Week-end en Emilie-Romagne

« Chiacchierare », c’est le terme en italien pour dire « bavarder, jaser ». chiacchierare c’est ce qu’on faisait quand on a raté notre train pour Ravenne, c’est ce qu’on a fait aussi en dévorant notre pizza le soir, et encore en déambulant dans les ruelles de Ferrare.  D’ailleurs cet article aurait dû s’intituler « Chiacchierone e golose (pipelettes et gourmandes) in Emilie-Romagne» parce que c’est encore ce qui résume le mieux ces trois superbes journées de printemps qu’on a passées dans la région de Bologne exactement à mi-chemin entre la Grèce et la France.

Mais on n’a pas fait QUE ça : entre deux pauses on a réussi à faire bien plus que nos 10 000 pas par jour et puisque les lignes ferroviaires nous permettaient de rayonner facilement dans toute la région depuis la principale ville on est parties à la découverte de l’Emilie-Romagne : Bologne, Ravenne et Ferrare, 3 jours pour trois étapes et un week-end que je recommande chaudement.

1.      Prendre son temps à Bologne

J’aime Bologne. D’abord parce que dans mon imaginaire elle évoque les premières universités du monde (avec Oxford, Paris et Montpellier), mais aussi Umberto Eco et d’autres grands savants. Ensuite parce qu’on y parle  un italien que je comprends, et c’est sûrement ici que je conseillerais d’aller pour apprendre un italien parfait (pas chuintant comme dans le sud, pas trop articulé comme dans le nord). Enfin parce que c’est ici qu’on fait les meilleurs Pasta Al Ragù, mon plat préféré depuis que je peux manger des pâtes. Bologne est une ville vraiment sympa, sa particularité est de posséder des kilomètres d’arcades qui remplacent les trottoirs – très pratique s’il pleut – et d’être toute en architecture rouge et ocre. Les couleurs, les odeurs et les bruits de l’Italie nous captent dès qu’on arrive en ville. C’est beau, pas trop grand et si vivant ! On a surtout aimé y flâner en revenant aux mêmes endroits à plusieurs reprises parce qu’on s’y sentait bien.

weekend-emilie-romagne-bologne (3)weekend-emilie-romagne-bologne (6)

 Piazza Magiore

La place centrale dominée par la basilique inachevée de San Petronio  étonne par le contraste entre son marbre rose et blanc et sa partie en pierre encore rouge. Autour de la place se trouvent d’autres édifices médiévaux dont le Palazzo communale (je n’ai toujours pas compris lequel c’était), malheureusement pour nous la fontaine qui est apparemment un peu  coquine était recouverte pour travaux, le gros divertissement de la place restait donc le wifi gratuit dont on pouvait profiter face à ces superbes monuments. Le dernier jour un événement était organisé sur la place : des groupes de participants devaient reconstruire avec des bouts de cartons des portes et des édifices connus de la ville, ils avaient plusieurs heures, sur un fond de Rhianna c’était super sympa de déambuler parmi les groupes et d’observer leur travail d’équipe. La veille on avait assisté à une course de nuit – sans but particulier juste parce que c’est fun nous ont dit les habitants – ça m’a confirmé la coolitude de la ville.

Piazza San Stefano et ses 7 églises

Assurément LE coup de cœur de la ville : ce n’est que le dernier jour que je me suis décidée à enfin pénétrer dans ce complexe architectural médiéval qui vaut franchement le coup (cloitres, églises romanes très épurées et très belles) mais on y est retournées souvent. En passant, en s’arrêtant pour regarder, en s’arrêtant pour dessiner – grande réussite. La place me fait penser un peu à Sienne, mêmes couleurs et même type de bâtiment, mais avec des étudiants de partout et beaucoup moins ce côté ville-musée.

weekend-emilie-romagne-bologne (7)weekend-emilie-romagne-bologne (9)

     

     Les torre – Torre Asinelli

Comme vous l’explique Jéromine dans son super vlog de ce week-end ici, auparavant Bologne était peuplée de tours qui personnifiaient les grandes familles de la ville et servaient de blason. Orgueil oblige chacun voulait une tour plus haute que son voisin et elles avaient  tendance à s’effondrer les unes sur les autres ce qui obligea à limiter à 60m la hauteur de ces tours. Il n’en reste que quelques-unes aujourd’hui et seule la torre asinelli se visite : beaucoup de marches pour une superbe vue sur la ville et les collines au loin. Idéal pour se mettre en jambe ! Juste à côté de la tour se trouve une pizzeria, pas chère du tout et avec moult choix, que je recommande.

     Les universités : Bologne l’estudiantine

L’université c’est la raison d’être de la ville mais depuis le Moyen-âge l’université a bien évidemment changé de place assez souvent. C’est Parsa, un iranien que Jéromine avait hébergé chez elle, qui nous a fait visiter le campus actuel : un campus qui rappelle Tolbiac en plus grand et plus classe aussi. Des fresques murales un peu partout, des banderoles de luttes, et une grande place sur laquelle se trouve la cafet’ et où les jeunes se retrouvent le soir pour discuter (ce qu’on a fait bien évidemment).
J’ai visité la vieille université seule : les couloirs décorés de blasons d’étudiants et de professeurs mènent à deux salles de classe dont la plus intéressante est la salle d’anatomie.

weekend-emilie-romagne-bologne (8)

weekend-emilieromagne-streetartweek-end-emilie-romagne-sreetart

Adresses: 

Ostera dell’Orsa, via Santa Caterina, 51 : excellentes pâtes al ragu, ambiance taverne très sympa et surtout on ne paie pas les couverts et le pain, c’est rare en Italie. (et aussi, c’est pas loin du fameux canal que l’on voit sur plein de photos)

Pizzeria Spacca Napoli, via San Vitale, 45a: ça ne vaut pas les pizzas de Naples bien sûr mais ce sont des très bonnes, et grosses pizza pour pas cher. Lieu de rendez-vous des étudiants.

