Escale à Livingston – Guatemala

Nouveau jour, nouveau départ. Nous partons aujourd’hui en bus pour traverser le pays du nord au sud avant d’arriver au lac Izabal ou nous espérons être à temps pour monter dans un bateau, ou plutôt une lancha, en direction de Livingston.

Livingston, outre son nom qui fait immédiatement appel à un imaginaire de grand explorateur et qui est donc une promesse d’aventures, fait rêver par sa position et son histoire. Située à l’embouchure du Rio Dulce sur la côte Caraïbe, la ville n’est accessible que par bateau à travers des gorges où vivent des milliers d’oiseaux. Ça vous met l’eau à la bouche ? Nous aussi.

Livingston est aussi l’une des seules villes du Guatemala où survit la culture Garifuna, cette culture encore très présente au Bélize, qui mélange culture afro-caribéenne des anciens esclaves enfuis de Sainte-Lucie et culture maya. On était donc absolument sûres d’avoir un coup de foudre pour Livingston, c’est peut-être pour cette raison que nous avons finalement été déçues. Bien évidemment ce n’est pas du tout un endroit que je déconseillerais et les guides sont souvent assez unanimes dessus : c’est super. Nous avons d’ailleurs conseillé à chaque voyageurs qui visitait le Guatemala de s’y rendre, mais après la découverte du Belize nous avons eu un ressenti de « c’est pareil, en un peu moins bien. »

P1090491

Florès-Livingston: un trajet (presque) enchanteur

Mais revenons à notre bus. Il est tôt et nous attendons aux portes de la ville de Florès un bus qui semble assez moderne mais qui se révèlera au final pas du tout adapté au chemin. Bien installées, nos écouteurs sur les oreilles le spectacle peut commencer : après la jungle et les campagnes guatemaltèques nous traversons l’un des paysages qui m’aura peut être le plus plu du Guatemala. Au milieu d’une végétation luxuriante s’élèvent des sortes de pics karstiques que nous admirons tantôt sous une puissante pluie tropicale, tantôt sous un soleil doré. Il est impossible de rendre ces nuances de vert, les halos brumeux et les traînées de nuages qui saupoudrent ce paysage assez féerique et que nous admirons pleinement en arrivant au sommet de certaines routes. C’est par ici que se cachent les chutes de Semuc Champey que nous n’avons pas inscrites dans notre planning, avec quelques regrets mais nous ne pouvions pas tout faire.

P1090492P1090494

Le voyage s’avère bien plus long que prévu et on commence à s’inquiéter. Les immenses dos d’âne qui ne sont pas faciles à prendre en voiture obligent le bus à repasser en première très régulièrement, ce qui met nos nerfs à rude épreuve. L’heure tourne et à l’arrivée du bus nous courons vers le fleuve en espérant trouver une dernière lancha. Sans problème, nous aurons même le temps de manger un morceau !

P1090524P1090536

Les déboires du trajet ne sont pas finis. Je pensais remonter un fleuve sinueux en pleine jungle, que nenni ! Nous traversons l’immense lac Izabal et voyons très nettement un rideau de pluie se rapprocher de nous. Ca ne manque pas, nous finissons trempées par une pluie battante, rendue d’autant plus forte par la vitesse du bateau. Ce dernier claque sur les vagues du lac rappelant la désagréable sensation du tape-cul, ce jeu de parc pour enfant que j’ai toujours détesté. La tempête achevée nous retenons un cri de ravissement : nous voici arrivés dans un passage plus étroit du fleuve ou la végétation nous entoure, puis soudain les Gorges ! Des centaines d’oiseaux nous tournent autour, je suis trop occupée à m’extasier pour prendre une photo convenable.

P1090556

Livingston loin du monde

Le soleil se montre de nouveau et nous voilà arrivées à Livingston. Un homme nous emmène, à pied, jusqu’à l’hôtel traversant la ville qui nous paraît bien pauvre, à l’exception de la rue « touristique ». Nous ne sommes  pas rassurées, surtout au moment où nous apprenons qu’il faut passer par la plage pour atteindre l’hôtel. Mais ce dernier à l’air fort convenable, et possède une piscine. En vérité c’est un petit havre de paix: le lendemain matin nous nous réveillons avec pour unique bruit celui des oiseaux tropicaux dont nous ne connaissons pas les chants. Place à l’exploration maintenant !

