Les oiseaux du lac Skadar

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Il est un endroit au Monténégro qui ne ressemble à aucun endroit que j’ai pu voir, entre marécages et montagnes s’étend le lac Skadar au centre duquel se trouve la frontière avec l’Albanie. On est arrivé au lac par la route de Podgorica et à la meilleure heure possible : juste un peu avant le coucher du soleil.

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Venant des montagnes, le retour à la civilisation a été un peu difficile mais cette halte au la Skadar a permis de s’y remettre tout doucement. Nous avons logé à Virpazar – qui fait nom de ville dans un roman d’héroïc fantasy – dans une pension un peu à l’extérieur du bourg, donnant sur les marécages, sur les barques, sur les montagnes et prendre son petit déj de bon matin avec comme seule musique le chant des oiseaux, c’est le pied !

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La réserve naturelle du lac Skadar

Le gros intérêt du lac ce sont ses oiseaux, alors c’est parti dès 8h du matin pour une petite balade en bateau autour des principaux lieux marécageux. Notre hôte nous a confié à un « pécheur/guide touristique » qui nous emmène sur son petit bateau, avant les autres touristes. Quand les gros bateaux passent les oiseaux s’enfuient à cause du bruit et en fait on ne voit rien, on a donc pu profiter de la visite en solitaire.DSC_3811

DSC_3830 DSC_3820Sous la lumière matinale le lac est tout aussi beau que la veille et les montagnes se reflètent dans le lac avec clarté, derrière les herbes hautes. J’imagine que ça doit être comme ça à la Réunion ou dans les bayous de Louisiane, c’est surement un effet de mon imagination. En tout cas c’est beau, et il ne fait pas encore trop chaud.

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En prévention on avait emmené jumelles et gros objectif mais on n’en a même pas besoin, il n’y a que quelques pêcheurs et les oiseaux sont tous présents, enfin surtout les cormorans et les hérons qui déploient leurs grandes ailes à côté de nous. Je n’y connais rien en oiseau et en France les visites de parc naturelles pour les oiseaux ont plutôt tendance à m’ennuyer, il semblerait que j’ai tort : c’est beau et je regrette de ne pas en voir plus.

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Faire le tour de Skadar en voiture

Il n’est en fait pas possible de faire le tour de Skadar à moins de passer en Albanie, la route que nous avons emprunté mène aux portes de l’Albanie avant de retourner vers le littoral monténégrin. Sur le papier la route avait l’air vraiment sympa, surplombant le lac, se déployant vers les montagnes. Mais en vrai il s’agit d’une route beaucoup trop étroite, mal entretenue, avec des virages partout, aucun parapet pour éviter le précipice et on doit partager le chemin avec quelques ânes. Autrement dit : plusieurs heures de grosse frayeur !

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Au milieu du chemin on prend le risque de descendre jusqu’au lac où on mange dans un resto archi nul et archi cher, mais ici qui lui ferait concurrence ? Le lac est d’un bleu des mers du sud, paisible, quelques barques sur les côtés et un pope qui, venant d’une île voisine où il a célébré son office, revient pour se baigner tranquillou, sa popesse avec lui. Il fait chaud, l’eau est à une température idéale,  quelques instants avant de reprendre la route de la terreur.

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Et pour mettre le tout en image, voici une petite vidéo du Lac et de ses environs: Sur les rives du Lac Skadar

La route de la Moraça

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Il ne s’agit pas ici d’une étape mais d’un itinéraire entre le parc du Durmitor et le lac Skadar. Le Monténégro est suffisamment petit pour pouvoir traverser le pays en une journée, et voir plein de paysages différents. Cette route qui mène à travers le Canyon de la Moraça vers ma frontière albanaise a donné lieu à plusieurs haltes, c’est ça l’intérêt quand on voyage en voiture, on peut s’arrêter où on veut sans l’avoir décider à l’avance.

  • Premier arrêt : la rivière Tara.

