Road-Trip au Pays de Galles – le moment Rando au parc de Brecon Beacons

Troisième jour de ce road-trip au Pays de Galles. Nous avons posé nos valises pour deux nuits dans une guesthouse de Brecon, la principale ville au nord du parc ; une auberge sans prétention mais qui  nous propose un petit-déjeuner britannique comme je l’attendais : des beans, des œufs, des toasts et du thé à qui mieux mieux, idéal avant de réaliser le programme de la journée c’est-à-dire partir en randonnée.

Je ne me suis pas vraiment penchée à l’avance sur la randonnée que je voulais faire, comme il y a un « visitor center » à l’entrée du parc, je saisis l’occasion de faire comme Mathilde du blog de Mathilde et de m’y rendre pour demander conseil et voir un peu ce qu’on peut faire dans ce parc qui corresponde à mes critères (pas trop long, pas trop pentu). On regarde deux trois itinéraires avant de se décider pour le plus couru mais qui permet de s’en mettre tout de même plein les yeux : la boucle qui mène jusqu’à Pen Y fan, le plus haut sommet des Brecon Beacons.

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Nous avons de la chance avec le temps, même si les nuages ne  sont pas loin nous sommes sur un jour sans pluie, et l’alternance soleil/nuage offre déjà de beaux contrastes sur les petites montagnes qui se rapprochent. La route serpente entre les moutons et les herbes, on commence par se tromper et rouler jusqu’au réservoir au centre du parc avant de faire demi-tour et de se garer près d’une baraque à frites. Plusieurs randonnées partent de part et d’autre de la route. On nous a conseillé de commencer la grimpette vers Pen y Fan une centaine de mètres plus loin car le départ depuis la baraque est plus dur. Mais même si je veux une rando tranquille je veux quand même avoir l’impression que mes muscles fonctionnent, j’opte donc pour la montée réputée plus difficile.

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Et c’est parti pour 4h de marche. On commence par suivre les crottes de moutons jusqu’au sommet d’une crête. Certes on entend et on voit encore la route mais le paysage qui se dessine ravit déjà mes yeux. Les sommets se succèdent, tandis que de l’autre côté les champs s’étalent au pied de Pen y Fan. La montée est un peu raide mais rien d’insurmontable, juste assez pour se mettre en jambe. Nous basculons alors sur l’autre versant qui descend jusqu’à une rivière où s’abreuvent les moutons (encore eux), au loin on aperçoit la route facile, qui semble surtout nettement moins sauvage. Plus loin encore l’eau des réservoirs reflète les sapins qui les bordent. On n’entend plus la route, on ne voit plus que du vert, du vert et encore du vert.

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Le parc de Brecon Beacons était un des endroits que j’avais le plus hâte de voir au Pays de Galles et on peut dire que je ne suis pas déçue. Entre l’Auvergne et l’Islande, ce paysage ne ressemble à aucun autre que j’ai pu voir. L’herbe verte recouvre tout, le relief se dessine de pointes en douce falaises. On se sent transporté dans un pays imaginaire – Tolkien n’est jamais bien loin quand on se balade en Grande Bretagne – où les trolls et les lutins se cacheraient le jour des quelques visiteurs venus les déranger. Parfaitement désertique, ce lieu semble aussi vieux que le monde, inchangé, habité seulement par des moutons, on aurait envie d’arpenter les lieux pendant des heures et des heures à regarder les effets de la lumière sur l’herbe et sur les sommets.

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Ce sont les derniers mètres jusqu’au sommet qui précède Pen y Fan qui sont les plus ardus: une sorte d’escalier construit dans une pierre rouge qu’il faut grimper en se servant de ses mains. Si la vue est sublime et mérite un arrêt pour reprendre un peu son souffle et admirer, il est difficile de rester longtemps car les moucherons ont élu domicile sur cette partie du chemin. Je cours presque jusqu’en haut pour m’en débarrasser le plus vite possible, et je peux alors admirer la vue de l’autre côté. Une Barrière verte qui s’étend jusqu’à une autre vallée. Des petits points blancs qui broutent l’herbe entre deux sillons créés par les eaux qui décorent la montagne.

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Enfin  nous arrivons au sommet, avec une vue à 360 degrés sur le parc. Le soleil se montre enfin, on distingue les nombreux sentiers de randonnée qu’on pourrait emprunter pour traverser le parc de Brecon Beacons en long et en large, mais c’est plutôt le moment de s’arrêter et de manger les fingers que j’avas soigneusement emportés dans mon sac pour un goûter au sommet. C’est finalement le vent qui aura raison de nous et nous repartons par l’autre chemin pour regagner la voiture. Plus d’une heure de descente sur un large chemin, plus familial mais bien plus ennuyeux. La grande récompense ? La Glace italienne à l’arrivée parce qu’on l’a bien méritée non ?

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On pourrait rester plusieurs jours à Brecon beacons pour découvrir toutes les beautés de ce parc préservé. En été tout y est vert mais dès les premiers jours d’automne le parc revêt des teintes cuivrées et l’ambiance change complètement, pour devenir encore plus mystérieuse à l’arrivée des premières neiges. Les montagnes ne montent pas à plus de 860 mètres d’altitude, aucune rando ne peut donc avoir un énorme dénivelé, mais certaines sont plus difficiles que d’autres. Pour des familles ou pour un début de séjour, celle de Pen Y Fan est parfaite. Au retour de la rando je n’ai qu’un regret : ne pas avoir prévu un jour de plus pour aller plus à l’ouest rendre visite au lac de Llyn y Fan Fawr. Ce sera pour une prochaine fois.

