Mes classiques de l’année

A l’occasion de la rentrée littéraire, et aussi parce que je serais toujours plus ou moins calée sur l’année scolaire, j’en profite pour vous faire ma sortie littéraire en vous présentant les principaux classiques que j’ai pu lire cette année. Bien que j’adore lire les dernières parutions, les livres dont tout le monde parle ou encore les bouquins de plages qu’on ne se permet de lire que l’été, je tiens chaque année à m’imposer quelques « classiques ». S’ils sont souvent un peu plus difficiles d’accès au départ, ils justifient généralement le mal qu’on peut se donner à les lire que ce soit pour leur récit par lequel on se laisse happer, ou pour leur écriture qui parvient à nous séduire. Certains sont plus décevants ou ne parviennent pas à m’intéresser, mais pour être en droit de les critiquer il vaut tout de même mieux les avoir lus, quitte à sauter quelques passages. Je vous propose donc ici les classiques que j’ai découverts cette année, en espérant que ça vous donnera des idées.

 

  • Les Misérables, Victor Hugo

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu du Victor Hugo : j’avais adoré Quatre-Vingt-Treize, mais Notre-Dame-de-Paris m’avait semblé bien long. Deux possibilités : soit j’ai commencé par le meilleur, soit j’ai de plus en plus de mal à apprécier Hugo au fur et à mesure que je vieillis, le fait est que Les Misérables ne m’a plu qu’à moitié.

Synopsis: L’histoire vous la connaissez tous : Jean Valjean, Fantine et sa fille Cosette sont les trois héros de cette fresque historique se déroulant sur une vingtaine d’années, de la fameuse bataille de Waterloo aux émeutes populaires annonçant 1848.

Mon avis : On s’attache bien évidemment aux personnages, surtout aux personnages secondaires d’ailleurs, on veut savoir la suite de l’histoire MAIS pour lire Hugo il faut être prêt à perdre beaucoup beaucoup de temps en descriptions qui fourmillent de comparaisons et d’analogies historiques et culturelles. Je n’hésite pas à dire qu’il y en a trop.

J’ai eu vraiment du mal à achever la longue description de Waterloo, MAIS il faut la lire, il faut au moins en lire la fin car il s’y passe un des éléments clé du livre. Je ne trouve pas très gênant de passer sur la description du couvent ou encore sur les discussions philosophiques qui durent plusieurs chapitres et qui, bien qu’elles contiennent certains passages superbes où toute l’éloquence d’Hugo se dévoile – notamment sur la situation des prisons et prisonniers -, se perdent en détails peu utiles pour l’histoire. En revanche j’ai beaucoup apprécié la dernière partie décrivant la fameuse émeute où l’on retrouve Gavroche et où toutes les intrigues s’achèvent.

Lisez-le quand vous aurez le temps, ou que vous serez dans une dynamique Victor Hugo.

 

  • L’île mystérieuse, Jules Verne

C’est Victoria de Mango and Salt qui m’a donné envie de lire L’île mystérieuse, je n’avais jamais lu de Jules Verne et je ne savais pas par quoi commencer alors je me suis lancée après avoir lu sa critique.

Encore une fois mon avis est très partagé : j’ai suffisamment apprécié pour avoir envie de lire les autres ouvrages de cette « trilogie » Les enfants du Capitaine Grant et Vingt mille lieues sous les mers, mais le côté livre pour enfant m’a un peu déçue.

Synopsis : Etats-Unis fin de la guerre de Sécession, 5 hommes et un chien se retrouvent embarqués à bord d’une montgolfière qui s’échoue non loin d’une île déserte et qui pourtant fournit plusieurs années durant tout ce qu’il faut à nos aventuriers pour survivre d’où  son nom d’île Mystérieuse.

