Chronique parisienne: perdue dans les (vieux) livres

Mardi 13 décembreC’est l’heure de la 3ème chronique parisienne (puisque cette rubrique a été rebaptisée ainsi, puisque j’y parle essentiellement de ce que j’ai pu faire et voir à Paris).

Comme quoi on peut toujours découvrir le 5e arrondissement autrement. Ici depuis le restaurant administratif de l’ancienne école polytechnique. (On ne se mouche pas du coude…)
L’église Saint Étienne du Mont, toujours aussi belle (selon moi)

Depuis un mois j’ai repris le travail, un travail qui ne va pas durer longtemps mais qui me permet de découvrir un nouveau milieu j’ai nommé : les bibliothèques. Je ne suis pas vraiment novice des bibliothèques, comme tout étudiant qui se respecte j’en ai fréquenté moult durant mes études, j’ai même eu le droit d’avoir ma carte « chercheurs » de la Bibliothèque Nationale. Celle qui donne accès à un tout nouveau monde où on a droit à deux heures de pause, une place réservée, et un café pour y rencontrer ses pairs. Mais aujourd’hui je suis de l’autre côté.


Si vous me suivez sur snapchat vous avez pu voir que je me perdais assez régulièrement dans les immenses magasins de la Bibli, entre les comptes rendus de l’ONU, les manuels de droit et les vieux dictionnaires juridiques du XVIIe. J’aime assez l’idée de vous montrer une fois par semaine les off de la vie de bibliothécaire et redécouvrir avec vous le 5e arrondissement de Paris. Je ne l’aurai pas quitté longtemps mais ça suffit pour que je « waho » à chaque fois que je passe devant le Panthéon ou que je « ooh trop mignon » quand je longe l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Rendre instagrammables des ouvrages de droit…tout un défi!

Et puisqu’on parle de livres j’en ai plusieurs de retard dont je voulais vous parler.

  • Nos contrées sauvages, Cate Kennedy

L’histoire : Sandy élève seule sa fille dans une petite ville de l’Australie quand la père de celle-ci, un photographe-aventurier, refait son apparition et décide d’emmener sa progéniture en trek en Tasmanie pour faire connaissance pendant que Sandy fait une retraite dans un camp bouddhiste. Evidemment tout ne se passe pas comme prévu…

Je n’ai pas tout de suite accroché avec ce roman : l’écriture est excellente, ça se lit très vite MAIS les personnages sont assez peu agréables, chacun à leur manière, et ce qui m’a finalement le plus dérangée c’est de me reconnaitre dans chacun d’eux, essentiellement pour leurs mauvais côtés. Plein de cynisme, à la fois cinglant et avec une certaine tendresse ce roman est un récit de société sur une génération qui peine à vieillir et vit dans le paraître. Le livre s’intéresse aussi beaucoup à la question du tourisme de masse qui est sans cesse présente durant le trek : que font les touristes à la nature ? Le paradoxe du touriste qui aimerait être seul au monde et détruit ainsi peu à peu les espaces sauvages met forcément un peu mal à l’aise mais permet aussi de se poser des questions.

Un très bon livre, très intelligent.wp-1482312846865.jpeg

  • Le voile de Téhéran, Parinoush Saniee

L’histoire : Iran, régime du Shah – Malgré son rêve de poursuivre ses études Massoumeh se retrouve mariée à 16 ans à un homme qu’elle ne connait pas. Tout au long des révolutions et des changements de régime que connait le pays elle essaie de prendre sa vie en main et se battre.

Avis mitigé. J’ai beaucoup aimé sur le moment, pas pour l’écriture que j’ai trouvé trop simple, pas pour les personnages que j’ai trouvé peu étoffés, mais pour les événements que le livre raconte. Je me passionne pour   l’Iran depuis que j’ai vu Persepolis, or ce roman décrit tous les mouvements qu’à connu l’Iran durant 50 ans. J’ai ouvert des livres d’histoire en même temps  pour approfondir ce que je lisais et c’est en ça que cette lecture m’a beaucoup apportée. Si les personnages, surtout les personnages principaux, ne sont pas habités par des paradoxes qui pourraient me les rendre attachants – hormis peut-être la mère de Massoumeh qui est finalement la plus intéressante car ne rentrant pas dans une case – la complexité de la situation du pays est très bien rendue et permet de mettre des images derrières des mots de « révolution islamique ».

wp-1482312670389.jpeg

  • Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

Mon petit dernier, trouvé encore une fois dans le club de lecture de Mango and salt. Un roman victorien comme on les aime, avec une écriture proche de Jane Austen bien qu’un peu plus bigote, et une certaine originalité : mettre au cœur du livre le sujet des cités industrielles du nord de l’Angleterre !

L’Histoire : Pour des raisons familiales Margaret, fille d’un  pasteur du sud de l’Angleterre, se voit contrainte de déménager dans le nord, non loin de Newcastle , dans une ville ouvrière. Changement de vie total : point de champs et de balades en plein air mais des bains de foule sous la poussière des usines et grèves !

Voici un bon livre à lire avec une tasse de thé et un plaid sur les genoux. Il est toujours agréable de lire des romans de cette période, celui-ci est particulier car c’est un sujet que je n’avais encore jamais vu traité, et à vrai dire, je ne savais pas que les syndicats existaient déjà en 1860 ! La chronique de la vie citadine au milieu des usines et des grèves est passionnante, bien que peu crédible par moments, et Elisabeth Gaskell fait bien attention de confronter régulièrement la vision du patron et celle de l’ouvrier , présentant son héroïne, et le lecteur avec elle, comme une observatrice qui doit se faire son propre avis sur un sujet qu’elle ne maîtrise pas du tout.

Je le recommande donc chaleureusement à tous les adeptes de ce genre de littérature.

Il parait qu’il existe une série de la BBC du même nom: North &South...je vais regarder ça le plus vite possible.

Jianshui – In love with le Yunnan

 

En partant de Guilin nous en savons un peu plus sur notre itinéraire : jusqu’à présent nous savions que nous allions dans le Yunnan, le cœur de notre voyage, mais pour y faire quoi ? Pour y voir quoi ? Après le lourd trajet de Guilin à Kunming, ville du printemps éternel et capitale du Yunnan, nous avons bien compris que la Chine est plus grande que nous l’imaginions. Le moindre trajet se compte en heures, et la plupart du temps à bord de bus pas toujours bien portant – la ceinture de sécurité étant clairement en option.

Nous avons du choisir entre la région du Xishuangbana tout au sud de la province, à la frontière de la Birmanie et du Laos – une région où j’aurai pu découvrir la jungle et le climat propre aux pays sud asiatiques – et un trek dans le nord, aux fameuses gorges du saut du tigre.

jianshui1

Avec toute la difficulté qu’imposent les choix, surtout en voyage, surtout dans des lieux aussi reculés où on ne pense pas forcément revenir un jour, nous avons décidé de ne pas aller plus au sud que les rizières de Yuanyang, et de remonter vers les montagnes loin de la chaleur étouffante et humide du Mékong. Nos prochains jours sont alors tout tracés : une halte dans la ville de Jianshui avant de goûter aux charmes des plus belles rizières du monde – à ce qu’il parait.

jianshui

Kunming nous avait déjà réconciliées avec les villes chinoises : portant bien son nom de ville du printemps, le climat y était ENFIN très agréable. Loin des foules de touristes nous avons découvert avec plaisir le superbe temple de Yuantong, un havre de paix en plein centre-ville, et nous nous sommes baladées le soir le long du grand parc de la ville, à l’heure où les étudiants sortent leurs guitares, où les plus âgés dansent et chantent, et où de nombreux chinois font leur jogging. A retenir : Kunming est presque plus vivante à la nuit tombée que de jour, comme une jolie ville de vacances où il fait bon vivre.

jianshui14

 

Mais mon coup de cœur du voyage – mon immense coup de cœur- a été la ville de Jianshui, que je prenais au départ pour un village, un village de la taille et de la population de Strasbourg à peu près, et qui est presque totalement oublié des touristes, chinois ou occidentaux. Jianshui est à quelques heures en bus de Kunming et possède depuis peu une belle gare située à un trentaine de minutes de la ville, une gare au milieu de rien, qui n’est pas ouverte toute la journée mais qui dessert les principales villes de la région !

