Lectures en Italie

A défaut de pouvoir partir en voyage on peut facilement s’évader par la lecture et j’aime autant me plonger dans des romans dont le cadre me permet de m’imaginer des pays lointains que savourer des récits de voyages où j’ai l’impression de faire de vrais road trip sans bouger de mon canapé. Aujourd’hui je dédie un petit article à l’Italie, l’Italie du sud plus exactement. Je n’ai que deux ouvrages à présenter et aucun des deux n’est un roman mais ils m’ont tous les deux touchée, de façon très différente, et je les recommande chaudement! Alors on se sert “un caffè” ou un spritz et c’est parti pour un tour dans le mezzogiorno.

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VIA APPIA

Genre : Récit de voyage / Déclaration d’amour

Thème : Italie du sud

Degré d’appréciation : Je suis à deux doigts de prendre un billet pour Brindisi.

Pour ses vacances d’été Jacques de Saint-Victor, un universitaire français, décide de prendre ses bâtons de marche pour descendre la Via Appia de Rome à Brindisi. Il arpente, d’abord à pied puis en Fiat, la plus vieille route de l’Occident, méditant et observant avec amour l’Italie du Sud.

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Arpino – Devant l’église les bannières des “contrada”, les quartiers, de la ville qui vont s’affronter lors de l’annuel “Gonfalone”, une sorte de Palio.

Loin des itinéraires touristiques les plus connus la Via Appia se perd dans les méandres du Lazio, de la Campanie, de la Basilicate et des Pouilles, traversant des villes un peu éloignées de circuits habituels et parfois presque abandonnées; des lieux ravagés par la crise – plus grave dans ces régions qu’en Grèce parait-il – et des sites historiques de toutes époques.

Entre deux dégustations de mozarrella di Buffala et des arrêts fréquents pour un café au bar l’auteur s’interroge sur l’Italie : celle d’avant et celle d’aujourd’hui. Il mêle l’histoire de la grande Rome aux soirées de Berlusconi, les rêveries de Stendhal aux propos de le jeunesse abandonnée de Naples. Entre littérature, gastronomie et histoire il essaie de comprendre et de décrire cette Italie qu’on voit si peu: celle du Mezzogiorno.

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Le Mont Cassin et son abbaye qui, du haut de ses 1669m, domine la vallée jusqu’à Caserta.

 

Sans être difficile, l’écriture de ce récit est parfois très érudite ce qui pourrait en rebuter certains. Ayant fait des études d’histoire  les digressions sur l’époque antique ou sur les méfaits du fascisme ne m’ennuient pas, au contraire c’est ce qui apporte un grand intérêt à l’ouvrage. On apprend quelque chose à chaque chapitre et ça donne envie d’aller fouiller un peu plus profondément dans l’histoire de l’Italie.

J’aime les récits de voyage, j’aime encore plus celui-ci parce qu’il me parle.  Terracina, Caserta, Benevento… Les lieux par lesquels passe l’auteur ne me sont pas inconnus bien que loin d’être les villes les plus fréquentées d’Italie, ou les plus belles. Mais grâce à ce récit on constate que la moindre ville, la moindre portion de route en Italie a une histoire millénaire, une vie et que les traditions sont encore bien présentes. Impossible de ne pas avoir l’envie immédiate d’embarquer à bord d’un train, d’une Fiat ou d’un bateau pour arpenter lentement, très lentement cette Italie méconnue, en s’arrêtant partout et nulle part, car quoi de mieux que de boire son cappuccino en observant la dolce vita?

Les montagnes de la Ciocaria qui surveillent la “Casilina” cette route reliant Rome à l’antique Capoue.

Le soleil écrasant du sud, les oliviers, le délicieux goût des tomates mais aussi l’ombre de la crise et les souvenirs du fascisme, au grè de ses pérégrinations Jacques de Saint-Victor décrit avec une immense tendresse ces habitudes, ces façons de penser et de faire si typiquement italiennes. Ça nous parait étrange, parfois suranné mais il n’y a aucun jugement de la part de l’auteur– sauf pour le Calcio, le début de la déchéance d’un peuple nous dit-il  – il y a seulement beaucoup de réflexion et d’amour.

Ce livre est une véritable déclaration de l’auteur à son pays d’adoption, un amour pour l’autre que l’on ne comprend pas toujours, ce qui le rend si attachant.

 

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L’OPTICIEN DE LAMPEDUSA


 Genre: reportage

Thème: Les migrants à Lampedusa

Degré d’appréciation: Tout le monde devrait lire ce livre.

C’est une lectrice de la bibliothèque où je travaille qui m’a conseillé fortement ce livre quand elle me l’a rendu. Elle avait l’air émue et un peu retournée. Le soir même je me plongeais dans ce roman issu d’un reportage et j’ai compris l’émoi de la lectrice précédente.

L’opticien de Lampedusa c’est un homme banal qui s’est installé il y a longtemps sur cette petite île paradisiaque au large de la Sicile et de la Tunisie. Certes on entend parler des migrants, mais toutes ces histoires lui paraissent encore lointaines quand il prend la mer avec un groupe d’amis pour profiter de l’après-midi et se retrouve soudainement face à un naufrage. De cette journée qui a fait de lui un “sauveur” débute un long questionnement, une remise en cause de sa vie. Le récit d’une prise de conscience.

Cet opticien existe. Peut-être est-ce pour cela que cet ouvrage est dur et émouvant. L’histoire d’un monsieur tout le monde, un homme simple au caractère très méticuleux qui réalise la tragédie quotidienne se déroulant à quelques pas de lui. Je me suis arrêtée fréquemment pendant cette lecture pour digérer ce qui était dit. Le style à la fois simple et neutre est pourtant puissant : coupable, triste, plein d’espoir et dépité, on ressort plus sensible et plus démuni de cette lecture lourde mais nécessaire.

Pour ce reportage Emma Jane Kirby a été récompensée par le prix Bayeux des correspondants de guerre.

 

 

 

Athènes et l’Attique

Adieu la presque douceur méditerranéenne, aujourd’hui les températures augmentent et nous ressentons déjà plus de 40 degrés à Nauplie, on sait d’avance que les prochains jours à Athènes seront durs. Je réfléchis à des activités pour survivre à cette canicule mais pour le moment ma seule idée est la suivante : s’arrêter prendre un dernier bain de mer dans le golfe de Corinthe avant d’entrer dans la cité surchauffée. Très bonne idée malgré les oursins qui nous collent au pied et qui rendent la fin du trajet en voiture un peu plus pénible. Mais bon. Ce soir on mangera des souvlakis et ça suffit pour le moment à me rendre heureuse.

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L’immanquable vue d’Athènes depuis le Lycabette

Athènes signe la fin de notre voyage en Grèce continentale, il nous reste à visiter la ville pendant 3 jours avant de reprendre l’avion. Je n’en ai pas du tout envie mais la chaleur est telle qu’au bout de ces 3 jours je serai bien heureuse de retrouver la grisaille parisienne !

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Comme prévu on étouffe en ville. Les immeubles sont très mal isolés, Jéromine m’en avait déjà parlé pour l’hiver mais je n’avais pas pensé qu’on pourrait souffrir de cette mauvaise isolation en été. Et pourtant c’est pire que tout : les matelas sont brûlants, les ventilateurs recrachent un air chaud, on ne sait jamais s’il vaut mieux les éteindre ou les allumer. Malgré ce temps TOO HOT, on réussit à ne pas faire que rouspéter pendant ces derniers jours. Avec force et courage nous organisons notre temps : musées, acropole, shopping et journée au cap Sounion sont au programme. Des activités qui nous permettent d’éviter un peu la chaleur et de belles découvertes d’Athènes que je recommande à tous.

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L’école polytechnique et son street art

Onomia, Exarcheia, Psiri – les quartiers presques inconnus

C’est toujours un plaisir de prononcer des noms aux consonances exotiques qui ne nous évoquaient rien quelques heures auparavant. Un monde entier qui s’offre à nous à travers ces quelques nouveaux mots. Exarcheia c’est le quartier anarchiste avec quelques bars sympas et du street art en veux-tu en voilà – un petit tour dans l’ancienne école polytechnique s’impose à tout fan de street art d’ailleurs – et nous le traversons pour nous rendre vers Onomia et le musée d’archéologie.

C’est l’un des plus grands du monde et un must do quand vous avez déjà visité moult sites archéologiques de Grèce. Je pense notamment à Mycènes: le musée d’Athènes est indispensable pour compléter la visite des ruines, c’est ici que vous trouverez le fameux masque d’Agamemnon et autres bijoux, armes, poteries qui sont vraiment superbes. Le musée est immense je me suis donc surtout attardée sur ce que j’ai déjà vu et ce qui concernait la Grèce continentale – mais la section civilisation cycladique ne manque pas d’intérêt non plus.

