Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.

J’ai testé pour vous: le boat trip en Grèce.

1. L’itinéraire

10 jours pour visiter la Grèce ce n’est pas énorme, même si on ne se contente que des Cyclades, il a donc fallu faire un choix quant aux îles qu’on voulait voir: Santorin était une évidence, nous voulions également poser le pied sur le sanctuaire de Délos, le choix de Mykonos c’est donc imposé, Naxos étant entre les deux îles et assez facile d’accès notre itinéraire était décidé:

2 jours à Athènes – 2 jours à Mykonos – 2 jours à Naxos – 3 jours à Santorin.

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Les billets de bateaux n’étaient pas réservés à l’avance, nous les prenions donc en général à notre arrivée dans une île: seul petit soucis, l’absence de bateau entre Mykonos et Naxos qui nous a forcé à rester une nuit de plus à Mykonos.

Les temps de trajets ne sont pas toujours respectés à cause des vents ou des escales qui durent parfois un peu trop longtemps, bien qu’on en profite pour se faire bronzer, regarder les îles passer, écrire son journal de bord, le temps est parfois un peu longuet. Voilà une petite idée des trajets que nous avons eu:

– Le Pirée/Mykonos: prévu en 5h, nous l’avons fais en 7-8h.

– Mykonos/Naxos: 1h30

– Naxos/Santorin: 1h30

– Santorin/Le Pirée: prévu en 6-7h, a duré plus de 8h. Petit bémol: le trajet s’effectuait en super Jet, c’est à dire un navire sans pont où les places sont attribuées comme dans un avion. Pas vraiment sympa.

2. Où il fait bon dormir et manger: bonnes adresses.

A Athènes–  Athens Backpackers: dans le centre d’Athènes, à deux pas de Plaka, de l’Acropole, du métro et à 10 minutes de la place Syndagma. AJ super sympa, propre, choix entre chambres mixtes ou seulement pour les filles, petit-déjeuner compris. Gros plus: on est accueillie par des shots d’alcool à prendre sur le toit-terrasse avec vue sur le Parthénon.

http://backpackers.gr/

Scholarchio Ouzeri Kouklis: petit restaurant dans Plaka, on vous apporte un grand plateau d’une dizaine de plats parmi lesquels il faut choisir (choix difficile, tout a l’air hyper bon), et dégustation sur une terrasse à l’ombre. Idéal après la chaude visite de l’Acropole.

A NaxosAnna’s Cafe : petite boutique pour petit déjeuner bio, bien installé à l’ombre sur des coussins, à deux pas de la plage.

A SantorinPension Ptoleméos: sur la pente douce de Fira, à 5min du centre en montée. Pension vraiment pas chère (environ 16e/pers.), très propre, très agréable. La gérante et la femme de chambre sont vraiment aimables (tous les soirs je retrouvais mon lit fait avec pyjama plié sur le lit) et prennent plaisir à discuter avec les clients. Pension surtout fréquentée par des français (guide du routard?), vraiment LE lieu où dormir à Santorin, à moins que vous ne rêviez des hôtels avec piscine sur la falaise…

3. Quelles plages?

Agios Propokios à Naxos – Plage de sable clair, transats payants, mais possibilité d’étendre sa serviette à même le sable. La plage est un petit peu venteuse, juste de quoi s’amuser à sauter dans les vagues. Plage quasi vide le matin, à l’heure où il fait exactement la bonne température.

Périvolos à Santorin – Plage de sable noir, accessible par le bus depuis Fira. Nous n’y sommes allées qu’à partir de 16h quand la plage se vide., seul petit problème, le soleil se cache bien plus vite de ce côté ci de l’île.

Red Beach à Santorin – Superbe plage de sable rouge (comme l’indique son nom), pour y accéder il faut soit passer à travers les rochers, soit prendre un bateau depuis un petit port, dans tous les cas l’arrivée donne l’impression d’être Indiana Jones. La plage est BONDEE, et totalement abritée du vent, il faut y aller tôt le matin ou tard le soir, le reste du temps on a la sensation que le soleil nous brûle la peau, pas très agréable, même si le site vaut le coup.

