Lago de Atitlan – le roi des lacs?

Après notre halte sur le lac Peten à Flores je me suis aperçue à quel point j’adorais les lacs, plus calmes et reposants que les bords de mer. Après la quiétude de cette après midi passée à ne rien faire les pieds dans l’eau on peut dire que j’attendais beaucoup de ce séjour au bord du lac Atitlan, roi des lacs d’Amérique centrale, surtout que mes jambes ne s’étaient toujours pas remises du trek à l’Acatenango.

Le Lac Atitlan est décrit comme l’un des plus beaux lacs du monde, rien que ça. Entouré de volcans, le lac est en fait un gigantesque cratère lui-même, ce qui lui assure d’avoir des pentes bien vertes et fertiles vite cultivées par des  tribus toltèques venues du Mexique. Atitlan nous promettait donc un cadre idyllique pour faire une bonne pause de farniente au milieu de notre périple.

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Vue du lac depuis la colline du “nez de l’indien”
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Avant de partir dernière vue sur le lac et le volcan San Pedro depuis Panajachel

2h de minibus depuis Antigua, plus une heure à attendre le passage d’un « barrage » en pleine montagne, et l’exaltation de nous rendre sur ce fameux lac commençait à légèrement se dissiper. Quand tout à coup le minibus atteint le sommet de la montagne, du volcan si vous préférez, et bascule sur le lac ; impossible de retenir un petit cri de bonheur à la vue de cette immense étendue d’eau scintillante ceinte de dizaines de sommets aux pieds desquels s’accrochent quelques villages. La route fait un peu peur mais c’est un ravissement – et je pèse mes mots – à chaque virage. Le Lac Atitlan se découvre alors qu’on ne l’attendait plus et au premier coup d’œil il comble toutes nos attentes.

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Les pilotis c’est toujours photogénique
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Fin d’après-midi, San Juan est vite cachée du soleil qui illumine encore le volcan San Pedro

Il  faudra encore une bonne heure à notre minibus pour parcourir les villages sur des routes poussiéreuses, déposant les touristes ici et là, avant d’arriver à  destination : San Pedro. Parmi les nombreuses cités lacustres nous avions décidé initialement de poser nos valises à San Juan, malheureusement le village étant plus petit et moins bien desservi que les autres nous échouerons à San Pedro, temple des touristes en mal de fête, et qui aiment déambuler pieds nus à toute heure du jour et de la nuit. On est un peu déçues de l’ambiance générale du village. Sans vouloir se la jouer « on déteste les touristes », on apprécie assez peu le côté mi Peace mi fête du lieu, on apprécie surtout très peu d’être réveillées toute la nuit par des gens qui chantent et qui hurlent. Les rabats-joie sont de retour !

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Je ne me lasse pas de cette vue
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Manger israëlien en profitant de cette vue, what else?

A Atitlan on va retrouver  toutes les personnes les plus sympas qu’on a vues du séjour : à commencer par Lisa et Vérina, deux de nos acolytes du trek qui ont eu la merveilleuse idée, comme nous, de venir au bord du lac pour ne rien faire. Et si je n’aime pas cette ambiance pour touristes il y a cependant un spot que j’ai adoré et où nous avons passé la majeure partie du séjour : Soboba, l’un des restaurants israéliens du village. Il faut savoir qu’une grosse diaspora israélienne a émigré au Guatemala, ce n’est pas pour rien que cet état a si rapidement emboîté le pas aux Etats-Unis pour reconnaître Jérusalem capitale d’Israël. Cette immigration a un gros intérêt pour moi : manger de la nourriture israélienne et …le serveur du restaurant qui est vraiment vraiment pas mal !

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Soboba, l’un de mes meilleurs souvenirs de restaurant en voyage

Entre la nourriture et la vue j’ai gardé un excellent souvenir de ces heures passées à papoter entre copines de tout et de rien. C’est toujours agréable de rencontrer des gens en voyage, ça l’est encore plus lorsqu’on s’entend tellement bien avec eux qu’on sait avec certitude qu’on serait devenus amis même en se croisant dans nos univers familiers. Mais trêve de bavardage, Atitlan ce n’est pas que du farniente.