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L’étonnant quartier de Psiri

Après la culture, le réconfort ! J’avais hâte que Jéromine nous promène dans les quartiers moins courus des touristes mais agréables à vivre comme Psiri ou Gazi. On s’est donc posé dans une des pâtisserie de Psiri après avoir traversé un quartier pas du tout sympa où, perso, je ne serais pas passée seule la nuit. MAIS Psiri était fort sympathique et m’a fait un peu pensé à Camden à Londres.

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Sur les pentes de l’Acropole

ENFIN, l’incontournable, l’unique, l’Acropole ! J’y étais déjà allée avec Jéromine, ca avait dû être une des journées les plus chaudes de ma vie, j’ai trouvé que cette fois-ci le vent était au rendez-vous et rendait la visite largement supportable. Midi était une très bonne heure puisque les cars de touristes n’étaient pas encore arrivés, et même si nous n’étions pas seuls sur l’Acropole, nous n’étions pas envahis, mis à part les propylées mais je les trouve toujours aussi beaux quand ils sont « crowded ».

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Ce que j’avais surtout envie de voir c’était ce fameux quartier d’Anafiotika, construit par des habitants d’Anafi, dans les Cyclades, et qui ressemble donc à un petit bout d’île en plein Athènes. C’est reposant, calme, au pied de l’imposant rocher de l’Acropole avec une superbe vue sur Athènes. S’il y a bien un endroit que je recommande de ne pas manquer à Athènes c’est celui-ci. Les photos parlent d’elles-mêmes.

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Encore une fois ne ratez pas l’article de larchivoyageuse consacré au quartier d’Anafiotika.

Dernier coup de coeur: le stades panathénéique

Un peu boudés par les guides, je n’étais moi-même pas très enthousiaste à l’idée de visiter les stades des panathénées. Sans doute lié au mauvais souvenir de la visite du cirque Maximus à Rome. En vérité ce stade-là n’a rien à voir, il date de 1896 et des premiers jeux olympiques. Rien à voir – ou presque – avec la Grèce antique. Des infos sont donnés a divers endroits du stade et le petit musée consacré aux jeux olympiques a été une très bonne surprise. J’adore regarder les JO à la télé alors c’était assez émouvant de voir les flammes olympiques, les vraies, et surtout de comparer les affiches officielles des JO qui témoignent d’une époque et d’un lieu. Je vous en donne quelques exemples ici.

Mexico et l’art déco des années 60/70
La force et la virilite, premières des qualités à l’aube de la 2nde Guerre Mondiale

Au bout du monde grec : le cap Sounion

Pour échapper aux 45 degrés qui sont annoncés – comptez-en donc plus de 50 dans la ville d’Athènes où les voitures sont encore reines – une seule solution : fuir la ville et aller à la plage. Comme Jéromine n’était encore jamais allée au Cap Sounion c’était l’occasion ou jamais, sachant qu’il y aurait forcément un lieu où se baigner ET 2h de bus climatisé. Le rêve !

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Le temple de Poséidon veille sur l’Attique

C’est au bout du bout de l’Attique que ce temple de Poséidon a été érigé au Ve siècle, offrant une superbe vue sur la mer et sur la côte. Si le lieu est sûrement majestueux au coucher du soleil, en plein après-midi il était seulement écrasé de soleil et on est vite redescendus vers la plage pour la vraie activité de la journée : la baignade.

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En bas il y a la plage où on s’est baignés

Ne pas manquer de profiter de la fin d’après-midi, quand la chaleur s’estompe un peu, pour prendre un verre dans le bar au pied du site. La vue est parfaite et on est ENFIN bien.

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Bye bye la Grèce

Ces dix jours en Grèce sont finis et j’en repars avec l’idée de revenir très vite. Comme toujours, plus on découvre un pays, plus on se rend compte qu’on a des milliers de choses à découvrir. J’envisage déjà de longs week-end à Thessalonique, des vacances farniente en Crête, un road-trip sur la côte Ouest et surtout visiter le reste du Péloponnèse ! Pour le moment on se contentera de se cuisiner des salades grecques sur le balcon pour faire comme si on y était toujours en attendant les prochaines vacances…

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Je suis absolument fan de ces arbres étranges qu’on trouve partout en Grèce.

 

Surprises et merveilles de Thessalie

Troisième jour en Grèce. Après avoir visité le musée de Delphes de bon matin il est temps de reprendre la voiture en direction d’un autre incontournable classé à l’Unesco : les monastères des Météores. Pour les atteindre il nous faut redescendre les montagnes de Phocide et traverser l’immense plaine de Thessalie.

J’angoisse à mort en comptant le nombre de petits autels construits en hommage aux morts de la route en redescendant vers la plaine des oliviers. Il y en a un à chaque virage, parfois même au milieu des lignes droites, ça a quelque chose d’effrayant et de déstabilisant, je suis contente de ne pas être au volant. On franchit plusieurs cols, les montagnes sont aussi superbes de loin que de près. La flore varie très vite, on passe des oliviers aux conifères, et la température se modifie avec.

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Vue sur la plaine de Thessalie et Kalampaka depuis le Monastère du Grand Météore

A partir de Lamia on à le choix : autoroute ou nationale ? Mon copain est inflexible : même si ça prend 1h de plus il préfère passer par la nationale. Je veux bien mais avec les bêtises que nous fait faire le GPS ça veut dire qu’on ne peut compter que sur moi et la carte que j’ai entre les mains. Le vrai Road-trip commence : Kardista, Trikala, Kalampaka. Les noms se suivent comme une jolie comptine qu’on ne connaîtrait pas.

La route n’est pas aussi belle qu’on pensait, mais surprenante. La plaine de Thessalie est écrasée par le soleil, toute droite, sans aucun relief à l’horizon hormis les montagnes que nous avons laissées derrière nous. Sur la route on croise surtout des pick-up, et des stations-services sont postées un peu partout. Peu de vraies villes, mais quelques bidonvilles. Sensée être le grenier à blé de la Grèce, on y a développé l’industrie agro-alimentaire en mettant fin à une agriculture de proximité, cette région a donc été particulièrement touchée par la crise financière de 2010. De grosses usines sont abandonnées un peu partout, et on croise de nombreux paysans avec faux qui s’occupent des champs de façon manuelle. Tout ici m’évoque «Les raisins de la colère  de Steinbeck. Je suis assez soulagée quand j’aperçois au loin ces étranges rochers qui viennent de nulle part : les Météores.

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Les Météores au coucher du soleil.

Les météores

Ce n’est pas dans la ville de Kalampaka qu’on va dormir mais dans une petite auberge sur la route qui conduit aux monastères ; Il est 18h, on a juste le temps de se doucher avant d’aller observer le coucher du soleil sur ce phénomène géologique.

Spoiler : c’était une super idée, il n’y a presque personne, même si on devra attendre le lendemain pour visiter les monastères, c’est finalement la vue qui vaut le plus le coup. Et avec le calme et la température qui baisse c’est probablement le meilleur moment pour en profiter.

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Monastère d’Agios Nikolaos Anapavgas

 

Les Météores sont une merveille géologique autant qu’architecturale : les roches proviennent de sédiments déposés par un fleuve aujourd’hui déplacé ou disparu ce qui explique leur ressemblance – en bien plus grand – avec les rochers qu’on trouve à Fontainebleau hérités de la mer. Sur ces magnifiques roches jaillissant de nulle part les moines on construit des monastères inaccessibles.

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Monastère de Varlaam

Les premiers moines ont d’abord vécu comme ermites dans des grottes, formées naturellement dans les rochers,  avant de se fonder en communauté au XIVe siècle et de construire en hauteur des monastères pour échapper aux turcs. A l’époque les moines y accédaient grâce à des échelles – ce qui donne le vertige quand on voit a quelle hauteur se trouvent les monastères – puis des chemins et des marches ont été aménagés et aujourd’hui il est possible d’y venir en voiture.

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Monastère du Grand Météore

Sur les conseils de Jéromine nous n’avons visiter qu’un seul monastère : celui du Grand Météore, le plus ancien. Intéressant, j’ai notamment beaucoup aimé la salle réservée au Folklore et aux costumes du XIXe, ou encore le petit musée avec des manuscrits du XIe, on n’était malheureusement pas seuls pour cette visite. Mais on a pu voir un moine redescendre sur la terre ferme avec un minuscule téléphérique pour une personne pour ne pas se mêler à la foule des touristes.

