Instant londonien: printemps sur la Tamise

J’ai à peu près une dizaine d’articles en retard, de photos à poster et d’histoires à raconter sur la Sicile, la Hongrie, l’Espagne et j’en passe, mais en ce jour de grisaille parisienne je préfère m’atteler à des souvenirs plus proches et plus printaniers: ceux de mon premier week end à Londres sous le soleil.

Il m’aura donc fallu 6 allés retour à Londres pour enfin découvrir la ville sous un jour printanier, et si j’ai adoré cette ville sous la pluie, la neige et le vent je l’ai encore plus aimée sous le ciel bleu. J’ai donc pu en deux jours visiter quelques essentiels qui me manquaient comme Camden ou Soho, et surtout découvrir les supers quartiers de London Bridge et South Bank, le long des quais de la Tamise où se pressait une foule d’anglais bras et jambes nus pour profiter de ce grand retour du soleil.

  • Borough Market

Le premier arrêt du week-end était Borough Market, situé sous la ligne de train partant de London Bridge, coincé entre le Shard et les quais. A Londres pas de cafés en terrasses, les gens s’assoient à terre pour pique-niquer, boire un coup ou juste discuter, il a donc fallu zigzaguer entre les groupes étalés de parts et d’autres du chemin au pied d’un église qui fait face au marché, les cerisiers étaient en fleurs, les flûtes de champagnes dans toutes les mains et les rires fusaient de ci de là. Ambiance festive en plein samedi après-midi à Londres. Le marché en lui-même correspond parfaitement à l’idée que je me fais de cette ville: à la fois underground, un marché placé sous une rame de train, et conservant un côté très “ouvrier”, architecture des stands en acier, presque type art nouveau, briques un peu partout. Un grand fouillis qui fourmille de londoniens, des coins et recoins abritant essentiellement des stands d’alimentation: thé, smoothies, cookies, et même fromages français,avec pour décoration une carte administrative de la France – pas trop dépaysant.

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  • Millenium Bridge

On quitte le marché et on se retrouve immédiatement dans des rues calmes avec des parcs, des vélos qui nous dépassent et qui se rendent sur les quais avec la foule.  Au bord de la Tamise c’est le même plaisir, la lumière de cette fin d’après midi est parfaite et les bâtiments modernes construits sur les docks près de la cathédrale St-Paul prennent une autre figure, les teintes orangées sur reflètent sur l’eau, et depuis le millenium bridge qui traverse le fleuve on peut admirer le Tower Bridge en proftant de la douce caresse du vent iodé nous venant de la mer.

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  • South Bank

On arrive enfin vers Southbank après être passées par plusieurs quartiers et s’être imaginées vivre dans une dizaine de maison et appartements croisés sur le chemin. Southbank, nouveau marché, celui aux livres cette fois, je n’ai pas regardé avec grande attention ce qui pouvait être vendu, je me suis seulement fixée sur une traduction anglaise de Philippes de Commynes – chroniqueur français du XVème siècle- que je ne m’attendais pas à trouver ici. Tout près du marché aux livres on trouve un skatepark intégralement taggué avec quelques jeunes qui tentent des figures sous le regard intrigué du public. En traversant le pont menant jusqu’à Charing Cross on peut voir le cimetière des skates, une plateforme au milieu du fleuve où se trouvent des vieux skates, de vieilles chaussures.

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Après ce petit périple le long des quais de la Tames avec pour compagnon le beau grand soleil, et non le fog qui pour l’occasion s’était déplacé à Paris, on est retourné dans le quartier de Deptford, illustration vivante des romans de Dickens, entre maisons de briques, ruines et ruelles effrayantes. Un tout autre Londres. Mais ça c’est une autre histoire.

