Surprises et merveilles de Thessalie

Troisième jour en Grèce. Après avoir visité le musée de Delphes de bon matin il est temps de reprendre la voiture en direction d’un autre incontournable classé à l’Unesco : les monastères des Météores. Pour les atteindre il nous faut redescendre les montagnes de Phocide et traverser l’immense plaine de Thessalie.

J’angoisse à mort en comptant le nombre de petits autels construits en hommage aux morts de la route en redescendant vers la plaine des oliviers. Il y en a un à chaque virage, parfois même au milieu des lignes droites, ça a quelque chose d’effrayant et de déstabilisant, je suis contente de ne pas être au volant. On franchit plusieurs cols, les montagnes sont aussi superbes de loin que de près. La flore varie très vite, on passe des oliviers aux conifères, et la température se modifie avec.

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Vue sur la plaine de Thessalie et Kalampaka depuis le Monastère du Grand Météore

A partir de Lamia on à le choix : autoroute ou nationale ? Mon copain est inflexible : même si ça prend 1h de plus il préfère passer par la nationale. Je veux bien mais avec les bêtises que nous fait faire le GPS ça veut dire qu’on ne peut compter que sur moi et la carte que j’ai entre les mains. Le vrai Road-trip commence : Kardista, Trikala, Kalampaka. Les noms se suivent comme une jolie comptine qu’on ne connaîtrait pas.

La route n’est pas aussi belle qu’on pensait, mais surprenante. La plaine de Thessalie est écrasée par le soleil, toute droite, sans aucun relief à l’horizon hormis les montagnes que nous avons laissées derrière nous. Sur la route on croise surtout des pick-up, et des stations-services sont postées un peu partout. Peu de vraies villes, mais quelques bidonvilles. Sensée être le grenier à blé de la Grèce, on y a développé l’industrie agro-alimentaire en mettant fin à une agriculture de proximité, cette région a donc été particulièrement touchée par la crise financière de 2010. De grosses usines sont abandonnées un peu partout, et on croise de nombreux paysans avec faux qui s’occupent des champs de façon manuelle. Tout ici m’évoque «Les raisins de la colère  de Steinbeck. Je suis assez soulagée quand j’aperçois au loin ces étranges rochers qui viennent de nulle part : les Météores.

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Les Météores au coucher du soleil.

Les météores

Ce n’est pas dans la ville de Kalampaka qu’on va dormir mais dans une petite auberge sur la route qui conduit aux monastères ; Il est 18h, on a juste le temps de se doucher avant d’aller observer le coucher du soleil sur ce phénomène géologique.

Spoiler : c’était une super idée, il n’y a presque personne, même si on devra attendre le lendemain pour visiter les monastères, c’est finalement la vue qui vaut le plus le coup. Et avec le calme et la température qui baisse c’est probablement le meilleur moment pour en profiter.

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Monastère d’Agios Nikolaos Anapavgas

 

Les Météores sont une merveille géologique autant qu’architecturale : les roches proviennent de sédiments déposés par un fleuve aujourd’hui déplacé ou disparu ce qui explique leur ressemblance – en bien plus grand – avec les rochers qu’on trouve à Fontainebleau hérités de la mer. Sur ces magnifiques roches jaillissant de nulle part les moines on construit des monastères inaccessibles.

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Monastère de Varlaam

Les premiers moines ont d’abord vécu comme ermites dans des grottes, formées naturellement dans les rochers,  avant de se fonder en communauté au XIVe siècle et de construire en hauteur des monastères pour échapper aux turcs. A l’époque les moines y accédaient grâce à des échelles – ce qui donne le vertige quand on voit a quelle hauteur se trouvent les monastères – puis des chemins et des marches ont été aménagés et aujourd’hui il est possible d’y venir en voiture.

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Monastère du Grand Météore

Sur les conseils de Jéromine nous n’avons visiter qu’un seul monastère : celui du Grand Météore, le plus ancien. Intéressant, j’ai notamment beaucoup aimé la salle réservée au Folklore et aux costumes du XIXe, ou encore le petit musée avec des manuscrits du XIe, on n’était malheureusement pas seuls pour cette visite. Mais on a pu voir un moine redescendre sur la terre ferme avec un minuscule téléphérique pour une personne pour ne pas se mêler à la foule des touristes.

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Si on n’avait pas entendu les gens nous dire qu’il fallait se rendre aux météores tant c’était incroyable on aurait probablement zappé cette étape du voyage. Kalampaka est loin de tout et les images des Météores nous donnaient bof envie. Mais les photos ne rendent pas du tout justice à ce paysage incroyable, et c’est tant mieux. On est forcément surpris et enchanté de tout découvrir par soi-même.

 

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Farniente dans la Péninsule du Pélion.

Nous voici repartis sur les routes de Thessalie. Trikala, Larissa, Volos.

Cette partie Est de la Thessalie me parait moins pauvre. A notre gauche on voit s’élever au loin quelques reliefs, derrières on sait que se trouve le mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce. A l’approche de Larissa ce sont à nouveau des machines qui s’occupent des champs, ces derniers sont d’ailleurs bien mieux arrosés, les sillons ne sont plus tracés à la main. La route est mieux entretenue et les pick-up ont disparus. Nous arrivons enfin à Volos, dans le même de Magnésie. J’ai la carte sous les yeux je sais donc à peu près à quoi va ressembler la route mais je préfère laisser la surprise au conducteur.

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Vue sur Volos en redescendant le Pélion

Arrivés à Volos nous atteignons vite le port et bifurquons en direction de la mer qu’on va longer pendant quelques kilomètres, passant à travers de petits villes balnéaires. La voiture est si proche de l’eau qu’au moindre écart on glisse dans la mer, mais je sens que le conducteur est ravi. Après ces kilomètres de champs c’est tellement agréable de sentir et de voir cette étendue bleue. Il y a une odeur de vacances, un air de légèreté et…on rate l’embranchement où on doit changer de route et pénétrer dans la Péninsule du Pélion.

