Athènes et l’Attique

Adieu la presque douceur méditerranéenne, aujourd’hui les températures augmentent et nous ressentons déjà plus de 40 degrés à Nauplie, on sait d’avance que les prochains jours à Athènes seront durs. Je réfléchis à des activités pour survivre à cette canicule mais pour le moment ma seule idée est la suivante : s’arrêter prendre un dernier bain de mer dans le golfe de Corinthe avant d’entrer dans la cité surchauffée. Très bonne idée malgré les oursins qui nous collent au pied et qui rendent la fin du trajet en voiture un peu plus pénible. Mais bon. Ce soir on mangera des souvlakis et ça suffit pour le moment à me rendre heureuse.

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L’immanquable vue d’Athènes depuis le Lycabette

Athènes signe la fin de notre voyage en Grèce continentale, il nous reste à visiter la ville pendant 3 jours avant de reprendre l’avion. Je n’en ai pas du tout envie mais la chaleur est telle qu’au bout de ces 3 jours je serai bien heureuse de retrouver la grisaille parisienne !

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Comme prévu on étouffe en ville. Les immeubles sont très mal isolés, Jéromine m’en avait déjà parlé pour l’hiver mais je n’avais pas pensé qu’on pourrait souffrir de cette mauvaise isolation en été. Et pourtant c’est pire que tout : les matelas sont brûlants, les ventilateurs recrachent un air chaud, on ne sait jamais s’il vaut mieux les éteindre ou les allumer. Malgré ce temps TOO HOT, on réussit à ne pas faire que rouspéter pendant ces derniers jours. Avec force et courage nous organisons notre temps : musées, acropole, shopping et journée au cap Sounion sont au programme. Des activités qui nous permettent d’éviter un peu la chaleur et de belles découvertes d’Athènes que je recommande à tous.

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L’école polytechnique et son street art

Onomia, Exarcheia, Psiri – les quartiers presques inconnus

C’est toujours un plaisir de prononcer des noms aux consonances exotiques qui ne nous évoquaient rien quelques heures auparavant. Un monde entier qui s’offre à nous à travers ces quelques nouveaux mots. Exarcheia c’est le quartier anarchiste avec quelques bars sympas et du street art en veux-tu en voilà – un petit tour dans l’ancienne école polytechnique s’impose à tout fan de street art d’ailleurs – et nous le traversons pour nous rendre vers Onomia et le musée d’archéologie.

C’est l’un des plus grands du monde et un must do quand vous avez déjà visité moult sites archéologiques de Grèce. Je pense notamment à Mycènes: le musée d’Athènes est indispensable pour compléter la visite des ruines, c’est ici que vous trouverez le fameux masque d’Agamemnon et autres bijoux, armes, poteries qui sont vraiment superbes. Le musée est immense je me suis donc surtout attardée sur ce que j’ai déjà vu et ce qui concernait la Grèce continentale – mais la section civilisation cycladique ne manque pas d’intérêt non plus.

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L’étonnant quartier de Psiri

Après la culture, le réconfort ! J’avais hâte que Jéromine nous promène dans les quartiers moins courus des touristes mais agréables à vivre comme Psiri ou Gazi. On s’est donc posé dans une des pâtisserie de Psiri après avoir traversé un quartier pas du tout sympa où, perso, je ne serais pas passée seule la nuit. MAIS Psiri était fort sympathique et m’a fait un peu pensé à Camden à Londres.

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Sur les pentes de l’Acropole

ENFIN, l’incontournable, l’unique, l’Acropole ! J’y étais déjà allée avec Jéromine, ca avait dû être une des journées les plus chaudes de ma vie, j’ai trouvé que cette fois-ci le vent était au rendez-vous et rendait la visite largement supportable. Midi était une très bonne heure puisque les cars de touristes n’étaient pas encore arrivés, et même si nous n’étions pas seuls sur l’Acropole, nous n’étions pas envahis, mis à part les propylées mais je les trouve toujours aussi beaux quand ils sont « crowded ».

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Ce que j’avais surtout envie de voir c’était ce fameux quartier d’Anafiotika, construit par des habitants d’Anafi, dans les Cyclades, et qui ressemble donc à un petit bout d’île en plein Athènes. C’est reposant, calme, au pied de l’imposant rocher de l’Acropole avec une superbe vue sur Athènes. S’il y a bien un endroit que je recommande de ne pas manquer à Athènes c’est celui-ci. Les photos parlent d’elles-mêmes.

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Encore une fois ne ratez pas l’article de larchivoyageuse consacré au quartier d’Anafiotika.

Dernier coup de coeur: le stades panathénéique

Un peu boudés par les guides, je n’étais moi-même pas très enthousiaste à l’idée de visiter les stades des panathénées. Sans doute lié au mauvais souvenir de la visite du cirque Maximus à Rome. En vérité ce stade-là n’a rien à voir, il date de 1896 et des premiers jeux olympiques. Rien à voir – ou presque – avec la Grèce antique. Des infos sont donnés a divers endroits du stade et le petit musée consacré aux jeux olympiques a été une très bonne surprise. J’adore regarder les JO à la télé alors c’était assez émouvant de voir les flammes olympiques, les vraies, et surtout de comparer les affiches officielles des JO qui témoignent d’une époque et d’un lieu. Je vous en donne quelques exemples ici.

Mexico et l’art déco des années 60/70
La force et la virilite, premières des qualités à l’aube de la 2nde Guerre Mondiale

Au bout du monde grec : le cap Sounion

Pour échapper aux 45 degrés qui sont annoncés – comptez-en donc plus de 50 dans la ville d’Athènes où les voitures sont encore reines – une seule solution : fuir la ville et aller à la plage. Comme Jéromine n’était encore jamais allée au Cap Sounion c’était l’occasion ou jamais, sachant qu’il y aurait forcément un lieu où se baigner ET 2h de bus climatisé. Le rêve !

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Le temple de Poséidon veille sur l’Attique

C’est au bout du bout de l’Attique que ce temple de Poséidon a été érigé au Ve siècle, offrant une superbe vue sur la mer et sur la côte. Si le lieu est sûrement majestueux au coucher du soleil, en plein après-midi il était seulement écrasé de soleil et on est vite redescendus vers la plage pour la vraie activité de la journée : la baignade.

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En bas il y a la plage où on s’est baignés

Ne pas manquer de profiter de la fin d’après-midi, quand la chaleur s’estompe un peu, pour prendre un verre dans le bar au pied du site. La vue est parfaite et on est ENFIN bien.

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Bye bye la Grèce

Ces dix jours en Grèce sont finis et j’en repars avec l’idée de revenir très vite. Comme toujours, plus on découvre un pays, plus on se rend compte qu’on a des milliers de choses à découvrir. J’envisage déjà de longs week-end à Thessalonique, des vacances farniente en Crête, un road-trip sur la côte Ouest et surtout visiter le reste du Péloponnèse ! Pour le moment on se contentera de se cuisiner des salades grecques sur le balcon pour faire comme si on y était toujours en attendant les prochaines vacances…

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Je suis absolument fan de ces arbres étranges qu’on trouve partout en Grèce.

 

Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.

Sur la péninsule de l’Argolide

Après ces quelques jours paradisiaques nous voici de retour sur les routes. On a mis du temps à établir notre trajet et on sait que cette journée sera LA journée chiante. Aujourd’hui on en a pour plus de 7h de route, une route qu’on a déjà fait en grande partie puisque nous devons repasser par Athènes pour nous aventurer – enfin – dans le Péloponnèse via le Canal de Corinthe.  Après moult tergiversations c’est décidé on va directement jusqu’à l’extrême pointe de l’Argolide, la partie la plus à l’Est du Péloponnèse.

L’article de Jéromine m’a donné très envie d’aller voir à quoi ressemblait le petit port d’Ermioni et je veux absolument passer au moins une journée sur une île grecque : Hydra sera la destination idéale. On en parle comme de la parle des îles grecques et je suis assez curieuse de voir à quoi ressemble cette ile depuis mon premier séjour en Grèce. Nous avions rencontré dans notre auberge un couple de vieux Français très amoureux qui avaient passé quelques jours en camping sauvage là-bas. Je n’en avais jamais entendu parler. Sa proximité avec la terre ferme en rend la visite presque incontournable.

