Chronique parisienne – L’été indien loin de Paris

Ca fait un mois que je suis revenue de vacances et trois semaines que j’ai repris le boulot. On pourrait croire que c’est bon, le train train quotidien est revenu mais jusqu’à cette semaine il était encore difficile de se croire vraiment de retour et de se remettre dans la bain.

Comme pour beaucoup d’entre vous – j’en suis sûre – septembre signifie pour moi le début d’une nouvelle année. J’ai toujours été excitée par les derniers jours d’août, ceux avant la rentrée des classes où on allait acheter ses fournitures, choisir ses cours à la fac et où on prenait de bonnes résolutions pour mieux travailler, faire du sport, se coucher plus tôt etc… Cette année aussi j’ai pris quelques résolutions mais je me suis mise d’accord avec moi même pour ne les mettre en application qu’à la toute fin de l’été : le 21 septembre !

Pourquoi procrastiner tant ? D’abord parce qu’avec deux weekends prévus en France je me sentais encore en vacances, et enfin parce que la météo parisienne semblait d’accord avec moi : il a cessé de faire beau et chaud le 21 septembre très précisément. Et moi tant que je suis en sandales / robe à fleurs et que je vais boire des verres en terrassess après le boulot, c’est que je suis encore en vacances ! Voici un petit récapitulatif de cet été indien entre Paris et le reste de la France.

1. Des vacances prolongées en Normandie

Quoi de plus agréable que de prolonger ses vacances avec des weekends qui permettent d’être un peu dépaysé et de souffler ? Depuis le temps j’ai commencé à comprendre que le mois de septembre était l’un des meilleurs mois pour voyager, même si cette année on se serait plutôt cru en août. A peine rentrés d’Italie nous sommes repartis avec ma moitié (pas Jéromine, l’autre moitié, celle avec qui je vis) pour la Normandie. Ça fait quelques années que je vous vante les mérites de la Normandie pour un weekend de dernière minute, ce court séjour confirme ma vision de cette région : il y a tant de choses à y découvrir, et la vie y est douce, même quand il pleut !

P1010785
Les maisons de bois de Pont-Audemer

P1010805

Pour ce weekend on a posé nos valises à Pont-Audemer, une charmante ville coincée entre le Pays d’Auge, la côte Fleurie et le marais-vernier. Je ne vous dévoile que quelques photos car je ne désespère pas d’y refaire un séjour bientôt pour visiter plus en profondeur le département de l’Eure et faire, comme je l’ai déjà fait ici, de petits miscellanées de choses à voir en Normandie. On en a profité pour aller voir l’estuaire de la Seine, pour manger dans un super restaurant qui ne payait pas de mine, avant de filer vers le Pays d’Auge en passant par Pont l’Evêque.

P1010844
Le Phare qui surplombe l’estuaire de la Seine. Aujourd’hui fermé il devait être bien utile, perché sur son éperon rocheux.

P1010836

2 . Une pause soleil et rando bienvenue en Provence

Autre weekend, autre ambiance : j’avais enfin réservé mes billets pour rendre visite à une amie à Marseille mi septembre. Pour la première fois de ma vie j’ai posé mon vendredi et découvert la joie des weekends de trois jours. Coup de chance le beau temps était au rendez-vous et la mer encore assez chaude pour que je profite d’un dernier bain avant l’été prochain. Au programme de ce weekend : randonnée et visite culturelle.

Je suis revenue encore une fois subjuguée devant la beauté des paysages de la Provence, des Alpilles à la route des crêtes en passant par la Montagne Sainte-Victoire. J’ai très hâte d’y retourner pour d’autres randos et d’autres visites. Je ne connais ni Aix, ni Avignon, ni la Camargue et j’aimerais découvrir les calanques de Marseille et celles de La Ciotat désormais.

P1020195
la profonde calanque de Port-Miou et le cap canaille au loin

P1020386P1020294

3. Découvertes culturelles : cap sur l’Amérique

J’ai découvert assez peu de choses ce dernier mois, préférant écouter ou lire des valeurs sûres, avec une ambiance ou des thèmes que je connais et dans lesquels j’avais envie de me replonger.

Côté lecture j’ai dévoré la suite de la trilogie de Frison Roche – “La Grande crevasse” et “Retour à la montagne” – dont je parlerai sûrement dans un nouvel article sur la littérature de montagne. J’étais bien dans les alpages de Chamonix à m’imaginer me préparer pour une grande course dans les plus hauts sommets d’Europe. J’ai eu du mal à en redescendre.

Suivant les conseils d’une amie, et parce que la couverture me donnait envie je me suis aussi procuré le dernier numéro de la revue America, créée par François Busnel, le présentateur bien connu de La Grande Librairie. Si vous ne connaissez pas le principe le voici : François Busnel est un spécialiste de la littérature américaine, il est connu en particulier pour avoir mené de longs entretiens avec les grands écrivains américains contemporains. Lors de l’élection de Donald Trump il décide de créer sa propre revue qui durera le temps du mandat du nouveau président, et sera publiée tous les trimestres. 16 numéros en 4 ans pour tenter de comprendre et d’expliquer l’Amérique à travers sa littérature, mais pas seulement.

C’est sûrement la variété des articles de ce magazine qui m’a plu : articles de société, de politique, sur les séries, les films, et bien sûr la littérature. Les auteurs qui participent à America ne sont pas non plus inconnus : une chronique d’Augustin Trapenard, un article de fond signé Leila Slimani, de belles Culottées outre-atlantiques proposées par Pénélope Bagieu, etc. Il y a à la fois beaucoup à lire et à apprendre, et la qualité du papier, des photos, de l’écriture en font un objet qu’on prend plaisir à bouquiner dans son canapé. J’ai, en prime, découvert toute une littérature que je connais bien mal et j’ai désormais mille envies de lectures américaines.

20180922_152910-1976267191.jpg
Auditorium de Vincennes – conférence écologique sur la relation de l’homme avec la nature

Pour finir le festival America se tenait ce weekend, comme chaque année, à la mairie de Vincennes. 3 jours de conférences, de débats, de dédicaces avec les plus grands auteurs des Etats-Unis, du Mexique ou du Canada, mais aussi des auteurs français. Je m’y suis rendue mais le temps de comprendre le fonctionnement je n’ai pu voir qu’une conférence, à propos de l’homme et de la nature, très intéressante, qui donnait envie de fouiller un peu plus le sujet et surtout d’aller lire les livres des trois intervenants !

Et maintenant ?

Et bien maintenant il est temps de s’y remettre. Le soleil est parti, la pluie est arrivée et l’automne avec elle. Ça signifie que les weekends seront rythmés par un peu plus de travail – je vais encore essayer cette année de passer un concours, à l’usure je finiraissûrement par en avoir un. On se propose avec l’archivoyageuse de tester les meilleurs cafés dans lesquels réviser. J’ai commencé un bullet journal qui ressemble plutôt à un agenda pour mieux m’organiser, prévoir mes articles de blog par exemple et être plus régulière.

Enfin j’annonce aussi fièrement qu’à partir de la semaine prochaine je participe à un comité lecture jeunesse avec la revue Lecture Jeune, je suis super contente de pouvoir me plonger davantage dans cette littérature souvent décriée et de pouvoir continuer à rédiger des critiques de lectures.

img-20180923-wa00091002336487.jpg
Première escapade au pays du goûter: retour au classique Mamie Gateaux dans le 6e

Pour ce qui est des voyages il y en aura sûrement moins cette année que l’année précédente, j’espère cependant m’organiser régulièrement des sorties à la journée ou sur deux jours. J’ai d’ailleurs déjà réservé un weekend d’Octobre pour le festival d’histoire de Blois, et surtout nous partons à Clermont-Ferrand en novembre pour voir le Rendez-vous du carnet de voyage…En espérant avoir fini mon carnet d’ici là !

Je crois que ma bonne résolution de cette année est surtout celle-ci : ne pas essayer de tout faire car ce n’est pas possible. Il n’est pas dit que j’arrive à la tenir mais je vais m’y employer, sans laisser tomber le blog BIEN SUR !

Sur ces bons mots je vous souhaite un très bon automne, et un bon dimanche !

Chronique parisienne – Un printemps à Paris

C’est avec grand plaisir que je m’attelle à nouveau à vous rédiger une chronique parisienne. Je n’en avais pas fait depuis novembre dernier, et pour cause : deux mois en Amérique centrale ne m’ont pas permis de faire de grandes découvertes hivernales dans la capitale. Bien qu’étant de retour depuis début mars la recherche d’emploi puis le début d’un nouveau travail ne m’ont pas laissé le temps  et l’envie, d’écumer les musées et les bibliothèques – je m’y remets timidement depuis une semaine – en revanche je me suis largement rabattue sur les podcasts et je reprends une activité cinématographique intense. Le programme du jour : une balade dans un quartier de rêve, des réflexions sur le genre et des découvertes de grands classiques ! J’espère que ces chroniques printanières vous plairont !

DSC04652

 

  • Une balade à Paris : le quartier de la Mouzaïa

On a profité d’un de ces beaux jours de mai pour se retrouver au métro Place des fêtes avec ma copine Margot et découvrir enfin ce quartier de la Mouzaïa dont j’entendais parler depuis des années sans avoir jamais eu le courage d’y aller. Oui je parle de courage parce qu’il est à l’autre bout de Paris sur une ligne de métro inaccessible, j’ai d’ailleurs décidé de ne pas prendre cette satanée ligne 7bis, et de juste marcher plus longtemps. C’était une bonne idée.

 

 

DSC04641

 

 

1ère remarque : je comprends pourquoi la plupart des gens m’ont dit qu’ils rêvaient de vivre dans ce quartier. C’est un coin calme, avec des maisons charmantes et des fleurs qui poussent dans tous les jardins. On n’entend pas la circulation ET on n’est pas loin du parc des Buttes-Chaumont. Conclusion : je n’ai même pas osé regarder les prix des loyers tant ce doit être élevé.

DSC04646DSC04647

2ème remarque : je ne m’attendais pas à ce que ce quartier soit si grand ! Dans un plan en damier les ruelles se succèdent sur plusieurs étages jusqu’au parc. Certes elles se ressemblent toutes mais c’est agréable de ne pas faire une balade bucolique qui ne permet de parcourir que deux rues. Nos pas nous ont menées jusqu’aux buttes Chaumont que nous avons traversées avant de sortir côté canal et de marcher jusqu’au pavillon des canaux. Une bonne marche dans le XIXe qui demeure à mes yeux l’un des arrondissements les plus sympas de Paris !

DSC04650DSC04638DSC04644

  • Abonnée à France Culture : découverte de nouveaux podcasts.