Cremeria San Stefano, via San Stefano, 70: DES GLACES, l’indispensable en Italie. Celles ci sont très très bonnes et l’avantage c’est qu’il y a peu de monde qui vient dans cette boutique un peut excentrée.

weekend-emilie-romagne-ravenne (4)

 

2.      Ravenne – au royaume des mosaïques

A ma grande honte j’avais déjà entendu parler de Ravenne mais j’étais absolument incapable de savoir où placer la ville sur une carte. Réponse : c’est entre Bologne et Rimini, suffisamment près pour y passer une journée. Et ce serait presque un sacrilège de ne pas le faire. Capitale des mosaïques la ville possède de nombreuses églises et basiliques où on peut admirer des mosaïques MAGNIFIQUES qui ont bien plus de gueule que le style baroque des églises italiennes. Pour visiter la ville le mieux est encore de payer un billet unique (12euros) qui permet de voir les principaux monuments, ça parait cher mais ca vaut le coup !

weekend-emilie-romagne-ravenne (6)

Les mosaïques datent de l’époque paléochrétienne, et je suis très fière de pouvoir placer ce mot dans un article : grosso modo ici c’est la période qui va de la fin de l’Empire romain (où Ravenne a été un temps capitale d’Empire) au début des royaumes barbares. On trouve d’ailleurs le tombeau de Théodoric le roi des Ostrogoths. En gros c’est beau, c’est un art qu’on connait finalement assez peu et on met un 8/10 à cette ville ! Le seul petit bémol c’est qu’en avril commence la période des voyages scolaires pour les italiens, c’était donc blindé de groupes d’élèves, et les élèves ça fait du bruit.

weekend-emilie-tomagne-ravenne

Pour manger: le marché de la piazza del popolo avec des spécialités italiennes de toutes les régions. J’ai – encore- mangé des suppli. J’adore.

weekend-emilie-romagne-ferrare (2)

  1. Ferrare – Flâner en pleine Renaissance

3e jour, 3e destination : Ferrare. On change d’époque et on passe de l’Empire byzantin à la Renaissance, c’est la magie de l’Italie. Ferrare est encore plus près de Bologne et la ville est classée au patrimoine de l’Unesco mais…elle nous a bien moins plu que Ravenne. Peut-être parce que la façade de la cathédrale était en travaux – les échafaudages ça rend rarement bien en photo -, mais peut-être aussi parce qu’on a trouvé la ville un peu morne, pas très vivante comparée aux deux autres villes.

weekend-emilie-romagne-ferrare (5)

Mais c’est toujours très agréable de se promener dans la ville et d’arpenter la plus vieille rue de la ville, la via dell volte, d’un bout à l’autre avant d’admirer la cathédrale qui reste superbe et originale malgré les travaux. Pour ceux qui aiment les visites historiques le Château d’Este – classé lui aussi -, massif et impressionnant est une vrai château fort en plein cœur de la ville. Mais nous on a préféré manger et boire un spritz à côté des douves au café Giori : idéalement bien placé et pas trop cher. Et encore une fois devinez ce qu’on a fait : on a bavardé !

Giori, piazza Savonarola (juste à côté du château, vue sur la cathédrale): petite véranda et terrasse, plats pas chers. Idéal pour une pause midi

weekend-emilie-romagne-ferrare (7)

 

 

Ma jolie Normandie – Les boucles de la Seine

« Ca te dirait de faire la route des Vikings en Normandie ? ». L’écran s’est éteint à la fin du dernier épisode de Viking quand je lance cette phrase pour convaincre mon cher et tendre de partir en weekend en Normandie. La ruse fonctionne, ses yeux s’illuminent et il a déjà hâte de marcher sur les pas de Rollon, 1er duc de Normandie.

Je l’avoue, j’avais préparé cette petite manipulation depuis quelques temps car je mourais d’envie d’aller dans la Vallée de la Seine : Rouen et les abbayes du bord de Seine, voilà ce que j’avais prévu après avoir bavé d’envie devant les photos de Miles&love et leur nouvelle demeure normande. Nous voilà donc partis un week-end pluvieux (évidemment) de mars pour découvrir un peu de cette France tellement proche qu’on ne pense même pas à la visiter.

P1060642

  1. Rouen – 1ère étape, 1ère surprise

Le AirBnb était en plein cœur de la ville, à quelques pas de la cathédrale et d’un salon de thé – point stratégique quand il pleut. Et rien qu’en pénétrant dans l’arrière cours des vieux bâtiments en bois je suis tombée amoureuse de la ville. On n’entend rien d’autre que le clocher de la cathédrale, l’appart est adorable avec des poutres  partout, les escaliers sentent le vieux bois comme je l’aime.  Mais on n’est pas là pour rester paresser dans l’appart : c’est parti pour la visite !

