Sissi & Cie – Les incontournables de Vienne

Quand on parle de Vienne on entend la valse, Schubert, Mozart, on voit les calèches et les belles robes à crinolines qui se pressent sur le chemin de l’Opéra et du Hofburg. On s’imagine l’immense Empire qui va du monde Ottoman à la France. Bref Vienne c’est avant tout la capitale de l’Empire austro-hongrois  et la ville de Sissi, il était donc impensable que je ne vous parle pas de la Vienne impériale et de ses incontournables.

  • Schönbrunn

Le château 

En allant à Vienne il n’y avait qu’une chose que je connaissais : Schönbrunn, le palais de Sissi. Hélas j’ai eu quelques déconvenues en visitant le Versailles autrichien : premièrement quand on connait Versailles on ne peut manquer de voir que…c’est tout de même moins Wouao, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. Plusieurs formules sont offertes pour visiter le château et ses jardins, vous avez notamment le choix entre le grand tour de 22 salles et le tour impérial de 41 salles.

Craintifs on a préféré prendre le tour de 22 salles, imaginant qu’on allait être bien vite fatigués, 22 salles ça parait déjà énorme ; sauf que les pièces de Schönbrunn ne font pas la taille des pièces de nos châteaux français. Schönbrunn est certes un château impérial mais c’est aussi un château familial où se retrouvait l’Empereur pour échapper un peu au vacarme de Vienne, tout ça donne une ambiance assez cosy et un goût de trop peu quand on achève la visite « courte ». Même s’il y a du monde, il est possible de visiter le château agréablement, je n’ai vu aucun rassemblement en troupeau, le trafic est fluide, les informations pas trop nombreuses mais suffisantes.

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Bref, Schönbrunn est une visite qui ne ressemble pas à ce que j’en attendais mais qui m’a beaucoup plu, en partie parce qu’elle permet de se rendre compte du mode de vie d’un Empereur au XIXe siècle. MAIS seconde déconvenue : j’apprends alors que Sissi ne vivait presque pas dans ce château, à vrai dire elle ne vivait presque pas à Vienne ET pire que tout, elle n’aimait même pas vraiment son mari. Alors quoi ? Depuis toutes ces années on nous ment ? Le château de Sissi n’est en fait pas du tout son château ? Cruelle déception dont je ne me remets pas.

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 Le parc

Ce que j’ai préféré à Schönbrunn c’est probablement son parc. En Automne et en hiver je pense qu’il vaut encore plus la balade : pour le côté romantique ou pour les couleurs chaudes des arbres. On a passé une bonne après-midi à se promener. Même si je n’aime pas spécialement les jardins à la française, celui-ci m’a plu, et j’ai surtout aimé toutes les visites qu’il y a à faire dans le parc. Comme tout était payant on a laissé de côté le zoo, le labyrinthe, et nous nous sommes contentés d’aller aux serres impériales du parc. J’ai déjà écrit plusieurs articles sur les serres botaniques qui sont une de mes visites préférées, alors je me devais de visiter celles de Schönbrunn.

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J’aime les serres tropicales pour leur architecture de fer, pour leur ambiance «Je pars faire une expédition dans les forêts d’Afrique », j’ai l’impression d’être vraiment de retour au XIXème siècle, même si la colonisation n’’était pas une bonne chose, , cette découverte de la faune et de la flore des pays lointains et exotiques ça me fait toujours de l’effet. En plus il fait chaud dans des serres tropicales, donc c’est idéal pour un temps d’automne et d’hiver. N’étant pas Crésus on s’est contenté de la palmeraie en négligeant la serre aux cactus et autres espèces du désert. Ce n’était pas vraiment la période où les fleurs sont écloses et où mille couleurs viennent vous chatouiller les pupilles, mais les camaïeux de vert m’ont suffi pour m’imaginer en Jane bravant tous les dangers de la jungle.

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  • Le centre de Vienne 

De la cathédrale au Hofburg, d’un café viennois à un autre, on traverse forcément à plusieurs reprises le centre de Vienne dont la vie est encore rythmée par les sabots des calèches qui ne transportent plus les aristocrates mais les touristes. Aucune véritable recommandation à vous faire : le mieux est encore de se laisser guider par son instinct et ses envies, de lever la tête pour apercevoir les palais, de ne pas hésiter à se rendre dans les cafés pour percevoir la grandeur de la Vienne d’antan.

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Une visite que je recommande cependant, surtout si vous avez des enfants : le musée de la musique. A défaut de pouvoir aller à l’Opéra nous avons essayé de comprendre ce qu’est la musique et ce qu’est le bruit. L’avantage de ce musée c’est qu’il est à moitié prix de 20h à 22h, et il est assez original et instructif pour que tout le monde l’apprécie : partant des sons qu’entend le bébé dans le ventre de sa mère, à la création artistique des grands compositeurs viennois, on apprend beaucoup sur la conception du bruit et de la musique.

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  • Le parc d’attraction du Prater

Troisième jour à Vienne, après le centre et Schönbrünn on décide de se la couler douce en se rendant « hors des sentiers battus » au nord de la ville : au parc du Prater. Je n’en avais jamais entendu parler et ce fut donc une super découverte. Le Prater c’est d’abord un parc, celui dans lequel Sissi aimait à se promener à cheval quand elle résidait à Vienne et qui est depuis 1964 interdit aux voitures. On y croise des gens qui font du jogging et des chevaux, toujours; mais c’est aussi un parc d’attraction ou fut construit en 1894 la grande roue, emblème de Vienne, cette grande roue qui fonctionne toujours aujourd’hui, avec ses vieilles cabines qui font un peu peur.

