Interview littéraire – Livia et les livres d’Art jeunesse

Je me suis vite aperçue que je n’étais pas la seule dans mon entourage à nourrir une certaine passion pour la littérature jeunesse. Alors j’ai eu envie d’interroger mes proches pour savoir ce qui leur plaisait dans cette littérature, comment ils en étaient venus à là. Plus généralement j’aime beaucoup interviewer les gens sur leurs passions, leur vie et je compte publier plus souvent ce genre de questionnaire sur la littérature, les expatriations ou plein d’autres choses.

Aujourd’hui je vous laisse avec Livia, ma copine éditrice, avec qui ce fut l’amitié au premier regard, elle a une vision bien particulière de l’édition jeunesse, une vision à laquelle tout le monde ne pense pas…

Depuis quand tiens-tu une collection de livres jeunesses ? Quand t’est venue cette idée ?

Je dirais qu’il y a eu plusieurs étapes. La première fois que je me suis rendue compte que ce type de livres pouvait m’intéresser, j’avais 21 ans. J’étais en stage au Mac/Val, le musée d’art contemporain du Val de Marne. Il y a là un centre de documentation qui présente un panorama de l’art des XXe et XXIe siècle. Les documentalistes y présentaient le travail  de l’artiste Philippe UG, connu notamment pour ses livres animés. J’ai trouvé son travail intéressant et surtout abordable : j’étais étudiante.

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La collection de Livia

 

 

Quelques mois plus tard, mon père, qui s’intéresse depuis longtemps aux constructivistes et aux suprématistes russes, nous a offert à ma sœur et à moi deux duplicatas de livres d’art jeunesses parus aux éditions MeMo dans la collection « Les Trois Ourses » : Les 2 carrés d’El Lissitzky et Les Animaux à mimer d’Alexandre Rodtchenko. Il m’a également offert Filourdi le dégourdi, conte yiddish illustré par El Lissitzky et édité par Le Sorbier. C’est donc par le biais de l’art moderne et contemporain que j’en suis venue à m’intéresser au livre jeunesse, ou plutôt au livre d’art jeunesse.

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J’ai ensuite continué à explorer ce secteur en grande partie grâce à mon filleul. Depuis qu’il est enfant, il adore l’origami. Avec ma sœur, on s’est dit qu’il fallait qu’il se rende compte du don qu’il avait et des merveilles qu’il pourrait faire s’il persévérait dans cette voie. Alors pour titiller sa curiosité, nous lui avons offert de magnifiques livres animés. Nourrir sa passion a nourri la mienne. Et en regardant les ouvrages qui pourraient lui plaire, je suis tombée sur des artistes remarquables. J’ai commencé à acheter leurs livres, et c’est comme ça qu’un embryon de collection est né.

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Abécédaire de Kveta Pacovska – A l’infini

As-tu un auteur favori ? Pourquoi ?

J’aime beaucoup  le travail de Kveta Pacovska. Ça été immédiat. Le premier ouvrage que j’ai acheté est un abécédaire paru aux éditions du Panama : A l’infini. J’adore cet ouvrage. Il commence par une adresse à l’enfant :

« Les lettres : l’architecture du plaisir. Tu peux envisager ce livre de plusieurs façons : soit comme un livre classique, et en tourner les pages, soit comme une sculpture de papier à travers laquelle tu vas te promener.

Tu peux regarder chaque lettre, toucher chaque lettre, considérer chaque lettre de façon formelle ou lire chaque lettre à haute voix.

Chaque lettre a son propre son, sa propre forme et sa propre couleur. Note leurs différences quand tu les prononces, quand tu écoutes le son de ta voix. Voici donc ma ville de papier : amuse-toi bien ! »

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Kveta Pacovska – Hansel et Grëtel

L’expérience que l’artiste propose au lecteur n’est pas seulement visuelle ; elle est totale : on voit, on touche, on entend. Et on réfléchit à la question du langage, à la représentation du son. L’enfant n’apprend donc pas que les lettres et les chiffres. C’est peut-être récurrent dans les livres de ce type, mais celui-ci se démarque par sa fantaisie et sa diversité. Il recèle de surprises. Et surtout, il est truffé de références visuelles à l’art du XXe siècle. Impossible de ne pas penser à Paul Klee, à Malevitch, aux dadaïstes en le parcourant. Un vrai bonheur pour les yeux et une initiation ludique à l’histoire du regard. J’ai ensuite acheté Après le Pont noir et Couleurs du jour aux éditions Les Grandes Personnes, et une version d’Ansel et Gretel chez minedition.

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J’ai dernièrement découvert aux Trois Ourses un autre artiste passionnant : Katsumi Komagata, un Japonais. Ses livres sont très poétiques. Je pense par exemple à l’ouvrage a cloud. Dans ce travail tout en blanc, on suit de page en page l’évolution d’un nuage. C’est très simple ; magnifique. Le livre Du Bleu au bleu retrace la vie des petits saumons, de la rivière à la mer. Chaque page est réalisée dans un papier différent, dans la gamme des bleus. J’ai pu admirer d’autres ouvrages de cet artiste à la galerie du Boulevard Voltaire. Ils sont tout aussi beaux.

 

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Philippe UG – Tout au fond

 

Comment choisis-tu les livres que tu achètes ?

Je fonctionne à l’émotion. Il ne suffit pas que je trouve un ouvrage intéressant pour l’acheter. Il faut qu’il me transporte. L’idée n’est pas d’acheter tous les livres animés pour faire collection. Non, je n’achète que ce qui m’emballe. Je feuillète, je lis. Parfois, souvent même, ça ne donne rien. Je regarde les ouvrages essentiellement en librairie. Pouvoir les toucher, les regarder sous tous les angles, apprécier leur fabrication participe de l’expérience. Je ne suis pas une passionnée. Je ne connais pas grand-chose à l’histoire de l’illustration et ne fais rien pour combler cette lacune. Connaître tous les illustrateurs ne m’intéresse pas. Ce que j’aime, c’est aller en librairie, faire une découverte presque fortuite et ramener mon trésor chez moi.

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Yusuke Oono – 360° Mont Fuji

 

Quel est ton rapport à l’objet livre ?

Je le feuillète parfois seule mais surtout j’aime le montrer, partager ma découverte. Je le fais avec mes proches, ceux susceptibles d’apprécier le livre autant que moi. Mettre les ouvrages en exposition ne m’intéresse pas car il faut les tenir dans les mains pour vraiment les apprécier.

Les livres que je m’achète ne sont pas forcément ceux que j’offre, et vice-versa. Quand j’offre un ouvrage, je prends beaucoup de temps à le chercher. Et je ne le fais pratiquement qu’avec ma famille. Je dois connaître la personne intimement pour que le cadeau résonne en elle. Le livre est un don que je fais à la personne mais également à notre amitié. Parfois le livre s’impose à moi comme une évidence. Je l’achète alors et j’attends une occasion pour l’offrir.

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A part les livres jeunesses, as-tu une autre passion livresque ?

En fait, comme je te l’ai dit, je ne collectionne pas les livres jeunesses mais les livres d’art. Le livre jeunesse est un incroyable terrain de jeu pour les artistes. Mais il y en a d’autres : les bandes dessinées par exemple. J’adore ça. J’ai pratiquement appris à lire avec Tintin et Alix. Au collège, ma mère m’a achetée tous les Névé de Dieter et Lepage. Ce n’est plus ce que je préfère aujourd’hui mais qu’est-ce que j’ai pu les aimer. J’aime le travail graphique des dessinateurs mais également le rapport du texte et de l’image ; l’humour aussi.

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J’ai des BD assez différentes les unes des autres. J’adore Pinocchio de Winshluss paru chez Les Requins Marteaux, moins pour le dessin que pour l’histoire. Cet ouvrage me fait vraiment rire ; j’aime son côté provocateur.

