Inktober – retour d’expérience

Je n’ai jamais été très douée en dessin. Quand j’étais petite et qu’on faisait de la peinture avec ma cousine, ma grand-mère me félicitait toujours sur mon choix des couleurs. J’en étais très fière mais j’ai vite compris que cette qualité de coloriste montrait surtout que ça péchait pas mal ailleurs – j’ai toujours dépassé dans mes coloriages par exemple. Même si je me suis dès lors tournée vers une autre activité artistique – l’écriture – j’ai toujours eu envie de dessiner et surtout de faire jouer les couleurs !

J’avais regardé de loin l’Inktober 2016, j’avais aimé le concept mais ça ne me concernait pas encore. Cette année ma copine Jéromine – toujours la même – ne m’a pas trop laissé le choix : on le faisait ensemble et on allait jusqu’au bout. 

Spoiler alert: on n’est pas allées jusqu’au bout…

Même si finalement nous n’avons PAS réussi à faire tous les thèmes, cette expérience créative était vraiment enrichissante et ça valait bien un article!

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Liste des thèmes de l’Inktober 2017 – certains sont bien plus inspirants que d’autres.
  •  Inktober qu’est ce que c’est ?

C’est un challenge de dessin crée en 2009 par Jack Parker. Le principe est simple : faire un dessin à l’encre « Ink » par jour au mois d’octobre. A chaque jour correspond un thème, la liste des thèmes c’est Jake Parker qui la dévoile quelque jours avant le lancement du challenge.

Chacun fait son Inktober comme il le veut : le but est uniquement de se forcer à faire marcher sa créativité et s’entraîner chaque jour au dessin. Certains suivent leurs propres thèmes, d’autres n’utilisent pas que de l’encre mais de la peinture, du pastel, de l’aquarelle, …

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1er dessin de cette session d’Inktober. Je n’étais pas trop mécontente.

 

Pour ma part, même si j’ai essayé de  tenir le rythme j’ai vite été en retard : il suffit d’avoir un resto avec des copines après le travail pour ne pas avoir le temps de dessiner chez soi. Malgré ma volonté de finir il me reste trois thèmes auxquels je n’ai pas touché : United, Mask et Found. A la fin je les ai faits

dans le désordre – foutu pour foutu autant dessiner ce qui m’inspirait. Enfin je n’ai pas utilisé que de l’encre mais aussi beaucoup d’aquarelle.

Bref chacun fait comme il veut : tenter l’Inktober c’est s’astreindre à sa propre rigueur et l’adapter en fonction de ses envies et de ses capacités.

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J’avais envie d’un grand voilier avec moult détails, mais pour une fois je suis restée réaliste et je me suis contentée d’un bateau viking.

 

  • Soyons créatifs !

Comme vous le voyez certains thèmes sont très larges, d’autres très abstraits, et d’autres encore pas du tout inspirants, c’est ce qui fait l’une des difficultés de l’Inktober. En essayant de suivre les thèmes on peut parfois éprouver un grand vide, on n’a aucune idée de quoi dessiner.  Et ça fait partie de l’exercice !

On sait très bien aujourd’hui que la contrainte peut libérer la créativité: ne pas avoir d’idée immédiate force à faire travailler son cerveau, son intuition, son observation du monde et permet de trouver des ressources totalement inconnues. Quand je n’avais aucune idée pour le thème du jour je me mettais à regarder partout autour de moi : les gens dans le métro, les livres sur la devanture des librairies, les affiches des abri-bus, …

Surprise ! Les meilleurs idées arrivent souvent quand on n’en a pas.

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Inspiré de “La leçon” de Mickaêl Escoffier avec des illustrations de Kris Di Giacomo

J’ai souvent beaucoup mieux réussi les dessins qui me venaient d’une idée subite que ceux que j’avais déjà prévus des jours à l’avance. Cette contrainte, et le fait que je trouvais souvent mes idées tard le soir m’ont forcée à réaliser des dessins moins ambitieux et finalement plus rigoureux et concentrés sur des détails.