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Comme une fête foraine permanente de nombreuses attractions s’organisent autour de la grande roue : moult maisons hantées, des montagnes russes, notamment les montagnes russes en bois les plus vieilles d’Europe– d’après le guide -, des jeux d’eaux et les habituels de toute fête foraine (auto-tamponneuses, marchands de glaces, etc.). Le côté suranné du parc et le super beergarten d’habitués qu’on a trouvé pour manger le midi ont achevé de me convaincre que cette visite méritait qu’on en parle.

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Chine – Echappée dans le Guangxi

Passer par le Guangxi n’est pas la route la plus rapide pour se rendre au Yunnan, province qui constituait le cœur de notre voyage, nous savions que, si les trois heures à bord d’un TGV ultra moderne pour rejoindre Guilin seraient « easy », le trajet qui allait nous conduire dans le Yunnan par la suite serait notre première vraie rencontre avec la Chine (Aka, 20h de train sur des couchettes « dures » dont je reparlerai). Alors pourquoi passer 4 jours dans le Guangxi ? Pour la bonne et simple raison qu’il se trouve dans cette province deux des plus beaux paysages que possède la Chine : les rizières de Longji ET les fabuleux pics karstiques de Yangshuo.

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  • Guilin

On a donc posé nos valises pour quatre jours à Guilin, ville agréable où il n’y a pas grand-chose à faire mais idéalement placée pour visiter toute la région. Ce qu’on a aimé à Guilin c’était d’abord l’auberge de jeunesse dont on a fait notre maison : globalement en Chine toutes les auberges sont sympas mais celle-ci avec son gros canapé rouge nous a particulièrement conquises.

Même si l’intérêt de Guilin réside en son emplacement il y a tout de même de quoi faire quelques balades et visites pas loin de la ville : nous nous sommes contentées d’aller faire les tour des lacs – avec vue sur les pics karstiques – et surtout avec deux pagodes qui donnent un charme bien chinois à l’ensemble. Pour ceux qui souhaiteraient faire plus de choses – mais je rappelle que toute visite en Chine coûte cher – beaucoup nous ont conseillé la grotte de la flûte de roseau dans les environs de Guilin ; ou encore la colline en trompe d’éléphant et le musée de l’héritage des princes Jingjiang dans Guilin même.

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  • Yangshuo

Impossible de ne pas connaître les fameux pains de sucre de Yangshuo, ce paysage terrestre qui ressemble à quelque chose près à la baie d’Halong au Vietnam. Impossible de ne pas les avoir déjà vus puisque c’est ce paysage qui figure le plus souvent sur les estampes chinoises, et que l’on trouve sur les billets de 20 yuans.

On aperçoit déjà les pics depuis le train qui nous emmène à Guilin, mais c’est en prenant un bus depuis Guilin pour aller à Yangshuo qu’on peut vraiment se balader dans cette superbe région. Malheureusement nous n’avons pas pu apprécier Yangshuo à sa juste valeur : le bus nous dépose en plein milieu d’une ville-musée, ultra touristique, remplie de boutiques pour touristes … au bout il y a la rivière Li, et une vue splendide, bien que voilée sur les fameux pains de sucre.

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C’est beau, certes…mais il fait aussi très chaud : on retrouve les 38 degrés de Canton, on sue comme pas possible, on étouffe. Et tout ce monde, c’est insupportable ! Nous n’avons qu’une après-midi pour profiter du lieu alors nous louons un vélo – trop peur de louer un scooter – mais sans véritable plan on n’ose  aller bien loin. Notre erreur ? Avoir pensé que Yangshuo se visitait vite et ressemblait à un lieu magique et paisible. Magique il l’est, mais paisible pas du tout.

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Mon conseil : Yangshuo vaut sans nul doute le détour, mais pour s’imprégner véritablement du lieu la meilleure chose à faire et de prendre un taxi pour dormir quelques jours dans un village aux alentours de la ville, si possible plutôt vers la rivière Yulong. De là vous pourrez emprunter vélo ou scooter, ou bien remonter la rivière en radeau…si vous n’y êtes pas durant la saison des pluies qui rend impossible la navigation sur Li et Yulong.

A éviter : la saison des pluies. C’est ce jour- là que nous avons compris ce que pouvait vouloir dire « saison des pluies », après avoir été  trempées en quelques minutes plusieurs fois dans la journée, comme si on nous balançait des seaux d’eau sans pour autant en  être rafraîchies.

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Pour se rendre à Yangshuo : depuis la gare ferroviaire de Guilin on trouve des compagnies touristiques qui vous y emmènent pour 45/50 yuans MAIS au retour nous nous sommes contentées d’arrêter un bus en lui demandant s’il allait à Guilin, et on en a eu pour 25 yuans. ASTUCE : demandez à tous les bus que vous croisez, vous devriez tomber sur le bon bus ce qui vous évitera de payer le fameux prix « des touristes ».

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  • Rizières de Longji (prononcer long-zi)

Après le semi-échec de Yanghsuo, pour être sûres de ne pas rater notre escapade dans les rizières on s’inscrit pour une sortie organisée par l’auberge. On a vite compris que les distances étaient si grandes, et les guides si peu précis, qu’on ne peut pas tout organiser seules et ça vaut le coup de se laisser transporter en payant un peu plus cher pour éviter les galères. Nous voici donc dans le bus prêtes à apercevoir dans moins de trois heures nos premières rizières chinoises ! Le cœur  bat, on a hâte d’en avoir plein les yeux et…on n’est pas déçues.

