Week-end en Emilie-Romagne

« Chiacchierare », c’est le terme en italien pour dire « bavarder, jaser ». chiacchierare c’est ce qu’on faisait quand on a raté notre train pour Ravenne, c’est ce qu’on a fait aussi en dévorant notre pizza le soir, et encore en déambulant dans les ruelles de Ferrare.  D’ailleurs cet article aurait dû s’intituler « Chiacchierone e golose (pipelettes et gourmandes) in Emilie-Romagne» parce que c’est encore ce qui résume le mieux ces trois superbes journées de printemps qu’on a passées dans la région de Bologne exactement à mi-chemin entre la Grèce et la France.

Mais on n’a pas fait QUE ça : entre deux pauses on a réussi à faire bien plus que nos 10 000 pas par jour et puisque les lignes ferroviaires nous permettaient de rayonner facilement dans toute la région depuis la principale ville on est parties à la découverte de l’Emilie-Romagne : Bologne, Ravenne et Ferrare, 3 jours pour trois étapes et un week-end que je recommande chaudement.

1.      Prendre son temps à Bologne

J’aime Bologne. D’abord parce que dans mon imaginaire elle évoque les premières universités du monde (avec Oxford, Paris et Montpellier), mais aussi Umberto Eco et d’autres grands savants. Ensuite parce qu’on y parle  un italien que je comprends, et c’est sûrement ici que je conseillerais d’aller pour apprendre un italien parfait (pas chuintant comme dans le sud, pas trop articulé comme dans le nord). Enfin parce que c’est ici qu’on fait les meilleurs Pasta Al Ragù, mon plat préféré depuis que je peux manger des pâtes. Bologne est une ville vraiment sympa, sa particularité est de posséder des kilomètres d’arcades qui remplacent les trottoirs – très pratique s’il pleut – et d’être toute en architecture rouge et ocre. Les couleurs, les odeurs et les bruits de l’Italie nous captent dès qu’on arrive en ville. C’est beau, pas trop grand et si vivant ! On a surtout aimé y flâner en revenant aux mêmes endroits à plusieurs reprises parce qu’on s’y sentait bien.

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 Piazza Magiore

La place centrale dominée par la basilique inachevée de San Petronio  étonne par le contraste entre son marbre rose et blanc et sa partie en pierre encore rouge. Autour de la place se trouvent d’autres édifices médiévaux dont le Palazzo communale (je n’ai toujours pas compris lequel c’était), malheureusement pour nous la fontaine qui est apparemment un peu  coquine était recouverte pour travaux, le gros divertissement de la place restait donc le wifi gratuit dont on pouvait profiter face à ces superbes monuments. Le dernier jour un événement était organisé sur la place : des groupes de participants devaient reconstruire avec des bouts de cartons des portes et des édifices connus de la ville, ils avaient plusieurs heures, sur un fond de Rhianna c’était super sympa de déambuler parmi les groupes et d’observer leur travail d’équipe. La veille on avait assisté à une course de nuit – sans but particulier juste parce que c’est fun nous ont dit les habitants – ça m’a confirmé la coolitude de la ville.

Piazza San Stefano et ses 7 églises

Assurément LE coup de cœur de la ville : ce n’est que le dernier jour que je me suis décidée à enfin pénétrer dans ce complexe architectural médiéval qui vaut franchement le coup (cloitres, églises romanes très épurées et très belles) mais on y est retournées souvent. En passant, en s’arrêtant pour regarder, en s’arrêtant pour dessiner – grande réussite. La place me fait penser un peu à Sienne, mêmes couleurs et même type de bâtiment, mais avec des étudiants de partout et beaucoup moins ce côté ville-musée.

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     Les torre – Torre Asinelli

Comme vous l’explique Jéromine dans son super vlog de ce week-end ici, auparavant Bologne était peuplée de tours qui personnifiaient les grandes familles de la ville et servaient de blason. Orgueil oblige chacun voulait une tour plus haute que son voisin et elles avaient  tendance à s’effondrer les unes sur les autres ce qui obligea à limiter à 60m la hauteur de ces tours. Il n’en reste que quelques-unes aujourd’hui et seule la torre asinelli se visite : beaucoup de marches pour une superbe vue sur la ville et les collines au loin. Idéal pour se mettre en jambe ! Juste à côté de la tour se trouve une pizzeria, pas chère du tout et avec moult choix, que je recommande.