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Les autoroutes grecques sont très agréables, le terre-plein central est coloré de belles fleurs roses rouges, ma mère m’en avait parlé, elles existaient déjà lors de son propre séjour il y a quarante ans. Nous repassons non loin de la ville toujours aussi peu attirante de Lamia, on y voit la route que nous avions empruntée et qui remonte vers les montagnes de Delphes. Un panneau nous indique que tout prêt se trouve le défilé des Thermopyles. Cette célèbre bataille des spartiates, je doute qu’il soit très intéressant de faire un détour par cet endroit pourtant mythique, nous poursuivons le chemin longeant à nouveau la mer.

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ENFIN nous sommes dans le Péloponnèse. Passé les industries du golfe la mer devient à nouveau bleu turquoise, les petites stations balnéaires défilent, la vue est sublime et je ne regrette pas d’avoir pris cette route. Dernier changement de paysage nous passons dans les terres pour aller vers Ermioni. Ici la conduite est bien moins sympa, les grecs font n’importe quoi et nous manquons plusieurs accidents de peu. Les montagnes sont désertiques, c’était ce que je m’attendais à voir ici, on se croirait presque aux Etats-Unis. C’est beau mais fatiguant. On n’en peut plus de cette route qui tournicote sans trop savoir quand elle va s’arrêter. Ermioni semble inatteignable quand enfin le gps nous fait tourner sur un chemin de terre : l’auberge et sa piscine dont on rêve depuis quelques heures maintenant !

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L’Argolide côté mer : Ermioni et le golfe saronique

Ce soir on va faire ce qui pour moi représente les vraies vacances : se balader avec une glace sur le petit port d’Ermioni. Je peux enfin mettre mes beaux vêtements et mes espadrilles pour déambuler nonchalamment en admirant les voiliers. Le pied. Malheureusement on a raté la golden hour pour de belles photos du coucher du soleil. On a préféré profiter de la piscine. Mais la douce odeur de l’air iodé sous la lumière de la lune me fait oublier très vite ce petit désagrément.

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Il y a deux ports à Ermioni, mais nous n’en verrons qu’un. La ville est située au bout du bout de la péninsule, avant une petite forêt de pinèdes, la route longe la mer et de nuit j’ai un peu peur de finir dedans. C’est calme et suffisamment frais pour que je remette un pull.

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Depuis Ermioni on peut se rendre sur l’île d’Hydra, et c’est bien pour ça qu’on est là. Un bateau nous emmène dès 9h sur une mer d’huile pour atteindre l’unique ville d’Hydra avec ses allures de port vénitien. J’étais surprise par le mélange d’Hydra. Au premier abord elle m’a fait penser aux villes du Monténégro avec son grand clocher qui se dégage sur le port.

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A l’époque moderne l’île a été occupée à plusieurs reprises par les Vénitiens puis par les Ottomans tout comme les côtés de la Croatie et du Monténégro. C’est à cette période que l’île devient plus importante et se peuple d’armateurs, devenant une grande puissance navale. On a du mal à y croire aujourd’hui, ces navires furent pourtant primordiaux dans la guerre d’indépendance de la Grèce au XIXe siècle – contre les navires ottomans.

 

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Mais en remontant par les ruelles, ou plutôt en se perdant dans les ruelles, l’île grecque reprend tous ses droits. De la chaux blanche, des volets colorés, en bleu en particulier et ces fleurs roses que l’on trouve partout en Grèce.

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Comme prévu l’île est désertique. Mais comme la voiture est interdite il ne me serait pas venue à l’idée d’aller me balader dans les montagnes alentours. J’essaie de monter jusqu’au point le plus haut du village et c’est dejà assez compliqué. Pour se reposer de cet effort quoi d’autre qu’une petite baignade ? Il existe plusieurs spots pour se baigner : certaines plages ne sont accessibles que par bateau – très cher – mais si vous longez la corniche vous découvrirez des petites criques suffisamment jolies et vides pour avoir envie de s’y baigner.

hydra11hydra10Bien entendu point de sable blanc ici, il s’agit plutôt d’avancées en bétons sur lesquels poser sa serviette ou de rochers, mais qu’importe. L’eau est transparente, on zieute les yacht qui stationnent non loin du port. C’est familial et si agréable de se rafraichir sous cette chaleur.

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Je pense qu’une demi-journée ou une journée suffisent pour visiter Hydra, s’y perdre, y manger et écrire ses cartes avec un bon coca sur le port de plaisance. Il est peut etre exagéré de parler d’Hydra comme de la perle des îles grecques mais elle est un très bon avant goût des Cyclades, c’est certain !

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L’Argolide côté montagne: le théâtre antique d’Epidaure

On reprend les routes en lacet le soir même pour se rendre à Epidaure. Perdu dans ce désert, au milieu de ces montagnes arides le théâtre se trouve dans une petite oasis de verdure à côté du sanctuaire d’Asclepios, le dieu de la médecine. La fatigue en moins ce trajet est bien plus agréable – surtout il ne dure qu’une trentaine de minutes. Je peux enfin apprécier à sa juste valeur ce paysage étonnant, celui que j’étais venue chercher ici.

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Comme d’autres sites grecs Epidaure se cache aux yeux des gens. On ne le distingue pas avant de se trouver devant. Mais pour nous réserver le meilleur pour la fin nous commençons par visiter le sanctuaire qui n’est autre que le premier hôpital de l’antiquité. Malheureusement le site, pourtant très étendu, est assez vide : des ruines en veux-tu en voila mais il est très difficile de se representer ce que pouvait être cet immense site. Certaines parties sont en rénovations, certaines colonnes se tiennent mieux que d’autres, et surtout les montagnes autour lui donne un aspect singulier.

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Le musée est intéressant et les indications, si vous avez un guide, valent le coup : les cultes rendus à Asclepios et les façon de guerir des maladies étaient pour le moins étranges et païens. Ils se sont d’ailleurs poursuivis jusqu’à tard dans l’antiquité, bien après la fin des cultes païens. Par exemple certains malades devaient dormir toute une nuit dans une peau de serpent – la personnification du dieu – et dans leurs rêves le dieu leur livrait le traitement à suivre pour guérir. Weird. Cette histoire des débuts de la médecine est passionnante et ce serait dommage de passer à coté.

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Le théâtre est quant à lui majestueux. L’un des plus grands de l’antiquité et toujours parfaitement en place. Mais je pense qu’il est encore plus impressionnant lorsqu’on y voit une représentation ou un concert. Le lieu est sublime, l’acoustique parfaite. Mais en cette fin de journée on a eu du mal à se dire autre chose que « oh oui c’est beau, bon aller on se casse. », sans doute épuisés par la visite du sanctuaire sous le soleil.

L’avantage d’Epidaure c’est qu’il se situe en plein cœur de l’Argolide, pas pres d’Athènes, ni de Nauplie, mais pas très loin non plus. La encore le site est ouvert jusqu’à 20h en horaires d’été, aucune excuse pour ne pas s’y rendre de bon matin, ou tard le soir ce qui reste à mon avis la meilleure solution, les cars de touristes étant rentrés à Athènes !

Il ne nous reste que quelques kilomètres pour notre dernière étape : Nauplie. C’en est fini des montagnes arides, nous retrouvons la mer et la civilisation !

 

Surprises et merveilles de Thessalie

Troisième jour en Grèce. Après avoir visité le musée de Delphes de bon matin il est temps de reprendre la voiture en direction d’un autre incontournable classé à l’Unesco : les monastères des Météores. Pour les atteindre il nous faut redescendre les montagnes de Phocide et traverser l’immense plaine de Thessalie.

J’angoisse à mort en comptant le nombre de petits autels construits en hommage aux morts de la route en redescendant vers la plaine des oliviers. Il y en a un à chaque virage, parfois même au milieu des lignes droites, ça a quelque chose d’effrayant et de déstabilisant, je suis contente de ne pas être au volant. On franchit plusieurs cols, les montagnes sont aussi superbes de loin que de près. La flore varie très vite, on passe des oliviers aux conifères, et la température se modifie avec.

