Bilan 2019 – Finir la décennie en beauté

Ça y est, on en arrive à ce moment de l’année où il convient de faire un Bilan de tout ce qui a pu se passer durant les douze derniers mois. Alors que j’achève officiellement mon contrat de travail au 31 décembre 2019, on peut dire que 2020 commence par un grand saut dans l’inconnu et je regarde 2019 avec une grande nostalgie.

Pour ne pas vous proposer un article de cinquante pages j’ai décidé de diviser ce bilan en 2 : un bilan global et un bilan culturel qui paraîtra la semaine prochaine. Pour résumer rapidement, mon année s’est déroulée en quatre temps : révisions / travail / sorties au musée / escapades. Puisque j’ai été carrément absente ces derniers temps ça n’est pas évident de vous raconter ces 12 mois de façon succincte,  je m’excuse d’avance pour les digressions mais si vous êtes ici c’est qu’à priori vous aimez bien me lire. Alors c’est parti : voici mon bilan 2019. Comme l’an dernier, les photos sont présentées sous la forme des TOP de 2019.

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MEILLEURES VILLES – Paris toujours aussi belle. Photo depuis la terrasse de l’Institut du monde arabe, prise avant l’incendie de Notre-Dame.
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MEILLEURES VILLES – Pérouse la médiévale. Impossible de ne pas mentionner la superbe ville italienne dans ce classement.
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MEILLEURES VILLES – Bath l’aristocratique. J’en suis tombée totalement amoureuse malgré son aspect très touristique.

Une année de concours

Assez peu mouvementée de l’extérieur, cette année aura été intense intellectuellement et je n’en reviens toujours pas d’avoir réussi à la mener jusqu’à son terme avec réussite. Je vous avais laissés en 2018 avec les débuts de révisions des concours des bibliothèques et une année qui promettait d’être avant tout studieuse. C’est exactement ce qui s’est passé : la tête dans les bouquins – et dans Wikipedia – l’année 2019 est passée à une vitesse folle avec pour principaux compagnons les podcasts, les repères découvertes et des tonnes de papiers que j’ai griffonnés des mois durant. Tout ça pour quoi ? Pour m’en sortir avec succès : ça y est, j’ai enfin réussi un concours de la fonction publique puisque je deviens dès le 1er janvier « Elève conservatrice des bibliothèques territoriales » et que je retourne donc à l’école dès le 6 janvier pour une formation de 18 mois à l’INET, Institut National des Etudes Territoriales.

Ma grande fierté c’était d’avoir été admise aux deux concours de conservateur des bibliothèques – Etat et territorial – même si je ne suis que sur liste complémentaire pour le 1er. Mais je suis surtout fière d’avoir su me plonger entièrement dans ces concours pendant 1 an et de voir que mon travail a payé. Je pensais être bien trop orgueilleuse en me lançant ainsi dans ces concours de haut niveau, force est de constater que j’y ai toute ma place, même si un immense syndrome de l’imposteur est d’ores et déjà en train de s’installer.

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MEILLEURES RANDOS – Pas beaucoup de randos cette année mais une belle halte dans les Gorges du Verdon!
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MEILLEURES RANDOS – La seule vraie marche de l’année: le parc de Brecon Beacons au Pays de Galles et ses étendues vertes.

Enfin je garde un bon souvenir de ces heures passées à réviser et surtout à apprendre. Merci aux chemins de la philo et à feu La Fabrique de l’histoire pour m’avoir permis de travailler mes écrits tout en étant au travail ou dans les transports. Merci au temps du débat qui m’a mieux préparé que n’importe quel manuel aux oraux de culture générale. Bref un IMMENSE merci à France Culture d’exister ! Cette année plus que jamais radio France m’a été indispensable.

J’ai en particulier apprécié bien plus que je ne l’aurais cru le mois de préparation aux oraux d’Etat. Un mois pour acquérir le plus de connaissances possible, mais aussi pour apprendre à parler devant un jury, à analyser très vite et construire un plan valable et surtout à montrer qu’on est en mesure d’exercer le métier pour lequel on postule. C’est un mois d’adrénaline et de stress qui, s’il est maîtrisé, rend l’apprentissage vraiment épanouissant. J’ai fait de gros progrès et je me suis aperçue que je n’étais vraiment pas mauvaise à l’oral, j’ose même dire que passer devant le jury était une expérience assez excitante.

Je n’avais simplement pas prévu la descente brutale après des mois chargés émotionnellement et psychologiquement où j’avais toujours quelque chose à faire, et où j’avais mis la fatigue de côté.  Je n’avais pas prévu l’immense vide que l’on ressent une fois que tout est fini. Je n’avais pas prévu que le corps allait un peu lâcher et attraper toutes les maladies qui traînaient pendant que je me vidais de larmes. Mais ça va mieux !

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MEILLEURS SPOTS – La terrasse du travail avec une vue sur tout Paris.
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MEILLEURS SPOTS – Une table de pique-nique aux abords d’un village bourguignon. De quoi profiter des débuts du printemps au son des oiseaux.

Une année de voyages à la cool

Entre une dissertation et une note de synthèse il faut aussi savoir se reposer et ne pas mettre son année complètement entre parenthèses : je me suis donc octroyée un certain nombre de vacances ou week-ends avec cependant une contrainte que je m’étais imposée : ne pas faire plus de 2 A/R en avion dans l’année.

J’ai donc tourné autant que possible mes pas vers la France en profitant du mois de mars pour aller découvrir le parc de la Vanoise sous la neige. J’aime toujours autant la montagne, en hiver ou en été et je sais déjà que je vais obligatoirement demander un stage dans les Alpes ou les Pyrénées pour vivre quelques semaines à la montagnarde en 2020.