Dans un tout autre style, j’aime la série d’Emmanuel Guibert sur Alan paru à L’Association. Cette fois son propos m’intéresse moins que le traitement de la page. Son travail en noir et blanc est impressionnant dans les deux premiers volumes. Et ensuite, quand il repasse à la couleur dans Martha et Alan, que c’est beau ! Comme un réalisateur qui passerait des films en noir et blanc aux films en couleurs.

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El Lissitzky – Les deux carrés

Je n’achète pas que des livres. J’ai également quelques lithographies et tableaux. J’ai beaucoup de travaux de ma sœur qui est architecte et plasticienne, mais également des œuvres de plusieurs artistes comme Bernard Jouanne, un extraordinaire peintre qui vit au Vigan, dans le Gard. Les livres jeunesses ne sont donc que la face émergée d’un iceberg formé par mon intérêt pour les arts visuels et la création contemporaine dans toute sa diversité.

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Libraire du Livre animé. Quand vous poussez la porte c’est un immense atelier empli de livres qui vous attend.

 

As-tu une librairie à conseiller ?

Comme je te le disais plus haut, je ne suis pas une spécialiste. Je ne connais pas énormément de lieux. Néanmoins, il y a quelques librairies que j’apprécie. La première est la boutique du livre animé située au 3 rue Pierre l’Ermite, dans le 18e arrondissement. Tu ne la vois pas de l’extérieur. Il faut sonner, et quand tu pousses la porte… Ils organisent régulièrement des expositions. J’aime bien ce lieu.

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Librairie personnelle de Livia

Je vais également souvent à la librairie Le Monte-en-L’air, au 71 rue de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement. Au fond de la boutique, il y a un espace consacré aux arts graphiques. Il faut fouiller ; on peut trouver des œuvres assez surprenantes. Les Trois Ourses ont une librairie-galerie au 200 Boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement. Tous leurs ouvrages sont intéressants. Et puis il y a également les librairies des musées. Elles tendent de plus en plus à développer la partie livre jeunesse.

 

 

Chronique parisienne – Un automne à Paris

Déjà l’époque des calendriers de l’Avent et je n’ai même pas eu le temps de poster sur l’automne à Paris. Il s’agit pourtant de ma période préférée : quand la douceur des premiers jours d’octobre croise les couleurs chatoyantes des arbres qui perdent leurs feuilles. Malgré tout j’ai envie de faire un petit pêle-mêle de ce dernier mois avant de plonger dans la période Noël.

En vivant dans différents quartiers de Paris on se crée de nouveaux QG et en ce moment c’est au Sud du Vème arrondissement que j’ai élu domicile. Entre la bibliothèque spécialisée dans les métiers du Livre et le super cinéma La Clef qui passe toujours les films que j’ai oublié d’aller voir, je passe mon temps au café de la Grande Mosquée. Contre le froid des bâches ont été installées et des convecteurs électriques chauffent agréablement. Le thé n’est pas cher, les gâteaux sont bons et on se croirait presque en vacances. La neige est arrivée et c’est un temps idéal pour profiter du hammam entre copines. Bien sur ce n’est pas un hammam typique, on y trouve surtout des Parisiennes ou des touristes, rien de très dépaysant mais je le recommande chaudement !

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Depuis la bibliothèque Buffon une nouvelle vue de Paris s’offre à moi. La tour de Jussieu au loin, le jardin des plantes au premier plan.
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Fascinée par l’ambiance XIXe siècle qui se dégage de ce jardin et de ses bâtiments. Si on observe bien on voit des crânes de rorquals ou de tyrannosaures depuis les fenêtres.

Vous reprendrez bien un podcast?

J’ai passé l’essentiel de mon temps chez moi, parce qu’avec le temps gris c’est dur de sortir de son plaid, mais j’ai tout de même découvert quelques nouveautés culturelles ce mois-ci, à commencer par un certain nombre de podcasts – facile en période d’hibernation :

  • La fabrique de l’Histoire : Les jeunes filles – La fabrique de l’Histoire c’est cette émission historique sur France culture qui change de thème chaque semaine. Des  historiens ou des thésards se succèdent pour parler d’un sujet en lien avec leurs travaux de recherche. C’est souvent très précis et en tant qu’ancienne étudiante en histoire j’adore. Le thème des jeunes filles s’est avéré forcément un peu féministe mais surtout passionnant : les émissions concernaient les jeunes filles de la campagne au début du XXe, l’éducation sentimentale et sexuelle des jeunes filles au XIXe et les jeunes filles rebelles du XXe. Trois sujets assez variés et qui permettent d’en apprendre beaucoup !
  • La Poudre – émission de Christine Bard – Je n’écoute pas tous les épisodes de La Poudre, mais difficile d’éviter celui de Christine Bard à la fois féministe et professeur d’histoire spécialisée dans l’Histoire des femmes. J’adore quand ce sont des universitaires qui sont reçues par Lauren Bastide parce que les questions de l’animatrice parfois un peu naïve – comme nous toutes – se complètent bien avec les réponses très nuancées et réfléchies des interviewées. Cet épisode est absolument à écouter !
  • La compagnie des auteurs : J.K. Rowling – J’ai découvert cette émission de France culture il y a peu et j’ai envie d’écouter toutes les émissions maintenant. 4 épisodes sur J.K. Rowling et Harry Potter sous toutes ses facettes : la politique, la philosophie, la société. C’est l’occasion de s’interroger sur les littératures du merveilleux et de la fantasy et sur leur apport. Passionnant pour tout ceux issus de la génération Harry Potter.

 

 

 

 

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Avant l’averse de neige le jardin des plantes est désert.

 

 

 

Le cinéma d’automne en berne

Malgré le froid des derniers jours – dernières semaines – je me suis aussi forcée à sortir un peu : je suis retournée au cinéma, même si ça demande une motivation hors du commun, pour ENFIN voir Téhéran Tabou  qui était aussi peu drôle que je le pensais mais fichtrement intéressant. Moins dur j’ai vu La Villa de Robert Guediguian. Sans être wahou j’ai passé un bon moment dans les calanques, il faut aimer le travail de Guédiguian pour apprécier vraiment ce film qui est un peu lent peut-être, et très théâtral. Je le conseille cependant, et comme l’a précisé le réalisateur : il faut aller voir un film dans la première semaine, c’est là que le nombre d’entrées compte pour savoir si le film restera en salles.

 

 

 

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La saison des livres, pas celle des musées

Côté musée j’ai été assez molle : j’ai renoncé à l’expo Dior toujours blindée et je me suis reportée sur l’expo Pastels au Petit Palais. Il y avait la queue et beaucoup trop de monde. Le travail des pastels est impressionnant et on se demande toujours comment ces artistes ont pu faire de telles œuvres avec cette technique. Ca donne carrément envie de tenter à son tour. Je n’ai été vraiment subjuguée par aucune œuvre, à part les œuvres symbolistes (Odilon Redon en premier toujours), mais pour ceux qui s’essaient à diverses techniques de dessin, cette expo est très intéressante.

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Enfin arrive décembre. Avec la neige la magie de noël est bien présente, on commence à courir dans les magasins et à rédiger des listes pour soi et pour les autres. A s’étonner du thème bizarre des vitrines de noël  cette année – les pigeons ? Vraiment ? Ils n’ont que ça pour représenter Paris ? J’adore acheter des cadeaux, j’adore en recevoir donc cette période me va très bien même si fort mercantiliste, je sais. Mais Noël c’est  l’occasion d’ acheter tout plein de livres pour les autres, et donc de les lire avant de les offrir. Un petit passage au salon du livre jeunesse de Montreuil m’a permis de dépenser tout l’argent que je n’avais pas et de découvrir de nouveaux éditeurs.