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Vue sur la plaine de Thessalie et Kalampaka depuis le Monastère du Grand Météore

A partir de Lamia on à le choix : autoroute ou nationale ? Mon copain est inflexible : même si ça prend 1h de plus il préfère passer par la nationale. Je veux bien mais avec les bêtises que nous fait faire le GPS ça veut dire qu’on ne peut compter que sur moi et la carte que j’ai entre les mains. Le vrai Road-trip commence : Kardista, Trikala, Kalampaka. Les noms se suivent comme une jolie comptine qu’on ne connaîtrait pas.

La route n’est pas aussi belle qu’on pensait, mais surprenante. La plaine de Thessalie est écrasée par le soleil, toute droite, sans aucun relief à l’horizon hormis les montagnes que nous avons laissées derrière nous. Sur la route on croise surtout des pick-up, et des stations-services sont postées un peu partout. Peu de vraies villes, mais quelques bidonvilles. Sensée être le grenier à blé de la Grèce, on y a développé l’industrie agro-alimentaire en mettant fin à une agriculture de proximité, cette région a donc été particulièrement touchée par la crise financière de 2010. De grosses usines sont abandonnées un peu partout, et on croise de nombreux paysans avec faux qui s’occupent des champs de façon manuelle. Tout ici m’évoque «Les raisins de la colère  de Steinbeck. Je suis assez soulagée quand j’aperçois au loin ces étranges rochers qui viennent de nulle part : les Météores.

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Les Météores au coucher du soleil.

Les météores

Ce n’est pas dans la ville de Kalampaka qu’on va dormir mais dans une petite auberge sur la route qui conduit aux monastères ; Il est 18h, on a juste le temps de se doucher avant d’aller observer le coucher du soleil sur ce phénomène géologique.

Spoiler : c’était une super idée, il n’y a presque personne, même si on devra attendre le lendemain pour visiter les monastères, c’est finalement la vue qui vaut le plus le coup. Et avec le calme et la température qui baisse c’est probablement le meilleur moment pour en profiter.

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Monastère d’Agios Nikolaos Anapavgas

 

Les Météores sont une merveille géologique autant qu’architecturale : les roches proviennent de sédiments déposés par un fleuve aujourd’hui déplacé ou disparu ce qui explique leur ressemblance – en bien plus grand – avec les rochers qu’on trouve à Fontainebleau hérités de la mer. Sur ces magnifiques roches jaillissant de nulle part les moines on construit des monastères inaccessibles.

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Monastère de Varlaam

Les premiers moines ont d’abord vécu comme ermites dans des grottes, formées naturellement dans les rochers,  avant de se fonder en communauté au XIVe siècle et de construire en hauteur des monastères pour échapper aux turcs. A l’époque les moines y accédaient grâce à des échelles – ce qui donne le vertige quand on voit a quelle hauteur se trouvent les monastères – puis des chemins et des marches ont été aménagés et aujourd’hui il est possible d’y venir en voiture.

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Monastère du Grand Météore

Sur les conseils de Jéromine nous n’avons visiter qu’un seul monastère : celui du Grand Météore, le plus ancien. Intéressant, j’ai notamment beaucoup aimé la salle réservée au Folklore et aux costumes du XIXe, ou encore le petit musée avec des manuscrits du XIe, on n’était malheureusement pas seuls pour cette visite. Mais on a pu voir un moine redescendre sur la terre ferme avec un minuscule téléphérique pour une personne pour ne pas se mêler à la foule des touristes.

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Si on n’avait pas entendu les gens nous dire qu’il fallait se rendre aux météores tant c’était incroyable on aurait probablement zappé cette étape du voyage. Kalampaka est loin de tout et les images des Météores nous donnaient bof envie. Mais les photos ne rendent pas du tout justice à ce paysage incroyable, et c’est tant mieux. On est forcément surpris et enchanté de tout découvrir par soi-même.

 

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Farniente dans la Péninsule du Pélion.

Nous voici repartis sur les routes de Thessalie. Trikala, Larissa, Volos.

Cette partie Est de la Thessalie me parait moins pauvre. A notre gauche on voit s’élever au loin quelques reliefs, derrières on sait que se trouve le mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce. A l’approche de Larissa ce sont à nouveau des machines qui s’occupent des champs, ces derniers sont d’ailleurs bien mieux arrosés, les sillons ne sont plus tracés à la main. La route est mieux entretenue et les pick-up ont disparus. Nous arrivons enfin à Volos, dans le même de Magnésie. J’ai la carte sous les yeux je sais donc à peu près à quoi va ressembler la route mais je préfère laisser la surprise au conducteur.

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Vue sur Volos en redescendant le Pélion

Arrivés à Volos nous atteignons vite le port et bifurquons en direction de la mer qu’on va longer pendant quelques kilomètres, passant à travers de petits villes balnéaires. La voiture est si proche de l’eau qu’au moindre écart on glisse dans la mer, mais je sens que le conducteur est ravi. Après ces kilomètres de champs c’est tellement agréable de sentir et de voir cette étendue bleue. Il y a une odeur de vacances, un air de légèreté et…on rate l’embranchement où on doit changer de route et pénétrer dans la Péninsule du Pélion.

La route est très fatigante car nous le Pélion n’est autre qu’une grosse montagne boisée qui plonge dans la mer. Les villages se succèdent, les routes sont étroites et parfois très pentues, il nous faudra plus d’une heure pour atteindre la destination finale : Tsangarada au centre est du Pélion. Mais nous posons nos valises pour deux jours ENFIN.

 

Qu’est-ce qu’il y a à faire dans cette péninsule éloignée de tout ?

Réponse : point de grand site archéologiques ou de superbes musées mais des plages et des criques superbes, des randonnées sur d’anciens chemins muletiers, des balades dans de vieux villages restaurés, et le tout sous cet écrin de verdure qui recouvre tout le Pélion.

Tsangarada a l’avantage d’être assez central : on a pu se rendre dans deux plages différentes, dont une qui a été utilisée pour le film  Mamma Mia , vous devriez reconnaître. Ces criques étaient paradisiaques, pour la couleur de l’eau, leur location pas toujours très accessible, et le fait qu’il n’y avait presque personne.

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Village de Damouchari – lieu du tournage de mamma mia

Ici tout est calme, il s’agit plutôt d’un tourisme familial et les maisons sont cachées par l’épaisseur de la forêt, ce qui n’empêche d’avoir une superbe vue sur la mer et au loin les îles des Sporades – je vous invite à lire l’article de Jéromine sur l’île de Skiathos à ce propos. On a donc surtout croisé des Grecs, des Bulgares et des Roumains, et la plupart du temps des habitués qui ne venaient pas ici pour la première fois.

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Fakistra – magnifique crique du Pélion.

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Cette étape à été notre gros coup de cœur de ce voyage. Boire une bière grecque sous les platanes en contemplant la mer après un petit plongeon dans l’eau turquoise. Le Pélion c’est vraiment le paradis estival.

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10 minutes de descente jusqu’à Fakistra. L’arrivée en voiture est déjà assez flippante.
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Vieux village de Tsangarada avec l’un de plus vieux platanes de Grèce.

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Avec le recul je pense que 2 jours ne sont pas suffisants pour profiter de la farniente ici, notamment parce que les villages du Pélion sont tous différents. En repartant en voiture, nous sommes montés tout en haut du Mont, là où les températures avoisinent les 20 degrés en été, puis redescendus vers les villages surplombant Volos. Alors qu’à l’Est la pierre était partout, ici les maisons on été repeintes et ressemblent presque aux villages bulgares – ce qui rappelle que la Bulgarie n’est pas si loin. C’est très joli, et je conseillerai de passer une nuit dans ces coins-là.

Enfin Volos n’est pas dénuée de charme : des cafés au bord du port, quelques plages, du street art. Cette ville m’a beaucoup évoqué Varna en Bulgarie que j’avais adoré. Je pense que ca peut être une excellente étape avant de se lancer à l’assaut de l’Olympe plus au nord.

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Vieux pont de Tsangarada.

 Pratique:

  • Logement à Tsangarada: Olga Studio, Tsangarada – Olga est adorable, les studios appartements sont idéals pour deux et pas chers, la terrasse avec vue sur la mer est géniale. Et on peut y faire sa lessive.
  • Météores-Tsangarada: comptez 3h30 voire plus, selon votre aisance dans les routes de montagne.