Pour les weekends en amoureux on a privilégié encore une fois des destinations pas loin de Paris. Cette contrainte de « moins de 3h de route » permet de se tourner vers des villes ou des régions qui ne m’auraient pas attirée en premier lieu et plus je visite les contours de la région parisienne plus les idées me viennent. Nos choix se sont portés cette année sur la Bourgogne du nord et la région de Reims.

J’ai déjà rédigé un article sur ces 3 jours en Bourgogne à la recherche des abbayes et des basiliques, ce n’était pas la première fois que j’allais dans cette région mais elle me plait toujours autant. J’aimerais désormais visiter un peu plus le sud : vers le Morvan ou alors retourner dans la région de Dijon et de Beaune que mon amoureux ne connait pas.

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MEILLEURES EGLISES – Assise et ses fresques. Un haut lieu de pèlerinage qui m’a laissée scotchée.

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Reims s’est organisé au dernier moment : 1h20 de Paris, juste ce qu’il faut de visites historiques et de gastronomie, avec en prime un petit passage par les superbes vignes de la montagne de Reims en plein automne. Un weekend dépaysant et vraiment très proche de Paris qui peut s’organiser même si vous n’avez pas de voiture. Je ne m’attendais à rien de la ville et je l’ai pourtant trouvée vraiment charmante, même un 1er novembre sous la pluie ! Entre ses pierres gothiques et son architecture art déco, la ville était très vivante, avec des salons de thés, des restos et des bars qui permettent de se réchauffer entre deux balades dans la ville. Sans oublier la visite d’une maison de champagne, avec la dégustation qui fait du bien !

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MEILLEURS TRANSPORTS – Le train d’Edimbourg à Londres, 5h de paysage variés et de jolies petites villes dans le confort des trains rouges britanniques.
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MEILLEURS TRANSPORTS – Mes propres pieds qui parcourent Paris au grès des manifestations. D’Opéra à Nation en passant par République et Invalides.

Une année en Europe ?

Côté étranger j’en suis restée aux incontournables et jamais décevants : les biens aimés Royaume-Uni et Italie ! Si j’ai utilisé l’avion pour aller en Italie j’ai en revanche profité de la proximité du Royaume-Uni pour m’y rendre en voiture puis en train. On l’oublie trop souvent mais l’Angleterre est vraiment très proche, et aller au Pays de Galles prend le même temps qu’aller à Toulouse.

Après la déception des premiers résultats de concours (j’en ai passé 4), j’ai pris mes billets sur le vif pour rejoindre mes copines qui partaient cinq jours en Italie, plus précisement en Ombrie. J’ai atterri à Bologne où j’ai pris plusieurs trains pour arriver à Orvieto où j’ai attendu mes amies qui arrivaient en voiture. Vin et bruschette sous le soleil avec une vue magnifique sur la cathédrale. Ces cinq jours promettaient d’être parfaits. Et ils le furent. Si on omet le passage pluvieux à Assise. L’Ombrie est une région d’Italie souvent oubliée car reléguée dans l’ombre de sa lumineuse voisine la Toscane. Pourtant l’Ombrie regorge de villes et villages magnifiques sur un territoire pas si grand que ça. Un séjour que je conseille aux amoureux de l’Italie qui ont déjà trop vu Florence.

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MEILLEURS MONUMENTS – Evidemment le Palais Bourbon puisque c’est là où j’ai le plus été.
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MEILLEURS MONUMENTS – Notre-Dame qui nous a tiré des larmes en s’embrasant. La photo est prise ici le lendemain sur des quais bondés de badauds venus rendre hommage à celle qu’on a craint de perdre.

JE suis retournée par la suite au village de mon amoureux dans le sud du Lazio pour profiter de la dolce vita et surtout des fêtes du village. 10 jours de repos au son des cloches qui sonnent régulièrement. Un peu de plage, beaucoup de Spritz et de quoi retravailler un peu mon italien.

Pour mes vacances découvertes de l’été j’hésitais fortement entre la Corée et le Pays de Galles, mais pour 10 jours et avec la possibilité d’y aller en voiture le Pays de Galles a finalement eu ma préférence. Et encore une fois : si vous aimez aller en Ecosse, il n’y a aucun raison pour que vous n’appréciez pas le Pays de Galles. C’est la magie du Royaume-Uni que d’avoir encore tant de parcs, tant de belles côtes et tant de jolies villes et villages qui sont loin d’être envahis de touristes. Evidemment voyager au Pays de Galles coûte une certaine somme, mais il est toujours possible de camper dans ces pays là, pour peu que vous n’ayez pas peur de la pluie. L’accueil des Gallois, les paysages variés, et les scones ont achevé de me convaincre que je souhaitais y retourner très vite pour explorer la partie nord du pays.

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MEILLEURE SURPRISE – Reims, sa ville art déco et ses vignes dorées en automne.

 

Enfin dernière destination, imprévue cette fois : l’Ecosse. Quand j’ai su que j’étais reçue au concours, et que ma prochaine année serait très intense, j’ai tout de suite pensée à ma copine Caro que je n’avais pas vue depuis 3 ans, parce qu’on repousse, repousse, repousse en pensant que plus tard on aura le temps. Cette fois je savais que je n’aurais pas le temps, et en plein mini burn-out je rêvais des grands espaces écossais. Alors quand elle m’a proposé un weekend entre filles à Dundee j’ai cédé. Mais pas question de prendre l’avion. A un moment où ma vie change assez rapidement j’avais envie de prendre le temps et de tester le train : Paris-Londres puis Londres-Edimbourg. Mango and Salt l’avait fait quelques semaines avant pour aller à Glasgow, j’ai donc pris mes billets avec hâte. J’adore les longs voyages qui permettent de rêvasser avec de beaux paysages qui changent, et la traversée de l’Angleterre a comblé mes attentes. En prime j’ai noté toutes les villes que j’aimerais visiter et qui, je le sais maintenant, ne sont pas si loin en train !

