale.

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Ici les gens commandent vraiment des Bretzels chez le boulanger – super et pas cher pour caler une petite faim. Je suis toujours incapable de prononcer certains mots comme « Spaetzle ». Je n’ai pas encore bien compris ce que c’était que les « Stammtischs ». Je n’ai encore jamais lu les DNA, Dernières Nouvelles d’Alsace, mais ça ne saurait tarder. Je trouve ça incroyable d’être en Allemagne en quelques minutes de vélo et d’aller y faire ses courses comme si tout était normal. Je me moque encore d’eux parce qu’ils ne savent pas dire correctement « Krutenau »  et « Broglie » et pourtant j’ai pris l’habitude de faire la même chose.

Mais surtout, surtout : je ne m’habitue pas au fait que mes cheveux se soient mis à boucler sous ce climat.