Mon travail peut se révéler par moment un peu répétitif, quoi de mieux que d’écouter des podcasts pour rendre le temps passé au boulot plus enthousiasmant ? J’ai eu l’occasion ce dernier mois d’être régulièrement branchée sur France culture à la recherche de nouveaux podcasts et très vite j’ai croulé sous le nombre d’émissions qui me donnaient envie. Je ne vous parlerai ici que de trois découvertes : La Série documentaire, Les chemins de la philosophie, et Le Feuilleton.

1200x630bb

LSD – LA série documentaire

Vous avez sûrement entendu parler de La série documentaire, ou LSD, notamment pour son émission de 4 épisodes consacrés au genre masculin diffusée il y a deux semaines. Cette émission qui parlait aussi bien du changement de sexe que de l’éducation ou de la construction de la virilité était passionnante. Ce thème de la masculinité est très exploité par l’historiographie actuelle (la virilité au Moyen-Âge, la vision du soldat durant la 1ère Guerre mondiale, etc…) et cette façon de faire un reportage en donnant juste la parole aux gens permet de varier le propos et d’entendre différents sons de cloche sans jugement.

L’émission de la semaine dernière parlait des marins, je n’ai écouté que l’épisode consacré aux femmes marins pour le moment, mais je peux d’ores et déjà dire que je suis assez fan de ce podcast. J’en apprends beaucoup, ça élargit l’horizon, ça permet de reviser ses clichés et de voir d’un autre œil certaines problématiques contemporaines. J’aime particulièrement découvrir des univers que je ne connais pas du tout et m’imprégner de l’ambiance qui passe à travers certains épisodes – typiquement celle des femmes marins.

big_cover_54c2e4fd6e73346604c91b00

Les chemins de la philosophie

La philo et moi ça fait deux. Je n’ai jamais beaucoup aimé ça,  donc a priori le podcast Les chemins de la philosophie ne m’attirait pas. Mais, quand la page de France culture s’est ouverte sur mon écran j’ai vu que l’émission d’il y a deux semaines traitait des westerns. Et moi j’adore les westerns même si j’en connais bien peu. Et puis faire de l’analyse cinématographique ça m’a toujours ravie, j’aime regarder les films avec de nouveaux codes. J’ai donc lancé le podcast et je me suis également procuré dans la foulée les quatre films qui y sont analysés. Parce que le cowboy, le shérif et la conquête de l’ouest soulèvent plein de questions existentielles sur la formation de l’homme et de la société.

 Certains n’apprécieront peut-être pas le ton très enjoué de la présentatrice, mais il me plaît pour le moment car il me donne envie de m’intéresser à ce que va dire le spécialiste invité. Même s’il s’agit effectivement de philosophie, les réflexions menées sont très concrètes et liées au quotidien, ce n’est pas un cours de philo du collège de France. Cette semaine l’émission portait sur les héros. J’ai hâte de l’écouter mais avec un papier et un crayon pour noter tout ce que j’apprends cette fois ci !

1200x630bb (1)

Le feuilleton

Quand le travail nécessite une trop grande concentration pour écouter attentivement un podcast qui est supposé m’apprendre quelque chose mais que j’ai tout de même envie d’avoir un truc dans les oreilles, ma solution c’est le feuilleton !

On entend beaucoup parler de livre audio ces derniers temps et l’écoute de ce podcast est, je pense, un bon moyen de tester cette méthode de « lecture ». Le Feuilleton se propose de lire en plusieurs épisodes un roman avec des acteurs qui font les voix, un bruitage et surtout une musique qui permet immédiatement d’entrer dans la fiction. J’ai écouté cette semaine « Retour à Kyllibegs » de Sorj Chalandon, une histoire d’Irlande et d’IRA. Dès les premières minutes retentit la musique irlandaise qui me plonge dans les grands espaces verts aux côtes déchiquetées, dans les bars enfumés où résonne le gaélique, bref je suis transportée. Cette écoute ne me demande pas de concentration, on me raconte une histoire et j’avais oublié à quel point c’était agréable !

C’est donc pour moi un essai réussi, sans compter que je suis moins exigeante que lorsque je choisis un livre. Je lance le podcast et je vois si j’accroche à l’histoire sans qu’au départ le titre ou le sujet ne m’interpelle particulièrement. Un bon moyen pour découvrir de nouveaux auteurs !

738_gettyimages-545056495

 

  • Un film : L’Homme qui tua Liberty Valence – John Ford

Après ma session podcast j’ai eu envie de me refaire une culture classique, et surtout classique western. J’ai jeté mon dévolu sur le célèbre «L’Homme qui tua Liberty Valence » un des grands films à voir dans sa vie. Pourquoi ? Parce que ce film raconte la naissance de la démocratie dans les terres de l’Ouest et comment le droit va finalement vaincre le pistolet…ou pas.

On retrouve tous les principaux éléments du western : le jeune citadin qui arrive dans un village de bric et de broc bien décidé à faire régner la loi, le vilain bandit auquel personne n’ose s’opposer, la lutte entre les grands éleveurs et les petits propriétaires. Une batterie de personnages allant du shérif marié à une Mexicaine au rédacteur du journal, seul à vraiment soutenir le héros, donne une vraie complexité et une profondeur au village et à la vie dans l’ouest. John Ford (le réalisateur) montre bien les nuances et les difficultés de cette vie-là mais aussi la difficile création de la démocratie à travers la liberté de la presse, le début du vote mais aussi la mise en scène de la démocratie.

Si vous ne l’avez pas encore vu je recommande très chaudement ce grand classique qui est, de toute façon, une bonne entrée dans le genre du western !

L_Homme_qui_tua_Liberty_Valance

INFO : LA SEMAINE ITALIENNE

Jusqu’au 3 juillet la mairie du XIIIe organise comme chaque année un festival italien : rencontres littéraires, films, musique, conférences, beaucoup de rendez-vous ont l’air passionnants. Vous pourrez notamment voir au cinéma l’Escurial de grands classiques italiens mais aussi en avant-première les futures sorties et les derniers films et documentaire primés. Je vous mets le lien du programme là.

 

 

Interview d’expatriés – Justine à Saint-Martin

Vous aviez déjà rencontré Justine lors de son PVT en Australie où elle avait découvert une nouvelle vie super épanouissante faite de grands espaces, de vie en van et d’aventure. Mais elle ne s’est pas arrêtée là et après son année à l’autre bout du monde c’est à Saint-Martin qu’elle a posé ses valises. L’île de Saint-Martin, même si elle est française, est si éloignée de la métropole qu’il n’est pas difficile de s’y sentir expatriée, je suis donc très heureuse de pouvoir interviewer à nouveau Justine  pour en savoir plus sur sa vie insulaire entre cyclones et cocotiers!

  1. Bonjour Justine, la dernière fois que tu étais sur le blog tu nous racontais ton merveilleux PVT en Australie, on te retrouve aujourd’hui à Saint-Martin. Qu’est ce que tu es venue faire ici ?

Je suis rentrée de mon séjour en Australie en janvier 2017, sous des températures glaciales. J’ai repris le travail seulement deux jours après mon retour au sein d’une grosse structure parisienne. Je n’ai tout simplement pas supporté ce brusque retour à la réalité, j’ai donc décidé de tout plaquer et de partir tenter ma chance sur les îles françaises.

C’est par hasard, en répondant à des annonces d’emploi, que j’ai déniché une opportunité professionnelle sur l’île de St Martin dont je ne connaissais même pas l’existence !

34385702_10217231139316332_5150776672605175808_n

  1. Qu’est ce qui t’attire particulièrement dans la vie insulaire ? Depuis quand tu es intéressée par l’idée d’aller vivre dans les îles ?

En Australie, j’avais adoré vivre dans des villes côtières : le cadre de vie y était exceptionnel.

Je ne souhaitais pas spécialement vivre sur une île, je voulais juste quitter la France, m’expatrier. Mais comme je suis avocat, je ne peux pas travailler à l’étranger sauf à refaire de longues études. Les îles étaient un bon compromis pour être dépaysée et continuer à exercer mon métier, tout en profitant de la douceur de vie des Caraïbes.

34340330_10217231150316607_673558993519509504_n
Carnaval de Saint-Martin côté français

 

  1. Tu as connu Saint Martin avant et après Irma : quelles sont les différences ? Les difficultés rencontrées par les habitants ?

Il y a clairement un avant et un après Irma, l’île n’est plus la même. Avant, c’était l’île de la fête et du tourisme à outrance. Aujourd’hui l’île est silencieuse, beaucoup de gens ont quitté l’île. Les ouvriers BTP ont remplacé les touristes car l’heure est à la reconstruction et cela prend du temps.

La saison cyclonique a repris, chacun retient son souffle en priant pour que ça ne recommence pas cette année. Pour ma part, je préfère l’île sans les touristes, c’est agréable de pouvoir accéder aux plages qui auparavant étaient toutes privatisées par des hôtels gigantesques. Il est agréable de se promener librement sans afflux de touristes américains.

34344321_10217231163636940_1142591167662129152_n
Les traces d’Irma

Même si l’île est abîmée, en quelque sorte la nature a repris ses droits. Je traverse régulièrement les ruines des hôtels pour accéder aux anciennes plages privatisées avec une certaine satisfaction. Malheureusement je constate que les hôtels sont en cours de reconstruction, à l’identique.

J’ai vécu deux séismes ici, et des études alarment la population sur un risque de tsunami, mais  cela n’empêche pas les investisseurs de construire sur les plages. Money is Money !

  1. Quels sont tes lieux préférés pour sortir à Saint-Martin ?

Le quartier « Grand’Case » est niché dans les montagnes verdoyantes du côté français de l’île. C’est la capitale gastronomique des Caraïbes. La journée, une sorte de torpeur gagne les habitants en raison de la chaleur et du rythme de vie très lent. Le soir, la musique résonne et les restaurants se remplissent.

Du côté hollandais du l’île, l’ambiance est très différente, très « américanisée ». C’est là que se situent la plupart des boîtes de nuit, des casinos et des bars.

  1. Qu’est ce que tu conseillerais de faire absolument en venant à Saint-Martin ?

Je conseillerais de ne surtout pas aller sur les sites touristiques sans charme ni saveur. Désormais, je connais des endroits secrets connus des seuls locaux : la piscine naturelle, des points de vue en haut de montagnes, des petites plages difficiles d’accès, et bien sûr, les petites îles aux alentours pour faire du snorkeling et observer les poissons, raies, tortues…

34558717_10217232953681690_4969440391704084480_n
Sortie en catamaran
  1. Quelles sont les grandes différences avec la vie métropolitaine ? (Il doit y en avoir énormément donc quelles sont les plus frappantes?)

Le rythme de vie est plus lent, la vie beaucoup moins stressante. Les Antillais sont flegmatiques, « à la cool ». C’est très agréable de travailler avec eux, et je réalise désormais à quel point les métropolitains ont tendance à être râleurs : je comprends mieux notre réputation !

Le mode de vie est aussi plus chaleureux : on se tutoie, on passe notre vie en tong, on s’appelle « doudou » et « chérie », les gens t’invitent très facilement chez eux. Il n’y a pas les mêmes barrières qu’en métropole.