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Si on n’avait pas entendu les gens nous dire qu’il fallait se rendre aux météores tant c’était incroyable on aurait probablement zappé cette étape du voyage. Kalampaka est loin de tout et les images des Météores nous donnaient bof envie. Mais les photos ne rendent pas du tout justice à ce paysage incroyable, et c’est tant mieux. On est forcément surpris et enchanté de tout découvrir par soi-même.

 

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Farniente dans la Péninsule du Pélion.

Nous voici repartis sur les routes de Thessalie. Trikala, Larissa, Volos.

Cette partie Est de la Thessalie me parait moins pauvre. A notre gauche on voit s’élever au loin quelques reliefs, derrières on sait que se trouve le mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce. A l’approche de Larissa ce sont à nouveau des machines qui s’occupent des champs, ces derniers sont d’ailleurs bien mieux arrosés, les sillons ne sont plus tracés à la main. La route est mieux entretenue et les pick-up ont disparus. Nous arrivons enfin à Volos, dans le même de Magnésie. J’ai la carte sous les yeux je sais donc à peu près à quoi va ressembler la route mais je préfère laisser la surprise au conducteur.

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Vue sur Volos en redescendant le Pélion

Arrivés à Volos nous atteignons vite le port et bifurquons en direction de la mer qu’on va longer pendant quelques kilomètres, passant à travers de petits villes balnéaires. La voiture est si proche de l’eau qu’au moindre écart on glisse dans la mer, mais je sens que le conducteur est ravi. Après ces kilomètres de champs c’est tellement agréable de sentir et de voir cette étendue bleue. Il y a une odeur de vacances, un air de légèreté et…on rate l’embranchement où on doit changer de route et pénétrer dans la Péninsule du Pélion.

La route est très fatigante car nous le Pélion n’est autre qu’une grosse montagne boisée qui plonge dans la mer. Les villages se succèdent, les routes sont étroites et parfois très pentues, il nous faudra plus d’une heure pour atteindre la destination finale : Tsangarada au centre est du Pélion. Mais nous posons nos valises pour deux jours ENFIN.

 

Qu’est-ce qu’il y a à faire dans cette péninsule éloignée de tout ?

Réponse : point de grand site archéologiques ou de superbes musées mais des plages et des criques superbes, des randonnées sur d’anciens chemins muletiers, des balades dans de vieux villages restaurés, et le tout sous cet écrin de verdure qui recouvre tout le Pélion.

Tsangarada a l’avantage d’être assez central : on a pu se rendre dans deux plages différentes, dont une qui a été utilisée pour le film  Mamma Mia , vous devriez reconnaître. Ces criques étaient paradisiaques, pour la couleur de l’eau, leur location pas toujours très accessible, et le fait qu’il n’y avait presque personne.

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Village de Damouchari – lieu du tournage de mamma mia

Ici tout est calme, il s’agit plutôt d’un tourisme familial et les maisons sont cachées par l’épaisseur de la forêt, ce qui n’empêche d’avoir une superbe vue sur la mer et au loin les îles des Sporades – je vous invite à lire l’article de Jéromine sur l’île de Skiathos à ce propos. On a donc surtout croisé des Grecs, des Bulgares et des Roumains, et la plupart du temps des habitués qui ne venaient pas ici pour la première fois.

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Fakistra – magnifique crique du Pélion.

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Cette étape à été notre gros coup de cœur de ce voyage. Boire une bière grecque sous les platanes en contemplant la mer après un petit plongeon dans l’eau turquoise. Le Pélion c’est vraiment le paradis estival.

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10 minutes de descente jusqu’à Fakistra. L’arrivée en voiture est déjà assez flippante.
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Vieux village de Tsangarada avec l’un de plus vieux platanes de Grèce.

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Avec le recul je pense que 2 jours ne sont pas suffisants pour profiter de la farniente ici, notamment parce que les villages du Pélion sont tous différents. En repartant en voiture, nous sommes montés tout en haut du Mont, là où les températures avoisinent les 20 degrés en été, puis redescendus vers les villages surplombant Volos. Alors qu’à l’Est la pierre était partout, ici les maisons on été repeintes et ressemblent presque aux villages bulgares – ce qui rappelle que la Bulgarie n’est pas si loin. C’est très joli, et je conseillerai de passer une nuit dans ces coins-là.

Enfin Volos n’est pas dénuée de charme : des cafés au bord du port, quelques plages, du street art. Cette ville m’a beaucoup évoqué Varna en Bulgarie que j’avais adoré. Je pense que ca peut être une excellente étape avant de se lancer à l’assaut de l’Olympe plus au nord.

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Vieux pont de Tsangarada.

 Pratique:

  • Logement à Tsangarada: Olga Studio, Tsangarada – Olga est adorable, les studios appartements sont idéals pour deux et pas chers, la terrasse avec vue sur la mer est géniale. Et on peut y faire sa lessive.
  • Météores-Tsangarada: comptez 3h30 voire plus, selon votre aisance dans les routes de montagne.

La Phocide – le nombril du monde?

A l’heure où tout le monde part en Corse, en Italie, ou au bout du monde, un seul moyen de se sentir encore en vacances alors que je retrouve chaque matin mon métro et mon RER en direction de la banlieue nord : vous raconter enfin mes vacances en Grèce !

Je louchais depuis pas mal de temps sur toutes les photos que ma copine Jéromine postait sur instagram et sur son blog, et ça me titillait de plus en plus de visiter la Grèce continentale que je ne connaissais pas du tout. Pourtant tous ces noms font rêver et évoquent quelque chose, de vieux mythes: la Béotie, la Phocide, la Thessalie, l’Argolide…

C’est donc par région que je vais organiser ce récit de voyage et pour cette première étape, rendez-vous donc en Phocide. Le but? Rien de moins que le nombril du monde: Delphes.

Voiture pleine, GPS allumé, playlist en marche…nous voici en route pour la Phocide.

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La Phocide c’est cette région qui se trouve au nord du golfe de Corinthe, et dont le point culminant parle particulièrement aux Parisiens puisqu’il s’agit du Mont Parnasse, le vrai, celui sur lequel on peut faire de l’escalade et du ski et qui offre une vue magnifique sur la région. C’est sur ses pentes que se cache le sanctuaire de Delphes, autrefois nombril du monde et aujourd’hui complètement à l’écart des grandes voies de circulation.

Mais Delphes c’est le but de cette première étape et en bon road trip qui se respecte il faut s’arrêter en chemin pour bien profiter du pays et du paysage; on s’est donc arrêtés quelques kilomètres avant le sanctuaire pour visiter un autre sanctuaire, chrétien cette fois : le monastère d’Osios Loukas.

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Osios Loukas : l’arrêt mosaïques du séjour

En voilà un détour qui vaut le coup. D’abord parce que Osios Loukas est pratiquement sur la route de Delphes et que Delphes n’est qu’à 2h d’Athènes ; ensuite parce que ce monastère est tout de même au patrimoine de l’Unesco ; enfin parce que le lieu est superbe.

Construit au XIe siècle, sur la base d’une église datant du Xe – c’est vieux – c’est un des monastères byzantins les mieux conservés de Grèce. Non seulement on y voit des mosaïques pas dégueu, même si après Ravenne je suis un peu plus difficile au niveau mosaïques, mais aussi simplement pour l’architecture de l’Eglise qui en jette pas mal à mon goût.

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Le monastère est encore habité par quelques moines dont on distingue les cellules dans une aile où l’on n’a pas accès, ce qui ajoute au côté authentique de la visite. On a été plutôt surpris d’être quasi seuls à visiter ce site pourtant classé, mais c’était une halte charmante, parfaite aux heures les plus chaudes de la journée.

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Pour tout avouer Osios Loukas n’est pas en Phocide mais encore en Béotie, à l’entrée des montagnes de Phocide ce qui fait du lieu une bonne entrée en matière avant de savourer Delphes.

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Delphes, entre le « wahooo » et le « ohlalala qu’est ce que c’est beau »

Depuis Athènes il faut cheminer un long moment dans les montagnes avant de se retrouver dans la ville touristique de Delphes, et là on se demande où donc peut bien être le site archéologique vu qu’on n’a rien vu  qui ressemblerait à une vieille pierre. Delphes semble se cacher aux yeux du public. On est vite ébahis devant le site géologique : la vallée d’oliviers qui descend du Mont Parnasse à la mer mais point de nombril.