Les Villages lacustres

Dès le lendemain nous entamons les visites des villages qui entourent le lac, en compagnie de Gaël et Célia du blog mi-fugue mi-raison – nos seconds super compagnons. Le passage d’un village à l’autre se fait par lancha, et les eaux du lacs ne sont pas aussi calmes qu’elles y paraissent. Nous sommes rapidement secoués dans tous les sens et trempés par les éclaboussures de la barque frappant l’eau. Mais nous arrivons sains et saufs à San Marco, patrie des bouddhistes et autres spiritualités. Dès l’arrivée à l’embarcadère le ton est donné : les rues auraient pu être mignonnes mais les affiches proposant mille expériences spirituelles variées rendent le lieu un peu trop cliché à mon goût. Si je conçois bien que l’on puisse sentir un certain apaisement dans ce lieu et vouloir y pratiquer ces sagesses asiatiques, transformer un village en lieu de spiritualité spécial pour occidentaux manque cruellement de finesse. Déçus de ce village nous ne tardons pas trop à rentrer à San Pedro ;

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la rue principale de San Juan

Nous nous rendons le second jour dans le village de San Juan, le plus proche de notre location. San Juan est connu pour être un peu différent des autres villages : moins touristique, il est centré sur l’artisanat du textile et est décoré de fresques naïves qui justifient une balade. En venant en fin d’après-midi les derniers touristes sont pratiquement tous partis, à part nous, et l’ambiance nous parait vraiment calme et, enfin, apaisante. On y fait nos premières emplettes sans être pressées d’acheter, bien au contraire on peut prendre le temps de parler avec les vendeurs de leur travail, d’essayer la moitié de la boutique et de profiter des conseils avisés.

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San Juan, ville artistique

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Ce n’est pas une fresque mais cette “affiche” du parti patriote est présent dans tous les villages et rappelle les années difficiles qu’à traversé le Guatemala il y a peu

A l’aube sur le nez de l’indien 

Atitlan étant entourée de volcan vous vous doutez qu’on allait forcément essayer de grimper sur l’un d’eux. Oui, mais en fait non… Les guides insistent sur le fait que des bandits de grands chemins circulent sur les circuits de randonnée et qu’il vaut mieux éviter de s’y rendre seul. Adieu donc petite randonnée, nous n’avons aucune envie de payer de nouveau un guide pour une rando de 7h alors que j’ai toujours du mal à monter de escaliers. Mais on ne se laisse pas abattre, à défaut d’une marche nous irons au moins voir un lever de soleil.

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Nous retrouvons Gaël et Célia de – trop – bon matin, la tête enfouie dans la polaire, les yeux pas tout à fait en face des trous, et nous grimpons dans un van : direction le Nez de l’indien. Le Nez de l’indien c’est une colline qui se dresse au-dessus de San Juan et qui aurait le profil d’un homme maya. Depuis le parking du van nous devons grimper une bonne demi-heure dans la nuit, nos lampes frontales nous indiquant le chemin entre les pierres et le vide. Arrivés en haut nous avons droit, comme d’habitude, à un peu de café guatémaltèque, les plantations autour du lac étant principalement des plantations de café. Et comme cette petite tasse chaude faisait du bien !

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Le soleil n’est pas encore levé, on aperçoit les premiers rougeoiements du soleil au loin, et on distingue très bien les silhouettes de l’Acatenango et du Fuego. On se demande un moment si ces lueurs rouges ne sont pas le signe des éruptions du Fuego. Le lac parait si calme, les pâles lueurs dévoilent peu à peu ses eaux ridées par le vent. Les oiseaux se sont réveillés mais il n’y a encore que le soleil qui bouge, le soleil et nos petites mains qui se réchauffent contre le mug de café. Enfin il apparaît sur des cimes qui se parent de doré pour l’occasion ; les pentes des volcans sont d’un vert brillant, un oiseau tente enfin le premier vol au-dessus des eaux qui ne tardent pas à s’agiter sous le passage des premières lanchas.