Une année culture au Musée

La grande résolution de cette année 2019 c’était d’aller plus souvent au musée. A 28 ans, les musées deviennent payants et chers, on a donc décidé avec Jéromine de profiter du premier dimanche du mois pour se refaire une culture muséale, et même si on n’a pas pu le faire tous les mois, on a tout de même pu découvrir et redécouvrir un certain nombre de musées parisiens. La cité de l’architecture, la Sainte-Chapelle, le Louvre en nocturne, le musée Rodin ont fait partie de la première salve de musées visités. Je compte bien poursuivre l’expérience avec des musées moins connus comme le musée de la porcelaine de Sèvres ou le musée de la carte à jouer d’Issy les Moulineaux, cette année. J’ai en prime acheté la carte des amis du Louvre jeune et entrepris d’aller visiter une expo par semaine à partir du mois de mai. BREF on peut dire que 2019 fut pour moi l’année des Musées.

Côté lecture j’ai continué de faire partie du comité lecture de la revue lecture jeunesse ce qui offre l’opportunité de faire de belles découvertes en littérature jeunesse, et de pouvoir se vider la tête facilement quand on n’en peut plus des révisions. Pas de panique si je ne vous en parle pas davantage ici : je vous ferai un petit bilan de mes lectures jeunesses, et adultes, dans mon bilan culturel.

Une chose est sûre : j’ai de plus en plus besoin d’une stimulation culturelle régulière, j’ai adoré découvrir des artistes dont j’ignorais tout, me passionner d’un coup pour des périodes historiques que je connaissais mal, écouter des tonnes de podcast sur des sujets qui a priori ne m’intéressent pas du tout mais qui me permettent d’ouvrir un peu mes horizons. Et j’espère bien que j’arriverai encore à me motiver à aller au devant de toutes ces découvertes culturelles.

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MEILLEURS MUSEES – La nocturne du Louvre et les déambulations dans les antiquités égyptiennes.
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MEILLEURS MUSEES – Le muséoparc d’Alésia dont je n’attendais pas grand chose. Un bon rappel archéologique et historiographique sur “nos ancêtres” les Gaulois.

Une année à l’Assemblée

Ça pourrait être le thème d’une BD mais non il ne s’agit que d’un des aspects de mon année 2019. J’ai quitté il y a quelques jours mon travail de bibliothécaire à l’assemblée nationale, et plus que mon travail de bibliothécaire – dont je vais vous reparler en long et en large les prochaines années – c’est d’avoir vécu pendant toute cette année au Palais Bourbon qui m’a marqué.

Je me suis toujours intéressée à la politique et côtoyer chaque jour députés et ministres ça aide à se renseigner encore plus sur ce qu’il se passe. J’ai regardé régulièrement les questions au gouvernement, où on n’apprend jamais rien de bien passionnant, c’est plutôt une étude de la rhétorique des politiciens. J’ai mis parfois en fond les séances publiques, notamment celle de la loi bioéthique ou de la loi gaspillage. C’est un peu difficile à suivre mais ça permet de se rendre compte de l’ampleur du travail législatif et des réflexions parfois poussées qu’il faut avoir pour essayer de faire la meilleure loi possible. Je parle bien sur des amendements qui sont proposés, pas de ceux qui sont amendés.

J’ai appris plein de vocabulaire, ou plutôt de jargon parlementaire, mais je comprends aussi beaucoup mieux comment tout ça fonctionne, que font les députés, où ils sont, quand ils sont à l’assemblée, etc… Je me suis retrouvée à passer des soirées à regarder la séance depuis chez moi parce qu’on peut vite être pris dedans. Mention spéciale à l’explication de vote pour la loi bioéthique qui m’a tiré des larmes. ET OUAI !

C’est probablement le travail que j’ai eu le plus de mal à quitter, parce qu’une fois les clés de la maison rendues, les portes se referment et ne se rouvriront pas comme ça. Une nouvelle carrière m’attend aujourd’hui mais c’est avec une très grande tristesse que j’ai dit au revoir au Palais Bourbon. Et que vous soyez intéressés par la politique ou non je vous conseille d’aller visiter l’Assemblée nationale, ne serait-ce que pour sa belle bibliothèque !

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MEILLEURES BALADES URBAINES – Paris de nuit à travers les Tuileries où jusqu’aux Grands Boulevard. En particulier à Noël quand la ville devient ville lumière.
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MEILLEURES BALADES URBAINES – Le cimetière du père Lachaise sous son feuillage automnal.

2019 en lutte

Impossible de faire le bilan de l’année sans parler de ces derniers mois de lutte. J’ai fait pas moins de 4 manifestations en l’espace d’un mois, inaugurant la saison des manifs par la marche #noustoutes du 23 février que j’ai eu le plaisir de faire en compagnie de ma team préférée qui s’accroît chaque année. J’ai découvert avec un peu de retard le collectif des chianteuses qui entament des chants variés avec des paroles féministes – ça va d’Amel Bent aux chants révolutionnaires – ce qui rend la manif super vivante, et on se sent pleine d’amour pour cette sororité. Le bilan des féminicides est quant à lui plus qu’affligeant : 149 en 2019. Sans m’arrêter plus longtemps sur le sujet, j’aurais bien aimé ne pas avoir à manifester en 2020 pour la cause féminine mais il semble que le rendez-vous soit déjà pris, alors soyez prêtes pour novembre 2020.

J’ai enfin manifesté pour la réforme des retraites. Parmi les plus grosses manifestations que j’ai faites dans ma vie, sans trop de heurts de mon côté, avec de très belles images qu’on a pu voir devenir virales sur les réseaux sociaux. J’ai toujours de petites larmes qui viennent quand je vois les performances de l’Opéra sur les parvis de Bastille ou de Garnier. Comme les cheminots, les 4 corps de l’opéra de Paris sont en grève depuis le 5 décembre, c’est une grève lourde, qui a des conséquences pour beaucoup. Psychologiquement c’est très dur à tenir, autant que financièrement et je les remercie de ce qu’ils font pour essayer de tous nous sauver les miches.