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Assez fière de mon grimpeur je l’avoue.

Enfin j’ai développé une astuce, que j’ai vue chez d’autres : j’ai choisi un personnage – dans mon cas il s’agit d’une petite fille avec un ciré jaune – que j’adaptais à chaque thème dès que je manquais cruellement d’idée. Je lui ajoutais des objets, je la plaçais dans différents décors. La réunion de ces deux contraintes – un thème, un personnage – permet à l’esprit de ne pas partir dans toutes les directions et de trouver plus vite l’inspiration.

 

 

  • Découvrir son style : constater ses points faibles et progresser.

Dessiner chaque jour c’est aussi l’occasion de faire le point, d’observer des similitudes entre ses dessins et de voir ses points faibles et ses points forts.

En comparant mes Inktober avec ceux de Jéromine on s’est aperçues que je voyais toujours les choses en très grand, et elle en bien plus petit. J’occupais l’intégralité de la page pour représenter des scènes, elle en occupait une partie pour présenter un détail. Résultat : mes dessins étaient peut-être plus ambitieux mais moins bien réalisés car je passais peu de temps sur les détails ; les siens étaient parfaits sur le plan de la réalisation mais auraient peut être mérité d’être compris dans une scène plus grande. Ce constat nous permet aujourd’hui de travailler sur ces défauts et d’apprendre de l’autre.

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2e jour d’inktober – Faisons simple, faisons Moïse qui divise les eaux.
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Je pensais à ce dessin depuis longtemps (squeak = le bruit des glaces qui se fendent), et je suis finalement assez déçue de mon brise-glace.

J’ai trouvé que c’était aussi le moment de se forcer à dessiner des trucs qu’on n’aime pas ou qu’on n’a jamais fait. J’ai profité de certains thèmes pour apprendre à dessiner l’anatomie humaine et animale – le fait de n’avoir jamais eu de cours de dessins m’embête beaucoup, je ne sais pas du tout par où commencer, comment trouver les proportions, etc. Avec le recul ce sont peut-être mes dessins préférés. J’ai pris des modèles et je me suis appliquée, non pas pour faire un beau dessin, mais pour apprendre.

 

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Inspiration: une photo d’éléphant trouvée sur google, j’ai décoré à ma façon.

 

Je précise que j’ai presque toujours utilisé des modèles, des inspirations, sauf pour quelques dessins – notamment ceux de ma petite fille en cirée – je m’excuse d’avance si certains modèles ne sont pas cités, c’est que je ne m’en souviens plus.

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Nature morte. Ce n’est pas ce que je préfère mais c’est un bon moyen d’apprendre l’aquarelle.

 

  • Faire le plein de comptes instagram de dessinateurs

Chaque jour il suffisait de taper le thème et de trouver des milliers de dessins, certains magnifiques : et j’ai profité de ce mois pour découvrir des artistes, ou juste des gens qui aiment dessiner, et renouveler un peu mes abonnements instagram, je vous en présente quelques uns ici.

 

Inktober Day 21: FURIOUS – Grigor Bagrat, an influential land owner from the 2nd Kingdom, discovered that 3 days ago one of his southern sheep ranches was wiped out by hungry trolls. He's required by his insurance to personally travel there to assess the damage in order to make a claim. Which means he's missing the annual tri-kingdom poker tournament. To top it off, rain soaked his favorite pipe and he just can't even right now. #inktober2017 – Inktober shirts are back! Last round to get one then they won't be for sale until next year. Link in the profile⬆️⬆️ #inktober #furious #characterdesign #drawing #sketches #marker #brushpen #comicart #comicartist #inking #drawing #ink #drawingchallenge #pendrawing #sketch #illustration #jakeparker #copic #copicgasenfude #artistsoninstagram #artists #artnews #ink #brushpen #penandink – Pens and paper I'm using + more of my tools: @jakeparkertools

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jakeparker

L’instigateur de l’Inktober. Incontournable.