 

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Moment créatif au Palais Royal envahi par les étudiants en Art.

 

 

 

Les péchés mignons…

Décembre c’est aussi le moment où je cède à une obsession un peu honteuse : les miss. Je me suis abonnée à miss univers sur instagram et ne cesse de regarder les stories d’Iris Mittenaere. Allez savoir pourquoi, quelque part ça me fait rêver. Même si on ne trouve pas moins féministe comme programme télé, Madame Miss France a dit que c’était la seule émission où les femmes étaient en majorité à une heure de grande écoute, il serait intéressant d’en faire quelque chose et d’en profiter. Affaire à suivre…

Rempli de petits riens ce mois de novembre a été finalement assez riche et je suis motivée pour voir plus d’expositions ce mois-ci, il faut dire que la saison va bientôt se terminer. Entre la famille, les sorties et un weekend en Bourgogne le mois de décembre risque d’être bien occupé !

 

Inktober – retour d’expérience

Je n’ai jamais été très douée en dessin. Quand j’étais petite et qu’on faisait de la peinture avec ma cousine, ma grand-mère me félicitait toujours sur mon choix des couleurs. J’en étais très fière mais j’ai vite compris que cette qualité de coloriste montrait surtout que ça péchait pas mal ailleurs – j’ai toujours dépassé dans mes coloriages par exemple. Même si je me suis dès lors tournée vers une autre activité artistique – l’écriture – j’ai toujours eu envie de dessiner et surtout de faire jouer les couleurs !

J’avais regardé de loin l’Inktober 2016, j’avais aimé le concept mais ça ne me concernait pas encore. Cette année ma copine Jéromine – toujours la même – ne m’a pas trop laissé le choix : on le faisait ensemble et on allait jusqu’au bout. 

Spoiler alert: on n’est pas allées jusqu’au bout…

Même si finalement nous n’avons PAS réussi à faire tous les thèmes, cette expérience créative était vraiment enrichissante et ça valait bien un article!

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Liste des thèmes de l’Inktober 2017 – certains sont bien plus inspirants que d’autres.
  •  Inktober qu’est ce que c’est ?

C’est un challenge de dessin crée en 2009 par Jack Parker. Le principe est simple : faire un dessin à l’encre « Ink » par jour au mois d’octobre. A chaque jour correspond un thème, la liste des thèmes c’est Jake Parker qui la dévoile quelque jours avant le lancement du challenge.

Chacun fait son Inktober comme il le veut : le but est uniquement de se forcer à faire marcher sa créativité et s’entraîner chaque jour au dessin. Certains suivent leurs propres thèmes, d’autres n’utilisent pas que de l’encre mais de la peinture, du pastel, de l’aquarelle, …

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1er dessin de cette session d’Inktober. Je n’étais pas trop mécontente.

 

Pour ma part, même si j’ai essayé de  tenir le rythme j’ai vite été en retard : il suffit d’avoir un resto avec des copines après le travail pour ne pas avoir le temps de dessiner chez soi. Malgré ma volonté de finir il me reste trois thèmes auxquels je n’ai pas touché : United, Mask et Found. A la fin je les ai faits

dans le désordre – foutu pour foutu autant dessiner ce qui m’inspirait. Enfin je n’ai pas utilisé que de l’encre mais aussi beaucoup d’aquarelle.

Bref chacun fait comme il veut : tenter l’Inktober c’est s’astreindre à sa propre rigueur et l’adapter en fonction de ses envies et de ses capacités.

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J’avais envie d’un grand voilier avec moult détails, mais pour une fois je suis restée réaliste et je me suis contentée d’un bateau viking.

 

  • Soyons créatifs !

Comme vous le voyez certains thèmes sont très larges, d’autres très abstraits, et d’autres encore pas du tout inspirants, c’est ce qui fait l’une des difficultés de l’Inktober. En essayant de suivre les thèmes on peut parfois éprouver un grand vide, on n’a aucune idée de quoi dessiner.  Et ça fait partie de l’exercice !

On sait très bien aujourd’hui que la contrainte peut libérer la créativité: ne pas avoir d’idée immédiate force à faire travailler son cerveau, son intuition, son observation du monde et permet de trouver des ressources totalement inconnues. Quand je n’avais aucune idée pour le thème du jour je me mettais à regarder partout autour de moi : les gens dans le métro, les livres sur la devanture des librairies, les affiches des abri-bus, …

Surprise ! Les meilleurs idées arrivent souvent quand on n’en a pas.

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Inspiré de “La leçon” de Mickaêl Escoffier avec des illustrations de Kris Di Giacomo

J’ai souvent beaucoup mieux réussi les dessins qui me venaient d’une idée subite que ceux que j’avais déjà prévus des jours à l’avance. Cette contrainte, et le fait que je trouvais souvent mes idées tard le soir m’ont forcée à réaliser des dessins moins ambitieux et finalement plus rigoureux et concentrés sur des détails.

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Assez fière de mon grimpeur je l’avoue.

Enfin j’ai développé une astuce, que j’ai vue chez d’autres : j’ai choisi un personnage – dans mon cas il s’agit d’une petite fille avec un ciré jaune – que j’adaptais à chaque thème dès que je manquais cruellement d’idée. Je lui ajoutais des objets, je la plaçais dans différents décors. La réunion de ces deux contraintes – un thème, un personnage – permet à l’esprit de ne pas partir dans toutes les directions et de trouver plus vite l’inspiration.

 

 

  • Découvrir son style : constater ses points faibles et progresser.

Dessiner chaque jour c’est aussi l’occasion de faire le point, d’observer des similitudes entre ses dessins et de voir ses points faibles et ses points forts.

En comparant mes Inktober avec ceux de Jéromine on s’est aperçues que je voyais toujours les choses en très grand, et elle en bien plus petit. J’occupais l’intégralité de la page pour représenter des scènes, elle en occupait une partie pour présenter un détail. Résultat : mes dessins étaient peut-être plus ambitieux mais moins bien réalisés car je passais peu de temps sur les détails ; les siens étaient parfaits sur le plan de la réalisation mais auraient peut être mérité d’être compris dans une scène plus grande. Ce constat nous permet aujourd’hui de travailler sur ces défauts et d’apprendre de l’autre.

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2e jour d’inktober – Faisons simple, faisons Moïse qui divise les eaux.
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Je pensais à ce dessin depuis longtemps (squeak = le bruit des glaces qui se fendent), et je suis finalement assez déçue de mon brise-glace.

J’ai trouvé que c’était aussi le moment de se forcer à dessiner des trucs qu’on n’aime pas ou qu’on n’a jamais fait. J’ai profité de certains thèmes pour apprendre à dessiner l’anatomie humaine et animale – le fait de n’avoir jamais eu de cours de dessins m’embête beaucoup, je ne sais pas du tout par où commencer, comment trouver les proportions, etc. Avec le recul ce sont peut-être mes dessins préférés. J’ai pris des modèles et je me suis appliquée, non pas pour faire un beau dessin, mais pour apprendre.

 

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Inspiration: une photo d’éléphant trouvée sur google, j’ai décoré à ma façon.

 

Je précise que j’ai presque toujours utilisé des modèles, des inspirations, sauf pour quelques dessins – notamment ceux de ma petite fille en cirée – je m’excuse d’avance si certains modèles ne sont pas cités, c’est que je ne m’en souviens plus.

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Nature morte. Ce n’est pas ce que je préfère mais c’est un bon moyen d’apprendre l’aquarelle.

 

  • Faire le plein de comptes instagram de dessinateurs

Chaque jour il suffisait de taper le thème et de trouver des milliers de dessins, certains magnifiques : et j’ai profité de ce mois pour découvrir des artistes, ou juste des gens qui aiment dessiner, et renouveler un peu mes abonnements instagram, je vous en présente quelques uns ici.