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MEILLEURES PLAGES – LA côté escarpée du Pembrokeshire, belle même sous la pluie.
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MEILLEURES PLAGES – Une balade matinale sur la plage de Broughy Ferry en Ecosse avec les copines.

Côté blog

Quelques statistiques comme chaque année : je n’ai publié que 8 articles, c’est-à-dire plus de la moitié de d’habitude, et pourtant les visites n’ont pas tant baissé que ça. 8462 visiteurs en 2019, soit plus qu’en 2018 ; mais moins de vues, seulement 11 352 contre 12 000 l’année précédente. Les articles les plus lus sont encore et toujours Naples et le Durmitor, avec un petit troisième qui pointe le bout de son nez et dont je suis super fière: mon article sur le Bassin-minier! Quand aux pays qui visitent, la triade de tête persiste: France, Monténégro, Italie mais en quatrième j’ai la joie de voir percer les Etats-Unis, juste avant la Belgique.

J’espère sincèrement reprendre du service, notamment en ce qui concerne les articles culture parce que c’est encore ce que je préfère écrire ! Je me suis d’ailleurs imposé comme résolution de tenir un carnet culturel où je note mes impressions sur tout ce que je vois/entends/lis – en espérant que je tienne au moins quelques mois !

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MEILLEURS PAYSAGES – Le parc de la Vanoise en fin d’hiver, quand la neige a déjà déserté le bas de la vallée.
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MEILLEURS PAYSAGES – Le parc de Brecon Beacons toujours. Genre allez-y en fait, c’est vraiment trop beau!

QUID de 2020 ?

Je vous en parle depuis le début de cet article, 2020 devrait être une année à la fois calme et agitée. Calme parce qu’en réussissant un concours et en intégrant une école je n’ai plus à répondre à la question «Qu’est-ce que je fais ensuite ? Ou vais-je trouver un travail ? », agitée parce que je vais passer les 18 prochains mois à voyager dans toute la France entre journées de cours et stages. Pour le moment je retourne à Strasbourg jusqu’à la mi-février où je devrais débuter mon premier stage, j’ignore encore dans quelle ville.

Je suis plus que contente de savoir que je vais découvrir la France et je veux profiter des 5 stages qui vont avoir lieu pour aller un peu partout sur le territoire…voire dans les RDOM si l’opportunité se présente. J’appréhende évidemment de retourner en cours, surtout qu’il s’agit de cours qui ne sont pas à priori ma tasse de thé (vive le management et les finances !) ; j’appréhende surtout de devenir conservatrice et de passer d’exécutante à celle qui décide. C’est ce que j’ai toujours souhaité mais j’ai forcément des doutes sur ma capacité à bien manager une équipe, à mener correctement des projets et à diriger une institution. Heureusement que la formation dure 18 mois, aucun doute que c’est probablement ce dont j’aurai besoin pour faire taire ce syndrome de l’imposteur.

J’espère aussi passer un peu plus de temps dehors, faire peut-être enfin de la randonnée – avec les Vosges à portée de voiture ça devrait être plus simple -, continuer à profiter de Paris chaque fois que j’y serai, me remettre plus sérieusement à l’aquarelle et bien entendu au blog. Je laisse de côté des résolutions sportives, de toute façon je n’ai jamais su les tenir! Enfin pour ce qui est de la culture je vais me plonger dans les bibliothèques, et pour me reposer j’ai déjà commencé un marathon Teenmovies que devrait me prendre une bonne partie du mois de janvier!

C’est sur ces bonnes résolutions et cette année pleine de promesses que je vous quitte, en espérant que vous avez passé de belles fêtes et en vous souhaitant tout ce qui peut vous faire du bien et vous rendre heureux pour 2020.

Ciao 2017

J’avais moyennement envie de faire mon bilan 2017. Il ne s’est pas passé grand-chose cette année et la nouvelle de la mort de Julie Sarperi du merveilleux blog les carnets de traverse m’a beaucoup choquée. Julie doit être la première blogueuse que j’ai suivie, elle m’a fait rêver et m’a donné envie d’ouvrir un blog pour parler voyage. J’aimais sa poésie, j’aimais son idée des stickers voyageurs et j’en avais commandé quelques-uns. Aujourd’hui j’ai toujours ce mot écrit de sa main dans ma boîte à souvenirs, heureuse de cette gentille attention et de faire partie d’une petite communauté de blogueurs voyageurs. Mourir si jeune après avoir eu un enfant force à se poser des questions et à réfléchir un peu à l’essentiel.

Pendant quelques jours je n’avais plus trop envie de bloguer et de voyager mais seulement de rester chez moi avec famille et amis. Les hommages qui ont été faits sur les différents blogs m’ont redonné envie  et en lisant les nombreux bilans je me suis dit que c’était tout de même bien et que j’aimais résumer mon année en photos. Alors allons-y.

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Invention importante de 2017 – Le cappuccino préparé par l’amoureux tous les dimanches

2017 une année assez stressante mais moins angoissante

Malgré tout le stress que la recherche d’emploi peut produire, surtout le fait de ne jamais savoir si son contrat va être renouvelé, cette année fut moins propice aux doutes : j’ai trouvé un emploi en Bibliothèque Universitaire dans le quartier latin jusqu’en avril et je savais que je souhaitais postuler derrière en bibliothèque municipale, où j’ai vite trouvé un petit contrat. Je ne suis jamais sûre d’avoir du travail, d’ailleurs j’en cherche actuellement, mais je sais vers où orienter mes recherches.