Prague la Bohème: intermède culturel

         Arrivés en train depuis Berlin vers midi, nous n’avons pas vraiment profité de notre première journée principalement occupée au repos. A peine une petite promenade au soleil couchant dans le Nove Mesto pour prendre un verre sur les quais où se presse la jeunesse tchèque les soirs d’été, en passant devant « la maison qui danse » que je suis vite retournée me coucher tandis que les autres prenaient le bateau pour y danser toute la nuit. Pour m’approprier un peu la ville j’ai préféré une balade nocturne et solitaire en faisant un petit détour par la vieille ville avant de retourner à l’auberge. J’ai pu retrouver la sensation grisante de retrouver son chemin dans une ville pourtant inconnue, dans la nuit, et sans avoir peur un seul instant. Fraiche et bien mieux disposée que la veille, j’étais debout à l’aube – ou presque – prête à prendre le meilleur petit déjeuner du monde avant de partir à la découverte de la vieille ville avec notre guide, un jeune grec en Erasmus qui travaillait à l’auberge.P1030443P1030555 1.   La vieille ville :

La visite démarre de l’opéra situé près d’une des porets de la ville, à côté duquel un groupe joue des airs tziganes que ma caméra peine à enregistrer. Le guide nous promène ensuite dans un dédale de rues s’arrêtant devant des églises et autres demeures sur lesquelles il nous narre quelques anecdotes particulières, celle de la main momifiée de l’église qui hante le quartier. De rues en ruelles nous atteignons la grande place où sont alignées les maisons colorées et peintes, typiques de la Mittle Europa d’Ancien régime. Il fait chaud, il fait beau, et je suis suffisamment reposée pour apprécier pleinement la visite, même si je n’arrive pas à me concentrer sur les explications concernant l’horloge astronomique ou la défenestration de Prague (prélude à la guerre de Trente ans), persuadée que je suis sensée le savoir, puisque c’était en grande partie mon programme de Licence d’histoire, je préfère chercher dans mes souvenirs qui, des catholiques et des protestants sont ici les fauteurs de troubles. Peine perdue, je me vois forcée de demander aux autres ce qui a été dit, je ne me souviens décidément de rien. P1030407 P1030421 P1030423 P1030422 En me promenant dans la vieille ville je ne vois pas seulement mes cours d’histoire qui défilent sous mes yeux, je me croirais dans Amadeus de Milos Forman, je m’attendrais presque à voir surgir d’une sombre ruelle, accolé aux tuiles noires des églises de Prague, Mozart ou ? Prague a un je-ne-sais-quoi de romantique, presque de gothique dans ses hautes tours d’ébène qui surplombent la ville, dans ses statues qui longent le pont Charles jusqu’à l’autre rive de la Vltava, qui ramènent tout droit au XVIIIe siècle, comme si traversant les pavés qui conduisent au château j’avais pu traverser le temps lui-même. IMG_9880 P1030427 P1030441 P1030507 P1030495 2.   La colline de Petrin et les jardins de Mala Strana

Rassasiés par un bon goulash, pas forcément le plat idéal en cette après-midi chaude et étouffante telle qu’il en existe en Europe centrale, on se dirige à pas lourds vers la colline de Petrin pour y prendre le funiculaire qui arrive dans les jardins de mala strana. Les jardins se déploient de part et d’autre du funiculaire mais nous nous posons tout en haut, à l’ombre d’un arbre et face aux roseraies de ce qui semble être une église, une glace à l’eau en main. Un petit japonais s’amuse à nous prendre en photo avec le reflex de son père et nous demande de prendre la pause. Je viens tout juste de casser ma caméra en la laissant tomber sur le pont Charles et c’est donc avec flou que je vais filmer  cette escapade reposante. Les glaces finies on se dirige vers le château de Prague. Pas besoin de visiter ce qui nous plait c’est de nous promener dans les rues qui descendent vers la vieille ville en passant devant la cathédrale sainte Etienne. Il n’y a pas assez de recul pour la prendre en photo, les gens sont allongés à terre, l’appareil tendu vers le ciel. Prague fait penser à une ville de province, vivante mais avec quelque chose de bucolique : de la colline verte à la vieille ville agitée, se balader dans Prague est un plaisir renouvelé, partout et à toute heure du jour et de la nuit.  P1030463 P1030452 P1030451IMG_9900 P1030462   3.   Le monastère de Strahov