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Première étape : le village Yao. Les femmes de l’ethnie du même nom qui sont censées ne couper qu’une fois leurs cheveux au moment du mariage nous font un spectacle, de toute évidence un spectacle pour touristes. Le plus intéressant est peut-être d’observer le comportement et les réactions des touristes chinois Han. Puis vient le moment de manger : nous voici attablées avec six autres personnes,  des Malais et deux Français, Loïc et Magalie, qui font une pause durant leur internat de médecine. C’est l’occasion ou jamais de discuter avec les gens et surtout de goûter toutes sortes  de plats qu’on n’aurait jamais commandé de nous-mêmes au restaurant. On découvre qu’on ADORE le riz/tomates/œuf, un plat qu’on trouve partout, mais aussi les patates caramélisées, les aubergines grillées, etc… Le repas est sans-doute l’un des meilleurs côtés de ces sorties organisées, qu’on renouvellera pour aller voir la grande-Muraille.

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Enfin arrive le moment de se rendre aux terrasses. Les terrasses de Longji ne sont pas les plus grandes d’Asie, et peut-être pas les plus belles, mais elles font partie des plus hautes. Le dénivelé entre les premières terrasses et celles se trouvant au sommet est assez important ce qui les rend particulièrement impressionnantes et photogéniques. Nous avons aussi eu la chance de venir à une période où le riz était bien vert et l’eau miroitait encore à la surface des rizières.

Pour y monter deux choix s’offraient à nous : le téléphérique, moyen de locomotion favori des Chinois, et nos pieds. Accompagnées de Loïc et Magalie nous choisissons évidemment de monter par nos propres moyens, surtout que la rando ne fait que 50 minutes, même si ce sont 50 minutes pendant lesquelles on ne cesse de monter. Nous voici donc seuls au milieu des rizières, on croise des Chinois qui y travaillent encore, des femmes de l’ethnie Yao qui tissent. Le chemin est très bien indiqué et vaut vraiment le coup. Les photos vous permettront de juger…

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Conseil : la sortie nous a coûté 350 yuans, pour sept heures de trajet (aller et retour), un spectacle touristique dont on aurait pu se passer, et un repas. La formule qui se contentait de nous emmener aux rizières aurait probablement suffit, elle coûtait un peu moins cher. Vous trouverez ces excursions proposées dans toutes les auberges de Guilin, c’est à mon avis la meilleure façon de se rendre dans cet endroit difficilement accessible – c’est en effet à assez haute altitude, il faut supporter les lacets de montagne.

Les pics karstiques puis les rizières, aucun doute nous sommes bien en Chine, et maintenant qu’on s’est un peu accoutumées aux façons de faire du pays nous allons vivre notre première grande expérience chinoise : les vingt heures de train qui nous mèneront au Yunnan,  cœur de notre voyage.

Vienne – Parcours sécession viennoise

Aujourd’hui nouvel article sur Vienne et je vous propose une vision de la ville un peu hors des sentiers battus. Je dis bien « un peu » puisqu’en fait il s’agit de visites que l’on trouve dans tous les guides de voyage mais qui font rarement parti du « must do ».  Vous l’aurez compris depuis quelque temps, j’apprécie de plus en plus l’architecture, en particulier l’architecture que j’ai déjà étudiée lors de mes cours d’histoire de l’art, et c’est donc évident pour moi de réserver presque une journée à un parcours archi quand je suis dans une ville connue pour ça : malheureusement à Vienne les bâtiment intéressants sont dispatchés, je n’ai pas pu tous les voir, et il vaut mieux les intégrer dans d’autres balades et en voir un peu tous les jours. Peu importe je vous donne ici un aperçu de où voir la Sécession Viennoise à Vienne.

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Vous avez tous entendu parler de Klimt et de son baiser, l’un des tableaux les plus célèbres du monde, d’autant plus célèbre que vous avez dû voir traîner ces derniers temps sur facebook la pub de booking.com où un jeune homme invite sa copine à Vienne pour voir ce fameux baiser. Klimt c’est le symbole de ce courant artistique du début du XXe siècle qu’on a appelé « Sécession viennoise » et qui emprunte un peu à l’Art Nouveau et évoque les courants plus épurés qui se développeront par la suite. Cette sécession viennoise dont les membres les plus connus sont des peintres : Egon Schiele et ses corps décharnés ou encore Oskar Kokoshka, s’est également exprimée dans l’architecture si foisonnante en ce début de siècle, et dont les figures les plus emblématiques restent les architectes Adolph Loos et Otto Wagner. Et c’est essentiellement autour des œuvres de ces deux derniers que s’articule ma balade, alors en route !

  • Karlspatz : Un manifeste de la Sécession viennoise

Un peu d’histoire 

C’est en 1897 que naît le mouvement de la Sécession viennoise, rassemblant des architectes et plasticiens autour d’une revue papier qui expose pour but de renouveler l’art viennois en se distinguant du vieil art viennois, et en ouvrant la réflexion artistique aux échanges internationaux en partie pour lutter contre la montée des idées nationalistes que l’on observe partout en Europe (tiens c’est curieux, ça me rappelle quelque chose…). Au nom de ces principes les sécessionnistes créent leur propre espace d’exposition : le palais de la Sécession, construit par Josef Olbrich sur la Karlsplatz de Vienne.