     Les universités : Bologne l’estudiantine

L’université c’est la raison d’être de la ville mais depuis le Moyen-âge l’université a bien évidemment changé de place assez souvent. C’est Parsa, un iranien que Jéromine avait hébergé chez elle, qui nous a fait visiter le campus actuel : un campus qui rappelle Tolbiac en plus grand et plus classe aussi. Des fresques murales un peu partout, des banderoles de luttes, et une grande place sur laquelle se trouve la cafet’ et où les jeunes se retrouvent le soir pour discuter (ce qu’on a fait bien évidemment).
J’ai visité la vieille université seule : les couloirs décorés de blasons d’étudiants et de professeurs mènent à deux salles de classe dont la plus intéressante est la salle d’anatomie.

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Adresses: 

Ostera dell’Orsa, via Santa Caterina, 51 : excellentes pâtes al ragu, ambiance taverne très sympa et surtout on ne paie pas les couverts et le pain, c’est rare en Italie. (et aussi, c’est pas loin du fameux canal que l’on voit sur plein de photos)

Pizzeria Spacca Napoli, via San Vitale, 45a: ça ne vaut pas les pizzas de Naples bien sûr mais ce sont des très bonnes, et grosses pizza pour pas cher. Lieu de rendez-vous des étudiants.

Cremeria San Stefano, via San Stefano, 70: DES GLACES, l’indispensable en Italie. Celles ci sont très très bonnes et l’avantage c’est qu’il y a peu de monde qui vient dans cette boutique un peut excentrée.

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2.      Ravenne – au royaume des mosaïques

A ma grande honte j’avais déjà entendu parler de Ravenne mais j’étais absolument incapable de savoir où placer la ville sur une carte. Réponse : c’est entre Bologne et Rimini, suffisamment près pour y passer une journée. Et ce serait presque un sacrilège de ne pas le faire. Capitale des mosaïques la ville possède de nombreuses églises et basiliques où on peut admirer des mosaïques MAGNIFIQUES qui ont bien plus de gueule que le style baroque des églises italiennes. Pour visiter la ville le mieux est encore de payer un billet unique (12euros) qui permet de voir les principaux monuments, ça parait cher mais ca vaut le coup !

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Les mosaïques datent de l’époque paléochrétienne, et je suis très fière de pouvoir placer ce mot dans un article : grosso modo ici c’est la période qui va de la fin de l’Empire romain (où Ravenne a été un temps capitale d’Empire) au début des royaumes barbares. On trouve d’ailleurs le tombeau de Théodoric le roi des Ostrogoths. En gros c’est beau, c’est un art qu’on connait finalement assez peu et on met un 8/10 à cette ville ! Le seul petit bémol c’est qu’en avril commence la période des voyages scolaires pour les italiens, c’était donc blindé de groupes d’élèves, et les élèves ça fait du bruit.

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Pour manger: le marché de la piazza del popolo avec des spécialités italiennes de toutes les régions. J’ai – encore- mangé des suppli. J’adore.

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  1. Ferrare – Flâner en pleine Renaissance

3e jour, 3e destination : Ferrare. On change d’époque et on passe de l’Empire byzantin à la Renaissance, c’est la magie de l’Italie. Ferrare est encore plus près de Bologne et la ville est classée au patrimoine de l’Unesco mais…elle nous a bien moins plu que Ravenne. Peut-être parce que la façade de la cathédrale était en travaux – les échafaudages ça rend rarement bien en photo -, mais peut-être aussi parce qu’on a trouvé la ville un peu morne, pas très vivante comparée aux deux autres villes.

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Mais c’est toujours très agréable de se promener dans la ville et d’arpenter la plus vieille rue de la ville, la via dell volte, d’un bout à l’autre avant d’admirer la cathédrale qui reste superbe et originale malgré les travaux. Pour ceux qui aiment les visites historiques le Château d’Este – classé lui aussi -, massif et impressionnant est une vrai château fort en plein cœur de la ville. Mais nous on a préféré manger et boire un spritz à côté des douves au café Giori : idéalement bien placé et pas trop cher. Et encore une fois devinez ce qu’on a fait : on a bavardé !

Giori, piazza Savonarola (juste à côté du château, vue sur la cathédrale): petite véranda et terrasse, plats pas chers. Idéal pour une pause midi

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Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

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  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

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Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

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Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

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En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

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Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

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  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

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L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

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  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

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Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

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INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

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  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

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INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
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Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

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StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
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PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

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Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
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HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
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James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

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Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
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Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

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C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI. 