 

Inktober Day 21: FURIOUS – Grigor Bagrat, an influential land owner from the 2nd Kingdom, discovered that 3 days ago one of his southern sheep ranches was wiped out by hungry trolls. He's required by his insurance to personally travel there to assess the damage in order to make a claim. Which means he's missing the annual tri-kingdom poker tournament. To top it off, rain soaked his favorite pipe and he just can't even right now. #inktober2017 – Inktober shirts are back! Last round to get one then they won't be for sale until next year. Link in the profile⬆️⬆️ #inktober #furious #characterdesign #drawing #sketches #marker #brushpen #comicart #comicartist #inking #drawing #ink #drawingchallenge #pendrawing #sketch #illustration #jakeparker #copic #copicgasenfude #artistsoninstagram #artists #artnews #ink #brushpen #penandink – Pens and paper I'm using + more of my tools: @jakeparkertools

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L’instigateur de l’Inktober. Incontournable.

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Anastasia Malashonok est une artiste biélorusse (je crois) et je suis tombée amoureuse de certaines de ces illustrations. C’est une ambiance particulière, pas vraiment funky, avec des couleurs un peu sombres et des traits simples, presque naïfs. J’adore.

 

Yampiri

Photographe et artiste turc. Ces inktober sont très variés, en noir et blanc et assez inspirants. Le petit plus que je viens de découvrir : Yampiri fait des stories d’aquarelle. Parfait pour la novice que je suis, ce sont de bons entrainements.

 

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Même si l’Inktober n’est pas fini. Cet (cette) artiste a également utilisé un seul personnage pour chaque thème : un petit escargot adorable et j’avais très hâte de découvrir chaque jour à quoi il allait ressembler.

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tout n’est pas égal dans ce que fait cette illustratrice française, mais certains de ces dessins m’ont beaucoup parlé : notamment cette sorcière courbée tout droit sortie du conte de la sorcière de la rue Mouffetard !

 

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Ici encore les thèmes de l’Inktober se sont combinés avec le thème de l’artiste : les animaux. A chaque jour un nouvel animal souvent mignon et toujours très très bien réalisé. Un Inktober à conserver pour apprendre à dessiner les animaux !

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il s’agit ici de dessins d’architecture, de dessins de voyages, bref tout ce que j’adore. Détaillés comme pas possible, on s’y croirait. Je rêve de pouvoir dessiner comme ça un jour.

sarah_jlt

C’est un monde bizarre mais des idées toujours très originales qui sortent de ces inktober. Mon favoris c’est ce parterre de parapluies qui traverse un passage piétons pour le thème « teeming ».

Day 31: mask #inktober #inktober2017

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lowrinah

Un monde de manga un peu torturé. Un mélange d’encre et d’aquarelle. Une ambiance à la fois dure et poétique se dégage de ses dessins, on sent une inspiration de Miyazaki.

 

#keepTheGrandWild ✊🏽♥️

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Jeremy Collins

Pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous partager aussi mon dessinateur préféré: Jérémy Collins, un grimpeur qui croque les paysages des USA avec de l’encre et de l’aquarelle. C’est sans doute lui ma première source d’inspiration. (Le poing par exemple je l’ai pris comme modèle chez lui).

Depuis que l’Inktober est officiellement fini je n’ai pas cessé de dessiner. Je me suis remise surtout à l’aquarelle: le but est d’être capable de dessiner en voyage, donc de dessiner vite et de dessiner beaucoup de choses différentes.

Je ne sais pas encore si je retenterai l’expérience l’année prochaine ou si je m’attaquerai à un autre défi: le NaNoWriMo. Les deux défis se suivent alors ça risque d’être un peu compliqué de faire les deux. J’encourage tous ceux qui auraient envie de tenter ce genre d’expérience, j’ai trouvé ça vraiment réjouissant même si c’était très contraignant, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est capable de créer et de produire des choses artistiques!

Week-end dans le Val de Loire

En automne quand j’ai envie de partir j’ai toujours ce gros dilemme pour choisir la destination -oui je sais ma vie est terrible – : profiter des derniers moments d’été dans le sud ou s’imprégner de la super ambiance automnale avec ses magnifiques couleurs et ses soirées au coin du feu.

Les aléas de l’emploi m’ont vite fait oublier les destinations ensoleillées et j’ai donc opté pour la seconde solution avec en prime l’impératif « pas loin et pas longtemps » : la solution de repli qui marche toujours fut donc : LES CHÂTEAUX DE LA LOIRE.

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Les bords de Loire en fin d’après-midi.
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L’embarcation typique sur la Loire

Belle en toute saison, la région des châteaux de la Loire, inscrite à l’Unesco, est l’un des Must do touristiques en France. Alliant architecture, histoire de l’art et nature, c’était un peu la destination idéale, et comble du bonheur, on a profité des derniers jours de l’été indien avec un thermomètre à 25degrés. What else ?

Cette région est immense, un week-end ne suffit clairement pas pour tout voir : d’abord parce qu’on risque l’indigestion, ensuite parce que la région est très étendue, allant d’Orléans à Nantes à peu près. J’avais décidé de prendre Blois comme base pour rayonner autour, au programme les châteaux de Blois, Chambord et Chaumont-sur-Loire, en particulier parce que c’était la dernière semaine du festival international des jardins qu’on m’avait beaucoup vendu. C’est parti !

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L’escalier de Blois. Il est pas beau?
  1. Blois – Ville royale et camp de base

On est arrivés à Blois en fin d’après-midi, juste à temps pour visiter le château sous les derniers rayons du soleil. J’étais déjà allée à Blois l’an dernier pour les journées d’histoire dont je vous avais parlé ici. Malheureusement en courant de conférence en conférence je n’avais pas eu le temps de vraiment découvrir la ville. Alors j’étais contente de pouvoir enfin pénétrer dans ce château dont j’ai fait maintes et maintes fois le tour !

Le château de Blois est très bizarre , il est constitué de trois ailes qui reflètent trois époques distinctes : la fin du gothique flamboyant et les constructions de Louis XII, la Renaissance avec la fameuse façade des loges et le superbe escalier à vis de la cour, et l’époque classique.

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Chateau de Blois – Partie “Louis XII”
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Château de Blois – partie classique

On l’oublie souvent mais Blois est un lieu chargé d’histoire, il est devenu château royal quand Louis XII a succédé à son cousin Charles VIII comme roi de France. Et c’est surement ici qu’on voit le mieux le style « Louis XII »,  un style architectural à cheval entre le gothique moyenâgeux et le style Renaissance. Résidence royale pendant près d’un siècle, Blois est surtout connue pour avoir accueilli les Etats-Généraux en 1588, moment où le roi Henri III fait assassiner son rival Henri de Guise.

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La magnifique façade des loges au coucher du soleil. Au loin la cathédrale.

POINT HISTORIQUE – en très succinct.

Henri III est roi de France après les morts successives de ses frères François II et Charles IX (celui de la St-Barthélémy). Il est plus malin que ces derniers et a l’ambition de marquer plus clairement la frontière entre lui, le monarque élu, et les autres nobles, à une période où on ne parle pas encore de monarchie absolue.

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La salamandre – Symbole de François 1er.

En même temps ça fait déjà bien une vingtaine d’années que les catholiques et les protestants se tapent dessus : les chefs des catholiques intransigeants – on appelle ça la Ligue –  ce sont les Guise, et surtout leur aîné le duc Henri de Guise. Le roi veut être un super monarque mais il sent bien que les nobles le soutiennent bof bof. Il décide de réunir les Etats-Généraux – oui les même que pour la Révolution parce qu’à cette époque ça se fait encore – et là il frappe fort, il fait une sorte de putsch ou de répression interne : il fait assassiner au sein même du château son ennemi Henri de Guise, ainsi que le frère de celui-ci, et fait arrêter les principaux chefs de la Ligue.