Mon avis : On suit la découverte et l’appropriation de l’île par ces colons imprévus et hormis quelques passages où des événements incompréhensibles font monter le suspens autour de l’étrangeté de l’île, Jules Verne s’attache surtout à décrire les étapes de cette colonisation de la terre. De la rédaction d’une carte géographique à l’organisation domestique et agricole de la colonie toutes les étapes de cette nouvelle vie sont détaillées avec précision au point qu’elles ressemblent par moment à un catalogue. Aucune notion sociale ou humaine dans cette histoire : tous les personnages sont très lisses, leur caractère défini dès les premières pages n’évolue pas et permet seulement de justifier des qualités de chacun et donc  la division du travail qui s’ensuivra.

MAIS il faut lire Jules Verne avec l’idée qu’on a ici affaire à un passionné de géologie et de découvertes scientifiques en tout genre, ce qui transparaît à chaque page du livre et qui le rend intéressant. On y constate l’attrait que pouvaient avoir à l’époque ces nouvelles sciences et ces innovations techniques. En outre l’écriture est très facile et malgré quelques longueurs le roman se lit plutôt vite.

Ce n’est surement pas le meilleur de Jules Verne, d’après ce que j’ai compris Les enfants du Capitaine Grant vaudraient plus le coup, c’est donc sur ma nouvelle liste de l’année.

 

  • Les raisins de la Colère, Steinbeck

Je commence cette critique par deux petits mots simples : LISEZ STEINBECK !

Comme vous pouvez le constater j’ai adoré Les raisins de la Colère. Attention je ne dis pas que c’est facile à lire mais ça vaut le coup, vraiment. Et ça vaut le coup de s’arrêter de temps en temps pour réfléchir et surtout comprendre ce qu’on vient de lire parce que Steinbeck c’est une critique sociale, une critique de l’économie, une critique du monde tel qu’on l’a construit, ça a beau avoir été rédigé lors de la Grande Dépression c’est tout à fait d’actualité.

Synopsis : Années 20, une famille de fermiers de l’Oklahoma se voit contrainte de quitter ses terres qui sont désormais travaillées par des machines accomplissant le travail agricole bien plus vite que des mains humaines. Comme des milliers d’autres miséreux ils partent le long de la route 66 en direction de l’Ouest, de la Californie où, parait-il, il y a du travail.

Mon avis :C’est un carnet de voyage très particulier que nous livre ici Steinbeck, une façon différente de voir cette célèbre route 66 qui avant de devenir la route des road trip était la route de l’espoir. Pourtant, vous vous en doutez, l’espoir il y en a peu, et surtout l’accueil des californiens n’est pas celui qu’on imaginait : entre racisme et exploitation des populations les plus miséreuses on découvre ici la société américaine, et notre société entière, dans ce qu’elle a de plus effrayant.

Steinbeck c’est une ambiance lourde mais pas une écriture difficile :les chapitres romancés sont entrecoupés de chapitres écrits à la troisième personne, souvent assez abstraits et qui ne sont autre que des réflexions et des condamnations de la société libérale, où le mal est cité dès les premières pages : « la banque ». Ça vous rappelle quelque chose ?

La force de Steinbeck c’est surtout d’avoir une écriture sublime dans ses dialogues, ses personnages usent de langages définissant clairement leur niveau social : phrases courtes, vocabulaire simple voire familier. En faisant parler ses héros, ou plutôt ses anti-héros, une atmosphère particulière se crée et donne toute la profondeur aux personnages et au livre tout entier.

 Conclusion: Lisez-le, vraiment! C’est prenant, ça met mal à l’aise et ça force à se poser des questions. Si vous avez peur je vous conseille de commencer Steinbeck par Des souris et des hommes, un ouvrage bien plus court mais qui permet d’apprécier d’autant plus le style particulier de son auteur.

 

  • L’amour au temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez

Pour finir sur une note plus absurde et joyeuse je vous conseille L’amour au temps du choléra même si, je l’avoue, le style décalé de Gabriel Garcia Marquez n’est pas le plus facile à lire, il faut se laisser prendre dans son jeu.

Synopsis : Dans une ville des Caraïbes le jeune héros, Fiorentino Ariza est fou amoureux de la belle Fermina Daza qu’il courtise mais qui lui préférera finalement le médecin Juvenal Urbino. Durant des années Fiorentino entretient sa flamme dans l’attente que Fermina soit un jour sienne.

