Promenades à New-York

Les beaux jours reviennent sur Paris et moi je vous emmène dans le grand froid new-yorkais pour un article que je procrastine depuis quelques mois déjà. Quand je parle de mon road-trip de février aux USA on peut penser que je n’ai été qu’à la Nouvelle-Orléans, parce que c’était SIIIII bien, que je n’ai parlé que de ça. Mais même si je n’ai pas été super charmée par New-York il y a quand même pleins de trucs que j’ai adoré dans cette ville et dont il faut que je vous parle. Des trucs qu’il faut faire, surtout maintenant que le beau temps est de retour.

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Alors c’est vrai que l’un des trucs sympa à faire dans une ville c’est de se promener, et par -20 c’est pas évident : j’ai bien essayé de prendre en photo la plus belle skyline de New-York mais mes doigts ont pratiquement gelé sur place et je tremblais tellement qu’on n’y voit rien. Pourtant je vous assure que c’était très beau (preuve à l’appui). Mais il y a des jours, ou des heures de la journée où l’éternel soleil de New-York – parce qu’il y fait pratiquement toujours beau- nous réchauffait assez pour qu’on se motive à aller se balader. Donc voici mon petit top des promenades cool à NYC même quand il fait froid.

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  • Highline

La High Line c’est un peu comme notre coulée verte de Paris – où je n’ai d’ailleurs toujours pas mis les pieds – sauf qu’à NYC ils la vendent carrément mieux. De bout en bout la promenade dur à peu près un quart d’heure et traverse une partie de Chelsea, notamment le quartier des anciens abattoirs qui, on le sent, va devenir un quartier huppé/bobo. Tout en bois avec des arbres plantés de chaque côté, on surplombe les avenues et les rues de New-York ce qui donne des panoramas vraiment sympa avec au loin l’Empire State, un peu le point de repère à NYC comme notre Tour Effeil, on la chercher partout. Elle permet aussi une vue sur le New-Jersey et sur l’Hudson, toujours gelé en cette période, qui pourrait rappeler la lagune de Venise (si si, je m’y suis trompée sur certaines cartes postales). Pour y accéder il y a plusieurs entrées, on y est montées par un escalier se trouvant sur la 34e et on est redescendues au niveau de la 10e.

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  • The Cloisters

Plus qu’une balade il s’agit en fait d’une visite, une visite un peu WTF en marge du quartier d’Harlem : un monastère pyrénéen démonté puis reconstruit ici, en plein New-York. Evidemment quand on vient de France et qu’on a déjà visité de vrais monastères pyrénéens type Saint-Martin-du-Canigou on ne trouve pas ça fantastique. Ils ont un peu mélangé toutes les époques et tous les pays d’Europe : on y trouve des livres d’heures de France, des statues et de fresques d’Espagne, des objets liturgiques d’un peu partout, le tout réuni sans grande logique le seul trait commun étant l’aspect « médiéval » des objets. Le lieu est très calme, paisible, un peu loin de tout puisque le monastère surplombe l’Hudson et pour un peu on se croirait vraiment dans les Pyrénées, si ce n’est la promenade dans un parc pour rejoindre le métro avec vue sur les immeubles d’Harlem.

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  • Brooklyn Heights Promenade

On a choisi le bon jour et la bonne heure pour se rendre sur la promenade du sud de Brooklyn qui fait face à Lower Manhattan et sa superbe skyline. Le balade commence dès la sortie du métro en traversant des quartiers de Brooklyn assez résidentiels et très mignons. Le genre où j’observe les maisons pour savoir laquelle je choisirais quand je viendrais m’y installer. Les portes sont toutes encore ornées de couronnes de Noël, les gens déneigent devant leur porte, c’est cool, c’est calme, c’est le Brooklyn hype. Quand tout à coup, tadaaaam, on arrive sur la promenade sous un soleil de fin d’après-midi qui nous réchauffe encore (heureusement) et qui donne une belle lumière à New-York.