Je n’ai pas visité le pavillon de la Sécession pour la bonne raison que c’est apparemment très cher pour ce que c’est : selon les guides, et selon certaines connaissances qui l’avaient visité, ça ne valait pas forcément le coup (ni le coût) malgré la superbe fresque de Klimt. Bien évidemment je pense que lorsqu’on s’y connait vraiment bien en architecture et qu’on est apte à en comprendre toutes les subtilités c’est un passage obligé à Vienne. Quoi qu’il en soit j’ai tout de même pris quelques photos de l’extérieur, bien qu’un peu déçue de l’aspect. J’imaginais ce bâtiment plus grand, mieux placé, et je ne le trouve pas du tout mis en valeur…

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Un peu plus loin de ce manifeste architectural se dressent les deux pavillons du métro,œuvres de Otto Wagner. Autant dire que j’ai préféré : l’une des particularités de la sécession viennoise c’est l’utilisation de l’or sur une architecture très classique et épurée. En prime, comme pour l’Art Nouveau, les sécessionnistes aiment user de matériaux peu nobles comme l’acier offrant un certain contraste que je trouve pour ma part très harmonieux. Vous remarquerez enfin des motifs dits « naturalistes » -fleurs, courbes rappelant la nature – propres à la 2nde sécession – un mouvement sécessionniste au sein même de ce mouvement – qui a rassemblé notamment Klimt ou Otto Wagner.

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  • Naschmarkt ou Belvédère ?

Depuis la Karlsplatz deux options s’offrent à vous : d’un côté faire un tour au musée du Belvédère qui abrite les plus célèbres œuvres de Klimt, de l’autre redescendre la Linkeweize… pour découvrir deux autres bâtiments d’Otto Wagner, option à favoriser si on est samedi, jour du marché.

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Il est difficile de rater ces deux réalisation de Wagner, baptisées maison des majoliques et maison des médaillons : elles se distinguent suffisamment des autres immeubles pour capter immédiatement le regard. On y retrouve encore toutes les spécificités de la sécession : fleurs, or, et moi j’adore. Enfin le gros plus de cette balade c’est le Naschmarkt, ce marché qui se déroule tous les samedis : à la fois un marché d’antiquités et un marché où manger. Des petits restaurants, presque des biergarten, ouvrent leurs portes ou étalent des tables sur le bitume pour vous servir des spécialités viennoises et surtout des spécialités orientales. Longtemps Vienne a été la porte d’entrée de l’Orient et on ne peut pas l’ignorer en passant devant les étals de nourriture bulgare, turque, grecque, russe ou même indienne et chinoise. Un véritable tour du monde en quelques pas.

S’il est l’heure de prendre le thé, le café Savoy se trouve tout près des immeubles d’Otto Wagner, un vieux café viennois comme on les aime.

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  • Eglise Saint-Leopold am Steinhof 

Il faut le vouloir et avoir un peu de temps pour aller visiter l’Eglise construite –encore une fois – par Otto Wagner qui se trouve un peu à l’écart du centre. Cette église se trouve au cœur d’un centre hospitalier dont les pavillons sont peu à peu vendus aux particuliers, et qui offre une promenade bien agréable en début d’automne ou au printemps. Il faut monter tout en haut du centre, aux abords d’un bois pour avoir accès à cette fameuse église qui m’est apparue bien plus grande que je l’imaginais, et pour 2€ seulement, je pense qu’il est plus intéressant pour ceux qui n’y connaissent pas grand-chose de se rendre ici plutôt qu’au Pavillon de la Sécession. Grande, belle, épurée, fourmillant de détails, avec des superbes vitraux et un autel magistral : voici une visite que je recommande à tous. Les images parleront mieux que les mots.

Pour s’y rendre : ligne 3 jusqu’au terminus Ottokringer puis bus 48A jusqu’à l’asile psychiatrique.

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  • De l’art partout…

Je n’ai pas pu tout voir et tout faire et il reste encore de nombreux bâtiments que je n’ai pas visités mais qui sont, à mon avis, peu accessibles au public non initié. Si vous le souhaitez, vous pouvez cependant au moins passer devant ces façades si particulières, témoignages d’une période riche des mouvements artistiques viennois et allemands.

Looshaus, d’Adolf Loos : sur la Michaelerplatz, face au palais du Hoffburg, il abrite aujourd’hui une banque.

La Caisse d’épargne de la Poste, d’Otto Wagner : n°2 Georg Coch Platz, l’un des éléments les plus caractéristiques de ce courant, je suis pour ma part très dubitative devant une telle pureté. Autrement dit: il n’y a presque rien.

La pharmacie de l’Ange, d’Otto Wagner : n°9 Bognergasse

 Café Museum, d’Adolf Loos : Karlsplatz

Leopold Museum : abrite les œuvres des principaux peintres de la sécession viennoise.

J’achève enfin ce parcours d’architecture avec un descendant de la sécession viennoise, bien que son style se rapproche en vérité davantage de Gaudi et des premiers architectes Art Nouveau : il s’agit de Friedenreich Hundertwasser. A la fois peintre et architecte de la fin du XXe siècle, un musée lui est consacré à Vienne non loin du bâtiment qui l’a rendu célèbre : la hundertwasserhaus. On ne peut malheureusement plus en visiter l’intérieur, toujours habité, mais le musée est surement très intéressant –vous l’aurez deviné, je ne n’y suis pas allée…mais même vu de l’extérieur ce complexe original et coloré vaut le coup d’œil. Hundertwasser est l’auteur de nombreux autres bâtiments, notamment l’incinérateur que vous pouvez voir en prenant les Schnellbahn 1-2-3 ou 4 vers Handelskai.

S’y rendre : Hundertwasserhaus, n°34-38 Kegelgasse, métro Landstrasse, il suffit alors de suivre les panneaux pour aller au musée, une centaine de mètres plus loin.

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Sophia et le Monastère de Rila: dernière étape d’un séjour aux confins de l’Europe.