4. Nos coups de cœur en Grèce.

  • L’arrivée sur le toit de l’AJ avec le coucher de soleil sur le Parthénon.
  • Sauter du bateau qui nous emmène visiter le volcan de Santorin pour nager dans les sources chaudes de Néa Kaméni.
  • Déguster une glace dans le jardin d’Athènes.
  • Attendre le coucher du soleil près de la porte d’Apollon à Naxos.
  • Monter la corniche de Fira de nuit, se retourner et contempler Fira illuminée.
  • Profiter de Santorin en marchant de Fira à Oia.
  • Etre seules sur la plage de Naxos le matin.
  • Prendre à emporter et manger dans le ruelles de Fira devant le coucher du soleil

Coucher de soleil à Fira

Mykonos, les ch’tis et nous.

Le port de Mykonos

Mykonos, la fêtarde.

Arrivées à Mykonos après six heures de bateau, la nuit tombe, on a un peu peur de ne pas trouver le propriétaire de notre pension, John. Finalement c’est lui qui nous repère, sans être méchant, John n’est pas la personne la plus aimable du monde et il tente tout de suite de nous vendre des bijoux, apparemment tous les habitants de l’île tiennent un bijouterie. Le côté commercial nous déplaît assez.

Dès que nos affaires sont posées nous repartons vers le centre de la ville, à Chôra, à pieds. On doit longer la route pendant quelques kilomètres, tout près d’un précipice. Pas rassurant, surtout que Mykonos est une île très venteuse, et une bourrasque pourrait nous faire facilement perdre l’équilibre.

Les rues de Mykonos sont minuscules et remplies de boutiques pour touristes. On sent que l’atmosphère Jet-Set est très présente, pas étonnant que les Ch’tis aient tourné ici, c’est le Ibiza de la mer Egée. On en s’attarde pas bien longtemps, et épuisées de n’avoir rien fait, on retourne vite se coucher.

Mykonos est beaucoup plus agréable au matin ou en milieu de journée: tous les touristes dorment ou sont à la plage. Les rues sont plus calmes, moins encombrées, on peut enfin prendre un peu de plaisir à errer dans les ruelles blanches et bleues, et croiser au coin d’une rue le symbole de l’île: un pélican.

Délos, sanctuaire panhellénique. 

La vraie raison de notre passage à Mykonos c’est la visite de Délos, le sanctuaire panhellénique, l’île où fut déposé le trésor de la ligue de Délos, fondée par les cités grecques pour lutter contre l’envahisseur Perse.

Nous arrivons à Délos à 9h, parées de bouteilles d’eau et de chapeau, s’attendant malgré la bonne heure à une chaleur sèche et suffoquante. Erreur. Le soleil tape peut-être mais l’île de Délos est entièrement sous le vent, il est impossible de porter un chapeau, et je manque de perdre le mien à plusieurs reprises. A notre arrivée le site est encore vierge, nous fuyons vite la masse de touristes qui nous suit pour aller dans l’autre direction en empruntant l’allée des processions pour se retrouver au sanctuaire d’Apollon. Lorsqu’on a passé un an à étudier l’hégémonie grecque, les guerres médiques et la toute puissance athénienne, c’est assez incroyable de se retrouver dans ce lieu que l’on pense connaître pourtant si bien par tous ces textes, ces témoignages lus et commentés.

Le problème est que Délos est avant tout un champ de ruines: l’île est vide et jonchée de colonnes tombées. Encore quelques pieds de statues, quelques portes de temples et les lions. LA Terrasse aux lions! Le symbole de l’île, ceux qui se trouvent sous nos yeux (et sur la photo) sont des faux, les vraies sont conservés au musée, à quelques pas derrière.

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Il semble que les hauteurs soient mieux conservées. On erre entre les ruines de maisons, on croise quelques mosaïques, au loin on aperçoit le théâtre, bien conservé mais malheureusement inaccessible. On finit par se perdre sans retrouver d’où l’on vient, on marche alors entre des hommes qui nettoient les ruines et font quelques fouilles, un peu mal à l’aise, conscientes d’être là où le public n’a pas le droit d’aller.

Pleines de motivation et pour profiter jusqu’au bout de cette excursion nous montons à travers un petit chemin broussailleux où nos jambes se font griffées par les ronces et les herbes hautes. Jéromine n’est pas tout à fait rassurée, ce chemin n’est surement pas pour le public non plis. On parvient de le temple d’Aphrodite d’où pars un plus grand chemin, le bon cette fois. Vu d’un peu plus haut le temple d’Aphrodite est superbe, sur deux étages avec des colonnes adossées à la colline. Plus haut (toujours plus haut) nous arrivons à la porte d’Isis, celle que l’on voit dès l’entrée dans le port et qui semble alors si lointaine, perdue seule dans les hauteurs. C’est d’ici qu’il y a la plus belle vue sur l’ensemble du site.