Mon avis : Étonnante mais très jouissive l’écriture de Garbiel Garcia Marquez est très étrange : vous trouverez ici peu de dialogues, peu de rebondissements, et pourtant il s’en passe des choses. C’est l’histoire de toute une vie, d’un homme qui aime plus ou moins en silence. C’est surtout une histoire sur le temps qui passe et sur la maturité en amour comme ailleurs, et sur la nécessité de rester jeune quoi qu’il arrive.

La première difficulté tenait pour moi au faible nombre de chapitres, c’est basique mais je préfère des livres avec des chapitres courts, j’aime tourner la page et dévorer un nouveau chapitre alors qu’il faudrait mieux que j’aille me coucher, impossible ici. La deuxième c’est le style très indirect de l’auteur qui n’aide pas forcément à entrer dans l’histoire. Mais comme pour beaucoup de classiques ce qui compte ce n’est pas forcément l’histoire en elle-même mais ce que l’écrivain a voulu dire, et la façon dont il utilise les mots et le langage pour raconter des situations, transmettre des sensations, des idées.

Chez Gabriel Garcia Marquez tout semble être raconté d’un point de vue très extérieur ou du moins par un narrateur qui a du recul sur ce qu’il raconte, et qui ressent une certaine nostalgie mi-bienveillante, mi-moqueuse.L’Amour au temps du choléra se déguste lentement mais sûrement. Quelques longueurs selon moi mais on en sort apaisé, souriant, plein de reconnaissance envers la vie et l’amour.

C’est la fin de ma première édition des “livres que j’ai lus”. J’espère que ça vous a plu et que je ne me suis pas trop étendue sur le sujet, j’ai encore beaucoup de mal à faire des critiques de livres sans en raconter trop et sans trop analyser. J’espère surtout que ça vous donnera des idées de lecture. Et si vous avez des idées pour moi je suis preneuse aussi!

Aux frontières de l’Europe avec Paolo Rumiz

Après avoir lu de nombreuses critiques littéraires sur les blogs ces derniers temps – Mango and salt, Eleanor and Tea, Mathilde – j’ai eu envie moi aussi de vous parler des derniers ouvrages que j’avais pu lire et qui m’avaient plu ou pas. Mais plutôt qu’un sujet sur« mes dernières lectures » j’ai pensé que cet ouvrage de Paolo Rumiz valait un article à lui seul, parce qu’il est tout à fait en rapport avec la ligne éditoriale du blog et surtout parce que j’ai vraiment adoré cet auteur !

J’ai découvert ce livre dans le métro parisien, attirée d’abord par les ongles rouges de la jeune fille en face de moi qui contrastaient tout à fait avec l’ouvrage qu’elle tenait dans ses mains, la couverture a ensuite retenu mon attention, puis le titre « Aux frontières de l’Europe ». J’ai photographié cet instant pour me souvenir du titre et du nom de l’auteur, de crainte de les oublier . Quelques jours plus tard Victoria de Mango and Salt le propose dans son club lecture mensuel. C’est un signe, je cours l’emprunter à la bibliothèque, même si ce n’est pas le livre élu pour le club lecture du mois, et, après avoir fini de lire Sylvain Tesson,  je me plonge enfin dans ce nouveau récit de voyage de l’Italien Paolo Rumiz, pour partir aux confins de l’Europe.

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Lassé de cette Europe qui impose son centre géographique entre Bruxelles et l’Italie, Paolo Rumiz décide de partir avec sa compagne sur la frontière orientale de l’Europe, celle qui sépare ces pays presque asiatiques et sous l’influence de la Grande Russie  de l’Union Européenne, cette frontière imposée qui n’est délimitée par aucune montagne, aucun fleuve, seulement par la décision de l’Homme. Partant de la mer de Barents entre la Finlande et la Russie, Rumiz  et sa compagne photographe  descendent jusqu’à la mer Noire, à la rencontre de cette frontière.