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Ce nouveau lever de soleil sur les volcans nous en aura mis plein les yeux. Alors qu’on redescend gaiement vers San Pedro la vie se réveille dans les villages, les tons rosés disparaissent et laissent place aux couleurs de la journée. Du Nez de l’indien on comprend mieux pourquoi c’est bien le plus beau lac du monde. Mais il est déjà temps de dire au revoir à nos compagnons de voyage et de jeter un dernier regard au lac: nous reprenons la route à deux en direction du nord.

“We are poor lonesome cowgirls far away from home”

Mon avis :

Il est impensable de se rendre au Guatemala sans passer par le lac Atitlan, mais c’est bien depuis les sommets des collines ou des volcans que ce lac est le plus majestueux, il est donc intéressant de réserver une excursion de type trek pour profiter du spectacle incroyable qu’offre cette caldera ceinte de volcans.

San Pedro est pratique mais n’est pas le meilleur endroit pour loger : si vous préférez la tranquillité visez plutôt San Juan ou d’autres villages plus difficiles d’accès comme Jaibalito ou Tzununa. Enfin il y a sans doute des établissements de rêve, perdus au milieu de la nature où vous pourrez profiter à la fois de la vue et du calme, mais il vous faudra chercher un peu, et probablement payer plus cher.

Comme toujours je vous conseille vivement d’aller visionner la vidéo de notre vlog sur ce séjour au lac Atitlan sur la chaîne youtube de l’archivoyageuse

 

Escale à Livingston – Guatemala

Nouveau jour, nouveau départ. Nous partons aujourd’hui en bus pour traverser le pays du nord au sud avant d’arriver au lac Izabal ou nous espérons être à temps pour monter dans un bateau, ou plutôt une lancha, en direction de Livingston.

Livingston, outre son nom qui fait immédiatement appel à un imaginaire de grand explorateur et qui est donc une promesse d’aventures, fait rêver par sa position et son histoire. Située à l’embouchure du Rio Dulce sur la côte Caraïbe, la ville n’est accessible que par bateau à travers des gorges où vivent des milliers d’oiseaux. Ça vous met l’eau à la bouche ? Nous aussi.

Livingston est aussi l’une des seules villes du Guatemala où survit la culture Garifuna, cette culture encore très présente au Bélize, qui mélange culture afro-caribéenne des anciens esclaves enfuis de Sainte-Lucie et culture maya. On était donc absolument sûres d’avoir un coup de foudre pour Livingston, c’est peut-être pour cette raison que nous avons finalement été déçues. Bien évidemment ce n’est pas du tout un endroit que je déconseillerais et les guides sont souvent assez unanimes dessus : c’est super. Nous avons d’ailleurs conseillé à chaque voyageurs qui visitait le Guatemala de s’y rendre, mais après la découverte du Belize nous avons eu un ressenti de « c’est pareil, en un peu moins bien. »

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Florès-Livingston: un trajet (presque) enchanteur

Mais revenons à notre bus. Il est tôt et nous attendons aux portes de la ville de Florès un bus qui semble assez moderne mais qui se révèlera au final pas du tout adapté au chemin. Bien installées, nos écouteurs sur les oreilles le spectacle peut commencer : après la jungle et les campagnes guatemaltèques nous traversons l’un des paysages qui m’aura peut être le plus plu du Guatemala. Au milieu d’une végétation luxuriante s’élèvent des sortes de pics karstiques que nous admirons tantôt sous une puissante pluie tropicale, tantôt sous un soleil doré. Il est impossible de rendre ces nuances de vert, les halos brumeux et les traînées de nuages qui saupoudrent ce paysage assez féerique et que nous admirons pleinement en arrivant au sommet de certaines routes. C’est par ici que se cachent les chutes de Semuc Champey que nous n’avons pas inscrites dans notre planning, avec quelques regrets mais nous ne pouvions pas tout faire.