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En fait on ne voit pas Delphes avant d’avoir payé et d’être entré dans le site  lui-même, et là, malgré de nombreuses ruines et aucun temple du sanctuaire ne tenant plus debout, la magie opère. Il faut bien deux heures pour profiter du site, et une ou deux autres pour apprécier le musée en contrebas.

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Delphes est un grand site en plein soleil, comme la plupart des sites archéologiques, mon conseil est donc de faire comme ce que nous avons fait : le visiter en fin de journée. En été les horaires sont plus larges et on peut y venir jusqu’à 20h, il y fait alors bien plus frais, la lumière est plus belle et, détail non négligeable, les cars de touristes sont partis : vous serez seuls avec la Pythie.

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Symbole du monde grec antique on date l’apparition d’un sanctuaire dès 800 avant J.C – donc il y a vraiment très très longtemps. D’après ce que j’ai compris on a construit un autel sur une  probable fissure naturelle de la montagne d’où sortent des vapeurs : la fameuse pythie, placée à cet endroit, se retrouve en transe et soumet à interprétation les prophéties qui sortent de ses hallucinations. Même s’il a fortement décliné après la grande période grecque le sanctuaire a continué de fonctionner jusqu’à ce que les rites païens soient interdits lors de l’Edit de Théodose – en 392.

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En arpentant le site on voit des ruines des anciens « Trésors » des cités, c’est-à-dire des petits temples où les cités faisaient des offrandes à Apollon, Dieu qui règne sur le sanctuaire, mais aussi un théâtre, ou un stade romain, et bien entendu le fameux temple d’Apollon dont il ne reste que quelques colonnes. La plupart des belles pièces retrouvées sont au musée qui vaut vraiment la peine : des colonnes, des bijoux et le nombril du monde (c’est une grosse pierre).

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Quand on monte tout en haut de Delphes on arrive au Stade. C’est calme, c’est sauvage et il fait plus frais.

 

Vous l’aurez compris Delphes a été un des moments préférés de mon voyage: l’emplacement est magnifique, et si j’avais été Américaine je n’auras pas lésiné sur les “amazing”. Je conseille à tout le monde d’y venir, même si vous ne faites qu’un long week-end à Athènes, le site est assez proche pour y aller en une journée.

Si j’avais eu plus de temps j’aurais adoré flâner un peu plus longtemps en Phocide : aller jusqu’à la mer à Galaxidi, passer dans la plus grande oliveraie du monde et pourquoi pas faire de la varappe sur le Mont Parnasse !

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Pékin et la Muraille.

Pékin nous a accueillies dans la nuit, après 27h de voyage. 27h c’est long sur le papier, mais après ce long mois on avait nos habitudes. Les vêtements choisis méticuleusement pour aller aux toilettes quand on voulait, se changer facilement, se mettre à l’aise. La nourriture en quantité suffisante et même plus peur de tester les bonbons bizarres que nous proposent les vendeurs ambulants. J’ai fini mon livre du moment – je lisais alors “l’amie prodigieuse” d’Elena Ferrante – et j’ai enfin eu le courage, et pas d’autre choix, de commencer « L’amour au temps du choléra »de Gabriel Garcia Marques . On a regardé le paysage défiler en essayant de deviner sur la petite carte de Chine du Routard où nous pouvions bien être. De quelles villes venaient les lumières qu’on voyait défiler du train. Et au bout du train l’une des gares de Pékin, je veux dire Beijing. Du monde partout, une queue qui nous ferait cauchemarder à Paris, ici on  n’était pas pressées, encore en vacances, on s’y attendait à ce monde. On était arrivées à Pékin après tout: 21 millions d’habitants plus les touristes.

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Pékin nous a accueillies comme partout ailleurs en Chine : avec des danses et des passants qui nous aident à trouver notre chemin. Un chemin incertain qui se faufile au milieu des hutongs, à quelques pas d’un quartier des affaires.Ici nous prendront un starbuck le matin, nos tongs jurant avec les escarpins des femmes qui travaillent dans la tour HSBC.

On n’a pas trop aimé Pékin. Enfin non. On a aimé Pékin, mais on a aimé ce qu’elle doit être au printemps, en automne. Sûrement pas en été où la chaleur sèche étouffe, où la vision de ces millions de touristes oppresse. Et on en a conclu que Pékin n’était pas une étape de fin de voyage. Alors un autre jour, on commencera un nouveau périple en Chine à partir d’ ici.

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  1. La cité interdite

La cité interdite, la place Tian anmen, le mausolée de Mao: ces incontournables de la Chine qu’on a visités au pas de course, plus par devoir que par plaisir. On en avait rêvé pourtant de  cette merveilleuse cité interdite. Mais après la place du village de Jianshui, le grand édifice rouge qui domine la place m’a paru presque petit. Et ce monde, ce monde mon Dieu ! Nous n’avions qu’une hâte : sortir à toute vitesse de cet endroit.

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S’il avait fait plus frais, s’il y avait eu moins de monde nous aurions sans doute pris le temps d’admirer ses différents palais. Les boiseries décorées, la multitude de toits qui s’étendent jusqu’à la colline, la perspective impériale qui s’ouvre devant nous à chaque porte. Mais il était impensable de traverser la place. Il fallait trouver vite un endroit où se poser, un endroit où manger, boire un coca frais – sans glaçon – et essayer d’apprécier Pékin.

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  1. Temple des lamas et les hutongs

Ce que je retiens de Pékin ce sont les hutongs, j’ai tellement aimé que je n’ai même pas trouvé le temps de sortir mon appareil pour en faire quelques photos. A l’ouest des lacs, non loin de la cité interdite, nous avons marché dans les hutongs.Il n’y a rien de fameux, mais pour une fois il n’y a personne. Ça ne respire pas l’attraction touristique, ce sont simplement de vieux quartiers laissés en l’état, et il y en a partout en ville. Nous sommes arrivées ainsi jusqu’au temple des lamas. Un must do de Pékin. Il faisait plus frais, peut être du fait des arbres, de l’architecture dégagée, de l’ambiance propre aux temples bouddhistes. Ici nous avons eu le temps d’admirer les boiseries, dehors, dedans, assises, debout, en discutant, en nous taisant.

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Près du temple se trouvent encore d’autres hutongs, plus vivants. Ici un café, typique des cafés chinois on le sait maintenant, avec un thé glacé pris bien installées dans un canapé, des bouquins partout, et en même temps un petit quelque chose de très chinois. De cette modernité chinoise particulière : tout est calme, nonchalant. La vie à la chinoise. En face des petits vieux ont sorti leur sofa et discutent en regardant les passants. Il y a des cartes par terre car ici aussi on joue sans cesse.

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Cette après-midi aura été placée sous le signe du cool. En déambulant presque au hasard dans les rues où se trouvent des magasins, des boulangeries, des cafés puis des temples on profite enfin de la vie pékinoise qu’on nous a vendue tout au long de notre séjour. Lorsqu’on rencontrait des étudiants venus faire une année à l’étranger notamment. C’était une image qu’on ignorait avant d’arriver en Chine, une image de Pékin en nouveau Berlin. Mix des villes du sud et de culture underground avec une grosse dose de chinoiseries.

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  1. Je me prends pour Mulan à Jinshanling

On a les références qu’on peut, et moi j’avais Mulan en tête lorsque je marchais sur la Muraille. Ici encore l’excursion était organisée par notre auberge:  Jinshanling est assez loin de Pékin, elle est aussi plus sauvage tout en étant restaurée. C’est une vraie rando : quelques heures sous le cagnard, on transpire instantanément, ça descend et ça monte surtout. Tellement qu’il faut souvent s’aider des mains: « Like a monkey » nous dit la guide hystérique et tyrannique dont on ne comprend que quelques mots d’anglais mais qui arrive à effrayer tout le groupe.

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A Jinshanling on peut être parfaitement seul à certains moments. Il faut faire attention, il s’agit d’une véritable ascension dans une ruine.  On doit aider une Coréenne qui se sent mal. Heureusement il existe des chemins pour redescendre facilement, et en particulier le chemin chinois – autrement dit le téléphérique. Il est difficile de se rendre compte que nous y sommes. La Grande Muraille. Sous un soleil qu’on distingue malgré l’épais voile  de pollution. Un soleil qui ressemble à ces soleils d’Asie, rond,voilé, qui dégage cette lumière si particulière de fin d’été, nous chauffant jusqu’à l’épuisement. On aura marché sur la Muraille. Et ça aura été fatiguant !

