Week-end en Emilie-Romagne

« Chiacchierare », c’est le terme en italien pour dire « bavarder, jaser ». chiacchierare c’est ce qu’on faisait quand on a raté notre train pour Ravenne, c’est ce qu’on a fait aussi en dévorant notre pizza le soir, et encore en déambulant dans les ruelles de Ferrare.  D’ailleurs cet article aurait dû s’intituler « Chiacchierone e golose (pipelettes et gourmandes) in Emilie-Romagne» parce que c’est encore ce qui résume le mieux ces trois superbes journées de printemps qu’on a passées dans la région de Bologne exactement à mi-chemin entre la Grèce et la France.

Mais on n’a pas fait QUE ça : entre deux pauses on a réussi à faire bien plus que nos 10 000 pas par jour et puisque les lignes ferroviaires nous permettaient de rayonner facilement dans toute la région depuis la principale ville on est parties à la découverte de l’Emilie-Romagne : Bologne, Ravenne et Ferrare, 3 jours pour trois étapes et un week-end que je recommande chaudement.

1.      Prendre son temps à Bologne

J’aime Bologne. D’abord parce que dans mon imaginaire elle évoque les premières universités du monde (avec Oxford, Paris et Montpellier), mais aussi Umberto Eco et d’autres grands savants. Ensuite parce qu’on y parle  un italien que je comprends, et c’est sûrement ici que je conseillerais d’aller pour apprendre un italien parfait (pas chuintant comme dans le sud, pas trop articulé comme dans le nord). Enfin parce que c’est ici qu’on fait les meilleurs Pasta Al Ragù, mon plat préféré depuis que je peux manger des pâtes. Bologne est une ville vraiment sympa, sa particularité est de posséder des kilomètres d’arcades qui remplacent les trottoirs – très pratique s’il pleut – et d’être toute en architecture rouge et ocre. Les couleurs, les odeurs et les bruits de l’Italie nous captent dès qu’on arrive en ville. C’est beau, pas trop grand et si vivant ! On a surtout aimé y flâner en revenant aux mêmes endroits à plusieurs reprises parce qu’on s’y sentait bien.

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 Piazza Magiore

La place centrale dominée par la basilique inachevée de San Petronio  étonne par le contraste entre son marbre rose et blanc et sa partie en pierre encore rouge. Autour de la place se trouvent d’autres édifices médiévaux dont le Palazzo communale (je n’ai toujours pas compris lequel c’était), malheureusement pour nous la fontaine qui est apparemment un peu  coquine était recouverte pour travaux, le gros divertissement de la place restait donc le wifi gratuit dont on pouvait profiter face à ces superbes monuments. Le dernier jour un événement était organisé sur la place : des groupes de participants devaient reconstruire avec des bouts de cartons des portes et des édifices connus de la ville, ils avaient plusieurs heures, sur un fond de Rhianna c’était super sympa de déambuler parmi les groupes et d’observer leur travail d’équipe. La veille on avait assisté à une course de nuit – sans but particulier juste parce que c’est fun nous ont dit les habitants – ça m’a confirmé la coolitude de la ville.

Piazza San Stefano et ses 7 églises

Assurément LE coup de cœur de la ville : ce n’est que le dernier jour que je me suis décidée à enfin pénétrer dans ce complexe architectural médiéval qui vaut franchement le coup (cloitres, églises romanes très épurées et très belles) mais on y est retournées souvent. En passant, en s’arrêtant pour regarder, en s’arrêtant pour dessiner – grande réussite. La place me fait penser un peu à Sienne, mêmes couleurs et même type de bâtiment, mais avec des étudiants de partout et beaucoup moins ce côté ville-musée.

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     Les torre – Torre Asinelli

Comme vous l’explique Jéromine dans son super vlog de ce week-end ici, auparavant Bologne était peuplée de tours qui personnifiaient les grandes familles de la ville et servaient de blason. Orgueil oblige chacun voulait une tour plus haute que son voisin et elles avaient  tendance à s’effondrer les unes sur les autres ce qui obligea à limiter à 60m la hauteur de ces tours. Il n’en reste que quelques-unes aujourd’hui et seule la torre asinelli se visite : beaucoup de marches pour une superbe vue sur la ville et les collines au loin. Idéal pour se mettre en jambe ! Juste à côté de la tour se trouve une pizzeria, pas chère du tout et avec moult choix, que je recommande.

     Les universités : Bologne l’estudiantine

L’université c’est la raison d’être de la ville mais depuis le Moyen-âge l’université a bien évidemment changé de place assez souvent. C’est Parsa, un iranien que Jéromine avait hébergé chez elle, qui nous a fait visiter le campus actuel : un campus qui rappelle Tolbiac en plus grand et plus classe aussi. Des fresques murales un peu partout, des banderoles de luttes, et une grande place sur laquelle se trouve la cafet’ et où les jeunes se retrouvent le soir pour discuter (ce qu’on a fait bien évidemment).
J’ai visité la vieille université seule : les couloirs décorés de blasons d’étudiants et de professeurs mènent à deux salles de classe dont la plus intéressante est la salle d’anatomie.

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Adresses: 

Ostera dell’Orsa, via Santa Caterina, 51 : excellentes pâtes al ragu, ambiance taverne très sympa et surtout on ne paie pas les couverts et le pain, c’est rare en Italie. (et aussi, c’est pas loin du fameux canal que l’on voit sur plein de photos)

Pizzeria Spacca Napoli, via San Vitale, 45a: ça ne vaut pas les pizzas de Naples bien sûr mais ce sont des très bonnes, et grosses pizza pour pas cher. Lieu de rendez-vous des étudiants.