Chronique parisienne 4 – Une semaine féministe

  • Expo du moment – “Présumées coupables” aux Archives Nationales

Pour finir cette semaine toute féministe je suis allée samedi dernier au CARAN, le centre des Archives Nationales au cœur du Marais, pour y voir l’exposition « Présumée coupables ». Malgré le monde – qui eut pensé qu’une expo sur ce thème serait bondée ? – je suis sortie plutôt satisfaite de cette visite.

Pièces d’archives à l’appui, l’expo retrace cinq  types de condamnation en justice pour les femmes depuis le Moyen-âge jusqu’à la Libération : les sorcières, les empoisonneuses, les pétroleuses, les collaboratrices et les infanticides. Cinq crimes majeurs qui conduisent des femmes en procès,  crimes pour lesquelles elles sont souvent condamnées, mais pas toujours ! L’exposition détaille non seulement le déroulement des procès mais également les processus qui conduisent ces femmes à se retrouver en Justice : délation, profils particuliers (âge, vie marginale, etc), situations difficiles qui poussent au meurtre ou à l’abandon de son enfant, …

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Le CARAN – Centre de Recherche des Archives Nationales
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Cour de l’Hôtel de Soubise

Le gros plus : les archives sont dans les vitrines, passionnantes pour qui est paléographe mais peu évocatrices pour les profanes MAIS des écrans proposent la transcription des textes en vieux français et également la traduction en français d’aujourd’hui. On peut ainsi lire les procès verbaux de dizaines et de dizaines de femmes qui décrivent leurs danses sataniques, le calvaire de l’inceste, ou encore les raisons de leur « collaboration horizontale ».

Même si on s’y connait sur certains sujets – par exemple le Moyen-Âge – on apprend forcément quelque chose sur les autres périodes : pour ma part je ne connaissais rien aux pétroleuses, et je n’avais jamais eu l’occasion d’en savoir plus sur les femmes tondues de la libération que ce que nous offrent à voir les films de l’époque (qui sont très durs à regarder je trouve).

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Enfin : avoir accès à des documents d’archives est pour moi quelque chose de toujours émouvant, qu’il s’agisse de procès du XIIIe siècle ou de lettres de Louise Michel. Permettre que cette mémoire commune soit diffusée à tous même sur de courtes périodes, seulement lors d’expositions, est primordial ! Il est donc important d’encourager les Archives Nationales qui organisent régulièrement des expositions, souvent quelque peu politiques, et toujours passionnantes !

L’exposition a lieu à l’Hotel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois (métro Rambuteau) jusqu’au 27 mars 2017 – 6€ l’entrée plein tarif

Pour en savoir plus: site des archives nationales

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  • Un magazine: CAUSETTE

Il y a deux mois alors que j’attendais patiemment le RER pour rentrer chez les parents en trainant dans le Relais du coin j’ai décidé d’acheter Causette, ce magazine féministe que je n’avais jamais ouvert. J’avais dans les poches tout pile le prix, les textes avaient l’air de valoir le coup, adjugé-vendu ! J’ai eu raison. Malgré le prix prohibitif – mais c’est le cas de tous les magazines il me semble – j’ai dévoré le numéro de janvier, j’ai fait exprès de le laisser chez mes parents, chez mon copain pour le faire lire au plus de monde possible. Causette adopte un ton très ironique, impossible à apprécier si vous n’êtes pas trop second degré : des chapeaux politiquement incorrects comme « Aimer les enfants c’est ne pas en faire ? » pour n’en citer qu’un, avec une ligne éditoriale avant tout féministe mais qui parle aussi beaucoup de politique, des reportages inédits sur d’autres parties du monde. Bref un ensemble qui me plait : je trouve toujours un article à lire selon mon moral. Petit bémol : je pense ne pas être tout à fait d’accord avec leurs critiques culturelles, pas assez critiques justement, à l’inverse du reste du magazine.

 Pour celles – ou ceux –  qui trouveraient cela trop cher, pensez à regarder dans votre médiathèque, la mienne l’achète chaque mois, et un abonnement à la médiathèque est toujours moins cher.

  •  Podcast: “Le dictionnaire du féminisme” sur France Inter

Je me suis longtemps dit qu’il faudrait que je profite des tâches répétitives au boulot pour écouter des postcasts, c’est chose faite cette semaine après avoir vu passer sur twitter une annonce pour un épisode de « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun –France Inter – sur le féminisme, ou plus exactement sur le Dictionnaire du féminisme, paru il y a peu aux Presses Universitaires de France sous la direction de Christine Bard.