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  1. Quitter la Chine

L’homme en vêtements de travail orange est toujours au bout de la rue. Accroupi sur ses pieds il arrive dès 5h, se met dans cette position et repart le soir. Consciencieusement chaque jour il se pose sur son semi trottoir et regarde. La rue est pleine de poussière et le béton n’est pas encore posé. C’est sûrement une partie de son travail. Ou peut-être est-il simplement chargé de surveiller l’entrée de la rue. A quelques mètres de là un homme hèle le bus pour les passants. Il ne monte pas dedans puisque c’est son métier : héler le bus. A l’heure du repas il prend un poulet rôti chez le marchand du coin, un marchand qui a la cote. Tout le monde s’y presse, prêt à faire de longues minutes de queue. Nous avons cédé nous aussi. C’était simplement un poulet, un peu sec et pas facile à manger sans couverts. Un starbuck  à la main  je reviens vers l’auberge. De la terrasse je vois les tours d’affaires, les toits des temples et ceux des hutongs. Un chien sur la maison d’en face et le vieil homme toujours accroupi à l’entrée. Il est temps de prendre le métro, l’avion et de revenir, épuisée mais heureuse, convaincue que je reviendrai bientôt.

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En Pratique :

  • Prévoyez une excursion sur la muraille avec votre hôtel ou auberge, elles sont chères mais éviter la difficulté de s’y rendre par ses propres moyens vaut le coup ! En prime vous aurez l’éternel déjeuner en groupe dans un restau du coin, ça permet de goûter à de nombreux plats qu’on ne commanderait pas soi-même.
  • Prévoir de bonne chaussures et de grosses bouteilles d’eau pour la rando. Un homme vous vendra un coca hors de prix (prix parisien) à un endroit stratégique de la muraille, mais si vous pouvez l’éviter…
  • Pékin n’est pas une si grande ville. Ou plutôt le centre historique se fait à pied quand on aime marcher de longues distances. Comparé à Chengdu ou Canton les arrêts de métro sont plus rapprochés. Le métro dessert tout, et surtout il est à seulement 30min de l’aéroport en train direct.
  • Si vous pouvez trouver un logement dans les hutongs c’est le must : plus calmes, quartiers traditionnels, ça donnerait envie de rester dans son auberge tout le temps.

Interview d’expat – Caroline chez les Pictes

Je suis très heureuse de vous présenter mon deuxième épisode des “interview d’expats”! J’ai un peu traîné, moi qui pensais en publier un par mois MAIS je me rattraperai très vite. Promis. Aujourd’hui c’est ma très bonne copine Caroline qui s’est prêtée au jeu de l’interview.

Quand j’ai rencontré Caro elle me parlait déjà d’Ecosse, il faut dire qu’elle avait vécu un an déjà au Pays de Galles donc les paysages pluvieux et très verts avec des châteaux ça la connaissait. Puis elle a réussi à partir et en quelques semaines elle était tout à fait installée. Alors presque trois ans après: qu’est ce que c’est d’être expat en Ecosse?

Salut Caro, qu’est ce que tu fais en Ecosse ? 

Je suis en Ecosse depuis Aout 2014, d’abord à Glasgow pour mes études et après à Edimbourg depuis Aout 2015, pour le travail.

Où vis-tu ?

Dans la capitale écossaise Edimbourg. Cela a été un rêve de plusieurs années de venir vivre en Ecosse et spécialement à Edimbourg. Beaucoup de personnes (Français et Ecossais) me demandent « pourquoi l’Ecosse ? », et c’est toujours difficile de faire comprendre que l’ambiance du pays et le mode de vie ici me correspondent plus qu’à Paris.

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Edimbourg et sa pierre noire
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Glasgow – Université “Harry Potter”. Une ville jeune, une ambiance de fête et une culture alternative.

Quelles différences notables avec la France ?

Une fois passée la barrière de la langue (surtout des accents !), on se rend compte qu’il n’y  a pas tellement de différences dans la vie quotidienne. Les soucis et les envies ne sont pas si différents que ceux des Français – Français et Ecossais ont tous les mêmes sujets de conversation autour de la table au repas de Noel par exemple

Pour une différence plus marquante peut-être : le système scolaire. De la primaire à l’université, les Ecossais ont essayé de se concentrer sur l’inclusion : les classes sont très mixtes (niveaux de vie, capacités..) et la différence de l’autre est –en surface- acceptée.

Sinon, s’il y a quelque de chose de bien britannique,  c’est le « politiquement correct ». Les Ecossais (sobres) ont une telle maîtrise d’eux-mêmes : pas de disputes dans les files d’attentes, pas de bousculades dans les transports en commun, pas un mot plus haut que l’autre, excuse me sir, please, may I help ?  (Par contre, à la nuit tombée, à la sortie du pub et l’alcool aidant, certains deviennent WILD.)

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Oban – le port de départ pour les Hébrides
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Eilean Donan Castle – Le plus célèbre des châteaux creepy d’Ecosse

As-tu rencontré des difficultés lors de ton arrivée/ton installation ?

Pas spécialement de difficultés liées à l’Ecosse: pour l’instant, pas besoin de visa ou même de permis de travail. Mais on rencontre les difficultés de base que les expats connaissent tous : ouvrir un compte en banque, trouver un logement…

Ah si, il y a eu une difficulté spécial « Edimbourg » : trouver un logement au mois d’août. A cause du festival, les loyers flambent juste pour le mois et une grande partie des appartements est louée à des touristes venus pour le festival (ne parlons pas des hôtels et auberges de jeunesse).

Si vous cherchez un appart à Edimbourg, essayez plutôt en mai-juin ou il faudra casser la tirelire.

Y a-t-il des choses qui te manquent de la France ?

Une bonne boulangerie.

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Edimbourg – Princes street la rue principale de New Town
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Edimbourg – Victoria street entre New Town et Old Town

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

Je suis en général plus zen en Ecosse – dans les transports, sur la route… dès que j’arrive à Paris, j’ai la tension qui monte d’un coup !

Qu’as-tu visité dans le pays/la région

J’ai vu Edimbourg en long en large en travers, et je suis sûre qu’il y a encore beaucoup à voir ! Mais mon souvenir préféré c’est la fois où j’ai loué une voiture pour monter dans les Highlands, les lochs, les montagnes (que les Ecossais appellent « Ben »), les vues à couper le souffle.

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Les Pentlands – Des minis montagnes à quelques minutes d’Edimbourg, de quoi randonner le dimanche en pleine nature
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A chaque saison l’Ecosse prend des couleurs différentes et un nouveau paysage s’offre à vous
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Pas très loin de Glasgow se trouve Glencoe et les three sisters – un incontournable de l’Ecosse.

Quels prochains voyages/découvertes sont prévus ?

Pour les prochains voyages en terre écossaise, j’aimerais beaucoup aller dans les Shetlands pour le festival viking Up Helly Aa, (dernière semaine de janvier) peut-être l’année prochaine ? Mais mon prochain voyage est un peu plus « exotique », je pars au Brésil : Rio, les chutes d’Iguaçu ..

Ce que tu conseillerais de faire/voir absolument en Ecosse et à Edimbourg ?

3 jours à Edimbourg – les visites guidées de nuits dans les ruelles sombres de la ville sont un must + une nuit à Glasgow pour faire l’expérience des bars et des concerts, et une semaine minimum en voiture dans les Highlands pour en prendre plein des mirettes. Les plus courageux peuvent planter leur tente et camper. Je conseillerais de visiter une île, Skye ou la plus petite et belle Arran. C’est très beau et on prend un bon bol d’air pur.

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Vacances  en automne pour découvrir l’île d’Arran trop méconnue

Des endroits où sortir ?

Faire la fête ? Glasgow ! des bars très sympas à tous les coins de rue, dans le West end surtout. A ne pas rater : participer à un ceillidh. Danses écossaises, et whisky pour vous réchauffer.

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Pub dans le West End à Glasgow.  Ici le pub est une institution!

Quelle est la super découverte de ton nouveau pays qui n’existe pas ailleurs ?

La culture du pub, aller dans un bar, se rechauffer, voir ses amis, boire un verre.

Est-il facile de rencontrer des gens ?

Super facile, surtout avec l’accent français . Allez dans un pub, même le plus reculé et vous vous retrouverez toujours à discuter avec un local. Mes amis écossais, je les ai rencontrés sur le pas de ma porte (histoire vraie) car c’étaient les voisins !

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Arthur’s seat – le sommet d’Edimbourg, une ascension pas si facile sur une falaise sauvage qui donne une vue sur tout Edimbourg… et sur la mer du Nord.
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Edimbourg et les Paintlands au loin – Vue depuis le Museum of Scotland

Et une autre expatriation ?

Je pense repartir à un moment mais j’espère que l’Ecosse restera mon point de chute final.