On s’était déjà rendu au-dessus des gorges de la Tara, la route nous a à nouveau dirigé vers la rivière Tara (Rijeka Tara) un peu plus au sud, après avoir redescendu le plateau du Durmitor. Arrêt touristique obligé, nous ne sommes pas seuls, des cars de touristes viennent ici pour marcher le long du gigantesque pont qui surplombe la rivière. C’est beau, c’est grand. Un peu plus loin, nouvel arrêt, pour voir la rivière de plus près et s’y tremper les pieds, elle est d’un bleu azur mais paraît bien froide.

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  • Second arrêt : le parc national de Biogradska.

Autre grand parc national, nous n’avons pas le temps d’en faire le tour et de s’y promener mais ça semble une halte parfaite pour pique-niquer. On monte en voiture jusqu’au lac de Biogradska, l’entrée est ici encore payante, pour la bonne cause, 3 euros par personne. Il n’y a presque personne autour du lac, qui est bien petit, seulement deux ou trois personnes qui font de la barque où s’assieds au bord du ponton pour bouquiner.

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On croise des moustiques – notre fléau au Monténégro – un serpent de mer, et un orage. Le ciel s’assombrit et donne au lac un tout autre aspect, le tonnerre gronde, le temps d’arriver à la voiture et des trombes d’eau s’abattent sur nous. On suit à nouveau la rivière Tara pour parvenir à notre dernier arrêt.

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  • Troisième et dernier arrêt : le monastère de la Moraça.

Seul monument culturel qui selon moi valait le coup d’être vu. Encore une fois ce monastère rappelle combien les moines savent trouver les coins isolés et superbes sur terre. Entre la montagne et la rivière, le monastère apparaît : complexe de plusieurs bâtiments neufs, il me charme dès le début pour son atmosphère calme et ses jolies fleurs qui décorent les balcons et les contours du monastère.DSC_3767

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L’église en elle-même est assez petite mais couverte de fresques, interdiction de prendre des photos. Je n’avais jamais vu autant de fresques aux allures byzantines. En prime nous assistons à la sonnée des cloches qui se trouvent en dehors dans le jardin : le pope monte sur une chaise et sonne lui-même les cloches pendants quelques minutes avant de retourner vers l’église pour y donner la messe avec son disciple, ça pue l’encens mais c’est assez amusant.

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On reprend enfin la route en traversant le canyon de la Moraça, moins impressionnant que celui de la Tara mais vraiment beau avec sa pierre rouge, direction : Skadar, notre dernière étape.

Le parc national du Durmitor au Monténégro

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Le Durmitor est l’un des deux gros massifs montagneux de Monténégro, ce qui explique en partie son nom (Crna Gora = montagne noire en serbo-Croate), le second se trouvant à la frontière avec l’Albanie. Ne pouvant pas tout visiter en 10 jours on a choisi de visiter  Durmitor où nous avons dormis à l’ombre du Bobotov Kuk tout près de la capitale de la région : Zabljak.

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Le Durmitor est peut-être ce que j’ai préféré au Monténégro pour pleins de raisons : on n’y trouve pas le même genre de tourisme que sur la côte, les gens sont ici principalement pour faire de la randonnée, pas de bling bling, de m’as-tu vu, tout le monde est en polaire Quechua en plein mois de juillet mais il faut dire qu’à plus de 1000m d’altitude il fait froid. Il y a peu de monde ici, pour preuve, nous avons rencontré 2 jours de suites à 2 randos différente une jeune randonneuse française, bien heureuse qu’on puisse la ramener à Zabljak après une journée de 10h de marche puisque faire du stop ici, c’est s’exposer à attendre longtemps, très longtemps.

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Ensuite le Durmitor est apaisant  : ici il n’y a presque personne ou alors des paysans fauchant leurs champs pour en faire des bottes de foin à l’ancienne, le genre qu’on voit sur les tableaux de Monet. Les paysans, fait singulier n’ont tous que trois dents, ils ne parlent pour la plupart que le Monténégrin mais sont pourtant ravis de vous aider quand vous vous perdez entre les champs et les bois, parce qu’ici toutes les routes se ressemblent et les panneaux sont écris en cyrillique. Il ne fait pas caricaturer non plus, le Durmitor est en train de s’ouvrir et il y a partout des constructions de maisons ou chalets dans le but de faire de la station du coin une grande station de ski et de Zabljak un grand centre touristique. Il en reste que pour le moment se balader dans le parc national donne une impression de voyage dans le temps.