Nous patientons en terrasse avant de prendre le bus pour Sofia, il est à peine 10h et déjà la chaleur m’incommode. Margot en est à son troisième Café pourtant je suis sûre qu’elle arrivera à dormir dans le bus, et malgré les routes toujours aussi inconstantes de la Bulgarie je pense bien que je dormirai aussi : les crapauds et autres bestioles inconnues m’ont à nouveau empêché d’avoir une bonne nuit de sommeil. Mais une légère inconnue me perturbe : il n’y a pas de trace de notre réservation pour l’AJ à Sophia. Nous sommes en Bulgarie, ne paniquons pas, nous trouverons surement une place, tout comme ce couple de québécois et ce touriste brésilien qui nous accompagnent depuis Varna.

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Sofia est une grande ville, Sofia est occidentale même si elle conserve ce je-ne-sais quoi bulgare. Elle me fait penser à Budapest et à Berlin, une ville à découvrir en parcourant les rues au petit bonheur la chance. Il fait toujours chaud mais le soleil commence à tomber et la température avec lui, nous sommes à l’Est, ça ne fait aucun doute. Nous arpentons la rue principale au fond de laquelle se dresse la montagne Vitosha, poumon vert de la ville, les filles sont en jupe, les jeunes jouent autour d’une vieille église, les magasins sont adorables, le marché aux livres me donne envie de tout fouiller, j’espère y trouver un vieux classique français qui aurait eu une fantastique histoire pour se retrouver à des kilomètres de chez lui. Déjà je sens que la tristesse, le poids de l’Est s’estompe un peu, où alors est-il seulement mieux caché. En quelques heures je peux déjà affirmer que j’aime Sofia. Je l’arpenterai à nouveau au pas de courses par un free-tour dont les pays de l’est sont si friands, Sofia est suffisamment petite pour y voir vite tout ce qui vaut le coup : la  très sombre cathédrale Alexandre Nevski et ses toits d’or, l’église russe, le square de la tolérance qui abrite mosquée, église catholique, église orthodoxe et synagogue, le quartier des ministères et les ruines romaines qui ont été découvertes en-dessous lors de la construction du métro. Je recommande chaleureusement ce free tour où on en apprend beaucoup sur la religion orthodoxe, sur les coutumes bulgare et sur l’histoire de Serdika, l’ancienne Sofia, mais aussi de toute la Bulgarie – en particulier de son histoire communiste et post bloc communiste. Parce que je ne résiste pas à donner une anecdote, saviez-vous que la Bulgarie est le seul pays à avoir élu démocratiquement son ancien roi Syméon. Fun isn’t it ?

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Malheureusement j’ai peu de temps pour découvrir la ville : nous partons le lendemain pour le Monastère de Rila avec un chauffeur perso. Peut-être parce que je sais que c’est mon dernier trajet en Bulgarie ou parce que je quitte Margot le soir mais je me sens l’esprit léger, prête à profiter de chaque instant. Les routes qui contournent Vitosha pour s’engouffrer dans le massif de Rila ont pour moi la voix de Manu Chao qui passe en boucle sur l’auto-radio. Le vent qui passe par les fenêtres entre-ouvertes, les champs, les montagnes qui se rapprochent. Le taxi devient guide avec son anglais hésitant : « là-bas vous voyez les monts bleus de Pirin, il faut y aller ! Et par ici il y a une montagne qui monte jusqu’à 3000m. Beaucoup de neige ici l’hiver, beaucoup de froid. » On croise une veille remise de deux chevaux, des ânes, des paysans avec leurs faux et aux abords d’un village un nombre croissant de Lada de toutes couleurs. Des maisons avec treilles s’étendent le long de l’unique rue du village et ombragent les cours et les trottoirs. La route montagneuse commence ici, le chauffeur ne compte pas ralentir et je ne donne pas cher de notre peau si une voiture arrive en sens inverse. Heureusement nous arrivons à la grotte de je ne sais plus quel saint où nous pouvons laisser un vœu coincé entre les pierres pour demander un retour avec tous nos membres. Il parait que les Bulgares sont très spirituels, une amie de Margot dépose chaque soir un mot sous son oreiller, un mot définissant ce qu’elle souhaiterait être le lendemain : « courageuse », « compréhensive », « optimiste ». Depuis une semaine que je suis ici ça ne m’étonne plus, et j’en viens même à me demander pourquoi pas ?

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Un lieu paradisiaque. Comme toujours je suis ébahie de cette capacité des religieux à construire leurs chefs d’œuvre dans les endroits les plus beaux du monde. Les grands murs extérieurs du célèbre monastère de Rila, classé au patrimoine de l’Unesco, ne laisse pas présager l’intérieur majestueux de cette enceinte : les fresques pourraient paraitre un peu trop kitsch, un peu trop tout, et pourtant tout semble parfaitement à sa place pour couper le souffle à ceux qui pénètrent ici. Même l’afflux de touristes n’entache pas le calme et la beauté du lieu. Je me sens bien petite ici.

Tout ici date du XIXe siècle. En Europe occidentale cette période est plutôt vue comme une période d’importantes copies. Ici le XIXe siècle est le siècle de la lutte contre les Ottomans, lutte au cours de  laquelle les monastères orthodoxes se sont distingués comme de grands centres de résistance. C’est le siècle de l’indépendance. Un siècle d’or avant les années communistes. Voilà qui m’apprendra à juger d’une oeuvre d’art en fonction de son ancienneté.

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Le Saint a exaucé mes prières et nous sommes revenues saines et sauves à Sofia. Je n’ai pas senti de danger, épuisée je me suis endormie sans pousser plus loin mes réflexions sur l’orthodoxie bulgare. La voiture chantait à nouveau « Me gustas tu » et moi j’aimais cette fin d’après-midi, les champs secs qui défilaient et la voix de Margot hésitant entre le bulgare et l’anglais. Le soir même nous allions nous quitter et je devrais m’approprier seule ces quelques heures à Sofia. Il était temps de ne pas y penser et de savourer la Bulgarie.