La Phocide – le nombril du monde?

A l’heure où tout le monde part en Corse, en Italie, ou au bout du monde, un seul moyen de se sentir encore en vacances alors que je retrouve chaque matin mon métro et mon RER en direction de la banlieue nord : vous raconter enfin mes vacances en Grèce !

Je louchais depuis pas mal de temps sur toutes les photos que ma copine Jéromine postait sur instagram et sur son blog, et ça me titillait de plus en plus de visiter la Grèce continentale que je ne connaissais pas du tout. Pourtant tous ces noms font rêver et évoquent quelque chose, de vieux mythes: la Béotie, la Phocide, la Thessalie, l’Argolide…

C’est donc par région que je vais organiser ce récit de voyage et pour cette première étape, rendez-vous donc en Phocide. Le but? Rien de moins que le nombril du monde: Delphes.

Voiture pleine, GPS allumé, playlist en marche…nous voici en route pour la Phocide.

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La Phocide c’est cette région qui se trouve au nord du golfe de Corinthe, et dont le point culminant parle particulièrement aux Parisiens puisqu’il s’agit du Mont Parnasse, le vrai, celui sur lequel on peut faire de l’escalade et du ski et qui offre une vue magnifique sur la région. C’est sur ses pentes que se cache le sanctuaire de Delphes, autrefois nombril du monde et aujourd’hui complètement à l’écart des grandes voies de circulation.

Mais Delphes c’est le but de cette première étape et en bon road trip qui se respecte il faut s’arrêter en chemin pour bien profiter du pays et du paysage; on s’est donc arrêtés quelques kilomètres avant le sanctuaire pour visiter un autre sanctuaire, chrétien cette fois : le monastère d’Osios Loukas.

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Osios Loukas : l’arrêt mosaïques du séjour

En voilà un détour qui vaut le coup. D’abord parce que Osios Loukas est pratiquement sur la route de Delphes et que Delphes n’est qu’à 2h d’Athènes ; ensuite parce que ce monastère est tout de même au patrimoine de l’Unesco ; enfin parce que le lieu est superbe.

Construit au XIe siècle, sur la base d’une église datant du Xe – c’est vieux – c’est un des monastères byzantins les mieux conservés de Grèce. Non seulement on y voit des mosaïques pas dégueu, même si après Ravenne je suis un peu plus difficile au niveau mosaïques, mais aussi simplement pour l’architecture de l’Eglise qui en jette pas mal à mon goût.

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Le monastère est encore habité par quelques moines dont on distingue les cellules dans une aile où l’on n’a pas accès, ce qui ajoute au côté authentique de la visite. On a été plutôt surpris d’être quasi seuls à visiter ce site pourtant classé, mais c’était une halte charmante, parfaite aux heures les plus chaudes de la journée.

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Pour tout avouer Osios Loukas n’est pas en Phocide mais encore en Béotie, à l’entrée des montagnes de Phocide ce qui fait du lieu une bonne entrée en matière avant de savourer Delphes.

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Delphes, entre le « wahooo » et le « ohlalala qu’est ce que c’est beau »

Depuis Athènes il faut cheminer un long moment dans les montagnes avant de se retrouver dans la ville touristique de Delphes, et là on se demande où donc peut bien être le site archéologique vu qu’on n’a rien vu  qui ressemblerait à une vieille pierre. Delphes semble se cacher aux yeux du public. On est vite ébahis devant le site géologique : la vallée d’oliviers qui descend du Mont Parnasse à la mer mais point de nombril.

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En fait on ne voit pas Delphes avant d’avoir payé et d’être entré dans le site  lui-même, et là, malgré de nombreuses ruines et aucun temple du sanctuaire ne tenant plus debout, la magie opère. Il faut bien deux heures pour profiter du site, et une ou deux autres pour apprécier le musée en contrebas.

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Delphes est un grand site en plein soleil, comme la plupart des sites archéologiques, mon conseil est donc de faire comme ce que nous avons fait : le visiter en fin de journée. En été les horaires sont plus larges et on peut y venir jusqu’à 20h, il y fait alors bien plus frais, la lumière est plus belle et, détail non négligeable, les cars de touristes sont partis : vous serez seuls avec la Pythie.

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Symbole du monde grec antique on date l’apparition d’un sanctuaire dès 800 avant J.C – donc il y a vraiment très très longtemps. D’après ce que j’ai compris on a construit un autel sur une  probable fissure naturelle de la montagne d’où sortent des vapeurs : la fameuse pythie, placée à cet endroit, se retrouve en transe et soumet à interprétation les prophéties qui sortent de ses hallucinations. Même s’il a fortement décliné après la grande période grecque le sanctuaire a continué de fonctionner jusqu’à ce que les rites païens soient interdits lors de l’Edit de Théodose – en 392.

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En arpentant le site on voit des ruines des anciens « Trésors » des cités, c’est-à-dire des petits temples où les cités faisaient des offrandes à Apollon, Dieu qui règne sur le sanctuaire, mais aussi un théâtre, ou un stade romain, et bien entendu le fameux temple d’Apollon dont il ne reste que quelques colonnes. La plupart des belles pièces retrouvées sont au musée qui vaut vraiment la peine : des colonnes, des bijoux et le nombril du monde (c’est une grosse pierre).

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Quand on monte tout en haut de Delphes on arrive au Stade. C’est calme, c’est sauvage et il fait plus frais.

 

Vous l’aurez compris Delphes a été un des moments préférés de mon voyage: l’emplacement est magnifique, et si j’avais été Américaine je n’auras pas lésiné sur les “amazing”. Je conseille à tout le monde d’y venir, même si vous ne faites qu’un long week-end à Athènes, le site est assez proche pour y aller en une journée.

Si j’avais eu plus de temps j’aurais adoré flâner un peu plus longtemps en Phocide : aller jusqu’à la mer à Galaxidi, passer dans la plus grande oliveraie du monde et pourquoi pas faire de la varappe sur le Mont Parnasse !

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Pékin et la Muraille.

Pékin nous a accueillies dans la nuit, après 27h de voyage. 27h c’est long sur le papier, mais après ce long mois on avait nos habitudes. Les vêtements choisis méticuleusement pour aller aux toilettes quand on voulait, se changer facilement, se mettre à l’aise. La nourriture en quantité suffisante et même plus peur de tester les bonbons bizarres que nous proposent les vendeurs ambulants. J’ai fini mon livre du moment – je lisais alors “l’amie prodigieuse” d’Elena Ferrante – et j’ai enfin eu le courage, et pas d’autre choix, de commencer « L’amour au temps du choléra »de Gabriel Garcia Marques . On a regardé le paysage défiler en essayant de deviner sur la petite carte de Chine du Routard où nous pouvions bien être. De quelles villes venaient les lumières qu’on voyait défiler du train. Et au bout du train l’une des gares de Pékin, je veux dire Beijing. Du monde partout, une queue qui nous ferait cauchemarder à Paris, ici on  n’était pas pressées, encore en vacances, on s’y attendait à ce monde. On était arrivées à Pékin après tout: 21 millions d’habitants plus les touristes.

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Pékin nous a accueillies comme partout ailleurs en Chine : avec des danses et des passants qui nous aident à trouver notre chemin. Un chemin incertain qui se faufile au milieu des hutongs, à quelques pas d’un quartier des affaires.Ici nous prendront un starbuck le matin, nos tongs jurant avec les escarpins des femmes qui travaillent dans la tour HSBC.

On n’a pas trop aimé Pékin. Enfin non. On a aimé Pékin, mais on a aimé ce qu’elle doit être au printemps, en automne. Sûrement pas en été où la chaleur sèche étouffe, où la vision de ces millions de touristes oppresse. Et on en a conclu que Pékin n’était pas une étape de fin de voyage. Alors un autre jour, on commencera un nouveau périple en Chine à partir d’ ici.

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  1. La cité interdite

La cité interdite, la place Tian anmen, le mausolée de Mao: ces incontournables de la Chine qu’on a visités au pas de course, plus par devoir que par plaisir. On en avait rêvé pourtant de  cette merveilleuse cité interdite. Mais après la place du village de Jianshui, le grand édifice rouge qui domine la place m’a paru presque petit. Et ce monde, ce monde mon Dieu ! Nous n’avions qu’une hâte : sortir à toute vitesse de cet endroit.