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Le retour en bateau est lui même un attraction: la mer est si agitée par le vent que le navire se retrouve par moments à la verticale, tour à tour nous ne voyons que le ciel, puis la mer. Mieux que des montagnes russes, du moment que ça ne dure pas plus longtemps.

Santorin loin des touristes (ou presque)

Santorin est probablement l’île des Cyclades la plus visitée: eaux turquoises, paysage à couper le souffle…pas étonnant d’y voir des hordes de touristes, notamment des touristes asiatiques. Pour donner une idée, entre deux restaurants grecs on trouve à Santorin des restaurants chinois (assez bons d’ailleurs, on a testé), pas tout à fait le genre de nourriture qu’on s’attend à trouver dans une île grecque. Il est pourtant possible d’échapper pour quelques moments à cette foule bruyante. Voici un petit aperçu:

1. Balade de Fira à  Oia

Pour être seul à Santorin, le mieux est encore de se lever tôt: le premier jour nous avions décidé de faire une “petite” randonnée sur la corniche du village de Fira à celui d’Oia, se trouvant au bout de l’île. Il faut d’abord monter jusqu’au village ou quartier de Firostéphanie, le point le plus haut de l’île: la corniche longe la côte et se perd par moment dans la ville entre les hôtels de luxe possédant tous une piscine à flanc de falaise. Arrivées à Firostéphanie, on n’en peut déjà plus

On finit par se perdre dans la ville, tous ceux à qui nous demandons notre chemin pour Oia nous regardent surpris: “Oia? By feet?! But this is a very long way!”. Oui, oui, on sait. On les rassure mais on n’en mène pas large: dans quoi s’est on lancées?

On retrouve enfin la corniche qui s’éloigne de la ville et tout à coup il n’y a plus personne. Seulement un couple  qui est à quelques mètres devant nous. Sous le soleil tapant (même à 8h) on se déshydrate vite, heureusement un bar au milieu du chemin nous permet de refaire le plein d’eau, nos deux bouteilles étant déjà finies. On reprend le chemin, devant nous une montée, pas longue mais si raide. Pendant quelques minutes nous n’échangeons pas un mot, fixées sur le contrôle de notre souffle. On parvient jusqu’à une petite église ombragée: on respire enfin. D’ici on a vue sur l’arrière pays, la pente douce de Santorin avec quelques vignes et des villages éparses. De l’autre côté c’est la falaise stratifiée qui plonge dans des eaux limpides, mes cours de géologie me reviennent en mémoire, je les comprends bien mieux maintenant, c’est comme si la falaise avait été coupée en son centre:

Elle n’était pas vraiment rouge, elle ressemblait à certains gâteaux feuilletés où se superposent des strates rouges, chocolat, ocre, cerise, orange, citron

Simone de Beauvoir

On croise des américains venus admirer la vue, ils sont impressionnés par notre rando et nous souhaitent bonne chance en nous quittant: “Guys, It was really nice to have seen you.” Ajoute le mari retournant dans sa voiture avec air conditionnée, comme il nous le fait remarquer en voyant nos joues rougies par la chaleur. On reprend la route: après la montée, voici la descente…des cailloux rouges qui dégringolent sous nos pieds, nous sommes séparées de la falaise par de simples barbelés qui n’ont pas l’air de bien tenir. Pas vraiment le temps de regarder le paysage, on surveille nos pieds pour ne pas faire de faux pas. La dernière montée nous amène au dessus d’Oia, nos pieds s’enfoncent dans le sols et deviennent de plus en plus durs à soulever. Le vent s’est arrêté. On a le souffle coupé, autant par l’effort que par la vue qui s’offre à nous. Nous contemplons du haut de notre périple le croissant de Santorin avec en son centre le volcan. Il n’y personne, pas un bruit, seulement nous et l’île dans tout ce qu’elle a de plus sauvage. Si grand, si beau, si paisible! A nos pieds s’étend Oia. On redescend vers la ville en gambadant tant on est pressées de finir cette balade pour enfin manger. On profite d’un dernier arrêt pour admirer la vue et la solitude. Le couple que nous avons suivi pendant près de quatre heures nous gratifie d’un “Yes guys, we did it!”.