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Le voyage s’avère bien plus long que prévu et on commence à s’inquiéter. Les immenses dos d’âne qui ne sont pas faciles à prendre en voiture obligent le bus à repasser en première très régulièrement, ce qui met nos nerfs à rude épreuve. L’heure tourne et à l’arrivée du bus nous courons vers le fleuve en espérant trouver une dernière lancha. Sans problème, nous aurons même le temps de manger un morceau !

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Les déboires du trajet ne sont pas finis. Je pensais remonter un fleuve sinueux en pleine jungle, que nenni ! Nous traversons l’immense lac Izabal et voyons très nettement un rideau de pluie se rapprocher de nous. Ca ne manque pas, nous finissons trempées par une pluie battante, rendue d’autant plus forte par la vitesse du bateau. Ce dernier claque sur les vagues du lac rappelant la désagréable sensation du tape-cul, ce jeu de parc pour enfant que j’ai toujours détesté. La tempête achevée nous retenons un cri de ravissement : nous voici arrivés dans un passage plus étroit du fleuve ou la végétation nous entoure, puis soudain les Gorges ! Des centaines d’oiseaux nous tournent autour, je suis trop occupée à m’extasier pour prendre une photo convenable.

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Livingston loin du monde

Le soleil se montre de nouveau et nous voilà arrivées à Livingston. Un homme nous emmène, à pied, jusqu’à l’hôtel traversant la ville qui nous paraît bien pauvre, à l’exception de la rue « touristique ». Nous ne sommes  pas rassurées, surtout au moment où nous apprenons qu’il faut passer par la plage pour atteindre l’hôtel. Mais ce dernier à l’air fort convenable, et possède une piscine. En vérité c’est un petit havre de paix: le lendemain matin nous nous réveillons avec pour unique bruit celui des oiseaux tropicaux dont nous ne connaissons pas les chants. Place à l’exploration maintenant !

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Un rapide tour en ville nous confirme que Livingston est une ville pauvre où on se sent un peu seules touristes par moments, et on n’est pas bien à l’aise. A cause de son isolement (volontaire) la ville n’est presque pas reliée au reste du Guatemala, seul le port de Puerto Barrios se trouve à moins d’une heure et en cas de problème l’aérodrome qui a été abandonné ne sert plus à rien. On expérimente cet isolement au moment où l’électricité et l’eau sont coupées dans toute la ville. Certains hôtels disposent de générateurs qui assurent le bon fonctionnement de leurs établissements, notamment des toilettes, pour le reste la seule indication c’est que « ça reviendra quand il fera noir ». A 23h il ne fait visiblement pas assez noir et nous rentrerons à l’auberge, par la plage toujours, à la lumière de nos smartphones.

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Randonnée jusqu’aux Siete altares

On n’avait pas bien prévu ce qu’on allait faire mais la gérante de l’hôtel nous parle d’un lieu au cœur de la forêt qu’on peut atteindre par la côte : les Siete altares. Malgré quelques soucis de santé (je vous laisse deviner lesquels) on part pour cette rando imprévue : 2heures à longer la plage avant d’atteindre le chemin dans la forêt nous menant aux fameux bassins/cascades, lieu de culte pour les Garifunas. La plage est calme, les eaux ne sont pas turquoise mais les palmiers se suivent et ne se ressemblent pas. On ne croise presque personne : un couple ici, un pêcheur, une famille qui joue dans l’eau, mais aussi des chiens qui semblent malheureusement chercher le combat. Se dégage de cette balade un sentiment de lenteur, d’apaisement que j’apprécie vraiment. On est bien loin du monde et je comprends le cliché de « slow » qu’ont les îles des Caraïbes.