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Autre détail, d’importance, Brecon Beacons fait partie des plus grandes réserves de ciel étoilé au monde. Les réserves de ciel étoilé ont été créés en 2006 par l’International Dark sky Association, qui a décidé de fonder une sorte de label avec pour but la protection de certains espaces pour alerter et lutter contre la pollution lumineuse. Il existe à ce jour 13 réserves dans le monde, elles ont un but écologique, politique mais aussi touristique évident puisqu’elles accueillent un certain type de tourisme. Quatre sont situés au Royaume-Uni dont deux au Pays-de-Galles : Brecon Beacons et Snowdonia. Il en existe deux en France : le Pic du Midi de Bigorre et le parc des Cévennes, le parc du Mercantour a fait une demande en 2019.  La pollution lumineuse est loin d’être un sujet anodin dans la lutte écologique puisque cette pollution a un impact immédiat sur nos sociétés et sur nos comportements. Si le sujet vous intéresse n’hésitez pas à me demander des infos biblio ou autre, plusieurs émissions y ont été d’ailleurs consacrées sur France culture, notamment dans l’émission « La méthode scientifique ».

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Road-trip au Pays de Galles – Jour 1: un pays de Conte de fées

Le programme de la première journée du road trip était plutôt organisé : j’avais regardé soigneusement les distances – pas trop de conduite -, les activités – pas trop à visiter – pour ne pas démarrer les vacances en étant exténués dès le premier jour, j’avais ainsi prévu seulement deux arrêts entre Chepstow et la ville de Brecon où nous logions le soir même : l’abbaye de Tintern et la ville de Hay-on-Wye.

Le  sud du Pays de Galles se prête particulièrement à un road trip car les trajets en voiture valent en soi leur pesant d’or. Ce n’est pas que les paysages soient les plus incroyables qu’on puisse voir, c’est avant tout parce que rouler sur ces petites routes de campagne nous fait pénétrer dans un royaume enchanteur. Pour ceux qui connaissent le jeu de société « King Domino » je décrirais le Pays de Galles comme le pays de King Domino : autour d’un château – en ruine le plus souvent – s’étendent des champs, des rivières, des forêts et même des mines, un territoire que l’on sillonne lentement sur des routes qui ondulent à travers les collines.

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L’abbaye de Tintern – le romantisme à la galloise

C’est sous un rayon de soleil, après avoir traversé la rivière sur un charmant vieux pont, qu’apparaissent les majestueuses ruines de l’abbaye de Tintern.

Plus émouvantes encore que les abbayes de la Seine, les ruines de Tintern donnent l’impression d’être arrivé tout droit dans un conte de fée. Construite dans un des méandres de la rivière Wye, ceinte de collines recouvertes de forêts de conifères, rien ne laisse deviner qu’on va trouver à cet endroit les vestiges d’une abbaye cistercienne. Tinter appartient en effet au même ordre religieux que l’abbaye de Fontenay dont je vous ai parlé dans un précédent article sur la Bourgogne.

Fondée en 1131, elle a été dissoute en 1536, peu après la rupture avec l’Eglise romaine. C’est Olivier Cromwell qui initie un vaste mouvement de dissolution des monastères dans toute la Grande-Bretagne dans le but premier de récupérer les biens des monastères, ce mouvement est d’ailleurs précédé d’un “inventaire” pour mieux connaitre les richesses des monastères. Le site de l’abbaye fut ainsi cédé au comte de Worcester qui se servit des bâtiments comme logement mais aussi comme carrière de pierre.

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Tintern a connu un regain d’intérêt au XIXe siècle à la période romantique. Le peintre William Turner a peint a plusieurs reprises le transept de l’abbaye de Tintern sous les lierres, fidèle au thème si romantique de la nature et du temps qui passe. Le Pays de Galles a ainsi été un des lieux de prédilection des romantiques britanniques grâce à ses abbayes et ses châteaux en ruine, et un tourisme aristocratique s’y est développé très tôt.

 

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On comprend aisément ce qui a conduit Turner et d’autres à sublimer ces ruines. Si les racines ne recouvrent pas la pierre, la nature alentour donne un aperçu de ce qu’a pu être Tintern à cette époque de redécouverte du patrimoine. L’immense nef et la forêt de piliers s’ouvrent sur la forêt toute proche qui coupe l’abbaye du monde extérieur. Finalement peu importent les informations sur la vie de Tintern au Moyen-Âge, errer entre les ruines, s’asseoir sur un banc pour contempler les environs suffit. L’âme romantique est encore bien vivace ici.

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Le cimetière de Crickhowell avec en fond les montagnes de Brecon Beacons

Hay-on-Wye, la ville-librairie

Il est déjà temps de repartir : direction l’étonnant village de Hay-on-Wye. Pour nous y rendre nous décidons de passer par le Pays de Galles, à l’ouest de la Wye, plutôt que par l’Angleterre, il parait que « c’est bien plus joli le Pays de Galles ». (Que nenni, c’est rigoureusement le même paysage). Mais plutôt que de filer tout droit au nord, on décide de s’arrêter dans la petite ville de Crickhowell pour y pique-niquer. On a fait le plein de victuailles le matin même au Tesco et on déniche un petit parc avec vue sur les premières montagnes du parc de Brecon Beacons. Le paysage est surprenant, des champs s’étendent jusqu’aux trois quarts de la montagne qui devient d’un seul coup presque pelée. Le vert domine partout, et les photos ne rendent pas vraiment justice à la beauté des lieux, mais notre premier contact avec le parc de Brecon Beacons est une réussite.

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Aire de pique-nique à côté de la rivière à Crickhowell

Nous traversons quelques montagnes – grosses collines pour être plus exacte – et bifurquons vers l’ouest, vers Hay-on-Wye.

Hay-on-Wye est une ville étonnante, plutôt petite, elle n’est pas particulièrement pittoresque mais s’est développée sur un modèle original : c’est une ville-librairie. En 1960, un jeune libraire du nom de Richard Boots décide d’acheter le château d’Hay-on-Wye et d’en faire une librairie, puis il achète de plus en plus de maisons du centre ville pour y stocker toujours plus d’ouvrages. Peu à peu la ville se couvre de librairies, de bouquinistes, on en dénombre aujourd’hui  une vingtaine, certaines très spécialisées, la plupart vendant surtout des livres d’occasion. Toutes ne valent pas le coup d’œil, à moins d’être un bibliophile, mais une balade dans la ville permet de découvrir des librairies particulières: c’est un peu le Disneyland des passionnés de lecture.