On regarde un peu de haut tous ces touristes venus en cars et qui jamais n’assisteront à ce spectacle, jamais n’auront cette sensation d’avoir Santorin pour soit tout seul.

2. Akrotiri

Akrotiri est un chantier de fouilles de l’époque cycladique découvert depuis peu et qui, comme Pompéi, a été totalement préservé par les cendres du volcan lors d’une immense éruption il y a quelques milliers d’années. Nous avions décidé ce matin là d’aller visiter ce chantier dont seulement 3% a été fouillé. Pas de chance: le chantier est fermé le lundi.  N’ayant plus peur de la marche nous montons les 4 km qui nous séparent du nouveau  village d’Akrotiri un peu plus haut. Ce village est bien éloigné de Fira ou d’Oia: ici les rues sont calmes, presque vides, nous passons des maisons aux portes entrouvertes où nous devinons des scènes de vies, là un paysan accroupi récolte sa vigne, ici une vieille dame pieds nus nous regarde l’œil intrigué. On se tait, conscientes de troubler le calme du village. Face à nous, à l’autre bout de l’île se trouve la bruyante Oia. Voici une vue de Santorin que nous ne connaissions pas du tout.

Nous redescendons ensuite pour nous rendre à red beach, l’une des plus belles plages de Santorin, mais avant on s’attable à un petit restaurant accolé à la roche pour y déguster l’habituel tzatziki. Dans une petite baie, au bord de l’eau, il est encore trop tôt pour voir les touristes et nous mangeons seules en profitant de cette vue paisible, des clapotis de l’eau sur les coques de bateaux, du léger vent qui vient adoucir cette chaleur toujours plus brûlante.

Enfin, puisque nous n’avons pas pu voir le chantier de fouilles, nous nous rendons le lendemain matin au musée archéologique d’Akrotiri pour y admirer les vestiges datant de 3 ooo ans avant notre ère. Les fresques sont impressionnantes, très colorées, en mouvement, elles me font penser aux fresques perses. Le style est original: des oiseaux, des singes bleus, beaucoup de femmes et de fleurs. On découvre aussi des poteries peintes, des tables, des chaises, extrêmement bien conservées: une visite à faire! Sans compter que dans ce musée (gratuit pour les étudiant), il fait frais!

Athènes en un Week-end

Enfin arrivées à Athènes!

Après 5 mois d’attentes, de rêveries, d’impatience, et 3 heures d’avion, nous posons enfin le pied sur le sol grec. Aucun mal pour trouver le bus qui nous emmène à la place Syndagma face au parlement, ni pour parcourir les dix minutes qui nous séparent de l’AJ. On longe le jardin national en frôlant les colonnes du temple de Zeus et nous y sommes. La simple vue de ces colonnes en pleine rue nous dépayse totalement, les Athéniens y sont habités, c’est surement comme passé près du musée de Cluny à Paris pour nous.

L’AJ nous accueil avec deux verres de ce qui ressemble à du raki, ou plutôt deux shots qu’on est invitée à prendre sur le toit-terrasse plein de coussins où les jeunes s’allongent et discutent, le tout sur on fond de soleil couchant, face au Parthénon.

Première approche d’Athènes: AWESOME!

La seconde nettement moins. Nous ressortons pour dîner dans Plaka, mais le quartier est bien trop touristique, et nous finissons dans un restaurant lambda où, au moins, les salades grecques ne sont pas trop mauvaises. Mais nous sommes un peu déçues par l’ambiance générale.

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La découverte de l’Acropole.

Ce fut surement l’une des journée les plus chaudes de ma vie: bien que s’étant levées tôt, nous ne sommes pas arrivées à l’Acropole avant 11h, mais bonne surprise, les lieux culturels sont gratuits en Grèce pour les étudiants, nous ne paieront donc pas un euro pour visiter. Le temps de monter par le Péripatos nous parvenons au toit de l’Acropole sous le soleil de midi. En chemin nous contournons le théâtre de Dyonisos et celui de l’odéon d’Hérode Atticus, qui date de l’époque romaine et alors occupé par des techniciens qui organisent la représentation d’une pièce d’Aristophane le soir même. On longe  l’Acropole, peut-être est-ce d’ici qu’elle est la plus impressionnante, vue sous ces immenses murailles, juchées sur un rocher et qui semblent nous écraser du poids de leur années.