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Si je n’avais pas follement apprécié NYC jusqu’à là, difficile de ne pas en tomber amoureuse alors : d’un côté on distingue la statue de la liberté, de l’autre les célèbres buildings – le Chrystler (mon préféré), l’Empire, etc. – avec en fond le pont de Brooklyn. J’ai pris un milliard de photo non seulement de la skyline mais aussi des maisons qui sont face à la promenade, des maisons huppés avec balcons en fer forgés, ce que par la suite je verrais sans cesse à la Nouvelle-Orléans. Le contraste entre Lower Manhattan et ce quartier c’est tout le contraste de New-York, malgré son côté ville-monde, grand centre d’affaires il y a des lieux à taille humaine, des quartiers où il semble faire bon vivre. On a poursuivi la balade en traversant, évidemment, le pont de Brooklyn pour revenir vers Manhattan et il y a pas à dire : même si on l’a vu des centaines et des centaines de fois, c’est impressionnant. Toute cette promenade m’aura surtout donné envie de visiter plus en profondeur Brooklyn qui est un quartier si étendu qu’on ne peut pas en avoir fait le tour en une fois.

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Et comme – presque – toujours, une vidéo:https://youtu.be/UE8n4FiAqvE

Promenade en Louisiane entre plantations en bayous

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Après deux jours à Nola une nouvelle aventure nous attend, baroudeuses dans l’âme et n’ayant peur de rien on fait le grand saut : on loue une voiture automatique aux States ! C’est parti pour hurler en cœur avec une super musique de road trip – Avicii – sur les grandes lignes droites de la Louisiane. Finalement ça s’est révélé un peu la cata sans vraiment l’être : pas de quoi brancher mon ipod, donc pas de musique, gros embouteillages du retour – vous savez le pont sympa sur le Mississippi, il est bien moins sympa en voiture et en fin de journée – problèmes avec le GPS, et risque de ne pas rendre la voiture à temps. MAIS ça restait une super journée avec un programme rondement mené : visite d’une plantation et promenade dans les bayous.

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  • Laura Plantation

Pour se rendre dans la région des plantations le plus simple reste d’avoir une voiture, ce n’est pas très loin de Nola – environ 50 minutes – mais les moyens de transports sont inexistants, à part si vous prenez des tours opérateurs qui passent dans les hôtels (entre 70 et 100e par personne pour plantations + bayou) et au final ça revenait pas tellement plus cher que ce qu’on a fait.

Pour choisir la plantation on s’est reporté au bon vieux guide du routard qui nous en indiquait quelques-unes, et même si la plus célèbre et la plus impressionnante est surement Oak Valley on a choisi Laura Plantation parce qu’il y avait 3 routards sur le guide et que c’était historiquement la plus intéressante. N’oublions pas que nous étions trois historiennes donc ça a BEAUCOUP pesé dans la balance.

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Je ne vais pas vous faire tout le speech sinon vous n’irez pas, mais en gros la visite se base sur les mémoires de Laura, la dernière propriétaire de la plantation qui a décrit pour ses filles ce qu’était la vie sur une plantation au début du XXème siècle, et même si on est après la guerre de Sécession, il semble que c’est un mode de vie qui n’avait pas beaucoup changé. La villa de la plantation n’est pas incroyable, ça ne paraît même pas très grand, en fait il s’agissait seulement du siège économique de l’entreprise, les richesses de la Famille de Laura se trouvait à la Nouvelle-Orléans dans le French Quarter où l’on peut d’ailleurs suivre une visite toujours sur le thème de cette famille. Enfin tout l’intérêt de Laura plantation c’est que des cases d’esclaves, apparemment disparues ou ignorées dans les autres plantations (je récite le guide), sont ici visitées et on ne réduit pas l’époque des plantations à ces riches familles sudistes. Dernier atout, les visites peuvent être en français et notre guide, Isabelle, une jolie québécoise était super.