 

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Richard Booth’s booskhop

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On a passé un certain temps à arpenter diverses librairies thématiques: la librairie Murder & Mayhem, spécialisée dans les thrillers et polars, la clock tower books qui possède un gros rayon de livres jeunesse, Hancock and Monks, la librairie musicale. Mais la plus impressionnante est surement la librairie généraliste Richard Booth’s Bookshop et ses trois étages qui ravira n’importe quel lecteur avec sa verrière au dernier étage et ses canapés qui donnent envie de passer la journée à bouquiner. Une librairie a également trouvé refuge dans un ancien cinéma, le Hay cinema Bookshop, mais on n’est pas allé la voir. Malheureusement, comme partout, les librairies ferment de plus en plus dans cette ville-librairie ; un festival du livre d’occasion a cependant lieu fin mai, début juin, un rendez-vous qui doit redonner tout son panache littéraire à la ville.

 

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Sans avoir acheté de livre – j’aime bien ça mais en étant bibliothécaire j’en achète de moins en moins il faut bien le dire – nous repartons pour Brecon, la ville principale du parc de Brecon Beacons où nous logerons deux nuits pour avoir le temps de faire une randonnée. Un beau soleil nous accompagne pour ce qu’il reste de trajet et c’est les vitres ouvertes et le sourire aux lèvres que nous pénétrons dans le parc pour de nouvelles aventures.

 

 

Road-trip au Pays de Galles: itinéraire d’une semaine dans le sud

Pour les vacances d’été nous – enfin surtout moi – avions changé plein de fois d’idée : La Finlande, la Corée, la Mongolie ? On s’est finalement décidés autour de trois critères : accessible en voiture, possibilité de ne pas poser trop de jours, pays ou région où il ne ferait pas trop chaud, les diverses canicules parisiennes nous ayant pour longtemps vacciné des pays chauds en été. Un pays se détache alors du lot : le Pays de Galles !

Avant de commencer les articles plus détaillés je tenais à faire un article résumé sur l’itinéraire et les éventuels conseils qui pourraient être utiles à un Road-Trip au Pays de Galles.

Moins visitée que ses consœurs l’Ecosse et l’Irlande,  j’avais grand hâte de ce bol d’air frais  dans cette contrée entre campagne, mer et montagne, une semaine avec un condensé de ce qui se fait de mieux dans les îles britanniques. Je demeure toutefois prudente sur le « moins visitée » car j’ai déjà pu voir au moins deux autres blogueurs voyages qui y passaient leurs vacances peu après moi, mais même avec la pub que nous allons faire sur nos blogs, vu le peu de touristes qu’on a pu croiser les foules ne devraient pas arriver tout de suite.

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La route des réservoirs oblige à faire un détour mais offre de beaux paysages et un voyage dans l’ingéniérie de la fin du XIXe siècle

 

Le Transport :

La particularité de ce voyage c’est que nous sommes partis de chez nous, avec une super Renault 19 qui a à peu près mon âge mais a totalement assuré le coup.

Nous sommes partis pour 10 jours afin d’en avoir au moins 7 complets au Pays de Galles. Je dois dire qu’après avoir maintes fois pris l’avion ou le train, prendre le ferry m’a fait ressentir ce tressaut d’excitation qui précède le départ pour une grande aventure. Partis de la région parisienne le samedi matin pour atteindre Calais en début d’après-midi, nous avions prévu une grande marge en réservant les billets de ferry au cas où, mais il n’y a pas beaucoup de vacanciers qui partent en cette direction, nous avons donc pu prendre le ferry d’avant. La route a été plus longue et monotone en Angleterre mais nous avons pu atteindre notre destination avant l’heure de l’apéro : la campagne de Chepstow aux portes du Pays de Galles.

Temps de trajet Paris – Bristol/Cardiff : environ 8h30, 7h30 si on compte le changement d’heure en arrivant en Angleterre.

Conseils de conduite : les vitesses ne sont que rarement indiquées sur les routes et autoroutes britanniques et surtout elles sont en MILES, pensez donc à mettre votre GPS en miles et faites-vous à l’avance un petit tableau convertisseur  si vous venez comme nous avec une voiture française: ça a été un peu compliqué de devoir calculer de tête à chaque fois.

Grosso modo les autoroutes sont limitées à 110 km/h ; les nationales à 80 km/h ; les villes sont à 50 km/h.

Il semble que parcourir le Pays-de-Galles uniquement en transports en commun est possible. Outre les vieilles lignes de trains qui coûtent cher mais ont un certain cachet, je crois que des bus existent – notamment dans le Pembrokeshire et dans le sud-est du Pays de Galles – qui permettent de se débrouiller sans trop de soucis.

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Les champs et les prés de Pays-de-Galles depuis le sommet de Brecon Beacons

L’itinéraire :

Dur de tout voir en une semaine il fallait donc faire des choix. Une amie qui a vécu au Pays de Galles m’avait conseillé de choisir entre le nord et le sud, mon choix c’était donc porté sur le sud, plus accessible, mais mon copain a voulu faire un petit tour plus au nord pour voir les montagnes. Nous ne sommes pas montés jusqu’à Snowdonia mais avons pu voir le début du massif.

Jour 1 : Paris – Chepstow; temps de trajet : 7h30 avec 1h30 de Ferry

Jour 2 : Chepstow – Brecon et visite de la région frontalière avec l’Angleterre; Temps de trajet : 1h30

Jour 3 & 4 : Brecon – Dolgellau avec randonnée dans le parc de Brecon Beacons ; arrêt sur la route des réservoirs; Temps de trajet : 3h00 / 3h30

Jour 5 & 6 : Dolgellau – Aberteifi et randonnée vers Dolgellau; Temps de trajet : 2h

Jour 7 & 8 : Aberteifi – Little Haven avec excursion vers l’île de skomer; Temps de trajet : 1h30

Jour 9 : Little haven – Bath; Temps de trajet : 3h30

Jour 10 : Bath – Paris; Temps de trajet : 7h avec 1h30 de Ferry

Je vous conseille de garder une demi-journée pour visiter le château de Douvres et marcher un peu le long des falaises : c’est une visite qui en vaut la peine.