P1090559P1090571P1090566

Un rapide tour en ville nous confirme que Livingston est une ville pauvre où on se sent un peu seules touristes par moments, et on n’est pas bien à l’aise. A cause de son isolement (volontaire) la ville n’est presque pas reliée au reste du Guatemala, seul le port de Puerto Barrios se trouve à moins d’une heure et en cas de problème l’aérodrome qui a été abandonné ne sert plus à rien. On expérimente cet isolement au moment où l’électricité et l’eau sont coupées dans toute la ville. Certains hôtels disposent de générateurs qui assurent le bon fonctionnement de leurs établissements, notamment des toilettes, pour le reste la seule indication c’est que « ça reviendra quand il fera noir ». A 23h il ne fait visiblement pas assez noir et nous rentrerons à l’auberge, par la plage toujours, à la lumière de nos smartphones.

P1090643

Randonnée jusqu’aux Siete altares

On n’avait pas bien prévu ce qu’on allait faire mais la gérante de l’hôtel nous parle d’un lieu au cœur de la forêt qu’on peut atteindre par la côte : les Siete altares. Malgré quelques soucis de santé (je vous laisse deviner lesquels) on part pour cette rando imprévue : 2heures à longer la plage avant d’atteindre le chemin dans la forêt nous menant aux fameux bassins/cascades, lieu de culte pour les Garifunas. La plage est calme, les eaux ne sont pas turquoise mais les palmiers se suivent et ne se ressemblent pas. On ne croise presque personne : un couple ici, un pêcheur, une famille qui joue dans l’eau, mais aussi des chiens qui semblent malheureusement chercher le combat. Se dégage de cette balade un sentiment de lenteur, d’apaisement que j’apprécie vraiment. On est bien loin du monde et je comprends le cliché de « slow » qu’ont les îles des Caraïbes.

P1090608P1090652

 

 

P1090593

 

Enfin nous arrivons à l’entrée du chemin : un sentier boueux pour lequel nous ne sommes pas chaussées comme il faut. Evidemment la pluie d’hier a rendu le chemin presque impraticable mais nous tentons le coup tout de même. Dès les 10 premières minutes nous nous retrouvons face à un bras de rivière à traverser. On voulait jouer à Lara Croft ? On va être servies ! A moitié dans la boue, à moitié dans la rivière, cette petite rando se rapproche plus d’un canyoning que d’une balade dominicale. Sans compter que nous n’avons aucune indication sur le chemin à prendre et que plusieurs sentiers s’ouvrent sous nos yeux. Après plusieurs tentatives on décide de rebrousser chemin. Il nous faut encore deux heures pour faire le chemin de retour et le soleil ne va pas tarder à décliner. On a trouvé la faille de nos supers sandales décathlon qu’on abandonnera sitôt de retour sur la plage pour s’épargner davantage d’ampoules.

P1090687P1090706P1090670

Malgré ce semi-échec je suis contente de cette journée à la fois calme et aventureuse. Les siete altares, ou ce que nous en avons vu, étaient bien belles et ça vaut sûrement le coup de monter tout en haut pour voir les chutes et la suite de bassins. La forêt était superbe, les rais de lumières qui la traversaient nous rappelaient l’heure qui tourne et nous ont permis de faire des photos sympas !

 

Derniers au revoir à la mer des Caraïbes

Le lendemain nous repartons de bonne heure, cette fois ci notre bateau nous emmène vers Puerto Barrios, c’est un navire de travailleur et ils ont prévu les bâches pour nous protéger. Au pied de basses montagnes verdoyantes la grande ville bananière se rapproche. Cette vue me plait particulièrement et me rappelle les descriptions de Terrilville dans « Les aventuriers de la mer ». Déjà que je pensais m’aventurer dans le désert des pluies en venant à Livingston, je ne cesse de faire des rapprochements avec cette superbe saga de Robin Hobb ; serait-elle venue au Guatemala pour l’écrire ?

P1090631P1090709

P1090640Une dernière bonne saucée nous convainc qu’il est temps de quitter la côte des Caraïbes et de s’aventurer vers des cieux plus cléments, ou du moins plus secs !

Livingston est une halte qui peut être très agréable, si elle est un peu mieux préparée que nous ne l’avons fait. Si vous rêvez d’une cabane façon Robinson Crusoé où vous ne feriez presque rien pendant quelques jours, plusieurs auberges ou hôtels proposent des cabanons sur pilotis le long du Rio Dulce ou dans les bras de fleuves qui s’enfoncent dans la forêt. Outre les siete altares, la traversée des gorges est à faire ! D’autres activités sont également proposées dans les restaurants de Livingston, et probablement dans les auberges.

P1090728

Un grand week-end dans le Yucatan ou du bleu, du bleu et encore du bleu

Etes-vous prêts à vous prendre une bonne dose de bleu ? Avec un grand soleil, les cocotiers et tutti quanti ? Oui ? Alors vous pouvez lire la suite de cet article et partir le temps de quelques photos dans les eaux magnifiques du Yucatan, où commence ce voyage de deux mois en Amérique centrale.