P1060633P1060638 copie

Je n’avais pas très envie de visiter des musées donc peu de recommandations pratiques ici, je sais seulement qu’il existe plusieurs musées qui ont l’air vraiment chouette : celui des beaux-arts –je vous rappelle qu’on est en Normandie donc niveau peintres et paysages il y a ce qu’il faut -, le musée d’histoire naturelle et d’autres plus spécialisés. J’avais surtout l’intention d’errer dans les ruelles de Rouen, à raison : je pensais qu’il y aurait seulement quelques maisons à colombages autour de la cathédrale qui donnaient un charme à la ville. Finalement la vieille ville est bien plus étendue que je ne le pensais : de la tour de l’Horloge à la l’église St-Maclou on se croirait revenu à la Renaissance. Même sous la pluie normande ça a un charme fou.

P1060626 copie

P1060594P1060588

Point visites

  • la cathédrale de Rouen : très dentelée, plus sobre à l’intérieur mais avec un superbe escalier !
  • l’abbatiale St-Ouen : l’intérieur est plus impressionnant, plus grand et plus dénudé, j’ai aimé la sérénité qui s’en dégageait.
  • L’aître St-Maclou : attention il n’ouvre qu’à 14h, on est resté planté devant bêtement en cherchant comment ouvrir pendant quelques minutes. C’était juste fermé.  Il s’agit d’un ancien cimetière/charnier construit lors de la grande peste de 1348 pour accueillir les os des défunts de la peste dont les corps avaient été brûlés au centre de la cour. Des détails mortuaires figurent partout sur les poutres. C’est un endroit calme et assez prenant malgré son caractère morbide

P1060688P1060665P1060683 copieJ’ai trouvé que Rouen était très vivante et très jeune : des restos sympas et des boutiques  adorables – le genre qu’on trouve dans le 11e à Paris mais avec en prime une belle maison a colombages au-dessus -, de nombreuses rues pavées, certaines très étroites et inquiétantes, d’autres longées par un petit ruisseau (Eau de Robec), des passages au milieu des vieilles bâtisses. Une ville comme on en voudrait davantage.

P1060607

En passant en voiture j’ai aussi noté que les quais de la Seine étaient aménagés : les anciens docks font place à des cafés et établissements culturels/scientifiques. Rouen promet de bouger encore dans les années à venir et  de devenir de plus en plus agréable à vivre.

P1060577

Bonnes adresses:

. Air BnB: nous avons logé chez Annick rue St-Romain, le long de la cathédrale. Le logement était adorable, à la fois calme et cosy avec une vue directe sur la cathédrale. IDEAL!

. Restaurant Lamian – restaurant chinois: un des meilleurs dans lesquels j’ai mangé avec les restaus en Chine! Pas donné mais très copieux et super bon. Un genre de chinois amélioré auquel je dis oui oui oui!

P1060510

  1. Les abbayes du bord de Seine : Jumièges

Jumièges s’est avérée tellement impressionnante qu’on y a passé tout l’apres midi et on n’a pas eu le temps de visiter les autres (Saint-Martin de Boscherville et St-Wandrille qui abrite encore une communauté). Mais Jumièges c’est L’ABBAYE romantique par excellence. En bord de Seine, pillée par les vikings, puis à nouveau à la Révolution, il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais de si belles ruines. Sans vous faire toute l’histoire de l’abbaye il faut noter que c’est une très très vieille abbaye, construite en 654 (de la très vieille pierre on a dit) pour la reine Bathilde, son rôle demeure central dans  l’histoire de la Normandie jusqu’à la révolution.

P1060479

P1060540

L’architecture est typique des abbayes normandes, que vous retrouverez un peu partout en Normandie, et le fait qu’elle soit en ruine lui apporte un cachet que les autres abbayes n’ont plus.

Petit plus : pour y aller on longe la Seine et les falaises de craie qui ont été creusées en partie pour des habitations humaines.

P1060719

  1. Détours de la Seine : le château de Gaillard

Autre temps, autres ruines : en retournant vers Paris quoi de mieux que de faire un petit détour en suivant les boucles de la Seine pour se rendre sur la fameuse forteresse de Château Gaillard ?

Surplombant la ville des Andelys à un endroit stratégique, Château Gaillard a été construit à la demande de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie, pour surveiller la frontière entre Vexin normand et Vexin français à l’époque où il s’agissait bien de deux pays différents. On comprend immédiatement pourquoi cette forteresse est ici – malgré les petites difficultés que Richard a eu pour l’édifier (il a dû donner au pape un certain nombre de trucs pour avoir le droit de construire).

P1060712P1060710P1060691 copie

Toute l’histoire du site est très bien décrite sur les panneaux explicatifs juste à côté du château. Et même sans entrer dans le château ça nous donne une idée assez précise du lieu et des diverses fonctions du château au fil des siècles.

Malgré la pluie et le vent il est difficile de ne pas apprécier ce genre de week-end en Normandie que je recommande à tout le monde. C’est juste à côté, plein de culture et de quoi s’évader en pleine nature en quelques kilomètres.

Le XIIIe street art – nouveau musée à ciel ouvert

Les beaux jours sont arrivés tôt cette année, depuis près d’un mois les Parisiens sont de sortie et on entend à tous les coins de rue « Oh c’est beau quand même Paris ». Avec ce temps- là hors de question de rester enfermé, c’est l’occasion de visiter la ville, ses quartiers, ses coins et ses recoins.