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Lacs et montagnes au sud de Snowdonia

Logement :

J’ai eu envie d’innover et de tenter le camping, qui permet également de réduire le coût du voyage, mais dans un pays où il pleut comme le Pays de Galles il vaut mieux être équipé et prévenu. Finalement nous n’avons campé que deux nuits, à Dolgellau et sous la pluie, mais l’expérience n’a pas été traumatisante. En revanche nous n’avions pas du tout prévu l’équipement pour manger en camping. Une expérience à réitérer donc, en particulier pour des pays un peu chers, mais avec un meilleur matériel.

Nous avons essentiellement logé dans des Bed & Breakfast dont l’avantage est de fournir un petit-déjeuner plus que conséquent et très bon et qui fait souvent sauter le repas de midi. En réservant au dernier moment nous n’avons pas eu beaucoup de choix, et souvent nous avons dû dormir dans des lits séparés ce qui est nettement moins romantique. Les prix sont généralement élevés, plus qu’en France. Comptez en moyenne de 65 à 70 euros la nuit.

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Le pembrokeshire coast path qui suit la côte du Pembrokeshire avec de superbes points de vue

Détail des nuitées :

Vers Chepstow : Woodmill Farm , Alvington – 75e la nuit

Appartement super, très mignon, avec de quoi accueillir une famille avec un enfant. Tesco pas loin en voiture. Pas de cuisine.

Ce peut être une bonne idée de se fixer dans cette région pour rayonner autour (proximité de Cardiff, Bristol, le parc de Brecon Beacons et nombreuses randonnées sur la frontière)

Brecon : Brecons Guesthouse, 55e la nuit

C’est la moins bonne chambre que nous avons eue, sous les combles et lits jumeaux. Le petit-déjeuner était très bon ! La ville comporte plusieurs restaurants pas mauvais.

Dolgellau : Tan-Y-Fron holiday Park, 25e la nuit avec électricité

Camping, possibilité de louer différents types de Bungalow. Très bon camping avec sanitaires propres. La ville se trouve à 10min à pied. Les moutons sont au-dessus du camping. Bref c’est la nature !

Aberteifi/Cardigan : Craig Y nos, Blaenannerch – 66e la nuit

Un peu éloigné de la ville mais pour une nuit ça fait l’affaire. Très bon petit-déjeuner fait maison et l’hôte est adorable !

Vers Little Haven : Rectory Farm, Walwyns Castle 160e les deux nuits (on s’est fait plaisir)

Adorable ! On se croirait dans un roman de Jane Austen. C’était « lovely » à souhait. Très bon petit-déjeuner. Et l’hôtesse est très très très gentille, difficile de ne pas l’aimer. La maison est vraiment jolie. A 10min du petit port de Little Haven et 20min de la ville d’Haverfordwest où nous avons mangé les deux soirs.

Bath : nous avons logé dans un hôtel à 20min de Bath, rien de mémorable, les hôtels sont légions dans le coin et les petites villes anglaises toutes mignonnes à leur façon.

IMPORTANT : les B&B n’ont souvent que des rideaux qui ne cachent rien, pour ceux que le lever du soleil dérange (comme moi) pensez à prendre un masque pour dormir.

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Plusieurs îles sont accessibles au sud comme au nord et abritent des colonies d’oiseaux ou d’autres animaux protégés

Manger au Pays-de-Galles

Nous avons opté pour le combo Full Breakfast + tea time + dîner. Je ne suis pas fan de la nourriture britannique hormis leur sucré donc ça m’allait parfaitement d’enchaîner de gros petit-deejuners avec des scones à 15h30 et un repas plus tard dans la soirée.

A noter que les restaurants ne servent généralement plus après 20h30, ça peut même être plus tôt dans certaines villes, prenez vos précautions, on a fini au Kebab plusieurs fois.

Quant aux salons de thé/cafés ils ferment entre 16h30 et 17h, n’espérez donc pas un cream tea à 18h, les Gallois seront sûrement en train d’entamer leur repas du soir.

Autant se mettre vite à l’heure galloise, ça évite les déconvenues et ça permet de profiter pleinement de l’expérience. Et quand il pleut et qu’on a froid, on est bien content d’arriver à temps pour se réchauffer autour d’un thé ou d’un chocolat chaud.

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Des cathédrales, des abbayes et des châteaux souvent en ruines: la Pays de Galles est le royaume du romantisme au Royaume-Uni

Autres conseils :

  • Si vous ne disposez que d’une semaine je pense qu’il est effectivement mieux de se limiter à une partie du pays : qu’il s’agisse du nord ou du sud il y a suffisamment de quoi faire pour ne pas s’ennuyer. Je regrette un peu d’avoir mis de côté la péninsule de Gower qui a l’air sublime, mais ce sera l’occasion d’une autre visite, voire d’un week-end car elle se situe non loin de Cardiff

 

  • Le temps : k-way obligatoire, ou alors parapluie. Vous êtes dans les îles britanniques, le temps ressemble à peu près au temps breton c’est à dire que les températures peuvent monter jusqu’à 25/27 degrés quand il fait beau mais sont en général autour de 20 degrés avec des variations de temps toute la journée. Soleil, pluie, vent. Il est aussi nécessaire d’emporter ses affaires de pluie pour les randonnées vers Snowdonia. La pluviométrie y est plus élevée que dans le reste du pays, nous avons pu le voir en étant seulement dans le sud. Il est rare de pouvoir faire une randonnée sans essuyer au moins une petite pluie.

 

  • Randonnées : comme dans le reste du Royaume-Uni les sports outdoor sont plus « natures » qu’en France. Les randonnées peuvent avoir de forts dénivelés et il n’est pas rare de devoir monter avec les mains à travers les roches. Il est INDISPENSABLE d’avoir le bon matériel. J’ai aussi entendu dire que pour l’escalade il fallait emporter son propre matériel, les voies peuvent être nues. A vérifier.