L’on ressent aussi une grande liberté, il y a beaucoup moins de règles, de normes, de surveillance. Bien sûr, cela laisse la place à beaucoup d’abus et à une certaine anarchie. Parfois, le sentiment d’insécurité est prégnant, non seulement en raison du fort taux de délinquance mais aussi en raison de l’insuffisance des structures de santé.

 

 

  1. Il y a des choses qui te manquent de la France métropolitaine ?

Indéniablement, la culture : elle est inexistante ici !

Mais aussi la diversité des paysages français. Il ne faut pas oublier que l’île est un petit caillou, il faut prendre l’avion pour changer de coin et c’est un sacré budget. En France, il est facile de changer d’air, de se dépayser, de se divertir avec des loisirs très différents.

Les boutiques françaises me manquent aussi, ici il n’y a rien. Un seul supermarché avec de la bouffe industrielle et quelques boutiques de vêtements pour touristes. Je rêve d’un Décathlon ou d’un Biocoop !

34343775_10217231135516237_5982110941850894336_n
Les chèvres qui errent près des piscines naturelles
  1. Tu as visité ou prévu de visiter des pays et des îles alentour ?

Je connais les petites îles voisines accessibles en bateau comme St Barth ou Anguilla. Mais j’aimerais visiter les îles plus lointaines comme la Martinique, la Guadeloupe, les îles Vierges, Cuba etc… toutes les îles des petites Antilles. Mais il faut du temps et du budget, pour l’instant je suis plutôt occupée à trouver un appartement, et après Irma : Dieu que c’est difficile !

  1. Qu’est ce qui a le plus changé dans ta vie depuis que tu es ici ?

Le mode de vie : finis les galères de transport, la grisaille parisienne, la mauvaise humeur et le stress ambiant !

  1. Tu te verrais rester vivre ici longtemps ? Ou changer d’île ? De pays ?

L’île est très petite, je me vois difficilement y rester toute ma vie. Tout est possible, je ne ferme la porte à rien : je me laisse la possibilité d’aller un jour élever des lamas en Patagonie si cela me chante !

Pour l’instant en tout cas, je me vois vivre à St Martin quelques années pour gagner en expérience professionnelle dans un beau cadre de vie.

34335418_10217231158916822_4714906052624121856_n

 

  1. Quelles sont les différences dans la pratique de ton métier ici par rapport à Paris ?

La pratique est totalement différente.

A Paris, je travaillais dans un grand cabinet d’avocats, au sein d’un département ultra spécialisé, les enjeux financiers s’élevaient à plusieurs millions. Ici, je travaille au sein d’un micro-cabinet généraliste qui fait de tout, le contact humain est bien plus prégnant. Le tribunal est minuscule, tout le monde se connait (15 avocats sur l’île contre plusieurs milliers à Paris).

34383478_10217231181397384_3891829072753328128_n

  1. On entend souvent dire qu’il n’est pas facile de rencontrer des gens et de s’intégrer dans les îles : ton avis à toi d’après ton expérience ?

En effet, il est très difficile de recommencer sa vie à zéro en quittant tous ses repères, notamment les amis, la famille, l’entourage.

La solitude, un sentiment de vide, peut vite nous gagner, nous sommes plus vite bouleversés car en cas de problème, la famille est loin. Il faut se recréer une famille de cœur, un entourage, mais cela n’est pas facile.

Il y a une grande différence de culture entre les métropolitains et les locaux, je remarque qu’il n’y a pas vraiment de mixité, chacun reste dans son cercle et c’est bien dommage. Moi-même, je fréquente des métropolitains fraîchement arrivés sur l’île, nous nous retrouvons entre jeunes un peu esseulés.

  1. As-tu l’impression que Saint-Martin est tournée vers d’autres pays plus que vers la France ?

Saint Martin est une île très particulière : elle est internationale et cosmopolite. Le côté hollandais de l’île est très anglo-saxon, tourné vers la culture américaine. Nombre de locaux, y compris français, ne parlent que l’anglais. L’île de Saint Martin reste sous perfusion de la métropole dont elle est entièrement dépendante, mais je ne considère pas être en France sur cette île.

34399602_10217231144316457_6157364745901965312_n
Vue sur la déchetterie côté français : l’écologie est un gros sujet ici
  1. Il y a des différences entre la partie hollandaise et la partie française de l’île ?

La frontière physique n’existe pas mais les deux côtés sont extrêmement différents culturellement parlant.

Le côté français est plus calme, les constructions sont plus modestes et l’ambiance est plus authentique. Côté hollandais, il y a davantage de buildings et de grandes constructions hôtelières.

34303577_10217231154916722_680786637499662336_n
Le fort de Philisburg côté hollandais
  1. Quel serait ton bilan d’une année passée ici ?

Je ne regrette pas mon choix d’avoir quitté ma vie parisienne pour tenter autre chose, mais j’avais sous-estimé les difficultés aussi bien au niveau de l’intégration, que les difficultés inhérentes à Irma. Il faut se battre pour se construire une vie ici : Saint-Martin, ça se mérite ! Mais pour rien au monde je ne souhaiterais rentrer en métropole. Une fois que l’on a goûté à ce mode de vie…

 

Je réponds au sunshine blogger award

Si tu devais revivre un de tes voyages lequel ce serait et pourquoi?

Peut-être le tout premier voyage de “grande” à Istanbul. C’était notre premier voyage avec Jéromine, l’archivoyageuse – on en est à six depuis – et on avait décideé de se poser 10 jours à Istanbul. Un bon compromis pour être dépaysées et prendre ses marques en même temps. A l’époque on n’avait pas encore de wifi, et encore moins de réseau itinérant alors c’était la vraie aventure, celle où tu ne contactes personne pendant 10 jours. j’en garde un excellent souvenir et un grand amour pour la ville d’Istanbul.

fb_img_1524410493243-2007363290.jpg
Istanbul – Premier voyage à deux aux confins de l’Europe

Tu es plutôt voyage en solo ou en groupe?

Plutôt voyage à deux ou en petit groupe. Je n’ai voyagé seule qu’un fois: pour aller à Londres consulter mes archives. J’avais adoré ça mais c’est sans doute parce que je connaissais des gens sur place et j’avais l’occasion d’aller boire des verres le soir. Je préfère en général partir avec quelqu’un: une amie ou mon copain, ou encore mes parents par moments. C’est sûrement avec eux que je voyage le mieux, par habitude et parce qu’ils sont vraiment à la cool.

20180116_130207
Partner in crime lors du dernier voyage au Belize

Es-tu déjà partie pour une destination qui ne t’attirait pas plus que ça et qui t’a beaucoup plu finalement?

La Chine sans hésiter. Je n’étais pas du tout mais alors du tout attirée par ce grand pays dont je ne connaissais rien. Mais quand Jéromine a proposé d’y passer un mois je me suis dit que c’était l’occasion, je n’y serais jamais allée par moi même. En me plongeant dans les guides j’ai découvert quelques endroits qui me faisaient sacrément rêver: le Yunnan par exemple. J’ai adoré ce pays, pas seulement pour ses paysages ou ses monuments mais vraiment pour l’ambiance générale qui s’en dégage. Maintenant que j’en ai vu un bout la Chine ne me paraît plus si inaccessible et j’ai beaucoup d’idées d’endroits à découvrir ou redécouvrir la bas. J’ai su le jour de mon départ que je voudrais y retourner un jour.

jianshui7
La Chine – plus que les paysages ou les monuments c’est une ambiance générale qui m’a happée.

Comment t’organises -tu pour préparer tes articles?

Comme pour le reste de ma vie: je ne m’organise pas. Ce n’est pas tout à fait vrai, même si je n’écris rien et que je ne tiens pas de programme, ce qui m’empêche d’ailleurs d’être régulière, j’ai toujours une idée des futurs articles que je dois écrire. J’essaie de varier les styles d’articles pour que ce soit plus dynamique. Par exemple je fais rarement plus de deux articles purement récits de voyage de suite, j’aime y intercaler des articles de critique littéraire, ou un mélange de ce que j’ai pu faire à Paris dernièrement, ou encore des interviews de voyageurs.

P1060733
Entre deux destinations lointaines je visite Paris et sa région

Que fais-tu dans la vie?

La plus dure des questions. En général je réponds “pas grand chose” parce que j’ai une immense confiance en moi et que j’ai toujours peur que la personne face à moi me considère comme une chômeuse assistée, c’est pouquoi je préfère prendre les devants. En vrai en ce moment j’essaie de réviser des concours pour devenir bibliothécaire. J’ai travaillé pendant un an dans des bibliothèques et c’est impossible d’avoir une situation pérenne sans concours dans ce travail donc je me lance, assez sérieusement pour une fois.

Quel est le dernier livre que tu as lu et que tu as vraiment aimé?

J’ai lu “Lady Helen” quand j’étais au Guatemala, j’ai aimé comme un livre bonbon dont on a très très envie de lire la suite parce que ça rappelle les premiers émois adolescents.

Je pense que le dernier livre que j’ai vraiment eu du mal à quitter, qui m’a ouvert un tout nouveau champ de littérature c’est “Premier de cordée” de Frison-Roche dont j’ai parlé dans un précédent article. Je ne m’attendais pas à aimer à ce point ce roman d’alpinisme.

20180120_192055
Dans le patio de Flores au Guatemala, je dévore Lady Helen.

Quel est l’article de ton blog qui est le plus consulté par tes lecteurs?

“Randonnées dans le massif du Durmitor”, chaque semaine sans exception c’est l’article le plus lu, c’est aussi celui qui arrive dans les premières pages google quand on tape le mot clé “durmitor”. Ceci explique cela. Je suis assez contente de cet article, les photos sont jolies et je pense que ce rapide résumé de quelques randos est simple mais apporte beaucoup d’indications à qui veut se rendre au Monténégro. J’aimerais refaire des articles qui fonctionnent aussi bien.

DSC_3582
Randonnées dans le superbe massif du Durmitor au Monténégro. Une belle découverte.

Si tu pouvais aller n’importe où là tout de suite?

Dans ces cas là il faut toujours répondre: en Norvège, et plus précisément aux îles Lofoten.

Quelle est ta bande son parfaite pour un long trajet en bus, en train ou en avion?

Tout dépend du lieu. En Ecosse ou en Norvège j’aime écouter du métal ou de la musique classique, je trouve que les paysages s’y prêtent particulièrement. Pour le reste j’écoute généralement du folk: Alela Diane, Agnes Obel, First Aid Kit, Bob Dylan. Et quand j’en ai assez j’écoute le mp3 de Jéromine qui n’a pas du tout les mêmes musiques que moi, sauf pour la chanson française (vive Renaud).

20180119_144821
Le train en Chine, le bus en Amérique centrale: les moyens de transports sont une partie importante du voyage.