Le XIIIe a toujours été ma porte d’entrée vers Paris – vive la banlieue sud – au départ il n’y avait pas la ligne 14, ou alors elle n’allait pas jusqu’aux Olympiades. Le MK2 existait déjà et je ne connaissais pas grand-chose d’autre du quartier. Ce n’est pas l’arrondissement le plus hype de Paris, et surement pas le plus touristique. Pas de grands musées, à la place il y a ces grandes tours de la dalle des olympiades, ces travaux continus autour de la rue de Tolbiac et du chevaleret, cette université moche (#teamtolbiac). Même si j’adore la vue qu’offrent les tours illuminées de nuit quand on redescend le périph, comme un air de Hong Kong ou de Canton, difficile de nier que rien n’est très attirant dans ce quartier à priori.

P1060757
INTILa Madre Secular 2 (bvd Vincent Auriol)

Mais le XIIIe est en mouvement, il se renouvelle constamment sous l’impulsion de son maire Jérôme Coumet, et devient de plus en plus un quartier où il fait bon vivre, voire un quartier qui  attire. Entre le quartier chinois, les ruelles de la butte aux cailles, et les quais de la Seine s’est en effet développé un XIIIe tourné vers le street art et qui donne à cet arrondissement une nouvelle identité culturelle.

Depuis que je suis venue vivre non loin de ce quartier je vois régulièrement au loin des morceaux de fresques, c’est ce qui m’a donné envie de partir à leur recherche façon chasse au trésor. Je ne suis absolument pas une spécialiste du street art, je n’y connais pas grand-chose, mais j’ai trouvé là de quoi faire une balade dans Paris un peu décalée. Armée de mon scooter et de mon appareil j’avais plus l’air d’un paparazzi que d’Indiana Jones mais le beau temps parisien était le moment idéal pour s’offrir une balade en deux roues pour explorer le quartier.

  P1060722

  • La Tour Paris 13 – quand le 13e devient lieu de culture

Depuis longtemps le XIIIe a été touché par le street art : quartier plus populaire, à l’architecture urbaine qui rappelle les pires banlieues parisiennes, il a connu des artistes qui dès les années 80’s se sont appropriés les lieux, je pense notamment à Miss.tic très active vers la butte aux cailles.

Le véritable lancement d’un projet de grande envergure de street art date de l’exposition “Tour Paris 13″ en automne 2013.  Un vieil immeuble désaffecté situé au n°5 de la rue Fulton avait été utilisé depuis plusieurs années par des artistes de street art.  La mairie de Paris a l’intention de détruire le bâtiment quand la galerie itinerrance a l’excellente idée de transformer le lieu en un centre d’exposition temporaire (avant la démolition qui a finalement eu lieue)

P1060367
INTISudaka (rue Lahire). Un petit bout de Chili dans Paris.
P1060362
Shepard FaireyDelicate Balance (rue Jeanne d’Arc)

Pendant un mois la galerie éphémère ouvre ses portes à un public toujours plus nombreux. Pour donner un ordre d’idée il fallait faire à peu près 5h de queue pour entrer dans la galerie quand j’ai voulu y aller. Autant vous dire que j’ai renoncé et je suis allée au cinéma à la place. L’exposition a réuni au total une centaine d’artistes internationaux pour l’un des événements street art les plus visités au monde.

Devant l’ampleur de l’évènement le maire  a compris qu’il y avait un truc à faire. Ok son arrondissement n’est pas beau à proprement parler mais pourquoi ne pas utiliser cette architecture urbaine et faire de Paris XIII l’un des grands lieux street art du monde ?

  • Le projet « Street Art 13 » des galeries itinerrance et Mathgoth

La mairie du XIIIe a donc vite confié à la Galerie itinerrance et à la galerie Mathgoth le projet de redonner une visibilité culturelle à ce quartier en faisant appel à des artistes de renommée mondiale pour peindre d’immenses fresques murales. Les anciennes tours du XIIIe deviennent œuvres d’art en perpétuel mouvement. Depuis quelques années de nouvelles fresques apparaissent régulièrement et d’autres disparaissent, rappelant que le street art est toujours un art éphémère.

Si on veut voir toutes les fresques – ce que je n’ai pas fait – il vous faudra prendre presque la journée parce que le quartier est vraiment grand et certaines sont assez excentrées.

P1060730
StewHéron Bleuté (avenue de Choisy).  J’adore traverser l’avenue de Choisy les yeux au ciel pour rencontrer cet immense héron.
P1060726
PantonioNorth (avenue de Choisy)

Les fresques sont rassemblées en quatre zones :

  1. Le boulevard Vincent Auriol, où la dernière fresque a été achevée il y a quelques jours : on pouvait voir l’artiste peindre au moment où je prenais mes photos.
  2. Vers le quartier chinois entre l’avenue de Choisy et l’avenue d’Italie
  3. Dans et autour de la rue Jeanne d’Arc
  4. Entre les Grands Moulins et le boulevard Massena

Mes fresques préférées sont les deux qui se situent square de la Vénétie sur la dalle des Olympiades (celles juste au-dessus) pour leur influence asiatique qui a totalement sa place dans le quartier. J’aime aussi les fresques plus orientales comme celles qu’on trouvait sur la Tour 13.

P1060400
Aucune idée de qui a peint cette fresque qui doit être toute nouvelle (vers l’INALCO)
P1060383
HerakutLa magie existe (rue Helène Brion)
P1060403
James Reka (rue Regnault)
  • Les frigos de Paris

Une autre partie « street art » se situe vers les quais de Seine et les grands Moulins, notamment avec les frigos de Paris – autre découverte du moment – où se trouvent des ateliers d’artistes hébergés dans les anciens frigos des halles de Paris déplacés aujourd’hui à Rungis. On ne peut pas entrer dans ces ateliers mais un mur dédié à tous ceux qui veulent s’essayer au graffiti se trouve dans la cour, et on y voit régulièrement des jeunes –ou moins jeunes – peindre et repeindre leurs œuvres.