La route est très fatigante car nous le Pélion n’est autre qu’une grosse montagne boisée qui plonge dans la mer. Les villages se succèdent, les routes sont étroites et parfois très pentues, il nous faudra plus d’une heure pour atteindre la destination finale : Tsangarada au centre est du Pélion. Mais nous posons nos valises pour deux jours ENFIN.

 

Qu’est-ce qu’il y a à faire dans cette péninsule éloignée de tout ?

Réponse : point de grand site archéologiques ou de superbes musées mais des plages et des criques superbes, des randonnées sur d’anciens chemins muletiers, des balades dans de vieux villages restaurés, et le tout sous cet écrin de verdure qui recouvre tout le Pélion.

Tsangarada a l’avantage d’être assez central : on a pu se rendre dans deux plages différentes, dont une qui a été utilisée pour le film  Mamma Mia , vous devriez reconnaître. Ces criques étaient paradisiaques, pour la couleur de l’eau, leur location pas toujours très accessible, et le fait qu’il n’y avait presque personne.

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Village de Damouchari – lieu du tournage de mamma mia

Ici tout est calme, il s’agit plutôt d’un tourisme familial et les maisons sont cachées par l’épaisseur de la forêt, ce qui n’empêche d’avoir une superbe vue sur la mer et au loin les îles des Sporades – je vous invite à lire l’article de Jéromine sur l’île de Skiathos à ce propos. On a donc surtout croisé des Grecs, des Bulgares et des Roumains, et la plupart du temps des habitués qui ne venaient pas ici pour la première fois.

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Fakistra – magnifique crique du Pélion.

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Cette étape à été notre gros coup de cœur de ce voyage. Boire une bière grecque sous les platanes en contemplant la mer après un petit plongeon dans l’eau turquoise. Le Pélion c’est vraiment le paradis estival.

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10 minutes de descente jusqu’à Fakistra. L’arrivée en voiture est déjà assez flippante.
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Vieux village de Tsangarada avec l’un de plus vieux platanes de Grèce.

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Avec le recul je pense que 2 jours ne sont pas suffisants pour profiter de la farniente ici, notamment parce que les villages du Pélion sont tous différents. En repartant en voiture, nous sommes montés tout en haut du Mont, là où les températures avoisinent les 20 degrés en été, puis redescendus vers les villages surplombant Volos. Alors qu’à l’Est la pierre était partout, ici les maisons on été repeintes et ressemblent presque aux villages bulgares – ce qui rappelle que la Bulgarie n’est pas si loin. C’est très joli, et je conseillerai de passer une nuit dans ces coins-là.

Enfin Volos n’est pas dénuée de charme : des cafés au bord du port, quelques plages, du street art. Cette ville m’a beaucoup évoqué Varna en Bulgarie que j’avais adoré. Je pense que ca peut être une excellente étape avant de se lancer à l’assaut de l’Olympe plus au nord.

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Vieux pont de Tsangarada.

 Pratique:

  • Logement à Tsangarada: Olga Studio, Tsangarada – Olga est adorable, les studios appartements sont idéals pour deux et pas chers, la terrasse avec vue sur la mer est géniale. Et on peut y faire sa lessive.
  • Météores-Tsangarada: comptez 3h30 voire plus, selon votre aisance dans les routes de montagne.

La Phocide – le nombril du monde?

A l’heure où tout le monde part en Corse, en Italie, ou au bout du monde, un seul moyen de se sentir encore en vacances alors que je retrouve chaque matin mon métro et mon RER en direction de la banlieue nord : vous raconter enfin mes vacances en Grèce !

Je louchais depuis pas mal de temps sur toutes les photos que ma copine Jéromine postait sur instagram et sur son blog, et ça me titillait de plus en plus de visiter la Grèce continentale que je ne connaissais pas du tout. Pourtant tous ces noms font rêver et évoquent quelque chose, de vieux mythes: la Béotie, la Phocide, la Thessalie, l’Argolide…

C’est donc par région que je vais organiser ce récit de voyage et pour cette première étape, rendez-vous donc en Phocide. Le but? Rien de moins que le nombril du monde: Delphes.

Voiture pleine, GPS allumé, playlist en marche…nous voici en route pour la Phocide.

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La Phocide c’est cette région qui se trouve au nord du golfe de Corinthe, et dont le point culminant parle particulièrement aux Parisiens puisqu’il s’agit du Mont Parnasse, le vrai, celui sur lequel on peut faire de l’escalade et du ski et qui offre une vue magnifique sur la région. C’est sur ses pentes que se cache le sanctuaire de Delphes, autrefois nombril du monde et aujourd’hui complètement à l’écart des grandes voies de circulation.

Mais Delphes c’est le but de cette première étape et en bon road trip qui se respecte il faut s’arrêter en chemin pour bien profiter du pays et du paysage; on s’est donc arrêtés quelques kilomètres avant le sanctuaire pour visiter un autre sanctuaire, chrétien cette fois : le monastère d’Osios Loukas.

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Osios Loukas : l’arrêt mosaïques du séjour

En voilà un détour qui vaut le coup. D’abord parce que Osios Loukas est pratiquement sur la route de Delphes et que Delphes n’est qu’à 2h d’Athènes ; ensuite parce que ce monastère est tout de même au patrimoine de l’Unesco ; enfin parce que le lieu est superbe.

Construit au XIe siècle, sur la base d’une église datant du Xe – c’est vieux – c’est un des monastères byzantins les mieux conservés de Grèce. Non seulement on y voit des mosaïques pas dégueu, même si après Ravenne je suis un peu plus difficile au niveau mosaïques, mais aussi simplement pour l’architecture de l’Eglise qui en jette pas mal à mon goût.

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Le monastère est encore habité par quelques moines dont on distingue les cellules dans une aile où l’on n’a pas accès, ce qui ajoute au côté authentique de la visite. On a été plutôt surpris d’être quasi seuls à visiter ce site pourtant classé, mais c’était une halte charmante, parfaite aux heures les plus chaudes de la journée.