Qu’est ce que tu préfères dans le fait de tenir un blog?

J’aime avoir des idées pour des articles et voir la réalisation de ces idées. J’aime aussi que bloguer implique d’avoir toujours quelque chose à faire, à améliorer. Je ne crois pas que je pourrais vivre en n’ayant aucune contrainte, ce blog c’est la contrainte que je m’impose toute seule, une contrainte créative qui me permet d’avoir toujours la sensation de produire quelques chose. Et quand on est souvent au chômage comme moi c’est important pour sa propre santé psychologique de se sentir créateur de quelque chose.

Quel est ton blog préféré?

Le blog de Mathilde. Je suis toujours ravie et jalouse de ses articles. Depuis des années son ton reste sympa, comme une bonne copine qui nous parle, et elle nous abreuve en même temps de photos magnifiques, de très bonnes explications, de récits très personnels et en même temps indicatifs juste comme il faut. C’est THE blog voyage à mon goût.

Comme la plupart des blogueurs que je suis ont déjà été mentionnés pour le sunshine blogger award je ne vais pas leur rajouter une tâche supplémentaire et je m’abstiens donc de nommer des gens (et de trouver des questions à poser ahah). C’était en tout cas un plaisir de lire tous vos questionnaires et toutes vos réponses, j’espère que les miennes vont intéresseront de même.

Mes voyages idéaux en 2018

« C’est quoi le prochain voyage ? »

Dernier repas du dernier jour de voyage, voici la question rituelle qu’on se pose Jéromine et moi, depuis près de 10 ans. Ça fait deux mois qu’on parcourt l’Amérique centrale, un voyage qu’on n’a pas encore digéré mais on pense déjà à « après ». Il faudrait profiter de l’instant présent, réfléchir à ce qu’on vient de vivre mais c’est plus fort que nous : on a toujours mille idées de destinations et chaque voyage en appelle un autre.

Le retour à Paris n’étant pas forcément le plus facile pour moi – vive le chômage et l’absence de stimulation qui m’avait portée pendant les deux derniers mois – c’est autant un moyen de rebondir que de rêver à mes prochaines escapades. Je suis loin d’être une folle de l’organisation et je me retrouve en général à partir dans des pays ou des régions auxquels je n’avais jamais pensé et qui sont d’excellents souvenirs- La Nouvelle-Orléans (merci Jeanne), la Chine, le Monténégro – mais j’éprouve toujours autant de plaisir à établir des wishlist qui ne cessent de s’agrandir, comme autant de possibilités de vie, de découvertes.

J’ai trouvé cet article sur le blog de Mango & Salt et je me suis dit: pourquoi ne pas partager moi aussi mes envies. Certaines me trottent dans la tête depuis un moment, d’autres sont toutes nouvelles et ne seront peut-être plus d’actualité le mois prochain, je vous présente mes dix destinations de rêve pour cette année 2018 :

salt-1658862_960_720

  1. Ethiopie/Djibouti

Ce mois-ci lonely planet a sorti son premier guide sur l’Ethiopie, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir sur google image tous les « incontournables » et depuis je rêve de me rendre dans ce pays. Je ne m’attendais pas à une telle diversité de paysages et de patrimoine : des cascades, des parc nationaux dignes de Yellowstone, un héritage italien, d’anciens châteaux, et la mer turquoise de Djibouti. Depuis je suis passée à la librairie Voyageurs du monde pour consulter le guide et me faire une idée du temps et du montant d’un tel voyage. Résultat : je doute que ce soit pour maintenant mais ça ne m’empêche pas de le garder dans un coin de ma tête.

1200px-Lewarde_-_Fosse_Delloye_des_mines_d'Aniche_(311)

  1. Bassin minier français

J’y pensais depuis longtemps, un second visionnage de la série Peaky Blinders qui se déroule dans la ville industrielle de Birmingham m’a convaincue : mon prochain weekend sera dans le bassin minier du nord de la France. J’avais beaucoup apprécié pouvoir prendre la voiture et être libre de nos mouvements pour aller visiter la Normandie en mars. On avait remis le couvert en Octobre pour voir les châteaux de la Loire et je m’étais dit que pour notre prochain weekend amoureux je voulais changer du tourisme habituel et découvrir le patrimoine industriel. Cette région n’est pas loin de Paris et regorge de villes au passé industriel qui retrouvent une seconde vie grâce au tourisme, j’ai déjà prévu une visite de la mine de Lewarde et un passage par les villes de Lens et/ou Arras.

plaza-mayor

  1. Madrid

Après avoir vu Antigua, Oaxaca, Mexico et d’autres villes au passé colonial espagnol j’ai eu envie de voir d’où venaient toutes ces villes et de me rendre aux origines de cette colonisation : Madrid. J’aime les villes méditerranéennes, Madrid à l’avantage d’être assez proche et les billets d’avion ne sont pas trop chers. Même si je n’en ai pas entendu des critiques dithyrambiques je suis vraiment curieuse de goûter à l’ambiance de la capitale espagnole.

courlande

  1. Isthme de Courlande et Lituanie

Des goûts bizarres moi ? Pas du tout. Bon d’accord j’avoue que je n’avais jamais entendu parler de cette région de la Baltique avant d’avoir un cours de géopolitique avec une ambassadrice de la Lituanie. Je suis allée sur google image et ce paysage m’a séduite : une longue bande de forêt bordée de plage, le genre de paysage apaisant. Au-delà de ce lieu très particulier situé à la fois en Lituanie et sur l’enclave russe de Kaliningrad, je pense qu’un voyage en Lituanie me plairait beaucoup : je connais peu les pays slaves et le paysage de Lituanie a de quoi me plaire : lacs, forêts, vieilles villes. Tout ce que j’aime.

greece-2710517_960_720

  1. Thessalonique

Après mon road trip en Grèce continentale de cet été j’ai envie de découvrir encore plus la Grèce et l’article de Marie sur la capitale de la région de Chalcidique donne clairement envie de prendre un avion immédiatement. La ville est riche d’un passé macédonien puis ottoman et à quelques kilomètres de là se trouvent des plages parmi les plus belles de Grèce. Que demande le peuple?

cartagena_2_1

  1. Colombie

Pendant deux mois j’ai entendu parler de la Colombie comme le pays le plus beau du monde. Impossible de ne pas piquer ma curiosité. Un petit tour sur google image m’a montré combien la Colombie avait des paysages divers et tous sublimes – désert, plages de caraïbes, montagnes – et les récentes photos de Mi-fugue mi-raison qui y sont pour plusieurs mois ne font que conforter cette idée.

bardenas-988022_960_720

  1. Nord de l’Espagne : la Navarre et Saragosse

5h40 – c’est le temps que met le train pour arriver à Hendaye, la frontière espagnole depuis Paris. J’adore le train, j’adore aussi les road trip. Il me semble que partir en Navarre espagnole est un bon moyen de mixer les deux. Mon objectif numéro un c’est bien entendu le désert de Bardenas Reales, ou comment découvrir l’ambiance des grands déserts américains sans aller trop loin. J’ai aussi repéré la ville de Saragosse à mi-chemin entre Hendaye et le désert, qui semble vraiment belle. En règle générale c’est une région qui vaut bien une grosse semaine et dans laquelle on ne peut pas s’ennuyer.

georgie

  1. Georgie

Puisqu’on est parti dans les paysages désertiques voici mon obsession de l’année : la Géorgie. Je rêve de ses montagnes vertes, de ses monastères perdus au milieu de rien, de la vivante Tbilissi, des grottes rappelant Petra. Plus généralement on ne m’a fait que de très bons retours de ce pays. Encore une fois sa relative proximité et sa superficie « humaine » (ce n’est pas la Chine ou le Kazakhstan) en font une destination idéale pour un voyage montagnard.

italy-1215212_960_720

  1. Les Pouilles

De l’eau turquoise, des villes historiques et l’une des meilleures gastronomies du monde. Ajoutez à cela que l’Italie est devenue presque mon second pays : je ne peux que rêver d’aller dans les Pouilles, d’ailleurs j’ai déjà le guide chez moi. Une seule chose me freine : j’ai peur qu’il y fasse beaucoup beaucoup trop chaud en été. Mais après les 45 degrés à Athènes, tout devrait paraître supportable.

york-minster-1588186_960_720

  1. York

Encore une très vieille envie, de toutes les villes anglaises York est sûrement celle qui m’attire le plus. Petite, calme mais néanmoins vivante, elle semble réunir tout ce que j’aime de l’Angleterre. Entourée de collines verdoyantes, de vieilles propriétés qui rappellent Downtown abbey ou les œuvres de Jane Austen, York est une constante de ma wishlist voyage.

11. (Parce que pourquoi pas) Toulouse et sa région

Je n’avais pas particulièrement apprécié Toulouse lors de ma première visite il y a quelques années. Maintenant que j’ai un membre de la famille de mon copain qui y vit j’aimerais laisser une deuxième chance à la ville. ET alors que le temps reste grisâtre à Paris j’avoue que l’idée d’un weekend au soleil pour pas cher me tente beaucoup!

sources de photos: Ethiopie / Bassin minier / Madrid / Colombie – les autres photos sont libres de droit.

Interview d’expat – Lucie à Venise

En 2018, parmi toutes mes bonnes résolutions il y a celle de continuer les interviews d’expats. D’abord parce que j’aime toujours autant ça, ensuite parce que les #HistoiresExpatriées, rendez vous mensuel crée à l’initiative de Lucie du blog L’occhio di Lucie m’ont donné envie d’en savoir encore plus sur tout ces expatriés et tout ces lieux d’expatriation auxquels je n’aurai jamais pensé. Et aujourd’hui c’est justement Lucie qui se prête au jeu du questionnaire d’expat! Si vous voulez en savoir plus sur la vie en Italie, c’est par ici:

  1. Bonjour Lucie! Depuis combien de temps vis-tu en Italie, qu’est ce que tu y fais ?

Buongiorno ! Je suis en Italie irrégulièrement depuis 2011, date de mon Erasmus. Depuis, j’ai posé mes valises à Rome, Ischia, Naples ou Venise… j’y voyage, j’y enseigne le français, j’y ai étudié, j’y ai écrit, j’y ai fait baby-sitter ou jeune fille au pair… beaucoup de choses !

  1. Depuis un an tu nous régales de photos et d’anecdotes sur Venise, mais est-ce qu’il n’y a pas certaines difficultés à vivre dans une ville “musée”?

Beaucoup de villes italiennes sont de véritables musées à ciel ouvert. Il suffit de penser au centre ville de Florence ou aux ruines en plein air de Rome. C’est justement ce que j’aime en Italie : la richesse et la beauté du patrimoine, vraiment hallucinants.