P1060349
Shepard FaireyRise Above Rebel (bvd Vincent Auriol). Le plaisir de prendre la ligne 6 du métro entre Place d’Italie et Quai de la gare et d’admirer en hauteur ces fresques.
P1060334
Shepard FaireyLiberté, égalité, fraternité (bvd Vincent Auriol)

Quelques infos :

. La carte de street art 13 est disponible ici même

. Street Art 13 a son propre site internet. Vous en apprendrez plus sur les artistes qui ont collaboré à ce projet, sur les œuvres elles-mêmes et sur ce qu’en disent les journaux.

. Je vous invite très fortement à vous rendre sur le site des deux galeries : la Galerie itinerrance  et la galerie Mathgoth pour découvrir les autres expositions et projets qu’ils mènent à Paris et dans le reste du monde.

. Les frigos de Paris ont eux aussi leur site

. « Sky’s the limit » de Jérôme Thomas, un documentaire sur le graffiti XXL devrait sortir courant 2017, un teaser est disponible sur le site de Télérama

. Pour finir: rendez-vous sur le site de la mairie du 13e pour tout savoir sur les dernières nouveautés de ce quartier.

P1060750
C215 – Le Chat (bvd Vincent Auriol)

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

P1060194P1060193

 

Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

P1060160

 

  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

P1060210

P1060156

 

 

  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

P1060265

Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

P1060111

 

  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

P1060125

J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

P1060258

 

Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI. 

Chronique parisienne 4 – Une semaine féministe

  • Expo du moment – “Présumées coupables” aux Archives Nationales

Pour finir cette semaine toute féministe je suis allée samedi dernier au CARAN, le centre des Archives Nationales au cœur du Marais, pour y voir l’exposition « Présumée coupables ». Malgré le monde – qui eut pensé qu’une expo sur ce thème serait bondée ? – je suis sortie plutôt satisfaite de cette visite.

Pièces d’archives à l’appui, l’expo retrace cinq  types de condamnation en justice pour les femmes depuis le Moyen-âge jusqu’à la Libération : les sorcières, les empoisonneuses, les pétroleuses, les collaboratrices et les infanticides. Cinq crimes majeurs qui conduisent des femmes en procès,  crimes pour lesquelles elles sont souvent condamnées, mais pas toujours ! L’exposition détaille non seulement le déroulement des procès mais également les processus qui conduisent ces femmes à se retrouver en Justice : délation, profils particuliers (âge, vie marginale, etc), situations difficiles qui poussent au meurtre ou à l’abandon de son enfant, …

20170218_144917.jpg
Le CARAN – Centre de Recherche des Archives Nationales
20170218_145120.jpg
Cour de l’Hôtel de Soubise

Le gros plus : les archives sont dans les vitrines, passionnantes pour qui est paléographe mais peu évocatrices pour les profanes MAIS des écrans proposent la transcription des textes en vieux français et également la traduction en français d’aujourd’hui. On peut ainsi lire les procès verbaux de dizaines et de dizaines de femmes qui décrivent leurs danses sataniques, le calvaire de l’inceste, ou encore les raisons de leur « collaboration horizontale ».

Même si on s’y connait sur certains sujets – par exemple le Moyen-Âge – on apprend forcément quelque chose sur les autres périodes : pour ma part je ne connaissais rien aux pétroleuses, et je n’avais jamais eu l’occasion d’en savoir plus sur les femmes tondues de la libération que ce que nous offrent à voir les films de l’époque (qui sont très durs à regarder je trouve).

20170218_145001.jpg

Enfin : avoir accès à des documents d’archives est pour moi quelque chose de toujours émouvant, qu’il s’agisse de procès du XIIIe siècle ou de lettres de Louise Michel. Permettre que cette mémoire commune soit diffusée à tous même sur de courtes périodes, seulement lors d’expositions, est primordial ! Il est donc important d’encourager les Archives Nationales qui organisent régulièrement des expositions, souvent quelque peu politiques, et toujours passionnantes !

L’exposition a lieu à l’Hotel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois (métro Rambuteau) jusqu’au 27 mars 2017 – 6€ l’entrée plein tarif

Pour en savoir plus: site des archives nationales

738_bandeau_nl_1

  • Un magazine: CAUSETTE

Il y a deux mois alors que j’attendais patiemment le RER pour rentrer chez les parents en trainant dans le Relais du coin j’ai décidé d’acheter Causette, ce magazine féministe que je n’avais jamais ouvert. J’avais dans les poches tout pile le prix, les textes avaient l’air de valoir le coup, adjugé-vendu ! J’ai eu raison. Malgré le prix prohibitif – mais c’est le cas de tous les magazines il me semble – j’ai dévoré le numéro de janvier, j’ai fait exprès de le laisser chez mes parents, chez mon copain pour le faire lire au plus de monde possible. Causette adopte un ton très ironique, impossible à apprécier si vous n’êtes pas trop second degré : des chapeaux politiquement incorrects comme « Aimer les enfants c’est ne pas en faire ? » pour n’en citer qu’un, avec une ligne éditoriale avant tout féministe mais qui parle aussi beaucoup de politique, des reportages inédits sur d’autres parties du monde. Bref un ensemble qui me plait : je trouve toujours un article à lire selon mon moral. Petit bémol : je pense ne pas être tout à fait d’accord avec leurs critiques culturelles, pas assez critiques justement, à l’inverse du reste du magazine.