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Pour tout avouer Osios Loukas n’est pas en Phocide mais encore en Béotie, à l’entrée des montagnes de Phocide ce qui fait du lieu une bonne entrée en matière avant de savourer Delphes.

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Delphes, entre le « wahooo » et le « ohlalala qu’est ce que c’est beau »

Depuis Athènes il faut cheminer un long moment dans les montagnes avant de se retrouver dans la ville touristique de Delphes, et là on se demande où donc peut bien être le site archéologique vu qu’on n’a rien vu  qui ressemblerait à une vieille pierre. Delphes semble se cacher aux yeux du public. On est vite ébahis devant le site géologique : la vallée d’oliviers qui descend du Mont Parnasse à la mer mais point de nombril.

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En fait on ne voit pas Delphes avant d’avoir payé et d’être entré dans le site  lui-même, et là, malgré de nombreuses ruines et aucun temple du sanctuaire ne tenant plus debout, la magie opère. Il faut bien deux heures pour profiter du site, et une ou deux autres pour apprécier le musée en contrebas.

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Delphes est un grand site en plein soleil, comme la plupart des sites archéologiques, mon conseil est donc de faire comme ce que nous avons fait : le visiter en fin de journée. En été les horaires sont plus larges et on peut y venir jusqu’à 20h, il y fait alors bien plus frais, la lumière est plus belle et, détail non négligeable, les cars de touristes sont partis : vous serez seuls avec la Pythie.

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Symbole du monde grec antique on date l’apparition d’un sanctuaire dès 800 avant J.C – donc il y a vraiment très très longtemps. D’après ce que j’ai compris on a construit un autel sur une  probable fissure naturelle de la montagne d’où sortent des vapeurs : la fameuse pythie, placée à cet endroit, se retrouve en transe et soumet à interprétation les prophéties qui sortent de ses hallucinations. Même s’il a fortement décliné après la grande période grecque le sanctuaire a continué de fonctionner jusqu’à ce que les rites païens soient interdits lors de l’Edit de Théodose – en 392.

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En arpentant le site on voit des ruines des anciens « Trésors » des cités, c’est-à-dire des petits temples où les cités faisaient des offrandes à Apollon, Dieu qui règne sur le sanctuaire, mais aussi un théâtre, ou un stade romain, et bien entendu le fameux temple d’Apollon dont il ne reste que quelques colonnes. La plupart des belles pièces retrouvées sont au musée qui vaut vraiment la peine : des colonnes, des bijoux et le nombril du monde (c’est une grosse pierre).

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Quand on monte tout en haut de Delphes on arrive au Stade. C’est calme, c’est sauvage et il fait plus frais.

 

Vous l’aurez compris Delphes a été un des moments préférés de mon voyage: l’emplacement est magnifique, et si j’avais été Américaine je n’auras pas lésiné sur les “amazing”. Je conseille à tout le monde d’y venir, même si vous ne faites qu’un long week-end à Athènes, le site est assez proche pour y aller en une journée.

Si j’avais eu plus de temps j’aurais adoré flâner un peu plus longtemps en Phocide : aller jusqu’à la mer à Galaxidi, passer dans la plus grande oliveraie du monde et pourquoi pas faire de la varappe sur le Mont Parnasse !

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Interview d’expat – Jéromine en Grèce

Je reviens tout juste de près de deux semaines en Grèce où je suis allée voir ma super copine Jéromine que vous connaissez peut-être pour être l’auteure du blog l’archivoyageuse. Elle s’est installée à Athènes il y a un an, j’ai un peu tardé à aller la voir mais mieux vaut tard que jamais et cinq ans après nous étions à nouveau réunies dans la capitale grecque qu’on avait découverte ensemble. C’était l’occasion idéale pour la soumettre à l’interview d’expat, d’autant plus intéressant que ce n’est pas LA destination phare  pour s’expatrier. Alors c’est comment la vie en Grèce?

Salut Jéromine, qu’est-ce que tu es donc venue faire en Grèce?

Je suis à Athènes pour effectuer un Volontariat International en Administration, en tant qu’archiviste à la photothèque de l’École française d’Athènes, poste auquel j’ai postulé après que tu m’aies envoyé l’offre d’emploi. Je suis arrivée en septembre dernier, avec un contrat d’un an.

Et où est-ce que tu vis?

J’habite dans le quartier de Neapoli, au nord-est du centre historique d’Athènes. J’ai choisi cette zone pour la proximité avec mon lieu de travail, qui n’est qu’à une vingtaine de minutes à pied. Après dix mois je peux dire que j’aime beaucoup l’endroit où je vis, les touristes y sont peu présents, aussi je vis entourée de Grecs qui mènent une vie “normale”, et non de boutiques de souvenirs ou de restaurants attrape-touristes comme on peut en trouver à Monastiraki. Le centre et ses attractions restent quand même à proximité, me permettant de profiter pleinement de la ville.

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Monastiraki au centre d’Athènes

Il y a des différences importantes avec la France?

La plus grosse différence avec la France est au niveau des prix. Par exemple, alors qu’à Paris je payais 700 euros pour un 30m², ici je ne paye que 450 euros par mois pour un 85m² avec un grand balcon. Aller au restaurant, boire un coca en terrasse ou faire ses courses au marché revient également bien moins cher. Évidemment les salaires aussi sont  inférieurs aux nôtres, le SMIC se situant aux environs de 500 euros par mois.

Autre différence, le rythme horaire : les Grecs commencent leur journée de travail tôt, certains services tels que la poste ou la compagnie d’électricité sont ouverts dès 7h30, et finissent tôt également. Je travaille de 8h à 15h30 tous les jours. Ils déjeunent après le travail, aux alentours de 15h-16h, pour ensuite ne dîner que vers 21h-22h. Enfin, il faut quand même le souligner, les Grecs sont bien plus portés sur la discussion avec un inconnu que les Parisiens. Au marché, dans le taxi, au restaurant, on vous demandera d’où vous venez, ce que vous faites ici, si vous vous plaisez à Athènes, ce qui rend le quotidien assez agréable, notamment en arrivant dans un pays où l’on ne connait personne.