 

 

J’ai véritablement découvert cette année le travail de bibliothécaire et je peux dire que ça m’a plu. Peut-être que je ne ferais pas ça toute ma vie mais je me suis sentie agréablement dans mon élément et en même temps un monde tout nouveau s’est ouvert à moi. Ce fut un bon équilibre entre travail, loisirs et découvertes.

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Une journée de catalogage en Bibliothèque

La littérature oui, beaucoup !

En travaillant en bibliothèque on croise forcément beaucoup de passionnés qui nous transmettent des envies de lire certains livres, de voir certains films. J’avais l’impression d’ajouter chaque semaine une dizaine de livres sur ma pile à lire et c’est une chose qui me manque depuis que je ne travaille plus. Je ne me souviens pas avoir autant lu que cette année et j’ai lu un peu de tout : des récits de vie, des fictions, des essais et beaucoup beaucoup de livres jeunesse. Certains livres ne m’ont laissé aucun souvenir, mais beaucoup m’ont complétement accrochée. Premier de cordée, de Frison-Roche ; L’ombre du vent, de Carlos Luis Zafon, Désorientale de Negar Djavadi, sont probablement mes trois préférés avec un amour particulier pour le 1er.

 

 

Je vous ai déjà parlé ici de mon amour pour la littérature jeunesse. J’ai osé me remettre à lire des livres qui ne sont à priori pas de mon âge, parce que c’était mon métier et parce que rien ne permet  de partir dans un univers fantastique comme les romans jeunesses.

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Inktober challenge

Cette année je me suis donc laissée du temps pour les activités créatrices : je vous ai parlé de l’inktober ici et j’espère continuer à dessiner en 2018. J’ai notamment acheté un kit complet d’aquarelle et j’espère bien réussir à créer de vrais carnets de voyage lors de mes prochaines excursions (l’une d’elles se prépare en ce moment même avec la seule et l’unique Jéromine de l’archivoyageuse). Mon prochain grand défi créatif sera sans doute le NaNoWriMo qui me fait de l’œil depuis des années, je me prépare psychologiquement, mais j’espère avoir le courage de me lancer dedans.

 

 

 

 

 

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Février – 1er weekend de l’année à Bourges!

Voyages encore et toujours

Comparée à d’autres années la catégorie voyage a été plutôt soft : pas de grand voyage au loin mais beaucoup de week-ends par ci par là. C’est une façon de faire qui me convient assez : partir un week-end permet de découvrir la France sans avoir à poser des jours. A part un road trip de 10 jours en Grèce, le premier avec mon amoureux, je ne suis jamais partie longtemps, ça m’a manqué bien sûr mais je n’ai pas été si frustrée que ça.

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Mars – Passage par la capitale normande: Rouen! Malgré la pluie j’ai adoré.

 

J’ai la chance d’avoir des copines aussi bizarres que moi et qui proposent des weekends improbables – Bourges et Dijon ne font a priori pas rêver – et j’ai découvert que mon copain aimait beaucoup partir en voiture avec toute la liberté que ça procure. Nous avons donc pu visiter Rouen et les abbayes du bord de Seine dont je vous parlais ici, et les fameux châteaux de la Loire pour le dernier superbe weekend de l’été indien.

 

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Avril –  organisé (pour moi) au dernier moment , weekend à Bologne et visite de la ville de Ferrare

J’ai quitté la France trois fois : j’ai commencé l’année 2017 à Edimbourg en grimpant Artur Seat, c’était une excellente ascension pour bien débuter l’année ! Je suis partie un long week-end avec Jéromine pour visiter la belle Bologne. Le choix était stratégique : à mi-chemin entre nos deux pays, mais c’était surtout une superbe découverte. J’avais oublié à quel point il est facile de se déplacer en Italie, à quel point j’aimais l’Italie, et comme c’était agréable de se donner du temps pour faire les choses. On a surtout bavassé, refait le monde, et testé mon nouveau filtre polarisant : vous pouvez lire tout ça ici.

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Mai – ENFIN je visite les serres d’Auteuil !

 

Ce fut ensuite la Grèce sous la chaleur et le beau temps, j’y ai dédié plusieurs articles avec mes coups de cœurs : Delphes, Mycènes et la péninsule du Pélion. Ces vacances m’ont donné envie de revenir très vite dans ce pays : Thessalonique me fait de l’œil, je ne connais rien de sa côte est,  et les ruines macédoniennes du nord semblent passionnantes. Je conseille ce pays à tous : pas si loin, pas si cher et magnifique !

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Juin – la Grèce aussi belle que prévue: ses îles, ses ruines, ses plages et ses villes!

 

 2018 je me fixe de continuer les weekends en France pour visiter les villes mais aussi certaines régions : je lorgne depuis quelques temps sur le bassin minier, j’aimerais aussi beaucoup retourner en Bourgogne au printemps. Si le portefeuille me le permet je serais bien tentée par un long weekend à l’étranger : je n’ai jamais vu Lisbonne, Stockholm et Dublin.

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Juillet – je retrouve l’Alsace pour y faire quelques randos. Ici le village de Kaysersberg vu du château.

 

Malgré un court séjour en Alsace je dirais que ce qui m’a le plus manqué en 2017 ce sont les montagnes et les randonnées. Ma bonne résolution c’est de me prévoir au moins un weekend de rando dans l’année : les calanques du sud ou le tour des aiguilles rouges, mon cœur balance encore.

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Août et septembre à Paris – c’est tellement agréable de se promener l’été dans cette ville!

 

 

Retourner en Italie. Ca a été ma grosse frustration de cette année : je n’ai pas pu retourner dans le village de mon copain. Ca m’avait tellement plu la première année que je ne pensais qu’à ça, j’avais envie de revivre les fêtes de village, le café au bar, la foule qui sort à 22h, et la farniente sans culpabilité. Malheureusement contrats en CDD obligent je n’ai pas toujours le choix de mes vacances et j’espère que cette année je pourrais m’y rendre !