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Diversité des paysages. Si vous tapez Durmitor dans google vous tomberez surement sur les massifs montagneux qui rappellent de près les Alpes, ou plutôt les Dolomites italiennes. Même si ça parait être un paysage bien connu tout d’abord ça reste l’un des plus beaux paysages que j’ai vu, mais j’ai toujours préféré la montagne à la mer, les crêtes qui se dessinent majestueuses plutôt que la vue de l’eau qui se fond avec l’horizon. Ensuite le Durmitor ce n’est pas que des montagnes, face aux crêtes, sur le plateau de Zabljak on retrouve des grandes prairies qui rappellent – tel que je me les imagines – les steppes de Mongolie ou les grandes plaines américaines du nord, enfin un lieu idéal si vous êtes branché équitation.

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Le Durmitor se visite à pied, on a donc profité de ces trois jours pour faire des randos, plus ou moins longues, qui valaient vraiment le coup.

  1. Crna Jezera et ses airs québécois

La première rando partait directement de notre appartement, en théorie 1h30 pour se rendre au lac noir, l’une des randos les plus touristiques du coin. Le lac noir est assez connu et accessible en voiture ce qui permet de ne faire que le tour du lac, ou plutôt des lacs. Prévu pour les randonneurs du dimanche, le tour du lac doit compter bien 2h et n’est pas de tout repos : montées, descentes abruptes, caillasse. Le lac a beau être touristique il est facile de s’isoler et tout à coup, mis à part le sommet gris qui surplombe le lieu, on se croirait au Québec. Il faut payer 2euros pour entrer dans le parc national du lac et deux euros de plus pour le parking, mais le gérant de l’hôtel nous a indiqué un chemin à travers les bois nous permettant de ne pas passer par l’entrée officielle, et donc de ne pas payer.

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Malgré les moustiques et les essaims d’abeilles qui bourdonnent il est franchement plus agréable de traverser les bois, sans compter que nous arrivons en fin d’après-midi, à l’heure où la lumière est la plus belle et l’ombre des montagnes recouvre peu à peu le lac. Le tour du lac en lui-même compte bien 2h et n’est pas de tout repos, il y a en fait deux lacs qui se rejoignent surement lorsqu’il y a suffisamment d’eau. Si le lac est assez touristique on peut tout de même facilement s’isoler et profiter au calme de l’eau dormante du lac.

Balade de Crna Jezera : 3h30 à pied, 1h30-2h si on prend la voiture jusqu’au lac. // Difficulté : facile.

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  1. Le canyon de la Tara

On a mis du temps à trouver le chemin de cette rando, assez courte mais riche en paysages. La carte d’état-major indique très mal la route pour s’y rendre, il faut en fait passez sous le grand Hôtel – version grand hôtel de l’ère socialiste – pour poursuivre vers des petits villages. Tout se ressemble, il y a des dizaines de routes non indiquées, mais se perdre sur la plateau, entre les bottes de foin et les champs n’est pas pour me déplaire. La rando consiste normalement en un aller-retour pour se rendre au-dessus du Canyon de la Tara, au bout du plateau. Je n’étais vraiment pas rassurée, le canyon est très profond, la falaise franchement raide, mais la vue est à couper le souffle si vous n’avez pas le vertige. LE contraste entre le plateau et le canyon est saisissant. On a préféré faire une boucle pour retourner à la voiture et couper à travers champs façon Bilbo Baggins. Autrement dit, j’ai adoré!

Balade au-dessus des gorges de la Tara : 1h30 // difficulté : facile.