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BREF.

Le XVI siècle est une période peu abordée dans les programmes scolaires, ou alors très rapidement, et j’ai découvert l’existence de Louis XII et le détail des guerres de religion en classe prépa. Mais guess what ? C’est passionnant et grâce à ça toute cette région de la Loire résonne différemment puisque c’est ici que TOUT se passe ! Alors je conseille fortement de faire un tour sur wikipédia avant, pendant ou après la visite pour se mettre bien dans l’ambiance.

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Il n’y pas que le Château à voir à Blois. La ville entière est agréable à visiter mais il faut avoir de bonnes cuisses : ça monte et ça descend. Construite sur deux collines, ses jolies rues anciennes montent au château et à la cathédrale dont les jardins offrent une superbe vue sur la Loire. Il faut prendre le temps d’errer et de se perdre un peu dans les rues pour trouver de bons restos et des cafés cosy comme on les aime, et trouver de quel point de vue la façade des loges est la plus belle.

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  1. Chaumont sur Loire et ses jardins

2ème jour  – 2eme château : on part de bon matin longer la Loire sous la brume en direction d’un château que je veux voir depuis longtemps : Chaumont ou plutôt le festival international des jardins.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là mais la brume était épaisse, presque trop, et donnait une atmosphère très singulière. J’ai cru que c’était quelque chose de normal sur la Loire mais un passage sur instagram m’a fait comprendre qu’il y avait la même chose à Paris, à la seule différence qu’elle s’est rapidement évaporée dans le Loir et Cher.

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L’aubre (10h) sur la Loire
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Un vrai château de contes de fée, surtout sous cette brume!

Les chateaux de la loire sont connus pour être une destination phare du cyclotourisme, mais c’est aussi très agréable de parcourir la région en voiture – même si moins écolo – et la raison principale ce sont les deux départementales construites de part et d’autre du fleuve sur des digues. On longe la Loire, on voit passer les oiseaux, les pêcheurs, les villages et surtout les châteaux.

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On voit la brume qui s’éloigne au loin. Et mon doigt sur la photo aussi…

Il faut bien une journée pour voir Chaumont : entre le château, le parc, le festival et une pause bien méritée, c’est un château où il faut prendre son temps.

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Le parc de Chaumont et ses couleurs automnales

Château légèrement fantasmé à tendance Walt Disney, j’ai adoré l’allure extérieure du château, un peu moins l’intérieur car je m’attendais à plus de pièces d’époque, c’est-à-dire du XVe ou du XVIe, or presque tout a été refait au XIXe. On se promène plus dans un manoir du style de Downtown Abbey que dans la résidence de Catherine de Médicis. Mais à part cette légère déception ce château est top. Le parc resplendit des couleurs automnales, il est animé par diverses œuvres d’art contemporain sur le thème de la nature – certaines incompréhensibles, d’autres qui se veulent seulement amusantes et ça marche.

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LE vallon des brumes. On riait comme des enfants en y descendant.

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Mais le clou du spectacle c’était le festival des jardins qui s’achève la première semaine d e Novembre, on tombait donc à pic. Un thème différent mais certains jardins  restent d’année en année. On passe entre les bosquets qui racontent tous une histoire, une ambiance. C’est entre le jardin et l’art contemporain et je dois dire que je suis bien plus sensible quand il s’agit de jeux avec la nature que de toiles abstraites ou d’happenings. Mon « jardin » préféré est sans doute le vallon des brumes : une brume toute créée pour l’occasion, une jolie cascade, un chemin de bois qui permet de s’y promener. C’est très simple et ça marche à fond ! J’ai aussi beaucoup aimé le jardin de sorcière, un jardin aux plantes médicinales décoré comme une maison de sorcière – parfait pour halloween.

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Dernière découverte : le self du château, abrité dans une serre avec une grande terrasse à l’abri de quelques arbres. Il faisait si beau et si chaud ce weekend là que je n’imaginais pas manger en intérieur. Très bobo/écolo, ce self est entièrement bio avec couverts biodégradables. On y sert des soupes de curry, des jus de carottes/betteraves/autres légumes auxquels je n’aurais pas pensé. Bref c’était très bon, très bien placé et on aurait pu y passer l’après-midi.

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  1. Chambord – Palais mystérieux

Le roi des châteaux, celui qu’on ne présente plus, et pourtant celui que je n’avais jamais vu. On – mes parents- m’en avaient dit beaucoup de mal « Mais pourquoi tu vas à Chambord, c’est vide, il y a rien ». Mais j’avais envie de me faire ma propre idée parce qu’il avait l’air tout de même très beau ce château.

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Jardins à la française sur fond de plus grand domaine forestier d’Europe

Il s’agit du château le plus à l’est du Val de Loire, donc le plus proche de Paris, donc sur la route. Le temps était moins clément que les deux jours précédents mais j’espérais pouvoir faire de belles photos et me balader un peu dans le parc pour profiter de l’automne à défaut de voir un super château. Et finalement il m’a vraiment emballée ce palais. D’abord parce que de l’extérieur il a franchement de la gueule – l’arrivée à travers les bois est digne d’un film -, ensuite parce qu’il est amusant à visiter. Amusant ? Je m’explique.

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Construit par François 1er, ce château veut se donner des airs de fin moyen âge, il est donc organisé autour d’un donjon avec 4 tours … et un dédale de couloirs et d’appartements. Aucun intérêt à visiter Chambord selon un itinéraire précis, je n’ai jamais compris où je me trouvais vraiment dans le château mais j’ai adoré fouiner un peu partout et m’y perdre.

2ème amusement : le fameux escalier hélicoidale. Deux personnes peuvent y monter chacune de leur côté sans jamais se croiser – mais on se voit par les petites lucarnes, ce qui est assez rigolo.

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Enfin j’ai adoré le mystère qui entoure ce site : personne ne sait bien pourquoi François 1er à construit Chambord ici. Le château est loin de tout, même de la Loire, au milieu des marais et de la forêt. Il s’agit pourtant du second plus grand château de France après Versailles, il a d’ailleurs inspiré le Roi Soleil. Mais surtout François 1er n’a presque pas vécu à Chambord, jamais plus de deux semaines d’affilé, et si ses fils et petits-fils ont poursuivi les travaux d’aménagement, le palais était trop éloigné de la cour pour qu’ils y séjournent vraiment. C’est resté un pavillon de chasse traversé par les courants d’air et tellement grand qu’il était difficile à chauffer.

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Pose selfie/ blogueuse mode. LE fond n’est pas trop mal.
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Chambord est surtout l’un des plus gros domaines forestiers d’Europe, avec une faune et une flore préservée.  On y trouve des cerfs, des sangliers, mais aussi des poissons des marais.

Pour cette raison on a longtemps laissé Chambord tel qu’il devait être à l’époque : vide. MAIS la palais a en fait été habité bien plus tard : Louis XIV y a fait quelques séjours et il a servi de lieu de résidence à des princes en exil, des cousins du roi, etc. Aujourd’hui les monuments nationaux ont décidé de réaménager Chambord avec du mobilier du XVIIIe, époque où il a le plus été habité. Le contraste d’aménagement entre ces différentes époques est saisissant.

Mon copain a trouvé que le palais avait tout d’une belle coquille vide. Chef d’œuvre de l’art renaissance la façade extérieur peut paraître un peu too much : des tours de partout, de la dentelle à certains endroits et un massif mur d’enceinte. Je pense que Chambord est tout de même un château à voir justement parce qu’il est si impressionnant et mystérieux.

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En voiture sur la digue.
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Promenade matinale à Blois.

Ces deux jours dans la Loire étaient encore mieux que ce que j’avais prévu et j’ai vraiment très hâte de faire un deuxième séjour plus à l’Ouest, à la découverte de châteaux plus anciens : Loches, Amboise, Ussé, et tant d’autres !