Cremeria San Stefano, via San Stefano, 70: DES GLACES, l’indispensable en Italie. Celles ci sont très très bonnes et l’avantage c’est qu’il y a peu de monde qui vient dans cette boutique un peut excentrée.

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2.      Ravenne – au royaume des mosaïques

A ma grande honte j’avais déjà entendu parler de Ravenne mais j’étais absolument incapable de savoir où placer la ville sur une carte. Réponse : c’est entre Bologne et Rimini, suffisamment près pour y passer une journée. Et ce serait presque un sacrilège de ne pas le faire. Capitale des mosaïques la ville possède de nombreuses églises et basiliques où on peut admirer des mosaïques MAGNIFIQUES qui ont bien plus de gueule que le style baroque des églises italiennes. Pour visiter la ville le mieux est encore de payer un billet unique (12euros) qui permet de voir les principaux monuments, ça parait cher mais ca vaut le coup !

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Les mosaïques datent de l’époque paléochrétienne, et je suis très fière de pouvoir placer ce mot dans un article : grosso modo ici c’est la période qui va de la fin de l’Empire romain (où Ravenne a été un temps capitale d’Empire) au début des royaumes barbares. On trouve d’ailleurs le tombeau de Théodoric le roi des Ostrogoths. En gros c’est beau, c’est un art qu’on connait finalement assez peu et on met un 8/10 à cette ville ! Le seul petit bémol c’est qu’en avril commence la période des voyages scolaires pour les italiens, c’était donc blindé de groupes d’élèves, et les élèves ça fait du bruit.

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Pour manger: le marché de la piazza del popolo avec des spécialités italiennes de toutes les régions. J’ai – encore- mangé des suppli. J’adore.

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  1. Ferrare – Flâner en pleine Renaissance

3e jour, 3e destination : Ferrare. On change d’époque et on passe de l’Empire byzantin à la Renaissance, c’est la magie de l’Italie. Ferrare est encore plus près de Bologne et la ville est classée au patrimoine de l’Unesco mais…elle nous a bien moins plu que Ravenne. Peut-être parce que la façade de la cathédrale était en travaux – les échafaudages ça rend rarement bien en photo -, mais peut-être aussi parce qu’on a trouvé la ville un peu morne, pas très vivante comparée aux deux autres villes.

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Mais c’est toujours très agréable de se promener dans la ville et d’arpenter la plus vieille rue de la ville, la via dell volte, d’un bout à l’autre avant d’admirer la cathédrale qui reste superbe et originale malgré les travaux. Pour ceux qui aiment les visites historiques le Château d’Este – classé lui aussi -, massif et impressionnant est une vrai château fort en plein cœur de la ville. Mais nous on a préféré manger et boire un spritz à côté des douves au café Giori : idéalement bien placé et pas trop cher. Et encore une fois devinez ce qu’on a fait : on a bavardé !

Giori, piazza Savonarola (juste à côté du château, vue sur la cathédrale): petite véranda et terrasse, plats pas chers. Idéal pour une pause midi

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Naples, ça passe ou ça casse.

Seconde étape de ces vacances à rebours : l’Italie. Avant de m’envoler pour Marseille en août dernier j’ai passé quelques jours dans une autre ville « mal famée » de la Méditerranée : l’inquiétante et  sauvage Naples. On dit beaucoup de choses sur Naples, et surtout on dit tout et son contraire : on dit qu’il faut voir Naples avant de mourir, on dit qu’il faut faire très très attention à ses affaires et si possible tout laisser à l’hôtel, on dit que la ville est sale et dangereuse, on dit qu’elle est encore plus rayonnante que Rome, on la dit chaleureuse et funèbre. On m’a surtout dit que Naples, ça passe ou ça casse. Et devinez quoi : pour moi Naples ça s’est très bien passé ! Et j’oserais même dire que j’ai peut-être préféré la vieille Neapolis à sa rivale romaine.

A l’heure où je vous écris, j’écoute du bon rap napolitain découvert dans la série Gomorra – bien sympa soit dit en passant – qui donne à mon italien tout récent un bon accent du sud que je devrai corriger au plus vite. En regardant Gomorra je devine bien que la Naples que j’ai vu n’est pas la Naples de ses habitants : j’ai peu quitté le quartier historique et je n’ai donc pas du tout ressenti l’insécurité ou la présence de la mafia. Malgré tout j’ai eu un peu du mal à apprécier la ville les premières heures, notamment à cause de la tonne de recommandations de sécurité que j’avais reçue en y allant. Pour faire simple : je regardais tout le monde d’un œil suspicieux, n’osant pratiquement pas sortir mon appareil photo de peur d’un vol à l’arraché. Je ne dis pas qu’il n’y a aucun risque, mais une fois qu’on oublie un peu cette peur, Naples devient bien plus agréable car le quartier central n’est pas plus dangereux que celui de n’importe quelle grande ville européenne.