La différence de Venise, c’est que la ville est petite et très, très fréquentée des touristes, bien sûr. C’est désagréable quand je dois marcher dans la rue pour aller au travail, car il faut sans arrêt se contorsionner pour se faufiler entre les badauds qui encombrent les calle étroites ! Mais à part ça, vivre à Venise est un délice et quelque chose de vraiment exceptionnel. Je ne pense pas y passer toute ma vie mais je profite de cette expérience précieuse.

 

  1. Quelles différences évidentes entre Venise et les autres villes d’Italie où tu as pu vivre?

Venise ne ressemble à aucune autre ville. On ne peut la comparer sur aucun point, tout est différent ici ! La vie quotidienne, mais aussi la mentalité, les rythmes, les sons, la lumière… Il n’y a pas que les aspects pratiques qui diffèrent.

DSC02142
Venise – Le Grand Canal
  1. Comment rencontre-t-on des vrais gens à Venise?

C’est l’obsession de tous les touristes : mais où sont les “vrais” Vénitiens ? Bon, tous les gens sont vrais, qu’on habite Venise depuis 3 jours, 10 ans ou la naissance, mais je comprends ta question. D’ailleurs, à Venise, on parle de « veneziano D.O.C. », d’origine contrôlée, comme pour la nourriture, je trouve ça plus rigolo.

Comme partout, en vivant sur place on rencontre les gens qui vivent aussi à Venise, que ce soit au travail ou dans les commerces. Mais j’ai dit que Venise était différente en tous points, donc pour être cohérente, il y a quand même des particularités en termes de sociabilisation. Comme la ville est petite, et qu’on fait tout à pied, on rencontre très facilement du monde. On n’arrête pas de croiser et recroiser les gens ! Et comme on est souvent dans la rue, il est fréquent de tomber sur une connaissance et de s’arrêter boire un verre au hasard en rentrant du travail.

  1. Est-ce qu’après toutes ces années certaines choses typiquement françaises te manquent encore?

D’un point de vue culturel, certaines choses me manquent, comme l’accès aux livres en français en bibliothèque (j’ai testé la liseuse, je ne suis pas très fan). Le cinéma en V.O. avec des sous-titres en français me manque aussi.

 

  1. Quelles sont les meilleurs habitudes que tu as prises ici et dont tu ne voudrais pas te passer?

Des habitudes alimentaires certainement, j’adore aller manger dehors en Italie. Et ma façon de cuisiner a été transformée radicalement par la découverte de la cuisine italienne, il n’y a pas moyen de revenir sur ça.

DSC05008
Rome – L’île Tibérine

 

  1. Quelles découvertes as-tu faites aux alentours? Quels sont les prochains voyages prévus?

Récemment, j’ai visité Bassano del Grappa et j’ai découvert un village absolument adorable. Je crois que la Vénétie est pleine de surprises et j’ai l’intention d’approfondir le sujet dans les mois à venir. J’ai aussi prévu d’aller explorer la région des grands lacs au printemps.

 

  1. La question à mille dollars: comment peut-on visiter Venise sans être un gros touriste et participer aux problèmes soulevés par cette industrie?

Ahaha dure question. Cependant, je crois que partout, quand on voyage, on doit se poser la question des effets de nos choix sur les lieux que l’on visite. Ce qui veut dire : s’informer, lire, se questionner ! Avant, j’aimais bien l’idée de faire un voyage sans rien connaître d’un lieu, d’aller à la découverte sans à priori.  Je crois maintenant qu’il faut au contraire chercher à comprendre ce qu’on visite en voyage, et que pour des villes complexes comme Venise, cela passe par comprendre les dynamiques d’une ville qui est unique. Et donc par rapport à cette lecture de la ville, se positionner différemment : déjà, ne pas avoir une attitude de consommateur, comme c’est souvent le cas. Ne pas croire que Venise est un zoo et ses habitants des spécimens en voie d’extinction.

Pour prendre des exemples concrets, si je devais visiter Venise, je ne louerais pas sur Airbnb, j’irais visiter autre chose que la place Saint Marc, j’éviterais de photographier les gens dans leur vie quotidienne, je prendrais mon temps, je renoncerais à l’idée de tout voir et à celle de tout photographier… c’est assez banal en fait, je ne sais pas si j’arrive à m’exprimer clairement.

DSC05531
Un marché en Sicile

 

 

  1. Quelles sont les idées  politiques ou économiques pour sauver Venise du désastre? Et ton avis là -dessus?

Décidément tu aimes les questions rigolotes 😀 Je ne suis pas trop la politique ici, mais j’ai la sensation que le mouvement général tend plutôt à vendre toujours plus. Quand de nouvelles boutiques ouvrent, ce sont souvent des pizzerias ou des magasins de bonbons chimiques. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait un véritable plan pour préserver le tissu des quartiers.

Cette année, la municipalité a lancé une campagne pour l’année du tourisme durable qui m’a franchement fait rire. On y demande, par des affiches et sur les réseaux sociaux, de ne pas s’asseoir sur les ponts, de ne pas faire de vélo, de ne pas se baigner dans les canaux… en bref, d’avoir un comportement civil et normal. Que cela soit la réponse de la Sérénissime à la thématique bien plus profonde du tourisme durable m’a semblé effarant. En gros, un hashtag, #EnjoyRespectVenice devrait régler les problèmes de la ville ? Il y a probablement d’autres volets à l’initiative mais ils ne sont pas visibles. Les Vénitiens sont pessimistes et c’est peut être une des choses qui me gonfle le plus dans la vie ici : ce poids et ce fatalisme face aux problèmes de la ville.

  1. Régale-nous: quelle est ta spécialité culinaire favorite en Italie?

Mammamia ! Une seule ? Je ne vais pas vraiment être originale, mais si je devais choisir, la pasta alle vongole, les pâtes aux palourdes, a une place spéciale dans mon cœur. Sans parmesan bien sûr !

 

  1. Quelles sont les régions que tu conseillerais de visiter absolument en Italie pour avoir un avant-goût de toute la richesse de ce pays?

Pour moi, n’importe quelle région d’Italie vaut le coup. Ce pays est fascinant, et je ne crois pas qu’il faille nécessairement voir les classiques comme la Toscane plus que les régions méconnues comme la Calabre. Tout est une questions d’envies et de goûts, personnellement je suis une fille du Sud et la Sicile ou la Campania me font tout de suite vibrer, c’est clair. Mais l’année dernière j’ai parcouru l’Ombrie, par exemple, et j’ai halluciné face à la beauté parfaite des paysages qui semblent avoir été peints à la main par un artiste de la Renaissance.

DSC02345
Naples – Le Castel del’Ovo
  1. Se déplacer en Italie: à velo, en bateau, en train? Ton moyen de transport favori pour voyager ici?

J’adore le train. La lenteur des trains régionaux italiens, qui s’arrêtent dans chaque ville et traversent des paysages bien souvent intéressants, est un régal pour moi.

Mais le traghetto a aussi son charme, surtout parce qu’il permet d’arriver jusqu’aux îles dont le nom en lui-même est déjà un dépaysement et un voyage, comme Ischia, le Tremiti, Ponza ou Pantelleria…

Pour certains voyages, cependant, la voiture me semble indispensable pour arriver jusqu’à certains sites qui ne sont pas desservis, à moins de faire du stop (mais l’Italie est un pays ou le stop marche très mal).

  1. Comment t’y prends tu pour réaliser un guide de voyage?

Olala, j’ai écrit un article entier sur la question ! Déjà, je n’ai jamais créé de guide, seulement mis à jour des éditions déjà établies. Mon travail est donc d’abord de documentation, de recherche, puis d’organisation. Je programme l’enquête, les lieux à visiter, pointe les choses à vérifier, à partir d’une version du guide précédent fournie par l’éditeur. Ensuite vient l’enquête sur le terrain et le relevé des informations. Toutes les techniques sont bonnes : photos, notes, dessins, et accumuler brochures, dépliants, etc. De retour d’enquête on passe à l’élaboration, la mise en forme et la rédaction. Puis viendront les questions de l’éditeur, les modifications, demande de précision, révisions, pour arriver à un résultat le plus pertinent possible.

  1. Dernière question : D’autres villes Italiennes où tu te verrais t’installer?

Bologne, Gênes, Palerme, Naples, Lecce ou Syracuse… certaines villes m’attireraient bien pour quelques mois, d’autres un peu plus longtemps, mais la condition est pour moi toujours la même : pas trop loin de la mer…

Chronique parisienne – Un automne à Paris

Déjà l’époque des calendriers de l’Avent et je n’ai même pas eu le temps de poster sur l’automne à Paris. Il s’agit pourtant de ma période préférée : quand la douceur des premiers jours d’octobre croise les couleurs chatoyantes des arbres qui perdent leurs feuilles. Malgré tout j’ai envie de faire un petit pêle-mêle de ce dernier mois avant de plonger dans la période Noël.

En vivant dans différents quartiers de Paris on se crée de nouveaux QG et en ce moment c’est au Sud du Vème arrondissement que j’ai élu domicile. Entre la bibliothèque spécialisée dans les métiers du Livre et le super cinéma La Clef qui passe toujours les films que j’ai oublié d’aller voir, je passe mon temps au café de la Grande Mosquée. Contre le froid des bâches ont été installées et des convecteurs électriques chauffent agréablement. Le thé n’est pas cher, les gâteaux sont bons et on se croirait presque en vacances. La neige est arrivée et c’est un temps idéal pour profiter du hammam entre copines. Bien sur ce n’est pas un hammam typique, on y trouve surtout des Parisiennes ou des touristes, rien de très dépaysant mais je le recommande chaudement !

20171107_145802174074940.jpg
Depuis la bibliothèque Buffon une nouvelle vue de Paris s’offre à moi. La tour de Jussieu au loin, le jardin des plantes au premier plan.
20171130_1433021356745945.jpg
Fascinée par l’ambiance XIXe siècle qui se dégage de ce jardin et de ses bâtiments. Si on observe bien on voit des crânes de rorquals ou de tyrannosaures depuis les fenêtres.

Vous reprendrez bien un podcast?

J’ai passé l’essentiel de mon temps chez moi, parce qu’avec le temps gris c’est dur de sortir de son plaid, mais j’ai tout de même découvert quelques nouveautés culturelles ce mois-ci, à commencer par un certain nombre de podcasts – facile en période d’hibernation :

  • La fabrique de l’Histoire : Les jeunes filles – La fabrique de l’Histoire c’est cette émission historique sur France culture qui change de thème chaque semaine. Des  historiens ou des thésards se succèdent pour parler d’un sujet en lien avec leurs travaux de recherche. C’est souvent très précis et en tant qu’ancienne étudiante en histoire j’adore. Le thème des jeunes filles s’est avéré forcément un peu féministe mais surtout passionnant : les émissions concernaient les jeunes filles de la campagne au début du XXe, l’éducation sentimentale et sexuelle des jeunes filles au XIXe et les jeunes filles rebelles du XXe. Trois sujets assez variés et qui permettent d’en apprendre beaucoup !
  • La Poudre – émission de Christine Bard – Je n’écoute pas tous les épisodes de La Poudre, mais difficile d’éviter celui de Christine Bard à la fois féministe et professeur d’histoire spécialisée dans l’Histoire des femmes. J’adore quand ce sont des universitaires qui sont reçues par Lauren Bastide parce que les questions de l’animatrice parfois un peu naïve – comme nous toutes – se complètent bien avec les réponses très nuancées et réfléchies des interviewées. Cet épisode est absolument à écouter !
  • La compagnie des auteurs : J.K. Rowling – J’ai découvert cette émission de France culture il y a peu et j’ai envie d’écouter toutes les émissions maintenant. 4 épisodes sur J.K. Rowling et Harry Potter sous toutes ses facettes : la politique, la philosophie, la société. C’est l’occasion de s’interroger sur les littératures du merveilleux et de la fantasy et sur leur apport. Passionnant pour tout ceux issus de la génération Harry Potter.