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S’il avait fait plus frais, s’il y avait eu moins de monde nous aurions sans doute pris le temps d’admirer ses différents palais. Les boiseries décorées, la multitude de toits qui s’étendent jusqu’à la colline, la perspective impériale qui s’ouvre devant nous à chaque porte. Mais il était impensable de traverser la place. Il fallait trouver vite un endroit où se poser, un endroit où manger, boire un coca frais – sans glaçon – et essayer d’apprécier Pékin.

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  1. Temple des lamas et les hutongs

Ce que je retiens de Pékin ce sont les hutongs, j’ai tellement aimé que je n’ai même pas trouvé le temps de sortir mon appareil pour en faire quelques photos. A l’ouest des lacs, non loin de la cité interdite, nous avons marché dans les hutongs.Il n’y a rien de fameux, mais pour une fois il n’y a personne. Ça ne respire pas l’attraction touristique, ce sont simplement de vieux quartiers laissés en l’état, et il y en a partout en ville. Nous sommes arrivées ainsi jusqu’au temple des lamas. Un must do de Pékin. Il faisait plus frais, peut être du fait des arbres, de l’architecture dégagée, de l’ambiance propre aux temples bouddhistes. Ici nous avons eu le temps d’admirer les boiseries, dehors, dedans, assises, debout, en discutant, en nous taisant.

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Près du temple se trouvent encore d’autres hutongs, plus vivants. Ici un café, typique des cafés chinois on le sait maintenant, avec un thé glacé pris bien installées dans un canapé, des bouquins partout, et en même temps un petit quelque chose de très chinois. De cette modernité chinoise particulière : tout est calme, nonchalant. La vie à la chinoise. En face des petits vieux ont sorti leur sofa et discutent en regardant les passants. Il y a des cartes par terre car ici aussi on joue sans cesse.

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Cette après-midi aura été placée sous le signe du cool. En déambulant presque au hasard dans les rues où se trouvent des magasins, des boulangeries, des cafés puis des temples on profite enfin de la vie pékinoise qu’on nous a vendue tout au long de notre séjour. Lorsqu’on rencontrait des étudiants venus faire une année à l’étranger notamment. C’était une image qu’on ignorait avant d’arriver en Chine, une image de Pékin en nouveau Berlin. Mix des villes du sud et de culture underground avec une grosse dose de chinoiseries.

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  1. Je me prends pour Mulan à Jinshanling

On a les références qu’on peut, et moi j’avais Mulan en tête lorsque je marchais sur la Muraille. Ici encore l’excursion était organisée par notre auberge:  Jinshanling est assez loin de Pékin, elle est aussi plus sauvage tout en étant restaurée. C’est une vraie rando : quelques heures sous le cagnard, on transpire instantanément, ça descend et ça monte surtout. Tellement qu’il faut souvent s’aider des mains: « Like a monkey » nous dit la guide hystérique et tyrannique dont on ne comprend que quelques mots d’anglais mais qui arrive à effrayer tout le groupe.

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A Jinshanling on peut être parfaitement seul à certains moments. Il faut faire attention, il s’agit d’une véritable ascension dans une ruine.  On doit aider une Coréenne qui se sent mal. Heureusement il existe des chemins pour redescendre facilement, et en particulier le chemin chinois – autrement dit le téléphérique. Il est difficile de se rendre compte que nous y sommes. La Grande Muraille. Sous un soleil qu’on distingue malgré l’épais voile  de pollution. Un soleil qui ressemble à ces soleils d’Asie, rond,voilé, qui dégage cette lumière si particulière de fin d’été, nous chauffant jusqu’à l’épuisement. On aura marché sur la Muraille. Et ça aura été fatiguant !

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  1. Quitter la Chine

L’homme en vêtements de travail orange est toujours au bout de la rue. Accroupi sur ses pieds il arrive dès 5h, se met dans cette position et repart le soir. Consciencieusement chaque jour il se pose sur son semi trottoir et regarde. La rue est pleine de poussière et le béton n’est pas encore posé. C’est sûrement une partie de son travail. Ou peut-être est-il simplement chargé de surveiller l’entrée de la rue. A quelques mètres de là un homme hèle le bus pour les passants. Il ne monte pas dedans puisque c’est son métier : héler le bus. A l’heure du repas il prend un poulet rôti chez le marchand du coin, un marchand qui a la cote. Tout le monde s’y presse, prêt à faire de longues minutes de queue. Nous avons cédé nous aussi. C’était simplement un poulet, un peu sec et pas facile à manger sans couverts. Un starbuck  à la main  je reviens vers l’auberge. De la terrasse je vois les tours d’affaires, les toits des temples et ceux des hutongs. Un chien sur la maison d’en face et le vieil homme toujours accroupi à l’entrée. Il est temps de prendre le métro, l’avion et de revenir, épuisée mais heureuse, convaincue que je reviendrai bientôt.

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En Pratique :

  • Prévoyez une excursion sur la muraille avec votre hôtel ou auberge, elles sont chères mais éviter la difficulté de s’y rendre par ses propres moyens vaut le coup ! En prime vous aurez l’éternel déjeuner en groupe dans un restau du coin, ça permet de goûter à de nombreux plats qu’on ne commanderait pas soi-même.
  • Prévoir de bonne chaussures et de grosses bouteilles d’eau pour la rando. Un homme vous vendra un coca hors de prix (prix parisien) à un endroit stratégique de la muraille, mais si vous pouvez l’éviter…
  • Pékin n’est pas une si grande ville. Ou plutôt le centre historique se fait à pied quand on aime marcher de longues distances. Comparé à Chengdu ou Canton les arrêts de métro sont plus rapprochés. Le métro dessert tout, et surtout il est à seulement 30min de l’aéroport en train direct.
  • Si vous pouvez trouver un logement dans les hutongs c’est le must : plus calmes, quartiers traditionnels, ça donnerait envie de rester dans son auberge tout le temps.

Mon premier trek – Lijiang et les Gorges du Saut du Tigre

Les routes des voyageurs au Yunnan ne sont pas très nombreuses, nos deux nouveaux compatriotes rencontrés à Shaxi suivent le même parcours que nous et se dirigent vers Lijiang, encore plus au nord, pour faire du trekking dans les Gorges du Saut du Tigre.

Rien que ce nom nous effraie. Et pourtant c’est bien pour faire ce trek que nous avions décidé la semaine précédente de ne pas nous rendre dans la jungle du sud du Yunnan. Le trek des Gorges du saut du Tigre est réputé pour ne pas être particulièrement difficile hors saison des pluies. Bien évidemment nous sommes en pleine saison des pluies, les chemins pierreux ont toutes les chances d’être trempés et glissants et la randonnée de devenir dangereuse. D’où notre hésitation. Mais nos nouveaux amis sont des habitués de la montagne qui grimpent les sommets depuis déjà quelques mois, ils sont en quelques jours devenus nos guides et nous nous fions totalement à eux. Alea Jacta Est, nous partons pour Lijiang avec la ferme intention de réussir ce trek !

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  • Lijiang – ou les ravages de l’UNESCO

Lijiang surprend au premier abord par son climat : il pleut, il fait 20 degrés et je trouve enfin une utilité à mon jean et à mon sweat ! Puis on comprend vite que la vieille ville, celle qui a été classée au patrimoine de l’UNESCO en 1997 n’est plus vraiment une ville : il faut payer pour rentrer dans l’enceinte et payer cher. En effet toutes les maisons et les rues sont belles, préservées, une vraie ville où filmer des films chinois d’époque. Mais les maisons n’abritent que des commerces à touristes, et ces derniers sont légions. Une petite atmosphère de Disney Land règne sur Lijiang. Et on se demande si l’Unesco fait autant de bien qu’on le pense à ce qu’elle classe patrimoine mondial !