Qu’ai-je bien pu faire durant ces trois petites journées napolitaines ? Que puis-je vous conseiller ? Et pourquoi j’ai aimé Naples ? Pour commencer : je n’ai pas fait grand-chose. Comme pour Marseille j’ai profité de Naples  calmement sans courir partout, parce que je me dis bien que rien ne sert de courir, il faut y revenir bien plus d’une fois, et j’ose espérer que j’en aurai l’occasion. Mon premier conseil est donc : si vous allez à Naples en été, faites-vous à la vie à l’Italienne et ne sortez pas entre midi et 17h. Il fait trop chaud, et c’est très agréable de faire une sieste climatisée en pleine journée. Bien entendu ça diminue la journée mais ça donne bien meilleure humeur. Une fois ce principe acquis, deuxième conseil : trouvez un logement dans le centre historique. Notre chambre se situait rue Nilo, à proximité d’à peu près tout.

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  • Naples: le centre historique

Je n’avais pas envie de piétiner dans un musée, pas envie de visiter les  dix mille églises de la ville, j’avais surtout envie de me promener dans les rues, de voir le linge flotter aux fenêtres, de zigzaguer entre les scooters qui transportent dans le plus joyeux bordel trois passagers, sans casque, bien évidemment, ET de m’empiffrer de pizza – attention ça se dit piTSa ici – matin, midi et soir, ce que j’ai fait. Le centre qui s’étend de la Via Toledo à la Via Duomo est tout à fait propice à ce type de balade. Pour me donner tout de même un but entre deux parts de pizzas j’ai  visité plusieurs monuments : le cloître de Santa Chiara, l’église du Nouveau Jésus  -l’ancien ne suffisait plus apparemment-, et le Naples souterrain.

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La plupart des églises de Naples sont payantes, j’ai donc préféré n’en faire qu’une, et celle que je voulais absolument voir c’était Santa Chiara et son superbe cloître en majoliques. Pour qui est allé au Portugal ça n’a rien d’exceptionnel, mais je n’avais encore jamais vu un aussi joli cloître de mosaïques peintes. L’église du Nouveau Jésus m’a beaucoup moins plu: du très sobre italien avec des dimensions impressionnantes, du marbre et des dorures, et bien évidemment un GROS portrait de Padre Pio, comme dans toutes les églises du Sud, et tous les portefeuilles des Napolitains.

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Enfin Naples souterraine est un très bon plan si vous voulez tout de même sortir en pleine journée : la vieille ville de Naples construite par les Grecs se trouve à quelques 40 mètres sous le niveau de la Naples actuelle. Un guide – français si vous le souhaitez – vous emmène découvrir les citernes édifiées sous les Grecs, les Romains puis les Espagnols avec moult anecdotes sur l’histoire de la ville. C’est frais, il ne faut pas être trop claustrophobe, bien que les passages les plus étroits soient facultatifs, c’est très intéressant, et j’ai eu beau être un peu réticente au départ, trouvant la visite trop touristique – toujours cette volonté de ne pas être touriste quand on l’est – j’ai beaucoup apprécié cette visite que je recommande chaudement.

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  • Autres quartiers de Naples: quartier Espagnol et Lungomare

Le soir, quand la fraicheur revient un peu, et que la lumière se fait belle, j’ai imposé à mon Italien la visite de deux autres quartiers de Naples, qui ont fait fonctionner les gambettes. Indispensable mais à éviter trop tard dans la soirée – ce que disent les guides-  : le quartier espagnol. Construit lors de l’arrivée des espagnols, Naples appartenant alors à la Castille, pour y héberger les soldats fraîchement arrivés, c’est un des plus vieux quartiers de Naples.

Les rues sont minuscules, le soleil ne peut pas y passer, et c’est un véritable dédale de rues en damier. Ici j’ai évité de sortir mon appareil photo : d’une part parce qu’on sent que le quartier est moins sûr, d’autre part parce qu’on peut saisir la vie privée des Napolitains à chaque coin de rue et que je ne me sentais pas de voler ces petits instants du quotidien. Le soir les dames sortent les chaises, voire les chaises longues dans les rues, les vieilles dames font descendre de leur balcon un seau pour que les commerçants les remplissent de ce qu’elles ont acheté – une sorte de poulie qui évite de descendre -, les gamins de dix ans roulent sur leur scooter pour aller dealer sur la place.

J’y ai senti un peu le cœur, l’âme de la Naples que l’on nous décrit, sans qu’elle soit aussi sale que dans Gomorra. Le quartier espagnol est dans le centre, spécialité des villes du sud, le centre demeure le quartier des pauvres, le quartier presque insalubre. Juste à côté s’étend la via Toledo, rue piétonne pleine de grandes enseignes, qui rappelle qu’on n’a pas grand-chose à craindre ici. Cette petite visite m’a donné la sensation d’entrer un peu dans le vif du roman d’Elena Ferrante, “l’amie prodigieuse”, censé se dérouler dans les quartiers pauvres de Naples. Bref, j’ai adoré.

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En redescendant la via Toledo,  nous arrivons sur Castel Nuovo – Naples possède trois châteaux, je n’en ai visité aucun, ce sera pour une prochaine fois. A droite du Castel vous arrivez sur le Lungomare, le front de mer, là d’où on voit le mieux le Vésuve qui se couche sous cette lumière rose. Nous ne nous sommes pas aventurés vers le quartier de Chiaia, le quartier huppé, car mes pieds n’en pouvaient plus et que la nuit tombait.Nous nous sommes contentés de nous poser quelques minutes sur une petites crique où étaient amarrées quelques barques et où certains plongeaient. Et là, on était bien, on était à Naples, sous l’ombre menaçante du Vésuve et on s’est dit qu’on pourrait y rester très longtemps.