Dernier instant culturel que je ne voulais rater pour rien au monde : la visite du monastère de Strahov qui surplombe Petrin. Nous y parvenons tardivement, la bibliothèque n’est alors plus accessible au public, on se contente  d’entrer dans le monastère, au moment même où les moines achèvent un cantique grégorien. Si le monastère est superbe, c’est surtout la puissance de chant qui donne à l’église toute sa valeur. On ne pénètre alors pas seulement un monastère, mais un monastère vivant, on entrevoit une partie de la vie de ces moines, dont le chant m’a touchée plus profondément que je ne le pensais. Je suis déçue de ne pas voir la bibliothèque qui est, avec le cimetière, un de mes lieux de prédilection. J’hésite mais finalement je me décide à y retourner le lendemain, seule et en tramway, et c’est encore une fois un réel plaisir et une fierté de pouvoir me déplacer seule à pieds ou en transports en commun dans une ville qui hier encore m’était inconnue. Malgré une foule non négligeable de touristes je ne peux qu’apprécier les salles de philosophie et théologie qui rappellent la bibliothèque de la Belle et la Bête – celui de Disney bien entendu.  Pour rejoindre les autres je prends un tramway qui décide de ne pas suivre le chemin habituel et nous abandonne en plein nulle part, me voilà donc à la recherche de mon sens de l’orientation pour retrouver le centre de la ville. J’arrive à destination avec deux pieds en moins mais la fierté de m’être retrouvée toute seule dans cette ville que j’ai rapidement faite mienne.

Nous quittons Prague le soir même sous un orage torrentiel après être resté quelques heures à regarder un film en tchèque pour achever cet intermède culturel dans notre interrail, avant de se préparer à embarquer pour une d’enfer dans le train qui nous mène à Budapest.

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Enna: chambre avec vue sur l’Etna?

C’est depuis l’autoroute cahotante venant de Palerme que j’ai aperçu pour la première fois Enna. Perchée sur son éperon rocheux, la ville était entourée d’un brouillard lumineux qui empêchait de bien la voir, comme si elle abritait la demeure des dieux, invisible depuis la vallée. Elle faisait face à une autre ville qui dévalait la pente douce d’une haute colline. Nous sommes montés peu à peu dans ce brouillard doré par une route longeant la falaise. Après avoir tourné difficilement dans les rues étroites typiques des vieilles villes italiennes nous avons atterri dans l’auberge de jeunesse avec vue sur ce qui était censé être l’Etna.

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L’Etna ? On a eu beau chercher avec les jumelles rien au loin qui  ressemble à un volcan, il faut dire que le brouillard n’aide pas, on ne risque pas de percevoir l’Etna au bout de ces 50km qui nous séparent de lui. C’est alors qu’on apprend en regardant les infos italiennes, tout à notre déjeuner et repos bien mérité de ces premières heures de road trip, que l’Etna vient tout juste d’entrer en éruption, à peine quelques heures avant notre arrivée. Le gros nuage que nous voyons au loin et qui se déplace jusqu’à la ville créant cet étrange brouillard est en fait un nuage de cendre. Les siciliens n’ont pas l’air plus alarmés que ça, nous ne voyons donc pas de raison de nous inquiéter, il parait même qu’on doit pouvoir distinguer des lumières rougeoyantes une fois la nuit tombée.

Malgré cette pluie de cendre qui s’abat sur nous, nous nous risquons à mettre le pied dehors pour visiter la ville, et ce sentiment de revivre les derniers  jours de Pompéi ajoute au charme de cette balade, mais me fait nettement moins rire lorsque j’aperçois l’état de mon joli short blanc à la fin de la journée. Nous remontons tranquillement la ville, essayant d’éviter les cars de touristes allemands. Sous cette lumière dorée la ville est vraiment charmante, la vue sur la Vallée et sur la ville d’en face est superbe, les rues regorgent de trésors cachés, de vieux palais baroques décatis où est étendu du linge encore humide. Au bout de la cité se trouvent les ruines du château et le promontoire d’où on tente à nouveau, et sans plus de succès, d’apercevoir le volcan. Malgré les cendres qui ne cessent de nous tomber dessus il fait froid ici, on est à plus de 1000m d’altitude, la différence de température se fait sentir, j’ai hâte de retourner à l’auberge pour y mettre un pull et un jean que j’ai finalement bien fait d’emporter avec moi.

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Le soir Enna nous réserve une nouvelle surprise. Toujours emprisonnée dans son halo de brouillard ou de cendres, on ne sait plus très bien, la ville qui était calme, voire morte, durant la journée se réveille soudainement. Sur le chemin de ronde qui passe sous notre balcon la jeunesse sicilienne semble s’être donnée rendez-vous, enfin jeunesse, il s’agit principalement d’adolescents, des jeunes de 14 à 18 ans se promènent partout dans la rue, jouent au foot, discutent, prennent un dernier verre sur les balcons face à l’Etna qu’on ne voit toujours pas. Les rues sont pleines de monde, les voitures ne peuvent plus passer, mais où se cachait toute cette population il y a quelques heures ? D’où viennent tous ces gens ? Que viennent-ils faire ici ?

