Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.

Week-end en Emilie-Romagne

« Chiacchierare », c’est le terme en italien pour dire « bavarder, jaser ». chiacchierare c’est ce qu’on faisait quand on a raté notre train pour Ravenne, c’est ce qu’on a fait aussi en dévorant notre pizza le soir, et encore en déambulant dans les ruelles de Ferrare.  D’ailleurs cet article aurait dû s’intituler « Chiacchierone e golose (pipelettes et gourmandes) in Emilie-Romagne» parce que c’est encore ce qui résume le mieux ces trois superbes journées de printemps qu’on a passées dans la région de Bologne exactement à mi-chemin entre la Grèce et la France.

Mais on n’a pas fait QUE ça : entre deux pauses on a réussi à faire bien plus que nos 10 000 pas par jour et puisque les lignes ferroviaires nous permettaient de rayonner facilement dans toute la région depuis la principale ville on est parties à la découverte de l’Emilie-Romagne : Bologne, Ravenne et Ferrare, 3 jours pour trois étapes et un week-end que je recommande chaudement.

1.      Prendre son temps à Bologne

J’aime Bologne. D’abord parce que dans mon imaginaire elle évoque les premières universités du monde (avec Oxford, Paris et Montpellier), mais aussi Umberto Eco et d’autres grands savants. Ensuite parce qu’on y parle  un italien que je comprends, et c’est sûrement ici que je conseillerais d’aller pour apprendre un italien parfait (pas chuintant comme dans le sud, pas trop articulé comme dans le nord). Enfin parce que c’est ici qu’on fait les meilleurs Pasta Al Ragù, mon plat préféré depuis que je peux manger des pâtes. Bologne est une ville vraiment sympa, sa particularité est de posséder des kilomètres d’arcades qui remplacent les trottoirs – très pratique s’il pleut – et d’être toute en architecture rouge et ocre. Les couleurs, les odeurs et les bruits de l’Italie nous captent dès qu’on arrive en ville. C’est beau, pas trop grand et si vivant ! On a surtout aimé y flâner en revenant aux mêmes endroits à plusieurs reprises parce qu’on s’y sentait bien.

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 Piazza Magiore

La place centrale dominée par la basilique inachevée de San Petronio  étonne par le contraste entre son marbre rose et blanc et sa partie en pierre encore rouge. Autour de la place se trouvent d’autres édifices médiévaux dont le Palazzo communale (je n’ai toujours pas compris lequel c’était), malheureusement pour nous la fontaine qui est apparemment un peu  coquine était recouverte pour travaux, le gros divertissement de la place restait donc le wifi gratuit dont on pouvait profiter face à ces superbes monuments. Le dernier jour un événement était organisé sur la place : des groupes de participants devaient reconstruire avec des bouts de cartons des portes et des édifices connus de la ville, ils avaient plusieurs heures, sur un fond de Rhianna c’était super sympa de déambuler parmi les groupes et d’observer leur travail d’équipe. La veille on avait assisté à une course de nuit – sans but particulier juste parce que c’est fun nous ont dit les habitants – ça m’a confirmé la coolitude de la ville.

Piazza San Stefano et ses 7 églises

Assurément LE coup de cœur de la ville : ce n’est que le dernier jour que je me suis décidée à enfin pénétrer dans ce complexe architectural médiéval qui vaut franchement le coup (cloitres, églises romanes très épurées et très belles) mais on y est retournées souvent. En passant, en s’arrêtant pour regarder, en s’arrêtant pour dessiner – grande réussite. La place me fait penser un peu à Sienne, mêmes couleurs et même type de bâtiment, mais avec des étudiants de partout et beaucoup moins ce côté ville-musée.

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     Les torre – Torre Asinelli

Comme vous l’explique Jéromine dans son super vlog de ce week-end ici, auparavant Bologne était peuplée de tours qui personnifiaient les grandes familles de la ville et servaient de blason. Orgueil oblige chacun voulait une tour plus haute que son voisin et elles avaient  tendance à s’effondrer les unes sur les autres ce qui obligea à limiter à 60m la hauteur de ces tours. Il n’en reste que quelques-unes aujourd’hui et seule la torre asinelli se visite : beaucoup de marches pour une superbe vue sur la ville et les collines au loin. Idéal pour se mettre en jambe ! Juste à côté de la tour se trouve une pizzeria, pas chère du tout et avec moult choix, que je recommande.

     Les universités : Bologne l’estudiantine

L’université c’est la raison d’être de la ville mais depuis le Moyen-âge l’université a bien évidemment changé de place assez souvent. C’est Parsa, un iranien que Jéromine avait hébergé chez elle, qui nous a fait visiter le campus actuel : un campus qui rappelle Tolbiac en plus grand et plus classe aussi. Des fresques murales un peu partout, des banderoles de luttes, et une grande place sur laquelle se trouve la cafet’ et où les jeunes se retrouvent le soir pour discuter (ce qu’on a fait bien évidemment).
J’ai visité la vieille université seule : les couloirs décorés de blasons d’étudiants et de professeurs mènent à deux salles de classe dont la plus intéressante est la salle d’anatomie.

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Adresses: 

Ostera dell’Orsa, via Santa Caterina, 51 : excellentes pâtes al ragu, ambiance taverne très sympa et surtout on ne paie pas les couverts et le pain, c’est rare en Italie. (et aussi, c’est pas loin du fameux canal que l’on voit sur plein de photos)

Pizzeria Spacca Napoli, via San Vitale, 45a: ça ne vaut pas les pizzas de Naples bien sûr mais ce sont des très bonnes, et grosses pizza pour pas cher. Lieu de rendez-vous des étudiants.

Cremeria San Stefano, via San Stefano, 70: DES GLACES, l’indispensable en Italie. Celles ci sont très très bonnes et l’avantage c’est qu’il y a peu de monde qui vient dans cette boutique un peut excentrée.