Dans les montagnes de Veliko Tarnovo

Nous sommes parties dans la matinée pour rejoindre en bus le centre du pays; Nous nous rendons dans une ville au milieu de petites montagnes, une ville au nom qui fait rêver comme une formule magique : Veliko Tarnovo. C’est en sens inverse le chemin que j’ai fait pour venir à Varna, je suis bien heureuse de n’avoir pas vu l’état de la route alors : il y a des trous partout,  et des engins qui, d’après moi, ne devraient pas se trouver sur ce type de route. Les montagnes défilent au loin, difficile de les rater, la Bulgarie abrite cinq chaînes de montagnes, nous nous dirigeons vers celle des Balkans, la plus célèbre. Arrivées en début d’après-midi à Veliko, il nous faut trouver l’auberge, mais sous cette chaleur estivale sans souffle de vent, je ne me sens pas de prendre une décision quant au chemin à emprunter. Je suis Margot sans discuter, on se trompe un peu mais on finit par parvenir à une petite allée au fond de laquelle se trouve notre destination, notre ashram pour les deux prochains jours.

4ème jour: départ en bus pour Veliko Tarnovo, ville dans les montagnes. Chaleur étouffante. Je découvre avec joie cette petite ville, pourtant l'une des grandes villes du pays, au soleil de fin d'après-midi.

4ème jour: bus pour Veliko Tarnovo et découverte de la ville sous la lumière du soir. Il fait bon vivre dans ces montagnes.

Si j’utilise le terme d’ashram c’est que cette petite escapade de deux jours était un moment de réflexion, de méditation, et de complicité pour nous deux je crois.  Un jardin, de grandes chambres, une terrasse avec balancelle où bouquiner en sirotant une bonne camomille, et une salle à manger où le repas était servi chaque soir : soupe chaude, pain, limonade. Simple, mais a-t-on besoin de plus ? Un petit air de refuge de montagne dans ce havre de paix au milieu de la verdure. On n’entend rien, ou du moins le croit-on, car au moment de se coucher, comment trouver le sommeil sous le chant d’un oiseau inconnu qui pousse son solo au milieu d’une symphonie pour grillons, grenouilles et autres animaux de Veliko Tarnovo.

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  • Veliko Tarnovo : la vieille ville

Il fait bon sortir à partir de 18h, et sous la chaleur de la journée j’ai peine à croire qu’en hiver il est parfois impossible de se rendre dans cette ville pour cause de neige et de gel. Nous parcourons alors en flânant le vieux quartier de Veliko Tarnovo, passant devant la citadelle nous remontons lentement vers le village en hauteur. Veliko, ce lieu majestueux construit face à la colline du Tsarevets, ancienne capitale du second Empire Bulgare – entre le XIIe et le XIVe siècle – tous ces noms bulgares me parlent et me donnent de plus en plus envie de me plonger dans leur histoire si méconnue.

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La particularité de Veliko c’est son incroyable richesse de Street Art qu’on ne s’attend pas à trouver dans une région reculée. Dans chaque rue on croise de superbes fresques et ce mélange de moderne et d’ancien est surprenant et ravissant à la fois. Tout est très calme dans la vieille ville, nous longeons des maisons de bois, la végétation reprend ses droits par endroits, devant les maisons des Lada sont encore garées, je n’en ai jamais vu autant qu’ici, au point de me demander s’il est intéressant de visiter la Bulgarie si ce n’est pas en Lada. A certains endroits les points de vue sur les montagnes environnantes et sur la forteresse du Tsarevets encore ensoleillée sont à couper le souffle. La vie est sereine, les montagnes sont belles, les maisons sont vieilles. Au loin la nouvelle ville se chauffe le dos au soleil. Les villes bulgares ont la faculté d’être belles malgré leurs HLM, ces pyramides d’immeubles forment un charmant tableau dont les couleurs changent selon les heures de la journée et nous les contemplons attablées à une terrasse, un café frappé à la main. Je ne cesse de me répéter que j’aime Veliko Tarnovo.

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5ème jour: A la découverte du village-musée d'Etar, dans le centre de la Bulgarie. On  découvre la vie bulgare du début du XXe siècle.

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  • Le village musée d’Etar

Je m’en veux un peu de revoir avec mon amie des lieux qu’elle a déjà vus, nous partons donc le lendemain pour le village musée d’Etar, un village censé représenter la vie bulgare au XIXe et début du XXe siècle. Les villages musées se sont essentiellement développés dans les régions les plus orientales de l’Europe, pour mettre en valeur un patrimoine immatériel, architectural et agricole  qui a tendance à disparaître avec les grands projets d’industrialisation et d’urbanisme. Même si nous en trouvons aussi de plus en plus en Europe de l’ouest – en Alsace par exemple.

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Et nous voici à nouveau confrontées aux transports bulgares. Margot parle quelques mots, je ne comprends rien et malgré ma pratique assidue du cyrillique – je me force à lire chaque enseigne que je croise – nous nous trouvons bloquées à Gabrovo après un trajet en bus en compagnie de jeunes Roms  où je peux éprouver pour la première fois la réelle tension qui existe entre les Bulgares et cette communauté. Enfin un taxi nous prend en stop, il ne parle pas anglais mais espagnol, il raconte son histoire à Margot pendant que je relâche le stress, prête à profiter de notre prochaine halte.