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Octobre – Les châteaux de la Loire sous l’été indien.

 

Un petit bouleversement en 2018 ?

J’espère finalement continuer 2018 comme 2017 : approfondir ma connaissance du travail de bibliothécaire en trouvant un travail, profiter des moments à Paris, organiser des sorties, des weekends et des vacances. J’ai pris la résolution d’être plus manuelle : je voudrais conduire plus et surtout je me mets officiellement à la cuisine ! Une vie somme toute très simple, sans drama et avec beaucoup de routine.

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Décembre – On s’échappe un dernier weekend pour visiter Dijon et Beaune! Grosse envie de retourner en Bourgogne aux beaux jours.

 

Oui mais une routine qui va être un peu bousculée dès mars par l’arrivée de mon neveu. Je ne peux même pas dire combien j’ai hâte de voir sa tête et de l’aimer ! Mais avant ça un gros voyage m’attend, le genre qui valait bien le coup de rester de nombreux mois à Paris et qui fera forcément de 2018 une année pleine de promesses !

Blogs

J’avais envie de finir en vous parlant un peu des découvertes blogging que j’ai faites, je ne vais pas vous cacher qu’il y en a peu. Si je n’hésite pas à suivre les gens sur instagram, je ne suis en fait que très peu de blogs: Mathilde (le blog de Mathilde à Boston), Victoria Juliette (jenesaispaschoisir) et Lucie (l’occhio di Lucie) sont les principales. Cependant j’ai découvert récemment le blog de Mi-fugue, mi-raison et j’attends avec impatience chacun de leurs nouveaux articles. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas autant accroché à un blog. Ça valait le coup d’en parler!

Enfin en ce qui concerne les stats du blog elles sont plutôt en baisse mais il est difficile de juger car le blog a changé de nom, d’adresse et a été invisible pendant près d’un mois. Si je m’en remets à wordpress vous avez été 3128 à venir ici depuis avril/mai dernier et vous avez effectué 4959 visites (en comparaison vous étiez 3104 pour près de 6000 visites en 2016).  Les articles les plus lus ont légèrement changé: même si l’article sur les randos dans le parc du Durmitor reste le number one de loin, vous avez aussi consulté mon article sur Naples et sur le XIIIe street art.

Pour achever ce (trop) long article je vous souhaite à tous une très bonne année 2018, pleine de voyages, de découvertes, de lectures, et comme on dit en Alsace… SURTOUT LA SANTE!

Expatriation en … Alsace

Strasbourg – jour 35

Un peu plus d’un mois que je suis à Strasbourg. Le temps de faire un point. En théorie il ne s’agit pas vraiment d’une expatriation puisque je ne quitte pas ma « patrie », la France, mais s’installer dans une autre région, et encore plus dans une région avec une très très forte identité comme l’Alsace reste dépaysant.

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Il y a ici beaucoup de choses nouvelles. Pour commencer le temps : j’étais déjà venue plusieurs fois à Strasbourg, en été et en hiver, je pensais bien connaître la ville, être prête à endurer le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. J’avais juste oublié les autres saisons. J’ai pu me délecter d’un début d’automne magnifique, les arbres très colorés, le soleil qui réchauffe, la lumière dorée, et je découvre depuis peu la fin d’automne un peu gloomy : du brouillard matin, midi, soir.

Après m’être dit que c’était « passager, ça va c’est normal le brouillard fin octobre. » J’ai compris que non, le fog à Strasbourg c’est presque tout le mois de novembre, la ville entière est dans un nuage et il en va de même pour les villages du Bas-Rhin. La faute au Rhin ? Aucune idée, mais le fait est qu’en sortant d’Alsace le brouillard s’évapore et qu’il y a enfin ce grand ciel bleu qui « rayonne sur toute la France » comme nous dit madame Météo. Preuve que Strasbourg c’est pas vraiment la France.

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Autre découvert: l’identité strasbourgeoise. Je m’attendais au rejet habituel des parisiens, à la forte identité de région, mais j’ai découvert qu’à Strasbourg on était certes alsacien, mais aussi européen. La ville ne cherche pas à rivaliser avec Paris : Paris est capitale de la France, Strasbourg se veut capitale de l’Europe. Sa véritable rivale c’est Bruxelles. Et d’ailleurs on ne parle pas de la mairie de Strasbourg mais de l’Eurométropole. Ce n’est pas pour rien si certains souhaitent appeler la nouvelle région « Eurorégion » , mais personnellement je préfère le nom d’Austrasie…

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Strasbourg est une grande ville avec banlieue mais… les villages sont à deux pas. Issue de ma banlieue parisienne pour moi un village c’est ce trou paumé au fin fond de l’Essonne ou des Yvelines avec 6000 pauvres habitants. Attention, ici il s’agit d’une ville, et elle est à moins de 10 minutes de Strasbourg, les gens y vivent, certains y travaillent. Et oui, dès qu’on sort de l’agglomération on est dans les vignes, puis dans les Vosges. La nature est à côté et avec elle les randos, les châteaux, et le grand air. Et peut être même un peu de ski cet hiver.

WP_20151104_003Un mois donc et j’en découvre encore beaucoup. Je ne m’habitue pas encore à écouter les vieux passer de l’alsacien au français comme s’il s’agissait d’une même langue, ou à entendre cet accent encore plus abrupt que l’allemand dans les bouches des jeunes – il paraît qu’on l’attrape vite, prévenez-moi si jamais. Je ne m’habitue pas non plus à partager mon espace avec des vélos, partout, tout le temps, même si j’en ai un aussi et que j’ai hâte de m’en servir pour embêter les piétons. Je suis toujours heureuse et étonnée de traverser les vieilles rues aux noms pittoresques – la rue-au-vieux-cochon-de-lait – avec des maisons à colombage et je ne me lasserai jamais de contempler la cathédrale.