 

La particularité de Jianshui c’est d’avoir conservé ses vieilles maisons devenues aujourd’hui des commerces. La principale attraction est alors de se promener dans la vieille ville depuis la grande porte du soleil, plus impressionnante à mon goût  que la porte de la cité interdite. Des petites rues, de belles maisons, des scooters, des taxis, des marchands ambulants, Jianshui est une ville très vivante et les Chinois avaient l’air franchement étonnés de nous trouver là.

jianshui9

 

  • Les jardins de la famille Zhu

Quel bonheur de visiter un jardin chinois avec ce silence et cette impression d’être presque seules ! La résidence a été construite à la fin du XIXe siècle  et abrite de beaux jardins, un théâtre sur l’Eau, des cours intérieures et de beaux pavillons d’habitations. Une visite incontournable selon moi. Elle ressemble à d’autres visites de résidences que vous pourrez faire en Chine – à Canton, Pékin, etc – à la différence que vous y serez tranquilles, l’idéal pour profiter vraiment de la beauté et de l’ambiance paisible des jardins chinois.

jianshui10jainshui12jainshui13

 

 

 

  • Le temple de Confucius

Second plus grand temple de Confucius en Chine je ne pouvais manquer de le visiter malgré le prix toujours très élevé. Construit  sous la dynastie Yuan en 1285 – donc vieux – à l’époque où des membres de la famille impériale avaient été déportés dans le Yunnan, ce temple était un moyen pour eux de conserver leur identité par la culture et la science. J’y étais en fin d’après midi au moment où les vieux chinois quittent le banc sur lequel ils jouaient et papotaient depuis des heures pour se mettre à faire du sport – c’est-à-dire faire des tours du lac seuls ou à plusieurs en marchant de plus en plus vite, l’un des moments les plus WTF de ma vie.

jianshui21jianshui18jianshui20

 

J’étais ABSOLUMENT seule dans le temple et bien entendu je n’ai pas entendu la cloche qui signalait la fermeture, c’est au moment de ressortir que j’ai trouvé portes closes. Partagée entre la panique et le rire j’ai finalement trouvé un gardien qui s’est précipité pour m’ouvrir les immenses portes. Et c’est sans doute en sortant du temple que la vue est la plus belle : le soleil couchant sur les montagnes vertes et la terre rouge du Yunnan.

jianshui16

 

  • La Tour face au soleil

Impossible de la manquer, cette porte démesurée bâtie en 1389 s’élève plus haut que tous les bâtiments de la vieille ville et sur sa place se retrouvent les Chinois de tout âge pour jouer au Majong ou simplement regarder les passants. Et pour la première fois de notre vie nous avons vus tous les regards se tourner vers nous au même moment et nous suivre un longuement. Difficile de faire comme si de rien n’était, difficile d’observer les habitants de façon naturelle, mais ils ont fini par nous oublier et vaquer à leurs occupations. La porte du soleil marque la limite entre la vieille ville et la nouvelle ville plus poussiéreuse et bruyante. Une ville chinoise comme je m’y attendais.

jianshui15

jianshui17

 

Pour ceux qui souhaiteraient prolonger leur séjour à Jianshui, aux alentours de la ville se trouvent la résidence de la famille Zhang ou encore le pont du double dragon, deux visites qui – apparemment – valent le coup. Quoi qu’il en soit, rester une journée de plus dans ce havre de paix à mi-chemin entre la ville et la campagne chinoise ne peut qu’être une bonne idée !

 

 

ARRIVER A JIANSHUI depuis Kunming :

  • En bus compter 3h de trajet, le bus se prend de la gare ferroviaire de Kunming, il y en a à peu près 20 par jour
  • En train : la gare de Jianshui est très éloignée du centre-ville, il vous faudra prendre un taxi, le prix est d’environ 30 yuans

OU ALLER après Jianshui ?

  • Pour Yuanyang : prendre le bus de 11h34 (qui passe précisément à cette heure- là) à la gare de bus de Jianshui. Pour se rendre à la gare ferroviaire un bus traverse le centre, le taxi coûte environ 6 yuans. 3h de voyage, arrêtez-vous à la grande ville de Xinje pour prendre un mini-bus pour les villages.
  • Pour le Xishuangbanna : vers Jinghong- 2 bus couchettes directs à 19h et 20h
  • Pour Dali : gare ferroviaire, bus de nuit départ vers 17h, 12h de train.

 

 

Sissi & Cie – Les incontournables de Vienne

Quand on parle de Vienne on entend la valse, Schubert, Mozart, on voit les calèches et les belles robes à crinolines qui se pressent sur le chemin de l’Opéra et du Hofburg. On s’imagine l’immense Empire qui va du monde Ottoman à la France. Bref Vienne c’est avant tout la capitale de l’Empire austro-hongrois  et la ville de Sissi, il était donc impensable que je ne vous parle pas de la Vienne impériale et de ses incontournables.

  • Schönbrunn

Le château 

En allant à Vienne il n’y avait qu’une chose que je connaissais : Schönbrunn, le palais de Sissi. Hélas j’ai eu quelques déconvenues en visitant le Versailles autrichien : premièrement quand on connait Versailles on ne peut manquer de voir que…c’est tout de même moins Wouao, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. Plusieurs formules sont offertes pour visiter le château et ses jardins, vous avez notamment le choix entre le grand tour de 22 salles et le tour impérial de 41 salles.

Craintifs on a préféré prendre le tour de 22 salles, imaginant qu’on allait être bien vite fatigués, 22 salles ça parait déjà énorme ; sauf que les pièces de Schönbrunn ne font pas la taille des pièces de nos châteaux français. Schönbrunn est certes un château impérial mais c’est aussi un château familial où se retrouvait l’Empereur pour échapper un peu au vacarme de Vienne, tout ça donne une ambiance assez cosy et un goût de trop peu quand on achève la visite « courte ». Même s’il y a du monde, il est possible de visiter le château agréablement, je n’ai vu aucun rassemblement en troupeau, le trafic est fluide, les informations pas trop nombreuses mais suffisantes.

p1050436

p1050559p1050561

Bref, Schönbrunn est une visite qui ne ressemble pas à ce que j’en attendais mais qui m’a beaucoup plu, en partie parce qu’elle permet de se rendre compte du mode de vie d’un Empereur au XIXe siècle. MAIS seconde déconvenue : j’apprends alors que Sissi ne vivait presque pas dans ce château, à vrai dire elle ne vivait presque pas à Vienne ET pire que tout, elle n’aimait même pas vraiment son mari. Alors quoi ? Depuis toutes ces années on nous ment ? Le château de Sissi n’est en fait pas du tout son château ? Cruelle déception dont je ne me remets pas.

p1050475p1050481

 Le parc

Ce que j’ai préféré à Schönbrunn c’est probablement son parc. En Automne et en hiver je pense qu’il vaut encore plus la balade : pour le côté romantique ou pour les couleurs chaudes des arbres. On a passé une bonne après-midi à se promener. Même si je n’aime pas spécialement les jardins à la française, celui-ci m’a plu, et j’ai surtout aimé toutes les visites qu’il y a à faire dans le parc. Comme tout était payant on a laissé de côté le zoo, le labyrinthe, et nous nous sommes contentés d’aller aux serres impériales du parc. J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les serres botaniques qui sont une de mes visites préférées, alors je me devais de visiter celles de Schönbrunn.

p1050479p1050544 p1050444

J’aime les serres tropicales pour leur architecture de fer, pour leur ambiance «Je pars faire une expédition dans les forêts d’Afrique », j’ai l’impression d’être vraiment de retour au XIXème siècle, même si la colonisation n’’était pas une bonne chose, , cette découverte de la faune et de la flore des pays lointains et exotiques ça me fait toujours de l’effet. En plus il fait chaud dans des serres tropicales, donc c’est idéal pour un temps d’automne et d’hiver. N’étant pas Crésus on s’est contenté de la palmeraie en négligeant la serre aux cactus et autres espèces du désert. Ce n’était pas vraiment la période où les fleurs sont écloses et où mille couleurs viennent vous chatouiller les pupilles, mais les camaïeux de vert m’ont suffi pour m’imaginer en Jane bravant tous les dangers de la jungle.

p1050514

p1050516

p1050508p1050509p1050540

  • Le centre de Vienne 

De la cathédrale au Hofburg, d’un café viennois à un autre, on traverse forcément à plusieurs reprises le centre de Vienne dont la vie est encore rythmée par les sabots des calèches qui ne transportent plus les aristocrates mais les touristes. Aucune véritable recommandation à vous faire : le mieux est encore de se laisser guider par son instinct et ses envies, de lever la tête pour apercevoir les palais, de ne pas hésiter à se rendre dans les cafés pour percevoir la grandeur de la Vienne d’antan.

p1050725

p1050758p1050749

Une visite que je recommande cependant, surtout si vous avez des enfants : le musée de la musique. A défaut de pouvoir aller à l’Opéra nous avons essayé de comprendre ce qu’est la musique et ce qu’est le bruit. L’avantage de ce musée c’est qu’il est à moitié prix de 20h à 22h, et il est assez original et instructif pour que tout le monde l’apprécie : partant des sons qu’entend le bébé dans le ventre de sa mère, à la création artistique des grands compositeurs viennois, on apprend beaucoup sur la conception du bruit et de la musique.

p1050741

p1050761

p1050762

  • Le parc d’attraction du Prater

Troisième jour à Vienne, après le centre et Schönbrünn on décide de se la couler douce en se rendant « hors des sentiers battus » au nord de la ville : au parc du Prater. Je n’en avais jamais entendu parler et ce fut donc une super découverte. Le Prater c’est d’abord un parc, celui dans lequel Sissi aimait à se promener à cheval quand elle résidait à Vienne et qui est depuis 1964 interdit aux voitures. On y croise des gens qui font du jogging et des chevaux, toujours; mais c’est aussi un parc d’attraction ou fut construit en 1894 la grande roue, emblème de Vienne, cette grande roue qui fonctionne toujours aujourd’hui, avec ses vieilles cabines qui font un peu peur.

p1050587p1050583

p1050594

Comme une fête foraine permanente de nombreuses attractions s’organisent autour de la grande roue : moult maisons hantées, des montagnes russes, notamment les montagnes russes en bois les plus vieilles d’Europe– d’après le guide -, des jeux d’eaux et les habituels de toute fête foraine (auto-tamponneuses, marchands de glaces, etc.). Le côté suranné du parc et le super beergarten d’habitués qu’on a trouvé pour manger le midi ont achevé de me convaincre que cette visite méritait qu’on en parle.

p1050601

Chine – Echappée dans le Guangxi

Passer par le Guangxi n’est pas la route la plus rapide pour se rendre au Yunnan, province qui constituait le cœur de notre voyage, nous savions que, si les trois heures à bord d’un TGV ultra moderne pour rejoindre Guilin seraient « easy », le trajet qui allait nous conduire dans le Yunnan par la suite serait notre première vraie rencontre avec la Chine (Aka, 20h de train sur des couchettes « dures » dont je reparlerai). Alors pourquoi passer 4 jours dans le Guangxi ? Pour la bonne et simple raison qu’il se trouve dans cette province deux des plus beaux paysages que possède la Chine : les rizières de Longji ET les fabuleux pics karstiques de Yangshuo.

li7

  • Guilin

On a donc posé nos valises pour quatre jours à Guilin, ville agréable où il n’y a pas grand-chose à faire mais idéalement placée pour visiter toute la région. Ce qu’on a aimé à Guilin c’était d’abord l’auberge de jeunesse dont on a fait notre maison : globalement en Chine toutes les auberges sont sympas mais celle-ci avec son gros canapé rouge nous a particulièrement conquises.