Ressent-on une identité écossaise très forte ? Est-ce qu’on parle beaucoup du Brexit ?

Oui, venez à Edimbourg pendant les 6 nations pour voir ! Dans les mois qui ont suivi le Brexit, oui. Certains Ecossais sont même venus me voir pour s’excuser du vote de certains de leurs compatriotes (quand on parle de politesse..). Les choses sont un peu retombées depuis septembre, on est un peu dans le noir et l’incertitude.

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Alors il pleut tout le temps en Ecosse?

Mon premier trek – Lijiang et les Gorges du Saut du Tigre

Les routes des voyageurs au Yunnan ne sont pas très nombreuses, nos deux nouveaux compatriotes rencontrés à Shaxi suivent le même parcours que nous et se dirigent vers Lijiang, encore plus au nord, pour faire du trekking dans les Gorges du Saut du Tigre.

Rien que ce nom nous effraie. Et pourtant c’est bien pour faire ce trek que nous avions décidé la semaine précédente de ne pas nous rendre dans la jungle du sud du Yunnan. Le trek des Gorges du saut du Tigre est réputé pour ne pas être particulièrement difficile hors saison des pluies. Bien évidemment nous sommes en pleine saison des pluies, les chemins pierreux ont toutes les chances d’être trempés et glissants et la randonnée de devenir dangereuse. D’où notre hésitation. Mais nos nouveaux amis sont des habitués de la montagne qui grimpent les sommets depuis déjà quelques mois, ils sont en quelques jours devenus nos guides et nous nous fions totalement à eux. Alea Jacta Est, nous partons pour Lijiang avec la ferme intention de réussir ce trek !

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  • Lijiang – ou les ravages de l’UNESCO

Lijiang surprend au premier abord par son climat : il pleut, il fait 20 degrés et je trouve enfin une utilité à mon jean et à mon sweat ! Puis on comprend vite que la vieille ville, celle qui a été classée au patrimoine de l’UNESCO en 1997 n’est plus vraiment une ville : il faut payer pour rentrer dans l’enceinte et payer cher. En effet toutes les maisons et les rues sont belles, préservées, une vraie ville où filmer des films chinois d’époque. Mais les maisons n’abritent que des commerces à touristes, et ces derniers sont légions. Une petite atmosphère de Disney Land règne sur Lijiang. Et on se demande si l’Unesco fait autant de bien qu’on le pense à ce qu’elle classe patrimoine mondial !

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Ce n’est pourtant pas une raison pour bouder la ville. Parce qu’elle est un carrefour inévitable pour ceux qui souhaiteraient continuer vers le Tibet, les lacs du nord ou le fameux trek des gorges. Comme partout en Chine on peut profiter de Lijiang dès qu’on s’éloigne des axes principaux. Et la ville devient admirable lorsqu’on se retrouve seul dans les rues, qu’on surplombe l’immense étendue de toits traditionnels depuis la grande pagode Wang Gu Lou, et surtout lorsqu’on se promène dans le parc de l’étang du dragon noir. Les chinois n’ont pas leur pareil pour trouver des noms fabuleux qui touchent l’imaginaire. D’ici on aperçoit le mont du Dragon de Jade encore enneigé malgré la saison. Mont du Dragon de Jade. On s’en rapprochera le lendemain en prenant la route pour les gorges.

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  • Les Gorges du saut du Tigre

2 jours. 5h/7h le Premier, 2h30 le Second.

3900m au-dessus des gorges les plus profondes de Chine. Des falaises qui plongent dans le précipice. Un chemin face à l’Himalaya. Nous y sommes. Les Gorges du Saut du Tigre, et deux jours de randos avec une halte au ¾ du trek dans une auberge de jeunesse.

Le début de la randonnée nous a assez déçues. Ca monte raide, pendant longtemps, c’est sympa mais sans plus. Nous avons du mal à respirer, la vue sur le Yangzi et les villages industriels en dessous ne fait pas rêver. Puis la forêt arrive et le plat avec elle. Un coca et c’est reparti. Il parait que la partie la plus dure de ce trek ce sont les 28 lacets qui emmènent au point culminant. Je ne pense pas être la seule à le penser : les 28 lacets ne sont pas plus durs que ceux d’avant, ils le sont même sûrement moins parce qu’on s’y attend. Mais à ce moment la rando devient vraiment sympa. On est dans la forêt, la vue sur les montagnes environnantes dépayse de plus en plus, et arrivés au sommet le panorama nous récompense largement. Il nous suivra durant tout le reste du trek !

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Après 6h de marche nous nous arrêtons dans l’auberge Half Way guest house. Un repas sur la terrasse face à l’Himalaya. What else ? Je ne me lasse pas de regarder, de prendre en photo ce paysage pour m’en imprégner, pour être sûre de bien m’en souvenir. Mais comment oublier ? La saison des pluies ne nous permet pas de voir les sommets, nous devons les deviner. Les nuages hantent cette région, la rendent plus mystérieuse, et je peux imaginer ce qui se cache dans ses montagnes qui mènent au Tibet. Quel moine y a trouvé retraite ? Quel alpiniste s’y est aventuré ?

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Le chemin est effectivement boueux et glissant, je suis bien heureuse d’avoir fait les ¾ de la rando la veille car c’est bien la seconde partie du trek qui est la plus dangereuse. Il ne faut qu’un peu plus de 2h pour rejoindre l’endroit où les gorges sont le plus étroites, qui est également la fin du trek, là où les bus viennent rechercher les touristes (ceux qui ont fait le trek et les autres). Ce sont deux heures où nous craignons légèrement pour nos vies. Même si les chemins sont assez larges, il vaut mieux ne pas avoir le vertige. Mais le paysage est toujours à couper le souffle et on s’arrête régulièrement pour souffler, de fatigue, et d’émerveillement.

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Arrivées à Quiatou nous abandonnons nos comparses avec qui nous avons passé 5 jours, ils poursuivent le trek plus loin, vers Haba, dans l’espoir d’arriver au camp de base de la montagne du Dragon de Jade. Vu les conditions rien n’est s^rr alors on les abreuve de recommandations, bien conscientes que s’il leur arrive quelque chose nous serons les dernières à les avoir vus… (Rassurez-vous, il neigeait effectivement trop, et malgré les achats de matériels que nous avions faits à Lijiang, ils ont renoncé à leur ascension).

Ce que j’ai aimé dans le trek : on n’y est jamais seul ! Sans être une autoroute, en cette saison du moins, on trouve forcément des gens avec qui faire le trek, c’est rassurant et ça permet de trouver quelqu’un qui a le même rythme – je remercie d’ailleurs Clinton, backpacker Canadien qui était à mes côtés quand je me suis ENCORE fait une entorse au milieu de nulle part et qui avait avec lui les médicaments pour m’aider à finir le trek.

 

Comment s’y rendre ?

Le plus simple est encore de demander à votre auberge à Lijiang. Des allers-retours sont organisés chaque jour. Vous pouvez soit faire le trek, soit prendre un bus pour suivre les Gorges avec la route – un trek à la chinoise en somme. Certaines auberges de jeunesse proposent de porter vos affaires jusqu’à Qiatou – la fin du trek – pour ceux qui souhaiteraient continuer leur route sans repasser par Lijiang. Par exemple si vous voulez aller à Shangri La. Arrivés à Qiatou un bus vous ramènera à Lijiang.

L’entrée dans le parc des Gorges du Saut du Tigre est payante, le parc est aussi classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le point le plus resserré des gorges, là où on voit et on entend de très très près l’eau tonitruante, est lui aussi payant (vive la Chine).

Point matériel: Je n’ai pris qu’un sac à dos 20L qui suffisait largement pour y mettre une serviette microfibre, de quoi se changer, un vêtement de pluie – nécessaire en cette saison – et de quoi manger à midi.

Week-end bourgeois

Il parait qu’on n’a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme et sortir de son quotidien. Alors prenant cette devise au mot, après Lyon, Blois et les châteaux de la Loire, c’était au tour de Bourges de recevoir ma visite ce week-end. L’intérêt de ce genre de week-end c’est de pouvoir partir sans prendre de jour de congés ET de découvrir beaucoup pour pas trop cher. C’est pourquoi j’ai opté cette année pour un thème de voyage qui est:« voyager à plus de deux heures de Paris ».

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Pourquoi Bourges ?