 

 

 

 

20171130_143443-1505562890.jpg
Avant l’averse de neige le jardin des plantes est désert.

 

 

 

Le cinéma d’automne en berne

Malgré le froid des derniers jours – dernières semaines – je me suis aussi forcée à sortir un peu : je suis retournée au cinéma, même si ça demande une motivation hors du commun, pour ENFIN voir Téhéran Tabou  qui était aussi peu drôle que je le pensais mais fichtrement intéressant. Moins dur j’ai vu La Villa de Robert Guediguian. Sans être wahou j’ai passé un bon moment dans les calanques, il faut aimer le travail de Guédiguian pour apprécier vraiment ce film qui est un peu lent peut-être, et très théâtral. Je le conseille cependant, et comme l’a précisé le réalisateur : il faut aller voir un film dans la première semaine, c’est là que le nombre d’entrées compte pour savoir si le film restera en salles.

 

 

 

20171116_165258-160939469.jpg

La saison des livres, pas celle des musées

Côté musée j’ai été assez molle : j’ai renoncé à l’expo Dior toujours blindée et je me suis reportée sur l’expo Pastels au Petit Palais. Il y avait la queue et beaucoup trop de monde. Le travail des pastels est impressionnant et on se demande toujours comment ces artistes ont pu faire de telles œuvres avec cette technique. Ca donne carrément envie de tenter à son tour. Je n’ai été vraiment subjuguée par aucune œuvre, à part les œuvres symbolistes (Odilon Redon en premier toujours), mais pour ceux qui s’essaient à diverses techniques de dessin, cette expo est très intéressante.

20171201_104448-293187873.jpg

Enfin arrive décembre. Avec la neige la magie de noël est bien présente, on commence à courir dans les magasins et à rédiger des listes pour soi et pour les autres. A s’étonner du thème bizarre des vitrines de noël  cette année – les pigeons ? Vraiment ? Ils n’ont que ça pour représenter Paris ? J’adore acheter des cadeaux, j’adore en recevoir donc cette période me va très bien même si fort mercantiliste, je sais. Mais Noël c’est  l’occasion d’ acheter tout plein de livres pour les autres, et donc de les lire avant de les offrir. Un petit passage au salon du livre jeunesse de Montreuil m’a permis de dépenser tout l’argent que je n’avais pas et de découvrir de nouveaux éditeurs.

 

img_20171020_214246_3071937761189.jpg
Moment créatif au Palais Royal envahi par les étudiants en Art.

 

 

 

Les péchés mignons…

Décembre c’est aussi le moment où je cède à une obsession un peu honteuse : les miss. Je me suis abonnée à miss univers sur instagram et ne cesse de regarder les stories d’Iris Mittenaere. Allez savoir pourquoi, quelque part ça me fait rêver. Même si on ne trouve pas moins féministe comme programme télé, Madame Miss France a dit que c’était la seule émission où les femmes étaient en majorité à une heure de grande écoute, il serait intéressant d’en faire quelque chose et d’en profiter. Affaire à suivre…

Rempli de petits riens ce mois de novembre a été finalement assez riche et je suis motivée pour voir plus d’expositions ce mois-ci, il faut dire que la saison va bientôt se terminer. Entre la famille, les sorties et un weekend en Bourgogne le mois de décembre risque d’être bien occupé !

 

Inktober – retour d’expérience

Je n’ai jamais été très douée en dessin. Quand j’étais petite et qu’on faisait de la peinture avec ma cousine, ma grand-mère me félicitait toujours sur mon choix des couleurs. J’en étais très fière mais j’ai vite compris que cette qualité de coloriste montrait surtout que ça péchait pas mal ailleurs – j’ai toujours dépassé dans mes coloriages par exemple. Même si je me suis dès lors tournée vers une autre activité artistique – l’écriture – j’ai toujours eu envie de dessiner et surtout de faire jouer les couleurs !

J’avais regardé de loin l’Inktober 2016, j’avais aimé le concept mais ça ne me concernait pas encore. Cette année ma copine Jéromine – toujours la même – ne m’a pas trop laissé le choix : on le faisait ensemble et on allait jusqu’au bout. 

Spoiler alert: on n’est pas allées jusqu’au bout…

Même si finalement nous n’avons PAS réussi à faire tous les thèmes, cette expérience créative était vraiment enrichissante et ça valait bien un article!

P1080423
Liste des thèmes de l’Inktober 2017 – certains sont bien plus inspirants que d’autres.
  •  Inktober qu’est ce que c’est ?

C’est un challenge de dessin crée en 2009 par Jack Parker. Le principe est simple : faire un dessin à l’encre « Ink » par jour au mois d’octobre. A chaque jour correspond un thème, la liste des thèmes c’est Jake Parker qui la dévoile quelque jours avant le lancement du challenge.

Chacun fait son Inktober comme il le veut : le but est uniquement de se forcer à faire marcher sa créativité et s’entraîner chaque jour au dessin. Certains suivent leurs propres thèmes, d’autres n’utilisent pas que de l’encre mais de la peinture, du pastel, de l’aquarelle, …

P1080428
1er dessin de cette session d’Inktober. Je n’étais pas trop mécontente.

 

Pour ma part, même si j’ai essayé de  tenir le rythme j’ai vite été en retard : il suffit d’avoir un resto avec des copines après le travail pour ne pas avoir le temps de dessiner chez soi. Malgré ma volonté de finir il me reste trois thèmes auxquels je n’ai pas touché : United, Mask et Found. A la fin je les ai faits

dans le désordre – foutu pour foutu autant dessiner ce qui m’inspirait. Enfin je n’ai pas utilisé que de l’encre mais aussi beaucoup d’aquarelle.

Bref chacun fait comme il veut : tenter l’Inktober c’est s’astreindre à sa propre rigueur et l’adapter en fonction de ses envies et de ses capacités.

P1080437
J’avais envie d’un grand voilier avec moult détails, mais pour une fois je suis restée réaliste et je me suis contentée d’un bateau viking.

 

  • Soyons créatifs !

Comme vous le voyez certains thèmes sont très larges, d’autres très abstraits, et d’autres encore pas du tout inspirants, c’est ce qui fait l’une des difficultés de l’Inktober. En essayant de suivre les thèmes on peut parfois éprouver un grand vide, on n’a aucune idée de quoi dessiner.  Et ça fait partie de l’exercice !

On sait très bien aujourd’hui que la contrainte peut libérer la créativité: ne pas avoir d’idée immédiate force à faire travailler son cerveau, son intuition, son observation du monde et permet de trouver des ressources totalement inconnues. Quand je n’avais aucune idée pour le thème du jour je me mettais à regarder partout autour de moi : les gens dans le métro, les livres sur la devanture des librairies, les affiches des abri-bus, …

Surprise ! Les meilleurs idées arrivent souvent quand on n’en a pas.

P1080431
Inspiré de “La leçon” de Mickaêl Escoffier avec des illustrations de Kris Di Giacomo

J’ai souvent beaucoup mieux réussi les dessins qui me venaient d’une idée subite que ceux que j’avais déjà prévus des jours à l’avance. Cette contrainte, et le fait que je trouvais souvent mes idées tard le soir m’ont forcée à réaliser des dessins moins ambitieux et finalement plus rigoureux et concentrés sur des détails.

P1080436
Assez fière de mon grimpeur je l’avoue.

Enfin j’ai développé une astuce, que j’ai vue chez d’autres : j’ai choisi un personnage – dans mon cas il s’agit d’une petite fille avec un ciré jaune – que j’adaptais à chaque thème dès que je manquais cruellement d’idée. Je lui ajoutais des objets, je la plaçais dans différents décors. La réunion de ces deux contraintes – un thème, un personnage – permet à l’esprit de ne pas partir dans toutes les directions et de trouver plus vite l’inspiration.

 

 

  • Découvrir son style : constater ses points faibles et progresser.

Dessiner chaque jour c’est aussi l’occasion de faire le point, d’observer des similitudes entre ses dessins et de voir ses points faibles et ses points forts.

En comparant mes Inktober avec ceux de Jéromine on s’est aperçues que je voyais toujours les choses en très grand, et elle en bien plus petit. J’occupais l’intégralité de la page pour représenter des scènes, elle en occupait une partie pour présenter un détail. Résultat : mes dessins étaient peut-être plus ambitieux mais moins bien réalisés car je passais peu de temps sur les détails ; les siens étaient parfaits sur le plan de la réalisation mais auraient peut être mérité d’être compris dans une scène plus grande. Ce constat nous permet aujourd’hui de travailler sur ces défauts et d’apprendre de l’autre.

P1080440
2e jour d’inktober – Faisons simple, faisons Moïse qui divise les eaux.
P1080434
Je pensais à ce dessin depuis longtemps (squeak = le bruit des glaces qui se fendent), et je suis finalement assez déçue de mon brise-glace.

J’ai trouvé que c’était aussi le moment de se forcer à dessiner des trucs qu’on n’aime pas ou qu’on n’a jamais fait. J’ai profité de certains thèmes pour apprendre à dessiner l’anatomie humaine et animale – le fait de n’avoir jamais eu de cours de dessins m’embête beaucoup, je ne sais pas du tout par où commencer, comment trouver les proportions, etc. Avec le recul ce sont peut-être mes dessins préférés. J’ai pris des modèles et je me suis appliquée, non pas pour faire un beau dessin, mais pour apprendre.

 

P1080432
Inspiration: une photo d’éléphant trouvée sur google, j’ai décoré à ma façon.

 

Je précise que j’ai presque toujours utilisé des modèles, des inspirations, sauf pour quelques dessins – notamment ceux de ma petite fille en cirée – je m’excuse d’avance si certains modèles ne sont pas cités, c’est que je ne m’en souviens plus.

P1080433
Nature morte. Ce n’est pas ce que je préfère mais c’est un bon moyen d’apprendre l’aquarelle.