Christine Bard n’est pas une inconnue, c’était la prof de Jéromine, l’archivoyageuse, pendant sa licence d’histoire, et c’est surtout celle qui a fondé en 2000 le centre d’archives du féminisme. Pourquoi un centre d’archives ? Parce que dès le départ les féministes, et  les associations féministes ont produit de nombreux documents, collectés et réunis en 3 lieux : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine et la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris, et la BU d’Angers où le fonds d’archives est accompagné d’un fonds documentaire unique de 10000 ouvrages sur le thème du genre et du féminisme.

 Pour en savoir plus je vous conseille, bien entendu, d’écouter le podcast !

Et si on lisait…des BD?

Je profite du festival d’ Angoulême pour vous présenter un article que j’avais envie de faire depuis longtemps : pour changer un peu de mes lectures romanesques voici un aperçu de mes dernières découvertes BD. Je ne suis pas une grande lectrice de BD, hormis Les fameuses Culottées de Pénélope il n’y en a d’ailleurs aucune dans mon nouveau chez moi. MAIS à Noël dans ma famille on offre des BD et pendant quelques jours tout le monde s’assoit autour du feu et dévore ces BD. On aurait même bien besoin d’un carnet pour noter qui est en train de lire quoi afin de gérer au mieux le partage de lecture. Bref en décembre je lis de vrais chefs d’oeuvres, d’autres BD seulement sympa mais dans tous les cas je redécouvre ce plaisir de la BD ! Au programme aujourd’hui: du roman graphique, un retour dans le passé et une traversée de Paris.

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1. Les Royaumes du Nord, de Stéphane Melchior et Clément Oubrerie

Synopsis : Elevée au milieu des érudits du Jordan College d’Oxford, Lyra rêve de suivre son oncle dans ses aventures scientifiques. Mais alors que son ami Roger disparaît soudainement Lyra part à sa recherche et c’est une toute autre aventure qui l’attend dans le Grand Nord…

Mon avis: Tiré du roman du même nom, 1er tome de la trilogie « A la Croisée des Mondes » de Philipp Pulmann, cette BD est sortie quelques temps après le film – si mauvais que Philipp Pulman en avait retiré les droits au producteur et avait décidé de ne plus jamais laisser quelqu’un massacrer son roman. Mais c’était sans compter S. Melchior et C. Oubrerie qui ont du présenter un ouvrage parfaitement achevé à Philipp Pullman avant de savoir s’ils en auraient ou non les droits. Le résultat est une BD qui nous plonge en quelques planches dans le monde onirique crée par Pullman pour y suivre les aventures de Lyra, de l’ours Iorek, de lord Asriel et autre Madame Coulter.

Je la conseille à : ceux qui ont déjà lu le roman y retrouveront les mêmes sensations, ceux qui ne l’ont pas lu découvriront une histoire – peut être un peu plus difficile à suivre – mais surtout intelligente, inventive, poétique et romanesque qui donnera forcément envie de lire le roman !

En bonus: chronique BD de Pénélope Bagieu chez Mademoizelle sur “Les royaumes du Nord”. Indice: elle a aimé.

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2. Ninn, de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet chez Kennes édition

Synopsis : Fille adoptive de cheminots Ninn est passionnée par le métro parisien, son royaume qu’elle arpente nuit et jour quitte à sécher quelques cours…Mais peu à peu des événements étranges surviennent, et Ninn s’aperçoit que le métro cache un monde plus vaste que ses 14 lignes et ses quelques stations fantômes : Quelle est donc cette mystérieuse ligne noire ? Et si ses recherches lui en apprenaient plus sur son propre passé ?

Mon avis: Je ne peux plus prendre le métro parisien sans penser à cette BD, et j’imagine à mon tour le monde merveilleux qui pourrait se cacher sous ces galeries de rails. En d’autres termes : J’ai adoré cette BD ! Le dessin n’est pas forcément attrayant au premier abord, le sujet, bien qu’original, n’est pas passionnant – je passe ma vie dans le métro, pourquoi voudrais-je lire une BD dessus ? – mais très vite l’histoire se révèle bien plus merveilleuse qu’elle n’y paraît. Et ça parle à notre imaginaire. Le métro devient alors un lieu où toute les histoires sont possibles : comme un vieux château, un lac de forêt ou une falaise battue par les vents.