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2.      Ravenne – au royaume des mosaïques

A ma grande honte j’avais déjà entendu parler de Ravenne mais j’étais absolument incapable de savoir où placer la ville sur une carte. Réponse : c’est entre Bologne et Rimini, suffisamment près pour y passer une journée. Et ce serait presque un sacrilège de ne pas le faire. Capitale des mosaïques la ville possède de nombreuses églises et basiliques où on peut admirer des mosaïques MAGNIFIQUES qui ont bien plus de gueule que le style baroque des églises italiennes. Pour visiter la ville le mieux est encore de payer un billet unique (12euros) qui permet de voir les principaux monuments, ça parait cher mais ca vaut le coup !

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Les mosaïques datent de l’époque paléochrétienne, et je suis très fière de pouvoir placer ce mot dans un article : grosso modo ici c’est la période qui va de la fin de l’Empire romain (où Ravenne a été un temps capitale d’Empire) au début des royaumes barbares. On trouve d’ailleurs le tombeau de Théodoric le roi des Ostrogoths. En gros c’est beau, c’est un art qu’on connait finalement assez peu et on met un 8/10 à cette ville ! Le seul petit bémol c’est qu’en avril commence la période des voyages scolaires pour les italiens, c’était donc blindé de groupes d’élèves, et les élèves ça fait du bruit.

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Pour manger: le marché de la piazza del popolo avec des spécialités italiennes de toutes les régions. J’ai – encore- mangé des suppli. J’adore.

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  1. Ferrare – Flâner en pleine Renaissance

3e jour, 3e destination : Ferrare. On change d’époque et on passe de l’Empire byzantin à la Renaissance, c’est la magie de l’Italie. Ferrare est encore plus près de Bologne et la ville est classée au patrimoine de l’Unesco mais…elle nous a bien moins plu que Ravenne. Peut-être parce que la façade de la cathédrale était en travaux – les échafaudages ça rend rarement bien en photo -, mais peut-être aussi parce qu’on a trouvé la ville un peu morne, pas très vivante comparée aux deux autres villes.

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Mais c’est toujours très agréable de se promener dans la ville et d’arpenter la plus vieille rue de la ville, la via dell volte, d’un bout à l’autre avant d’admirer la cathédrale qui reste superbe et originale malgré les travaux. Pour ceux qui aiment les visites historiques le Château d’Este – classé lui aussi -, massif et impressionnant est une vrai château fort en plein cœur de la ville. Mais nous on a préféré manger et boire un spritz à côté des douves au café Giori : idéalement bien placé et pas trop cher. Et encore une fois devinez ce qu’on a fait : on a bavardé !

Giori, piazza Savonarola (juste à côté du château, vue sur la cathédrale): petite véranda et terrasse, plats pas chers. Idéal pour une pause midi

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Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

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  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

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Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

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Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

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En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

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Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

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  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

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L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

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  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

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Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

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INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

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  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

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INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
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Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

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StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
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PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

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Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
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HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
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James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

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Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
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Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

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C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI. 

Chronique parisienne 4 – Une semaine féministe

  • Expo du moment – “Présumées coupables” aux Archives Nationales

Pour finir cette semaine toute féministe je suis allée samedi dernier au CARAN, le centre des Archives Nationales au cœur du Marais, pour y voir l’exposition « Présumée coupables ». Malgré le monde – qui eut pensé qu’une expo sur ce thème serait bondée ? – je suis sortie plutôt satisfaite de cette visite.

Pièces d’archives à l’appui, l’expo retrace cinq  types de condamnation en justice pour les femmes depuis le Moyen-âge jusqu’à la Libération : les sorcières, les empoisonneuses, les pétroleuses, les collaboratrices et les infanticides. Cinq crimes majeurs qui conduisent des femmes en procès,  crimes pour lesquelles elles sont souvent condamnées, mais pas toujours ! L’exposition détaille non seulement le déroulement des procès mais également les processus qui conduisent ces femmes à se retrouver en Justice : délation, profils particuliers (âge, vie marginale, etc), situations difficiles qui poussent au meurtre ou à l’abandon de son enfant, …

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Le CARAN – Centre de Recherche des Archives Nationales
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Cour de l’Hôtel de Soubise

Le gros plus : les archives sont dans les vitrines, passionnantes pour qui est paléographe mais peu évocatrices pour les profanes MAIS des écrans proposent la transcription des textes en vieux français et également la traduction en français d’aujourd’hui. On peut ainsi lire les procès verbaux de dizaines et de dizaines de femmes qui décrivent leurs danses sataniques, le calvaire de l’inceste, ou encore les raisons de leur « collaboration horizontale ».

Même si on s’y connait sur certains sujets – par exemple le Moyen-Âge – on apprend forcément quelque chose sur les autres périodes : pour ma part je ne connaissais rien aux pétroleuses, et je n’avais jamais eu l’occasion d’en savoir plus sur les femmes tondues de la libération que ce que nous offrent à voir les films de l’époque (qui sont très durs à regarder je trouve).

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Enfin : avoir accès à des documents d’archives est pour moi quelque chose de toujours émouvant, qu’il s’agisse de procès du XIIIe siècle ou de lettres de Louise Michel. Permettre que cette mémoire commune soit diffusée à tous même sur de courtes périodes, seulement lors d’expositions, est primordial ! Il est donc important d’encourager les Archives Nationales qui organisent régulièrement des expositions, souvent quelque peu politiques, et toujours passionnantes !