Notre avion atterrissait à Cancun, c’était moins cher et ça avait un quelque chose de follement exotique pour moi d’arriver à Cancun – tout en étant bien consciente que cette ville est un symbole du tourisme all inclusive, donc rien de fort dépaysant.

Il y a tellement de choses à faire dans la péninsule du Yucatan que j’ai vite compris que je ne pourrais pas tout faire et qu’il me faudrait revenir pour plus longtemps alors on a décidé de se contenter du principal : la mer et la farniente. Longer la côte des caraïbes durant 5 jours, voilà de quoi faire une rupture totale avec l’hiver parisien.

P1080722

  1. Cancun et Isla Mujeres

A Cancun on a eu la chance de loger chez une Mexicaine, loin du complexe touristique. Des quartiers avec de petites maisons colorées aux portes ouvertes sur la rue en soirée. Aller chercher les tacos au coin de la rue et héler nos premiers taxis nous ont permis de nous remettre dans un rythme de road trip de longue haleine et de redécouvrir avec joie cette liberté.

P1080736

Nous n’avions prévu qu’une journée ici pour nous rendre à Isla Mujeres – l’île des femmes. Sur la playa del norte – la plage gratuite au nord de l’île – nous étions pratiquement seules le matin, et malgré une nette augmentation de la densité sur la plage dans l’après-midi, la plage méritait son titre de « plage paradisiaque ». La mer était d’un bleu que je n’avais jamais vu, le sable d’un doux blanc qui brulait légèrement les pieds, les palmiers sous lesquels nous avions posé nos serviettes faisaient l’ombre idéale dont nous avions besoin, et j’aurais sans doute pu me passer des yachts avec leur musique à fond mais ils font ici aussi partie du paysage.

P1080739

A part la sieste et la baignade il n’y a pas grand-chose à faire à Isla Mujeres : l’ile est petite et se traverse à pied ou en camionnette de golf mais peu d’activités y sont proposées contrairement à l’île de Cozumel connue pour la plongée. Proche de Cancun les prix y sont plus élevés que dans d’autres îles et vous devrez débourser pour manger dans les restaurants à la cool sur la plage, sans que ce soit de la grande qualité.

Isla Mujeres n’est surement pas la plus belle île des Caraïbes, Cozumel et Isla Holbox ont notamment plus de charme ou plus d’activités, mais c’est par cette île que j’ai abordé les Caraïbes pour la première fois et elle me semble une bonne entrée en matière pour cette région, loin du complexe balnéaire de Cancun.

P1080745

  1. Playa del Carmen

Après une journée à Cancun, direction Playa del Carmen, autre ville très touristique de la riviera Maya. Je ne m’attendais pas à ce que la route depuis Cancun jusqu’à Playa del Carmen soit entièrement entourée de jungle. A vrai dire je ne savais même pas qu’il y avait de la jungle dans la péninsule du Yucatan, je la situais plutôt uniquement au Guatemala. Ce trajet en collectivo – ou taxi collectif – s’est avéré déjà être une sorte de dépaysement : j’adore regarder le paysage en voiture et là il s’agissait d’un paysage que je n’avais jamais vu. Le pied!

P1080774

Playa del Carmen est bien différente de ce que j’ai pu voir de Cancun et me rappelle plutôt les villes balnéaires françaises avec leur grande rue centrale bordée de café et de magasins banana moon ou Quicksilver – sauf qu’ici il y a aussi de l’artisanat. J’ai globalement aimé l’ambiance de Playa del carmen ; dès qu’on s’éloigne du centre les rues deviennent plus « authentiques » avec beaucoup de cafés et de petits restos qui ont l’air vraiment sympa. Très colorée, très vivante, il semble que la ville attire beaucoup la jeunesse mexicaine qui vient ici pour travailler autant que pour s’amuser, nous avons d’ailleurs été logées par un Mexicain originaire de Mexico et qui travaillait comme serveur dans les grands hôtels all inclusive de la riviera Maya. C’est grâce à lui que nous avons découvert la plus belle plage du voyage (ok ex aequo avec Chacahua) : Xpu-HA.

P1080763
Sur la plage abandonnée…

Il faut prendre un collectivo pour aller à Xpu-Ha, et en vous arrêtant à peu près au milieu de nulle part au bord de la jungle, vous arriverez sur une immense plage (payante) de sable fin et d’eau turquoise avec pratiquement personne ! Un endroit où j’aimerais pouvoir me transplaner à loisir. Je vous laisse juger.