#Crooked for #inktober2017day8 #malashonok_illustrations #inktober #inktober2017

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Malashonok_a

Anastasia Malashonok est une artiste biélorusse (je crois) et je suis tombée amoureuse de certaines de ces illustrations. C’est une ambiance particulière, pas vraiment funky, avec des couleurs un peu sombres et des traits simples, presque naïfs. J’adore.

 

Yampiri

Photographe et artiste turc. Ces inktober sont très variés, en noir et blanc et assez inspirants. Le petit plus que je viens de découvrir : Yampiri fait des stories d’aquarelle. Parfait pour la novice que je suis, ce sont de bons entrainements.

 

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Même si l’Inktober n’est pas fini. Cet (cette) artiste a également utilisé un seul personnage pour chaque thème : un petit escargot adorable et j’avais très hâte de découvrir chaque jour à quoi il allait ressembler.

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tout n’est pas égal dans ce que fait cette illustratrice française, mais certains de ces dessins m’ont beaucoup parlé : notamment cette sorcière courbée tout droit sortie du conte de la sorcière de la rue Mouffetard !

 

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Ici encore les thèmes de l’Inktober se sont combinés avec le thème de l’artiste : les animaux. A chaque jour un nouvel animal souvent mignon et toujours très très bien réalisé. Un Inktober à conserver pour apprendre à dessiner les animaux !

Markpoulierart

il s’agit ici de dessins d’architecture, de dessins de voyages, bref tout ce que j’adore. Détaillés comme pas possible, on s’y croirait. Je rêve de pouvoir dessiner comme ça un jour.

sarah_jlt

C’est un monde bizarre mais des idées toujours très originales qui sortent de ces inktober. Mon favoris c’est ce parterre de parapluies qui traverse un passage piétons pour le thème « teeming ».

Day 31: mask #inktober #inktober2017

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lowrinah

Un monde de manga un peu torturé. Un mélange d’encre et d’aquarelle. Une ambiance à la fois dure et poétique se dégage de ses dessins, on sent une inspiration de Miyazaki.

 

#keepTheGrandWild ✊🏽♥️

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Jeremy Collins

Pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous partager aussi mon dessinateur préféré: Jérémy Collins, un grimpeur qui croque les paysages des USA avec de l’encre et de l’aquarelle. C’est sans doute lui ma première source d’inspiration. (Le poing par exemple je l’ai pris comme modèle chez lui).

Depuis que l’Inktober est officiellement fini je n’ai pas cessé de dessiner. Je me suis remise surtout à l’aquarelle: le but est d’être capable de dessiner en voyage, donc de dessiner vite et de dessiner beaucoup de choses différentes.

Je ne sais pas encore si je retenterai l’expérience l’année prochaine ou si je m’attaquerai à un autre défi: le NaNoWriMo. Les deux défis se suivent alors ça risque d’être un peu compliqué de faire les deux. J’encourage tous ceux qui auraient envie de tenter ce genre d’expérience, j’ai trouvé ça vraiment réjouissant même si c’était très contraignant, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est capable de créer et de produire des choses artistiques!

Bilan 2016 -Une bien chouette année!

Je n’avais pas très envie de faire un « bilan de 2016 » cette année, d’abord parce que je ne voyais pas bien quoi dire, parce que je me demande surtout ce qu’il va se passer l’année prochaine et enfin parce que je fonctionne en années scolaires ou en années d’anniversaires. Mais au moment de faire mon habituelle liste de résolutions je me suis souvenue que cette liste devenait souvent l’objet de culpabilité, de «je vois trop gros et au final je fais rien ». Alors comme quand j’étais en prépa et que j’avais le sentiment de ne pas travailler du tout et de me noyer sous mes plannings, je me suis rappelée qu’il était bon de noter ce qu’on avait fait plutôt que ce qui nous reste à faire. Et en plus ça fait un article facile.