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Enfin nous arrivons à l’entrée du chemin : un sentier boueux pour lequel nous ne sommes pas chaussées comme il faut. Evidemment la pluie d’hier a rendu le chemin presque impraticable mais nous tentons le coup tout de même. Dès les 10 premières minutes nous nous retrouvons face à un bras de rivière à traverser. On voulait jouer à Lara Croft ? On va être servies ! A moitié dans la boue, à moitié dans la rivière, cette petite rando se rapproche plus d’un canyoning que d’une balade dominicale. Sans compter que nous n’avons aucune indication sur le chemin à prendre et que plusieurs sentiers s’ouvrent sous nos yeux. Après plusieurs tentatives on décide de rebrousser chemin. Il nous faut encore deux heures pour faire le chemin de retour et le soleil ne va pas tarder à décliner. On a trouvé la faille de nos supers sandales décathlon qu’on abandonnera sitôt de retour sur la plage pour s’épargner davantage d’ampoules.

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Malgré ce semi-échec je suis contente de cette journée à la fois calme et aventureuse. Les siete altares, ou ce que nous en avons vu, étaient bien belles et ça vaut sûrement le coup de monter tout en haut pour voir les chutes et la suite de bassins. La forêt était superbe, les rais de lumières qui la traversaient nous rappelaient l’heure qui tourne et nous ont permis de faire des photos sympas !

 

Derniers au revoir à la mer des Caraïbes

Le lendemain nous repartons de bonne heure, cette fois ci notre bateau nous emmène vers Puerto Barrios, c’est un navire de travailleur et ils ont prévu les bâches pour nous protéger. Au pied de basses montagnes verdoyantes la grande ville bananière se rapproche. Cette vue me plait particulièrement et me rappelle les descriptions de Terrilville dans « Les aventuriers de la mer ». Déjà que je pensais m’aventurer dans le désert des pluies en venant à Livingston, je ne cesse de faire des rapprochements avec cette superbe saga de Robin Hobb ; serait-elle venue au Guatemala pour l’écrire ?

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P1090640Une dernière bonne saucée nous convainc qu’il est temps de quitter la côte des Caraïbes et de s’aventurer vers des cieux plus cléments, ou du moins plus secs !

Livingston est une halte qui peut être très agréable, si elle est un peu mieux préparée que nous ne l’avons fait. Si vous rêvez d’une cabane façon Robinson Crusoé où vous ne feriez presque rien pendant quelques jours, plusieurs auberges ou hôtels proposent des cabanons sur pilotis le long du Rio Dulce ou dans les bras de fleuves qui s’enfoncent dans la forêt. Outre les siete altares, la traversée des gorges est à faire ! D’autres activités sont également proposées dans les restaurants de Livingston, et probablement dans les auberges.

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Un grand week-end dans le Yucatan ou du bleu, du bleu et encore du bleu

Etes-vous prêts à vous prendre une bonne dose de bleu ? Avec un grand soleil, les cocotiers et tutti quanti ? Oui ? Alors vous pouvez lire la suite de cet article et partir le temps de quelques photos dans les eaux magnifiques du Yucatan, où commence ce voyage de deux mois en Amérique centrale.

Notre avion atterrissait à Cancun, c’était moins cher et ça avait un quelque chose de follement exotique pour moi d’arriver à Cancun – tout en étant bien consciente que cette ville est un symbole du tourisme all inclusive, donc rien de fort dépaysant.

Il y a tellement de choses à faire dans la péninsule du Yucatan que j’ai vite compris que je ne pourrais pas tout faire et qu’il me faudrait revenir pour plus longtemps alors on a décidé de se contenter du principal : la mer et la farniente. Longer la côte des caraïbes durant 5 jours, voilà de quoi faire une rupture totale avec l’hiver parisien.

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  1. Cancun et Isla Mujeres

A Cancun on a eu la chance de loger chez une Mexicaine, loin du complexe touristique. Des quartiers avec de petites maisons colorées aux portes ouvertes sur la rue en soirée. Aller chercher les tacos au coin de la rue et héler nos premiers taxis nous ont permis de nous remettre dans un rythme de road trip de longue haleine et de redécouvrir avec joie cette liberté.