L’exposition a lieu à l’Hotel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois (métro Rambuteau) jusqu’au 27 mars 2017 – 6€ l’entrée plein tarif

Pour en savoir plus: site des archives nationales

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  • Un magazine: CAUSETTE

Il y a deux mois alors que j’attendais patiemment le RER pour rentrer chez les parents en trainant dans le Relais du coin j’ai décidé d’acheter Causette, ce magazine féministe que je n’avais jamais ouvert. J’avais dans les poches tout pile le prix, les textes avaient l’air de valoir le coup, adjugé-vendu ! J’ai eu raison. Malgré le prix prohibitif – mais c’est le cas de tous les magazines il me semble – j’ai dévoré le numéro de janvier, j’ai fait exprès de le laisser chez mes parents, chez mon copain pour le faire lire au plus de monde possible. Causette adopte un ton très ironique, impossible à apprécier si vous n’êtes pas trop second degré : des chapeaux politiquement incorrects comme « Aimer les enfants c’est ne pas en faire ? » pour n’en citer qu’un, avec une ligne éditoriale avant tout féministe mais qui parle aussi beaucoup de politique, des reportages inédits sur d’autres parties du monde. Bref un ensemble qui me plait : je trouve toujours un article à lire selon mon moral. Petit bémol : je pense ne pas être tout à fait d’accord avec leurs critiques culturelles, pas assez critiques justement, à l’inverse du reste du magazine.

 Pour celles – ou ceux –  qui trouveraient cela trop cher, pensez à regarder dans votre médiathèque, la mienne l’achète chaque mois, et un abonnement à la médiathèque est toujours moins cher.

  •  Podcast: “Le dictionnaire du féminisme” sur France Inter

Je me suis longtemps dit qu’il faudrait que je profite des tâches répétitives au boulot pour écouter des postcasts, c’est chose faite cette semaine après avoir vu passer sur twitter une annonce pour un épisode de « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun –France Inter – sur le féminisme, ou plus exactement sur le Dictionnaire du féminisme, paru il y a peu aux Presses Universitaires de France sous la direction de Christine Bard.

Christine Bard n’est pas une inconnue, c’était la prof de Jéromine, l’archivoyageuse, pendant sa licence d’histoire, et c’est surtout celle qui a fondé en 2000 le centre d’archives du féminisme. Pourquoi un centre d’archives ? Parce que dès le départ les féministes, et  les associations féministes ont produit de nombreux documents, collectés et réunis en 3 lieux : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine et la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris, et la BU d’Angers où le fonds d’archives est accompagné d’un fonds documentaire unique de 10000 ouvrages sur le thème du genre et du féminisme.

 Pour en savoir plus je vous conseille, bien entendu, d’écouter le podcast !

Sissi & Cie – Les incontournables de Vienne

Quand on parle de Vienne on entend la valse, Schubert, Mozart, on voit les calèches et les belles robes à crinolines qui se pressent sur le chemin de l’Opéra et du Hofburg. On s’imagine l’immense Empire qui va du monde Ottoman à la France. Bref Vienne c’est avant tout la capitale de l’Empire austro-hongrois  et la ville de Sissi, il était donc impensable que je ne vous parle pas de la Vienne impériale et de ses incontournables.

  • Schönbrunn

Le château 

En allant à Vienne il n’y avait qu’une chose que je connaissais : Schönbrunn, le palais de Sissi. Hélas j’ai eu quelques déconvenues en visitant le Versailles autrichien : premièrement quand on connait Versailles on ne peut manquer de voir que…c’est tout de même moins Wouao, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. Plusieurs formules sont offertes pour visiter le château et ses jardins, vous avez notamment le choix entre le grand tour de 22 salles et le tour impérial de 41 salles.

Craintifs on a préféré prendre le tour de 22 salles, imaginant qu’on allait être bien vite fatigués, 22 salles ça parait déjà énorme ; sauf que les pièces de Schönbrunn ne font pas la taille des pièces de nos châteaux français. Schönbrunn est certes un château impérial mais c’est aussi un château familial où se retrouvait l’Empereur pour échapper un peu au vacarme de Vienne, tout ça donne une ambiance assez cosy et un goût de trop peu quand on achève la visite « courte ». Même s’il y a du monde, il est possible de visiter le château agréablement, je n’ai vu aucun rassemblement en troupeau, le trafic est fluide, les informations pas trop nombreuses mais suffisantes.

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Bref, Schönbrunn est une visite qui ne ressemble pas à ce que j’en attendais mais qui m’a beaucoup plu, en partie parce qu’elle permet de se rendre compte du mode de vie d’un Empereur au XIXe siècle. MAIS seconde déconvenue : j’apprends alors que Sissi ne vivait presque pas dans ce château, à vrai dire elle ne vivait presque pas à Vienne ET pire que tout, elle n’aimait même pas vraiment son mari. Alors quoi ? Depuis toutes ces années on nous ment ? Le château de Sissi n’est en fait pas du tout son château ? Cruelle déception dont je ne me remets pas.

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 Le parc

Ce que j’ai préféré à Schönbrunn c’est probablement son parc. En Automne et en hiver je pense qu’il vaut encore plus la balade : pour le côté romantique ou pour les couleurs chaudes des arbres. On a passé une bonne après-midi à se promener. Même si je n’aime pas spécialement les jardins à la française, celui-ci m’a plu, et j’ai surtout aimé toutes les visites qu’il y a à faire dans le parc. Comme tout était payant on a laissé de côté le zoo, le labyrinthe, et nous nous sommes contentés d’aller aux serres impériales du parc. J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les serres botaniques qui sont une de mes visites préférées, alors je me devais de visiter celles de Schönbrunn.

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J’aime les serres tropicales pour leur architecture de fer, pour leur ambiance «Je pars faire une expédition dans les forêts d’Afrique », j’ai l’impression d’être vraiment de retour au XIXème siècle, même si la colonisation n’’était pas une bonne chose, , cette découverte de la faune et de la flore des pays lointains et exotiques ça me fait toujours de l’effet. En plus il fait chaud dans des serres tropicales, donc c’est idéal pour un temps d’automne et d’hiver. N’étant pas Crésus on s’est contenté de la palmeraie en négligeant la serre aux cactus et autres espèces du désert. Ce n’était pas vraiment la période où les fleurs sont écloses et où mille couleurs viennent vous chatouiller les pupilles, mais les camaïeux de vert m’ont suffi pour m’imaginer en Jane bravant tous les dangers de la jungle.