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Egine – Ile du golfe saronique à seulement une heure d’Athènes

 

Ca a été difficile de s’installer et de s’adapter?

Je n’ai pas eu de difficultés particulières en arrivant puisque j’ai la chance d’avoir trouvé un appartement avant de quitter la France, et que je travaille entourée de Français et de Grecs qui m’ont aidée dans mes démarches administratives.

J’ai eu du mal à me faire à la température de mon appartement pendant l’hiver. En effet, dans la plupart des immeubles athéniens le chauffage est collectif, et ne fonctionne que quelques heures par jour. Comme il ne fonctionnait pas chez moi, j’avais des radiateurs électriques qui étaient à la fois insuffisants à chauffer l’ensemble de mon appartement, et également un puits à argent, puisque l’électricité coûte très cher ici. De plus les appartements sont très mal isolés, et c’est un sujet de discussion assez récurrent, de savoir si l’on arrive à se chauffer assez chez soi.

Enfin, j’avoue être encore très agréablement surprise chaque samedi lorsque je me rends au marché et qu’avec moins de 10 euros je remplis mes sacs d’œufs, pommes de terre, carottes, pommes, tomates et autres légumes.

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Il y a des choses qui te manquent de la France?

J’en suis la première surprise mais à part les gens, la France ne me manque pas, que ce soit au niveau des courses au supermarché ou des sorties, qui sont à peu près les mêmes. En y réfléchissant je pourrais dire certains gâteaux et sucreries pour lesquels les rayons sont bien plus petits ici, avec beaucoup moins de choix, ou alors le fait d’aller danser en boîte, car si les Grecs sortent beaucoup, ils ne vont pas beaucoup danser

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

La principale habitude que j’ai prise ici est de marcher beaucoup plus qu’à Paris. En effet, même si le métro existe, il n’a que quatre lignes, et les stations sont très espacées les unes de autres. Les bus ne passent pas toujours même lorsqu’ils sont indiqués, et j’en ai déjà attendu un plus de trente minutes avant de renoncer. Aussi je me déplace la plupart du temps à pied.

 

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Chypre – vivre à Athènes c’est aussi l’occasion de faire des weekend là où on aurait jamais pensé aller.

Quelles découvertes as-tu faites ? Quels voyages sont prévus ?

J’étais déjà venue à Athènes il y a cinq ans pour visiter, mais je me suis rendue compte en y habitant à quel point la ville ne se résume pas à son centre historique avec le quartier de Plaka et l’Acropole. En effet, il suffit de marcher une vingtaine de minutes pour être dans le quartier anarchiste d’Exarcheia, avec ses librairies, son street-art présent partout et ses petites terrasses. Ma découverte principale est que même si Athènes est principalement connue pour ses sites archéologiques, elle a bien plus à offrir et qu’il ne faut pas hésiter à se balader au hasard.

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Le quartier anarchiste d’Exarcheia et ses nombreux tags

Je profite de mon temps ici pour voir le plus que je peux du pays, je suis allée visiter le site archéologique de Delphes, les Météores, des monastères orthodoxes perchés sur des blocs rocheux presque aussi lisses que des galets, les îles d’Égine, Hydra et Skiathos, et surtout je me suis bien baladée dans le Péloponnèse, avec plusieurs séjours et excursions, à Mycènes, Mystras, Nauplie, Méthoni, Ermioni, Monemvasia. J’ai aussi profité des vols pas chers pour aller passer un week-end à Chypre, cette île-état coupée en deux, avec une partie aux influences turques et une partie aux influences grecques.

Je ne sais pas si je vais visiter d’autres endroits de Grèce pendant les deux derniers mois qui me restent, mais j’espère profiter encore un maximum de la ville d’Athènes, en visitant les musées que je n’ai pas encore vus, et en allant à l’Acropole.

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Ile d’Hydra – la perle de la mer Egée dans l’archipel des îles Saroniques

 

Qu’est ce que tu conseillerais de faire à Athènes ou en Grèce ? Que préfères-tu de la Grèce ?

Une des choses que je conseille vraiment de faire à Athènes est de se rendre au sommet de la colline du Lycabette pour y voir le coucher du soleil (par temps découvert bien sûr). La montée nécessite une demi-heure de marche, et une fois au sommet on a une vue à 360° sur la ville, on voit l’Acropole, la mer et même Égine, tandis que le soleil se couche sur les montagnes. C’est un très beau spectacle, qui a en plus l’avantage d’être gratuit.

Coucher de soleil sur le #montlycabette #sunset #lycabettus #athens #greece #visitgreece

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Je recommande sinon vraiment d’aller voir les Météores, je n’avais jamais vu d’endroit qui y ressemble ailleurs. Dernièrement j’ai passé un week-end sur l’île de Skiathos, qu’on m’avait décrite comme une deuxième Mykonos, et en fait j’ai été agréablement surprise, je l’ai préférée dix fois à Mykonos !

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Le Mont Lycabette – incontournable pour voir le plus beau coucher de soleil d’Athènes.

 

Est-ce difficile de vivre dans un pays “en crise” ?

J’ai la chance de vivre en Grèce tout en étant payée par la France, ce qui me permet d’avoir un niveau de vie supérieur aux locaux, aussi je ne ressens pas personnellement la crise. Je constate cependant les effets de la crise en voyant les rideaux de fer de certaines boutiques en permanence fermés, ainsi que les immeubles dont la construction n’a pas été achevée et qui semblent être laissés à l’abandon.

De plus, les Grecs ayant des difficultés à payer leurs factures, la compagnie d’électricité offre une compensation financière à ceux qui payent à temps, ce qui n’arriverait jamais en France. Cependant, et c’est une Grecque qui me l’a dit, en dépit de cette situation qui s’éternise, les Grecs continuent de faire la fête, de se retrouver au restaurant ou pour boire un verre, et l’ambiance générale est assez festive, ce qui est très agréable au quotidien.