Lorsque je me réveille à 3h du matin, je jette un coup d’œil par la fenêtre, toujours pas de lumière rougeoyante, en revanche les jeunes sont toujours dans la rue, ils n’y font rien, ils sont juste là, et redonnent vie à cette cité perchée jusqu’aux premières lueurs du matin où  nous repartons dans le calme de la ville, sous les cendres dorées, toujours.

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Prague – le cimetière sur la colline.

Serait-ce un vestige de ma période « Buffy contre les vampires » ou un traumatisme du à la lecture de Dracula, aussi étrange et morbide que cela puisse paraître l’un des lieux dans lesquels j’aime le plus me promener, rêvasser et visiter est bien le cimetière. Outre les cimetières à l’anglaise pleins de verdures, de ruines envahies par la végétation et de tombes qui semblent pousser de partout – voir l’article sur le cimetière de Highgate à Londres -, j’apprécie beaucoup les cimetières plus « célèbres » qui abritent des gens connus et sont aménagés plutôt comme des parc, à l’exemple du Père-Lachaise.

C’est de l’un des cimetières de Prague dont je vais parler aujourd’hui : le cimetière de Vyserhad. Vyserhad c’est « l’autre château » de Prague, l’ancienne colline qui abrite de vieux remparts construits au-dessus de la Vlatva et qui fait face à la colline de Petrin où se trouve aujourd’hui le centre historique de la ville.

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Pour s’y rendre il faut prendre le métro, ligne C, jusqu’à Vyserhad et de là marcher dix à quinze minutes un peu au hasard entres les murailles, les portes et les entrées de souterrains, ou passages secrets. Devant moi marchait une jeune japonaise toute aussi perdue et qui a fini par faire la route à mes côtés, sans parler. Nous savions toutes les deux que nous allions au même endroit, sans toutefois savoir où, nous nous sommes séparées dès l’entrée dans l’enceinte du cimetière, devant l’église. Le cimetière n’est pas très grand, mais à l’instar du Père-Lachaise à Paris il abrite les plus grandes figures artistiques de la République Tchèque, de Dvorak à Mucha.

Très ombragé, il est organisé autour de l’église et dans une enceinte fermée. Les tombes sont régulières mais des herbes et des plantes poussent de partout et il devient agréable de se promener entre les tombes toutes plus originales et fleuries les unes que les autres, en y cherchant des noms connus.

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La spécificité de ce cimetière réside dans son harmonie décorative typée art nouveau et symbolisme. Le long de la galerie qui clos l’enceinte du cimetière on trouve les tombes les plus prestigieuses, comme celle de Dvorak, avec statues, mosaïques, peintures, et autres décorations ornées de fils d’or.

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Non seulement j’ai été émerveillée par ces tombes qui étaient de véritables œuvres d’art, mais en plus, au moment même où je découvrais enfin la tombe de Dvorak – mon compositeur préféré – les cloches de l’église se sont mises à sonner, non pas d’une musique d’église traditionnelle mais de la Moldau de Smetana. La symphonie résonnait de cette église juchée sur ses remparts au-dessus de la Moldau elle-même (la Vltava en tchèque), dans un cimetière où ne se faisaient entendre que le chant des oiseaux, et les pas respectueux des visiteurs. On est loin de la foule, loin des touristes.

 

 

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J’ai achevé la balade en traversant le parc qui permet d’atteindre le bout des remparts où sont cultivées des vignes. On vy voit la vieille ville non loin et la colline de Petrin en face.

 

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A Vyserhad tout est calme, simple et harmonieux. Le soleil réchauffe juste assez, le vent souffle sur le visage une caresse parfaite, le chant des oiseaux n’est troublé que par les cloches qui sonnent à chaque heure une symphonie différente. Le temps semble s’arrêter, et donne envie de s’arrêter aussi.

J’ai testé pour vous: le boat trip en Grèce.