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Evidemment le village est touristique mais il est charmant, dans chaque maison un métier d’antan est représenté et manipulé : le tissage, la forge, etc. Cette idée des villages-musées est vraiment excellente, il est tellement plus facile de se faire une idée avec des reconstructions. Après avoir bien mitraillé les maisons avec nos appareils photos nous reprenons le chemin pour Veliko  qui serpente entre les montagnes. Le chemin semble plus court qu’à l’aller et en arrivant à Veliko nous savons tout de suite retrouver notre chemin. Je commence déjà à être nostalgique de cette ville à laquelle je me suis si vite habituée. Demain nous serons à Sophia.

Varna – La perle de la mer Noire

Varna - Perle de la Mer Noire

Je suis partie en Bulgarie sans aucun plan, je savais seulement que je devais rejoindre mon amie en traversant le pays en bus. Sur le papier ça ne semblait pas bien compliqué, j’avais pourtant oublié un point primordial : non seulement je ne parlais pas le bulgare, mais je ne connaissais pas non plus l’écriture cyrillique. Ma première impression de la Bulgarie a donc été cette immense gare vide et en travaux où tout était écrit dans des signes qui m’étaient inconnus, et où perdue sous un soleil de plomb j’ai pu péniblement déchiffrer ces cinq lettres V.A.R.N.A indiquant que mon bus partait dans 5 minutes et que je n’avais donc pas de temps à perdre. Assise confortablement j’ai pu profiter de ces 6 heures de route pour dormir, malheureusement Varna n’était pas le dernier arrêt et n’était pas non plus le premier mais dans la nuit comment savoir où mon bus s’arrête ? C’est donc avec ce seul mot « Varna », répété à chaque arrêt à mes voisins qui se contentaient de hocher la tête négativement, que j’ai pu descendre à minuit, paniquée, sur un parking de centre commercial en pleine Bulgarie et apercevoir enfin les mèches blondes de Margot qui m’assuraient que le périple était fini et que je m’en étais sortie. Nous sommes reparties en taxi, je me suis laissée conduire, j’ai visité l’appartement sans le voir, et je me suis mise au lit. Une voiture au dehors passait « All that she wants » de Ace of Base. La Bulgarie était restée en partie dans les années 90’s. Je me suis endormie en souriant, rassurée par ce cliché auquel je m’attendais.

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J’ai passé trois jours à Varna, sur internet j’en avais vu des images pas vraiment glorifiantes d’une cité balnéaire avec de gros immeubles bétonnés, et pourtant Varna m’a enchantée. La Perle de la mer Noire. Connue principalement pour son activité touristique estivale, Varna vaut vraiment le coup d’être visitée. Berceau de la civilisation thrace, carrefour entre l’Europe et l’Asie, la ville a vu s’implanter tour à tour des Grecs, des Romains puis des Ottomans, autant de vestiges qui se sont recouverts les uns les autres et qui donnent à la ville une identité particulière et qui reprennent peu à peu vie après la longue période communiste.

 

  • Le centre-ville

J’ai arpenté le centre-ville en long et en large : pour flâner, pour y faire du shopping, pour y manger, pour le visiter avec un free-tour – très en vogue en Bulgarie -, pour le traverser en allant à la plage. Je ne m’attendais pas en venant ici à y découvrir des maisons de style Habsbourg suffisamment décaties pour en tirer du charme. Le centre de Varna n’est pas gris et bétonné comme je m’y attendais : c’est un centre piéton qui est bordé de vieilles maisons colorées, de cafés qui donnent sur rue, le tout menant au jardin qui longe le bord de mer et offre à la ville un grand et bel espace vert.

 

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Non loin de ces maisons et immeubles d’il y a deux siècles on peut apercevoir tour à tour une vieille maison turque, puis des ruines de thermes romains, et enfin pénétrer dans le quartier grec qui mène au port industriel. Ainsi va Varna, une ville historique dont le patrimoine n’a pas encore été sacralisé à la mode occidentale, il est bien vivant, bien que peu mis en valeur et entretenu.

Pour nous plonger encore davantage dans l’histoire de la ville, Varna a ouvert il y a quelques années un musée archéologique qui retrace les grandes périodes de l’histoire de la région avec un grand nombre de pièces : bijoux –magnifiques-, vaisselle, armes, etc. Nous n’avons pas tout à fait compris le sens de visite du musée, ni pourquoi on se retrouvait tout à coup face à des pièces égyptiennes mais le musée vaut vraiment le coup, peu cher, intéressant, et qui donne envie de se plonger dans cette histoire trop peu connue.

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  • Derrière le bitume : la plage

 

Varna est la 3ème ville de Bulgarie mais est surtout connue à l’étranger pour être l’une des principales cités balnéaires de la mer Noire, pourtant les Bulgares vous le diront : il faut éviter de s’y baigner, l’eau n’y est pas sûre, le port industriel trop proche pour que l’on sache vraiment ce qui s’y déverse. Les Bulgares préfèrent profiter des petites plages qui se trouvant dans la banlieue de la ville – ce que nous avons fait – tandis que les touristes, allemands pour la plupart séjournent dans d’immenses complexes hôteliers aux noms évocateurs tels que « GoldenSand » qui permettent de ne voir de la Bulgarie que la mer, la plage, les boîtes de nuits et les gogos danseuses. Golden Sand est la personnification de la débauche occidentale où la jeunesse européenne se pavane alcoolisée et sûre de sa supériorité sur ces pays de l’est tout aussi européens mais moins riches. Les Bulgares détestent ces lieux qu’ils ne fréquentent que l’été pour y travailler.