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Ce n’est pourtant pas une raison pour bouder la ville. Parce qu’elle est un carrefour inévitable pour ceux qui souhaiteraient continuer vers le Tibet, les lacs du nord ou le fameux trek des gorges. Comme partout en Chine on peut profiter de Lijiang dès qu’on s’éloigne des axes principaux. Et la ville devient admirable lorsqu’on se retrouve seul dans les rues, qu’on surplombe l’immense étendue de toits traditionnels depuis la grande pagode Wang Gu Lou, et surtout lorsqu’on se promène dans le parc de l’étang du dragon noir. Les chinois n’ont pas leur pareil pour trouver des noms fabuleux qui touchent l’imaginaire. D’ici on aperçoit le mont du Dragon de Jade encore enneigé malgré la saison. Mont du Dragon de Jade. On s’en rapprochera le lendemain en prenant la route pour les gorges.

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  • Les Gorges du saut du Tigre

2 jours. 5h/7h le Premier, 2h30 le Second.

3900m au-dessus des gorges les plus profondes de Chine. Des falaises qui plongent dans le précipice. Un chemin face à l’Himalaya. Nous y sommes. Les Gorges du Saut du Tigre, et deux jours de randos avec une halte au ¾ du trek dans une auberge de jeunesse.

Le début de la randonnée nous a assez déçues. Ca monte raide, pendant longtemps, c’est sympa mais sans plus. Nous avons du mal à respirer, la vue sur le Yangzi et les villages industriels en dessous ne fait pas rêver. Puis la forêt arrive et le plat avec elle. Un coca et c’est reparti. Il parait que la partie la plus dure de ce trek ce sont les 28 lacets qui emmènent au point culminant. Je ne pense pas être la seule à le penser : les 28 lacets ne sont pas plus durs que ceux d’avant, ils le sont même sûrement moins parce qu’on s’y attend. Mais à ce moment la rando devient vraiment sympa. On est dans la forêt, la vue sur les montagnes environnantes dépayse de plus en plus, et arrivés au sommet le panorama nous récompense largement. Il nous suivra durant tout le reste du trek !

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Après 6h de marche nous nous arrêtons dans l’auberge Half Way guest house. Un repas sur la terrasse face à l’Himalaya. What else ? Je ne me lasse pas de regarder, de prendre en photo ce paysage pour m’en imprégner, pour être sûre de bien m’en souvenir. Mais comment oublier ? La saison des pluies ne nous permet pas de voir les sommets, nous devons les deviner. Les nuages hantent cette région, la rendent plus mystérieuse, et je peux imaginer ce qui se cache dans ses montagnes qui mènent au Tibet. Quel moine y a trouvé retraite ? Quel alpiniste s’y est aventuré ?

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Le chemin est effectivement boueux et glissant, je suis bien heureuse d’avoir fait les ¾ de la rando la veille car c’est bien la seconde partie du trek qui est la plus dangereuse. Il ne faut qu’un peu plus de 2h pour rejoindre l’endroit où les gorges sont le plus étroites, qui est également la fin du trek, là où les bus viennent rechercher les touristes (ceux qui ont fait le trek et les autres). Ce sont deux heures où nous craignons légèrement pour nos vies. Même si les chemins sont assez larges, il vaut mieux ne pas avoir le vertige. Mais le paysage est toujours à couper le souffle et on s’arrête régulièrement pour souffler, de fatigue, et d’émerveillement.

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Arrivées à Quiatou nous abandonnons nos comparses avec qui nous avons passé 5 jours, ils poursuivent le trek plus loin, vers Haba, dans l’espoir d’arriver au camp de base de la montagne du Dragon de Jade. Vu les conditions rien n’est s^rr alors on les abreuve de recommandations, bien conscientes que s’il leur arrive quelque chose nous serons les dernières à les avoir vus… (Rassurez-vous, il neigeait effectivement trop, et malgré les achats de matériels que nous avions faits à Lijiang, ils ont renoncé à leur ascension).

Ce que j’ai aimé dans le trek : on n’y est jamais seul ! Sans être une autoroute, en cette saison du moins, on trouve forcément des gens avec qui faire le trek, c’est rassurant et ça permet de trouver quelqu’un qui a le même rythme – je remercie d’ailleurs Clinton, backpacker Canadien qui était à mes côtés quand je me suis ENCORE fait une entorse au milieu de nulle part et qui avait avec lui les médicaments pour m’aider à finir le trek.

 

Comment s’y rendre ?

Le plus simple est encore de demander à votre auberge à Lijiang. Des allers-retours sont organisés chaque jour. Vous pouvez soit faire le trek, soit prendre un bus pour suivre les Gorges avec la route – un trek à la chinoise en somme. Certaines auberges de jeunesse proposent de porter vos affaires jusqu’à Qiatou – la fin du trek – pour ceux qui souhaiteraient continuer leur route sans repasser par Lijiang. Par exemple si vous voulez aller à Shangri La. Arrivés à Qiatou un bus vous ramènera à Lijiang.

L’entrée dans le parc des Gorges du Saut du Tigre est payante, le parc est aussi classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le point le plus resserré des gorges, là où on voit et on entend de très très près l’eau tonitruante, est lui aussi payant (vive la Chine).

Point matériel: Je n’ai pris qu’un sac à dos 20L qui suffisait largement pour y mettre une serviette microfibre, de quoi se changer, un vêtement de pluie – nécessaire en cette saison – et de quoi manger à midi.

Dali & Shaxi – La dolce vita en Chine

Il existe un train de nuit qui va de Jianshui à Dali et qui n’est pas indiqué dans les guides. La gare est nouvelle elle aussi, et introuvable pour quelqu’un qui n’est pas de la ville : un bâtiment fermé la moitié de la journée, entouré de tentes qui vendent de quoi se sustenter pour la nuit. Ce train est bien pratique, il nous a permis d’arriver au matin à Dali, après une bonne nuit de sommeil #lovelescouchetteschinoises, prêtes à entamer notre découverte du centre du Yunnan : de Dali à Shaxi.

Dali – 2000m d’altitude, région de la minorité Bai, la vieille ville encore charmante  s’étend aux abords du lac Erhai.On construit  partout à Dali, enfin partout en dehors de la vieille ville, il parait que c’est le Saint-Tropez chinois, un Saint-Tropez au milieu des montagnes qui a fait disparaitre peu à peu les activités traditionnelles de pêche autour du lac, les villages sont devenus touristiques et pourtant il y  reste un petit quelque chose de reposant et de simple. ce petit quelque chose qui la rend incontournable.

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  • Dali – la flâneuse

Dali est un havre de paix pour touristes occidentaux fatigués de voyager. Et c’est aussi un lieu de rencontre des expats qui ont trouvé refuge en Chine. La vieille ville ceinte de murailles est suffisamment petite pour qu’on en fasse  le tour en une journée, mais elle donne envie de s’y arrêter pendant plusieurs jours pour ne rien faire : siroter un thé froid, regarder les passants, traîner dans une librairie et sortir boire un verre chez Ghuilain, un français d’Angoulême installé ici depuis 7 ans.

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En deux jours on reconnait déjà des gens, on sent que les expats sont heureux de pouvoir discuter un peu du pays, de l’Europe, on salue les gens dans les rues, on se sent très vite chez soi à Dali. Dans les rues aux vieilles maisons qui n’ont rien perdu de leur charme se suivent les cafés cosy – on se croirait dans le 11e à Paris – les boutiques touristiques mais aussi les petites boutiques plus typiques où on peut manger des mets étranges, traditionnels de la région. Mais nous ce qu’on a préféré faire c’est suivre un cours de cuisine pour enfin apprendre à faire les dumplings qu’on aime tant !

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  • Dali la sportive

Coincée entre les monts Cangshan et le lac Erhai il est très facile de se mettre au sport à Dali. On a laissé tomber les randos – sans plan, sans s’y connaitre beaucoup, mieux valait ne pas tenter le diable, sans compter que des rumeurs de brigandages courent dans le coin – mais on a loué des vélos pour pédaler aux abords du lac et prendre notre selfie  au milieu de dizaines de chinois faisant de même.

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Le lac est immense et malheureusement la route ne le suit pas toujours, je pense que pour mieux en profiter le scoot est, là encore, une meilleure option, si on souhaite aller jusque dans les villages en tout cas.