Même si l’intérêt de Guilin réside en son emplacement il y a tout de même de quoi faire quelques balades et visites pas loin de la ville : nous nous sommes contentées d’aller faire les tour des lacs – avec vue sur les pics karstiques – et surtout avec deux pagodes qui donnent un charme bien chinois à l’ensemble. Pour ceux qui souhaiteraient faire plus de choses – mais je rappelle que toute visite en Chine coûte cher – beaucoup nous ont conseillé la grotte de la flûte de roseau dans les environs de Guilin ; ou encore la colline en trompe d’éléphant et le musée de l’héritage des princes Jingjiang dans Guilin même.

li6

 

  • Yangshuo

Impossible de ne pas connaître les fameux pains de sucre de Yangshuo, ce paysage terrestre qui ressemble à quelque chose près à la baie d’Halong au Vietnam. Impossible de ne pas les avoir déjà vus puisque c’est ce paysage qui figure le plus souvent sur les estampes chinoises, et que l’on trouve sur les billets de 20 yuans.

On aperçoit déjà les pics depuis le train qui nous emmène à Guilin, mais c’est en prenant un bus depuis Guilin pour aller à Yangshuo qu’on peut vraiment se balader dans cette superbe région. Malheureusement nous n’avons pas pu apprécier Yangshuo à sa juste valeur : le bus nous dépose en plein milieu d’une ville-musée, ultra touristique, remplie de boutiques pour touristes … au bout il y a la rivière Li, et une vue splendide, bien que voilée sur les fameux pains de sucre.

li3

C’est beau, certes…mais il fait aussi très chaud : on retrouve les 38 degrés de Canton, on sue comme pas possible, on étouffe. Et tout ce monde, c’est insupportable ! Nous n’avons qu’une après-midi pour profiter du lieu alors nous louons un vélo – trop peur de louer un scooter – mais sans véritable plan on n’ose  aller bien loin. Notre erreur ? Avoir pensé que Yangshuo se visitait vite et ressemblait à un lieu magique et paisible. Magique il l’est, mais paisible pas du tout.

li2li1

Mon conseil : Yangshuo vaut sans nul doute le détour, mais pour s’imprégner véritablement du lieu la meilleure chose à faire et de prendre un taxi pour dormir quelques jours dans un village aux alentours de la ville, si possible plutôt vers la rivière Yulong. De là vous pourrez emprunter vélo ou scooter, ou bien remonter la rivière en radeau…si vous n’y êtes pas durant la saison des pluies qui rend impossible la navigation sur Li et Yulong.

A éviter : la saison des pluies. C’est ce jour- là que nous avons compris ce que pouvait vouloir dire « saison des pluies », après avoir été  trempées en quelques minutes plusieurs fois dans la journée, comme si on nous balançait des seaux d’eau sans pour autant en  être rafraîchies.

li4li5

 

Pour se rendre à Yangshuo : depuis la gare ferroviaire de Guilin on trouve des compagnies touristiques qui vous y emmènent pour 45/50 yuans MAIS au retour nous nous sommes contentées d’arrêter un bus en lui demandant s’il allait à Guilin, et on en a eu pour 25 yuans. ASTUCE : demandez à tous les bus que vous croisez, vous devriez tomber sur le bon bus ce qui vous évitera de payer le fameux prix « des touristes ».

li8

  • Rizières de Longji (prononcer long-zi)

Après le semi-échec de Yanghsuo, pour être sûres de ne pas rater notre escapade dans les rizières on s’inscrit pour une sortie organisée par l’auberge. On a vite compris que les distances étaient si grandes, et les guides si peu précis, qu’on ne peut pas tout organiser seules et ça vaut le coup de se laisser transporter en payant un peu plus cher pour éviter les galères. Nous voici donc dans le bus prêtes à apercevoir dans moins de trois heures nos premières rizières chinoises ! Le cœur  bat, on a hâte d’en avoir plein les yeux et…on n’est pas déçues.

li13

Première étape : le village Yao. Les femmes de l’ethnie du même nom qui sont censées ne couper qu’une fois leurs cheveux au moment du mariage nous font un spectacle, de toute évidence un spectacle pour touristes. Le plus intéressant est peut-être d’observer le comportement et les réactions des touristes chinois Han. Puis vient le moment de manger : nous voici attablées avec six autres personnes,  des Malais et deux Français, Loïc et Magalie, qui font une pause durant leur internat de médecine. C’est l’occasion ou jamais de discuter avec les gens et surtout de goûter toutes sortes  de plats qu’on n’aurait jamais commandé de nous-mêmes au restaurant. On découvre qu’on ADORE le riz/tomates/œuf, un plat qu’on trouve partout, mais aussi les patates caramélisées, les aubergines grillées, etc… Le repas est sans-doute l’un des meilleurs côtés de ces sorties organisées, qu’on renouvellera pour aller voir la grande-Muraille.

li14li15li12

 

Enfin arrive le moment de se rendre aux terrasses. Les terrasses de Longji ne sont pas les plus grandes d’Asie, et peut-être pas les plus belles, mais elles font partie des plus hautes. Le dénivelé entre les premières terrasses et celles se trouvant au sommet est assez important ce qui les rend particulièrement impressionnantes et photogéniques. Nous avons aussi eu la chance de venir à une période où le riz était bien vert et l’eau miroitait encore à la surface des rizières.

Pour y monter deux choix s’offraient à nous : le téléphérique, moyen de locomotion favori des Chinois, et nos pieds. Accompagnées de Loïc et Magalie nous choisissons évidemment de monter par nos propres moyens, surtout que la rando ne fait que 50 minutes, même si ce sont 50 minutes pendant lesquelles on ne cesse de monter. Nous voici donc seuls au milieu des rizières, on croise des Chinois qui y travaillent encore, des femmes de l’ethnie Yao qui tissent. Le chemin est très bien indiqué et vaut vraiment le coup. Les photos vous permettront de juger…

li9

Conseil : la sortie nous a coûté 350 yuans, pour sept heures de trajet (aller et retour), un spectacle touristique dont on aurait pu se passer, et un repas. La formule qui se contentait de nous emmener aux rizières aurait probablement suffit, elle coûtait un peu moins cher. Vous trouverez ces excursions proposées dans toutes les auberges de Guilin, c’est à mon avis la meilleure façon de se rendre dans cet endroit difficilement accessible – c’est en effet à assez haute altitude, il faut supporter les lacets de montagne.

Les pics karstiques puis les rizières, aucun doute nous sommes bien en Chine, et maintenant qu’on s’est un peu accoutumées aux façons de faire du pays nous allons vivre notre première grande expérience chinoise : les vingt heures de train qui nous mèneront au Yunnan,  cœur de notre voyage.

Chronique parisienne #2 – Un pied en Orient

Un mois, ou presque, a passé depuis la dernière édition et j’ai été pas mal occupée ces derniers temps puisque je suis partie six jours à Vienne – je vous parle de la capitale viennoise dans un article consacré : un long week-end à Vienne – où j’ai pris une longueur d’avance avec l’hiver. J’ai passé le restant du mois à écrire et envoyer des lettres de motivation pas du tout motivées en buvant moult cappuccino dans des cafés parisiens ou en regardant la pluie tomber depuis ma grande baie vitrée qui donne sur un cimetière à l’anglaise. Ambiance gloomy parfaite pour un soir d’halloween.

Enfin j’ai découvert deux supers applis sur lesquelles j’ai dû passer des heures : pacer, un podomètre qui m’a rendue accroc à la marche, mon but étant chaque jour d’atteindre les dix mille pas attendus. J’ai remarqué que je ne les atteignais jamais à Paris, à moins de décider de ne pas du tout prendre le métro de la journée, alors que je pouvais facilement viser les seize mille pas à Vienne, autrement dit : vive le tourisme !

La seconde appli c’est « keep », une appli google toute bête qui permet de faire des listes partagées avec ses contacts : on peut y ajouter des couleurs et des photos, c’est joli et ça m’a bien occupée. Au top de mes listes : l’habituelle « Où partir en voyage ? », suivie de sa petite sœur « Où partir en week-end ? », et les plus utiles et moins inspirantes « Idées de livres, de films, … ». Enfin, celle qui va devenir de plus en plus d’actualité, la fameuse liste de Noël ! L’avantage de cette appli c’est que les collaborateurs peuvent ajouter des choses mais aussi cocher les cases lorsqu’une tâche est faite – donc pas mal pour les cadeaux de noël, pratique aussi pour les courses.