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  • Procida: la belle découverte

Je tenais absolument à me rendre sur une des îles du golfe de Naples : Capri, Ischia ou Procida. Capri est bien sur la plus connue, Ischia est celle qui doit abriter le plus de maisons de footballeurs italiens et…Procida est la plus petite mais aussi la plus près, et la moins chère. J’avais choisi Procida parce que justement elle était petite et qu’on pourrait en faire à peu près le tour et en profiter en quelques heures. On a pris nos billets la veille, au port principal, et on est partis à 10h, pour une heure de trajet et quand on est arrivés, quel bonheur!

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Le petit port, les maisons de toutes les couleurs et tout en haut un petit bourg médiéval avec un vieux castel qui nous offre une vue superbe sur le plus beau village de l’île : la photo carte postale. Autre intérêt, Procida est un peu délaissée des touristes puisque moins connue, elle ressemble encore à un village de pêcheurs, qui vit du tourisme, mais d’un tourisme plus local – souvent c’est le lieu de villégiature de week-end des Napolitains – ou alors de Français et de Québécois, parce qu’on est partout. La pizza est plus chère qu’à Naples mais toujours très correcte et on peut se baigner un peu à l’écart du port, dans une eau transparente, à deux brassées de bateaux. Çà m’a rappelé les îles grecques à deux pas de Naples. Un gros crush, vous l’aurez compris.  Pour le coup les photos seront un meilleur témoignage et vous convaincront sûrement mieux qu’il faut visiter Procida.

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Pour finir ce long article sur ma nouvelle ville préférée d’Italie je tiens à préciser que les pizzas dont j’ai déjà parlées n’y sont pas pour rien : une simple margherita, la seule, la vraie pizza, avec une mozzarella di buffala vous apprendra que vous n’avez jamais mangé de pizza de votre vie. Elles sont excellentes, et ne coûtent rien du tout. Ça fait très mal quand on revient en France ensuite, j’ai  du mal à remanger des pizza d’ici depuis cette découverte culinaire hors du commun.

P.S : je vous poste des photos de notre logement qui valait le coup. Via Nilo, 40€ par nuit/ personne mais avec un appart vide et une terrasse avec vue sur le Vésuve, le tout dans un vieil hôtel napolitain avec des plafonds à 4 mètres de haut, et des arcades pour les escaliers, bien caché derrière une porte cochère dans les petites rues sombres du Naples historique.

 

 

 

Rome en clichés

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En août quelque chose d’imprévu et d’incroyablement romantique m’est arrivé : un garçon (un homme même) m’a proposé de venir passer quelques jours à Rome – non mieux –m’a invitée à Rome. Puisque je me suis crue dans un film, plutôt que de chercher à trouver les trucs insolites que personne ne fait, je me suis entièrement laissée aller aux clichés romains…ET ça faisait un bien fou. Je livre donc ici une Rome comme dans les films, comme dans les livres, comme dans les fantasmes de tout le monde avec rien d’original du tout puisque Rome se suffit à elle-même.

  • Loger dans les petites rues romaines

Notre appartement c’était celui dans lequel je pouvais m’imaginer vivre à Rome : petit, au fond d’une ruelle pavée, avec une terrasse protégée du soleil – ils savent vivre dans ces pays du Sud. Tout à côté d’une place avec fontaine et  église, celle où on peut grignoter une pizza et des suppli en se faisant arroser par l’eau lorsque le vent tournait. Celle où on reste des heures à l’ombre, le temps que le temps se rafraîchisse car Rome en été reste une mauvaise idée niveau climat.

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  • Le Vatican et la Chapelle Sixtine

Je n’étais encore jamais rentrée dans la basilique Saint-Pierre. La dernière fois que j’étais venue à Rome j’avais été bloquée pour raisons vestimentaires à l’entrée du Saint-Siège, j’étais donc bien décidée à prendre ma revanche, à ne pas être effrayée par ces milliers de touristes chinois et à tout voir ! Mes conclusions : c’est beau, c’est grand, c’est trop peuplé. Il est difficile de se laisser pénétrer par la grâce divine tant il y a de monde et de bruit, on ne prend pas le temps d’admirer l’œuvre de Michel-Ange. J’ai finalement préféré la basilique, bien que massive – trop massive – j’ai eu un petit quelque chose au cœur en lisant sur la coupole le fameux « Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam »

  • Il tramonto al Pincio

Le coucher du soleil avec la vue sur Rome et au loin le Vatican. C’est guimauve au possible, mais c’est tellement beau ! Pour s’y rendre il faut aller au Jardin de la Villa Borghese, un immense parc qui surplombe la piazza del Popolo. Depuis le point de vue on peut ensuite descendre jusqu’à la piazza di Spagna et s’asseoir sur les escaliers en mangeant une glace pour y jouer le remake de Vacances Romaines.

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  • Gelati piazza di Navona

La meilleure place de Rome, surtout le soir quand il y fait –enfin – frais et qu’il y a beaucoup moins de monde. Pour la glace, il y en a partout, il suffit de se décider. Durant mon premier voyage à Rome c’était déjà cette place là dont je me souvenais, avec sa forme de cirque romain et son impressionnante fontaine au milieu.