 

  • Faire le plein de comptes instagram de dessinateurs

Chaque jour il suffisait de taper le thème et de trouver des milliers de dessins, certains magnifiques : et j’ai profité de ce mois pour découvrir des artistes, ou juste des gens qui aiment dessiner, et renouveler un peu mes abonnements instagram, je vous en présente quelques uns ici.

 

View this post on Instagram

Inktober Day 21: FURIOUS – Grigor Bagrat, an influential land owner from the 2nd Kingdom, discovered that 3 days ago one of his southern sheep ranches was wiped out by hungry trolls. He's required by his insurance to personally travel there to assess the damage in order to make a claim. Which means he's missing the annual tri-kingdom poker tournament. To top it off, rain soaked his favorite pipe and he just can't even right now. #inktober2017 – Inktober shirts are back! Last round to get one then they won't be for sale until next year. Link in the profile⬆️⬆️ #inktober #furious #characterdesign #drawing #sketches #marker #brushpen #comicart #comicartist #inking #drawing #ink #drawingchallenge #pendrawing #sketch #illustration #jakeparker #copic #copicgasenfude #artistsoninstagram #artists #artnews #ink #brushpen #penandink – Pens and paper I'm using + more of my tools: @jakeparkertools

A post shared by Jake Parker (@jakeparker) on

jakeparker

L’instigateur de l’Inktober. Incontournable.

Malashonok_a

Anastasia Malashonok est une artiste biélorusse (je crois) et je suis tombée amoureuse de certaines de ces illustrations. C’est une ambiance particulière, pas vraiment funky, avec des couleurs un peu sombres et des traits simples, presque naïfs. J’adore.

 

Yampiri

Photographe et artiste turc. Ces inktober sont très variés, en noir et blanc et assez inspirants. Le petit plus que je viens de découvrir : Yampiri fait des stories d’aquarelle. Parfait pour la novice que je suis, ce sont de bons entrainements.

 

Natashkina_art

Même si l’Inktober n’est pas fini. Cet (cette) artiste a également utilisé un seul personnage pour chaque thème : un petit escargot adorable et j’avais très hâte de découvrir chaque jour à quoi il allait ressembler.

Raphaelletaschet

tout n’est pas égal dans ce que fait cette illustratrice française, mais certains de ces dessins m’ont beaucoup parlé : notamment cette sorcière courbée tout droit sortie du conte de la sorcière de la rue Mouffetard !

 

Yangsl

Ici encore les thèmes de l’Inktober se sont combinés avec le thème de l’artiste : les animaux. A chaque jour un nouvel animal souvent mignon et toujours très très bien réalisé. Un Inktober à conserver pour apprendre à dessiner les animaux !

Markpoulierart

il s’agit ici de dessins d’architecture, de dessins de voyages, bref tout ce que j’adore. Détaillés comme pas possible, on s’y croirait. Je rêve de pouvoir dessiner comme ça un jour.

sarah_jlt

C’est un monde bizarre mais des idées toujours très originales qui sortent de ces inktober. Mon favoris c’est ce parterre de parapluies qui traverse un passage piétons pour le thème « teeming ».

View this post on Instagram

Day 31: mask #inktober #inktober2017

A post shared by @ lowrinah on

lowrinah

Un monde de manga un peu torturé. Un mélange d’encre et d’aquarelle. Une ambiance à la fois dure et poétique se dégage de ses dessins, on sent une inspiration de Miyazaki.

 

View this post on Instagram

#keepTheGrandWild ✊🏽♥️

A post shared by Jeremy Collins (@jer.collins) on

Jeremy Collins

Pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous partager aussi mon dessinateur préféré: Jérémy Collins, un grimpeur qui croque les paysages des USA avec de l’encre et de l’aquarelle. C’est sans doute lui ma première source d’inspiration. (Le poing par exemple je l’ai pris comme modèle chez lui).

Depuis que l’Inktober est officiellement fini je n’ai pas cessé de dessiner. Je me suis remise surtout à l’aquarelle: le but est d’être capable de dessiner en voyage, donc de dessiner vite et de dessiner beaucoup de choses différentes.

Je ne sais pas encore si je retenterai l’expérience l’année prochaine ou si je m’attaquerai à un autre défi: le NaNoWriMo. Les deux défis se suivent alors ça risque d’être un peu compliqué de faire les deux. J’encourage tous ceux qui auraient envie de tenter ce genre d’expérience, j’ai trouvé ça vraiment réjouissant même si c’était très contraignant, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est capable de créer et de produire des choses artistiques!

Chronique parisienne – Un été à Paris

Paris l’été, Paris en août. Paris quand elle se vide, sous la pluie, le froid et cette impression d’un automne arrivé trop tôt. C’est ce qu’on voit et ce qu’on lit sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, et, en effet, on ne peut pas dire que Paris ait réservé ses plus beaux jours à ceux qui ont décidé d’y rester en Août. Période pourtant suffisamment difficile quand on voit tous les autres partir en vacances.

Mais, ce ne serait pas rendre justice que de limiter Paris à ces quelques jours de mauvais temps. Parce que Paris a la gentillesse de ne faire tomber la pluie que la semaine, laissant un grand soleil illuminer nos week-ends et nous donner tout le loisirs de nous croire nous aussi en vacances. Voici donc une petite chronique d’un Paris estival un peu plus vide mais bien vivant.

20170815_172648
Le cactus pour montrer qu’on parle de la Californie

Vive la Piscine et les Palmiers : l’expo David Hockney à découvrir de toute urgence.

Cette chronique parisienne n°4 ou 5 – je ne me souviens pas, je l’ai si peu tenue – est l’occasion de vous parler de ma grosse découverte de ce mois d’août : l’artiste David Hockney. Je remercie mes copines portées sur l’art moderne et contemporain qui m’emmènent voir des expo dont je n’avais même pas entendu parler. Ou plutôt j’avais soigneusement détourné la tête de l’immense affiche en passant devant Beaubourg où une retrospective est organisée.

David Hockney est un artiste britannique (toujours en vie) un peu touche à tout. Né en Angleterre la majeure partie de ses œuvres concerne la Californie où il vit et travaille, et ses principales oeuvres sont des tableaux, mais des tableaux réalisés avec l’aide de la photo, des nouvelles technologies ou d’autres techniques plus modernes. Je ne connaissais rien à son œuvre et j’ai adoré.

L’exposition est très bien faite, si vous omettez le tout premier panneau qui utilise des termes un peu trop complexes à mon goût et de nature à perdre le visiteur profane. L’œuvre d’Hockney est si vaste et si variée qu’il est impossible de s’ennuyer : chaque pièce met en avant des périodes différentes de son travail et qui n’ont parfois rien à voir. On ressent une véritable critique, une sorte d’ironie pour ses contemporains, et en même temps une grande recherche intellectuelle. Un travail sur la matière, sur les supports, sur les sujets qui peut faire peur mais on comprend tout très bien et c’est rudement intéressant.

L’homosexualité, la société californienne, les couleurs de Los Angeles et à certains moments les campagnes anglaises, tous ces sujets sont évoqués à travers la photo, les films et la peinture. Mais LE sujet pour lequel David Hockney est célèbre ce sont les piscines. Il a cherché, longtemps, comment rendre les reflets du soleil dans la piscine. Une étude très intéressante où on voit se croiser divers courants artistiques.

J’ai pris beaucoup de plaisir à arpenter cette expo, j’espère vous avoir donner envie de vous y rendre à votre tour ! Je regarderai plus sérieusement les expo à Pompidou désormais.

Exposition David Hockney – Centre Pompidou : jusqu’au 23 octobre 2017

20170805_193732

Des terrasses ensoleillées : les vacances à Paris

L’été c’est LA saison des terrasses et des lieux éphémères qui essaiment un peu partout dans Paris. Le plus célèbre est Ground Control, ce lieu culturel éphémère qui ne se pose jamais au même endroit. Une amie m’a expliqué que la mode des lieux éphèmères était en fait un courant d’urbanisme qui avait pour vocation de redonner du rythme à la ville, d’en faire une entité sans cesse en mouvement en réutilisant des lieux en friches mais promis à un autre destin. Les grands voisins par exemple : on sait depuis longtemps que le lieu sera réutilisé en 2018 mais la mairie a laissé des associations en prendre possession pour une durée déterminée afin de ne pas laisser de terrain abandonné et de permettre du mouvement.

20170805_193710

J’ai découvert une autre terrasse forte agréable aux dernières lueurs de l’après-midi : le Palazzo de la porte dorée. J’adore le palais de la porte dorée pour son archaïsme imposant. Un retour immédiat dans un Empire colonial français persuadé d’apporter la civilisation aux peuples indigènes. Une idée bien visible dans l’iconographie particulière de ce palais : depuis les palmiers aux tableaux orientalistes de la salle principale en passant par l’architecture du palais. Tout sent les années 30. J’aime encore plus que ce palais abrite aujourd’hui le musée national de l’immigration.

C’est à l’occasion de l’exposition Ciao Italia qu’une terrasse éphémère a vu le jour devant le Palais, rebaptisé pour l’occasion le Palazzo. Des coussins sur l’escalier monumental, un DJ, des chaises longues, du sable et bien entendu un bar à Spritz. L’endroit n’est pas trop couru. De quoi se faire un agréable afterwork.

Toute une programmation est prévue jusqu’au 15 octobre, tout se trouve ici : Palazzo

Des animations et conférences sont aussi prévues autour du thème de l’Italie. J’adore l’idée des « conférences pompettes » sur les vins italiens par exemple.

P1080166

Que faire l’été à Paris ? Sortir de Paris pardi !

Le meilleur moyen de profiter de la chaleur à Paris est encore de sortir de Paris. Ou d’aller se baigner dans le bassin de la Villette mais il parait que ce n’est plus très sûr.

Une sortie que je voulais faire depuis longtemps parce qu’elle permet de respirer et de retrouver la nature : une balade à Fontainebleau. A un peu plus d’une demi-heure de Paris se trouve une effet une immense forêt avec moult chemins de randonnées – balisés en bleu, jaune (familiale) ou rouge et blanc pour les GR – des blocs pour grimper, et encore sûrement beaucoup d’autres activités. Quand il fait 30 degrés, c’est la sortie idéale.

P1080158
Une mer de fougères dans cet ancien repère de peintres

20170730_152005

Nous avons rejoint beaucoup d’autres touristes dans le village de Barbizon où vous pouvez également faire une sortie culturelle, mais finalement on a préféré piqueniquer au milieu des bois, changer d’itinéraire en plein milieu et se perdre sur une crête avant de finalement retrouver le chemin (merci les gens que l’on croise et le GPS). Très rapidement on n’entend d’autre bruit que ses pas et le souffle du vent, on a de superbes vues sur toute la forêt de Fontainebleau, on croise d’étranges rochers sculptés par la mer et on s’évade vraiment.

Pour les vrais marcheurs, le circuit des 25 bosses est la rando avec le plus de dénivelés en île de France, nous en avons emprunté un bout: par chance c’était le coté qui offre les beaux points de vues. Il s’agit d’une randonnée longue et assez difficile mais très belle.