Pour finir ce mois-ci j’ai tout de même visité, vu et lu un peu et je vous raconte ça un peu plus en détail.

imag0561.jpg

J’ai lu : Les Intéressants, de Meg Wolitzer

Encore un roman américain qu’il est bien. Un roman social sans grand rebondissement, un roman qui raconte la vie d’une bande de jeunes new-yorkais artistes ou enfants d’artistes vue par le prisme de la jalousie de Julie, une jeune fille « lambda » qui s’est retrouvée dans un monde auquel elle ne cesse de se comparer. Difficile pour moi de ne pas s’assimiler à Julie, à sa manie de toujours regarder ce que sont les autres, à toujours se sentir hors du coup, trop différente, pas assez bien. D’autant plus à l’heure de facebook et d’instagram où il est devenu presque impossible de ne pas s’étouffer de jalousie devant la vie parfaite que chacun cherche à montrer sur le net. Au-delà de ce travers difficile à gérer, le roman évoque surtout la vie d’une génération : d’une enfance dans les années folk à l’arrivée de la société d’Internet en passant par l’époque tragique du Sida, on suit les différents personnages à chaque époque de leur vie avec ce qu’il y a de drames, de petits bonheur et de renoncements. A travers une histoire d’amitié, Les Intéressants c’est un récit de société, une société dont on entend encore assez peu parler, et comme me l’a mentionné ma mère : c’est dommage que seuls les Américains soient capables de se retourner ainsi sur leur propre société.

Alors si vous connaissez des auteurs britanniques, italiens, français ou que sais-je qui écrivent des romans dans la même veine : je suis preneuse !

Cinéma: l’Iran à l’honneur !

  • Sonita, de Rokhsareh Ghaem Maghami

Difficile de ne pas aimer Sonita, la rappeuse afghane de 15 ans dont la voix s’est levée pour dénoncer les pratiques moyenâgeuses et la condition féminine en Afghanistan. Difficile de ne pas aimer ce film porté par Sonita et par la réalisatrice qui devient à mi-parcours l’une de principales protagonistes du documentaire. Difficile de ne pas pleurer enfin en écoutant le rap engagé de Sonita après avoir suivi son parcours difficile et les incompréhensions dans ce Moyen-Orient encore ravagé par les guerres et par les censures religieuses.

Bien qu’un peu long vers la fin j’ai adoré ce film. Je le savais avant d’aller le voir, ce ne fut donc pas une surprise. La surprise c’était de constater à quel point Sonita crevait l’écran avec son sourire, son voile qui ne recouvre plus grand-chose, son répondant et sa foi en elle-même. Enfin l’élément particulier de ce film c’est la rôle de la réalisatrice, peu habituel, et qui pose de vraies questions sur le rôle des réalisateurs, tout comme celui des journalistes ou des documentaristes : sont-ils là pour montrer seulement la réalité ou ont-ils une légitimité à agir au sein de leur propre documentaire ? N’ayant pas la réponse, je vous laisse y réfléchir en allant voir Sonita !

  • Les enfants du ciel, de Majid Majidi

Encore un film iranien ! Car oui je n’en ai jamais assez. Celui-ci  date de 1997, bien que les vêtements et les voitures donnent l’impression d’être en plein dans les années 80 témoignant d’un léger retard de l’Iran sur le plan de la mode à cette époque. Children of heaven c’est l’histoire d’Ali, 8 ans et de sa jeune sœur Zahra, enfants pauvres de Téhéran, dont les parents gagnent à peine assez pour leur acheter des chaussures dignes de ce nom. Ali perd malencontreusement les chaussures de sa sœur qu’il avait amené chez le cordonnier, les deux enfants doivent alors partager leur unique paire de chaussure pour aller à l’école – le matin pour les filles, l’après-midi pour les garçons –; s’ensuit toute une série de « rebondissements » autour de ces chaussures et des moyens mis en œuvre par Ali pour trouver une seconde paire à sa sœur. Autour de cette trame, plutôt simple, se dessine un Téhéran qu’on connait peu, vu à travers l’œil des enfants : les rythmes de l’école, les devoirs, les amitiés, les parents qui cherchent du travail, l’immense Téhéran. Outre l’excellent jeu d’acteur des deux jeunes enfants j’ai adoré la réalisation du film et ce qu’il donnait à voir de l’Iran : un long métrage social efficace, drôle par moment, presque tragique à d’autres, on se replonge avec plaisir dans l’enfance à travers ces deux personnages qu’il est difficile de ne pas aimer.

 

  • Captain Fantastic, de Matt Ross

Comment ne pas aller voir un tel film, en particulier quand Viggo Mortensen en est la tête d’affiche ? Je reviens sur le synopsis : Ben, sa femme et ses nombreux enfants vivent une vie atypique dans les forêts du nord des USA. Capturant, cueillant et élevant eux-mêmes ce qu’ils mangent, les membres cette petite famille vivent en dehors de la société, éduqués consciencieusement par leur père qui leur enseigne autant la littérature que la musique ou encore l’importance de réfléchir à la société de consommation qu’il fuit. Lorsque la mère est atteinte d’une maladie, tous doivent renouer avec « le monde réel » et c’est un véritable choc les  obligeant à se poser des questions sur la conception de cette éducation face à la société.

Légèrement décevant à cause du manque de profondeur des personnages – il y en a peu voire pas – ce film à l’avantage de n’être pas du tout manichéen : il n’y a pas de bonne façon d’élever ses enfants, pas de mauvaise façon de vivre, il permet au contraire de mettre l’accent sur les extrémismes des deux camps, laissant au spectateur la possibilité de se faire son propre choix. Très drôle par moments, un peu tire-larmes à d’autres, ce film m’a surtout permis d’apprendre qui était Noam Chomsky – honte à moi, je ne connaissais pas – et de me rappeler combien Viggo Mortensen est beau sans sa barbe (attention spoiler !)  Un film qui ne restera pas dans mes annales mais qui permet de passer une bien bonne soirée.

wp-1478685465002.jpeg

J’ai visité : le musée Gustave Moreau

Un de mes musées préférés à Paris, je pense que j’en parlerais encore plus longuement dans un article dédié aux musées parisiens. J’adore ce musée car, comme le musée de la vie romantique, c’est avant tout un atelier d’artiste. On entre dans l’intimité de l’artiste, la muséographie est restée telle qu’il l’a voulu – c’est-à-dire très fouillis – et on ressent toute l’atmosphère du XIXe siècle. En prime, l’escalier maintes fois pris en photo est vraiment superbe, et très instagrammable ! J’ajouterais que personnellement j’aime beaucoup le style orientaliste / symboliste de Gustave Moreau qui se rapproche parfois d’Odilon Redon, ça vaut le coup de se pencher – littéralement – sur certaines œuvres pour distinguer tous les traits de crayons et tous les personnages, détails de paysages que l’on ne peut pas voir au premier coup d’œil, technique singulière qui me semble propre à ce peintre.

wp-1478685481402.jpeg

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Le week-end du 8 octobre je me suis rendue à un événement dont j’avais entendu parler depuis plusieurs années mais auquel je n’avais encore jamais assisté : les rendez-vous de l’Histoire de Blois. L’Histoire avec un grand H, mon premier amour qui me passionne toujours autant peu importe l’époque ou le lieu, pour qui j’ai trépigné d’impatience pendant plus d’une semaine trop pressée de passer mon week-end à écouter des conférences en veux-tu en voilà. A moins que vous ne soyez vous-même historien, ou prof d’histoire, ou archiviste, ou dans l’édition d’histoire ou encore, et surtout, retraité – car c’est la population majoritaire à ce genre de rendez-vous- vous ne savez pas trop ce que c’est les RDV de Blois. Je vous explique tout ça de suite !

Crées en 1998 par Jack Lang – second ministre de la culture à vie après Malraux – qui était aussi le maire de Blois, les RDV de l’Histoire c’est un festival d’Histoire qui s’étend du jeudi au dimanche : quatre jours de conférences, d’ateliers, de tables rondes sur l’Histoire. Chaque année un thème est choisi, on le découvre le dimanche soir à la fin des RDV, quand tous les parisiens s’entassent dans l’intercité en direction d’Austerlitz ; et les conférences doivent tourner autour de ce thème. Cette année le thème était très large mais surtout très actuel, « Partir », ce qui a permis à de nombreux non-historiens de participer également à ce sujet brûlant : j’ai assisté par exemple à une conférence d’Amnesty Internationale qui m’a  un peu déçue car il y manquait, à mon goût, la rigueur scientifique des autres conférences que j’ai pu voir. Outre les conférences purement historiques un programme d’économie a été mis en place s’intéressant bien évidemment à l’actualité, un peu en marge du thème principal de l’événement. De manière générale chacun essaie de se raccrocher au thème de près ou de loin pour traiter son propre sujet : le titre de la conférence « Partir c’est manger » m’a notamment peu convaincue.

imag0414

En parallèle de ces conférences se tient un salon du livre d’histoire où se trouvent toutes les éditions historiques de Gallimard à Vendémiaire en passant par le coin BD ! Et c’est toujours une bonne idée d’aller faire signer une BD par l’auteur, avec un joli croquis en dédicace, pour l’offrir à Noël, cette année en particulier puisque Riyad Sattouf était le Président du salon du livre.  C’était très dur pour moi, et pour mes copines, de ne pas acheter tous les livres qu’on voyait, on a forcément cédé pour un ou deux, mais les fanas de librairies et bibliothèques comprendront.

Enfin les RDV proposent en coopération avec les cinémas de Blois une sélection de films, souvent documentaires, touchant au thème, une bonne alternative quand on en a un peu marre de rester assis à écouter de vieux universitaires parler.

  • Comment ça se déroule ?