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Nous n’avions prévu qu’une journée ici pour nous rendre à Isla Mujeres – l’île des femmes. Sur la playa del norte – la plage gratuite au nord de l’île – nous étions pratiquement seules le matin, et malgré une nette augmentation de la densité sur la plage dans l’après-midi, la plage méritait son titre de « plage paradisiaque ». La mer était d’un bleu que je n’avais jamais vu, le sable d’un doux blanc qui brulait légèrement les pieds, les palmiers sous lesquels nous avions posé nos serviettes faisaient l’ombre idéale dont nous avions besoin, et j’aurais sans doute pu me passer des yachts avec leur musique à fond mais ils font ici aussi partie du paysage.

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A part la sieste et la baignade il n’y a pas grand-chose à faire à Isla Mujeres : l’ile est petite et se traverse à pied ou en camionnette de golf mais peu d’activités y sont proposées contrairement à l’île de Cozumel connue pour la plongée. Proche de Cancun les prix y sont plus élevés que dans d’autres îles et vous devrez débourser pour manger dans les restaurants à la cool sur la plage, sans que ce soit de la grande qualité.

Isla Mujeres n’est surement pas la plus belle île des Caraïbes, Cozumel et Isla Holbox ont notamment plus de charme ou plus d’activités, mais c’est par cette île que j’ai abordé les Caraïbes pour la première fois et elle me semble une bonne entrée en matière pour cette région, loin du complexe balnéaire de Cancun.

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  1. Playa del Carmen

Après une journée à Cancun, direction Playa del Carmen, autre ville très touristique de la riviera Maya. Je ne m’attendais pas à ce que la route depuis Cancun jusqu’à Playa del Carmen soit entièrement entourée de jungle. A vrai dire je ne savais même pas qu’il y avait de la jungle dans la péninsule du Yucatan, je la situais plutôt uniquement au Guatemala. Ce trajet en collectivo – ou taxi collectif – s’est avéré déjà être une sorte de dépaysement : j’adore regarder le paysage en voiture et là il s’agissait d’un paysage que je n’avais jamais vu. Le pied!

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Playa del Carmen est bien différente de ce que j’ai pu voir de Cancun et me rappelle plutôt les villes balnéaires françaises avec leur grande rue centrale bordée de café et de magasins banana moon ou Quicksilver – sauf qu’ici il y a aussi de l’artisanat. J’ai globalement aimé l’ambiance de Playa del carmen ; dès qu’on s’éloigne du centre les rues deviennent plus « authentiques » avec beaucoup de cafés et de petits restos qui ont l’air vraiment sympa. Très colorée, très vivante, il semble que la ville attire beaucoup la jeunesse mexicaine qui vient ici pour travailler autant que pour s’amuser, nous avons d’ailleurs été logées par un Mexicain originaire de Mexico et qui travaillait comme serveur dans les grands hôtels all inclusive de la riviera Maya. C’est grâce à lui que nous avons découvert la plus belle plage du voyage (ok ex aequo avec Chacahua) : Xpu-HA.

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Sur la plage abandonnée…

Il faut prendre un collectivo pour aller à Xpu-Ha, et en vous arrêtant à peu près au milieu de nulle part au bord de la jungle, vous arriverez sur une immense plage (payante) de sable fin et d’eau turquoise avec pratiquement personne ! Un endroit où j’aimerais pouvoir me transplaner à loisir. Je vous laisse juger.

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  1. Les cenotes – Bejil-ha

Si j’avais une seule adresse à vous conseiller pour ces 5 jours ce serait celle-ci : Bejil-ha ou comment visiter les cenotes de façon responsable et en aidant l’économie locale.

Le Yucatan possède de nombreux cenotes, ces immenses trous emplis d’une eau pure et d’un bleu profond. Les cenotes que vous font visiter Bejil ha sont peut-être moins phénoménaux que les plus célèbres cenotes mais cette visite vous en apprendra beaucoup plus sur ce phénomène étrange et vous aurez en prime de superbes photos de vous sous l’eau.