 

 

 

 

Le monde merveilleux de la littérature jeunesse

Il y a six mois je suis devenue par le hasard des choses bibliothécaire jeunesse. Je ne dirais pas que j’ai pénétré dans un monde inconnu, mais j’ai redécouvert plus en profondeur un univers singulier de la littérature et j’en suis tombée amoureuse. J’ai toujours aimé pousser les portes des librairies jeunesse à commencer par la célèbre librairie Chantelivre de l’Ecole des loisirs : un immense magasin rempli de livres pour tous les âges où ma maman aimait nous emmener à deux pas du Bon Marché. J’avais d’ailleurs commencé une petite collection de livre jeunesse à Strasbourg : dans la magnifique librairie de la rue des Juifs j’avais craqué pour « Oh non Georges ! » après l’avoir feuilleté moult fois.

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Deux découvertes poétiques: “l’Ourse”, illustrations magnifiques et “Les collectionneurs”, une très bonne idée, une histoire très bien menée.

Alors quand on m’a proposé le poste je me suis dit pourquoi pas. Et j’avais raison parce que la littérature jeunesse c’est canon et ça devrait être bien plus mis en avant – notamment auprès des adultes. Vous trouverez donc à partir de maintenant – et aussi régulièrement que possible – des chroniques de littérature jeunesse, et pour commencer : pourquoi cette passion soudaine pour la littérature jeunesse ?

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  1. Parce qu’on a tous commencé par là !

Qu’il s’agisse d’albums, de contes, de documentaire ou de romans il ne s’agit jamais d’une découverte puisque nous avons tous eu entre nos mains des ouvrages de jeunesse. Se replonger dedans c’est avant tout se replonger dans son enfance, l’un des meilleurs moyens de conserver sa part d’enfance peut-être ! Il nous reste toujours l’intonation des phrases de maman ou de papa lorsqu’ils racontaient pour la énième fois la même histoire qu’on aimait tant – « Gargouilligouilla » pour ma part – on se souvient des albums qui nous ont un peu transporté et qu’on aimait regarder encore et encore, et surtout on se souvient des premiers romans dans lesquels on s’est plongé entièrement sans pouvoir en sortir, ceux qui nous ont donné le goût de la lecture. Harry Potter pour ne pas le citer.

Et bien surprise ! S’il y a beaucoup de nouveautés, de bonnes nouveautés, il en va de la jeunesse comme de la littérature adulte : elle a ses grands classiques. D’une génération à l’autre ce sont finalement souvent les mêmes auteurs qui aident les enfants à grandir et à développer leur imagination et on s’aperçoit vite qu’on les connait bien, et qu’on apprécie de les retrouver.

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“Moabi” – un ouvrage poétique sur l’écologie et l’homme par le talentueux Mickaël El Fathi
  1. Parce que c’est esthétique et poétique

La littérature jeunesse s’affranchit de certaines règles et se permet une certaine poésie beaucoup plus facilement que la littérature adulte. J’ai l’impression que les enfants sont plus réceptifs à l’association de mots, d’images, d’odeur, de sons, à des métaphores qui nous paraissent pourtant difficiles mais qu’ils intègrent très vite. Les histoires peuvent être douces et belles, expliquer le monde de la façon la plus jolie possible et amoindrir les maux les plus durs.

A côté du texte, souvent travaillé et très fin, il y a les illustrations et je ne vais pas mentir c’est avant tout ça qui m’attire vers tel ou tel livre. A force je finis par connaitre les illustrateurs et j’ai fait de superbes découvertes au point de me mettre moi-même au dessin. On ne peut pas rester six mois à admirer des planches sans avoir envie de se tester à son tour, ça ne fait pas fonctionner que l’imagination des enfants !

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“L’Ascension de Saussure” – à mi chemin entre l’album et le documentaire. Voyage au pays du Mont-Blanc.

Les couleurs, les textures, les techniques, autant de choses qui donnent une ambiance si particulière et qui conduisent ces ouvrages enfantins à flirter avec les livres d’arts. Certains sont d’ailleurs de vrais livres d’artistes travaillant sur l’objet livre et on finit par se demander s’il s’agit de livres pour enfants ou pour adultes ! Ces ouvrages coûtent en général un bras et permettent surtout une vraie réflexion sur ce qu’est le livre et ce qu’est l’artiste.

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Les livres pour enfant voyagent: on reconnait immédiatement le tramway de Lisbonne et on embarque pour une très belle histoire.
  1. Parce que c’est drôle !

Il y a en littérature jeunesse un humour singulier, une touche d’absurde qui me parle beaucoup. Outre les codes habituels du comique que les enfants abordent très tôt, on trouve souvent dans ces ouvrages un humour un peu grinçant, ironique, qui se moque du monde des adultes ou qui le défie. J’aime que les auteurs jeunesse ne s’adressent pas aux enfants comme à des idiots, loin de là puisque c’est souvent l’adulte qui est considéré comme tel. Ça m’est arrivé souvent de franchement rire en découvrant un album : pour n’en citer qu’un j’ai adoré les histoires de Courgette la grenouille.

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“Le sorcier vert” sur le photographe Salgado et son projet de reconstruire une forêt: Le très drôle “La mouette à la croustille” pour sensibiliser les enfants à l’écologie quotidienne!
  1. Parce que ça concerne tout le monde.

Des histoires enfantines ? Surement pas ! J’ai été étonnée de voir combien la littérature jeunesse s’attaquait à tous les sujets du plus anodin au plus grave. J’ai acheté de nombreux livres sur le deuil, la séparation, la guerre, l’écologie, et d’autres histoires simplement drôles mais qui touchaient souvent à des sujets bien plus complexes qu’il n’y paraissait. A mon sens il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans ces ouvrages, ils racontent bien souvent des histoires universelles qui touchent à la tolérance, l’amour, le respect, etc. J’adorerai créer un fonds de bibliothèque pour attirer les adultes vers ces albums soit-disant pour enfants mais qui concernent vraiment tout le monde.

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Des livres sur des thématiques moins fun: ici “Coton Blues” sur l’esclavage dans le sud des Etats-Unis. Superbes illustrations et belle évocation des croyances vaudous.

5 . Parce qu’on découvre des choses

Il n’y a pas que les enfants qui apprennent et s’ouvrent à des nouvelles choses avec cette littérature. Certains livres sont des véritables invitations au voyage – pour quelqu’un qui comme moi adore les récits de voyages illustrés, c’est une aubaine – New-York, la montagne, Paris, Lisbonne, il y en a pour tous les goûts. Et les documentaires tirent très bien leur épingle du jeu. Le retour ces derniers temps à des illustrations plus vieillottes fonctionne très bien: en feuilletant les encyclopédies animalières, les livres d’histoire ou même des imagiers on a envie d’aller voir plus loin. Les enfants se spécialisent souvent sur un domaine: les dinosaures, les planètes, les animaux de la mer et devinez quoi…ils en savent bien plus que nous à ce propos et on a donc beaucoup à apprendre de ces ouvrages!

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Passion livres pop-up! Ici sur la préhistoire.

Enfin parce qu’on s’évade, on entre dans des mondes merveilleux qu’on avait oubliés depuis longtemps et ça fait franchement du bien !

Nous avons la chance en France d’avoir un monde de l’édition jeunesse très compétent, qui publie régulièrement de très bonnes choses avec d’excellents illustrateurs et autant de supers auteurs. L’offre éditoriale est bien moins importante que dans le secteur adulte mais à mon sens de meilleure qualité : il est en effet très rare qu’il y ait de mauvais livres qui sortent. On peut ne pas en aimer certains, en critiquer d’autres sur leur message, leur rigueur mais il s’agit souvent seulement d’une question de goût.