C’est ici que tout se complique : les RDV ont lieu dans différents lieux de Blois – le château, la préfecture, le salon du livre, la bibliothèque, l’université, l’iut, la maison de la magie. Certaines conférences nécessitent un ticket – gratuit bien sûr – mais qu’il faut prendre 2h à l’avance, et là encore faire attention car les petites vieilles ont tendance à se jeter voracement dessus n’en laissant plus aucun pour les jeunes chercheurs. La plupart des conférences sont libres d’accès MAIS là encore il vaut mieux venir bien en avance pour ne pas risquer de voir la salle pleine alors que c’est justement cette conférence-là que vous vouliez absolument voir. Qu’on se le dise, malgré l’offre immense qui est proposée, on ne peut pas écouter plus de trois, maximum quatre, conférences par jour, et  mieux vaut bien prévoir son programme à l’avance, tout en sachant qu’il risque fortement d’être perturbé : donc avoir un plan B évite les déconvenues. Autre problème : les lieux ne sont pas toujours  proches les uns des autres, comptez un bon gros quart d’heure, et une centaine de marches, pour vous rendre de l’université au château, et bien entendu quand celle que vous avez planifiée affiche complet, l’autre qui vous intéresse est à l’autre bout de la ville.

imag0428

  • Que voir ? Mon planning de la session 2016

Venons-en maintenant au vif du sujet : qu’est-ce que j’ai pu voir et apprendre durant ce week-end bien chargé culturellement ? J’ai été plutôt déçue de ma première journée qui a néanmoins été sauvée par la dernière conférence :

Le droit des migrants, par Amnesty Internationale : très intéressant sur le parcours des migrants, sur les origines de la crise des migrants, sur le fait que les migrants sub-sahariens qui arrivent aujourd’hui en Europe sont en fait migrants depuis bien plus longtemps; issus d’Ethiopie ou d’ailleurs, ils se sont d’abord exilés au Soudan, puis en Libye avant d’être contraints, ne pouvant revenir sans danger, à partir vers l’avant en Europe. L’exposé manquait cependant d’un peu d’objectivité et d’explication sur ce qui se passe concrètement quand un migrant arrive en France et demande asile.

De la Gaule à la Francie, BnF : intéressant en soi mais recoupant complétement mon cours de prépa, je n’ai rien appris de plus.

Israéliens, Palestiniens : entre diasporas et états, Vincent Lemire et Jihane Sfeir : Je suis tombée en amour devant ces deux conférenciers l’un spécialiste de Jérusalem, l’autre de la Palestine. Ils s’exprimaient tour à tour selon un ordre chronologique sur la fondation de l’Etat d’Israel, sur les complications qui sont apparues, etc. Un exposé à la fois sociologique, économique, diplomatique, un condensé passionnant avec des profs qui savent y faire devant un public.

imag0431imag0432

Le second jour a été plus prolifique, mieux préparé aussi, selon moi il faudrait imposer des tickets à chaque conférence, ça éviterait de grandes déceptions, mais ça coûterait beaucoup trop cher en papier…

La figure du Barbare, B. Dumézil : j’avais entendu Dumézil sur France inter, à la Marche de l’Histoire, il venait de sortir son dictionnaire du barbare en coopération avec nombre d’historiens et de sociologues. La conférence était géniale, transversale puisque touchant à la figure du barbare tout au long de l’histoire, de l’ethnogenèse – le fait de fabriquer des peuples – des Romains à la vision des fondamentalistes islamiques d’aujourd’hui. C’était très très dur de ne pas se jeter sur le bouquin en sortant.

Histoire des émotions, Alain Corbin, George Vigarello: Alain Corbin était LA STAR de cette édition, celui que toutes les femmes s’arrachent. Un vieux monsieur la tête dans les nuages qui ne comprend pas bien comment fonctionne un micro mais j’avoue que moi aussi j’étais toute émoustillée à l’idée de le voir. Monde parallèle des historiens quand tu nous tiens ! L’exposé partait un peu dans tous les sens, mais difficile de faire tenir un sujet aussi massif en une heure; à défaut d’être entrés dans le détail les auteurs ont donné un bon aperçu de leur travail, et avec un don pour les anecdotes, ont réussi à accrocher leur public.

Punir et partir, ou le bannissement et l’exil : ici encore une conférence transversale allant de l’Antiquité au dernier départ des bagnards pour les îles en 1939, une conférence typique Paris 1, on s’en rend peu compte mais on appartient toujours à une école historique, mais ô combien passionnante. Animée par un magistrat qui donnait à entendre un avis plus juridique, Claude Gauvard –ponte de l’histoire médiévale – a volé la vedette à tous, même si le professeur d’Antique un « jeune » historien très bon orateur, a pris nos cœurs à toutes en nous expliquant la procédure d’ostracisme. Je n’irai pas plus loin, si vous en avez envie je peux faire des articles, ou des fiches presque, beaucoup plus détaillés avec les notes que j’ai prises.

imag0427

J’ai choisi de faire un parcours très historique, en m’intéressant à plusieurs périodes et plusieurs aires mais toujours sur des thématiques en rapport avec ma formation, cependant j’ai longuement hésité à suivre des conférences plus en rapport avec mon blog. Le thème de cette année s’y prêtait en effet très bien : j’aurai pu axer ces deux journées sur le thème « voyage et récits de voyages », nombreuses étaient les conférences et les tables rondes sur le sujet.

Pour conclure, les RDV de Blois sont malheureusement victimes de leur succès, je ne m’attendais pas à voir autant de monde, l’organisation n’est pas toujours au top, c’est finalement assez fatiguant mais tellement intéressant. Tout le monde peut y trouver son bonheur tant les sujets de conférences sont variés et ne concernent pas uniquement les historiens, enfin même si j’ai trouvé que parfois beaucoup de connaissances devaient être préalablement acquises, pour la plupart des conférences les historiens prennent grand plaisir à vulgariser et rendre accessible à tous ce savoir, sans pour autant le réduire.

Le thème de l’année prochaine sera  les explorations et les découvertes, et je ne sais pas pour vous mais je compte bien m’y rendre à nouveau ! (Surtout que je n’ai même pas eu le temps de visiter le château)

 

voici les titres des ouvrages parus ou à paraître des auteurs que j’ai vus :

  • Jérusalem. Histoire d’une ville monde, Dir. V. Lemire, champs histoire, Flammarion, 2016
  • Histoire des émotions, A. Corbin, G. Vigarello, J-J. Courtine, éd. Seuil, 2016
  • Les Barbares, Dir. B. Dumézil, PUF, 2016

 

 

Les Dames de Canton. Histoire d’une arrivée en Chine

Après quatorze heures d’avion, une course dans l’aéroport de Pékin pour avoir la correspondance, et une longue attente à humer les effluves de nouilles lyophilisées dont se nourrissaient tous les chinois autour de moi – je ne savais pas encore que ça deviendrait également mon repas principal et que dans un mois je ne supporterais plus cette odeur – me voici à Canton. Bagage récupéré, je dois retrouver le ticket donné à l’entrée dans l’avion à Paris pour ressortir de l’aéroport…ce papier qu’on ne conserve jamais, surtout  après avoir passé tant de temps en l’air sans plus savoir l’heure qu’il est. Premier contact avec la Chine : l’administratif. Pas bon pour moi ça. J’ai finalement retrouvé ce fameux ticket, Jéromine m’attendant depuis déjà plusieurs heures aux arrivées. La première étape de cette aventure est réussie : nous nous sommes retrouvées.

canton4

Je mens. Ces images ne sont pas vraiment les premières images que je conserverais de Canton, elles ne sont que les images habituelles d’une arrivée dans un aéroport, partout les mêmes, sans rien qui permette de distinguer où on est arrivé, hormis cette chinoise qui me refuse la sortie. Ma vraie première bouffée de Canton c’est lorsqu’on s’est engouffrées dans une petite rue, bien différente de la grande avenue où nous avait menées le métro, une rue avec de gigantesques arbres qui nous gouttaient dessus.- avant-goût de la mousson à la chinoise.

canton6

C’est dans la nuit noire que nous avons trouvé notre hôtel. Toujours dans cette nuit noire, inhabituelle pour des occidentales chez qui le soleil se couche à 21h en cette période estivale, que nous sommes ressorties pressées de trouver un bon repas. Nous n’avons pas cédé à nos bas instincts qui nous conduisaient vers le McDo, le choix de la simplicité ; non il nous fallait rentrer de plain-pied dans la Chine éternelle avant de se plaire à explorer la Chine moderne et c’est assises sur des bancs dans la rue que nous avons testé nos premières prouesses avec les baguettes, et surtout nos premières rencontres avec les Chinois, la vraie découverte de ce voyage.

Ne sachant pas lire le moindre idéogramme nous avons choisi nos plats sur les photos, mais la dame qui nous a servies, nous autres uniques occidentales dans la rue que tout le monde regardait, cette dame a décidé de nous apprendre à manger son plat : une discussion de sourds où nul ne parle le langage de l’autre; la dame a fini par nous donner littéralement la becquée – rien de mieux pour apprendre. En quelques minutes nous y étions enfin : l’inconnu, l’incompris et l’aventure !