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Les gorges du Bardon sur la route entre Argos et le sud du Péloponnèse. Quand on visite la Grèce les routes valent souvent autant le voyage que la destination finale.

Une spécialité culinaire ou culturelle que tu adores?

Sans hésiter le souvlaki, sandwich constitué de viande grillée, avec tomates, oignons et tzatziki enveloppés dans un pain pita. Je vais très souvent en manger, dans le même petit restaurant près du métro Syngrou-Fix, et je prends la version avec une brochette de poulet. Pour seulement 2,40 euros on a un très bon sandwich, et moi qui n’aimais pas les sandwichs grecs en France, ici j’en suis fan.

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Manger à Athènes : entre le Tzatsiki et les souvlakis il y a de quoi se faire plaisir pour pas cher.

Et c’est facile de rencontrer des gens?

J’ai choisi d’utiliser le réseau Couchsurfing pour rencontrer des gens en dehors du travail. Plusieurs évènements sont organisés, des soirées dans un bar, des rassemblements pour faire connaissance ou encore des randonnées et excursions à la journée.

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Les Météores en Thessalie

De quoi parle ton blog ?

J’ai créé mon blog il y a trois ans, à l’occasion d’un voyage de quatre mois en Asie du Sud-est, et j’ai continué de l’alimenter avec mes récits de voyage et mes vidéos. Depuis septembre dernier j’y parle aussi de ma vie quotidienne à Athènes, de ce qu’il y a à voir et à faire, de la vie d’expat’. Et sinon j’ai commencé une série d’interview des voyageurs que j’héberge via le Couchsurfing, pour mettre en avant ce système alternatif de voyage, et montrer la diversité des jeunes qui voyagent, pourquoi ils le font, ce qu’ils attendent de l’Europe, de la Grèce.

Et après Athènes ?

Je quitte Athènes fin août, et j’ai pour projet de partir en PVT en Amérique latine en janvier 2018.

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Monemvasia

J’ai testé pour vous: le boat trip en Grèce.

1. L’itinéraire

10 jours pour visiter la Grèce ce n’est pas énorme, même si on ne se contente que des Cyclades, il a donc fallu faire un choix quant aux îles qu’on voulait voir: Santorin était une évidence, nous voulions également poser le pied sur le sanctuaire de Délos, le choix de Mykonos c’est donc imposé, Naxos étant entre les deux îles et assez facile d’accès notre itinéraire était décidé:

2 jours à Athènes – 2 jours à Mykonos – 2 jours à Naxos – 3 jours à Santorin.

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Les billets de bateaux n’étaient pas réservés à l’avance, nous les prenions donc en général à notre arrivée dans une île: seul petit soucis, l’absence de bateau entre Mykonos et Naxos qui nous a forcé à rester une nuit de plus à Mykonos.

Les temps de trajets ne sont pas toujours respectés à cause des vents ou des escales qui durent parfois un peu trop longtemps, bien qu’on en profite pour se faire bronzer, regarder les îles passer, écrire son journal de bord, le temps est parfois un peu longuet. Voilà une petite idée des trajets que nous avons eu:

– Le Pirée/Mykonos: prévu en 5h, nous l’avons fais en 7-8h.

– Mykonos/Naxos: 1h30

– Naxos/Santorin: 1h30

– Santorin/Le Pirée: prévu en 6-7h, a duré plus de 8h. Petit bémol: le trajet s’effectuait en super Jet, c’est à dire un navire sans pont où les places sont attribuées comme dans un avion. Pas vraiment sympa.

2. Où il fait bon dormir et manger: bonnes adresses.

A Athènes–  Athens Backpackers: dans le centre d’Athènes, à deux pas de Plaka, de l’Acropole, du métro et à 10 minutes de la place Syndagma. AJ super sympa, propre, choix entre chambres mixtes ou seulement pour les filles, petit-déjeuner compris. Gros plus: on est accueillie par des shots d’alcool à prendre sur le toit-terrasse avec vue sur le Parthénon.

http://backpackers.gr/

Scholarchio Ouzeri Kouklis: petit restaurant dans Plaka, on vous apporte un grand plateau d’une dizaine de plats parmi lesquels il faut choisir (choix difficile, tout a l’air hyper bon), et dégustation sur une terrasse à l’ombre. Idéal après la chaude visite de l’Acropole.

A NaxosAnna’s Cafe : petite boutique pour petit déjeuner bio, bien installé à l’ombre sur des coussins, à deux pas de la plage.

A SantorinPension Ptoleméos: sur la pente douce de Fira, à 5min du centre en montée. Pension vraiment pas chère (environ 16e/pers.), très propre, très agréable. La gérante et la femme de chambre sont vraiment aimables (tous les soirs je retrouvais mon lit fait avec pyjama plié sur le lit) et prennent plaisir à discuter avec les clients. Pension surtout fréquentée par des français (guide du routard?), vraiment LE lieu où dormir à Santorin, à moins que vous ne rêviez des hôtels avec piscine sur la falaise…

3. Quelles plages?

Agios Propokios à Naxos – Plage de sable clair, transats payants, mais possibilité d’étendre sa serviette à même le sable. La plage est un petit peu venteuse, juste de quoi s’amuser à sauter dans les vagues. Plage quasi vide le matin, à l’heure où il fait exactement la bonne température.

Périvolos à Santorin – Plage de sable noir, accessible par le bus depuis Fira. Nous n’y sommes allées qu’à partir de 16h quand la plage se vide., seul petit problème, le soleil se cache bien plus vite de ce côté ci de l’île.

Red Beach à Santorin – Superbe plage de sable rouge (comme l’indique son nom), pour y accéder il faut soit passer à travers les rochers, soit prendre un bateau depuis un petit port, dans tous les cas l’arrivée donne l’impression d’être Indiana Jones. La plage est BONDEE, et totalement abritée du vent, il faut y aller tôt le matin ou tard le soir, le reste du temps on a la sensation que le soleil nous brûle la peau, pas très agréable, même si le site vaut le coup.