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  • Le centre de Vienne 

De la cathédrale au Hofburg, d’un café viennois à un autre, on traverse forcément à plusieurs reprises le centre de Vienne dont la vie est encore rythmée par les sabots des calèches qui ne transportent plus les aristocrates mais les touristes. Aucune véritable recommandation à vous faire : le mieux est encore de se laisser guider par son instinct et ses envies, de lever la tête pour apercevoir les palais, de ne pas hésiter à se rendre dans les cafés pour percevoir la grandeur de la Vienne d’antan.

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Une visite que je recommande cependant, surtout si vous avez des enfants : le musée de la musique. A défaut de pouvoir aller à l’Opéra nous avons essayé de comprendre ce qu’est la musique et ce qu’est le bruit. L’avantage de ce musée c’est qu’il est à moitié prix de 20h à 22h, et il est assez original et instructif pour que tout le monde l’apprécie : partant des sons qu’entend le bébé dans le ventre de sa mère, à la création artistique des grands compositeurs viennois, on apprend beaucoup sur la conception du bruit et de la musique.

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  • Le parc d’attraction du Prater

Troisième jour à Vienne, après le centre et Schönbrünn on décide de se la couler douce en se rendant « hors des sentiers battus » au nord de la ville : au parc du Prater. Je n’en avais jamais entendu parler et ce fut donc une super découverte. Le Prater c’est d’abord un parc, celui dans lequel Sissi aimait à se promener à cheval quand elle résidait à Vienne et qui est depuis 1964 interdit aux voitures. On y croise des gens qui font du jogging et des chevaux, toujours; mais c’est aussi un parc d’attraction ou fut construit en 1894 la grande roue, emblème de Vienne, cette grande roue qui fonctionne toujours aujourd’hui, avec ses vieilles cabines qui font un peu peur.

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Comme une fête foraine permanente de nombreuses attractions s’organisent autour de la grande roue : moult maisons hantées, des montagnes russes, notamment les montagnes russes en bois les plus vieilles d’Europe– d’après le guide -, des jeux d’eaux et les habituels de toute fête foraine (auto-tamponneuses, marchands de glaces, etc.). Le côté suranné du parc et le super beergarten d’habitués qu’on a trouvé pour manger le midi ont achevé de me convaincre que cette visite méritait qu’on en parle.

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Vienne – Parcours sécession viennoise

Aujourd’hui nouvel article sur Vienne et je vous propose une vision de la ville un peu hors des sentiers battus. Je dis bien « un peu » puisqu’en fait il s’agit de visites que l’on trouve dans tous les guides de voyage mais qui font rarement parti du « must do ».  Vous l’aurez compris depuis quelque temps, j’apprécie de plus en plus l’architecture, en particulier l’architecture que j’ai déjà étudiée lors de mes cours d’histoire de l’art, et c’est donc évident pour moi de réserver presque une journée à un parcours archi quand je suis dans une ville connue pour ça : malheureusement à Vienne les bâtiment intéressants sont dispatchés, je n’ai pas pu tous les voir, et il vaut mieux les intégrer dans d’autres balades et en voir un peu tous les jours. Peu importe je vous donne ici un aperçu de où voir la Sécession Viennoise à Vienne.

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Vous avez tous entendu parler de Klimt et de son baiser, l’un des tableaux les plus célèbres du monde, d’autant plus célèbre que vous avez dû voir traîner ces derniers temps sur facebook la pub de booking.com où un jeune homme invite sa copine à Vienne pour voir ce fameux baiser. Klimt c’est le symbole de ce courant artistique du début du XXe siècle qu’on a appelé « Sécession viennoise » et qui emprunte un peu à l’Art Nouveau et évoque les courants plus épurés qui se développeront par la suite. Cette sécession viennoise dont les membres les plus connus sont des peintres : Egon Schiele et ses corps décharnés ou encore Oskar Kokoshka, s’est également exprimée dans l’architecture si foisonnante en ce début de siècle, et dont les figures les plus emblématiques restent les architectes Adolph Loos et Otto Wagner. Et c’est essentiellement autour des œuvres de ces deux derniers que s’articule ma balade, alors en route !

  • Karlspatz : Un manifeste de la Sécession viennoise

Un peu d’histoire 

C’est en 1897 que naît le mouvement de la Sécession viennoise, rassemblant des architectes et plasticiens autour d’une revue papier qui expose pour but de renouveler l’art viennois en se distinguant du vieil art viennois, et en ouvrant la réflexion artistique aux échanges internationaux en partie pour lutter contre la montée des idées nationalistes que l’on observe partout en Europe (tiens c’est curieux, ça me rappelle quelque chose…). Au nom de ces principes les sécessionnistes créent leur propre espace d’exposition : le palais de la Sécession, construit par Josef Olbrich sur la Karlsplatz de Vienne.