Une longue introduction pour vous présenter en quelques points ce que nous avons vu et aimé à Canton, porte d’entrée de la Chine pour nous – et pour tous les occidentaux qui nous ont précédés au XVIIIe siècle. Je n’avais rien lu, rien vu sur Canton, on s’est laissées guidées par le Lonely de façon un peu cahotante : voici le résultat.

canton

  • L’île de Shamian

Au sud de Guanghzou, vers le delta de la rivière des Perles – un bien beau nom pour cacher un fleuve boueux parmi les plus pollués du monde – se trouve une oasis de verdure, loin des grands immeubles de la mégalopole : l’île de Shamian. Ancienne concession britannique et française on y trouve des immeubles coloniaux typiques, colorés, entourés de grands arbres, réunis autour de charmants parcs. Tout y est très calme, loin de l’agitation de la ville. Seul signe qu’on est bien dans une grosse ville de plus en plus occidentale : le starbuck qui a trouvé refuge dans une très belle demeure appelant à la rêverie, à la paresse et au repos. Il faut dire qu’il fait plus que chaud à Canton : 35 degrés pour 90% d’humidité, nous sommes trempées au moindre mouvement. Nous suffoquons presque et je salue aujourd’hui notre courage d’avoir traversé la ville pour venir ici à pied.

wp_20160613_004

  • Parc de Yuexiu

Ici encore le choc fait du bien : une véritable forêt tropicale dans la ville. Il faut dire que nous venons de la gare centrale de Canton où nous sommes allées chercher nos premiers tickets de train : une expérience hors du commun. Des centaines, peut-être des milliers de Chinois font la queue dans cet immense hall de gare, une foule comme on n’en verra jamais en France ou en Navarre, et bien sûr au milieu il y a nous. Nous occidentales à la peau blanche, dont une arbore des yeux bleus et des cheveux blonds. Comment voulez-vous ne pas attirer le regard ?

canton7canton8

A Yuexiu on ne voit que le ciel plombé de nuages et la végétation luxuriante. Un lac. Des temples. Des chemins qui montent vers diverses collines. Aucun bruit, si ce n’est la voix sortant des hauts-parleurs qui répète la même chose en boucle. Depuis la colline on aperçoit le district financier qui nous rappelle que nous ne sommes pas en pleine jungle. Mais c’est surtout ici que nous connaissons notre première pluie tropicale. Elle s’abat à plusieurs reprises avec force, pourtant la chaleur ne diminue pas et l’humidité ne cesse d’augmenter.

  • Découvrir Guanghzou: des petites rues à Times square

Canton, ses rues, ses ruelles, ses commerces et ses commerçants qui dînent sur le trottoir. Ses trottoirs recouverts de carreaux fendillés par les racines des immenses arbres qui cherchent à sortir de terre,  leurs lianes laissant retomber par petites gouttes toute l’humidité accumulée ces derniers jours. Et  partout des hommes assis sur le bord de la route, dans leurs chariots ou à terre, et qui attendent, qui regardent la vie se dérouler. Une image qui nous verrons régulièrement dans toutes les villes, grandes ou petites. Et puis des vélos, des voitures et toute sortes d’autres véhicules qui sillonnent les rues. Des chinois qui ne font plus attention au charme particulier de ces grands immeubles grillagés avec leur décoration de clims. C’est à peu près ce que je m’imaginais de l’Asie, et c’est ce que j’ai adoré à Canton et ce pourquoi je souhaiterais y retourner.

canton9

Au détour d’une allée on se retrouve dans une rue piétonne, à un carrefour aux allures de Times square avec des magasins en enfilade, ouverts jusque tard dans la nuit. Les enseignes sont encore plus grandes qu’ailleurs et plus lumineuses. Canton regroupe tout ce qu’on pense connaître de la Chine et tout ce qu’on ne s’attend pas à découvrir. Je ne saurais finalement dire pourquoi j’ai tant aimé Canton, malgré la chaleur, la moiteur et la fatigue. Mais je conseille d’y aller, pour l’ambiance et pour comprendre la Chine. Arrivées ici on ne peut s’empêcher de penser à ce joli bar sur berge à Paris dont le nom évoque toute la nostalgie d’une Chine qu’on n’a jamais pu posséder, la beauté des ce pays exotique qui vous attire et vous intrigue. Bien loin de la foule et de la moiteur chinoise, aujourd’hui ce sont nous les dames de Canton.

p1030784

Chronique parisienne

Depuis quelque temps – quelques mois ? – je vois surgir sur les blogs des articles et des rubriques reprenant un peu toutes les inspirations ou les découvertes faites par lesdites blogueuses durant la semaine ou le mois. Je parle notamment du « Monday morning » de Mathilde ou du « heart, mind and soul » de Coline. Et moi j’adore ce genre d’article, je ressors de leur lecture avec moult nouvelles idées et surtout de nouvelles envies, et comme je passe mon temps à me dire en sortant du ciné ou d’un bon bouquin « j’en ferai un article » – mais bien sûr je ne trouve jamais le temps, ou l’envie- , j’ai pensé qu’une rubrique de ce genre pourrait être la bienvenue. N’ayant absolument aucune idée de nom je me contente de l’appeler « la nouvelle rubrique » mais en italien puisque c’est la langue que j’apprends en ce moment et que ça rend mieux à mes oreilles de française.

Depuis mon retour à Paris je tente de me ré-acclimater peu à peu à la capitale, ce n’est pas si facile après une année passée en Province: les montagnes et les forêts d’Alsace me manquent, le centre ville de Strasbourg où tout était proche aussi. Mais pour me rappeler que Paris est ma ville il y a un truc qui marche à tous les coups: recommencer à visiter, sortir, découvrir des choses. Je suis donc enfin allée prendre le thé avec des scones à l’Oisive thé – ce salon de thé/salon de tricot – qui se trouve pourtant à quelques stations de métro de chez moi, ce qui va me permettre d’y retourner très régulièrement!

J’ai aussi fait des achats et surtout beaucoup de lèche-vitrine: j’ai mis les pieds à l’appartement Sézane pour la première fois, je me suis rendue vendredi dernier à la boutique Les fleurs, lieu de perdition comme dirait mon amie Alice – elle a diablement raison, mais j’ai réussi à n’en sortir qu’avec un pot pour cactus. Enfin je suis tombée par hasard sur la boutique Jamini et j’ai salivé comme il se doit avant de prendre ma décision: je m’achèterai un coussin coûte que coûte pour meubler mon nouvel intérieur.

Pour ce qui est des découvertes culturelles j’ai eu le temps – chômage oblige – de lire, voir et visiter pas mal de trucs. Sans m’arrêter sur tout ce que j’ai pu faire – les rendez-vous de l’histoire de Blois le week-end dernier mériteront leur propre article, je vous le promets – je ne peux pas m’empêcher de vous parler un peu plus longuement de ce que j’ai adoré et que je vous recommande chaudement. C’est parti!

J’ai lu…

Peyton Place , de Grace Metallious

L’histoire d’une petite ville de la Nouvelle-Angleterre dans les années 50, on y suit trois principales protagonistes : Alison la jeune fille rêveuse et un peu solitaire, Constance sa mère qui doit vivre avec le difficile statut de mère-célibataire, la belle et intelligente Selena issue des quartiers pauvres en lutte contre son milieu. Peyton Place a été l’un des gros scandales littéraires des années 50 aux Etats-Unis, accusé d’être un roman pornographique et subversif: on aurait bien du mal aujourd’hui à comprendre comment on a pu trouver cet ouvrage ne serait-ce qu’érotique. Le roman met en scène la société des petites villes des Etats-Unis avec tous leurs non-dits, leurs secrets et leurs rancœurs. L’écriture de Grace Metallious est très agréable à lire et on rentre très rapidement dans l’histoire tour à tour écœurés puis touchés par les personnages, notamment par les personnages secondaires qui forgent toute l’ambiance de cette ville modeste d’Amérique.

C’est un grand classique américain et c’est très édifiant sur la société américaine. N’hésitez pas à lire la postface qui explique le scandale à la parution du roman.

L’amie prodigieuse, de Elena Ferrante

Malgré la place privilégiée que ce roman a occupé tout l’été sur les devantures des librairies, ce qui me fait généralement fuir, j’ai cédé à la tentation Elena Ferrante, en partie parce que j’allais à Naples et que je voulais me mettre dans le bain.

J’ai dévoré ce livre, et j’en ai fait de même avec le suivant « Le nouveau nom ». L’amie prodigieuse c’est une tétralogie qui suit la vie de Lena, la narratrice, et son amie Lila dans un quartier pauvre de Naples dans les années 50 – et oui encore. Cette grande amitié, perçue par les yeux de Lena, forge la trame de tout le roman mêlant jalousies, fascination, soutien, et beaucoup d’autres aspects d’une amitié aussi passionnée que complexe. Je me suis parfaitement reconnue dans le rôle de Lena, jeune fille médiocre qui se voit comme vivant sans cesse dans l’ombre de sa prodigieuse amie Lila, et prodigieuse elle l’est effectivement, c’est ce qui la rend si agaçante et attachante à la fois. En parallèle de cette histoire d’amitié se dresse un tableau de Naples et de l’Italie du Sud du milieu du siècle passé, où la Camorra et l’origine sociale conditionnent fortement l’existence de ces jeunes gens.

Je ne l’ai pas lu en italien, j’aimerais, mais la traduction est très bonne, on arrive à comprendre notamment toute l’importance que révèle le fait de parler en italien ou en dialecte à une époque où la langue distingue, plus clairement encore qu’aujourd’hui, le niveau social et culturel d’un individu. Pour conclure : je n’ai arrêté de lire que quand j’ai fini de tourner la dernière page !


J’ai visité…

Le musée de la vie romantique

Petite sortie dans Paris, le but initiale était d’aller prendre un thé au Musée de la Vie Romantique, finalement comme il était trop tôt pour le thé, on s’est contenté de visiter ce joli musée improbable. Une belle maison de campagne en plein Paris, des souvenirs de la famille de George Sand, des salons XIXe reconstitués ET un super salon de thé en jardin ou sous verrière. Un musée simple comme je les aime.  Et en prime j’y ai croisé Daniel Guerrero, l’ancien rugbyman!

La nuit Blanche à Paris

Je n’étais jamais allée à la Nuit Blanche et… je n’ai pas été vraiment convaincue. J’avoue que je ne suis pas une fan de l’art contemporain, il faut toujours expliquer ce que l’auteur a voulu dire ou montrer, et s’il y a parfois de bonnes idées j’accroche peu. Mais alors quand le sujet est aussi connu que « Les amours de polyphiles », célèbre poème du XVe siècle – je ne rigole pas c’était le thème choisi pour la nuit blanche de Paris – je lâche carrément, et je me demande bien à quel moment l’organisateur a pu penser que ça convenait à un événement visant la démocratisation de la culture. Malgré des œuvres plutôt peu intéressantes, voire ratées, j’ai bien aimé l’idée de se promener de nuit dans Paris et de suivre un parcours pour y voir des œuvres ou des installations.