1. L’itinéraire

10 jours pour visiter la Grèce ce n’est pas énorme, même si on ne se contente que des Cyclades, il a donc fallu faire un choix quant aux îles qu’on voulait voir: Santorin était une évidence, nous voulions également poser le pied sur le sanctuaire de Délos, le choix de Mykonos c’est donc imposé, Naxos étant entre les deux îles et assez facile d’accès notre itinéraire était décidé:

2 jours à Athènes – 2 jours à Mykonos – 2 jours à Naxos – 3 jours à Santorin.

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Les billets de bateaux n’étaient pas réservés à l’avance, nous les prenions donc en général à notre arrivée dans une île: seul petit soucis, l’absence de bateau entre Mykonos et Naxos qui nous a forcé à rester une nuit de plus à Mykonos.

Les temps de trajets ne sont pas toujours respectés à cause des vents ou des escales qui durent parfois un peu trop longtemps, bien qu’on en profite pour se faire bronzer, regarder les îles passer, écrire son journal de bord, le temps est parfois un peu longuet. Voilà une petite idée des trajets que nous avons eu:

– Le Pirée/Mykonos: prévu en 5h, nous l’avons fais en 7-8h.

– Mykonos/Naxos: 1h30

– Naxos/Santorin: 1h30

– Santorin/Le Pirée: prévu en 6-7h, a duré plus de 8h. Petit bémol: le trajet s’effectuait en super Jet, c’est à dire un navire sans pont où les places sont attribuées comme dans un avion. Pas vraiment sympa.

2. Où il fait bon dormir et manger: bonnes adresses.

A Athènes–  Athens Backpackers: dans le centre d’Athènes, à deux pas de Plaka, de l’Acropole, du métro et à 10 minutes de la place Syndagma. AJ super sympa, propre, choix entre chambres mixtes ou seulement pour les filles, petit-déjeuner compris. Gros plus: on est accueillie par des shots d’alcool à prendre sur le toit-terrasse avec vue sur le Parthénon.

http://backpackers.gr/

Scholarchio Ouzeri Kouklis: petit restaurant dans Plaka, on vous apporte un grand plateau d’une dizaine de plats parmi lesquels il faut choisir (choix difficile, tout a l’air hyper bon), et dégustation sur une terrasse à l’ombre. Idéal après la chaude visite de l’Acropole.

A NaxosAnna’s Cafe : petite boutique pour petit déjeuner bio, bien installé à l’ombre sur des coussins, à deux pas de la plage.

A SantorinPension Ptoleméos: sur la pente douce de Fira, à 5min du centre en montée. Pension vraiment pas chère (environ 16e/pers.), très propre, très agréable. La gérante et la femme de chambre sont vraiment aimables (tous les soirs je retrouvais mon lit fait avec pyjama plié sur le lit) et prennent plaisir à discuter avec les clients. Pension surtout fréquentée par des français (guide du routard?), vraiment LE lieu où dormir à Santorin, à moins que vous ne rêviez des hôtels avec piscine sur la falaise…

3. Quelles plages?

Agios Propokios à Naxos – Plage de sable clair, transats payants, mais possibilité d’étendre sa serviette à même le sable. La plage est un petit peu venteuse, juste de quoi s’amuser à sauter dans les vagues. Plage quasi vide le matin, à l’heure où il fait exactement la bonne température.

Périvolos à Santorin – Plage de sable noir, accessible par le bus depuis Fira. Nous n’y sommes allées qu’à partir de 16h quand la plage se vide., seul petit problème, le soleil se cache bien plus vite de ce côté ci de l’île.

Red Beach à Santorin – Superbe plage de sable rouge (comme l’indique son nom), pour y accéder il faut soit passer à travers les rochers, soit prendre un bateau depuis un petit port, dans tous les cas l’arrivée donne l’impression d’être Indiana Jones. La plage est BONDEE, et totalement abritée du vent, il faut y aller tôt le matin ou tard le soir, le reste du temps on a la sensation que le soleil nous brûle la peau, pas très agréable, même si le site vaut le coup.

4. Nos coups de cœur en Grèce.

  • L’arrivée sur le toit de l’AJ avec le coucher de soleil sur le Parthénon.
  • Sauter du bateau qui nous emmène visiter le volcan de Santorin pour nager dans les sources chaudes de Néa Kaméni.
  • Déguster une glace dans le jardin d’Athènes.
  • Attendre le coucher du soleil près de la porte d’Apollon à Naxos.
  • Monter la corniche de Fira de nuit, se retourner et contempler Fira illuminée.
  • Profiter de Santorin en marchant de Fira à Oia.
  • Etre seules sur la plage de Naxos le matin.
  • Prendre à emporter et manger dans le ruelles de Fira devant le coucher du soleil

Coucher de soleil à Fira

Mykonos, les ch’tis et nous.