4. Nos coups de cœur en Grèce.

  • L’arrivée sur le toit de l’AJ avec le coucher de soleil sur le Parthénon.
  • Sauter du bateau qui nous emmène visiter le volcan de Santorin pour nager dans les sources chaudes de Néa Kaméni.
  • Déguster une glace dans le jardin d’Athènes.
  • Attendre le coucher du soleil près de la porte d’Apollon à Naxos.
  • Monter la corniche de Fira de nuit, se retourner et contempler Fira illuminée.
  • Profiter de Santorin en marchant de Fira à Oia.
  • Etre seules sur la plage de Naxos le matin.
  • Prendre à emporter et manger dans le ruelles de Fira devant le coucher du soleil

Coucher de soleil à Fira

Mykonos, les ch’tis et nous.

Le port de Mykonos

Mykonos, la fêtarde.

Arrivées à Mykonos après six heures de bateau, la nuit tombe, on a un peu peur de ne pas trouver le propriétaire de notre pension, John. Finalement c’est lui qui nous repère, sans être méchant, John n’est pas la personne la plus aimable du monde et il tente tout de suite de nous vendre des bijoux, apparemment tous les habitants de l’île tiennent un bijouterie. Le côté commercial nous déplaît assez.

Dès que nos affaires sont posées nous repartons vers le centre de la ville, à Chôra, à pieds. On doit longer la route pendant quelques kilomètres, tout près d’un précipice. Pas rassurant, surtout que Mykonos est une île très venteuse, et une bourrasque pourrait nous faire facilement perdre l’équilibre.

Les rues de Mykonos sont minuscules et remplies de boutiques pour touristes. On sent que l’atmosphère Jet-Set est très présente, pas étonnant que les Ch’tis aient tourné ici, c’est le Ibiza de la mer Egée. On en s’attarde pas bien longtemps, et épuisées de n’avoir rien fait, on retourne vite se coucher.

Mykonos est beaucoup plus agréable au matin ou en milieu de journée: tous les touristes dorment ou sont à la plage. Les rues sont plus calmes, moins encombrées, on peut enfin prendre un peu de plaisir à errer dans les ruelles blanches et bleues, et croiser au coin d’une rue le symbole de l’île: un pélican.

Délos, sanctuaire panhellénique. 

La vraie raison de notre passage à Mykonos c’est la visite de Délos, le sanctuaire panhellénique, l’île où fut déposé le trésor de la ligue de Délos, fondée par les cités grecques pour lutter contre l’envahisseur Perse.

Nous arrivons à Délos à 9h, parées de bouteilles d’eau et de chapeau, s’attendant malgré la bonne heure à une chaleur sèche et suffoquante. Erreur. Le soleil tape peut-être mais l’île de Délos est entièrement sous le vent, il est impossible de porter un chapeau, et je manque de perdre le mien à plusieurs reprises. A notre arrivée le site est encore vierge, nous fuyons vite la masse de touristes qui nous suit pour aller dans l’autre direction en empruntant l’allée des processions pour se retrouver au sanctuaire d’Apollon. Lorsqu’on a passé un an à étudier l’hégémonie grecque, les guerres médiques et la toute puissance athénienne, c’est assez incroyable de se retrouver dans ce lieu que l’on pense connaître pourtant si bien par tous ces textes, ces témoignages lus et commentés.

Le problème est que Délos est avant tout un champ de ruines: l’île est vide et jonchée de colonnes tombées. Encore quelques pieds de statues, quelques portes de temples et les lions. LA Terrasse aux lions! Le symbole de l’île, ceux qui se trouvent sous nos yeux (et sur la photo) sont des faux, les vraies sont conservés au musée, à quelques pas derrière.

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Il semble que les hauteurs soient mieux conservées. On erre entre les ruines de maisons, on croise quelques mosaïques, au loin on aperçoit le théâtre, bien conservé mais malheureusement inaccessible. On finit par se perdre sans retrouver d’où l’on vient, on marche alors entre des hommes qui nettoient les ruines et font quelques fouilles, un peu mal à l’aise, conscientes d’être là où le public n’a pas le droit d’aller.

Pleines de motivation et pour profiter jusqu’au bout de cette excursion nous montons à travers un petit chemin broussailleux où nos jambes se font griffées par les ronces et les herbes hautes. Jéromine n’est pas tout à fait rassurée, ce chemin n’est surement pas pour le public non plis. On parvient de le temple d’Aphrodite d’où pars un plus grand chemin, le bon cette fois. Vu d’un peu plus haut le temple d’Aphrodite est superbe, sur deux étages avec des colonnes adossées à la colline. Plus haut (toujours plus haut) nous arrivons à la porte d’Isis, celle que l’on voit dès l’entrée dans le port et qui semble alors si lointaine, perdue seule dans les hauteurs. C’est d’ici qu’il y a la plus belle vue sur l’ensemble du site.

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Le retour en bateau est lui même un attraction: la mer est si agitée par le vent que le navire se retrouve par moments à la verticale, tour à tour nous ne voyons que le ciel, puis la mer. Mieux que des montagnes russes, du moment que ça ne dure pas plus longtemps.

Santorin loin des touristes (ou presque)

Santorin est probablement l’île des Cyclades la plus visitée: eaux turquoises, paysage à couper le souffle…pas étonnant d’y voir des hordes de touristes, notamment des touristes asiatiques. Pour donner une idée, entre deux restaurants grecs on trouve à Santorin des restaurants chinois (assez bons d’ailleurs, on a testé), pas tout à fait le genre de nourriture qu’on s’attend à trouver dans une île grecque. Il est pourtant possible d’échapper pour quelques moments à cette foule bruyante. Voici un petit aperçu:

1. Balade de Fira à  Oia

Pour être seul à Santorin, le mieux est encore de se lever tôt: le premier jour nous avions décidé de faire une “petite” randonnée sur la corniche du village de Fira à celui d’Oia, se trouvant au bout de l’île. Il faut d’abord monter jusqu’au village ou quartier de Firostéphanie, le point le plus haut de l’île: la corniche longe la côte et se perd par moment dans la ville entre les hôtels de luxe possédant tous une piscine à flanc de falaise. Arrivées à Firostéphanie, on n’en peut déjà plus

On finit par se perdre dans la ville, tous ceux à qui nous demandons notre chemin pour Oia nous regardent surpris: “Oia? By feet?! But this is a very long way!”. Oui, oui, on sait. On les rassure mais on n’en mène pas large: dans quoi s’est on lancées?