P1080773

P1080772

P1080768

  1. Les cenotes – Bejil-ha

Si j’avais une seule adresse à vous conseiller pour ces 5 jours ce serait celle-ci : Bejil-ha ou comment visiter les cenotes de façon responsable et en aidant l’économie locale.

Le Yucatan possède de nombreux cenotes, ces immenses trous emplis d’une eau pure et d’un bleu profond. Les cenotes que vous font visiter Bejil ha sont peut-être moins phénoménaux que les plus célèbres cenotes mais cette visite vous en apprendra beaucoup plus sur ce phénomène étrange et vous aurez en prime de superbes photos de vous sous l’eau.

DCIM203GOPROG0020374.
Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins…

Les deux guides de Bejil-Ha, Einner et Ivan, sont originaires du village de Chemuyil – entre Playa del Carmen et Tulum – et ont commencé à nettoyer les cenotes autour du village il y a quelques années, conscients du potentiel touristique de ces lieux et de l’importance de conserver la faune et la flore de leur région. Mettant à contribution les écoles du coin – qui s’occupent de faire par exemple les panneaux de prévention pour maintenir les lieux propres – ils ont monté leur propre organisation pour faire visiter ces cenotes à vélo.

P1080794
Cenote vu du dehors
DCIM204GOPROG0080452.
Le même vu du dedans.

Vous visiterez 5 cenotes assez différents les uns des autres et vous pourrez nager, presque toujours seul, dans chacun d’eux, découvrant la profondeur incroyable de ces grottes souterraines reliées entre elles.

P1080805
Vue de dehors: c’est beau mais ça semble minuscule
DCIM206GOPROG0100514.
Il y a en fait une profonde grotte où des plongeurs s’entrainent

DCIM206GOPROG0010475.

En prime des photos de vous sont faites sous l’eau, il faut savoir nager et aimer se prendre au jeu de la caméra mais comme vous pouvez le voir le résultat vaut le coup et la séance de photo est vraiment amusante.

P1080826
Dernier cenote: on peut voir tous les plongeurs qui visitent les cenotes par en dessous

DCIM207GOPROG0080539.

DCIM207GOPROG0010517.
Ca ne parait pas haut mais ca l’était un peu, et pourtant on a sauté!

P.S: vous pouvez suivre Bejil-Ha sur instagram pour vous donner une idée des photos auxquelles vous aurez droit.

P1080903

  1. Bacalar : la lagune aux sept couleurs

On m’avait dit tant de bien de Bacalar que j’ai forcément été un peu déçue, ce n’est pas tellement que le lieu n’est pas magnifique mais j’imaginais plus d’endroits pour se baigner et surtout je pensais y avoir très chaud. Erreur, on a eu du mal à dépasser les 20 degrés, et c’est frustrant de voir cette eau magnifique et de grelotter de froid.

P1080846

MAIS qu’on se le dise, il faut passer à Bacalar. D’abord parce que c’est calme, et ce calme peut faire du bien après l’agitation de Cancun, Playa del carmen ou Tulum. Ensuite parce qu’il s’agit d’un endroit unique au monde : cette lagune aux couleurs si changeantes, abritant quelques cenotes et le fameux canal de pirates à l’eau presque laiteuse.

P1080875

p10808721687762291.jpg

Nous avons décidé de prendre un bateau qui faisait le tour de la lagune, une bonne idée pour voir les différents bleus et faire de belles photos à différents points de vues, on peut aussi y voir les stromatolithes, ces étranges organismes vivants qui grossissent de plusieurs centimètres par an. Il est également possible de louer un vélo et de se promener le long de la lagune – mais alors vous ne verrez pas le canal des pirates.

 

P1080842

P1080859

Conseils :

Rien de difficile pour se déplacer dans le Yucatan : une grande route traverse du nord au sud le long de la mer des Caraïbes, vous trouverez des collectivos pour vous emmener facilement d’une ville à l’autre, et pour les plus longs trajets (Playa del carmen-Bacalar) la compagnie de bus ADO assure les liaisons dans de supers bus. On a d’ailleurs repris cette compagnie pour la plupart de nos déplacements par la suite.

Bateau pour Isla Mujeres : depuis l’embarcadère de Puerto Juarez ; 300 pesos A/R (30 minutes de traversée)

Collectivo pour Xpu-Ha : 35 pesos (30 minutes)

Collectivo pour Chemuyil : 40 pesos (45 minutes)

Bejil-Ha : 500 pesos la visite ; 300 pesos les photos – Les deux valent ce prix.

Pour vous rendre au Belize ce n’est pas bien compliqué non plus : vous trouverez des bus directs jusqu’à Belize City (4h) depuis le terminal de la compagnie ADO (sur la grande route). Pensez juste à vous munir d’argent liquide pour passer la frontière.