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  1. Rando autour du Bobotov Kuk

Cette fois-ci rando en montagne, obligation de s’équiper :bâtons de rando, bonnes chaussures et gros sac pour mettre le pique-nique. On avait mal appréhender le parcours, il n’y avait pas qu’un col à monter mais bien deux, et le premier se grimpait à la force des bras ressemblant plus sur la fin à de l’escalade qu’à de la rando. L’arrivée au premier col, environ 2000m d’altitude donne vue sur une vallée glacière avec en son centre un lac, mais après déjà 4h de marche et orage menaçant on a préféré écourté la balade et ne pas redescendre jusqu’au lac. Comme toute rando de montagne on y rencontre une flore particulière, même si je n’y connais rien, il y avait, parait-il, de superbes gentianes, mais j’ai surtout apprécié de faire la fin de la balade avec des vaches et des moutons guidés par leur berger. Le gros plus de cette rando pour les géographes et géologues c’est l’observation de strates et de plis, vraiment superbes, que l’on voit un peu partout tout au long de la marche. J’étais épuisée à la fin de ces presque 6h de marche, je me suis demandée comment faisait le berger chaque jour pour faire presque la même chose.

Rando autour du Bobotov Kuk : 5h sans pause, 6h si pique-nique // difficulté : moyenne.

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Le Durmitor a été une découverte pour moi qui ne voulait même pas me rendre dans les montagnes, mais quelle découverte! On en ressort apaisé et reposé. Un lieu à voir pour qui aime les grands espaces.

Et pour finir: le tout en image. Une vidéo qui mixe mes trois randonnées en Durmitor. Si avec ça vous n’avez pas envie d’y aller… Je ne peux plus rien.

Conseils pratiques :

Logement – préférer un appartement ou une hutte qui ne coûtent pas vraiment plus cher qu’une tente et qui permettent d’être au chaud et surtout de manger chaud

Nourriture – prix absolument dérisoires

Itinéraire : prendre une carte d’état major, routes pas forcement bien indiquées, mieux vaut déchiffrer le cyrillique.

Les Fjords ne sont pas tous norvégiens: Les bouches de Kotor au Monténégro

DSC_3487Kotor est la plus grande attraction touristique du Monténégro, accessible depuis Dubrovnik, les bouches forment des sortes de Fjords norvégiens dans l’adriatique se creusant en trois baies: la baie de Kotor, la baie de Perast et la baie de Tivat. Finis les hôtels et les lits douillets, nous sommes arrivés à destination et nous commençons le camping, à Morinj un petit village de la baie de Perast, sans charme particulier mais avec une petite plage pour se baigner. La température grimpe rapidement mais malgré l’aspect fermé des baies, la mer est froide. Nous sommes restés 3 nuits dans les bouches de Kotor, de quoi profiter de la baignade et visiter les principaux sites : Perast, Kotor et la péninsule de Lustica.

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  1. Perast

La première chose que j’ai pu constater au Monténégro c’est que rien n’est très grand, les villes en particuliers se parcourent rapidement et les édifices ne sont jamais aussi impressionnants ou majestueux qu’en France ou en Italie. En gros j’ai été assez déçue au niveau culturel, cependant Perast est restée une découverte agréable : l’emplacement du site – au centre de la baie – et le côté vénitien du village en fait une halte incontournable. Ancien repaire corsaire, sous domination vénitienne dès le XVème siècle, Perast a acquis ses lettres de noblesses à la bataille navale de Lépante en 1571 où la ville combattait aux côtés des vénitiens et de la chrétienté contre les ottomans. Il faut savoir que si par chez nous le « péril ottoman » demeurait plutôt abstrait, la preuve en est que la France a préféré ne pas participer à cette fameuse bataille de Lépante ; sur les bords de l’Adriatique et dans les Balkans la menace était toute autre, et les principales constructions militaires – remparts, flottes, etc. – avaient pour but de se protéger contre les ottomans.