Nous arrivons sur les Propylées (les escaliers) noirs de monde. Les groupes de touristes ont déja pris d’assaut les antiques vestiges à coup de parapluies colorés pour que chacun reconnaisse son guide. Le spectacle de l’Acropole envahie de cette foule grouillante dont nous faisions parti amoindrie forcément un peu l’impact de ce lieu, mais une fois qu’on est parvenu à en faire abstraction, sa grandeur demeure indemne.

Temple d’Athéna Niké, Erechteion, Parthénon. Nous avons tout vu, tout photographié, tout commenté. En plus des vestiges, l’Acropole offre une vue exceptionnelle sur Athènes et sur la colline de la Pnyx face à nous. Il est difficile de redescendre se mêler à la foule des mortels tant on se sent bien au milieu des dieux, mais le soleil tape trop fort et nos estomacs gargouillent, il est temps de trouver à manger.

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Il n’y a pas que les salades grecques!

Il est temps de parler de nourriture, car la Grèce ce n’est pas que les salades et les oliviers.

Nous sommes donc redescendus vers Plaka que nous avions si peu appréciée la veille, pourtant l’ambiance y était plus agréable en journée. Nous nous arrêtons à un restaurant indiqué par le guide et commandons une formule avec une dizaine de plat parmi lesquels nous choisissons cinq mets: le tarama, les espèces de poulet (cf. photos ci dessous), les boulettes de viande, les patates, et surtout le Tzatziki, pour lequel nous avons redécouvert notre amour et qui est resté notre principale, et presque unique, nourriture pour le reste du séjour.

Enfin, pas tout à fait, le soir même on a expérimenté deux plats locaux: les calamars frits pour Jéromine, qui, maintenant je le sais, en raffole, et de la viande avec (encore) du tzatziki pour moi. Une fois dans les îles  nous avons découvert un autre plat qui nous permettait de manger beaucoup, bien et pas cher: le gyros pita, ce qu’on pourrait appelé “un grec” chez nous, mais avec un pain bien meilleur, et un sauce ressemblant très franchement à du tzatziki tout simple. Plat idéal pour les midis, pour manger tout en se promenant.

Promenade dans Plaka.

Retournons à nos aventures: après s’être remplies la pense, et avoir bu des litres et des litres d’eaux, on s’est baladé à travers le quartier, qui, en cette heure de la journée, s’est avéré être relativement désert. Plaka est un endroit vraiment beau, difficile de croire qu’il s’agit d’un quartier peuplé d’une capitale, on se croirait dans un petit village, les rues sont étroites et pavées, montant et descendant vers l’Acropole avec des marches, dans chaque rue, une myriade de restaurants où les serveurs font la devanture et essaient d’attirer le client. Dans les rues adjacentes on n’entend presque plus de bruit, les plantes grimpent au fenêtre, on trouve des scooter égarés, des petite terrasses privées. Toutes les maisons sont colorées.

Nous nous dirigeons vers l’Agora et on découvre qu’il y a pire que l’Acropole à midi: l’Agora sous le soleil de 15h. Le site n’est pas très bien conservé et il est donc difficile de se faire un idée de l’intensité de la vie politique en ce lieu, on contourne un temple assez bien conservé qui donne une superbe vue sur l’Acropole en surplomb puis on se fait ejectées de l’Agora qui ferme.

On se rabat alors que le cimetière de la céramique…lui aussi fermé!

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Une oasis de fraîcheur: le jardin national.

J’ai l’idée d’aller au jardin national que nous avions vu en arrivant la vieille. Problème, le jardin est à l’autre bout de la ville, il faut remonter l’intégralité de l’avenue Ermou pour y parvenir. Prenant notre courage à deux mains, malgré la chaleur qui nous martèle le crâne on commence à marcher. On s’aperçoit vite que cette avenue est en fait LA rue commerçante d’Athènes, la dure marche apparaît plus agréable que prévue. De Zara en H&M, de climatisation en climatisation, en contournant une jolie église orthodoxe plantée au centre, on parvient finalement à la place syndagma d’où s’ouvre le jardin national. En vraies occidentales, on profite d’un petit détour par le McDo de la place pour s’acheter une glace à déguster dans le parc.

Le jardin est ombragé, TRES ombragés. On parcourt avec plaisir les allées, atterrissant sur des kiosques, des fontaines, des volières. Nos pas nous mènent à l’extrémité du parc, devant la demeure royale où nous assistons à la relève de la garde (surement encore plus ridicule qu’en Angleterre). On repart finalement vers les colonnes de Zeus et notre AJ.

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