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En hiver le meilleur remède contre la déprime, le froid et la nuit, ce sont les bains de Baden-Baden et l’atmosphère “Grand Budapest Hôtel” de la ville.
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Février – Virée en Forêt-Noire. Au programme le Titisee et Freibourg

La chose la plus géniale qui me soit arrivée en 2016, celle qui me rend la plus fière est sans aucun doute d’avoir eu mon permis et de pouvoir ENFIN barrer cette résolution que je notais depuis des années. Je ne sais pas trop pourquoi je ne m’en sentais pas capable, toujours pas vraiment d’ailleurs et pourtant quand je prends le volant les automatismes reviennent vite et c’est vraiment le pied de se dire que je peux prendre la voiture pour aller où je veux…notamment en road trip bien sûr.

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Mars – 30 000 personnes pour fêter le Carnaval de Strasbourg.

Mais 2016 c’était aussi une découverte plus approfondie de la région des trois frontières : Alsace, Suisse et Allemagne. La visite de villes que je ne connaissais pas du tout mais dont je fais désormais la promo : Wissembourg, Colmar, Freibourg, Baden-Baden, Bâle et surtout la merveilleuse Marburg qui attend encore son article sur le blog.

C’était Strasbourg et la vie quotidienne strasbourgeoise entre les brunchs du dimanche, le passage régulier à la médiathèque le samedi, le cinéma à quelques minutes de chez soi, les terrasses des péniches pleines de monde au moindre rayon de soleil. Passer devant la cathédrale presque tous les jours, tester les nouveaux restaurants qui ouvrent, sortir enfin son vélo pour traverser la ville et rêver devant les montagnes de la Forêt-noire là-bas au loin.

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Bâle en avril – Découverte de la Suisse allemande et d’une ville culturelle très dynamique.

Enfin, après avoir quitté l’Alsace, il y a eu des voyages plus lointains. Je me suis rendue pour la première fois de ma vie en Asie – la rive asiatique d’Istanbul ne compte pas – dans un pays qui ne m’attirait pas du tout : la Chine. Je n’ai pas encore fini de vous raconter, et de me raconter ce voyage. Le plus long que j’ai fait,  avec un sac à dos et mes pauvres New-Balance qui ne ressemblent plus à rien. Toujours accompagnée de ma fidèle acolyte Jéromine c’était aussi la première fois que je me faisais des « compagnons de voyage » pour partir trekker dans les Gorges du Saut du Tigre. Première fois aussi que je faisais un voyage aussi long seule, et premier visa évidemment.

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Mai – dernière visite au fin fond de l’Alsace à Wissembourg. Est-ce encore bien l’Alsace d’ailleurs?
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Mai bis – Avec les sistas à Colmar et il ne faisait pas encore super chaud.

Après la Chine j’ai commencé à apprendre l’Italien – presque en totale immersion, en vivant la dolce Vita dans les montagnes des Apennins entre Rome et Naples. Avec l’apprentissage de la langue vient l’envie de vivre en Italie du Sud, même si je sais que ce n’est pas une région facile. Pour le moment l’Italie ce n’est encore que pour les vacances mais si je veux progresser…

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Début juin – Retomber amoureuse de l’Allemagne dans les rues de Marburg

L’automne était sous le signe de la culture: châteaux de la Loire, beaucoup de musées à Paris et Vienne sous une belle lumière de fin d’octobre.

Enfin le nouvel-an comme tous les deux ans en Ecosse. Cette fois-ci c’était à Edimbourg, j’ai pu admirer le superbe feu d’artifice au-dessus du château, les pieds et les mains glacées, avec une légère hâte de passer le reste de la nuit dans un pub pour me réchauffer.

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Juillet – Chine. On part en trek en pleine saison des pluies pour toucher l’Himalaya.
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Août – Naples et Procida et la douceur de vivre à l’Italienne.
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Août bis – Je découvre la Provence et la jolie ville de Marseille.