 

P1050258 P1050273L’architecture générale rappelle par endroits les palais vénitiens non seulement pour la présence du lion de Saint-Marc – symbole de Venise – mais aussi pour le tracé général de la ville. Perast contenait à son apogée un très grands nombre de palais – on parle de 200 – surmontés grandes fenêtres et de balcons. Aujourd’hui la moitié de la ville paraît inhabitée, en traversant la rue principale on peut apercevoir à l’intérieur des murs que la végétation a repris ses droits. Ne pas manquer de prolonger la visite en montant l’un des multiples escaliers pour avoir une vue sur le campanile face à la baie.

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Au centre de la baie se trouvent deux îles : sur la première se trouve l’église orthodoxe Notre-Dame du Récif. L’île a été érigée artificiellement après une apparition de la Vierge qui aurait guéri un marin se trouvant là, les habitants ont alors renforcé le récif au cours du temps pour y construire un lieu de culte important qu’on peut atteindre par bateau (5 euros la traversée), l’église en elle-même ne m’a pas laissé de souvenir impérissable, mais elle abrite une collection intéressante de dons, notamment de tableaux représentants des tempêtes et des naufrages. En face, une autre île abrite une abbaye devenue propriété privée et donc non visitable mais dont le bateau en fait le tour. Sous la lumière de fin d’après-midi l’île ressemble à  l’île des morts  d’Arnold Böcklin.

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Enfin en retournant vers Pisan, nous avons fait un petit arrête au monastère de Banja où on est accueilli par la mère abbesse après avoir sonné à l’entrée. Elle nous ouvre sa chapelle avec des icônes et nous donne un sirop au miel pour la toux fabriqué par les sœurs, ce qu’on appelle « un remède de bonne sœur ».

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  1. Kotor

A Kotor c’est une toute autre ambiance, le fjord est plus accessible c’est donc ici que se rendent les gros navires de croisières faisant le tour de l’Adriatique, les bateaux déversent les touristes et la tranquillité de Perast est bien loin. La vieille ville est entourée de remparts, elles-mêmes entourées de douves. Sur la montagne qui se dresse au-dessus les remparts s’élèvent aussi et un chemin mène à un lieu de culte, auquel nous ne sommes pas allés, trop chaud, trop long. La cité se développe au XIIe siècle mais la région est propice aux tremblements de terre et aux attaques navales – Frédérique Barberousse ravage la ville notamment – , c’est donc une ville construite par les vénitiens qui reste aujourd’hui. Difficile de ne pas remarquer l’emprunte vénitienne, lion de Saint-Marc, fenêtres type renaissance ou baroque, etc. La ville est un peu trop touristique mais reste très belle, aucun plan concret, les ruelles se suivent dans aucune logique et on s’y perd avec plaisir.

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  1. Péninsule deTivat

Après Kotor nous sommes allés faire un tour en voiture sur la péninsule de Lustica. Le but : trouver une plage, une crique et s’y baigner tranquillement. MAIS le Monténégro n’est pas la Croatie et dispose de peu de côte, chaque centimètre de plage est donc utilisé, exit l’image idyllique de la plage en solitaire au coucher du soleil. Les routes sont encombrées des kilomètres avant d’atteindre la mer, en prime la route est franchement mauvaise et on se fait de belles frayeurs. Le trajet paye pourtant puisque au retour on peut contempler la péninsule qui fait beaucoup penser à la Corse, puis l’ensemble de la baie de Kotor et de Risan au coucher du soleil, et c’est beau !

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Seul petit regret : ne pas avoir emprunter la route Serpentine qui mène de Kotor au parc du Lovcèn et qui offre une superbe vue sur les bouches.

Stari Most: détour en Bosnie -Herzegovine

Nous quittons la Slovénie pour nous enfoncer plus profondément dans les Balkans : changement de décor, changement d’ambiance nous pénétrons après une longue journée de route la dangereuse et mystérieuse Bosnie-Herzégovine.