Borée, Carélie, Courlande, Carpates en passant par l’enclave intrigante de Kaliningrad, Paolo Rumiz traverse des contrées mystérieuses aux noms évocateurs et nous fait découvrir autant de paysages inconnus que de peuples laissés pour compte. En cherchant à connaître cette frontière il nous montre qu’elle n’est pas toujours là où l’on croit. Qu’est-ce qui différencie un Finlandais d’un Russe ? Un Ukrainien d’un homme de Crimée ? Un peu avant les événements qui vont secouer l’Europe de l’Est, Paolo Rumiz nous permet de mieux connaître et de comprendre ces peuples dont on parle si peu, se faisant par moment, sans le savoir, le prophète de temps sombres qui s’annoncent.

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La force du récit de Rumiz c’est sa simplicité et son authenticité. Il retransmet les rencontres à la manière d’un journaliste en interview et nous fait vivre pleinement les aventures humaines qui enrichissent son voyage. Comment ne pas avoir envie de prendre le premier train pour la Russie à la lecture des leçons de vie données par une vieille habitante du lac Onega ?  Entrecoupant ses récits d’informations historiques et géographiques , Rumiz nous livre ici une petite encyclopédie de régions méconnues et où, pour tout dire, nous n’aurions même pas eu l’idée de mettre les pieds. Il conte leur histoire et décrypte leurs coutumes et leurs rites, principalement orthodoxes, l’immense Eglise russe étendant son influence du nord au sud.

Ses réflexions de voyage et sur le voyage devraient parler à tout voyageur – qu’il soit backpacker ou non. Un exemple qui m’a beaucoup amusée : chaque fois qu’il quitte un paysage particulier ou une communauté d’hommes, Rumiz semble déçu de ce qu’il découvre ensuite, comme si le meilleur était forcément passé, qu’au fur et à mesure qu’il se rapproche de cette Union Européenne- en passant notamment par la Pologne et la Roumanie – l’exotisme était moindre, le voyage  plus aussi chantant et coloré. Puis au rythme des nouvelles rencontres il apprend à aimer tout autant que les autres cette nouvelle destination.

Enfin cet ouvrage pose la question : où est vraiment le centre de l’Europe ? Est-ce Bruxelles et ses institutions ? Ou est-ce, comme le suggère Paolo Rumiz, cette Europe de l’Est où se sont croisés et mélangés des siècles durant des dizaines de peuples européens : Polonais, Russes, Allemands, Roumains, Italiens, dont les folklores si proches résonnent  toujours aujourd’hui là où selon Rumiz se trouve l’âme de l’Europe.

 

Sylvain Tesson, la Sibérie et Strasbourg

Je reviens, un peu tardivement avec un article littéraire/personnel : ce mois-ci c’était la première fois que je participais au club de lecture de Mango and Salt, il faut dire que le sujet m’intéressait beaucoup puisque qu’il s’agissait de récits de voyage, donc plutôt le genre de bouquins que je lis en ce moment. Mon choix initial n’était pas du tout Dans les forêts de Sibérie, mais je me disais bien qu’il faudrait que je le lise un jour alors c’était l’occasion. Le synopsis le voici : Sylvain Tesson décide, après de multiples voyages, de tester une nouvelle expérience la vie d’ermite. Il part avec ce qu’il faut pour vivre – des livres et de la vodka – se reposer loin de la société dans une cabane sur le lac Baïkal avec des voisins à 3 jours de marche.   Comme prévu j’ai adoré même si j’ai été dans un premier temps un peu déconcertée. Après avoir lu Nicolas Bouvier et Alexandra David-Neel je ne m’attendais à un récit très travaillé et non à un véritable journal de bord qui semble à peine repris par l’éditeur.