 

  • Ile de Skomer: L’île est limitée à un certain nombre de visiteurs par jours, il n’y a que deux bateaux par jour pour y aller et il faut rester 5h sur l’île. Vous pouvez aussi, c’est ce qu’on a fait, vous contenter d’un tour de l’île en bateau pour aller voir les colonies de macareux moines. Ca dure 1h et les explications du guide sont parfaites. ATTENTION les macareux moines ne sont pas là toute l’année, ils arrivent pour l’été de plus en plus tôt, cette année ils sont repartis pour le nord dans la dernière semaine de juillet.

 

  • La Langue : bon courage pour apprendre à prononcer le gallois !
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Avant-goût de l’Abbaye de Tintern au sud du Pays de Galles

Interview d’expat – Caroline chez les Pictes

Je suis très heureuse de vous présenter mon deuxième épisode des “interview d’expats”! J’ai un peu traîné, moi qui pensais en publier un par mois MAIS je me rattraperai très vite. Promis. Aujourd’hui c’est ma très bonne copine Caroline qui s’est prêtée au jeu de l’interview.

Quand j’ai rencontré Caro elle me parlait déjà d’Ecosse, il faut dire qu’elle avait vécu un an déjà au Pays de Galles donc les paysages pluvieux et très verts avec des châteaux ça la connaissait. Puis elle a réussi à partir et en quelques semaines elle était tout à fait installée. Alors presque trois ans après: qu’est ce que c’est d’être expat en Ecosse?

Salut Caro, qu’est ce que tu fais en Ecosse ? 

Je suis en Ecosse depuis Aout 2014, d’abord à Glasgow pour mes études et après à Edimbourg depuis Aout 2015, pour le travail.

Où vis-tu ?

Dans la capitale écossaise Edimbourg. Cela a été un rêve de plusieurs années de venir vivre en Ecosse et spécialement à Edimbourg. Beaucoup de personnes (Français et Ecossais) me demandent « pourquoi l’Ecosse ? », et c’est toujours difficile de faire comprendre que l’ambiance du pays et le mode de vie ici me correspondent plus qu’à Paris.

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Edimbourg et sa pierre noire
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Glasgow – Université “Harry Potter”. Une ville jeune, une ambiance de fête et une culture alternative.

Quelles différences notables avec la France ?

Une fois passée la barrière de la langue (surtout des accents !), on se rend compte qu’il n’y  a pas tellement de différences dans la vie quotidienne. Les soucis et les envies ne sont pas si différents que ceux des Français – Français et Ecossais ont tous les mêmes sujets de conversation autour de la table au repas de Noel par exemple

Pour une différence plus marquante peut-être : le système scolaire. De la primaire à l’université, les Ecossais ont essayé de se concentrer sur l’inclusion : les classes sont très mixtes (niveaux de vie, capacités..) et la différence de l’autre est –en surface- acceptée.

Sinon, s’il y a quelque de chose de bien britannique,  c’est le « politiquement correct ». Les Ecossais (sobres) ont une telle maîtrise d’eux-mêmes : pas de disputes dans les files d’attentes, pas de bousculades dans les transports en commun, pas un mot plus haut que l’autre, excuse me sir, please, may I help ?  (Par contre, à la nuit tombée, à la sortie du pub et l’alcool aidant, certains deviennent WILD.)

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Oban – le port de départ pour les Hébrides
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Eilean Donan Castle – Le plus célèbre des châteaux creepy d’Ecosse

As-tu rencontré des difficultés lors de ton arrivée/ton installation ?

Pas spécialement de difficultés liées à l’Ecosse: pour l’instant, pas besoin de visa ou même de permis de travail. Mais on rencontre les difficultés de base que les expats connaissent tous : ouvrir un compte en banque, trouver un logement…

Ah si, il y a eu une difficulté spécial « Edimbourg » : trouver un logement au mois d’août. A cause du festival, les loyers flambent juste pour le mois et une grande partie des appartements est louée à des touristes venus pour le festival (ne parlons pas des hôtels et auberges de jeunesse).

Si vous cherchez un appart à Edimbourg, essayez plutôt en mai-juin ou il faudra casser la tirelire.

Y a-t-il des choses qui te manquent de la France ?

Une bonne boulangerie.

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Edimbourg – Princes street la rue principale de New Town
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Edimbourg – Victoria street entre New Town et Old Town

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

Je suis en général plus zen en Ecosse – dans les transports, sur la route… dès que j’arrive à Paris, j’ai la tension qui monte d’un coup !

Qu’as-tu visité dans le pays/la région

J’ai vu Edimbourg en long en large en travers, et je suis sûre qu’il y a encore beaucoup à voir ! Mais mon souvenir préféré c’est la fois où j’ai loué une voiture pour monter dans les Highlands, les lochs, les montagnes (que les Ecossais appellent « Ben »), les vues à couper le souffle.

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Les Pentlands – Des minis montagnes à quelques minutes d’Edimbourg, de quoi randonner le dimanche en pleine nature
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A chaque saison l’Ecosse prend des couleurs différentes et un nouveau paysage s’offre à vous
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Pas très loin de Glasgow se trouve Glencoe et les three sisters – un incontournable de l’Ecosse.

Quels prochains voyages/découvertes sont prévus ?

Pour les prochains voyages en terre écossaise, j’aimerais beaucoup aller dans les Shetlands pour le festival viking Up Helly Aa, (dernière semaine de janvier) peut-être l’année prochaine ? Mais mon prochain voyage est un peu plus « exotique », je pars au Brésil : Rio, les chutes d’Iguaçu ..

Ce que tu conseillerais de faire/voir absolument en Ecosse et à Edimbourg ?

3 jours à Edimbourg – les visites guidées de nuits dans les ruelles sombres de la ville sont un must + une nuit à Glasgow pour faire l’expérience des bars et des concerts, et une semaine minimum en voiture dans les Highlands pour en prendre plein des mirettes. Les plus courageux peuvent planter leur tente et camper. Je conseillerais de visiter une île, Skye ou la plus petite et belle Arran. C’est très beau et on prend un bon bol d’air pur.

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Vacances  en automne pour découvrir l’île d’Arran trop méconnue

Des endroits où sortir ?