J’avais beau être petite durant la guerre de Bosnie, ce nom m’a toujours fait peur, et rien qu’à l’idée de me rendre en Bosnie j’en avais des frissons, de peur et de plaisir, de se croire une grande aventurière. Même s’il n’en est rien, l’arrivée dans ce pays diffère du reste des pays d’ex-Yougoslavie : après avoir parcouru quatre frontières sans aucun contrôle nous voici coincés dans un embouteillage pour passer le poste frontière où un policier zélé examine attentivement chaque passeport et chaque assurance voiture qui passe sous ses doigts. On se sent oppressés, craintifs, autour tout est écrit en cyrillique et sous l’orage menaçant – et qui finit par éclater violemment – la pancarte « Welcome to Bosnia-Herzegovina » n’a vraiment rien d’accueillant.

La douane enfin passée – après moult péripéties dignes d’un film de Kusturica, on se met dans le bain – on file sur les petites routes bosniaques : direction MOSTAR.

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Mon a priori sur la Bosnie a du beaucoup compter dans la découverte – rapide – de ce pays, et si j’ai été parfois choquée et parfois déçue, je me sens surtout rendue compte qu’il était difficile d’apprécier cette région sans en connaître l’histoire, en particulier en ce qui concerne la ville de Mostar.

Alors, pour votre culture, rapide retour sur la guerre de Bosnie. Je vous vois soupirer, un peu de bonne volonté, je vous jure que c’est intéressant !

A la fin de la seconde guerre mondiale, alors que les russes arrivaient d’un côté et les américains de l’autre, un jeune communiste un brin nationaliste à la tête d’une armée de résistance s’est empressé de bouter les allemands hors des Balkans, permettant ainsi à la région de ne pas tomber sous l’influence direct de Staline. Ce chef militaire c’est Josip Broz dit Tito, et Tito, même s’il était un chouia dictateur, il est encore aujourd’hui encensé dans tous les Balkans : comme le dit Kusturica « Tito, c’est Tito » point. Ce Tito a donc fédéré les différentes nations des Balkans pour créer la République fédérale de Yougoslavie dont il tint la tête jusqu’à sa mort en 1980, BIEN ENTENDU. Tito a réussi à éviter au pays d’être satellisé par l’URSS et lui a donc permis d’exister sur le plan des relations internationales, participant par exemple aux conférences des non-alignés. Sur la plan intérieur, la nouveauté c’est l’instauration d’un régime rotatif entre les grandes nations du pays : les serbes, les croates, les bosniaques … Il ne faut pas déconner, toute cette politique se fait sur un fond de culte de la personnalité  – Podgorica s’appelait par exemple Titograd – et de répression des opposants politiques. QUAND MÊME.

Après la chute du mur de Berlin qui annonce la fin de l’URSS, la Yougoslavie commence elle aussi à se désagréger sous les revendications nationalistes, ce qui conduit fatalement à des demandes d’indépendances d’où GUERRES.

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Après la Slovénie et la Croatie, c’est au tour de la Bosnie de demander son indépendance. Problème ! La Bosnie est constituée à la fois de serbes et de croates orthodoxes, et de bosniaques musulmans (je généralise). Un référendum a lieu en 1992, boycotté par les serbes, le vote est cependant à majorité favorable et la Bosnie est reconnue officiellement indépendante par la communauté internationale. Oui mais pas par les serbes, ni par les croates (en quoi ça les concerne, je n’ai jamais bien compris). S’ensuit alors une grosse guerre ponctuée par de rares cessez le feu et l’intervention de l’ONU. Le moment le plus violent en étant la destruction du vieux pont de Mostar en 1993.

 Mais la guerre à Mostar c’était quoi?!

Retournons à nos moutons : après avoir traversé des charmants paysages bosniaques en suivant des cours d’eau dans les montagnes, le tout parsemé de très trop nombreux cimetières, aux jolies pierres tombales arborant fièrement ces dates “1992,1993,1994” – ça en fait froid ans le dos, j’arrive à Mostar, grosse ville avec barres d’immeubles et tout le tralala. A peine entrée dans la ville je tombe sur une inscription : « Don’t forget 1993 ». Super ambiance! Le malaise restera présent durant toute ma visite de la ville, en même temps que la joie de voir combien une ville, un pays et une population peuvent se reconstruire après tant d’horreur. Au centre de Mostar ce trouve le fameux vieux pont, détruit, non pas parce qu’il servait de passage stratégique, mais uniquement pour la symbolique : il représentait le lien entre les musulmans et les chrétiens orthodoxes. La communauté internationale a reconstruit ce pont en 2004, tel qu’il était à l’origine. Les bâtiments autours sont d’époques et n’ont – presque – pas été endommagés par la guerre.