 Pour celles – ou ceux –  qui trouveraient cela trop cher, pensez à regarder dans votre médiathèque, la mienne l’achète chaque mois, et un abonnement à la médiathèque est toujours moins cher.

  •  Podcast: “Le dictionnaire du féminisme” sur France Inter

Je me suis longtemps dit qu’il faudrait que je profite des tâches répétitives au boulot pour écouter des postcasts, c’est chose faite cette semaine après avoir vu passer sur twitter une annonce pour un épisode de « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun –France Inter – sur le féminisme, ou plus exactement sur le Dictionnaire du féminisme, paru il y a peu aux Presses Universitaires de France sous la direction de Christine Bard.

Christine Bard n’est pas une inconnue, c’était la prof de Jéromine, l’archivoyageuse, pendant sa licence d’histoire, et c’est surtout celle qui a fondé en 2000 le centre d’archives du féminisme. Pourquoi un centre d’archives ? Parce que dès le départ les féministes, et  les associations féministes ont produit de nombreux documents, collectés et réunis en 3 lieux : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine et la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris, et la BU d’Angers où le fonds d’archives est accompagné d’un fonds documentaire unique de 10000 ouvrages sur le thème du genre et du féminisme.

 Pour en savoir plus je vous conseille, bien entendu, d’écouter le podcast !

Sissi & Cie – Les incontournables de Vienne

Quand on parle de Vienne on entend la valse, Schubert, Mozart, on voit les calèches et les belles robes à crinolines qui se pressent sur le chemin de l’Opéra et du Hofburg. On s’imagine l’immense Empire qui va du monde Ottoman à la France. Bref Vienne c’est avant tout la capitale de l’Empire austro-hongrois  et la ville de Sissi, il était donc impensable que je ne vous parle pas de la Vienne impériale et de ses incontournables.

  • Schönbrunn

Le château 

En allant à Vienne il n’y avait qu’une chose que je connaissais : Schönbrunn, le palais de Sissi. Hélas j’ai eu quelques déconvenues en visitant le Versailles autrichien : premièrement quand on connait Versailles on ne peut manquer de voir que…c’est tout de même moins Wouao, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. Plusieurs formules sont offertes pour visiter le château et ses jardins, vous avez notamment le choix entre le grand tour de 22 salles et le tour impérial de 41 salles.

Craintifs on a préféré prendre le tour de 22 salles, imaginant qu’on allait être bien vite fatigués, 22 salles ça parait déjà énorme ; sauf que les pièces de Schönbrunn ne font pas la taille des pièces de nos châteaux français. Schönbrunn est certes un château impérial mais c’est aussi un château familial où se retrouvait l’Empereur pour échapper un peu au vacarme de Vienne, tout ça donne une ambiance assez cosy et un goût de trop peu quand on achève la visite « courte ». Même s’il y a du monde, il est possible de visiter le château agréablement, je n’ai vu aucun rassemblement en troupeau, le trafic est fluide, les informations pas trop nombreuses mais suffisantes.

p1050436

p1050559p1050561

Bref, Schönbrunn est une visite qui ne ressemble pas à ce que j’en attendais mais qui m’a beaucoup plu, en partie parce qu’elle permet de se rendre compte du mode de vie d’un Empereur au XIXe siècle. MAIS seconde déconvenue : j’apprends alors que Sissi ne vivait presque pas dans ce château, à vrai dire elle ne vivait presque pas à Vienne ET pire que tout, elle n’aimait même pas vraiment son mari. Alors quoi ? Depuis toutes ces années on nous ment ? Le château de Sissi n’est en fait pas du tout son château ? Cruelle déception dont je ne me remets pas.

p1050475p1050481

 Le parc

Ce que j’ai préféré à Schönbrunn c’est probablement son parc. En Automne et en hiver je pense qu’il vaut encore plus la balade : pour le côté romantique ou pour les couleurs chaudes des arbres. On a passé une bonne après-midi à se promener. Même si je n’aime pas spécialement les jardins à la française, celui-ci m’a plu, et j’ai surtout aimé toutes les visites qu’il y a à faire dans le parc. Comme tout était payant on a laissé de côté le zoo, le labyrinthe, et nous nous sommes contentés d’aller aux serres impériales du parc. J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les serres botaniques qui sont une de mes visites préférées, alors je me devais de visiter celles de Schönbrunn.

p1050479p1050544 p1050444

J’aime les serres tropicales pour leur architecture de fer, pour leur ambiance «Je pars faire une expédition dans les forêts d’Afrique », j’ai l’impression d’être vraiment de retour au XIXème siècle, même si la colonisation n’’était pas une bonne chose, , cette découverte de la faune et de la flore des pays lointains et exotiques ça me fait toujours de l’effet. En plus il fait chaud dans des serres tropicales, donc c’est idéal pour un temps d’automne et d’hiver. N’étant pas Crésus on s’est contenté de la palmeraie en négligeant la serre aux cactus et autres espèces du désert. Ce n’était pas vraiment la période où les fleurs sont écloses et où mille couleurs viennent vous chatouiller les pupilles, mais les camaïeux de vert m’ont suffi pour m’imaginer en Jane bravant tous les dangers de la jungle.