Faire la fête ? Glasgow ! des bars très sympas à tous les coins de rue, dans le West end surtout. A ne pas rater : participer à un ceillidh. Danses écossaises, et whisky pour vous réchauffer.

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Pub dans le West End à Glasgow.  Ici le pub est une institution!

Quelle est la super découverte de ton nouveau pays qui n’existe pas ailleurs ?

La culture du pub, aller dans un bar, se rechauffer, voir ses amis, boire un verre.

Est-il facile de rencontrer des gens ?

Super facile, surtout avec l’accent français . Allez dans un pub, même le plus reculé et vous vous retrouverez toujours à discuter avec un local. Mes amis écossais, je les ai rencontrés sur le pas de ma porte (histoire vraie) car c’étaient les voisins !

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Arthur’s seat – le sommet d’Edimbourg, une ascension pas si facile sur une falaise sauvage qui donne une vue sur tout Edimbourg… et sur la mer du Nord.
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Edimbourg et les Paintlands au loin – Vue depuis le Museum of Scotland

Et une autre expatriation ?

Je pense repartir à un moment mais j’espère que l’Ecosse restera mon point de chute final.

Ressent-on une identité écossaise très forte ? Est-ce qu’on parle beaucoup du Brexit ?

Oui, venez à Edimbourg pendant les 6 nations pour voir ! Dans les mois qui ont suivi le Brexit, oui. Certains Ecossais sont même venus me voir pour s’excuser du vote de certains de leurs compatriotes (quand on parle de politesse..). Les choses sont un peu retombées depuis septembre, on est un peu dans le noir et l’incertitude.

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Alors il pleut tout le temps en Ecosse?

Cimetières en Ecosse

Ceci n’est pas un article d’halloween, et pourtant il le mériterait. Ce n’est pas la première fois que je fais un article sur un cimetière, c’est un des endroits que je préfère visiter quand je découvre une ville ou un pays. Ctte “passion” me date de la découverte des cimetières anglais il y a une dizaine d’années, et aujourd’hui encore les cimetières à la british restent mes préférés, parce que tout y est fait pour rendre la promenade agréable, quoiqu’un peu creepy, c’est une ambiance particulière qui  donne le sentiment d’être dans un roman gothique.

J’ai visité trois cimetières lors de mes dernières vacances en Ecosse : Edimbourg, Glasgow et dans un petit village du loch Lomond, Luss.

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Le cimetière d’Edimbourg est situé dans le bas Edimbourg, c’est-à-dire bien sous le château, et juste à côté du café où J.K.Rowling a écrit Harry Potter, de là à dire qu’il a inspiré quelques scènes –je pense notamment à la fin du tome 4 –  ou quelques personnages du roman, il n’y a qu’un pas. On reconnaît d’ailleurs sur certaines pierres tombales des noms pas inconnus… L’emplacement du cimetière est assez magique, avec une superbe vue sur le château, j’y suis allée un jour de bon vent, avec le feuilles d’automnes qui se déposaient doucement sur les tombes, une ambiance très gloomy. Une halte pour les fans d’Harry Potter.

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DSC_5681Le second cimetière se trouvait au bord du plus grand lac d’Ecosse, le Loch Lomond. Construit autour d’une petite église surplombant le loch d’un côté et une rivière de l’autre, j’ai eu la chance de le découvrir sous une jolie lumière de matinée d’automne, qui donnait une teinte colorée au cimetière. Cette fois-ci je me serais plutôt crue dans Sleepy Hollow, surement à cause de la petite taille du village, heureusement qu’on était en plein jour et avec un beau soleil, ça ne m’aurait pas étonnée de voir un cavalier sans tête sortir d’une tombe.

DSC_5896 DSC_5898Enfin, j’ai visité en janvier le cimetière de Glasgow, celui qui se tient face à la cathédrale, relié à cette dernière par un pont tortueux. Il faisait à nouveau un temps maussade, forte pluie et brume, génial pour aller se promener dans un cimetière ! Celui-ci se dresse sur la colline en rangées plus ou moins cohérentes, avec des mausolées plus ou moins de bon goût. Il parait que c’est aussi sur cette colline que se trouvait auparavant l’université de Glasgow qui aurait été déconstruite puis reconstruite pierre par pierre de l’autre côté de la ville.

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Green Glasgow: après-midi près de KelvinRiver

Certes pour une fois le soleil brille sur Glasgow, et aucun nuage à l’horizon, on pourrait même croire que ce beau temps va durer toute la journée. Mais en cette saison qui dit ciel dégagé dit aussi températures négatives, même pas peur, on enfile nos manteaux, nos écharpes et nos bonnets pour aller profiter des quelques coins verts de la ville.

 

1ère étape : le jardin Botanique

J’ai toujours adoré les serres botaniques, qu’il s’agisse de celles de Paris, de Bruxelles ou de Glasgow  – voir l’article sur les serres royales de Laeken: avec leur infrastructure en acier, leur style franchement art nouveau, tout est fait pour qu’on se croit encore au XIXe, ambiance exposition universelle. Je me prends pour un explorateur, un Livingstone moderne à qui il suffirait de faire quelques pas pour se retrouver dans la civilisation occidentale sans trop de dangers.

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Les serres de Glasgow ne sont pas les plus impressionnantes que j’ai vues et en janvier peu de fleurs pointent le bout de leur nez, mais les grandes serres tropicales donnent véritablement l’impression de s’enfoncer dans la jungle équatoriale africaine. Chaleur moite, gouttes d’eau qui tombent des plantes géantes et humides, et le chant des oiseaux qui se réchauffent en s’accrochant aux serres ajoute encore au tableau. Difficile de prendre des photos correctes dans ces conditions, l’objectif était sans cesse embué.

Avantage non négligeable de cette visite : apprécier la verdure tout en ayant bien chaud !