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Dernière trouvaille “Le voyage d’Osvaldo” – Une mignonne histoire pour affronter ses peurs et vivre de grandes aventures!

Quelques adresses et liens:

Avant de vous faire des articles plus complets sur le sujet et pour aller plus loin je vous conseille vivement un blog superbe qui donne envie: La route des briques jaunes tenu par Vicky et Mathilde. Beaux, épurés, les livres choisis sont variés, originaux et très bien critiqués. Une référence pour les blogs jeunesse.

La librairie chantelivre de l’Ecole des loisirs: 13 rue de Sèvres, Paris, Metro Sèvres-Babylone

Librairie La Bouquinette, 28 rue des Juifs, Strasbourg : les devantures sont faites par des artistes et changent régulièrement. Mieux que les vitrines de Noel des Galeries

*Le dessin de la vignette de l’article est de moi.

Lectures en Italie

A défaut de pouvoir partir en voyage on peut facilement s’évader par la lecture et j’aime autant me plonger dans des romans dont le cadre me permet de m’imaginer des pays lointains que savourer des récits de voyages où j’ai l’impression de faire de vrais road trip sans bouger de mon canapé. Aujourd’hui je dédie un petit article à l’Italie, l’Italie du sud plus exactement. Je n’ai que deux ouvrages à présenter et aucun des deux n’est un roman mais ils m’ont tous les deux touchée, de façon très différente, et je les recommande chaudement! Alors on se sert “un caffè” ou un spritz et c’est parti pour un tour dans le mezzogiorno.

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VIA APPIA

Genre : Récit de voyage / Déclaration d’amour

Thème : Italie du sud

Degré d’appréciation : Je suis à deux doigts de prendre un billet pour Brindisi.

Pour ses vacances d’été Jacques de Saint-Victor, un universitaire français, décide de prendre ses bâtons de marche pour descendre la Via Appia de Rome à Brindisi. Il arpente, d’abord à pied puis en Fiat, la plus vieille route de l’Occident, méditant et observant avec amour l’Italie du Sud.

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Arpino – Devant l’église les bannières des “contrada”, les quartiers, de la ville qui vont s’affronter lors de l’annuel “Gonfalone”, une sorte de Palio.

Loin des itinéraires touristiques les plus connus la Via Appia se perd dans les méandres du Lazio, de la Campanie, de la Basilicate et des Pouilles, traversant des villes un peu éloignées de circuits habituels et parfois presque abandonnées; des lieux ravagés par la crise – plus grave dans ces régions qu’en Grèce parait-il – et des sites historiques de toutes époques.

Entre deux dégustations de mozarrella di Buffala et des arrêts fréquents pour un café au bar l’auteur s’interroge sur l’Italie : celle d’avant et celle d’aujourd’hui. Il mêle l’histoire de la grande Rome aux soirées de Berlusconi, les rêveries de Stendhal aux propos de le jeunesse abandonnée de Naples. Entre littérature, gastronomie et histoire il essaie de comprendre et de décrire cette Italie qu’on voit si peu: celle du Mezzogiorno.

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Le Mont Cassin et son abbaye qui, du haut de ses 1669m, domine la vallée jusqu’à Caserta.

 

Sans être difficile, l’écriture de ce récit est parfois très érudite ce qui pourrait en rebuter certains. Ayant fait des études d’histoire  les digressions sur l’époque antique ou sur les méfaits du fascisme ne m’ennuient pas, au contraire c’est ce qui apporte un grand intérêt à l’ouvrage. On apprend quelque chose à chaque chapitre et ça donne envie d’aller fouiller un peu plus profondément dans l’histoire de l’Italie.

J’aime les récits de voyage, j’aime encore plus celui-ci parce qu’il me parle.  Terracina, Caserta, Benevento… Les lieux par lesquels passe l’auteur ne me sont pas inconnus bien que loin d’être les villes les plus fréquentées d’Italie, ou les plus belles. Mais grâce à ce récit on constate que la moindre ville, la moindre portion de route en Italie a une histoire millénaire, une vie et que les traditions sont encore bien présentes. Impossible de ne pas avoir l’envie immédiate d’embarquer à bord d’un train, d’une Fiat ou d’un bateau pour arpenter lentement, très lentement cette Italie méconnue, en s’arrêtant partout et nulle part, car quoi de mieux que de boire son cappuccino en observant la dolce vita?

Les montagnes de la Ciocaria qui surveillent la “Casilina” cette route reliant Rome à l’antique Capoue.

Le soleil écrasant du sud, les oliviers, le délicieux goût des tomates mais aussi l’ombre de la crise et les souvenirs du fascisme, au grè de ses pérégrinations Jacques de Saint-Victor décrit avec une immense tendresse ces habitudes, ces façons de penser et de faire si typiquement italiennes. Ça nous parait étrange, parfois suranné mais il n’y a aucun jugement de la part de l’auteur– sauf pour le Calcio, le début de la déchéance d’un peuple nous dit-il  – il y a seulement beaucoup de réflexion et d’amour.

Ce livre est une véritable déclaration de l’auteur à son pays d’adoption, un amour pour l’autre que l’on ne comprend pas toujours, ce qui le rend si attachant.

 

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L’OPTICIEN DE LAMPEDUSA


 Genre: reportage

Thème: Les migrants à Lampedusa

Degré d’appréciation: Tout le monde devrait lire ce livre.

C’est une lectrice de la bibliothèque où je travaille qui m’a conseillé fortement ce livre quand elle me l’a rendu. Elle avait l’air émue et un peu retournée. Le soir même je me plongeais dans ce roman issu d’un reportage et j’ai compris l’émoi de la lectrice précédente.

L’opticien de Lampedusa c’est un homme banal qui s’est installé il y a longtemps sur cette petite île paradisiaque au large de la Sicile et de la Tunisie. Certes on entend parler des migrants, mais toutes ces histoires lui paraissent encore lointaines quand il prend la mer avec un groupe d’amis pour profiter de l’après-midi et se retrouve soudainement face à un naufrage. De cette journée qui a fait de lui un “sauveur” débute un long questionnement, une remise en cause de sa vie. Le récit d’une prise de conscience.

Cet opticien existe. Peut-être est-ce pour cela que cet ouvrage est dur et émouvant. L’histoire d’un monsieur tout le monde, un homme simple au caractère très méticuleux qui réalise la tragédie quotidienne se déroulant à quelques pas de lui. Je me suis arrêtée fréquemment pendant cette lecture pour digérer ce qui était dit. Le style à la fois simple et neutre est pourtant puissant : coupable, triste, plein d’espoir et dépité, on ressort plus sensible et plus démuni de cette lecture lourde mais nécessaire.

Pour ce reportage Emma Jane Kirby a été récompensée par le prix Bayeux des correspondants de guerre.

 

 

 

Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.

Week-end en Emilie-Romagne

« Chiacchierare », c’est le terme en italien pour dire « bavarder, jaser ». chiacchierare c’est ce qu’on faisait quand on a raté notre train pour Ravenne, c’est ce qu’on a fait aussi en dévorant notre pizza le soir, et encore en déambulant dans les ruelles de Ferrare.  D’ailleurs cet article aurait dû s’intituler « Chiacchierone e golose (pipelettes et gourmandes) in Emilie-Romagne» parce que c’est encore ce qui résume le mieux ces trois superbes journées de printemps qu’on a passées dans la région de Bologne exactement à mi-chemin entre la Grèce et la France.

Mais on n’a pas fait QUE ça : entre deux pauses on a réussi à faire bien plus que nos 10 000 pas par jour et puisque les lignes ferroviaires nous permettaient de rayonner facilement dans toute la région depuis la principale ville on est parties à la découverte de l’Emilie-Romagne : Bologne, Ravenne et Ferrare, 3 jours pour trois étapes et un week-end que je recommande chaudement.