Je n’ai pas visité le pavillon de la Sécession pour la bonne raison que c’est apparemment très cher pour ce que c’est : selon les guides, et selon certaines connaissances qui l’avaient visité, ça ne valait pas forcément le coup (ni le coût) malgré la superbe fresque de Klimt. Bien évidemment je pense que lorsqu’on s’y connait vraiment bien en architecture et qu’on est apte à en comprendre toutes les subtilités c’est un passage obligé à Vienne. Quoi qu’il en soit j’ai tout de même pris quelques photos de l’extérieur, bien qu’un peu déçue de l’aspect. J’imaginais ce bâtiment plus grand, mieux placé, et je ne le trouve pas du tout mis en valeur…

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Un peu plus loin de ce manifeste architectural se dressent les deux pavillons du métro,œuvres de Otto Wagner. Autant dire que j’ai préféré : l’une des particularités de la sécession viennoise c’est l’utilisation de l’or sur une architecture très classique et épurée. En prime, comme pour l’Art Nouveau, les sécessionnistes aiment user de matériaux peu nobles comme l’acier offrant un certain contraste que je trouve pour ma part très harmonieux. Vous remarquerez enfin des motifs dits « naturalistes » -fleurs, courbes rappelant la nature – propres à la 2nde sécession – un mouvement sécessionniste au sein même de ce mouvement – qui a rassemblé notamment Klimt ou Otto Wagner.

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  • Naschmarkt ou Belvédère ?

Depuis la Karlsplatz deux options s’offrent à vous : d’un côté faire un tour au musée du Belvédère qui abrite les plus célèbres œuvres de Klimt, de l’autre redescendre la Linkeweize… pour découvrir deux autres bâtiments d’Otto Wagner, option à favoriser si on est samedi, jour du marché.

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Il est difficile de rater ces deux réalisation de Wagner, baptisées maison des majoliques et maison des médaillons : elles se distinguent suffisamment des autres immeubles pour capter immédiatement le regard. On y retrouve encore toutes les spécificités de la sécession : fleurs, or, et moi j’adore. Enfin le gros plus de cette balade c’est le Naschmarkt, ce marché qui se déroule tous les samedis : à la fois un marché d’antiquités et un marché où manger. Des petits restaurants, presque des biergarten, ouvrent leurs portes ou étalent des tables sur le bitume pour vous servir des spécialités viennoises et surtout des spécialités orientales. Longtemps Vienne a été la porte d’entrée de l’Orient et on ne peut pas l’ignorer en passant devant les étals de nourriture bulgare, turque, grecque, russe ou même indienne et chinoise. Un véritable tour du monde en quelques pas.

S’il est l’heure de prendre le thé, le café Savoy se trouve tout près des immeubles d’Otto Wagner, un vieux café viennois comme on les aime.

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  • Eglise Saint-Leopold am Steinhof 

Il faut le vouloir et avoir un peu de temps pour aller visiter l’Eglise construite –encore une fois – par Otto Wagner qui se trouve un peu à l’écart du centre. Cette église se trouve au cœur d’un centre hospitalier dont les pavillons sont peu à peu vendus aux particuliers, et qui offre une promenade bien agréable en début d’automne ou au printemps. Il faut monter tout en haut du centre, aux abords d’un bois pour avoir accès à cette fameuse église qui m’est apparue bien plus grande que je l’imaginais, et pour 2€ seulement, je pense qu’il est plus intéressant pour ceux qui n’y connaissent pas grand-chose de se rendre ici plutôt qu’au Pavillon de la Sécession. Grande, belle, épurée, fourmillant de détails, avec des superbes vitraux et un autel magistral : voici une visite que je recommande à tous. Les images parleront mieux que les mots.

Pour s’y rendre : ligne 3 jusqu’au terminus Ottokringer puis bus 48A jusqu’à l’asile psychiatrique.

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  • De l’art partout…

Je n’ai pas pu tout voir et tout faire et il reste encore de nombreux bâtiments que je n’ai pas visités mais qui sont, à mon avis, peu accessibles au public non initié. Si vous le souhaitez, vous pouvez cependant au moins passer devant ces façades si particulières, témoignages d’une période riche des mouvements artistiques viennois et allemands.

Looshaus, d’Adolf Loos : sur la Michaelerplatz, face au palais du Hoffburg, il abrite aujourd’hui une banque.

La Caisse d’épargne de la Poste, d’Otto Wagner : n°2 Georg Coch Platz, l’un des éléments les plus caractéristiques de ce courant, je suis pour ma part très dubitative devant une telle pureté. Autrement dit: il n’y a presque rien.

La pharmacie de l’Ange, d’Otto Wagner : n°9 Bognergasse

 Café Museum, d’Adolf Loos : Karlsplatz

Leopold Museum : abrite les œuvres des principaux peintres de la sécession viennoise.

J’achève enfin ce parcours d’architecture avec un descendant de la sécession viennoise, bien que son style se rapproche en vérité davantage de Gaudi et des premiers architectes Art Nouveau : il s’agit de Friedenreich Hundertwasser. A la fois peintre et architecte de la fin du XXe siècle, un musée lui est consacré à Vienne non loin du bâtiment qui l’a rendu célèbre : la hundertwasserhaus. On ne peut malheureusement plus en visiter l’intérieur, toujours habité, mais le musée est surement très intéressant –vous l’aurez deviné, je ne n’y suis pas allée…mais même vu de l’extérieur ce complexe original et coloré vaut le coup d’œil. Hundertwasser est l’auteur de nombreux autres bâtiments, notamment l’incinérateur que vous pouvez voir en prenant les Schnellbahn 1-2-3 ou 4 vers Handelskai.

S’y rendre : Hundertwasserhaus, n°34-38 Kegelgasse, métro Landstrasse, il suffit alors de suivre les panneaux pour aller au musée, une centaine de mètres plus loin.

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Chronique parisienne #2 – Un pied en Orient

Un mois, ou presque, a passé depuis la dernière édition et j’ai été pas mal occupée ces derniers temps puisque je suis partie six jours à Vienne – je vous parle de la capitale viennoise dans un article consacré : un long week-end à Vienne – où j’ai pris une longueur d’avance avec l’hiver. J’ai passé le restant du mois à écrire et envoyer des lettres de motivation pas du tout motivées en buvant moult cappuccino dans des cafés parisiens ou en regardant la pluie tomber depuis ma grande baie vitrée qui donne sur un cimetière à l’anglaise. Ambiance gloomy parfaite pour un soir d’halloween.