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2e étape : ballade de long de la Kelvin River

La Kelvin River c’est la rivière qui longe l’université, celle sur laquelle les étudiants s’entraînent au canoë, et pour cause : le courant est fort et certains passages de rapides sont assez effrayants. Le long de la rivière, d’une rive à l’autre, se déploie un parc, paradis des coureurs du dimanche et des propriétaires de chiens, et qui mène du Botanic Garden au Kelvingrove park. De grands ponts enjambent la rivière mais hormis ces constructions humaines le reste de la ballade fait plutôt place à la nature – on y trouve même les ruines d’un ancien moulin industriel – et si on n’a vraiment pas chaud en cette après-midi d’hiver on peut supposer qu’au printemps, quand le soleil réchauffe le parc, on aurait bien envie de se poser là pour faire un petit somme, bercé par le roulis de la rivière.

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Ecosse: Glencoe et le massacre des McDonald

O Cruel is the snow that sweeps Glencoe and covers the grave O’Donald…

Par une froide matinée écossaise, chaussées de nos gros manteaux et de bonnes chaussures, nous avons traverse Glasgow encore endormie pour prendre le bus, direction les Highlands de l’Ouest: Loch Lomond, Oban et surtout Glencoe et les Three Sisters.

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Je savais à quoi m’attendre en me rendant à Glencoe, j’y étais déjà allée il y une dizaine d’année, je l’avais alors vu sous l’herbe verte entre brume et rayons de soleil. Je savais que cette fois-ci serait très différente : plus froide, plus magique aussi peut-être. Cette petite halte à Glencoe pour la journée m’a permis de m’intéresser un peu plus à l’histoire de l’Ecosse et surtout à ce fameux « massacre de Glencoe » dont Stephen, notre méchant guide, nous a parlé. Mais trop fascinée par le lieu je n’ai rien écouté, il a fallu que j’aille fouiller à la bibli (et sur wikipédia) à mon retour pour me mettre à jour. Alors aujourd’hui, petit cour d’histoire anecdotique : Le Massacre de Glencoe !

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On est à la fin du XVIIe siècle, pour situer un peu Louis XIV est roi de France, bien établi dans son Versailles. Pendant ce temps en Grande-Bretagne la vie monarchique est bien moins funky : le roi Charles Stuart s’est fait couper la tête et son descendant le roi Jacques II a dû s’exiler en France – à Saint-Germain-en-Laye -, il n’est pas la bienvenue en Angleterre essentiellement parce qu’il est catholique et que les anglais sont devenus anglicans depuis un bon siècle. A ce moment un type arrive, il est néerlandais et s’appelle Guillaume d’Orange, il demande le trône de Grande-Bretagne que les britanniques lui donnent. Pourquoi ? Parce que Guillaume est protestant lui !

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Avant le 1er janvier 1692 tous chefs de clans doivent avoir prêté serment d’allégeance au nouveau roi Guillaume. Mais voilà qui pose problème : les écossais sont liés par serment aux Stuarts, descendants de Marie Stuart et rois d’Ecosse. Ils doivent alors attendre une missive du roi exilé qui les délie de leur serment pour pouvoir se présenter à Guillaume comme nouveaux sujets fidèles. Le clan des MacDonald, fervents « jacobites » prennent le temps. Au dernier jour enfin, le chef du clan ou sept (héhé comme les septons de Game of Thrones), se rend à Fort William pour y prêter serment. Hélas ! Le shérif d’Argyll qui le reçoit, un membre du clan Campbell lui explique qu’il n’est pas habilité à recevoir ce serment et lui demande de se rendre directement dans la résidence principal des ducs d’Argyll, chefs du Clan Campbell, le château d’Inveraray. Après trois jours de tempêtes et de neige, le chef Mc Donald parvient enfin à destination. Le serment est accepté malgré le retard.

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MAIS deux mois plus tard, alors que la neige soupoudre Glencoe, une partie du clan Campbell passe sur les terres des McDonald à Glencoe et demandent l’hospitalité, tradition écossaise.Au bout de deux semaines de vie commune un message parvient au capitaine Robert Campbell, qui est aussi un parent des McDonald. Il s’agit d’un ordre signé du roi Guillaume d’Orange demandant à ce que le 13 février tous les McDonald de moins de 70 ans soient passés par l’épée pour qu’il ne reste aucun survivant du clan des McDonald de Glencoe.

A cinq heure du matin le massacre commence. Ceux qui ne sont pas tués fuient dans les montagnes de Glencoe avec femmes et enfants et meurent de faim et de froid. Les rares survivants fuient l’Ecosse, prévenus et aidés sans-doute par certains Campbell n’ayant pas voulu obéir aux ordres et rompre la règle de l’hospitalité. Même si les Campbell sont les grands méchants de l’histoire il ne faut pas oublié qu’ils sont désormais soumis à l’allégeance envers le roi et risquent le parjure en allant à l’encontre des ordres.

Reste que ce massacre a profondément choqué les écossais par sa trahison et sa violence, jusqu’à tard il était indiqué dans certaines auberges « interdit aux Campbell ». Cette histoire rend aujourd’hui les terres de Glencoe et des Three Sisters encore plus mystérieuses et sauvages.

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De manière générale l’arrivée à Glencoe ne laisse pas indemne : soudain plus personne ne parle, on a toujours le souffle un peu coupé par la beauté et la grandeur du paysage, c’est difficile de ne pas tomber amoureux de l’Ecosse après avoir vu ça. Une foule de sentiments agite les cœurs, c’est assez indescriptible, une chose est sure : il faut y être allé une fois dans sa vie !

Et voici une petite vidéo avec musique gaélique pour donner une idée du truc:

Instant londonien: printemps sur la Tamise

J’ai à peu près une dizaine d’articles en retard, de photos à poster et d’histoires à raconter sur la Sicile, la Hongrie, l’Espagne et j’en passe, mais en ce jour de grisaille parisienne je préfère m’atteler à des souvenirs plus proches et plus printaniers: ceux de mon premier week end à Londres sous le soleil.

Il m’aura donc fallu 6 allés retour à Londres pour enfin découvrir la ville sous un jour printanier, et si j’ai adoré cette ville sous la pluie, la neige et le vent je l’ai encore plus aimée sous le ciel bleu. J’ai donc pu en deux jours visiter quelques essentiels qui me manquaient comme Camden ou Soho, et surtout découvrir les supers quartiers de London Bridge et South Bank, le long des quais de la Tamise où se pressait une foule d’anglais bras et jambes nus pour profiter de ce grand retour du soleil.