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  • Shaxi – enfin au calme

Nous avions prévu un jour de rab dans notre planning au cas où: ce fut une évidence en arrivant à Shaxi que nous allions l’utiliser pour rester ici deux jours au lieu d’un seul. Sur la route du thé et de chevaux – rien que ça – Shaxi est une petite ville, presque un village, située à 2h de Dali et de Lijiang, et elle a la particularité d’être entretenue par une association suisse qui la préserve encore du tourisme de masse. Un peu d’authenticité dans cette Chine de la modernité.

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On n’en est certes plus aux boutiques artisanales, ces dernières sont remplacées par des cafés cosy et des magasins de babioles – cartes, bouquins – qu’on aime trouver dans nos villes occidentales, mais l’ambiance y est calme, reposante. Une seule grande rue traverse la ville pour descendre vers la rivière et atterrir dans les champs. Au centre du village une grande place où se font face un temple et un vieux théâtre. Tous les bâtiments sont merveilleusement bien conservés, et notre auberge, qui se situe sur la place ne fait pas exception. Rester un jour de plus à Shaxi c’est rester un jour de plus à boire un thé avec vue sur les montagnes, à profiter de la Chine rurale.

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  • Shibaoshan – les monts du trésor de pierre

C’est à ce moment de calme et de volupté que deux énergumènes font irruption dans nos vies : Naftali et Ian, deux jeunes backpackers de 21 ans qui voyagent ensemble depuis 3 mois. L’un est israélien, l’autre américain et ils nous ont repérées depuis Dali. (Il faut dire que la plupart des voyageurs empruntent les mêmes routes au Yunnan, on est peu mais on se retrouve vite malgré l’immensité de la Chine). C’est le moment de donner un tournant plus sportif à notre séjour : ils nous proposent de nous emmener en rando dans les Shibaoshan, ces montagnes non-loin de Shaxi qui abritent des grottes et temples, et surtout l’idée est d’y aller en stop. C’est tellement bon de ne prendre aucune décision qu’on se laisse guider.

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Les nuages qui stagnent autour de Shibaoshan ajoutent à l’ambiance mystique du lieu, les cris des singes dans les arbres et ce long escalier menant aux temples encore cachés par les épais feuillages nous transportent dans une Chine encore inconnue. A 3000m d’altitude la montée est assez rude mais les temples sont superbes, la vue à couper le souffle et on est heureuses d’avoir fait des efforts.

Que faire à Shibaoshan ? Il s’agit en fait d’un parc, payant comme absolument tout ce qui est touristique en Chine, qui abrite plusieurs temples dans les montagnes, plusieurs randos sont alors possibles. Nous nous sommes contentées de la première, la plus accessible. Compter 2h de rando pour faire le tour de 3 temples et avoir un point de vue sur les montagnes. Pour les plus sportifs, les autres montagnes valent probablement le coup.

Une chose est sûre : Shaxi doit être un passage incontournable d’un voyage au Yunnan ! Jugez plutôt…

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Se rendre à Dali et Shaxi:

  • le train depuis Kunming ou Jianshui (nouvelle ligne) vous dépose à Xiaguan la nouvelle ville. D’ici il faut prendre le bus pour se rendre à la vieille ville
  • Un aéroport dessert la ville
  • Shaxi: bus depuis Dali à prendre à la station de Bus, la plupart du temps ce sera indiqué dans les auberges. Le bus nous a abandonnées sur une aire au milieu de rien où un mini-van est venu nous chercher. On ne sait pas comment, ni pourquoi, mais nous sommes arrivées à Shaxi dans les temps prévus et sans problème.

Où dormir:

  • Dali: Jade Emu guesthouse, juste après les remparts de la ville. Très bonne auberge avec une cour agréable, et possibilité de manger des pizzas (ce qui est un luxe après plus de 2 semaines à manger du riz)
  • Shaxi:Shaxi horse pen 46, auberge dans une vieille maison bai avec cour, porte qui ouvre sur la rivière, vue sur les montagnes. Et surtout DEUX GROS CHIENS baveux à cajoler. Sur la place du village.

Cours de cuisine à Dali: Rice & Friend

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Yuanyang – retraite dans les rizières

Mercredi 22 juin – 11ème réveil en Chine

Voici deux jours que nous sommes à Pugaolao, un village au cœur des rizières de Yuanyang, les plus belles rizières du monde parait-il. Arriver jusqu’ici, dans les montagnes du Sud du Yunnan, n’est pas une mince affaire. Depuis Jianshui nous avons dû prendre le bus de 10h11 à la gare routière, lequel nous a acheminé plus ou moins péniblement jusqu’à Xinjie appelée plus communément Yuanyang, en passant par Nasha – nettement plus peuplée. Nous avons longé le fleuve rouge dont l’eau prend cette teinte étrange au contact de la terre rouge du Yunnan. Nous avons pu admirer des rizières en terrasse à n’en plus finir, et s’étonner des routes cahotantes pour monter toujours plus haut dans les montagnes. A Xinjie un minibus nous attendait pour nous mener jusqu’à Pugaolao.

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Pour une fois nous ne voulions pas négocier, erreur car nous avons dû payer l’entrée dans le parc des rizières, classé au patrimoine de l’Unesco, alors même qu’il était exceptionnellement gratuit ce jour-là. Mais après quelques 7h de transport et une vessie pleine, nous ne voulions qu’une chose : trouver notre auberge. Et c’est uniquement grâce à notre incroyable patience que nous n’avons pas précipité du haut des rizières les Coréens nous accompagnant dans le minibus qui souhaitaient s’arrêter tous les 10 mètres pour prendre une photo. Mais cette journée fatigante valait largement le coup : Pugaolao est un lieu encore perdu dans les montagnes, nous y étions seules touristes et nous avons pu deux jours durant découvrir au plus près les coutumes locales et explorer les rizières.

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  • Randonner dans les rizières

Nous logions dans une auberge dans le bas du village, non loin de la place principale d’où on pouvait observer le lever du soleil. Malheureusement pour nous juin n’étais pas la période idéale pour voir les rizières, en tout cas pas la saison où elles se montrent sous leur plus beau jour mais en compensation nous étions seules dans notre auberge et Alice, l’hôtesse, s’est occupée de nous pendant deux jours entiers. Elle nous a dessiné une carte des rizières alentours avec les noms des villages en anglais et en chinois, et le chemin de randonnée principal. Nous pouvions ainsi demander notre chemin à tous les Chinois que nous croisions. Yuanyang est désormais au patrimoine de l’Unesco mais c’est encore trop peu connu des occidentaux et surtout des Chinois eux-mêmes, une jolie rando de 3h où nous serions totalement seules nous attendait donc.

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C’était aussi superbe que ce qu’on pouvait imaginer, et plus dépaysant que prévu : on n’avait pas tout à fait compris qu’on risquait de croiser des troupeaux de bœufs, de se faire racketter par des petites vieilles avec leurs hottes sur le dos, et qu’on serait en fait en plein milieu des rizières. Les nuages montaient lentement de la vallée et recouvraient peu à peu les rizières vertes qui s’étendaient à perte de vue. Nous sommes passées par de nombreux villages, avons croisé nombre d’homme ne faisant rien pendant que leurs femmes revenaient de la ville surchargées, plus belles que jamais dans leurs costumes d’un bleu électrique.

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  • Les minorités : à la rencontre des Hani et des Yao

Je pense pouvoir dire sans me tromper que Yuanyang a été le cœur de notre voyage en Chine et le moment où nous avons été les plus proches des Chinois, ou plus exactement des minorités chinoises. Le Yunnan est la province chinoise abritant le plus de minorités et les montagnes du district de Yuanyang ont été originellement peuplées par des peuples tibeto-birmans dont les Hani qu’on suppose être les premiers à avoir bâti des rizières en terrasses. A leurs côtés vivent des Yao et des Yi, chacun se différenciant par les couleurs et les costumes qu’il arbore. Au Yunnan les costumes traditionnels ne sont pas du folklore, ils sont encore l’habit de tous les jours et nous nous sommes vite senties étrangères avec nos jeans et nos t-shirt citadins.