Idée pour ceux qui voudraient y assister l’an prochain : prendre les bateaux mouches, gratuits ce soir-là, qui remontent la Seine. C’est là où se situent la plupart des installations, c’est donc un bon moyen de faire une croisière gratuite en voyant le plus d’œuvres possibles.


J’ai vu…

Je viens de commencer la deuxième saison de Gomorra, la fameuse série italienne issue du roman de Saviano sur la Camorra, et dont Saviano est d’ailleurs le scénariste. C’est toujours aussi bien, toujours aussi poignant. La réalisation est vraiment excellente, la musique super et j’aime beaucoup voir une série qui n’est pas en anglais, c’est rare et ça permet de découvrir une autre langue – le napolitain. Pour ce qui est du scénario et des personnages, ils sont toujours très bien travaillés, profonds, et même si on a du mal à apprécier véritablement les « héros » on s’y attache. L’ambiance très dure, et la réalité qui se cache derrière cette semi-fiction provoque généralement une petite nausée à la fin de chaque épisode – mais on veut savoir la suite !

Toujours à propos de Gomorra, je viens de lire un article des Inrocks sur le quartier de Scampi qui nuance un peu mon engouement pour la série: effectivement je me suis demandée comment les réalisateurs avaient pu tourner dans ce quartier difficile de Scampi, réputé comme l’un de plus dangereux d’Europe, et quels sont les impacts de la série sur ces quartiers défavorisés. Pas de réponse mais l’article est très intéressant alors hop un petit lien ici: Scampia et Gomorra

o-gomorra-facebook

Petit précis de chinoiseries

Je m’y mets enfin, ça y est : mon premier article sur la Chine, ce gros morceau qui risque de m’occuper quelque temps sur le blog ! Il y a quatre mois je prenais mon premier vol TRES long courrier seule, en direction de Pékin, puis de Canton où je devais retrouver Jéromine du blog l’archivoyageuse. On partait pour un mois, un mois en sac à dos avec un itinéraire à peu près prévu – bien obligées pour obtenir le Visa – mais avec de gros moments de flou. On s’était organisé un grand tour de Chine et avec le recul je vois bien qu’on n’avait pas du tout compris combien la Chine est vaste, et combien il y a de choses à voir. Au début du séjour j’ai cru que j’allais accomplir un vrai voyage d’écrivain-voyageur, prête à faire un récit détaillé et objectif de mes découvertes, un véritable mémoire anthropologique de la Chine moderne.

Comme de bien entendu, je n’ai pas écrit grand-chose, juste assez pour vous évoquer pêle-mêle les quelques détails qui m’ont étonnée, voire fascinée dans ce voyage passionnant.

p1040115p1040529

  • Etre femme en Chine 

Etant nous-même de sexe féminin nous avons rencontré nombre de nos pairs que ce soit dans les auberges – chambres pour filles -, dans les trains, dans les rues, dans les lieux touristiques et on a pu noter des points importants – à ne pas généraliser bien sûr – concernant la femme en Chine.

  • LA mode chinoise c’est un peu la mode de la jeune fille sage mais coquette. Des fanfreluches, de la dentelle, des robes bouffantes dans les tons pastel, des petites fleurs partout. Timides, réservées et somme toutes un peu niaises, les chinoises nous ont paru charmantes malgré leurs minauderies. Quand elles nous parlaient, elles ne pouvaient pas s’empêcher de pouffer bêtement à chaque phrase en s’excusant de leur faible niveau d’anglais,  pourtant  meilleur que celui de bien des français. Le look jeune fille en fleurs on s’y est très vite adaptées et au bout d’une semaine toutes ces jolies robes me semblaient le « must have » de ma nouvelle garde-robe. On s’adapte vite au goût des autres, mais pas à leurs manières.
  • Après quarante ans la femme chinoise change radicalement de style pour adopter un look que nous connaissons bien mais que nous ne nous attendions pas à retrouver de façon si banale en Chine : celui des prostituées chinoises de Belleville. Jupes moulantes, collants ET chaussures à talons. D’où vient ce mauvais goût soudain ? Impossible de le dire mais c’était une véritable mode.
  • Un style en toutes circonstances: dans le métro ou dans une randonnée à travers  les rizières IL FAUT garder ses chaussures à talon et ses beaux vêtements. Alors que nous étions, suantes, vêtues de Quechua – même pas dernier cri – à grimpouiller dans les rizières, l’amusement et l’incompréhension se mêlaient en regardant les vêtements de ville impeccables de nos homologues chinoises.
p1030911
Cette tenue de randonneuse n’est pas la norme ici. Où sont nos talons et nos robes d’été?

p1030905

 Etre homme en Chine :

  • Porter les sacs des filles : les couples sont nombreux en Chine, on en voit partout, enfin surtout en ville, et on a noté un élément singulier : les hommes portent toujours le sac à main des filles, peu importe qu’il s’agisse d’un sac à dos rose à paillettes ou d’un banal sac en cuir, ou plus classiques des sacs de cartes, c’est l’homme qui porte.
  • L’homme fume. Jamais la femme
  • Il est commun que les hommes remontent leurs t-shirt jusqu’à la poitrine. On en trouve partout en ville.
  • Les hommes n’hésitent pas à nous prendre en photo sans notre consentement, quitte à faire comme s’ils prenaient un selfie. Les filles ont plus tendance à nous le demander. Mais nous sommes régulièrement la cible de photos prises avec des gens qu’on ne connait pas et à qui on ne parle même pas.
p1030801
Canton – aux abords du métro
img-20160622-wa0011
Nous ne connaissons pas ces gens

La rue

  • Ici tout le monde roule en scooter, il y a des voies réservées et c’est un vrai spectacle que de voir les scoots démarrer de concert lorsque le feu rouge passe au vert sur les grandes avenues. Prévoyants, il vaut mieux à la saison des pluies, la plupart ont une ombrelle ou un parapluie intégré, d’autres n’ont qu’une housse imperméable qui couvre le scooter et le passager.
  • La ceinture de sécurité n’est jamais obligatoire, il n’y avait que nous pour la mettre.
  • Pour conduire les chaussées droite et gauche de la route sont rarement séparées. Pour passer, l’astuce c’est de klaxonner plus fort que les autres.
  • D’ailleurs les hommes utilisent bien plus le klaxon que les femmes, en toute situation, simplement pour faire savoir qu’ils existent.
  • La rue est occupée toute la journée : par des échoppes, par des jeunes qui discutent, par des vieux qui jouent aux cartes ou au majong. On retrouve des cartes un peu partout dans les rues.
  • Les gens aiment flâner et rester à ne rien faire. Qu’on soit à Canton ou dans une petite ville de province, beaucoup sont assis sur les trottoirs ou devant leur magasin et regardent la vie se dérouler.

p1040014

p1030950
Millième repas de nouilles au goût poulet

Et encore :

  • Les bébés ne portent pas de couches : leurs bodys sont ouverts devant et derrière. Dans le train que nous avons pris pour Kunming, la jeune maman à nos côtés faisait faire son bébé par terre avant de nettoyer.
  • Il existe ici beaucoup de métiers qui ne serviraient à rien en France : héler le bus, regarder passer le train, etc… bon nombre de Chinois semblent paresser alors qu’ils effectuent un travail au nom de l’Etat. Un moyen pour que chaque citoyen chinois se sente utile ?
  • Les chinois sont en forme, et ils font du sport. Tous les soirs vous avez le choix entre gymnastique en promenade – des couples se baladent et s’arrêtent de temps à autre pour faire des étirements -, ou danse: sur chaque grande place des chorégraphies sont organisées. On en a testé plusieurs, si seulement on pouvait importer ça en France, ça coûte tout de même moins qu’un abonnement en salle de sport.
  • Très ingénieux, dans tous les trains vous trouverez de l’eau bouillante pour boire votre thé ou manger des nouilles chinoises. Ce qui permet de se sustenter durant les longs trajets.
p1040506
Membres de l’ethnie Naxi qui participent aux danses sur la place de Lijiang

p1040616p1030755

Je n’ai cessé durant un mois d’observer avec étonnement la vie qui se déroulait sous mes yeux. Qu’il s’agisse de la campagne, des petites villes ou des mégalopoles, on s’aperçoit qu’on ne connait rien sur la Chine et si beaucoup de clichés s’avèrent vrais, la Chine c’est beaucoup plus que ça. Dans mon carnet de notes le mot qui revient le plus souvent est sans doute « passionnant » : l’histoiredu pays, son fonctionnement, et surtout les Chinois eux-mêmes à la fois insupportables et adorables, tout est une découverte ici. La Chine ne m’avait jamais attirée, l’occasion se présentant j’y suis allée et je suis déjà en train d’imaginer mon prochain voyage tant ça m’a plu. J’aurais encore des dizaines de petites remarques à faire sur ce pays mais je préfère m’y attarder dans des prochains articles avec moult photos et récits de voyage…

Naples, ça passe ou ça casse.