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Ici les gens commandent vraiment des Bretzels chez le boulanger – super et pas cher pour caler une petite faim. Je suis toujours incapable de prononcer certains mots comme « Spaetzle ». Je n’ai pas encore bien compris ce que c’était que les « Stammtischs ». Je n’ai encore jamais lu les DNA, Dernières Nouvelles d’Alsace, mais ça ne saurait tarder. Je trouve ça incroyable d’être en Allemagne en quelques minutes de vélo et d’aller y faire ses courses comme si tout était normal. Je me moque encore d’eux parce qu’ils ne savent pas dire correctement « Krutenau »  et « Broglie » et pourtant j’ai pris l’habitude de faire la même chose.

Mais surtout, surtout : je ne m’habitue pas au fait que mes cheveux se soient mis à boucler sous ce climat.

Balade à Belleville

Vendredi dernier, mue par un soudain dynamisme, un surplus de vitamine C qui filtrait par les fenêtres de ma chambre, j’ai décidé de me rendre à Belleville pour y faire une petite balade photo parisienne.

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« Belleville » au départ ce n’est pour moi qu’un lieu imaginaire, celui qu’on retrouve dans les histoires de Benjamin Malaussène, ce quartier encore populaire du vieux Paris, un genre de Montmartre les touristes en moins.  La première fois que je me suis vraiment rendue à Belleville c’était il y a six ans, en revenant du bal de l’Ecole des Chartes j’avais pris un verre aux Folies, sans savoir encore que c’était un des bars incontournables de Paris, puis je n’y suis plus retournée avant que ma sœur chérie n’emménage dans le quartier, métro Jourdain. Grande squatteuse de par mon statut de banlieusarde qui cherche toujours un coin où dormir à Paris je me suis mise à errer de plus en plus souvent dans le coin, suffisamment pour qu’à la fin de l’été dernier je cesse de me perdre dans le parc des Buttes-Chaumont. Le charme de la Rive-Droite commençait à opérer sur moi. Et depuis quelques mois je ne cesse d’y retourner, j’arpente de long en large la grande rue de Belleville – bon d’accord je la descends plus que je ne la monte – et j’apprends à aimer le côté fouillis, populaire, pas rangé, bien loin des rues Haussmanniennes et des grands édifices de mon quartier latin habituel.

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J’ai commencé la balade par le parc de Belleville à découvrir par la rue Piat: depuis le belvédère la vue sur Paris est superbe et vaut bien celle du Sacré-Cœur, surtout qu’on y est souvent seul. Tout en cascades le parc descend vers le bas-Belleville en alignant des fontaines et des pelouses, je languis de pouvoir en profiter quand les beaux jours seront revenus. J’ai emprunté ensuite les petites rues menant vers le Ménilmontant avant de rejoindre les rues adjacentes à la rue de Belleville dont la plus célèbre : la rue Denoyez, dans laquelle on trouve toujours un artiste en train de tagger.

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Au travers des rues, outre des cafés tantôt populo, tantôt bobo-branchés, on trouve pas mal de bonnes librairies. J’en ai noté deux : la première, Le monte en l’air, se trouve juste après la ligne de chemin de fer abandonnée de la petite ceinture, à côté de la rue du Ménilmontant (voir photo), on y trouve des livres jusqu’au plafond et sur plusieurs salles, des romans, des BD, des livres d’arts, un peu de tout, et pour ajouter à mon ravissement, tournait en fond sonore un album live d’Agnès Obel. WHAT ELSE ? La seconde librairie se trouve à l’intersection de la rue de Belleville et de la rue Jouye-Rouve, pas énormément de choix mais bien présentée, avec un canapé pour ceux qui voudraient bouquiner avant d’acheter, et certains ouvrages disposent d’une critique de lecteurs de la librairie, de quoi donner envie de lire.

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A Belleville on oscille entre les ruelles, les petites places ensoleillées qui, loin des bruits de la ville, portent à se croire dans un village, et les rues grouillantes de monde, alignant les restaurants chinois et les bars aux terrasses bondées et pleines de vies. Je suis encore loin de connaître assez le quartier pour en apprécier toutes ses particularités, par exemple j’ai du mal à comprendre ces supermarchés chinois dans lesquels on trouve absolument tout et rien à la fois. Devenir Bellevillois ce n’est pas donné à tout le monde, il faut y vivre pour en avoir l’état d’esprit.

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Playlist de l’article: Django Reinhardt

 

Keep straight and dance jig

Qu’on se le dise, la danse irlandaise est un sport de compétition. Oui, vous avez bien lu, de compétition : avant d’illuminer les planches avec des spectacles mondialement connus comme Lord of the Dance ou Riverdance, ces danseurs ont tous participé pendant de longues années à des compétitions ou championship qui se déroulent un peu partout dans le monde mais surtout, chose peu étonnante, en Grande-Bretagne.

Ma passion pour l’Irlande et ses danses traditionnelles date de mon enfance. J’avais alors six ans lorsque mes parents m’ont emmenée en voyage en Irlande, outre la pluie deux souvenirs me restent : le premier est celui d’un pub dans lequel je me faufilais parmi de grands hommes barbus – dont mon père faisait partis – chacun une chope de bière à la main, la fumée rendait la pièce brumeuse et tout n’était que rire et musique entraînante ; le second je ne sais même plus où il se situe, ni quand, si on me l’a seulement raconté ou si je l’ai vraiment vécu, je ne me souviens que de l’admiration que j’ai éprouvé à regarder des gamines, à peine plus âgées que moi, effectuer des danses rapides et aériennes sur cette même musique entraînante. Je crois que c’est ce jour-là que je me suis dit « Je veux apprendre à faire ça ».