Je la conseille à: tous. Jeune public comme moins jeune, cette BD devrait toucher l’imagination de tous ceux qui aiment les romans d’aventure. Et bien évidemment ce n’est pas que pour les Parisiens!

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3. Le château des étoiles, Alex Alice chez édition des deux sèvres

Synopsis : 1868, la scientifique Claire Dulac disparaît à bord de son ballon gonflé à l’Ether. Alors qu’ils essaient de passer à autre chose son fils et son mari sont victimes d’une tentative d’enlèvement des Prussiens, pour y échapper une seule solution : accepter la mystérieuse invitation du roi Ludwig de Bavière et se rendre dans son château au sommet de la Montagne. L’Ether serait-il la clé de la conquête des étoiles ?

Mon avis: Voilà une uchronie scientifique et historique qui touche les plus rêveurs (moi par exemple). Monde merveilleux et onirique – décidément j’aime ça – qui jongle entre le roman historique, Jules Verne et la science fiction. Le nouveau petit d’Alex Alice est une superbe découverte qui nous emmène d’une Bavière de contes de fées à l’espace fantasmé du XIXe siècle. Outre l’histoire originale, les dessins sont magnifiques, j’ai notamment beaucoup apprécié les couleurs pastels très utilisées.

Je la conseille: A tous. La BD plait, apparemment, beaucoup aux scientifiques – dans ma famille en tout cas – et pour les non scientifiques un conseil : laissez tomber si vous ne comprenez pas tout aux explications de physique et de chimie, ce n’est pas le plus important, laissez vous happer par l’atmosphère singulière, poétique et mélancolique de cette BD !

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4. Siegried, d’Alex Alice chez Dargaud

Synopsis : ni plus ni moins que l’histoire de Siegfried le héros de la légende germanique des Nibelungen. De l’enfance de Siegfried à la réalisation de sa destinée – tuer le dragon qui couve le trésor des Nibelungen – cette adaptation libre de la légende nous emmène à travers le royaume légendaire d’Odin et des Walkyries.

Mon avis: Si certaines planches sont magnifiques j’ai moins aimé le graphisme que dans « Le château des étoiles », mais c’est un vrai plaisir de se plonger dans la légende de Siegfried, d’aimer et de détester les Nibelungen, de contempler un héros face à son destin. L’ouvrage est sorti en un gros volume, ce qui permet de tout lire d’une traite, un peu comme un gros roman. Et qui refuserait de passer une après-midi d’hiver en pleine légende germanique ?

Je le conseille : Aux fans de Vikings, de Tolkien et de Wagner, évidemment !

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5. Les Culottées, de Pénélope Bagieu chez Gallimard

Est-il encore besoin de présenter les Culottées de Pénélope Bagieu dont le 2nd tome est sorti cette semaine? Pour ceux qui ne connaitraient pas, il s’agit d’un recueil d’histoires de femmes, féministes ou non, paru originellement dans Le Monde et devenu BD. Des histoires qui inspirent et montrent qu’à toutes les époques des femmes se sont levées contre leur condition féminine et ont osé réaliser leurs rêves, vivre leurs passions. Il ne tient qu’à nous d’en faire de même…

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Chronique parisienne: perdue dans les (vieux) livres

Mardi 13 décembreC’est l’heure de la 3ème chronique parisienne (puisque cette rubrique a été rebaptisée ainsi, puisque j’y parle essentiellement de ce que j’ai pu faire et voir à Paris).

Comme quoi on peut toujours découvrir le 5e arrondissement autrement. Ici depuis le restaurant administratif de l’ancienne école polytechnique. (On ne se mouche pas du coude…)
L’église Saint Étienne du Mont, toujours aussi belle (selon moi)

Depuis un mois j’ai repris le travail, un travail qui ne va pas durer longtemps mais qui me permet de découvrir un nouveau milieu j’ai nommé : les bibliothèques. Je ne suis pas vraiment novice des bibliothèques, comme tout étudiant qui se respecte j’en ai fréquenté moult durant mes études, j’ai même eu le droit d’avoir ma carte « chercheurs » de la Bibliothèque Nationale. Celle qui donne accès à un tout nouveau monde où on a droit à deux heures de pause, une place réservée, et un café pour y rencontrer ses pairs. Mais aujourd’hui je suis de l’autre côté.