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  • Deuxième étape : trouver à manger

Reprendre la voiture pour trouver à manger c’est visiter la banlieue/campagne de  Louisiane, c’est voir les Etats-Unis, les vrais, ceux avec des drapeaux américains devant presque chaque maison, les gros pick-up avec pare-buffles ET les diners de bords de routes où ne mangent que les habitués. Ca nous a permis de remarquer que, rapport aux marais et aux ouragans, les maisons sont toutes construites de plain-pied et sur pilotis, et les banlieues résidentielles sont un chouïa glauques, heureusement qu’on n’est pas loin de Nola.

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  • Mais ils sont où les alligators ?

Cet hiver les alligators ils n’étaient que dans notre assiettes, et encore on n’a pas eu le temps de goûter, alors petite déception en allant dans les bayous : c’était pas vraiment la saison. Ces charmantes bêtes hibernent il paraît, et la végétation de février n’est pas pour ainsi dire abondante mais un souci en moins : il n’y avait personne. Il est possible soit d’emprunter les trails qui parcourent les bayous, soit de faire une virée en barque avec des organismes – prévu dans les tours opérateurs je crois -. On s’est contentées de se promener et profiter de la solitude et de la nature, et un peu de la pluie aussi. Comme tout le reste on a eu un goût de trop peu, un goût de « on le refera quand on reviendra.» Mais pour les bayous rien de mieux que les images et encore…

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Et pour résumer ces trois super journées, une petite vidéo sur la Louisiane:https://youtu.be/AkMIwR1DlGM

La Nouvelle-Orléans : Laisse le bon temps rouler

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La Nouvelle-Orléans nous a accueillies avec un joli 25 degrés qui contrastait avec le -20 de New-York, ça y est, les vacances les vraies, celles où on peut se mettre en jupe, sans collant, et déjeuner sur la terrasse. C’est comme ça que Nola m’est apparue au premier abord : une ville de vacances, comme les stations de la côte l’été avec des gens, des cafés en terrasses, de la musique partout. Sauf qu’à Nola c’est tout le temps. J’avais pas tout à fait tort, étant la seule ville des USA où la consommation d’alcool sur la voie publique est autorisée Nola devient une ville de week-end ou de vacances pour beaucoup d’américains. L’ambiance y est – très – différente de ce qu’on a pu voir ailleurs : ici on saisit le moindre prétexte pour faire la fête et ça vous colle un sourire sur le visage qu’il est difficile d’ôter.

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Alors voici en quelques points ce que j’ai adoré à Nola :

  1. Le French Quarter

Ne vous étonnez pas si on vient vous demander si ça ressemble à la France, ou si vous vous sentez chez vous ici, en Louisiane on est très fier de son héritage français, même si les français ne sont pas restés si longtemps que ça, ils sont partout : le nom de rues – rue de Chartres, rue Bourbon – les statues et les noms des places en l’honneur de Charles de Gaulle ou de Napoléon. Mais les plus francophiles ce sont les Cajuns, ces français débarqués en Acadie au XVIIe siècle et qui ont fuit la déportation organisée par les anglais au XVIIIe pour finalement se retrouver à l’autre bout du continent : en Louisiane. On a donc pu assister à la cérémonie des 250 ans de la déportation des Acadiens, et l’arrivée des 200 familles à la Nouvelle-Orléans en présence des descendants. Moment imprévu et très étrange : des Américains qui parlent comme les français d’autrefois, en costume et chantant de vieilles chansons françaises. On a aussi pu constater que l’histoire à l’américaine n’est pas très objective et les sources on s’en fout un peu, il faut retenir que les Anglais sont méchants et les Acadiens courageux, en particulier ce brave Joseph Broussard dit Beausoleil – leur héros.

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Pour le reste rien de très français dans ce French Quarter, l’architecture y est en fait de type espagnole coloniale ou créole, mais c’est superbe, authentique – assez rare aux USA puisqu’ils adorent imiter le vieux – coloré. Un quartier de dimensions humaines, avec du jazz à tous les coins de rues, et des vestiges du Carnaval achevé quelques jours plus tôt, une ambiance bien festive, un vrai plaisir de s’y promener encore et encore en prenant en photo quinze fois les mêmes maisons, mais waow, elles sont trop belles. Je précise que ce vieux quartier n’a pas été touché par l’ouragan, comme le reste de la ville du XVIIIe – sur les rives du Mississippi – qui n’est pas construit sur les marais.