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l y a plein de talents qu’on aimerait posséder dans une vie, de choses que l’on voudrait apprendre, et je ne suis pas peu fière d’avoir réalisé un de mes projets d’enfance. Si c’est la danse irlandaise qui m’a toujours attirée, notamment parce que je devinais cette discipline difficile et impressionnante, j’ai commencé par faire de la danse bretonne, dans une ambiance bon enfant, pour participer aux fest-noz –bals bretons- où l’on danse en groupe ou en couple. C’est lorsque le film « JIG » est sorti, en 2012 que mon envie de faire de la danse irlandaise s’est transformée en besoin. Le film est un documentaire sur les world championships se déroulant chaque année à Glasgow et qui accueillent 6000 participants venus de tous les pays pour gagner le titre de champion du monde de danse irlandaise. J’ignorais alors, comme vous, que ce sport était un sport de compétition. Le film dévoile un monde à part, peuplé de claquettes, de perruques, de robes trop brillantes,  de filles qui abandonnent leur vie pour remporter ce titre prestigieux. Ca m’a semblé drôle mais irréel, et voilà que deux ans plus tard, je me retrouve à mon tour sur les planches, vêtues d’une robe à paillettes, trop maquillée, trop coiffée, les pieds douloureux, le sourire figé pour montrer aux juges qu’aujourd’hui c’est moi la meilleure danseuse.

Bien sûr je ne participe pas encore aux championnats du monde mais à des « Feis » ou compétitions en gaëlique qui me permettent de valider des danses et de passer au niveau supérieur. Je n’avais pas compris en m’inscrivant à la Sarah Clarke Academy qu’il s’agissait d’une école sérieuse, et que Sarah, la directrice, envoyait dès qu’elle le pouvait ses élèves aux quatre coins de l’Europe pour remporter titres et danses. Mais dans cette ambiance si particulière on se prend vite au jeu, on se met sans trop savoir pourquoi à acheter chaussons, puis claquettes (ou hard shoes), puis une robe, à se dire « la perruque plutôt brune ou avec reflet doré ? », à prendre ses billets pour Cracovie, puis Stuttgart, puis Milan ; puis on se produit dans des bars, dans des défilés. Enfin, sans s’en être aperçue on devient une vraie danseuse irlandaise.

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Comment ça fonctionne ?

Il existe quatre niveaux en danse irlandaise : beginners, primary, intermediate et open. La marche entre ces différents paliers peut être très haute et on a besoin de plusieurs années pour la franchir. Dans ces quatre niveaux, il existe en général six danses : quatre en chaussons, deux en claquettes. A côté il existe également bon nombre de danses traditionnelles, identiques partout dans le monde, comme la Saint-Patrick, danse la plus connue et la plus dansée. La chorégraphie de ces six danses est propre à chaque école, chaque professeur décide en respectant les temps et le rythme, ce qui fait qu’en compétition chaque fille produit une danse différente.

La compétition : comme le patinage artistique ou la gymnastique, la danse irlandaise est notée par un juge. Les candidats passent en général deux par deux, puis le résultat final est donné par les juges lorsque toutes les danses d’une même catégorie sont passées. Si le candidat finit 1er ou 2nd dans une danse, il « valide » cette danse et passe donc au niveau supérieur. La déception qui survient lorsqu’on ne gagne pas, ou pire, lorsqu’on arrive 3ème laisse vite place à la volonté de réussir la prochaine et de travailler chaque jour un peu pluss

Ce qui m’a plu dans cette danse c’est avant tout la beauté, la légèreté alliée à la complexité des pas. Même s’il faut du temps pour acquérir une véritable technique, dès les premières danses apprises le résultat est probant et peut impressionner sans forcément être très difficile, la difficulté s’accroît évidemment avec le temps. On peut progresser rapidement en danse irlandaise et exécuter en quelques semaines des pas qui semblaient impossibles à faire. La véritable consécration vient le jour où l’on met pour la première fois ses claquettes, un moment qu’on attend pendant des mois et qu’on regrette aussitôt. Si les soft shoes font déjà souffrir – le principe étant de prendre deux tailles en dessous de sa pointure pour faire de jolies pointes, comme dit ma prof « It has to be like no blood in your toes », et effectivement on ne sent plus ses pieds pendant quelques semaines – les hard shoes sont pires ! Plus lourdes qu’on pourrait s’y attendre, elles donnent à coup sûr des ampoules et ça ne s’arrange pas avec le temps. Les danseuses irlandaises ont en général un paquet de pansements sur elles au cas où. Cependant le plaisir ressenti lorsqu’on parvient ( une fois sur mille) à effectuer une danse de claquette en rythme avec ses partenaires est immense, il naît alors un sentiment de cohésion et d’harmonie.

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En deux ans je me suis découverte complètement différente : première chose, j’aime le sport. Moi, celle qui ne supporte pas de courir plus de 50 mètres et qui pleurait avant chaque cours de sport je suis aujourd’hui capable de danser toute une journée, avec des pieds tordus et qui saignent, la douleur physique ne me fait plus peur elle m’apparaît même normale. Deuxième chose, mon appréhension du look kitchissime a totalement été modifiée, j’ai beau avoir conscience que le costume irlandais est ridicule et s’apparente plus à un défilé de mini miss qu’à une danse traditionnelle, je me prends à trouver que tout de même avec des plus gros diamants on a plus de style. Enfin, j’ai découvert le plaisir que j’ai de faire des compétitions, d’être devant un juge et de se confronter à d’autres filles tout en faisant partie d’une troupe, d’une école et en se soutenant les unes – les autres comme une grande famille.

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Bref. J’ai testé pour vous l’immersion dans le milieu de  danse irlandaise. Et j’ai adoré.

A VOIR: JIG, de Sue BOURNE, 2011

INFO: Sarah Clark Academy