  • Borough Market

Le premier arrêt du week-end était Borough Market, situé sous la ligne de train partant de London Bridge, coincé entre le Shard et les quais. A Londres pas de cafés en terrasses, les gens s’assoient à terre pour pique-niquer, boire un coup ou juste discuter, il a donc fallu zigzaguer entre les groupes étalés de parts et d’autres du chemin au pied d’un église qui fait face au marché, les cerisiers étaient en fleurs, les flûtes de champagnes dans toutes les mains et les rires fusaient de ci de là. Ambiance festive en plein samedi après-midi à Londres. Le marché en lui-même correspond parfaitement à l’idée que je me fais de cette ville: à la fois underground, un marché placé sous une rame de train, et conservant un côté très “ouvrier”, architecture des stands en acier, presque type art nouveau, briques un peu partout. Un grand fouillis qui fourmille de londoniens, des coins et recoins abritant essentiellement des stands d’alimentation: thé, smoothies, cookies, et même fromages français,avec pour décoration une carte administrative de la France – pas trop dépaysant.

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  • Millenium Bridge

On quitte le marché et on se retrouve immédiatement dans des rues calmes avec des parcs, des vélos qui nous dépassent et qui se rendent sur les quais avec la foule.  Au bord de la Tamise c’est le même plaisir, la lumière de cette fin d’après midi est parfaite et les bâtiments modernes construits sur les docks près de la cathédrale St-Paul prennent une autre figure, les teintes orangées sur reflètent sur l’eau, et depuis le millenium bridge qui traverse le fleuve on peut admirer le Tower Bridge en proftant de la douce caresse du vent iodé nous venant de la mer.

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  • South Bank

On arrive enfin vers Southbank après être passées par plusieurs quartiers et s’être imaginées vivre dans une dizaine de maison et appartements croisés sur le chemin. Southbank, nouveau marché, celui aux livres cette fois, je n’ai pas regardé avec grande attention ce qui pouvait être vendu, je me suis seulement fixée sur une traduction anglaise de Philippes de Commynes – chroniqueur français du XVème siècle- que je ne m’attendais pas à trouver ici. Tout près du marché aux livres on trouve un skatepark intégralement taggué avec quelques jeunes qui tentent des figures sous le regard intrigué du public. En traversant le pont menant jusqu’à Charing Cross on peut voir le cimetière des skates, une plateforme au milieu du fleuve où se trouvent des vieux skates, de vieilles chaussures.

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Après ce petit périple le long des quais de la Tames avec pour compagnon le beau grand soleil, et non le fog qui pour l’occasion s’était déplacé à Paris, on est retourné dans le quartier de Deptford, illustration vivante des romans de Dickens, entre maisons de briques, ruines et ruelles effrayantes. Un tout autre Londres. Mais ça c’est une autre histoire.

Dans le cimetière de Dracula

“Van Helsing s’approcha du cercueil de Lucy, et je fis de même. Se penchant, de nouveau il retira la partie du cercueil de plomb qu’il avait sciée ; alors, quelle ne fut pas, encore une fois, ma surprise, mêlée d’horreur !
Lucy était étendue là, telle exactement que nous l’avions vu la veille de son enterrement, et même, chose étrange, d’une beauté plus radieuse que jamais ; je ne pouvais pas croire qu’elle fût morte. Les lèvres étaient aussi rouges, non, plus rouges que de son vivant, et les joues délicatement colorées.”

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Bien que je sois dans la capitale anglaise essentiellement pour le travail – transcription d’archives pour mon mémoire d’histoire – j’en ai profité pour faire quelques visites dont une quelque peu insolite: le cimetière de Highgate.

Highgate se trouve un peu en périphérie du centre, sur la northern line, à l’arrêt Archway. (Environ 10 minutes de King’s Cross) En sortant du métro je me sentais déjà dépaysée: comment à quelques minutes du centre de Londres on peut avoir l’impression de se trouver dans une banlieue résidentielle?

Il faut ensuite monter la grande avenue de Highgate Road en passant dans un joli quartier très calme, puis bifurquer vers une école maternelle qui mène tout droit au parc de Highgate surplombant le cimetière. Peut-être parce qu’il était midi, peut-être parce qu’on était en hiver et que la température avoisinait les zéro degré, j’étais seule dans ce parc plutôt grand et agréable. Je parviens enfin, après moult hésitations quant au chemin à emprunter, au cimetière de Highgate. Le cimetière est en deux partie, on peut visiter la partie basse seul en payant £2, la partie haute, et la plus intéressante, ne se visite qu’avec un guide et coûte £7, certes ce n’est pas donné, mais je ne visite rien d’autre de payant à Londres, je peux me le permettre.

J’ai surement choisi le meilleur jour pour visiter cet endroit même si le froid humide pénètre dans mes os, au bout d’un moment je ne sens même plus mes extrémités, mais le lieu est tellement fascinant que je m’en contrefiche. Il a neigé il y a quelques jours et sous l’ombre des arbres la dernière couche n’a pas encore eu le temps de fondre. Le guide nous mène à travers des chemins tortueux entre les tombes et les caveaux. Ce cimetière est des plus gothiques, il paraît qu’il aurait inspiré Bram Stocker pour Dracula. rien d’étonnant. Les racines poussent sur les tombes, envahissant les inscriptions latines. Les statues surveillent notre passage, cachées derrières des plantes. L’atmosphère est surnaturelle.

On parvient devant l’allée égyptienne flanquée de colonnes gravées, derrière, des caveaux sous un plafond de feuilles qui nous mène en haut du cimetière. On poursuit notre chemin à travers les arbres et les ronces, les statues paraissent tristes, d’autres nobles et fières. Ici un lion, là un ange. Je préfère ne pas trop m’éloigner du groupe.

J’ai beau ne pas croire aux vampires, dans ce lieu on ne sait plus en quoi on croit.

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