Enfin j’ai découvert deux supers applis sur lesquelles j’ai dû passer des heures : pacer, un podomètre qui m’a rendue accroc à la marche, mon but étant chaque jour d’atteindre les dix mille pas attendus. J’ai remarqué que je ne les atteignais jamais à Paris, à moins de décider de ne pas du tout prendre le métro de la journée, alors que je pouvais facilement viser les seize mille pas à Vienne, autrement dit : vive le tourisme !

La seconde appli c’est « keep », une appli google toute bête qui permet de faire des listes partagées avec ses contacts : on peut y ajouter des couleurs et des photos, c’est joli et ça m’a bien occupée. Au top de mes listes : l’habituelle « Où partir en voyage ? », suivie de sa petite sœur « Où partir en week-end ? », et les plus utiles et moins inspirantes « Idées de livres, de films, … ». Enfin, celle qui va devenir de plus en plus d’actualité, la fameuse liste de Noël ! L’avantage de cette appli c’est que les collaborateurs peuvent ajouter des choses mais aussi cocher les cases lorsqu’une tâche est faite – donc pas mal pour les cadeaux de noël, pratique aussi pour les courses.

Pour finir ce mois-ci j’ai tout de même visité, vu et lu un peu et je vous raconte ça un peu plus en détail.

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J’ai lu : Les Intéressants, de Meg Wolitzer

Encore un roman américain qu’il est bien. Un roman social sans grand rebondissement, un roman qui raconte la vie d’une bande de jeunes new-yorkais artistes ou enfants d’artistes vue par le prisme de la jalousie de Julie, une jeune fille « lambda » qui s’est retrouvée dans un monde auquel elle ne cesse de se comparer. Difficile pour moi de ne pas s’assimiler à Julie, à sa manie de toujours regarder ce que sont les autres, à toujours se sentir hors du coup, trop différente, pas assez bien. D’autant plus à l’heure de facebook et d’instagram où il est devenu presque impossible de ne pas s’étouffer de jalousie devant la vie parfaite que chacun cherche à montrer sur le net. Au-delà de ce travers difficile à gérer, le roman évoque surtout la vie d’une génération : d’une enfance dans les années folk à l’arrivée de la société d’Internet en passant par l’époque tragique du Sida, on suit les différents personnages à chaque époque de leur vie avec ce qu’il y a de drames, de petits bonheur et de renoncements. A travers une histoire d’amitié, Les Intéressants c’est un récit de société, une société dont on entend encore assez peu parler, et comme me l’a mentionné ma mère : c’est dommage que seuls les Américains soient capables de se retourner ainsi sur leur propre société.

Alors si vous connaissez des auteurs britanniques, italiens, français ou que sais-je qui écrivent des romans dans la même veine : je suis preneuse !

Cinéma: l’Iran à l’honneur !

  • Sonita, de Rokhsareh Ghaem Maghami

Difficile de ne pas aimer Sonita, la rappeuse afghane de 15 ans dont la voix s’est levée pour dénoncer les pratiques moyenâgeuses et la condition féminine en Afghanistan. Difficile de ne pas aimer ce film porté par Sonita et par la réalisatrice qui devient à mi-parcours l’une de principales protagonistes du documentaire. Difficile de ne pas pleurer enfin en écoutant le rap engagé de Sonita après avoir suivi son parcours difficile et les incompréhensions dans ce Moyen-Orient encore ravagé par les guerres et par les censures religieuses.

Bien qu’un peu long vers la fin j’ai adoré ce film. Je le savais avant d’aller le voir, ce ne fut donc pas une surprise. La surprise c’était de constater à quel point Sonita crevait l’écran avec son sourire, son voile qui ne recouvre plus grand-chose, son répondant et sa foi en elle-même. Enfin l’élément particulier de ce film c’est la rôle de la réalisatrice, peu habituel, et qui pose de vraies questions sur le rôle des réalisateurs, tout comme celui des journalistes ou des documentaristes : sont-ils là pour montrer seulement la réalité ou ont-ils une légitimité à agir au sein de leur propre documentaire ? N’ayant pas la réponse, je vous laisse y réfléchir en allant voir Sonita !

  • Les enfants du ciel, de Majid Majidi

Encore un film iranien ! Car oui je n’en ai jamais assez. Celui-ci  date de 1997, bien que les vêtements et les voitures donnent l’impression d’être en plein dans les années 80 témoignant d’un léger retard de l’Iran sur le plan de la mode à cette époque. Children of heaven c’est l’histoire d’Ali, 8 ans et de sa jeune sœur Zahra, enfants pauvres de Téhéran, dont les parents gagnent à peine assez pour leur acheter des chaussures dignes de ce nom. Ali perd malencontreusement les chaussures de sa sœur qu’il avait amené chez le cordonnier, les deux enfants doivent alors partager leur unique paire de chaussure pour aller à l’école – le matin pour les filles, l’après-midi pour les garçons –; s’ensuit toute une série de « rebondissements » autour de ces chaussures et des moyens mis en œuvre par Ali pour trouver une seconde paire à sa sœur. Autour de cette trame, plutôt simple, se dessine un Téhéran qu’on connait peu, vu à travers l’œil des enfants : les rythmes de l’école, les devoirs, les amitiés, les parents qui cherchent du travail, l’immense Téhéran. Outre l’excellent jeu d’acteur des deux jeunes enfants j’ai adoré la réalisation du film et ce qu’il donnait à voir de l’Iran : un long métrage social efficace, drôle par moment, presque tragique à d’autres, on se replonge avec plaisir dans l’enfance à travers ces deux personnages qu’il est difficile de ne pas aimer.