1.      Prendre son temps à Bologne

J’aime Bologne. D’abord parce que dans mon imaginaire elle évoque les premières universités du monde (avec Oxford, Paris et Montpellier), mais aussi Umberto Eco et d’autres grands savants. Ensuite parce qu’on y parle  un italien que je comprends, et c’est sûrement ici que je conseillerais d’aller pour apprendre un italien parfait (pas chuintant comme dans le sud, pas trop articulé comme dans le nord). Enfin parce que c’est ici qu’on fait les meilleurs Pasta Al Ragù, mon plat préféré depuis que je peux manger des pâtes. Bologne est une ville vraiment sympa, sa particularité est de posséder des kilomètres d’arcades qui remplacent les trottoirs – très pratique s’il pleut – et d’être toute en architecture rouge et ocre. Les couleurs, les odeurs et les bruits de l’Italie nous captent dès qu’on arrive en ville. C’est beau, pas trop grand et si vivant ! On a surtout aimé y flâner en revenant aux mêmes endroits à plusieurs reprises parce qu’on s’y sentait bien.

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 Piazza Magiore

La place centrale dominée par la basilique inachevée de San Petronio  étonne par le contraste entre son marbre rose et blanc et sa partie en pierre encore rouge. Autour de la place se trouvent d’autres édifices médiévaux dont le Palazzo communale (je n’ai toujours pas compris lequel c’était), malheureusement pour nous la fontaine qui est apparemment un peu  coquine était recouverte pour travaux, le gros divertissement de la place restait donc le wifi gratuit dont on pouvait profiter face à ces superbes monuments. Le dernier jour un événement était organisé sur la place : des groupes de participants devaient reconstruire avec des bouts de cartons des portes et des édifices connus de la ville, ils avaient plusieurs heures, sur un fond de Rhianna c’était super sympa de déambuler parmi les groupes et d’observer leur travail d’équipe. La veille on avait assisté à une course de nuit – sans but particulier juste parce que c’est fun nous ont dit les habitants – ça m’a confirmé la coolitude de la ville.

Piazza San Stefano et ses 7 églises

Assurément LE coup de cœur de la ville : ce n’est que le dernier jour que je me suis décidée à enfin pénétrer dans ce complexe architectural médiéval qui vaut franchement le coup (cloitres, églises romanes très épurées et très belles) mais on y est retournées souvent. En passant, en s’arrêtant pour regarder, en s’arrêtant pour dessiner – grande réussite. La place me fait penser un peu à Sienne, mêmes couleurs et même type de bâtiment, mais avec des étudiants de partout et beaucoup moins ce côté ville-musée.

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     Les torre – Torre Asinelli

Comme vous l’explique Jéromine dans son super vlog de ce week-end ici, auparavant Bologne était peuplée de tours qui personnifiaient les grandes familles de la ville et servaient de blason. Orgueil oblige chacun voulait une tour plus haute que son voisin et elles avaient  tendance à s’effondrer les unes sur les autres ce qui obligea à limiter à 60m la hauteur de ces tours. Il n’en reste que quelques-unes aujourd’hui et seule la torre asinelli se visite : beaucoup de marches pour une superbe vue sur la ville et les collines au loin. Idéal pour se mettre en jambe ! Juste à côté de la tour se trouve une pizzeria, pas chère du tout et avec moult choix, que je recommande.

     Les universités : Bologne l’estudiantine

L’université c’est la raison d’être de la ville mais depuis le Moyen-âge l’université a bien évidemment changé de place assez souvent. C’est Parsa, un iranien que Jéromine avait hébergé chez elle, qui nous a fait visiter le campus actuel : un campus qui rappelle Tolbiac en plus grand et plus classe aussi. Des fresques murales un peu partout, des banderoles de luttes, et une grande place sur laquelle se trouve la cafet’ et où les jeunes se retrouvent le soir pour discuter (ce qu’on a fait bien évidemment).
J’ai visité la vieille université seule : les couloirs décorés de blasons d’étudiants et de professeurs mènent à deux salles de classe dont la plus intéressante est la salle d’anatomie.

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Adresses: 

Ostera dell’Orsa, via Santa Caterina, 51 : excellentes pâtes al ragu, ambiance taverne très sympa et surtout on ne paie pas les couverts et le pain, c’est rare en Italie. (et aussi, c’est pas loin du fameux canal que l’on voit sur plein de photos)

Pizzeria Spacca Napoli, via San Vitale, 45a: ça ne vaut pas les pizzas de Naples bien sûr mais ce sont des très bonnes, et grosses pizza pour pas cher. Lieu de rendez-vous des étudiants.

Cremeria San Stefano, via San Stefano, 70: DES GLACES, l’indispensable en Italie. Celles ci sont très très bonnes et l’avantage c’est qu’il y a peu de monde qui vient dans cette boutique un peut excentrée.

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2.      Ravenne – au royaume des mosaïques

A ma grande honte j’avais déjà entendu parler de Ravenne mais j’étais absolument incapable de savoir où placer la ville sur une carte. Réponse : c’est entre Bologne et Rimini, suffisamment près pour y passer une journée. Et ce serait presque un sacrilège de ne pas le faire. Capitale des mosaïques la ville possède de nombreuses églises et basiliques où on peut admirer des mosaïques MAGNIFIQUES qui ont bien plus de gueule que le style baroque des églises italiennes. Pour visiter la ville le mieux est encore de payer un billet unique (12euros) qui permet de voir les principaux monuments, ça parait cher mais ca vaut le coup !

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Les mosaïques datent de l’époque paléochrétienne, et je suis très fière de pouvoir placer ce mot dans un article : grosso modo ici c’est la période qui va de la fin de l’Empire romain (où Ravenne a été un temps capitale d’Empire) au début des royaumes barbares. On trouve d’ailleurs le tombeau de Théodoric le roi des Ostrogoths. En gros c’est beau, c’est un art qu’on connait finalement assez peu et on met un 8/10 à cette ville ! Le seul petit bémol c’est qu’en avril commence la période des voyages scolaires pour les italiens, c’était donc blindé de groupes d’élèves, et les élèves ça fait du bruit.

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Pour manger: le marché de la piazza del popolo avec des spécialités italiennes de toutes les régions. J’ai – encore- mangé des suppli. J’adore.

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  1. Ferrare – Flâner en pleine Renaissance

3e jour, 3e destination : Ferrare. On change d’époque et on passe de l’Empire byzantin à la Renaissance, c’est la magie de l’Italie. Ferrare est encore plus près de Bologne et la ville est classée au patrimoine de l’Unesco mais…elle nous a bien moins plu que Ravenne. Peut-être parce que la façade de la cathédrale était en travaux – les échafaudages ça rend rarement bien en photo -, mais peut-être aussi parce qu’on a trouvé la ville un peu morne, pas très vivante comparée aux deux autres villes.

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Mais c’est toujours très agréable de se promener dans la ville et d’arpenter la plus vieille rue de la ville, la via dell volte, d’un bout à l’autre avant d’admirer la cathédrale qui reste superbe et originale malgré les travaux. Pour ceux qui aiment les visites historiques le Château d’Este – classé lui aussi -, massif et impressionnant est une vrai château fort en plein cœur de la ville. Mais nous on a préféré manger et boire un spritz à côté des douves au café Giori : idéalement bien placé et pas trop cher. Et encore une fois devinez ce qu’on a fait : on a bavardé !

Giori, piazza Savonarola (juste à côté du château, vue sur la cathédrale): petite véranda et terrasse, plats pas chers. Idéal pour une pause midi

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Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

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  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

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Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

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Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

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En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

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Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

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  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

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L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

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  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

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Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

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INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

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  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

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INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
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Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

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StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
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PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

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Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
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HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
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James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

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Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
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Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

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C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)