On retrouve enfin la corniche qui s’éloigne de la ville et tout à coup il n’y a plus personne. Seulement un couple  qui est à quelques mètres devant nous. Sous le soleil tapant (même à 8h) on se déshydrate vite, heureusement un bar au milieu du chemin nous permet de refaire le plein d’eau, nos deux bouteilles étant déjà finies. On reprend le chemin, devant nous une montée, pas longue mais si raide. Pendant quelques minutes nous n’échangeons pas un mot, fixées sur le contrôle de notre souffle. On parvient jusqu’à une petite église ombragée: on respire enfin. D’ici on a vue sur l’arrière pays, la pente douce de Santorin avec quelques vignes et des villages éparses. De l’autre côté c’est la falaise stratifiée qui plonge dans des eaux limpides, mes cours de géologie me reviennent en mémoire, je les comprends bien mieux maintenant, c’est comme si la falaise avait été coupée en son centre:

Elle n’était pas vraiment rouge, elle ressemblait à certains gâteaux feuilletés où se superposent des strates rouges, chocolat, ocre, cerise, orange, citron

Simone de Beauvoir

On croise des américains venus admirer la vue, ils sont impressionnés par notre rando et nous souhaitent bonne chance en nous quittant: “Guys, It was really nice to have seen you.” Ajoute le mari retournant dans sa voiture avec air conditionnée, comme il nous le fait remarquer en voyant nos joues rougies par la chaleur. On reprend la route: après la montée, voici la descente…des cailloux rouges qui dégringolent sous nos pieds, nous sommes séparées de la falaise par de simples barbelés qui n’ont pas l’air de bien tenir. Pas vraiment le temps de regarder le paysage, on surveille nos pieds pour ne pas faire de faux pas. La dernière montée nous amène au dessus d’Oia, nos pieds s’enfoncent dans le sols et deviennent de plus en plus durs à soulever. Le vent s’est arrêté. On a le souffle coupé, autant par l’effort que par la vue qui s’offre à nous. Nous contemplons du haut de notre périple le croissant de Santorin avec en son centre le volcan. Il n’y personne, pas un bruit, seulement nous et l’île dans tout ce qu’elle a de plus sauvage. Si grand, si beau, si paisible! A nos pieds s’étend Oia. On redescend vers la ville en gambadant tant on est pressées de finir cette balade pour enfin manger. On profite d’un dernier arrêt pour admirer la vue et la solitude. Le couple que nous avons suivi pendant près de quatre heures nous gratifie d’un “Yes guys, we did it!”.

On regarde un peu de haut tous ces touristes venus en cars et qui jamais n’assisteront à ce spectacle, jamais n’auront cette sensation d’avoir Santorin pour soit tout seul.

2. Akrotiri

Akrotiri est un chantier de fouilles de l’époque cycladique découvert depuis peu et qui, comme Pompéi, a été totalement préservé par les cendres du volcan lors d’une immense éruption il y a quelques milliers d’années. Nous avions décidé ce matin là d’aller visiter ce chantier dont seulement 3% a été fouillé. Pas de chance: le chantier est fermé le lundi.  N’ayant plus peur de la marche nous montons les 4 km qui nous séparent du nouveau  village d’Akrotiri un peu plus haut. Ce village est bien éloigné de Fira ou d’Oia: ici les rues sont calmes, presque vides, nous passons des maisons aux portes entrouvertes où nous devinons des scènes de vies, là un paysan accroupi récolte sa vigne, ici une vieille dame pieds nus nous regarde l’œil intrigué. On se tait, conscientes de troubler le calme du village. Face à nous, à l’autre bout de l’île se trouve la bruyante Oia. Voici une vue de Santorin que nous ne connaissions pas du tout.

Nous redescendons ensuite pour nous rendre à red beach, l’une des plus belles plages de Santorin, mais avant on s’attable à un petit restaurant accolé à la roche pour y déguster l’habituel tzatziki. Dans une petite baie, au bord de l’eau, il est encore trop tôt pour voir les touristes et nous mangeons seules en profitant de cette vue paisible, des clapotis de l’eau sur les coques de bateaux, du léger vent qui vient adoucir cette chaleur toujours plus brûlante.

Enfin, puisque nous n’avons pas pu voir le chantier de fouilles, nous nous rendons le lendemain matin au musée archéologique d’Akrotiri pour y admirer les vestiges datant de 3 ooo ans avant notre ère. Les fresques sont impressionnantes, très colorées, en mouvement, elles me font penser aux fresques perses. Le style est original: des oiseaux, des singes bleus, beaucoup de femmes et de fleurs. On découvre aussi des poteries peintes, des tables, des chaises, extrêmement bien conservées: une visite à faire! Sans compter que dans ce musée (gratuit pour les étudiant), il fait frais!

Athènes en un Week-end

Enfin arrivées à Athènes!

Après 5 mois d’attentes, de rêveries, d’impatience, et 3 heures d’avion, nous posons enfin le pied sur le sol grec. Aucun mal pour trouver le bus qui nous emmène à la place Syndagma face au parlement, ni pour parcourir les dix minutes qui nous séparent de l’AJ. On longe le jardin national en frôlant les colonnes du temple de Zeus et nous y sommes. La simple vue de ces colonnes en pleine rue nous dépayse totalement, les Athéniens y sont habités, c’est surement comme passé près du musée de Cluny à Paris pour nous.