 

  • Captain Fantastic, de Matt Ross

Comment ne pas aller voir un tel film, en particulier quand Viggo Mortensen en est la tête d’affiche ? Je reviens sur le synopsis : Ben, sa femme et ses nombreux enfants vivent une vie atypique dans les forêts du nord des USA. Capturant, cueillant et élevant eux-mêmes ce qu’ils mangent, les membres cette petite famille vivent en dehors de la société, éduqués consciencieusement par leur père qui leur enseigne autant la littérature que la musique ou encore l’importance de réfléchir à la société de consommation qu’il fuit. Lorsque la mère est atteinte d’une maladie, tous doivent renouer avec « le monde réel » et c’est un véritable choc les  obligeant à se poser des questions sur la conception de cette éducation face à la société.

Légèrement décevant à cause du manque de profondeur des personnages – il y en a peu voire pas – ce film à l’avantage de n’être pas du tout manichéen : il n’y a pas de bonne façon d’élever ses enfants, pas de mauvaise façon de vivre, il permet au contraire de mettre l’accent sur les extrémismes des deux camps, laissant au spectateur la possibilité de se faire son propre choix. Très drôle par moments, un peu tire-larmes à d’autres, ce film m’a surtout permis d’apprendre qui était Noam Chomsky – honte à moi, je ne connaissais pas – et de me rappeler combien Viggo Mortensen est beau sans sa barbe (attention spoiler !)  Un film qui ne restera pas dans mes annales mais qui permet de passer une bien bonne soirée.

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J’ai visité : le musée Gustave Moreau

Un de mes musées préférés à Paris, je pense que j’en parlerais encore plus longuement dans un article dédié aux musées parisiens. J’adore ce musée car, comme le musée de la vie romantique, c’est avant tout un atelier d’artiste. On entre dans l’intimité de l’artiste, la muséographie est restée telle qu’il l’a voulu – c’est-à-dire très fouillis – et on ressent toute l’atmosphère du XIXe siècle. En prime, l’escalier maintes fois pris en photo est vraiment superbe, et très instagrammable ! J’ajouterais que personnellement j’aime beaucoup le style orientaliste / symboliste de Gustave Moreau qui se rapproche parfois d’Odilon Redon, ça vaut le coup de se pencher – littéralement – sur certaines œuvres pour distinguer tous les traits de crayons et tous les personnages, détails de paysages que l’on ne peut pas voir au premier coup d’œil, technique singulière qui me semble propre à ce peintre.

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Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Le week-end du 8 octobre je me suis rendue à un événement dont j’avais entendu parler depuis plusieurs années mais auquel je n’avais encore jamais assisté : les rendez-vous de l’Histoire de Blois. L’Histoire avec un grand H, mon premier amour qui me passionne toujours autant peu importe l’époque ou le lieu, pour qui j’ai trépigné d’impatience pendant plus d’une semaine trop pressée de passer mon week-end à écouter des conférences en veux-tu en voilà. A moins que vous ne soyez vous-même historien, ou prof d’histoire, ou archiviste, ou dans l’édition d’histoire ou encore, et surtout, retraité – car c’est la population majoritaire à ce genre de rendez-vous- vous ne savez pas trop ce que c’est les RDV de Blois. Je vous explique tout ça de suite !

Crées en 1998 par Jack Lang – second ministre de la culture à vie après Malraux – qui était aussi le maire de Blois, les RDV de l’Histoire c’est un festival d’Histoire qui s’étend du jeudi au dimanche : quatre jours de conférences, d’ateliers, de tables rondes sur l’Histoire. Chaque année un thème est choisi, on le découvre le dimanche soir à la fin des RDV, quand tous les parisiens s’entassent dans l’intercité en direction d’Austerlitz ; et les conférences doivent tourner autour de ce thème. Cette année le thème était très large mais surtout très actuel, « Partir », ce qui a permis à de nombreux non-historiens de participer également à ce sujet brûlant : j’ai assisté par exemple à une conférence d’Amnesty Internationale qui m’a  un peu déçue car il y manquait, à mon goût, la rigueur scientifique des autres conférences que j’ai pu voir. Outre les conférences purement historiques un programme d’économie a été mis en place s’intéressant bien évidemment à l’actualité, un peu en marge du thème principal de l’événement. De manière générale chacun essaie de se raccrocher au thème de près ou de loin pour traiter son propre sujet : le titre de la conférence « Partir c’est manger » m’a notamment peu convaincue.

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En parallèle de ces conférences se tient un salon du livre d’histoire où se trouvent toutes les éditions historiques de Gallimard à Vendémiaire en passant par le coin BD ! Et c’est toujours une bonne idée d’aller faire signer une BD par l’auteur, avec un joli croquis en dédicace, pour l’offrir à Noël, cette année en particulier puisque Riyad Sattouf était le Président du salon du livre.  C’était très dur pour moi, et pour mes copines, de ne pas acheter tous les livres qu’on voyait, on a forcément cédé pour un ou deux, mais les fanas de librairies et bibliothèques comprendront.

Enfin les RDV proposent en coopération avec les cinémas de Blois une sélection de films, souvent documentaires, touchant au thème, une bonne alternative quand on en a un peu marre de rester assis à écouter de vieux universitaires parler.

  • Comment ça se déroule ?

C’est ici que tout se complique : les RDV ont lieu dans différents lieux de Blois – le château, la préfecture, le salon du livre, la bibliothèque, l’université, l’iut, la maison de la magie. Certaines conférences nécessitent un ticket – gratuit bien sûr – mais qu’il faut prendre 2h à l’avance, et là encore faire attention car les petites vieilles ont tendance à se jeter voracement dessus n’en laissant plus aucun pour les jeunes chercheurs. La plupart des conférences sont libres d’accès MAIS là encore il vaut mieux venir bien en avance pour ne pas risquer de voir la salle pleine alors que c’est justement cette conférence-là que vous vouliez absolument voir. Qu’on se le dise, malgré l’offre immense qui est proposée, on ne peut pas écouter plus de trois, maximum quatre, conférences par jour, et  mieux vaut bien prévoir son programme à l’avance, tout en sachant qu’il risque fortement d’être perturbé : donc avoir un plan B évite les déconvenues. Autre problème : les lieux ne sont pas toujours  proches les uns des autres, comptez un bon gros quart d’heure, et une centaine de marches, pour vous rendre de l’université au château, et bien entendu quand celle que vous avez planifiée affiche complet, l’autre qui vous intéresse est à l’autre bout de la ville.