  • Un verre dans le Trastevere

Quartier un peu plus « populaire » de Rome, il est aujourd’hui surtout très touristique mais vraiment charmant. On peut vite s’éloigner de la foule en se perdant dans des petites ruelles où le linge pend aux fenêtres. Tout y est jaune, ocre, orange. Très animé le soir il est beaucoup plus calme durant la journée et c’est le lieu idéal pour y faire de belles photos et rencontrer un peu plus de locaux. De loin mon quartier préféré à Rome, j’aurai pu m’y balader des jours entiers et tout prendre en photo…ma folie des boîtes aux lettres et des portes pouvait s’y épanouir à loisir !

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  • Rome en Vespa

Ce long week-end s’est achevé par ce qu’il y a de plus cliché à Rome : la location d’une vespa rouge pour tout voir ou revoir d’un autre œil. J’ai adoré, mais vraiment adoré, cette façon de visiter Rome. A 60 euros la journée ça valait tout à fait le coup. Moi qui voulait voir Rome comme dans les films j’avais l’impression d’y être : tourner autour du colisée, apercevoir la piazza Navona au détour d’une rue, prendre la grande allée qui mène à ce – très moche et imposant – monument à Victor Emmanuel, retourner à la villa Borghese, passer devant le Vatican, longer les quais. Tout ça avec un petit vent frais qu’on ne ressent pas en marchant. C’était la Dolce Vita, la vraie.

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Milan ou le parfait week-end de printemps

Presque un mois que tournait en boucle dans ma tête la chanson « Week-end à Rome » d’Etienne Dao ; ça tombait plutôt bien puisque je m’envolais le 31 mai au matin pour l’Italie. Ce n’était pas pour visiter Rome en Vespa façon Vacances romaines mais pour déambuler dans Milan en Tram. Malgré mon lourd dossier dans les transports italiens (cf. Une amende non payée prise en mars 2013 entre Florence et Pise pour non compostage de billet), je n’ai pas eu peur de prendre tram et métro, en fraudant un chouïa qui plus est – aventure quand tu nous tiens !

Ma première et principale impression de Milan fut : « Nom de nom ! Moi qui n’apprécie l’Italie qu’en vacances voici une ville dans laquelle je pourrais facilement vivre. » Il faut dire que j’y ai passé suffisamment de temps pour avoir l’occasion de paresser, de me promener, de goûter à la ville sous tous les temps, et de m’imprégner rapidement de l’atmosphère agréable de la cité Lombarde.P1040811

 

Milan, capitale de la mode

J’ai commencé ma découverte de la ville par une virée Shopping où j’ai pu m’acheter le nécessaire pour me sentir en harmonie avec mon environnement : une capeline noire qui m’a value de me faire arrêter à plusieurs reprises à coups de « Bello capello Signora». Les rues qui entourent le duomo, donc le centre de la ville, sont toutes des rues commerçantes, pour la plupart piétonnes. Si la plupart des magasins ici sont (à peu près) accessibles – Zara,H&M, Massimo Dutti, …- la galerie Vittorio Emmanuel II abrite des grandes marques comme Prada. Toute en acier et verre, surmontée d’une coupole, la galerie est impressionnante et témoigne du style architectural du XIXème, contrastant avec le style gothique du duomo. Me limitant à mes faibles revenus, j’ai préféré ne pas tenter le sort en faisant du lèche-vitrine dans le quadrilatero d’oro, une des raisons pour lesquelles il me faudra revenir à Milan, avec plus d’argent.

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Milan culturelle

Ville des Sforza, Milan est depuis le moyen âge un important centre politique et culturel en Europe et abrite aujourd’hui de nombreux musées et églises couvrant une large période de l’histoire de l’art lombarde. Il a été difficile de sélectionner les expos, les musées et les monuments que l’on voulait voir, les horaires un peu particuliers – fermés le lundi ou le mardi, ouverts seulement le matin – nous ont permis de choisir par élimination, nous avons donc fait trois sorties culturelles : le duomo, le musée du novecento et enfin la pinacothèque.

Difficile de rater le Duomo, il se dresse au centre d’une grande place et est visible depuis toutes les artères qui y mènent. Belle architecture gothique imposante et fine, j’ai pu admirer la cathédrale par tous les temps : au soleil de fin d’après midi le premier jour en écoutant assise sur les marches un concert donné sur la place, sous la pluie et les nuages le lendemain, j’ai même pu voir la façade illuminée de soleil tandis que je me trouvais moi-même trempée par une averse à quelques mètres de là.

L’intérieur du Duomo est moins impressionnant que l’extérieur  mais vaut tout de même le détour : cinq nefs (comme Notre-Dame de Paris) dont j’ai tenté vainement de reproduire les enchevêtrements de voûtes, superbes vitraux, tombeau de Charles Borromée – (Homme on ne peut plus important de la fin du XVIe qui a tenté de retransmettre un modèle de cardinal plus proche de ses fidèles et qui ne cherche pas simplement à s’en mettre plein les fouilles -, et étonnante statue d’un homme portant sa peau en manteau, sans doute un travail sur l’anatomie plutôt en vogue à la Renaissance.