Le port de Mykonos

Mykonos, la fêtarde.

Arrivées à Mykonos après six heures de bateau, la nuit tombe, on a un peu peur de ne pas trouver le propriétaire de notre pension, John. Finalement c’est lui qui nous repère, sans être méchant, John n’est pas la personne la plus aimable du monde et il tente tout de suite de nous vendre des bijoux, apparemment tous les habitants de l’île tiennent un bijouterie. Le côté commercial nous déplaît assez.

Dès que nos affaires sont posées nous repartons vers le centre de la ville, à Chôra, à pieds. On doit longer la route pendant quelques kilomètres, tout près d’un précipice. Pas rassurant, surtout que Mykonos est une île très venteuse, et une bourrasque pourrait nous faire facilement perdre l’équilibre.

Les rues de Mykonos sont minuscules et remplies de boutiques pour touristes. On sent que l’atmosphère Jet-Set est très présente, pas étonnant que les Ch’tis aient tourné ici, c’est le Ibiza de la mer Egée. On en s’attarde pas bien longtemps, et épuisées de n’avoir rien fait, on retourne vite se coucher.

Mykonos est beaucoup plus agréable au matin ou en milieu de journée: tous les touristes dorment ou sont à la plage. Les rues sont plus calmes, moins encombrées, on peut enfin prendre un peu de plaisir à errer dans les ruelles blanches et bleues, et croiser au coin d’une rue le symbole de l’île: un pélican.

Délos, sanctuaire panhellénique. 

La vraie raison de notre passage à Mykonos c’est la visite de Délos, le sanctuaire panhellénique, l’île où fut déposé le trésor de la ligue de Délos, fondée par les cités grecques pour lutter contre l’envahisseur Perse.

Nous arrivons à Délos à 9h, parées de bouteilles d’eau et de chapeau, s’attendant malgré la bonne heure à une chaleur sèche et suffoquante. Erreur. Le soleil tape peut-être mais l’île de Délos est entièrement sous le vent, il est impossible de porter un chapeau, et je manque de perdre le mien à plusieurs reprises. A notre arrivée le site est encore vierge, nous fuyons vite la masse de touristes qui nous suit pour aller dans l’autre direction en empruntant l’allée des processions pour se retrouver au sanctuaire d’Apollon. Lorsqu’on a passé un an à étudier l’hégémonie grecque, les guerres médiques et la toute puissance athénienne, c’est assez incroyable de se retrouver dans ce lieu que l’on pense connaître pourtant si bien par tous ces textes, ces témoignages lus et commentés.

Le problème est que Délos est avant tout un champ de ruines: l’île est vide et jonchée de colonnes tombées. Encore quelques pieds de statues, quelques portes de temples et les lions. LA Terrasse aux lions! Le symbole de l’île, ceux qui se trouvent sous nos yeux (et sur la photo) sont des faux, les vraies sont conservés au musée, à quelques pas derrière.

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Il semble que les hauteurs soient mieux conservées. On erre entre les ruines de maisons, on croise quelques mosaïques, au loin on aperçoit le théâtre, bien conservé mais malheureusement inaccessible. On finit par se perdre sans retrouver d’où l’on vient, on marche alors entre des hommes qui nettoient les ruines et font quelques fouilles, un peu mal à l’aise, conscientes d’être là où le public n’a pas le droit d’aller.

Pleines de motivation et pour profiter jusqu’au bout de cette excursion nous montons à travers un petit chemin broussailleux où nos jambes se font griffées par les ronces et les herbes hautes. Jéromine n’est pas tout à fait rassurée, ce chemin n’est surement pas pour le public non plis. On parvient de le temple d’Aphrodite d’où pars un plus grand chemin, le bon cette fois. Vu d’un peu plus haut le temple d’Aphrodite est superbe, sur deux étages avec des colonnes adossées à la colline. Plus haut (toujours plus haut) nous arrivons à la porte d’Isis, celle que l’on voit dès l’entrée dans le port et qui semble alors si lointaine, perdue seule dans les hauteurs. C’est d’ici qu’il y a la plus belle vue sur l’ensemble du site.