Parce qu’elle combinait de nombreux avantages : proche de Paris, une ville médiévale et la possibilité de se balader dans la campagne sans voiture. C’est une petite ville et une seule journée pourrait suffire à en faire le tour, mais quand on est entre copines – ce qui était mon cas – il faut compter le temps de discuter, boire, discuter, prendre un café, discuter, et encore boire un peu. Autrement dit, du temps pour se retrouver sans avoir l’impression de rater une attraction touristique indispensable. Bourges était parfaite pour tout ça. Et entre ces discussions on a tout de même visité quelques monuments qui passaient par là. Voici un petit aperçu de ce qu’il y a « à voir, à faire » à Bourges.

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  • Balade dans les marais

Avant d’y aller je l’ignorais mais autour de Bourges se trouvent des marais, de ces marais qui empêchent toute construction et qui se sont donc vu attribuer une nouvelle fonction : celle de jardins communaux.

Les marais ont été aménagés en canaux autour desquels s’organisent  petits ou grands jardins où les habitants de Bourges viennent cultiver leurs fleurs et leurs potagers, ou encore faire les barbecues du dimanche. Une balade dominicale à ne pas rater surtout sous ce soleil de début de printemps ! Je vous laisse en juger par vous-même.

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  • « A vaillant cœur rien d’impossible » – Le Palais Jacques Coeur

Ceci n’est pas la devise de Bourges mais de son plus célèbre habitant Jacques Cœur, argentier de Charles VII (le même que celui de Jeanne), qui a laissé à la ville son superbe palais, appelé auparavant Grand’Maison. Et forcément, c’est LA visite touristique à ne pas rater à Bourges.

La visite du Palais Jacques Cœur peut se faire avec un guide conférencier – le dimanche matin à 10h30 par exemple – et, surprise, la conférencière est géniale ! Les explications sont peut-être un peu rapides pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’histoire médiévale mais tout est dit, pas un mot de trop ou de trop peu.

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Pour l’histoire : Jacques Cœur était un négociant qui a fait fortune sur la route des épices, avec une jolie flotte qui parcourait la méditerranée depuis Damas jusqu’à Marseille en passant par Venise. L’argent rentre dans les caisses et il en prête à son bon roi Charles VII qui doit encore négocier et racheter les terres prises par les Anglais lors de la guerre. (C’est d’ailleurs Jacquot qui est régulièrement envoyé pour négocier). MAIS il fait rarement bon être plus riche que le Roi, en particulier quand on est son débiteur. Pour éviter d’avoir à rendre un jour l’argent, Charles VII le fait arrêter sous couvert de nombreuses accusations.

C’est peu avant son arrestation que Jacques Cœur fait construire sa grande demeure à Bourges. Cette architecture inspirée des palais italiens n’existe pas encore en France, il l’impose à Bourges 50 ans avant tout le monde. Elle servira de modèle pour la construction du Palais des échevins – les échevins étaient à peu près les conseillers municipaux de l’époque – se situant quelques centaines de mètres plus loin.

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  • Bourges ville médiévale

En se baladant dans le centre historique de Bourges on croise vieilles maisons à colombages, palais municipaux, quelques musées et au bout de cette ilôt médiéval se trouve la Cathédrale. Toute  gothique (construite au XIVe) elle est très impressionnante par ses dimensions, et ses tympans valent bien un petit « woaw » d’admiration.

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J’ai aussi beaucoup aimé le Musée Estève installé dans le Palais des échevins. On y est entrées sans trop savoir ce qu’on allait y trouver et finalement ce fut une belle découverte. Maurice Estève est un peintre non figuratif du XXe siècle qui a vécu au sud de Bourges. De ses premières toiles aux plus célèbres (apparemment surtout célèbres chez les scandinaves) on voit la lente évolution du peintre, sa recherche  de lui-même qui passe par les courants impressionnistes, fauves, cubistes.

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Où s’arrêter pour manger? Boire? Prendre un café?

Bourges est une petite ville, vous n’aurez donc pas des coffee shop à foison pour vous poser, mais il y a au moins quelques adresses qui  vous accueillent dans une ambiance cosy pour déguster un chocolat chaud. Et elles sont ouvertes le dimanche!

  • Les 3  cuillères, 38 rue Bourbonnoux. Entre le palais Lallemand (musée des arts déco) et la Cathédrale. Pas très grand, avec des romans, des BD et des jeux pour ceux qui voudraient patienter avant de reprendre leur train. Très vite plein.
  • L’envers du Café, 3 rue Pelvoysin. Le concept n’est pas assez abouti. Le lieu est divisé en plusieurs salles avec chacune une déco particulière, des chaises, des sofas, de quoi se mettre à l’aise. Mais les salles sont encore trop grandes pour trop peu de déco.
  • Cake thé, 74 rue Bourbonnoux. Je n’y suis pas allée mais de dehors il donnait sacrément envie. Il s’agit plutôt d’un salon de thé situé sur la “promenade des remparts” (promenade minuscule mais adorable)
  • Pour manger vous trouverez plusieurs bons restaurants de cuisine française (c’est à dire pratiquement que de la viande) et qui sont indiqués dans la plupart des guides voire par des panneaux dans le centre ville. Le plus connu étant surement le Louis XI. 

Chronique parisienne 4 – Une semaine féministe

  • Expo du moment – “Présumées coupables” aux Archives Nationales

Pour finir cette semaine toute féministe je suis allée samedi dernier au CARAN, le centre des Archives Nationales au cœur du Marais, pour y voir l’exposition « Présumée coupables ». Malgré le monde – qui eut pensé qu’une expo sur ce thème serait bondée ? – je suis sortie plutôt satisfaite de cette visite.

Pièces d’archives à l’appui, l’expo retrace cinq  types de condamnation en justice pour les femmes depuis le Moyen-âge jusqu’à la Libération : les sorcières, les empoisonneuses, les pétroleuses, les collaboratrices et les infanticides. Cinq crimes majeurs qui conduisent des femmes en procès,  crimes pour lesquelles elles sont souvent condamnées, mais pas toujours ! L’exposition détaille non seulement le déroulement des procès mais également les processus qui conduisent ces femmes à se retrouver en Justice : délation, profils particuliers (âge, vie marginale, etc), situations difficiles qui poussent au meurtre ou à l’abandon de son enfant, …

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Le CARAN – Centre de Recherche des Archives Nationales
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Cour de l’Hôtel de Soubise

Le gros plus : les archives sont dans les vitrines, passionnantes pour qui est paléographe mais peu évocatrices pour les profanes MAIS des écrans proposent la transcription des textes en vieux français et également la traduction en français d’aujourd’hui. On peut ainsi lire les procès verbaux de dizaines et de dizaines de femmes qui décrivent leurs danses sataniques, le calvaire de l’inceste, ou encore les raisons de leur « collaboration horizontale ».

Même si on s’y connait sur certains sujets – par exemple le Moyen-Âge – on apprend forcément quelque chose sur les autres périodes : pour ma part je ne connaissais rien aux pétroleuses, et je n’avais jamais eu l’occasion d’en savoir plus sur les femmes tondues de la libération que ce que nous offrent à voir les films de l’époque (qui sont très durs à regarder je trouve).

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Enfin : avoir accès à des documents d’archives est pour moi quelque chose de toujours émouvant, qu’il s’agisse de procès du XIIIe siècle ou de lettres de Louise Michel. Permettre que cette mémoire commune soit diffusée à tous même sur de courtes périodes, seulement lors d’expositions, est primordial ! Il est donc important d’encourager les Archives Nationales qui organisent régulièrement des expositions, souvent quelque peu politiques, et toujours passionnantes !

L’exposition a lieu à l’Hotel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois (métro Rambuteau) jusqu’au 27 mars 2017 – 6€ l’entrée plein tarif

Pour en savoir plus: site des archives nationales

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  • Un magazine: CAUSETTE

Il y a deux mois alors que j’attendais patiemment le RER pour rentrer chez les parents en trainant dans le Relais du coin j’ai décidé d’acheter Causette, ce magazine féministe que je n’avais jamais ouvert. J’avais dans les poches tout pile le prix, les textes avaient l’air de valoir le coup, adjugé-vendu ! J’ai eu raison. Malgré le prix prohibitif – mais c’est le cas de tous les magazines il me semble – j’ai dévoré le numéro de janvier, j’ai fait exprès de le laisser chez mes parents, chez mon copain pour le faire lire au plus de monde possible. Causette adopte un ton très ironique, impossible à apprécier si vous n’êtes pas trop second degré : des chapeaux politiquement incorrects comme « Aimer les enfants c’est ne pas en faire ? » pour n’en citer qu’un, avec une ligne éditoriale avant tout féministe mais qui parle aussi beaucoup de politique, des reportages inédits sur d’autres parties du monde. Bref un ensemble qui me plait : je trouve toujours un article à lire selon mon moral. Petit bémol : je pense ne pas être tout à fait d’accord avec leurs critiques culturelles, pas assez critiques justement, à l’inverse du reste du magazine.