p1050514

p1050516

p1050508p1050509p1050540

  • Le centre de Vienne 

De la cathédrale au Hofburg, d’un café viennois à un autre, on traverse forcément à plusieurs reprises le centre de Vienne dont la vie est encore rythmée par les sabots des calèches qui ne transportent plus les aristocrates mais les touristes. Aucune véritable recommandation à vous faire : le mieux est encore de se laisser guider par son instinct et ses envies, de lever la tête pour apercevoir les palais, de ne pas hésiter à se rendre dans les cafés pour percevoir la grandeur de la Vienne d’antan.

p1050725

p1050758p1050749

Une visite que je recommande cependant, surtout si vous avez des enfants : le musée de la musique. A défaut de pouvoir aller à l’Opéra nous avons essayé de comprendre ce qu’est la musique et ce qu’est le bruit. L’avantage de ce musée c’est qu’il est à moitié prix de 20h à 22h, et il est assez original et instructif pour que tout le monde l’apprécie : partant des sons qu’entend le bébé dans le ventre de sa mère, à la création artistique des grands compositeurs viennois, on apprend beaucoup sur la conception du bruit et de la musique.

p1050741

p1050761

p1050762

  • Le parc d’attraction du Prater

Troisième jour à Vienne, après le centre et Schönbrünn on décide de se la couler douce en se rendant « hors des sentiers battus » au nord de la ville : au parc du Prater. Je n’en avais jamais entendu parler et ce fut donc une super découverte. Le Prater c’est d’abord un parc, celui dans lequel Sissi aimait à se promener à cheval quand elle résidait à Vienne et qui est depuis 1964 interdit aux voitures. On y croise des gens qui font du jogging et des chevaux, toujours; mais c’est aussi un parc d’attraction ou fut construit en 1894 la grande roue, emblème de Vienne, cette grande roue qui fonctionne toujours aujourd’hui, avec ses vieilles cabines qui font un peu peur.

p1050587p1050583

p1050594

Comme une fête foraine permanente de nombreuses attractions s’organisent autour de la grande roue : moult maisons hantées, des montagnes russes, notamment les montagnes russes en bois les plus vieilles d’Europe– d’après le guide -, des jeux d’eaux et les habituels de toute fête foraine (auto-tamponneuses, marchands de glaces, etc.). Le côté suranné du parc et le super beergarten d’habitués qu’on a trouvé pour manger le midi ont achevé de me convaincre que cette visite méritait qu’on en parle.

p1050601

Vienne – Parcours sécession viennoise

Aujourd’hui nouvel article sur Vienne et je vous propose une vision de la ville un peu hors des sentiers battus. Je dis bien « un peu » puisqu’en fait il s’agit de visites que l’on trouve dans tous les guides de voyage mais qui font rarement parti du « must do ».  Vous l’aurez compris depuis quelque temps, j’apprécie de plus en plus l’architecture, en particulier l’architecture que j’ai déjà étudiée lors de mes cours d’histoire de l’art, et c’est donc évident pour moi de réserver presque une journée à un parcours archi quand je suis dans une ville connue pour ça : malheureusement à Vienne les bâtiment intéressants sont dispatchés, je n’ai pas pu tous les voir, et il vaut mieux les intégrer dans d’autres balades et en voir un peu tous les jours. Peu importe je vous donne ici un aperçu de où voir la Sécession Viennoise à Vienne.

p1050674p1050669

Vous avez tous entendu parler de Klimt et de son baiser, l’un des tableaux les plus célèbres du monde, d’autant plus célèbre que vous avez dû voir traîner ces derniers temps sur facebook la pub de booking.com où un jeune homme invite sa copine à Vienne pour voir ce fameux baiser. Klimt c’est le symbole de ce courant artistique du début du XXe siècle qu’on a appelé « Sécession viennoise » et qui emprunte un peu à l’Art Nouveau et évoque les courants plus épurés qui se développeront par la suite. Cette sécession viennoise dont les membres les plus connus sont des peintres : Egon Schiele et ses corps décharnés ou encore Oskar Kokoshka, s’est également exprimée dans l’architecture si foisonnante en ce début de siècle, et dont les figures les plus emblématiques restent les architectes Adolph Loos et Otto Wagner. Et c’est essentiellement autour des œuvres de ces deux derniers que s’articule ma balade, alors en route !

  • Karlspatz : Un manifeste de la Sécession viennoise

Un peu d’histoire 

C’est en 1897 que naît le mouvement de la Sécession viennoise, rassemblant des architectes et plasticiens autour d’une revue papier qui expose pour but de renouveler l’art viennois en se distinguant du vieil art viennois, et en ouvrant la réflexion artistique aux échanges internationaux en partie pour lutter contre la montée des idées nationalistes que l’on observe partout en Europe (tiens c’est curieux, ça me rappelle quelque chose…). Au nom de ces principes les sécessionnistes créent leur propre espace d’exposition : le palais de la Sécession, construit par Josef Olbrich sur la Karlsplatz de Vienne.