Sylvain Tesson livre durant six mois ses pensées, sans forcément de logique, sans  but précis, il nous raconte le monde qu’il voit, les réflexions qui lui viennent, et qui pourraient bien souvent être les nôtres. Beaucoup de passages ont fait écho à mes propres pensées : des choses triviales d’abord comme le choix des livres à emporter en voyage, même s’il est vrai qu’un long voyage est le meilleur moyen pour se forcer à lire un livre qu’on n’ose pas commencer, je sais aussi, comme il le dit très bien, qu’il est illusoire de penser se cultiver tout le temps, on a besoin de lectures dites « coupables » qui n’impliquent pas une once de réflexion, erreur que j’ai faite à plusieurs reprises. Puis ses observations de la nature, du soleil qui se lève, se couche, de sa lumière, de la neige, des chants des oiseaux, les réflexions du temps qui passe ou qui ne passe plus, du travail de l’homme, des sociétés aliénées, je me suis aperçue que tout ça me parlait car j’avais plus ou moins le sentiment d’avoir moi-même vécu en ermite dans ma petite ville de Strasbourg pendant ces sept derniers mois.

De la Sibérie à Strasbourg certes il y a un monde me direz-vous; Mais en comparant avec la vie que je menais à Paris, et que Sylvain Tesson décrit parfaitement – ce besoin de faire des choses tout le temps, de voir des gens, de bouger, de sortir sans être jamais rassasié -, ma vie en Alsace semble relativement vide. Ici toutes ces sorties et ces rendez-vous me sont impossibles puisqu’à part deux personnes je n’ai su  avec qui sortir. Est-ce pour autant une vie fade ? Que Nenni ! Sans être une ermite j’ai appris ici à vivre seule, seule dans la société. Et j’ai eu aussi du temps pour penser – un peu trop même -, pour réfléchir, pour me cultiver. J’ai pris une carte de bibliothèque, une carte de cinéma et j’ai vu et lu en quelques mois plus que ces trois dernières années. Mais plus que tout j’ai pris le temps, ou plutôt j’ai pris conscience du temps qui pouvait passer ou non. Et de ces week-end seule qui m’effrayaient en début d’année sont devenus des week-end qui passaient à une allure folle tandis que je prenais le temps et surtout le plaisir de m’ennuyer.

Dans les Forêts de Sibérie est une ode à la beauté, à la simplicité de la vie et permet, à travers l’expérience de Sylvain Tesson, de prendre du recul face à la vie que notre société occidentale nous conduit à mener. La vodka remplace le café et les taciturnes Sibériens nous paraissent peu à peu bien sympathiques sous la plume de Tesson, une atmosphère froide et pourtant chaleureuse se dégage de toute cette leçon de vie. On y apprend, ou ré-apprend l’importance des petits gestes qui structurent notre quotidien, la discipline que l’on s’impose à soi-même et qui nous rend vivant. Loin de l’image des ermites chrétiens qui fuient les hommes par mépris et restent sur leur colonne à réfléchir à la vie, Sylvain Tesson est un ermite qui ne souhaite que retrouver l’essentiel. En se confrontant aux réalités physiques de la vie : se nourrir, couper son bois, faire des kilomètres pour trouver à qui parler, il nourrit sa réflexion et sa compréhension du monde. Il perçoit combien l’homme s’adapte vite et  désapprend vite la société, l’ermite retrouve ses marques et se suffit presque à lui-même, si bien que la moindre visite d’autrui devient un véritable chamboulement dans le quotidien. De même que Tesson se plaint de recevoir, j’ai mal vécu mes courts séjours à Paris : l’agitation, les gens à voir alors que je suis habituée à voir une, voire deux personnes par semaine. Même si elle manque, cette vie sociale demande une réadaptation.

J’avais initialement prévu de reprendre ce récit pour annoter toutes les phrases qui m’avaient plu et dont je voulais absolument me souvenir. Mon emprunt de bibliothèque arrivant à échéance je n’ai malheureusement pas pu mais je suis résolue à acheter cet ouvrage pour pouvoir le conseiller et le prêter à tout le monde. Des glaces du lac Baïkal et de ce petit carnet de bord d’un ermite se dégagent un calme et un apaisement bien utile pour qui se sent fatigué de ce monde où tout va si vite.

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