 Pour celles – ou ceux –  qui trouveraient cela trop cher, pensez à regarder dans votre médiathèque, la mienne l’achète chaque mois, et un abonnement à la médiathèque est toujours moins cher.

  •  Podcast: “Le dictionnaire du féminisme” sur France Inter

Je me suis longtemps dit qu’il faudrait que je profite des tâches répétitives au boulot pour écouter des postcasts, c’est chose faite cette semaine après avoir vu passer sur twitter une annonce pour un épisode de « La marche de l’histoire » de Jean Lebrun –France Inter – sur le féminisme, ou plus exactement sur le Dictionnaire du féminisme, paru il y a peu aux Presses Universitaires de France sous la direction de Christine Bard.

Christine Bard n’est pas une inconnue, c’était la prof de Jéromine, l’archivoyageuse, pendant sa licence d’histoire, et c’est surtout celle qui a fondé en 2000 le centre d’archives du féminisme. Pourquoi un centre d’archives ? Parce que dès le départ les féministes, et  les associations féministes ont produit de nombreux documents, collectés et réunis en 3 lieux : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine et la Bibliothèque Marguerite Durand à Paris, et la BU d’Angers où le fonds d’archives est accompagné d’un fonds documentaire unique de 10000 ouvrages sur le thème du genre et du féminisme.

 Pour en savoir plus je vous conseille, bien entendu, d’écouter le podcast !

Dali & Shaxi – La dolce vita en Chine

Il existe un train de nuit qui va de Jianshui à Dali et qui n’est pas indiqué dans les guides. La gare est nouvelle elle aussi, et introuvable pour quelqu’un qui n’est pas de la ville : un bâtiment fermé la moitié de la journée, entouré de tentes qui vendent de quoi se sustenter pour la nuit. Ce train est bien pratique, il nous a permis d’arriver au matin à Dali, après une bonne nuit de sommeil #lovelescouchetteschinoises, prêtes à entamer notre découverte du centre du Yunnan : de Dali à Shaxi.

Dali – 2000m d’altitude, région de la minorité Bai, la vieille ville encore charmante  s’étend aux abords du lac Erhai.On construit  partout à Dali, enfin partout en dehors de la vieille ville, il parait que c’est le Saint-Tropez chinois, un Saint-Tropez au milieu des montagnes qui a fait disparaitre peu à peu les activités traditionnelles de pêche autour du lac, les villages sont devenus touristiques et pourtant il y  reste un petit quelque chose de reposant et de simple. ce petit quelque chose qui la rend incontournable.

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  • Dali – la flâneuse

Dali est un havre de paix pour touristes occidentaux fatigués de voyager. Et c’est aussi un lieu de rencontre des expats qui ont trouvé refuge en Chine. La vieille ville ceinte de murailles est suffisamment petite pour qu’on en fasse  le tour en une journée, mais elle donne envie de s’y arrêter pendant plusieurs jours pour ne rien faire : siroter un thé froid, regarder les passants, traîner dans une librairie et sortir boire un verre chez Ghuilain, un français d’Angoulême installé ici depuis 7 ans.

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En deux jours on reconnait déjà des gens, on sent que les expats sont heureux de pouvoir discuter un peu du pays, de l’Europe, on salue les gens dans les rues, on se sent très vite chez soi à Dali. Dans les rues aux vieilles maisons qui n’ont rien perdu de leur charme se suivent les cafés cosy – on se croirait dans le 11e à Paris – les boutiques touristiques mais aussi les petites boutiques plus typiques où on peut manger des mets étranges, traditionnels de la région. Mais nous ce qu’on a préféré faire c’est suivre un cours de cuisine pour enfin apprendre à faire les dumplings qu’on aime tant !

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  • Dali la sportive

Coincée entre les monts Cangshan et le lac Erhai il est très facile de se mettre au sport à Dali. On a laissé tomber les randos – sans plan, sans s’y connaitre beaucoup, mieux valait ne pas tenter le diable, sans compter que des rumeurs de brigandages courent dans le coin – mais on a loué des vélos pour pédaler aux abords du lac et prendre notre selfie  au milieu de dizaines de chinois faisant de même.

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Le lac est immense et malheureusement la route ne le suit pas toujours, je pense que pour mieux en profiter le scoot est, là encore, une meilleure option, si on souhaite aller jusque dans les villages en tout cas.

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  • Shaxi – enfin au calme

Nous avions prévu un jour de rab dans notre planning au cas où: ce fut une évidence en arrivant à Shaxi que nous allions l’utiliser pour rester ici deux jours au lieu d’un seul. Sur la route du thé et de chevaux – rien que ça – Shaxi est une petite ville, presque un village, située à 2h de Dali et de Lijiang, et elle a la particularité d’être entretenue par une association suisse qui la préserve encore du tourisme de masse. Un peu d’authenticité dans cette Chine de la modernité.

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On n’en est certes plus aux boutiques artisanales, ces dernières sont remplacées par des cafés cosy et des magasins de babioles – cartes, bouquins – qu’on aime trouver dans nos villes occidentales, mais l’ambiance y est calme, reposante. Une seule grande rue traverse la ville pour descendre vers la rivière et atterrir dans les champs. Au centre du village une grande place où se font face un temple et un vieux théâtre. Tous les bâtiments sont merveilleusement bien conservés, et notre auberge, qui se situe sur la place ne fait pas exception. Rester un jour de plus à Shaxi c’est rester un jour de plus à boire un thé avec vue sur les montagnes, à profiter de la Chine rurale.

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  • Shibaoshan – les monts du trésor de pierre

C’est à ce moment de calme et de volupté que deux énergumènes font irruption dans nos vies : Naftali et Ian, deux jeunes backpackers de 21 ans qui voyagent ensemble depuis 3 mois. L’un est israélien, l’autre américain et ils nous ont repérées depuis Dali. (Il faut dire que la plupart des voyageurs empruntent les mêmes routes au Yunnan, on est peu mais on se retrouve vite malgré l’immensité de la Chine). C’est le moment de donner un tournant plus sportif à notre séjour : ils nous proposent de nous emmener en rando dans les Shibaoshan, ces montagnes non-loin de Shaxi qui abritent des grottes et temples, et surtout l’idée est d’y aller en stop. C’est tellement bon de ne prendre aucune décision qu’on se laisse guider.

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Les nuages qui stagnent autour de Shibaoshan ajoutent à l’ambiance mystique du lieu, les cris des singes dans les arbres et ce long escalier menant aux temples encore cachés par les épais feuillages nous transportent dans une Chine encore inconnue. A 3000m d’altitude la montée est assez rude mais les temples sont superbes, la vue à couper le souffle et on est heureuses d’avoir fait des efforts.

Que faire à Shibaoshan ? Il s’agit en fait d’un parc, payant comme absolument tout ce qui est touristique en Chine, qui abrite plusieurs temples dans les montagnes, plusieurs randos sont alors possibles. Nous nous sommes contentées de la première, la plus accessible. Compter 2h de rando pour faire le tour de 3 temples et avoir un point de vue sur les montagnes. Pour les plus sportifs, les autres montagnes valent probablement le coup.

Une chose est sûre : Shaxi doit être un passage incontournable d’un voyage au Yunnan ! Jugez plutôt…

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Se rendre à Dali et Shaxi:

  • le train depuis Kunming ou Jianshui (nouvelle ligne) vous dépose à Xiaguan la nouvelle ville. D’ici il faut prendre le bus pour se rendre à la vieille ville
  • Un aéroport dessert la ville
  • Shaxi: bus depuis Dali à prendre à la station de Bus, la plupart du temps ce sera indiqué dans les auberges. Le bus nous a abandonnées sur une aire au milieu de rien où un mini-van est venu nous chercher. On ne sait pas comment, ni pourquoi, mais nous sommes arrivées à Shaxi dans les temps prévus et sans problème.

Où dormir:

  • Dali: Jade Emu guesthouse, juste après les remparts de la ville. Très bonne auberge avec une cour agréable, et possibilité de manger des pizzas (ce qui est un luxe après plus de 2 semaines à manger du riz)
  • Shaxi:Shaxi horse pen 46, auberge dans une vieille maison bai avec cour, porte qui ouvre sur la rivière, vue sur les montagnes. Et surtout DEUX GROS CHIENS baveux à cajoler. Sur la place du village.

Cours de cuisine à Dali: Rice & Friend

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