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Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins…

Les deux guides de Bejil-Ha, Einner et Ivan, sont originaires du village de Chemuyil – entre Playa del Carmen et Tulum – et ont commencé à nettoyer les cenotes autour du village il y a quelques années, conscients du potentiel touristique de ces lieux et de l’importance de conserver la faune et la flore de leur région. Mettant à contribution les écoles du coin – qui s’occupent de faire par exemple les panneaux de prévention pour maintenir les lieux propres – ils ont monté leur propre organisation pour faire visiter ces cenotes à vélo.

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Cenote vu du dehors
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Le même vu du dedans.

Vous visiterez 5 cenotes assez différents les uns des autres et vous pourrez nager, presque toujours seul, dans chacun d’eux, découvrant la profondeur incroyable de ces grottes souterraines reliées entre elles.

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Vue de dehors: c’est beau mais ça semble minuscule
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Il y a en fait une profonde grotte où des plongeurs s’entrainent

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En prime des photos de vous sont faites sous l’eau, il faut savoir nager et aimer se prendre au jeu de la caméra mais comme vous pouvez le voir le résultat vaut le coup et la séance de photo est vraiment amusante.

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Dernier cenote: on peut voir tous les plongeurs qui visitent les cenotes par en dessous

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Ca ne parait pas haut mais ca l’était un peu, et pourtant on a sauté!

P.S: vous pouvez suivre Bejil-Ha sur instagram pour vous donner une idée des photos auxquelles vous aurez droit.

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  1. Bacalar : la lagune aux sept couleurs

On m’avait dit tant de bien de Bacalar que j’ai forcément été un peu déçue, ce n’est pas tellement que le lieu n’est pas magnifique mais j’imaginais plus d’endroits pour se baigner et surtout je pensais y avoir très chaud. Erreur, on a eu du mal à dépasser les 20 degrés, et c’est frustrant de voir cette eau magnifique et de grelotter de froid.

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MAIS qu’on se le dise, il faut passer à Bacalar. D’abord parce que c’est calme, et ce calme peut faire du bien après l’agitation de Cancun, Playa del carmen ou Tulum. Ensuite parce qu’il s’agit d’un endroit unique au monde : cette lagune aux couleurs si changeantes, abritant quelques cenotes et le fameux canal de pirates à l’eau presque laiteuse.

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Nous avons décidé de prendre un bateau qui faisait le tour de la lagune, une bonne idée pour voir les différents bleus et faire de belles photos à différents points de vues, on peut aussi y voir les stromatolithes, ces étranges organismes vivants qui grossissent de plusieurs centimètres par an. Il est également possible de louer un vélo et de se promener le long de la lagune – mais alors vous ne verrez pas le canal des pirates.

 

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Conseils :

Rien de difficile pour se déplacer dans le Yucatan : une grande route traverse du nord au sud le long de la mer des Caraïbes, vous trouverez des collectivos pour vous emmener facilement d’une ville à l’autre, et pour les plus longs trajets (Playa del carmen-Bacalar) la compagnie de bus ADO assure les liaisons dans de supers bus. On a d’ailleurs repris cette compagnie pour la plupart de nos déplacements par la suite.

Bateau pour Isla Mujeres : depuis l’embarcadère de Puerto Juarez ; 300 pesos A/R (30 minutes de traversée)

Collectivo pour Xpu-Ha : 35 pesos (30 minutes)

Collectivo pour Chemuyil : 40 pesos (45 minutes)

Bejil-Ha : 500 pesos la visite ; 300 pesos les photos – Les deux valent ce prix.

Pour vous rendre au Belize ce n’est pas bien compliqué non plus : vous trouverez des bus directs jusqu’à Belize City (4h) depuis le terminal de la compagnie ADO (sur la grande route). Pensez juste à vous munir d’argent liquide pour passer la frontière.