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Autre temps, autres mœurs, autre art : c’est parti pour la visite du musée du Novecento (du XIXème siècle) qui se situe en face du Duomo. Je ne connaissais pas grand-chose à l’art italien contemporain, j’avais seulement lu quelques passages dans les guides à propos du « futurisme », ce qui ne m’évoquait pas grand-chose. Le musée est présenté de façon chronologique et thématique et commence par une collection privée regroupant du Picasso, du Braque, du Modigliani, … De quoi se mettre dans l’ambiance. Se suivent ensuite des galeries de peintures futuristes, surréalistes, avant-gardistes, à propos desquelles je n’ai pas retenu beaucoup d’infos. J’ai, comme toujours, eu plus de mal à apprécier les expositions abstraites contemporaines du dernier étage, ce qui a été compensé par la superbe vue que la baie vitrée offre sur le Duomo et la galerie Vittorio Emmanuel, et qui vaut à elle seule le détour.

Petit plus : le museo del Novecento est gratuit pour les citoyens européens de 18 à 25 ans.

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Dernière halte culturelle : le quartier de Brera. Après avoir visité le théâtre de la Scala dont la découverte donne envie de se replonger dans Stendhal, on se dirige vers la Pinacothèque, le long des petites rues animées aux façades colorées. Le musée se trouve en fait au centre de l’école des beaux arts de Milan et la cours principale est donc colonisée par des étudiants, leurs grandes pochettes à dessins sous le bras. Le Musée abrite des œuvres plus classiques, et qui donc m’émeuvent plus. Les premières salles contiennent des œuvres du XIV (mes préférèes) et les dernières exposent des toiles des maîtres hollandais du XVIIe, mais peut-être à cause de la grande richesse du musée, je ne m’y suis pas attardée.

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Milan « à la cool »

Mais ce week end à Milan c’était aussi l’occasion de se poser tranquillement et de profiter de l’ambiance générale et du beau temps.

On commence avec une sieste non prévue au parc du Palazzo Sforzesco. Ce dernier étant fermé, on s’est contentée de prendre des pizzas et une polenta milanaise à emporter dans une sorte de marché de « Food Truck » qui se trouvait devant, pour déguster sur l’herbe. La polenta n’a pas fait fureur, en revanche la sieste qui a suivi et la tranquille balade autour du lac ont remporté l’assentiment de tous. Le palazzo ressemble, comme beaucoup des palais italiens je trouve, plus à une forteresse qu’à un palais tel qu’on pourrait le voir en France. Les longs murs d’enceinte en brique rouge, les tours de guets en feraient presque une prison, ce fut d’ailleurs une caserne où se sont installées à plusieurs reprises les troupes d’occupation.

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P1040932P1040899Le soir autre direction : le quartier des Navigli. Et pour commencer, la descente depuis le Duomo jusqu’aux anciens canaux à travers des rues très passantes, peuplées de bars et de jeunesse. On tombe alors sur d’anciennes colonnes de temple romain, posée devant une église. Les immeubles sont colorés, l’ambiance est joyeuse, on à hâte d’arriver aux Navigli. Le premier canal sur lequel on se retrouve est franchement vide : à peine un ou deux bar, et autant de touristes. C’est ça que le guide nous a vendu ? Poussées par la curiosité on pousse la visite un peu plus loin et on tombe ENFIN sur un canal aux quais entièrement piétonniers, avec une foule grouillante, et c’est ici, sous le soleil qui chauffe encore, que nous nous asseyons, une glace à la main, pour regarder passer les gens, les pieds au bord du canal. Le quartier a beau semblé touristique, il est au moins très animé, de quoi passer une agréable soirée.

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Je suis malgré tout repartie de Milan avec une pointe de regret, de manque, de “il y a quelque chose que je n’ai pas vu”. J’avais initialement prévu de faire un détour d’une journée par les lacs italiens mais le temps tournant à l’orage m’en a dissuadé. C’est pourtant l’un des atouts majeurs de la ville: être une grande ville qui bouge et se trouver à seulement une heure de la grande nature, aux pieds de montagnes. C’est l’une des raisons – pour ne pas dire principale – qui me poussera à organiser très prochainement un week-end “Lacs italiens” pour profiter pleinement de Côme, de Garde, de Bellagio et de ces noms qui me font déjà rêver.

Où je joue à l’apprentie géologue

 

La visite de Syracuse ayant duré bien moins longtemps que prévu on se demande bien ce qu’on va pouvoir faire du restant de la journée car Syracuse est sur la pointe est de la Sicile et donc un peu loin de tout. Mais les conducteurs n’ont peur de rien et poussés par la curiosité et le goût de l’aventure on décide de faire la route jusqu’à l’Etna, en espérant le voir cracher du plus près possible.

  • Etna : Où l’on cesse de tourner autour du pot.

 

Cette fois-ci on cesse de le contourner, cap sur la grande montagne que l’on voit déjà fumer de si loin. L’Etna s’élève derrière la ville de Catane, plus grande et plus moderne que Syracuse, on est obligé de la traverser en partie pour atteindre les pentes du volcan. Les guides ne sont pas vraiment élogieux envers Catane, pourtant j’ai adoré la visiter rapidement depuis les fenêtres de ma voiture : comme partout en Sicile on tombe sur des maisons plus qu’à demi en ruines, plus nombreuses et délabrées encore au fur et à mesure qu’on s’approche des pentes. Nombreuses sont les maisons qui ont dû être abandonnées pendant quelques années pour leur trop grande proximité avec les cratères, elles étaient probablement sur le chemin des coulées de lave. Perchées à flanc de colline, certaines me font penser à de grandes demeures presque coloniales mais vides et devenues pauvres, comme je m’imagine qu’on pourrait en trouver en Louisiane aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi mais l’architecture me touche plus encore à Catane qu’ailleurs.