Et pour 2017 ?

 Beaucoup d’articles que je n’ai pas encore rédigés, probablement beaucoup de glandouille à la maison. Mais je continue de rêver de sorties, de weekends et de grands voyages. Je me replonge dans des récits de voyage, des carnets de carnettistes. J’ai eu pour noël le superbe Rencontres autour du monde de Stéphanie Ledoux qui me donne envie de me mettre au dessin ET d’aller en Afrique. J’ai envie d’un voyage là où je ne connais rien, et en même temps de découvertes pas loin, en France et à Paris. 

 

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Septembre – A vélo sur la Loire pour visiter Tour, Chenonceau et Amboise. Conclusion: je ne suis pas une pro du cyclotourisme.
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Octobre – Schönbrunn coloré de rouge et d’orange pour fêter l’automne. Et le froid.

En ce qui concerne le blog il me reste encore plus de la moitié de la Chine à vous montrer, viendra aussi un article pour un week-end Marburg que j’ai tellement aimée, et un petit aperçu des visites nature à faire dans les environs d’Edimbourg. Sûrement encore plus de chroniques parisiennes mêlant vie quotidienne et vie culturelle, et, comme on voyage très bien aussi depuis son canapé, il y aura des critiques de livres, notamment un article avec des BD prévu pour très bientôt et du cinéma si j’arrive à m’y rendre plus souvent. Enfin, j’arrive à mes 26 ans et je fais le deuil de la gratuité dans les musées. Heureusement je gagne enfin un peu ma vie – pour combien de temps? – et je vais pouvoir continuer à voir les expos à Paris et découvrir des musées inconnus  – j’en ai beaucoup sur ma liste.

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Décembre – Découverte de Lyon, ville semi italienne. J’ai adoré le vieux Lyon, Croix rousse et le parc de la tête d’Or sous le soleil.

Pour finir: les stats! Parce que j’adore regarder les petits graphiques se modifier: qui vient lire mon blog? D’où le regardez vous? Quels articles sont les plus lus?

En 2016 j’ai rédigé 34 articles, la plupart sur Strasbourg et sa région, et je pensais curieusement en avoir écrit bien plus. Le nombre de visites à plus que doublé en un an et je vous remercie beaucoup beaucoup beaucoup. De 2600 visites on est passé à près de 6000, avec une moyenne de 16 visites par jour, on n’atteint pas le stade des influenceurs mais ça fait tout de même rudement plaisir!

 

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31 décembre – Edimbourg pour Hogmanay. Du vent, beaucoup de nuit et un superbe feu d’artifice!

 

L’article le plus consulté est encore une fois le parc national du Durmitor au Monténégro, puis l’article sur mes bonnes adresses à Strabourg et enfin le récap de mon boat trip en Grèce il y a quelques années. J’en profite pour vous renvoyer à ce propos au blog de Jéromine, l’archivoyageuse, qui est expat en Grèce depuis septembre dernier et qui vous en parlera bien mieux que moi.

Grosso modo c’est en général pour avoir des infos sur le Monténégro qu’on vient consulter mon blog puisque les articles sont clairement en tête du classement. Le Monténégro est d’ailleurs le deuxième pays qui consulte le plus mon blog – devrais-je faire une traduction en monténégrin?. Figurent également au top 5 des pays qui me lisent la Belgique, la Grèce, le Canada et les Etats-Unis.

Très bonne année 2017 a TUTTI! Et à très vite j’espère (je m’y emploie)

Expatriation en … Alsace

Strasbourg – jour 35

Un peu plus d’un mois que je suis à Strasbourg. Le temps de faire un point. En théorie il ne s’agit pas vraiment d’une expatriation puisque je ne quitte pas ma « patrie », la France, mais s’installer dans une autre région, et encore plus dans une région avec une très très forte identité comme l’Alsace reste dépaysant.