P1080168
La forêt de Fontainebleau qui s’étend à perte de vue.
20170730_144352
Une tortue croisée au détour d’un chemin

 

Interview d’expat – Jéromine en Grèce

Je reviens tout juste de près de deux semaines en Grèce où je suis allée voir ma super copine Jéromine que vous connaissez peut-être pour être l’auteure du blog l’archivoyageuse. Elle s’est installée à Athènes il y a un an, j’ai un peu tardé à aller la voir mais mieux vaut tard que jamais et cinq ans après nous étions à nouveau réunies dans la capitale grecque qu’on avait découverte ensemble. C’était l’occasion idéale pour la soumettre à l’interview d’expat, d’autant plus intéressant que ce n’est pas LA destination phare  pour s’expatrier. Alors c’est comment la vie en Grèce?

Salut Jéromine, qu’est-ce que tu es donc venue faire en Grèce?

Je suis à Athènes pour effectuer un Volontariat International en Administration, en tant qu’archiviste à la photothèque de l’École française d’Athènes, poste auquel j’ai postulé après que tu m’aies envoyé l’offre d’emploi. Je suis arrivée en septembre dernier, avec un contrat d’un an.

Et où est-ce que tu vis?

J’habite dans le quartier de Neapoli, au nord-est du centre historique d’Athènes. J’ai choisi cette zone pour la proximité avec mon lieu de travail, qui n’est qu’à une vingtaine de minutes à pied. Après dix mois je peux dire que j’aime beaucoup l’endroit où je vis, les touristes y sont peu présents, aussi je vis entourée de Grecs qui mènent une vie “normale”, et non de boutiques de souvenirs ou de restaurants attrape-touristes comme on peut en trouver à Monastiraki. Le centre et ses attractions restent quand même à proximité, me permettant de profiter pleinement de la ville.

P1070957
Monastiraki au centre d’Athènes

Il y a des différences importantes avec la France?

La plus grosse différence avec la France est au niveau des prix. Par exemple, alors qu’à Paris je payais 700 euros pour un 30m², ici je ne paye que 450 euros par mois pour un 85m² avec un grand balcon. Aller au restaurant, boire un coca en terrasse ou faire ses courses au marché revient également bien moins cher. Évidemment les salaires aussi sont  inférieurs aux nôtres, le SMIC se situant aux environs de 500 euros par mois.

Autre différence, le rythme horaire : les Grecs commencent leur journée de travail tôt, certains services tels que la poste ou la compagnie d’électricité sont ouverts dès 7h30, et finissent tôt également. Je travaille de 8h à 15h30 tous les jours. Ils déjeunent après le travail, aux alentours de 15h-16h, pour ensuite ne dîner que vers 21h-22h. Enfin, il faut quand même le souligner, les Grecs sont bien plus portés sur la discussion avec un inconnu que les Parisiens. Au marché, dans le taxi, au restaurant, on vous demandera d’où vous venez, ce que vous faites ici, si vous vous plaisez à Athènes, ce qui rend le quotidien assez agréable, notamment en arrivant dans un pays où l’on ne connait personne.

egine
Egine – Ile du golfe saronique à seulement une heure d’Athènes

 

Ca a été difficile de s’installer et de s’adapter?

Je n’ai pas eu de difficultés particulières en arrivant puisque j’ai la chance d’avoir trouvé un appartement avant de quitter la France, et que je travaille entourée de Français et de Grecs qui m’ont aidée dans mes démarches administratives.

J’ai eu du mal à me faire à la température de mon appartement pendant l’hiver. En effet, dans la plupart des immeubles athéniens le chauffage est collectif, et ne fonctionne que quelques heures par jour. Comme il ne fonctionnait pas chez moi, j’avais des radiateurs électriques qui étaient à la fois insuffisants à chauffer l’ensemble de mon appartement, et également un puits à argent, puisque l’électricité coûte très cher ici. De plus les appartements sont très mal isolés, et c’est un sujet de discussion assez récurrent, de savoir si l’on arrive à se chauffer assez chez soi.

Enfin, j’avoue être encore très agréablement surprise chaque samedi lorsque je me rends au marché et qu’avec moins de 10 euros je remplis mes sacs d’œufs, pommes de terre, carottes, pommes, tomates et autres légumes.

IMG_5792

Il y a des choses qui te manquent de la France?

J’en suis la première surprise mais à part les gens, la France ne me manque pas, que ce soit au niveau des courses au supermarché ou des sorties, qui sont à peu près les mêmes. En y réfléchissant je pourrais dire certains gâteaux et sucreries pour lesquels les rayons sont bien plus petits ici, avec beaucoup moins de choix, ou alors le fait d’aller danser en boîte, car si les Grecs sortent beaucoup, ils ne vont pas beaucoup danser

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

La principale habitude que j’ai prise ici est de marcher beaucoup plus qu’à Paris. En effet, même si le métro existe, il n’a que quatre lignes, et les stations sont très espacées les unes de autres. Les bus ne passent pas toujours même lorsqu’ils sont indiqués, et j’en ai déjà attendu un plus de trente minutes avant de renoncer. Aussi je me déplace la plupart du temps à pied.

 

IMGP0694 - Copie
Chypre – vivre à Athènes c’est aussi l’occasion de faire des weekend là où on aurait jamais pensé aller.

Quelles découvertes as-tu faites ? Quels voyages sont prévus ?

J’étais déjà venue à Athènes il y a cinq ans pour visiter, mais je me suis rendue compte en y habitant à quel point la ville ne se résume pas à son centre historique avec le quartier de Plaka et l’Acropole. En effet, il suffit de marcher une vingtaine de minutes pour être dans le quartier anarchiste d’Exarcheia, avec ses librairies, son street-art présent partout et ses petites terrasses. Ma découverte principale est que même si Athènes est principalement connue pour ses sites archéologiques, elle a bien plus à offrir et qu’il ne faut pas hésiter à se balader au hasard.

IMGP0753
Le quartier anarchiste d’Exarcheia et ses nombreux tags

Je profite de mon temps ici pour voir le plus que je peux du pays, je suis allée visiter le site archéologique de Delphes, les Météores, des monastères orthodoxes perchés sur des blocs rocheux presque aussi lisses que des galets, les îles d’Égine, Hydra et Skiathos, et surtout je me suis bien baladée dans le Péloponnèse, avec plusieurs séjours et excursions, à Mycènes, Mystras, Nauplie, Méthoni, Ermioni, Monemvasia. J’ai aussi profité des vols pas chers pour aller passer un week-end à Chypre, cette île-état coupée en deux, avec une partie aux influences turques et une partie aux influences grecques.

Je ne sais pas si je vais visiter d’autres endroits de Grèce pendant les deux derniers mois qui me restent, mais j’espère profiter encore un maximum de la ville d’Athènes, en visitant les musées que je n’ai pas encore vus, et en allant à l’Acropole.

imgp1207
Ile d’Hydra – la perle de la mer Egée dans l’archipel des îles Saroniques

 

Qu’est ce que tu conseillerais de faire à Athènes ou en Grèce ? Que préfères-tu de la Grèce ?

Une des choses que je conseille vraiment de faire à Athènes est de se rendre au sommet de la colline du Lycabette pour y voir le coucher du soleil (par temps découvert bien sûr). La montée nécessite une demi-heure de marche, et une fois au sommet on a une vue à 360° sur la ville, on voit l’Acropole, la mer et même Égine, tandis que le soleil se couche sur les montagnes. C’est un très beau spectacle, qui a en plus l’avantage d’être gratuit.

Je recommande sinon vraiment d’aller voir les Météores, je n’avais jamais vu d’endroit qui y ressemble ailleurs. Dernièrement j’ai passé un week-end sur l’île de Skiathos, qu’on m’avait décrite comme une deuxième Mykonos, et en fait j’ai été agréablement surprise, je l’ai préférée dix fois à Mykonos !

IMGP0135
Le Mont Lycabette – incontournable pour voir le plus beau coucher de soleil d’Athènes.

 

Est-ce difficile de vivre dans un pays “en crise” ?

J’ai la chance de vivre en Grèce tout en étant payée par la France, ce qui me permet d’avoir un niveau de vie supérieur aux locaux, aussi je ne ressens pas personnellement la crise. Je constate cependant les effets de la crise en voyant les rideaux de fer de certaines boutiques en permanence fermés, ainsi que les immeubles dont la construction n’a pas été achevée et qui semblent être laissés à l’abandon.

De plus, les Grecs ayant des difficultés à payer leurs factures, la compagnie d’électricité offre une compensation financière à ceux qui payent à temps, ce qui n’arriverait jamais en France. Cependant, et c’est une Grecque qui me l’a dit, en dépit de cette situation qui s’éternise, les Grecs continuent de faire la fête, de se retrouver au restaurant ou pour boire un verre, et l’ambiance générale est assez festive, ce qui est très agréable au quotidien.

IMGP1118
Les gorges du Bardon sur la route entre Argos et le sud du Péloponnèse. Quand on visite la Grèce les routes valent souvent autant le voyage que la destination finale.

Une spécialité culinaire ou culturelle que tu adores?

Sans hésiter le souvlaki, sandwich constitué de viande grillée, avec tomates, oignons et tzatziki enveloppés dans un pain pita. Je vais très souvent en manger, dans le même petit restaurant près du métro Syngrou-Fix, et je prends la version avec une brochette de poulet. Pour seulement 2,40 euros on a un très bon sandwich, et moi qui n’aimais pas les sandwichs grecs en France, ici j’en suis fan.

IMGP0293
Manger à Athènes : entre le Tzatsiki et les souvlakis il y a de quoi se faire plaisir pour pas cher.

Et c’est facile de rencontrer des gens?

J’ai choisi d’utiliser le réseau Couchsurfing pour rencontrer des gens en dehors du travail. Plusieurs évènements sont organisés, des soirées dans un bar, des rassemblements pour faire connaissance ou encore des randonnées et excursions à la journée.

P1070493
Les Météores en Thessalie

De quoi parle ton blog ?

J’ai créé mon blog il y a trois ans, à l’occasion d’un voyage de quatre mois en Asie du Sud-est, et j’ai continué de l’alimenter avec mes récits de voyage et mes vidéos. Depuis septembre dernier j’y parle aussi de ma vie quotidienne à Athènes, de ce qu’il y a à voir et à faire, de la vie d’expat’. Et sinon j’ai commencé une série d’interview des voyageurs que j’héberge via le Couchsurfing, pour mettre en avant ce système alternatif de voyage, et montrer la diversité des jeunes qui voyagent, pourquoi ils le font, ce qu’ils attendent de l’Europe, de la Grèce.

Et après Athènes ?

Je quitte Athènes fin août, et j’ai pour projet de partir en PVT en Amérique latine en janvier 2018.

IMG_5784
Monemvasia