Je n’ai pas visité le pavillon de la Sécession pour la bonne raison que c’est apparemment très cher pour ce que c’est : selon les guides, et selon certaines connaissances qui l’avaient visité, ça ne valait pas forcément le coup (ni le coût) malgré la superbe fresque de Klimt. Bien évidemment je pense que lorsqu’on s’y connait vraiment bien en architecture et qu’on est apte à en comprendre toutes les subtilités c’est un passage obligé à Vienne. Quoi qu’il en soit j’ai tout de même pris quelques photos de l’extérieur, bien qu’un peu déçue de l’aspect. J’imaginais ce bâtiment plus grand, mieux placé, et je ne le trouve pas du tout mis en valeur…

p1050638p1050642

Un peu plus loin de ce manifeste architectural se dressent les deux pavillons du métro,œuvres de Otto Wagner. Autant dire que j’ai préféré : l’une des particularités de la sécession viennoise c’est l’utilisation de l’or sur une architecture très classique et épurée. En prime, comme pour l’Art Nouveau, les sécessionnistes aiment user de matériaux peu nobles comme l’acier offrant un certain contraste que je trouve pour ma part très harmonieux. Vous remarquerez enfin des motifs dits « naturalistes » -fleurs, courbes rappelant la nature – propres à la 2nde sécession – un mouvement sécessionniste au sein même de ce mouvement – qui a rassemblé notamment Klimt ou Otto Wagner.

p1050652p1050645

  • Naschmarkt ou Belvédère ?

Depuis la Karlsplatz deux options s’offrent à vous : d’un côté faire un tour au musée du Belvédère qui abrite les plus célèbres œuvres de Klimt, de l’autre redescendre la Linkeweize… pour découvrir deux autres bâtiments d’Otto Wagner, option à favoriser si on est samedi, jour du marché.

p1050629

Il est difficile de rater ces deux réalisation de Wagner, baptisées maison des majoliques et maison des médaillons : elles se distinguent suffisamment des autres immeubles pour capter immédiatement le regard. On y retrouve encore toutes les spécificités de la sécession : fleurs, or, et moi j’adore. Enfin le gros plus de cette balade c’est le Naschmarkt, ce marché qui se déroule tous les samedis : à la fois un marché d’antiquités et un marché où manger. Des petits restaurants, presque des biergarten, ouvrent leurs portes ou étalent des tables sur le bitume pour vous servir des spécialités viennoises et surtout des spécialités orientales. Longtemps Vienne a été la porte d’entrée de l’Orient et on ne peut pas l’ignorer en passant devant les étals de nourriture bulgare, turque, grecque, russe ou même indienne et chinoise. Un véritable tour du monde en quelques pas.

S’il est l’heure de prendre le thé, le café Savoy se trouve tout près des immeubles d’Otto Wagner, un vieux café viennois comme on les aime.

p1050617-2p1050621-2

p1050625-2

  • Eglise Saint-Leopold am Steinhof 

Il faut le vouloir et avoir un peu de temps pour aller visiter l’Eglise construite –encore une fois – par Otto Wagner qui se trouve un peu à l’écart du centre. Cette église se trouve au cœur d’un centre hospitalier dont les pavillons sont peu à peu vendus aux particuliers, et qui offre une promenade bien agréable en début d’automne ou au printemps. Il faut monter tout en haut du centre, aux abords d’un bois pour avoir accès à cette fameuse église qui m’est apparue bien plus grande que je l’imaginais, et pour 2€ seulement, je pense qu’il est plus intéressant pour ceux qui n’y connaissent pas grand-chose de se rendre ici plutôt qu’au Pavillon de la Sécession. Grande, belle, épurée, fourmillant de détails, avec des superbes vitraux et un autel magistral : voici une visite que je recommande à tous. Les images parleront mieux que les mots.

Pour s’y rendre : ligne 3 jusqu’au terminus Ottokringer puis bus 48A jusqu’à l’asile psychiatrique.

p1050707p1050663

 

p1050676

p1050699p1050700

  • De l’art partout…

Je n’ai pas pu tout voir et tout faire et il reste encore de nombreux bâtiments que je n’ai pas visités mais qui sont, à mon avis, peu accessibles au public non initié. Si vous le souhaitez, vous pouvez cependant au moins passer devant ces façades si particulières, témoignages d’une période riche des mouvements artistiques viennois et allemands.

Looshaus, d’Adolf Loos : sur la Michaelerplatz, face au palais du Hoffburg, il abrite aujourd’hui une banque.

La Caisse d’épargne de la Poste, d’Otto Wagner : n°2 Georg Coch Platz, l’un des éléments les plus caractéristiques de ce courant, je suis pour ma part très dubitative devant une telle pureté. Autrement dit: il n’y a presque rien.

La pharmacie de l’Ange, d’Otto Wagner : n°9 Bognergasse

 Café Museum, d’Adolf Loos : Karlsplatz

Leopold Museum : abrite les œuvres des principaux peintres de la sécession viennoise.

J’achève enfin ce parcours d’architecture avec un descendant de la sécession viennoise, bien que son style se rapproche en vérité davantage de Gaudi et des premiers architectes Art Nouveau : il s’agit de Friedenreich Hundertwasser. A la fois peintre et architecte de la fin du XXe siècle, un musée lui est consacré à Vienne non loin du bâtiment qui l’a rendu célèbre : la hundertwasserhaus. On ne peut malheureusement plus en visiter l’intérieur, toujours habité, mais le musée est surement très intéressant –vous l’aurez deviné, je ne n’y suis pas allée…mais même vu de l’extérieur ce complexe original et coloré vaut le coup d’œil. Hundertwasser est l’auteur de nombreux autres bâtiments, notamment l’incinérateur que vous pouvez voir en prenant les Schnellbahn 1-2-3 ou 4 vers Handelskai.

S’y rendre : Hundertwasserhaus, n°34-38 Kegelgasse, métro Landstrasse, il suffit alors de suivre les panneaux pour aller au musée, une centaine de mètres plus loin.

p1050573p1050568p1050562