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Il y a ici beaucoup de choses nouvelles. Pour commencer le temps : j’étais déjà venue plusieurs fois à Strasbourg, en été et en hiver, je pensais bien connaître la ville, être prête à endurer le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. J’avais juste oublié les autres saisons. J’ai pu me délecter d’un début d’automne magnifique, les arbres très colorés, le soleil qui réchauffe, la lumière dorée, et je découvre depuis peu la fin d’automne un peu gloomy : du brouillard matin, midi, soir.

Après m’être dit que c’était « passager, ça va c’est normal le brouillard fin octobre. » J’ai compris que non, le fog à Strasbourg c’est presque tout le mois de novembre, la ville entière est dans un nuage et il en va de même pour les villages du Bas-Rhin. La faute au Rhin ? Aucune idée, mais le fait est qu’en sortant d’Alsace le brouillard s’évapore et qu’il y a enfin ce grand ciel bleu qui « rayonne sur toute la France » comme nous dit madame Météo. Preuve que Strasbourg c’est pas vraiment la France.

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Autre découvert: l’identité strasbourgeoise. Je m’attendais au rejet habituel des parisiens, à la forte identité de région, mais j’ai découvert qu’à Strasbourg on était certes alsacien, mais aussi européen. La ville ne cherche pas à rivaliser avec Paris : Paris est capitale de la France, Strasbourg se veut capitale de l’Europe. Sa véritable rivale c’est Bruxelles. Et d’ailleurs on ne parle pas de la mairie de Strasbourg mais de l’Eurométropole. Ce n’est pas pour rien si certains souhaitent appeler la nouvelle région « Eurorégion » , mais personnellement je préfère le nom d’Austrasie…

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Strasbourg est une grande ville avec banlieue mais… les villages sont à deux pas. Issue de ma banlieue parisienne pour moi un village c’est ce trou paumé au fin fond de l’Essonne ou des Yvelines avec 6000 pauvres habitants. Attention, ici il s’agit d’une ville, et elle est à moins de 10 minutes de Strasbourg, les gens y vivent, certains y travaillent. Et oui, dès qu’on sort de l’agglomération on est dans les vignes, puis dans les Vosges. La nature est à côté et avec elle les randos, les châteaux, et le grand air. Et peut être même un peu de ski cet hiver.

WP_20151104_003Un mois donc et j’en découvre encore beaucoup. Je ne m’habitue pas encore à écouter les vieux passer de l’alsacien au français comme s’il s’agissait d’une même langue, ou à entendre cet accent encore plus abrupt que l’allemand dans les bouches des jeunes – il paraît qu’on l’attrape vite, prévenez-moi si jamais. Je ne m’habitue pas non plus à partager mon espace avec des vélos, partout, tout le temps, même si j’en ai un aussi et que j’ai hâte de m’en servir pour embêter les piétons. Je suis toujours heureuse et étonnée de traverser les vieilles rues aux noms pittoresques – la rue-au-vieux-cochon-de-lait – avec des maisons à colombage et je ne me lasserai jamais de contempler la cathédrale.

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Ici les gens commandent vraiment des Bretzels chez le boulanger – super et pas cher pour caler une petite faim. Je suis toujours incapable de prononcer certains mots comme « Spaetzle ». Je n’ai pas encore bien compris ce que c’était que les « Stammtischs ». Je n’ai encore jamais lu les DNA, Dernières Nouvelles d’Alsace, mais ça ne saurait tarder. Je trouve ça incroyable d’être en Allemagne en quelques minutes de vélo et d’aller y faire ses courses comme si tout était normal. Je me moque encore d’eux parce qu’ils ne savent pas dire correctement « Krutenau »  et « Broglie » et pourtant j’ai pris l’habitude de faire la même chose.

Mais surtout, surtout : je ne m’habitue pas au fait que mes cheveux se soient mis à boucler sous ce climat.