Si vous me suivez sur snapchat vous avez pu voir que je me perdais assez régulièrement dans les immenses magasins de la Bibli, entre les comptes rendus de l’ONU, les manuels de droit et les vieux dictionnaires juridiques du XVIIe. J’aime assez l’idée de vous montrer une fois par semaine les off de la vie de bibliothécaire et redécouvrir avec vous le 5e arrondissement de Paris. Je ne l’aurai pas quitté longtemps mais ça suffit pour que je « waho » à chaque fois que je passe devant le Panthéon ou que je « ooh trop mignon » quand je longe l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Rendre instagrammables des ouvrages de droit…tout un défi!

Et puisqu’on parle de livres j’en ai plusieurs de retard dont je voulais vous parler.

  • Nos contrées sauvages, Cate Kennedy

L’histoire : Sandy élève seule sa fille dans une petite ville de l’Australie quand la père de celle-ci, un photographe-aventurier, refait son apparition et décide d’emmener sa progéniture en trek en Tasmanie pour faire connaissance pendant que Sandy fait une retraite dans un camp bouddhiste. Evidemment tout ne se passe pas comme prévu…

Je n’ai pas tout de suite accroché avec ce roman : l’écriture est excellente, ça se lit très vite MAIS les personnages sont assez peu agréables, chacun à leur manière, et ce qui m’a finalement le plus dérangée c’est de me reconnaitre dans chacun d’eux, essentiellement pour leurs mauvais côtés. Plein de cynisme, à la fois cinglant et avec une certaine tendresse ce roman est un récit de société sur une génération qui peine à vieillir et vit dans le paraître. Le livre s’intéresse aussi beaucoup à la question du tourisme de masse qui est sans cesse présente durant le trek : que font les touristes à la nature ? Le paradoxe du touriste qui aimerait être seul au monde et détruit ainsi peu à peu les espaces sauvages met forcément un peu mal à l’aise mais permet aussi de se poser des questions.

Un très bon livre, très intelligent.wp-1482312846865.jpeg

  • Le voile de Téhéran, Parinoush Saniee

L’histoire : Iran, régime du Shah – Malgré son rêve de poursuivre ses études Massoumeh se retrouve mariée à 16 ans à un homme qu’elle ne connait pas. Tout au long des révolutions et des changements de régime que connait le pays elle essaie de prendre sa vie en main et se battre.

Avis mitigé. J’ai beaucoup aimé sur le moment, pas pour l’écriture que j’ai trouvé trop simple, pas pour les personnages que j’ai trouvé peu étoffés, mais pour les événements que le livre raconte. Je me passionne pour   l’Iran depuis que j’ai vu Persepolis, or ce roman décrit tous les mouvements qu’à connu l’Iran durant 50 ans. J’ai ouvert des livres d’histoire en même temps  pour approfondir ce que je lisais et c’est en ça que cette lecture m’a beaucoup apportée. Si les personnages, surtout les personnages principaux, ne sont pas habités par des paradoxes qui pourraient me les rendre attachants – hormis peut-être la mère de Massoumeh qui est finalement la plus intéressante car ne rentrant pas dans une case – la complexité de la situation du pays est très bien rendue et permet de mettre des images derrières des mots de « révolution islamique ».

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  • Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

Mon petit dernier, trouvé encore une fois dans le club de lecture de Mango and salt. Un roman victorien comme on les aime, avec une écriture proche de Jane Austen bien qu’un peu plus bigote, et une certaine originalité : mettre au cœur du livre le sujet des cités industrielles du nord de l’Angleterre !

L’Histoire : Pour des raisons familiales Margaret, fille d’un  pasteur du sud de l’Angleterre, se voit contrainte de déménager dans le nord, non loin de Newcastle , dans une ville ouvrière. Changement de vie total : point de champs et de balades en plein air mais des bains de foule sous la poussière des usines et grèves !

Voici un bon livre à lire avec une tasse de thé et un plaid sur les genoux. Il est toujours agréable de lire des romans de cette période, celui-ci est particulier car c’est un sujet que je n’avais encore jamais vu traité, et à vrai dire, je ne savais pas que les syndicats existaient déjà en 1860 ! La chronique de la vie citadine au milieu des usines et des grèves est passionnante, bien que peu crédible par moments, et Elisabeth Gaskell fait bien attention de confronter régulièrement la vision du patron et celle de l’ouvrier , présentant son héroïne, et le lecteur avec elle, comme une observatrice qui doit se faire son propre avis sur un sujet qu’elle ne maîtrise pas du tout.

Je le recommande donc chaleureusement à tous les adeptes de ce genre de littérature.

Il parait qu’il existe une série de la BBC du même nom: North &South...je vais regarder ça le plus vite possible.