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2 – Les rives du Mississippi

Rien que de le dire me fait rêver, je n’arrivais pas vraiment à y croire, j’étais sur les rives du Mississippi. Il faut préciser que j’ai découvert Lucky Luke il y a peu donc forcément « En remontant le Mississippi » s’imposait tout de suite comme référence, en particulier quand on aperçoit le grand pont qui passe au-dessus du fleuve et qui ressemble à s’y méprendre à celui de la BD. Après vérification la construction du pont se fait à Saint-Louis, plus en amont, mais n’empêche, avec en prime l’un des derniers bateau à aube à vapeur, le Natchez, amarré sur les rives du fleuve, on s’y croirait ! La balade le long du Mississippi est très agréable, même si le fleuve est pas très beau – ce n’est que mon humble avis.

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3 – Le Garden District

Pour se rendre dans ce quartier obligation de prendre le tramway. Tous les trams à Nola sont des vieux trams en bois qui ne sont pas toujours plus rapide que la marche à pied, mais celui pour Garden district – le vert – est plutôt rapide. Il se prend vers le Business district et il faut s’arrêter à First street, de là on a accès au quartier huppé de Nola, qui lui non plus n’a pas été touché par Katrina. Ce quartier s’étend sur plusieurs blocs, jusqu’à Magasin street, et comporte beaucoup de très grandes villas de l’époque coloniale et d’après, notamment la demeure du consul de France.

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Découverte du l’architecture greek revival, ces grandes maisons bordées de colonnes grecques, quelques maisons créoles, toutes très bien entretenues, toutes un peu kitsch à leur manière mais on s’y habitue ici et on oublie qu’en France ça ne passerait pas du tout. C’est une promenade calme, agréable et qui permet de rêver et d’imaginer sa maison de riche à Nola : on s’était décidés pour une demeure avec tourelles médiévales, immense bibliothèque et intérieur de type riad marocain. Je vous jure qu’à Nola ce serait du dernier chic.

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4-  Business district

Où l’on se souvient que Nola est aussi une ville A-mé-ri-caine, building, grands boulevards et compagnie OUI MAIS avec des palmiers qui donnent un côté californian life, et ces boulevards glacés à NYC deviennent vraiment sympa à arpenter à Nola, avec un gobelet de Dr.Pepper repli à moitié de glaçons pour adopter le Nola way of life.

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5- La Bouffe, le Jazz, les gens

Les gens sont adorables et viennent vous parler pour vous conseiller des super trucs à faire ou seulement pour vous raconter leur vie, en particulier LEUR Katrina, sujet qui revient dès qu’un néo-orléanais discute.

Le Jazz est partout, vraiment partout, mais du vieux jazz, celui que même moi j’aime écouter.The place to be pour une bonne soirée jazzy c’est Frenchmenstreet dans le Faubourg Marigny : plusieurs bars avec concerts – payants – les plus connus sont surement le Spotted cat et le Snugg Harbor.

La nourriture : quelques jours ici c’est beaucoup de kilos en trop. On ne mange pas très fin, et en plus on mange beaucoup. Au menu : Muffuleta et Po-Boy  – des sortes de gros sandwich avec pleins de trucs dedans – ou encore cuisine Cajun. Bravo à ceux qui arrivent à finir leur plat. Et pour le dessert, l’incontournable beignet du Café du Monde qu’on déguste même par gourmandise.

 

Enfin nous n’avons pas eu vraiment le temps de visiter le quartier de Trémé, le quartier noir de Nola, hormis l’église Sainte-Augstine où se déroule une messe Gospel à 10h tous les dimanches. Le quartier craint encore un peu et il vaut mieux le visiter avec un guide, notamment depuis katrina car ce fut un des quartiers les plus touchés, mais je pense que cette visite vaut vraiment le coup.