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En visitant dans le sillage d’Alice nous avons pu rencontrer et côtoyer les Hani : elle nous a d’abord emmené au marché du plus grand village du coin. Ici aucune photo, cela aurait semblé déplacé et nous ne passions pas vraiment inaperçues. C’ést le marché le plus authentique où je suis allée de toute ma vie. A côté des marchands de tissus et de légumes on vendait des animaux : poules, porcs et autres. Un vrai marché à l’ancienne, bouillonnant, fascinant, entre les Hani aux couvre-chefs bleus et les Yao aux jupettes multicolores. Plein de petites femmes à la peau brunie et ridée par la soleil avec leurs hottes sur le dos.

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Le soir c’était la fête annuelle pour l’entrée du parc au patrimoine de l’Unesco. Cette fois-ci l’idée était de faire la fête avec les gardes des parcs, des amis d’Alice et de danser autour du feu sur de la musique Hani – une musique qui rentrait dans la tête. A notre arrivée on a pu découvrir la tradition chinoise : chacun nous a porté un toast, mais Alice nous a vite fait comprendre qu’on ne devait pas boire à chaque fois, sinon on ne tiendrait pas la soirée. On avait au moins l’assurance que tout cet alcool ingéré préviendrait les intoxications alimentaires : poissons pêchés dans les rizières, viandes d’on ne sait quelle provenance, le festin devant nous était fameux mais on avait un peu peur pour nos estomacs !

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Alice nous a fait faire le tour de la montagne avant de nous ramener à Nansha, à 1h30 de Pugaolao. Le calme des rizières que ne brisaient que les beuglements des vaches, et les cris des porcs ; l’incroyable vue sur la montagne, les villages Hani et les rizières ; la fraîcheur enfin retrouvée allaient nous manquer. Mais c’en était fini du sud, il était temps de remonter le fleuve rouge vers le nord : direction Dali.

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Jianshui – In love with le Yunnan

 

En partant de Guilin nous en savons un peu plus sur notre itinéraire : jusqu’à présent nous savions que nous allions dans le Yunnan, le cœur de notre voyage, mais pour y faire quoi ? Pour y voir quoi ? Après le lourd trajet de Guilin à Kunming, ville du printemps éternel et capitale du Yunnan, nous avons bien compris que la Chine est plus grande que nous l’imaginions. Le moindre trajet se compte en heures, et la plupart du temps à bord de bus pas toujours bien portant – la ceinture de sécurité étant clairement en option.

Nous avons du choisir entre la région du Xishuangbana tout au sud de la province, à la frontière de la Birmanie et du Laos – une région où j’aurai pu découvrir la jungle et le climat propre aux pays sud asiatiques – et un trek dans le nord, aux fameuses gorges du saut du tigre.

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Avec toute la difficulté qu’imposent les choix, surtout en voyage, surtout dans des lieux aussi reculés où on ne pense pas forcément revenir un jour, nous avons décidé de ne pas aller plus au sud que les rizières de Yuanyang, et de remonter vers les montagnes loin de la chaleur étouffante et humide du Mékong. Nos prochains jours sont alors tout tracés : une halte dans la ville de Jianshui avant de goûter aux charmes des plus belles rizières du monde – à ce qu’il parait.

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Kunming nous avait déjà réconciliées avec les villes chinoises : portant bien son nom de ville du printemps, le climat y était ENFIN très agréable. Loin des foules de touristes nous avons découvert avec plaisir le superbe temple de Yuantong, un havre de paix en plein centre-ville, et nous nous sommes baladées le soir le long du grand parc de la ville, à l’heure où les étudiants sortent leurs guitares, où les plus âgés dansent et chantent, et où de nombreux chinois font leur jogging. A retenir : Kunming est presque plus vivante à la nuit tombée que de jour, comme une jolie ville de vacances où il fait bon vivre.

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Mais mon coup de cœur du voyage – mon immense coup de cœur- a été la ville de Jianshui, que je prenais au départ pour un village, un village de la taille et de la population de Strasbourg à peu près, et qui est presque totalement oublié des touristes, chinois ou occidentaux. Jianshui est à quelques heures en bus de Kunming et possède depuis peu une belle gare située à un trentaine de minutes de la ville, une gare au milieu de rien, qui n’est pas ouverte toute la journée mais qui dessert les principales villes de la région !

 

La particularité de Jianshui c’est d’avoir conservé ses vieilles maisons devenues aujourd’hui des commerces. La principale attraction est alors de se promener dans la vieille ville depuis la grande porte du soleil, plus impressionnante à mon goût  que la porte de la cité interdite. Des petites rues, de belles maisons, des scooters, des taxis, des marchands ambulants, Jianshui est une ville très vivante et les Chinois avaient l’air franchement étonnés de nous trouver là.

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  • Les jardins de la famille Zhu

Quel bonheur de visiter un jardin chinois avec ce silence et cette impression d’être presque seules ! La résidence a été construite à la fin du XIXe siècle  et abrite de beaux jardins, un théâtre sur l’Eau, des cours intérieures et de beaux pavillons d’habitations. Une visite incontournable selon moi. Elle ressemble à d’autres visites de résidences que vous pourrez faire en Chine – à Canton, Pékin, etc – à la différence que vous y serez tranquilles, l’idéal pour profiter vraiment de la beauté et de l’ambiance paisible des jardins chinois.

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  • Le temple de Confucius

Second plus grand temple de Confucius en Chine je ne pouvais manquer de le visiter malgré le prix toujours très élevé. Construit  sous la dynastie Yuan en 1285 – donc vieux – à l’époque où des membres de la famille impériale avaient été déportés dans le Yunnan, ce temple était un moyen pour eux de conserver leur identité par la culture et la science. J’y étais en fin d’après midi au moment où les vieux chinois quittent le banc sur lequel ils jouaient et papotaient depuis des heures pour se mettre à faire du sport – c’est-à-dire faire des tours du lac seuls ou à plusieurs en marchant de plus en plus vite, l’un des moments les plus WTF de ma vie.

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J’étais ABSOLUMENT seule dans le temple et bien entendu je n’ai pas entendu la cloche qui signalait la fermeture, c’est au moment de ressortir que j’ai trouvé portes closes. Partagée entre la panique et le rire j’ai finalement trouvé un gardien qui s’est précipité pour m’ouvrir les immenses portes. Et c’est sans doute en sortant du temple que la vue est la plus belle : le soleil couchant sur les montagnes vertes et la terre rouge du Yunnan.

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  • La Tour face au soleil

Impossible de la manquer, cette porte démesurée bâtie en 1389 s’élève plus haut que tous les bâtiments de la vieille ville et sur sa place se retrouvent les Chinois de tout âge pour jouer au Majong ou simplement regarder les passants. Et pour la première fois de notre vie nous avons vus tous les regards se tourner vers nous au même moment et nous suivre un longuement. Difficile de faire comme si de rien n’était, difficile d’observer les habitants de façon naturelle, mais ils ont fini par nous oublier et vaquer à leurs occupations. La porte du soleil marque la limite entre la vieille ville et la nouvelle ville plus poussiéreuse et bruyante. Une ville chinoise comme je m’y attendais.

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Pour ceux qui souhaiteraient prolonger leur séjour à Jianshui, aux alentours de la ville se trouvent la résidence de la famille Zhang ou encore le pont du double dragon, deux visites qui – apparemment – valent le coup. Quoi qu’il en soit, rester une journée de plus dans ce havre de paix à mi-chemin entre la ville et la campagne chinoise ne peut qu’être une bonne idée !

 

 

ARRIVER A JIANSHUI depuis Kunming :

  • En bus compter 3h de trajet, le bus se prend de la gare ferroviaire de Kunming, il y en a à peu près 20 par jour
  • En train : la gare de Jianshui est très éloignée du centre-ville, il vous faudra prendre un taxi, le prix est d’environ 30 yuans

OU ALLER après Jianshui ?

  • Pour Yuanyang : prendre le bus de 11h34 (qui passe précisément à cette heure- là) à la gare de bus de Jianshui. Pour se rendre à la gare ferroviaire un bus traverse le centre, le taxi coûte environ 6 yuans. 3h de voyage, arrêtez-vous à la grande ville de Xinje pour prendre un mini-bus pour les villages.
  • Pour le Xishuangbanna : vers Jinghong- 2 bus couchettes directs à 19h et 20h
  • Pour Dali : gare ferroviaire, bus de nuit départ vers 17h, 12h de train.