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Marcher sur l’Etna s’est révélé plutôt décevant. Evidemment le cratère qui est entré en éruption n’est pas ouvert au public et se trouve à l’exact opposé de l’endroit où peuvent se rendre les touristes. On profite quand même de la vue sur la forêt de cratères moitié envahie par les coulées de laves et les roches brunes, moitié recouverte d’une végétation foisonnante qui s’étend jusqu’à Catane dans une brume dorée surnaturelle. La lumière de la fin d’après-midi est superbe et me permet de produire un de mes meilleurs polaroïds d’une des pentes de l’Etna.

On repart un peu déçus mais près à partir pour de nouvelles aventures volcaniques : demain, en route pour les îles éoliennes.

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  • Les îles éoliennes : Vulcano

En fait des îles éoliennes nous n’avions pas suffisamment de temps pour toutes les visiter et nous nous sommes contentés de Vulcano pour voir (et surtout sentir) les fumerolles d’un volcan en activité.  Vulcano est l’un des volcans les plus dangereux de l’Europe, probablement avec le Vésuve, le plus dangereux, constamment surveillé car toujours en activité c’est un explosif dont l’éruption peut survenir à tout moment. De quoi donner des frissons de peur avant d’entamer son ascension. Bien sûr si le risque était si grand les îles seraient entièrement évacuées, il y a donc peu de chances que le Volcan se réveille aujourd’hui, alors que je suis dessus, mais j’aime me croire aventurière. Mine de rien il s’agit là du quatrième volcan sur lequel je me rends, et du deuxième dont l’activité est soutenue, qui a dit que je ne savais pas prendre de risques ?

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L’ascension m’a épuisée, elle ne dure que 2h (dans mes souvenirs) mais la montée est vraiment raide et j’ai failli me mettre à pleurer plusieurs fois parce que je n’avais plus de souffle. Heureusement que je ne suis pas montée au Stromboli (durée de l’ascension : 8h). Le cratère vaut vraiment le coup, il y a des fumerolles partout, et pas des petites, on respire le souffre par tous les coins. On peut s’approcher des fumerolles, entendre le bruit, voir le souffre bouillonner (ou je ne sais pas de quelle réaction chimique il s’agit). La vue sur les autres îles éoliennes est superbe aussi et permet de faire de belles photos.

Comme d’habitude la descente est bien plus rapide, on achève cet exercice fatiguant en se baignant dans la mer tout près des sources chaudes, à certains endroits il y a des geysers naturels avec des bulles, rien de bien méchant mais suffisamment pour s’amuser. Je ressors en sentant le souffre encore, avant d’aller prendre le bateau qui s’éloigne lentement des îles en même temps que le soleil se couche. Nous arrivons à terre à la nuit tombée, pas de repos, direction notre dernière étape : Cefalu.

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Et en exclusivité, profitez bien c’est rare: mon petit minois devant l’Etna! Soleil et sourire: la dolce vita a la Siciliana.

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J’aimerais tant voir Syracuse …

Et c’est enfin chose faite.




Ayant quitté Enna au petit matin nous nous sommes dirigés vers l’antique Syracuse en passant par Piazza Armorina. La principale attraction de Piazza Armorina c’est la villa casale, villa romaine retrouvée dans les environs et qui abrite un (très) grand nombre de mosaïques extrêmement bien conservées. Les photos sont en théorie interdites, mais dès le premier appareil photo sorti, les touristes dégainent chacun le leur et il n’y a plus aucun contrôle, ce qui m’a permis de prendre quelques clichés et de vous montrer pourquoi il  faut aller voir cette villa !

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Le ventre creusé par la visite culturelle quotidienne c’est dans la ville même qu’on se pose pour manger, sur une petite place, à l’ombre d’un olivier, on regarde défiler la vie sicilienne en dégustant jambon, tomates et autres mets qui ont un goût d’été et de soleil. Dans la ville basse la vie semble se dérouler lentement, comme l’image que je me faisais de la Sicile. Près de la place se trouve une fontaine municipale et un lavoir encore en activité, les habitants arrivent et repartent avec des bidons d’eau remplis. Je me suis assise sur une marche près de la route pavée qui remonte vers la basilique et je me fais alors klaxonner pour la première fois de ma vie, par un jeune sicilien installé dans son triporteur vespa qui me lance un clin d’œil, persuadé de l’effet qu’il va produire dans son super engin. Je ne peux pas réprimer un fou rire. Le plan drague le plus typique que j’ai pu avoir.

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On repart alors sur l’autoroute toujours aussi cahotante vers Syracuse, laissant l’Etna derrière nous (pour mieux le retrouver par la suite). Malheureusement, ma première rencontre avec Syracuse se fera de nuit, même si j’apprécie de  me balader dans les rues agitées du centre-ville, j’ai plutôt hâte de découvrir la ville le matin.

Syracuse me fait d’abord penser à mon bac de français pour lequel j’étais tombée à l’oral sur une partie de « la prose du transsibérien » de Blaise Cendrars. « Syracuse, Archimède, Et les soldats qui l’égorgèrent, Et les galères et les vaisseaux […] ». J’ai de la chance c’est plutôt un bon souvenir, la première fois où je me suis retrouvée à l’oral devant un jury et où j’ai découvert qu’en plus d’être à l’aise, j’aimais ça. A cause de ça Syracuse était un mystère, une ville imaginaire que je m’étais construite à partir de ces quelques vers décrivant le siège de  la ville. Je ne m’attendais pas vraiment à ce que j’ai pu trouver.