Seconde étape de ces vacances à rebours : l’Italie. Avant de m’envoler pour Marseille en août dernier j’ai passé quelques jours dans une autre ville « mal famée » de la Méditerranée : l’inquiétante et  sauvage Naples. On dit beaucoup de choses sur Naples, et surtout on dit tout et son contraire : on dit qu’il faut voir Naples avant de mourir, on dit qu’il faut faire très très attention à ses affaires et si possible tout laisser à l’hôtel, on dit que la ville est sale et dangereuse, on dit qu’elle est encore plus rayonnante que Rome, on la dit chaleureuse et funèbre. On m’a surtout dit que Naples, ça passe ou ça casse. Et devinez quoi : pour moi Naples ça s’est très bien passé ! Et j’oserais même dire que j’ai peut-être préféré la vieille Neapolis à sa rivale romaine.

A l’heure où je vous écris, j’écoute du bon rap napolitain découvert dans la série Gomorra – bien sympa soit dit en passant – qui donne à mon italien tout récent un bon accent du sud que je devrai corriger au plus vite. En regardant Gomorra je devine bien que la Naples que j’ai vu n’est pas la Naples de ses habitants : j’ai peu quitté le quartier historique et je n’ai donc pas du tout ressenti l’insécurité ou la présence de la mafia. Malgré tout j’ai eu un peu du mal à apprécier la ville les premières heures, notamment à cause de la tonne de recommandations de sécurité que j’avais reçue en y allant. Pour faire simple : je regardais tout le monde d’un œil suspicieux, n’osant pratiquement pas sortir mon appareil photo de peur d’un vol à l’arraché. Je ne dis pas qu’il n’y a aucun risque, mais une fois qu’on oublie un peu cette peur, Naples devient bien plus agréable car le quartier central n’est pas plus dangereux que celui de n’importe quelle grande ville européenne.

Qu’ai-je bien pu faire durant ces trois petites journées napolitaines ? Que puis-je vous conseiller ? Et pourquoi j’ai aimé Naples ? Pour commencer : je n’ai pas fait grand-chose. Comme pour Marseille j’ai profité de Naples  calmement sans courir partout, parce que je me dis bien que rien ne sert de courir, il faut y revenir bien plus d’une fois, et j’ose espérer que j’en aurai l’occasion. Mon premier conseil est donc : si vous allez à Naples en été, faites-vous à la vie à l’Italienne et ne sortez pas entre midi et 17h. Il fait trop chaud, et c’est très agréable de faire une sieste climatisée en pleine journée. Bien entendu ça diminue la journée mais ça donne bien meilleure humeur. Une fois ce principe acquis, deuxième conseil : trouvez un logement dans le centre historique. Notre chambre se situait rue Nilo, à proximité d’à peu près tout.

P1050093

P1040971P1040973

  • Naples: le centre historique

Je n’avais pas envie de piétiner dans un musée, pas envie de visiter les  dix mille églises de la ville, j’avais surtout envie de me promener dans les rues, de voir le linge flotter aux fenêtres, de zigzaguer entre les scooters qui transportent dans le plus joyeux bordel trois passagers, sans casque, bien évidemment, ET de m’empiffrer de pizza – attention ça se dit piTSa ici – matin, midi et soir, ce que j’ai fait. Le centre qui s’étend de la Via Toledo à la Via Duomo est tout à fait propice à ce type de balade. Pour me donner tout de même un but entre deux parts de pizzas j’ai  visité plusieurs monuments : le cloître de Santa Chiara, l’église du Nouveau Jésus  -l’ancien ne suffisait plus apparemment-, et le Naples souterrain.

IMG-20160810-WA0009

La plupart des églises de Naples sont payantes, j’ai donc préféré n’en faire qu’une, et celle que je voulais absolument voir c’était Santa Chiara et son superbe cloître en majoliques. Pour qui est allé au Portugal ça n’a rien d’exceptionnel, mais je n’avais encore jamais vu un aussi joli cloître de mosaïques peintes. L’église du Nouveau Jésus m’a beaucoup moins plu: du très sobre italien avec des dimensions impressionnantes, du marbre et des dorures, et bien évidemment un GROS portrait de Padre Pio, comme dans toutes les églises du Sud, et tous les portefeuilles des Napolitains.

P1040980P1040990

P1040995

Enfin Naples souterraine est un très bon plan si vous voulez tout de même sortir en pleine journée : la vieille ville de Naples construite par les Grecs se trouve à quelques 40 mètres sous le niveau de la Naples actuelle. Un guide – français si vous le souhaitez – vous emmène découvrir les citernes édifiées sous les Grecs, les Romains puis les Espagnols avec moult anecdotes sur l’histoire de la ville. C’est frais, il ne faut pas être trop claustrophobe, bien que les passages les plus étroits soient facultatifs, c’est très intéressant, et j’ai eu beau être un peu réticente au départ, trouvant la visite trop touristique – toujours cette volonté de ne pas être touriste quand on l’est – j’ai beaucoup apprécié cette visite que je recommande chaudement.

P1040977

  • Autres quartiers de Naples: quartier Espagnol et Lungomare

Le soir, quand la fraicheur revient un peu, et que la lumière se fait belle, j’ai imposé à mon Italien la visite de deux autres quartiers de Naples, qui ont fait fonctionner les gambettes. Indispensable mais à éviter trop tard dans la soirée – ce que disent les guides-  : le quartier espagnol. Construit lors de l’arrivée des espagnols, Naples appartenant alors à la Castille, pour y héberger les soldats fraîchement arrivés, c’est un des plus vieux quartiers de Naples.

Les rues sont minuscules, le soleil ne peut pas y passer, et c’est un véritable dédale de rues en damier. Ici j’ai évité de sortir mon appareil photo : d’une part parce qu’on sent que le quartier est moins sûr, d’autre part parce qu’on peut saisir la vie privée des Napolitains à chaque coin de rue et que je ne me sentais pas de voler ces petits instants du quotidien. Le soir les dames sortent les chaises, voire les chaises longues dans les rues, les vieilles dames font descendre de leur balcon un seau pour que les commerçants les remplissent de ce qu’elles ont acheté – une sorte de poulie qui évite de descendre -, les gamins de dix ans roulent sur leur scooter pour aller dealer sur la place.

J’y ai senti un peu le cœur, l’âme de la Naples que l’on nous décrit, sans qu’elle soit aussi sale que dans Gomorra. Le quartier espagnol est dans le centre, spécialité des villes du sud, le centre demeure le quartier des pauvres, le quartier presque insalubre. Juste à côté s’étend la via Toledo, rue piétonne pleine de grandes enseignes, qui rappelle qu’on n’a pas grand-chose à craindre ici. Cette petite visite m’a donné la sensation d’entrer un peu dans le vif du roman d’Elena Ferrante, “l’amie prodigieuse”, censé se dérouler dans les quartiers pauvres de Naples. Bref, j’ai adoré.

P1050055

P1040975

En redescendant la via Toledo,  nous arrivons sur Castel Nuovo – Naples possède trois châteaux, je n’en ai visité aucun, ce sera pour une prochaine fois. A droite du Castel vous arrivez sur le Lungomare, le front de mer, là d’où on voit le mieux le Vésuve qui se couche sous cette lumière rose. Nous ne nous sommes pas aventurés vers le quartier de Chiaia, le quartier huppé, car mes pieds n’en pouvaient plus et que la nuit tombait.Nous nous sommes contentés de nous poser quelques minutes sur une petites crique où étaient amarrées quelques barques et où certains plongeaient. Et là, on était bien, on était à Naples, sous l’ombre menaçante du Vésuve et on s’est dit qu’on pourrait y rester très longtemps.

P1050078P1050074P1050073

  • Procida: la belle découverte

Je tenais absolument à me rendre sur une des îles du golfe de Naples : Capri, Ischia ou Procida. Capri est bien sur la plus connue, Ischia est celle qui doit abriter le plus de maisons de footballeurs italiens et…Procida est la plus petite mais aussi la plus près, et la moins chère. J’avais choisi Procida parce que justement elle était petite et qu’on pourrait en faire à peu près le tour et en profiter en quelques heures. On a pris nos billets la veille, au port principal, et on est partis à 10h, pour une heure de trajet et quand on est arrivés, quel bonheur!

P1050152

P1050179P1050171

Le petit port, les maisons de toutes les couleurs et tout en haut un petit bourg médiéval avec un vieux castel qui nous offre une vue superbe sur le plus beau village de l’île : la photo carte postale. Autre intérêt, Procida est un peu délaissée des touristes puisque moins connue, elle ressemble encore à un village de pêcheurs, qui vit du tourisme, mais d’un tourisme plus local – souvent c’est le lieu de villégiature de week-end des Napolitains – ou alors de Français et de Québécois, parce qu’on est partout. La pizza est plus chère qu’à Naples mais toujours très correcte et on peut se baigner un peu à l’écart du port, dans une eau transparente, à deux brassées de bateaux. Çà m’a rappelé les îles grecques à deux pas de Naples. Un gros crush, vous l’aurez compris.  Pour le coup les photos seront un meilleur témoignage et vous convaincront sûrement mieux qu’il faut visiter Procida.

P1050140P1050122P1050184

P1050191

Pour finir ce long article sur ma nouvelle ville préférée d’Italie je tiens à préciser que les pizzas dont j’ai déjà parlées n’y sont pas pour rien : une simple margherita, la seule, la vraie pizza, avec une mozzarella di buffala vous apprendra que vous n’avez jamais mangé de pizza de votre vie. Elles sont excellentes, et ne coûtent rien du tout. Ça fait très mal quand on revient en France ensuite, j’ai  du mal à remanger des pizza d’ici depuis cette découverte culinaire hors du commun.

P.S : je vous poste des photos de notre logement qui valait le coup. Via Nilo, 40€ par nuit/ personne mais avec un appart vide et une terrasse avec vue sur le Vésuve, le tout dans un vieil hôtel napolitain avec des plafonds à 4 mètres de haut, et des arcades pour les escaliers, bien caché derrière une porte cochère dans les petites rues sombres du Naples historique.