Si on ne s’y baigne pas, Varna possède tout de même un front de mer très agréable ! Le long du jardin maritime de Varna des murs de béton qui semblent abandonnés en hiver reprennent des couleurs dès le printemps pour donner naissance à une enfilade de bars et de restaurants avec terrasse donnant sur la plage. Une couche de peinture, des hamacs, des canapés, des chaises longues et quoi de plus reposant et jouissif que de siroter son café frappé en dissertant sur la vie face à la mer Noire ? Nous nous sommes posées au « Menthol » le bar préféré de mon amie, qui est devenu ponctuellement mon QG pour 3 jours – j’aurai pu y passer mes journées avec un bon bouquin ou un carnet d’écriture. Le soir ces bars deviennent des boîtes ou des scènes de concert,  Mojito et reggae au rendez-vous.

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Jolie Bulgarie: Agenda d’un road trip dans l’Est

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Je vous avais promis qu’en ces jours frileux de janvier j’allais tenter de me réchauffer, et vous avec, en vous parlant d’un pays peu touristique et pourtant superbe, un pays où il fait très chaud l’été, un pays dépaysant: la Bulgarie.

Il y a assez peu d’articles de magazines de voyages ou de blogs qui parlent de la Bulgarie, à mon sens je ne connais que Jéromine de l’archivoyageuse qui y a consacré deux articles, pourtant ce pays gagne vraiment à être connu, même s’il comporte un gros défaut: les routes sont assez mauvaises, il ne faut pas avoir peur. Berceau des Thraces, les Bulgares ont vu s’installer sur leurs terres plusieurs civilisations allant des Romains aux Ottomans qui rendent le pays culturellement très riche. Des musées archéologiques et monastères, en passant par des paysages montagneux magnifiques, tout le pays est à voir et savourer et je vous incite fortement à vous y rendre dans les années qui viennent!

Je suis partie en Bulgarie en juillet dernier pour y rejoindre mon amie Margot qui y était alors en poste à Varna. Je suis partie sans appareil photo, sans savoir ce que j’allais y faire et presque sans un sou en poche – légère frayeur au départ puisque ma carte était bloquée, heureusement tout est très vite rentré dans l’ordre. Avant de vous faire des articles un peu plus détaillés de ce que j’ai pu voir et aimé là-bas je souhaitais faire, à l’instar de Mathilde, un debriefing sur ce voyage de huit jours, temps un peu court pour dire que je connais bien la Bulgarie, mais suffisant pour dire que je veux y retourner.

1er jour – Varna la perle de la mer Noire. Déambulations dans Varna et Ice coffee sur le bord de Mer. La belle vie!
3ème jour: farniente à la plage. Mon seul bain de mer de l'année, dans la mer noire.
2ème jour: Visite Free Tour de la ville et farniente à la plage. Mon seul bain de mer de l’année, dans la mer Noire!
3ème jour: visite du Musée archéologique et boutiques dans le centre de Varna. Trois jours bien remplis et pourtant reposants.
3ème jour: visite du Musée archéologique et boutiques dans le centre de Varna. Trois jours bien remplis et pourtant reposants.
4ème jour: départ en bus pour Veliko Tarnovo, ville dans les montagnes. Chaleur étouffante. Je découvre avec joie cette petite ville, pourtant l'une des grandes villes du pays, au soleil de fin d'après-midi.
4ème jour: départ en bus pour Veliko Tarnovo, ville dans les montagnes. Chaleur étouffante. Je découvre avec joie cette petite ville, pourtant l’une des grandes villes du pays, au soleil de fin d’après-midi.
5ème jour: A la découverte du village-musée d'Etar, dans le centre de la Bulgarie. On découvre la vie bulgare du début du XXe siècle.
5ème jour: A la découverte du village-musée d’Etar, dans le centre de la Bulgarie. On découvre la vie bulgare du début du XXe siècle.
6ème jour: à nouveau sur les routes bulgares pour se rendre à Sophia, en bus toujours, 6h de route, c'est long mais je veux voir la capitale.
6ème jour: à nouveau sur les routes bulgares pour se rendre à Sophia, en bus toujours, 6h de route, c’est long mais je veux voir la capitale.
7ème jour: On n'en fini plus de faire de la route. Cette fois pour se rendre au monastère de Rila, classé au Patrimoine de l'Unesco, un détour qui vaut vraiment le coup!
7ème jour: On n’en fini plus de faire de la route. Cette fois pour se rendre au monastère de Rila, classé au Patrimoine de l’Unesco, un détour qui vaut vraiment le coup!
8ème et dernier jour: mon amie est repartie chez elle à Varna. Je profite de mes derniers moments à Sofia pour faire un Free tour de la ville. à 15h me voilà à l'aéroport prête à quitter le soleil et la chaleur bulgare.
8ème et dernier jour: mon amie est repartie chez elle à Varna. Je profite de mes derniers moments à Sofia pour faire un Free tour de la ville. à 15h me voilà à l’aéroport prête à quitter le soleil et la chaleur bulgare.

Puisque je suis partie sans appareil photo, ou plus exactement, puisque j’avais perdu le chargeur d’appareil photo juste AVANT le départ, les photos sont prises soit de mon téléphone, soit de Margot. Je les ai regardées un nombre incroyable de fois je ne parviens donc pas à me souvenir quelles photos sont de qui. Cette façon de voyager n’étais pas plus mal puisque j’ai mis en avant les instantanés en faisant avant tout des polaroïds, et en profitant davantage du moment présent. Je m’étais d’ailleurs coupée d’internet et de la France pendant ces huit jours pour me dépayser un peu. Une déconnexion qui a fait du bien.

 

PS: j’étais toujours autant addict en revenant bien sûr.