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Le retour en bateau est lui même un attraction: la mer est si agitée par le vent que le navire se retrouve par moments à la verticale, tour à tour nous ne voyons que le ciel, puis la mer. Mieux que des montagnes russes, du moment que ça ne dure pas plus longtemps.

Santorin loin des touristes (ou presque)

Santorin est probablement l’île des Cyclades la plus visitée: eaux turquoises, paysage à couper le souffle…pas étonnant d’y voir des hordes de touristes, notamment des touristes asiatiques. Pour donner une idée, entre deux restaurants grecs on trouve à Santorin des restaurants chinois (assez bons d’ailleurs, on a testé), pas tout à fait le genre de nourriture qu’on s’attend à trouver dans une île grecque. Il est pourtant possible d’échapper pour quelques moments à cette foule bruyante. Voici un petit aperçu:

1. Balade de Fira à  Oia

Pour être seul à Santorin, le mieux est encore de se lever tôt: le premier jour nous avions décidé de faire une “petite” randonnée sur la corniche du village de Fira à celui d’Oia, se trouvant au bout de l’île. Il faut d’abord monter jusqu’au village ou quartier de Firostéphanie, le point le plus haut de l’île: la corniche longe la côte et se perd par moment dans la ville entre les hôtels de luxe possédant tous une piscine à flanc de falaise. Arrivées à Firostéphanie, on n’en peut déjà plus

On finit par se perdre dans la ville, tous ceux à qui nous demandons notre chemin pour Oia nous regardent surpris: “Oia? By feet?! But this is a very long way!”. Oui, oui, on sait. On les rassure mais on n’en mène pas large: dans quoi s’est on lancées?

On retrouve enfin la corniche qui s’éloigne de la ville et tout à coup il n’y a plus personne. Seulement un couple  qui est à quelques mètres devant nous. Sous le soleil tapant (même à 8h) on se déshydrate vite, heureusement un bar au milieu du chemin nous permet de refaire le plein d’eau, nos deux bouteilles étant déjà finies. On reprend le chemin, devant nous une montée, pas longue mais si raide. Pendant quelques minutes nous n’échangeons pas un mot, fixées sur le contrôle de notre souffle. On parvient jusqu’à une petite église ombragée: on respire enfin. D’ici on a vue sur l’arrière pays, la pente douce de Santorin avec quelques vignes et des villages éparses. De l’autre côté c’est la falaise stratifiée qui plonge dans des eaux limpides, mes cours de géologie me reviennent en mémoire, je les comprends bien mieux maintenant, c’est comme si la falaise avait été coupée en son centre:

Elle n’était pas vraiment rouge, elle ressemblait à certains gâteaux feuilletés où se superposent des strates rouges, chocolat, ocre, cerise, orange, citron

Simone de Beauvoir

On croise des américains venus admirer la vue, ils sont impressionnés par notre rando et nous souhaitent bonne chance en nous quittant: “Guys, It was really nice to have seen you.” Ajoute le mari retournant dans sa voiture avec air conditionnée, comme il nous le fait remarquer en voyant nos joues rougies par la chaleur. On reprend la route: après la montée, voici la descente…des cailloux rouges qui dégringolent sous nos pieds, nous sommes séparées de la falaise par de simples barbelés qui n’ont pas l’air de bien tenir. Pas vraiment le temps de regarder le paysage, on surveille nos pieds pour ne pas faire de faux pas. La dernière montée nous amène au dessus d’Oia, nos pieds s’enfoncent dans le sols et deviennent de plus en plus durs à soulever. Le vent s’est arrêté. On a le souffle coupé, autant par l’effort que par la vue qui s’offre à nous. Nous contemplons du haut de notre périple le croissant de Santorin avec en son centre le volcan. Il n’y personne, pas un bruit, seulement nous et l’île dans tout ce qu’elle a de plus sauvage. Si grand, si beau, si paisible! A nos pieds s’étend Oia. On redescend vers la ville en gambadant tant on est pressées de finir cette balade pour enfin manger. On profite d’un dernier arrêt pour admirer la vue et la solitude. Le couple que nous avons suivi pendant près de quatre heures nous gratifie d’un “Yes guys, we did it!”.

On regarde un peu de haut tous ces touristes venus en cars et qui jamais n’assisteront à ce spectacle, jamais n’auront cette sensation d’avoir Santorin pour soit tout seul.