L’AJ nous accueil avec deux verres de ce qui ressemble à du raki, ou plutôt deux shots qu’on est invitée à prendre sur le toit-terrasse plein de coussins où les jeunes s’allongent et discutent, le tout sur on fond de soleil couchant, face au Parthénon.

Première approche d’Athènes: AWESOME!

La seconde nettement moins. Nous ressortons pour dîner dans Plaka, mais le quartier est bien trop touristique, et nous finissons dans un restaurant lambda où, au moins, les salades grecques ne sont pas trop mauvaises. Mais nous sommes un peu déçues par l’ambiance générale.

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La découverte de l’Acropole.

Ce fut surement l’une des journée les plus chaudes de ma vie: bien que s’étant levées tôt, nous ne sommes pas arrivées à l’Acropole avant 11h, mais bonne surprise, les lieux culturels sont gratuits en Grèce pour les étudiants, nous ne paieront donc pas un euro pour visiter. Le temps de monter par le Péripatos nous parvenons au toit de l’Acropole sous le soleil de midi. En chemin nous contournons le théâtre de Dyonisos et celui de l’odéon d’Hérode Atticus, qui date de l’époque romaine et alors occupé par des techniciens qui organisent la représentation d’une pièce d’Aristophane le soir même. On longe  l’Acropole, peut-être est-ce d’ici qu’elle est la plus impressionnante, vue sous ces immenses murailles, juchées sur un rocher et qui semblent nous écraser du poids de leur années.

Nous arrivons sur les Propylées (les escaliers) noirs de monde. Les groupes de touristes ont déja pris d’assaut les antiques vestiges à coup de parapluies colorés pour que chacun reconnaisse son guide. Le spectacle de l’Acropole envahie de cette foule grouillante dont nous faisions parti amoindrie forcément un peu l’impact de ce lieu, mais une fois qu’on est parvenu à en faire abstraction, sa grandeur demeure indemne.

Temple d’Athéna Niké, Erechteion, Parthénon. Nous avons tout vu, tout photographié, tout commenté. En plus des vestiges, l’Acropole offre une vue exceptionnelle sur Athènes et sur la colline de la Pnyx face à nous. Il est difficile de redescendre se mêler à la foule des mortels tant on se sent bien au milieu des dieux, mais le soleil tape trop fort et nos estomacs gargouillent, il est temps de trouver à manger.

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Il n’y a pas que les salades grecques!

Il est temps de parler de nourriture, car la Grèce ce n’est pas que les salades et les oliviers.

Nous sommes donc redescendus vers Plaka que nous avions si peu appréciée la veille, pourtant l’ambiance y était plus agréable en journée. Nous nous arrêtons à un restaurant indiqué par le guide et commandons une formule avec une dizaine de plat parmi lesquels nous choisissons cinq mets: le tarama, les espèces de poulet (cf. photos ci dessous), les boulettes de viande, les patates, et surtout le Tzatziki, pour lequel nous avons redécouvert notre amour et qui est resté notre principale, et presque unique, nourriture pour le reste du séjour.

Enfin, pas tout à fait, le soir même on a expérimenté deux plats locaux: les calamars frits pour Jéromine, qui, maintenant je le sais, en raffole, et de la viande avec (encore) du tzatziki pour moi. Une fois dans les îles  nous avons découvert un autre plat qui nous permettait de manger beaucoup, bien et pas cher: le gyros pita, ce qu’on pourrait appelé “un grec” chez nous, mais avec un pain bien meilleur, et un sauce ressemblant très franchement à du tzatziki tout simple. Plat idéal pour les midis, pour manger tout en se promenant.

Promenade dans Plaka.

Retournons à nos aventures: après s’être remplies la pense, et avoir bu des litres et des litres d’eaux, on s’est baladé à travers le quartier, qui, en cette heure de la journée, s’est avéré être relativement désert. Plaka est un endroit vraiment beau, difficile de croire qu’il s’agit d’un quartier peuplé d’une capitale, on se croirait dans un petit village, les rues sont étroites et pavées, montant et descendant vers l’Acropole avec des marches, dans chaque rue, une myriade de restaurants où les serveurs font la devanture et essaient d’attirer le client. Dans les rues adjacentes on n’entend presque plus de bruit, les plantes grimpent au fenêtre, on trouve des scooter égarés, des petite terrasses privées. Toutes les maisons sont colorées.

Nous nous dirigeons vers l’Agora et on découvre qu’il y a pire que l’Acropole à midi: l’Agora sous le soleil de 15h. Le site n’est pas très bien conservé et il est donc difficile de se faire un idée de l’intensité de la vie politique en ce lieu, on contourne un temple assez bien conservé qui donne une superbe vue sur l’Acropole en surplomb puis on se fait ejectées de l’Agora qui ferme.

On se rabat alors que le cimetière de la céramique…lui aussi fermé!

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Une oasis de fraîcheur: le jardin national.

J’ai l’idée d’aller au jardin national que nous avions vu en arrivant la vieille. Problème, le jardin est à l’autre bout de la ville, il faut remonter l’intégralité de l’avenue Ermou pour y parvenir. Prenant notre courage à deux mains, malgré la chaleur qui nous martèle le crâne on commence à marcher. On s’aperçoit vite que cette avenue est en fait LA rue commerçante d’Athènes, la dure marche apparaît plus agréable que prévue. De Zara en H&M, de climatisation en climatisation, en contournant une jolie église orthodoxe plantée au centre, on parvient finalement à la place syndagma d’où s’ouvre le jardin national. En vraies occidentales, on profite d’un petit détour par le McDo de la place pour s’acheter une glace à déguster dans le parc.

Le jardin est ombragé, TRES ombragés. On parcourt avec plaisir les allées, atterrissant sur des kiosques, des fontaines, des volières. Nos pas nous mènent à l’extrémité du parc, devant la demeure royale où nous assistons à la relève de la garde (surement encore plus ridicule qu’en Angleterre). On repart finalement vers les colonnes de Zeus et notre AJ.

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