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Si le centre est joli : vieux bâtiments, superbe vue sur la rivière et sur la mosquée, ce qui m’a le plus marqué a été les stigmates de la guerre présents partout. Les bâtiments sont pour la plupart criblés de balles, beaucoup sont encore en ruine, et l’endroit même qui nous servait de parking stipulait bien qu’il ne fallait pas garer sa voiture sous les ruines qui risquaient de s’écrouler. Au milieu de ce paysage de guerre la vie a pourtant repris tous ses droits, et le tourisme aussi, on se croirait au souk, à ça prêt qu’en levant un tout petit peu les yeux on voit et on imagine ce qui a pu se passer il y a 20 ans. Mostar est située entre trois collines, le champ de bataille se présentait à peu près ainsi : les croates et les serbes étaient en hauteurs, d’où ils canardaient les bosniaques restés dans la ville.

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Mostar m’est apparue comme une archive vivante. Le côté archi touristique ne m’a vraiment pas plu, mais il faut bien qu’ils en profitent un peu pour se reconstruire économiquement, c’est probablement la ville qui m’aura marquée le plus profondément.

J’en suis ressortie un peu nauséeuse face à la violence humaine, mais avec l’idée que qui sait, un jour on pourra peut être aller en Syrie, dans vingt ans…

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Ljubljana: le village coloré

P1050135Après la traversée de la Bavière et de l’Autriche nous voici arrivés en Slovénie parcourant les dernières montagnes pour atteindre notre but : Ljubljana. L’entrée dans la ville par les grandes artères aux grands bâtiments presque en ruine de l’époque communiste n’avait rien d’encourageant, mais c’est à pied qu’il faut visiter Ljubljana.

La ville est vraiment n’est vraiment pas grande, semblable à une petite ville de province en France, centrée autour d’une rivière où s’alignent des maisons colorées, le tout surplombé par un château.  L’ambiance  empire austro-hongrois. En moindre dimension on pourrait se croire à Prague.

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Il n’y pas beaucoup de choses à voir à Ljubljana : la balade le long des quais pour observer les vieilles maisons, les petites ruelles décorées, la cathédrale Saint-Nicolas, la rue principale, quelques immeubles art-nouveau, le château avec la superbe vue des remparts qui permet de constater que la ville est bien entourée de montagnes. L’université n’est constituée que d’un bâtiment, la bibliothèque et les archives ne font guère plus. Jusqu’au dernier jour la ville ne m’aura pas particulièrement charmée, tout y est mignon mais tout m’a semblé vide, peu vivant. Bref pas de coup de cœur, puis… revenant vers l’auberge de jeunesse je suis passée par des ruelles plus populaires avec des chaussures pendant à tous les fils électriques et des parapluies au-dessus de nos têtes en guise d’abat-jour pour les lampadaires – étranges coutumes slovènes, enfin il parait qu’au Portugal ils font de même avec les ombrelles. Le quartier était plus bruyant, plus animé, un air de village qui change du côté presque eurodisney du reste de la ville. Des tags sur les murs, des bistrots à tous les coins de rue, de vieilles maisons décrépies. Une immense envie de se poser là et de regarder la ville vivre au coucher du soleil.

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J’avais déjà voyagé par la Slovénie et j’en avais retenu l’image d’une contrée brumeuse. Hormis le soleil de la capitale j’ai à nouveau fait route sous la pluie et les nuages, des forêts de sapins s’étendant sur les pentes sauvages, laissant deviner la présence d’ours et de loups. Un pays de légendes, surmonté çà et là d’étranges châteaux et forteresses. Cette petite halte m’a donnée envie de rester plus longtemps pour visiter tout le pays jusqu’aux plus petits villages et bourgs.

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