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  • Que voir ? Mon planning de la session 2016

Venons-en maintenant au vif du sujet : qu’est-ce que j’ai pu voir et apprendre durant ce week-end bien chargé culturellement ? J’ai été plutôt déçue de ma première journée qui a néanmoins été sauvée par la dernière conférence :

Le droit des migrants, par Amnesty Internationale : très intéressant sur le parcours des migrants, sur les origines de la crise des migrants, sur le fait que les migrants sub-sahariens qui arrivent aujourd’hui en Europe sont en fait migrants depuis bien plus longtemps; issus d’Ethiopie ou d’ailleurs, ils se sont d’abord exilés au Soudan, puis en Libye avant d’être contraints, ne pouvant revenir sans danger, à partir vers l’avant en Europe. L’exposé manquait cependant d’un peu d’objectivité et d’explication sur ce qui se passe concrètement quand un migrant arrive en France et demande asile.

De la Gaule à la Francie, BnF : intéressant en soi mais recoupant complétement mon cours de prépa, je n’ai rien appris de plus.

Israéliens, Palestiniens : entre diasporas et états, Vincent Lemire et Jihane Sfeir : Je suis tombée en amour devant ces deux conférenciers l’un spécialiste de Jérusalem, l’autre de la Palestine. Ils s’exprimaient tour à tour selon un ordre chronologique sur la fondation de l’Etat d’Israel, sur les complications qui sont apparues, etc. Un exposé à la fois sociologique, économique, diplomatique, un condensé passionnant avec des profs qui savent y faire devant un public.

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Le second jour a été plus prolifique, mieux préparé aussi, selon moi il faudrait imposer des tickets à chaque conférence, ça éviterait de grandes déceptions, mais ça coûterait beaucoup trop cher en papier…

La figure du Barbare, B. Dumézil : j’avais entendu Dumézil sur France inter, à la Marche de l’Histoire, il venait de sortir son dictionnaire du barbare en coopération avec nombre d’historiens et de sociologues. La conférence était géniale, transversale puisque touchant à la figure du barbare tout au long de l’histoire, de l’ethnogenèse – le fait de fabriquer des peuples – des Romains à la vision des fondamentalistes islamiques d’aujourd’hui. C’était très très dur de ne pas se jeter sur le bouquin en sortant.

Histoire des émotions, Alain Corbin, George Vigarello: Alain Corbin était LA STAR de cette édition, celui que toutes les femmes s’arrachent. Un vieux monsieur la tête dans les nuages qui ne comprend pas bien comment fonctionne un micro mais j’avoue que moi aussi j’étais toute émoustillée à l’idée de le voir. Monde parallèle des historiens quand tu nous tiens ! L’exposé partait un peu dans tous les sens, mais difficile de faire tenir un sujet aussi massif en une heure; à défaut d’être entrés dans le détail les auteurs ont donné un bon aperçu de leur travail, et avec un don pour les anecdotes, ont réussi à accrocher leur public.

Punir et partir, ou le bannissement et l’exil : ici encore une conférence transversale allant de l’Antiquité au dernier départ des bagnards pour les îles en 1939, une conférence typique Paris 1, on s’en rend peu compte mais on appartient toujours à une école historique, mais ô combien passionnante. Animée par un magistrat qui donnait à entendre un avis plus juridique, Claude Gauvard –ponte de l’histoire médiévale – a volé la vedette à tous, même si le professeur d’Antique un « jeune » historien très bon orateur, a pris nos cœurs à toutes en nous expliquant la procédure d’ostracisme. Je n’irai pas plus loin, si vous en avez envie je peux faire des articles, ou des fiches presque, beaucoup plus détaillés avec les notes que j’ai prises.

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J’ai choisi de faire un parcours très historique, en m’intéressant à plusieurs périodes et plusieurs aires mais toujours sur des thématiques en rapport avec ma formation, cependant j’ai longuement hésité à suivre des conférences plus en rapport avec mon blog. Le thème de cette année s’y prêtait en effet très bien : j’aurai pu axer ces deux journées sur le thème « voyage et récits de voyages », nombreuses étaient les conférences et les tables rondes sur le sujet.

Pour conclure, les RDV de Blois sont malheureusement victimes de leur succès, je ne m’attendais pas à voir autant de monde, l’organisation n’est pas toujours au top, c’est finalement assez fatiguant mais tellement intéressant. Tout le monde peut y trouver son bonheur tant les sujets de conférences sont variés et ne concernent pas uniquement les historiens, enfin même si j’ai trouvé que parfois beaucoup de connaissances devaient être préalablement acquises, pour la plupart des conférences les historiens prennent grand plaisir à vulgariser et rendre accessible à tous ce savoir, sans pour autant le réduire.

Le thème de l’année prochaine sera  les explorations et les découvertes, et je ne sais pas pour vous mais je compte bien m’y rendre à nouveau ! (Surtout que je n’ai même pas eu le temps de visiter le château)

 

voici les titres des ouvrages parus ou à paraître des auteurs que j’ai vus :

  • Jérusalem. Histoire d’une ville monde, Dir. V. Lemire, champs histoire, Flammarion, 2016
  • Histoire des émotions, A. Corbin, G. Vigarello, J-J. Courtine, éd. Seuil, 2016
  • Les Barbares, Dir. B. Dumézil, PUF, 2016