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On a entamé notre visite de Syracuse par le marché : légumes de toutes les couleurs, marchands de poissons à profusion qui crient, qui hurlent. J’ignorais qu’une voix pouvait porter aussi loin et aussi longtemps. Peut-être moins qu’à Enna, les maisons conservent aussi un côté « villas baroques délabrées » qui leur donne un charme fou, agrémentées de linge qui pend ici et là. Beaucoup de détails sont à observer sur les murs : des balcons, des têtes qui encadrent certaines portes, du lierre, des fleurs qui grimpent aux murs, des vespas posées négligemment le long des rues.

Syracuse possède en fait plusieurs quartiers : dans le centre on distingue le Syracuse romain avec sa grande place entourée de palais et d’une église baroque; lorsqu’on pousse vers la mer et le port les rues se rapetissent et deviennent même des coupes-gorges. Plusieurs Siciliens nous recommandent de ne pas passer par là, ou en tout cas de faire bien attention à nos affaires : c’est en se perdant dans ces ruelles qu’on entend le bruit des siciliens vivants, des fenêtres ouvertes on perçoit le bruit de la télé et des couverts qui s’entrechoquent. Juste derrière ce quartier pittoresque on se retrouve en quelques pas dans un quartier moderne qui nous dévoile une Syracuse encore active.

La ville n’est pas grande et on en fait le tour en une matinée, mais il y fait bon vivre. Je repars avec une image bien différente de la Syracuse que j’avais en tête.

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Enna: chambre avec vue sur l’Etna?

C’est depuis l’autoroute cahotante venant de Palerme que j’ai aperçu pour la première fois Enna. Perchée sur son éperon rocheux, la ville était entourée d’un brouillard lumineux qui empêchait de bien la voir, comme si elle abritait la demeure des dieux, invisible depuis la vallée. Elle faisait face à une autre ville qui dévalait la pente douce d’une haute colline. Nous sommes montés peu à peu dans ce brouillard doré par une route longeant la falaise. Après avoir tourné difficilement dans les rues étroites typiques des vieilles villes italiennes nous avons atterri dans l’auberge de jeunesse avec vue sur ce qui était censé être l’Etna.

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L’Etna ? On a eu beau chercher avec les jumelles rien au loin qui  ressemble à un volcan, il faut dire que le brouillard n’aide pas, on ne risque pas de percevoir l’Etna au bout de ces 50km qui nous séparent de lui. C’est alors qu’on apprend en regardant les infos italiennes, tout à notre déjeuner et repos bien mérité de ces premières heures de road trip, que l’Etna vient tout juste d’entrer en éruption, à peine quelques heures avant notre arrivée. Le gros nuage que nous voyons au loin et qui se déplace jusqu’à la ville créant cet étrange brouillard est en fait un nuage de cendre. Les siciliens n’ont pas l’air plus alarmés que ça, nous ne voyons donc pas de raison de nous inquiéter, il parait même qu’on doit pouvoir distinguer des lumières rougeoyantes une fois la nuit tombée.

Malgré cette pluie de cendre qui s’abat sur nous, nous nous risquons à mettre le pied dehors pour visiter la ville, et ce sentiment de revivre les derniers  jours de Pompéi ajoute au charme de cette balade, mais me fait nettement moins rire lorsque j’aperçois l’état de mon joli short blanc à la fin de la journée. Nous remontons tranquillement la ville, essayant d’éviter les cars de touristes allemands. Sous cette lumière dorée la ville est vraiment charmante, la vue sur la Vallée et sur la ville d’en face est superbe, les rues regorgent de trésors cachés, de vieux palais baroques décatis où est étendu du linge encore humide. Au bout de la cité se trouvent les ruines du château et le promontoire d’où on tente à nouveau, et sans plus de succès, d’apercevoir le volcan. Malgré les cendres qui ne cessent de nous tomber dessus il fait froid ici, on est à plus de 1000m d’altitude, la différence de température se fait sentir, j’ai hâte de retourner à l’auberge pour y mettre un pull et un jean que j’ai finalement bien fait d’emporter avec moi.

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Le soir Enna nous réserve une nouvelle surprise. Toujours emprisonnée dans son halo de brouillard ou de cendres, on ne sait plus très bien, la ville qui était calme, voire morte, durant la journée se réveille soudainement. Sur le chemin de ronde qui passe sous notre balcon la jeunesse sicilienne semble s’être donnée rendez-vous, enfin jeunesse, il s’agit principalement d’adolescents, des jeunes de 14 à 18 ans se promènent partout dans la rue, jouent au foot, discutent, prennent un dernier verre sur les balcons face à l’Etna qu’on ne voit toujours pas. Les rues sont pleines de monde, les voitures ne peuvent plus passer, mais où se cachait toute cette population il y a quelques heures ? D’où viennent tous ces gens ? Que viennent-ils faire ici ?

Lorsque je me réveille à 3h du matin, je jette un coup d’œil par la fenêtre, toujours pas de lumière rougeoyante, en revanche les jeunes sont toujours dans la rue, ils n’y font rien, ils sont juste là, et redonnent vie à cette cité perchée jusqu’aux premières lueurs du matin où  nous repartons dans le calme de la ville, sous les cendres dorées, toujours.

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