2. Akrotiri

Akrotiri est un chantier de fouilles de l’époque cycladique découvert depuis peu et qui, comme Pompéi, a été totalement préservé par les cendres du volcan lors d’une immense éruption il y a quelques milliers d’années. Nous avions décidé ce matin là d’aller visiter ce chantier dont seulement 3% a été fouillé. Pas de chance: le chantier est fermé le lundi.  N’ayant plus peur de la marche nous montons les 4 km qui nous séparent du nouveau  village d’Akrotiri un peu plus haut. Ce village est bien éloigné de Fira ou d’Oia: ici les rues sont calmes, presque vides, nous passons des maisons aux portes entrouvertes où nous devinons des scènes de vies, là un paysan accroupi récolte sa vigne, ici une vieille dame pieds nus nous regarde l’œil intrigué. On se tait, conscientes de troubler le calme du village. Face à nous, à l’autre bout de l’île se trouve la bruyante Oia. Voici une vue de Santorin que nous ne connaissions pas du tout.

Nous redescendons ensuite pour nous rendre à red beach, l’une des plus belles plages de Santorin, mais avant on s’attable à un petit restaurant accolé à la roche pour y déguster l’habituel tzatziki. Dans une petite baie, au bord de l’eau, il est encore trop tôt pour voir les touristes et nous mangeons seules en profitant de cette vue paisible, des clapotis de l’eau sur les coques de bateaux, du léger vent qui vient adoucir cette chaleur toujours plus brûlante.

Enfin, puisque nous n’avons pas pu voir le chantier de fouilles, nous nous rendons le lendemain matin au musée archéologique d’Akrotiri pour y admirer les vestiges datant de 3 ooo ans avant notre ère. Les fresques sont impressionnantes, très colorées, en mouvement, elles me font penser aux fresques perses. Le style est original: des oiseaux, des singes bleus, beaucoup de femmes et de fleurs. On découvre aussi des poteries peintes, des tables, des chaises, extrêmement bien conservées: une visite à faire! Sans compter que dans ce musée (gratuit pour les étudiant), il fait frais!

Athènes en un Week-end

Enfin arrivées à Athènes!

Après 5 mois d’attentes, de rêveries, d’impatience, et 3 heures d’avion, nous posons enfin le pied sur le sol grec. Aucun mal pour trouver le bus qui nous emmène à la place Syndagma face au parlement, ni pour parcourir les dix minutes qui nous séparent de l’AJ. On longe le jardin national en frôlant les colonnes du temple de Zeus et nous y sommes. La simple vue de ces colonnes en pleine rue nous dépayse totalement, les Athéniens y sont habités, c’est surement comme passé près du musée de Cluny à Paris pour nous.

L’AJ nous accueil avec deux verres de ce qui ressemble à du raki, ou plutôt deux shots qu’on est invitée à prendre sur le toit-terrasse plein de coussins où les jeunes s’allongent et discutent, le tout sur on fond de soleil couchant, face au Parthénon.

Première approche d’Athènes: AWESOME!

La seconde nettement moins. Nous ressortons pour dîner dans Plaka, mais le quartier est bien trop touristique, et nous finissons dans un restaurant lambda où, au moins, les salades grecques ne sont pas trop mauvaises. Mais nous sommes un peu déçues par l’ambiance générale.

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La découverte de l’Acropole.

Ce fut surement l’une des journée les plus chaudes de ma vie: bien que s’étant levées tôt, nous ne sommes pas arrivées à l’Acropole avant 11h, mais bonne surprise, les lieux culturels sont gratuits en Grèce pour les étudiants, nous ne paieront donc pas un euro pour visiter. Le temps de monter par le Péripatos nous parvenons au toit de l’Acropole sous le soleil de midi. En chemin nous contournons le théâtre de Dyonisos et celui de l’odéon d’Hérode Atticus, qui date de l’époque romaine et alors occupé par des techniciens qui organisent la représentation d’une pièce d’Aristophane le soir même. On longe  l’Acropole, peut-être est-ce d’ici qu’elle est la plus impressionnante, vue sous ces immenses murailles, juchées sur un rocher et qui semblent nous écraser du poids de leur années.

Nous arrivons sur les Propylées (les escaliers) noirs de monde. Les groupes de touristes ont déja pris d’assaut les antiques vestiges à coup de parapluies colorés pour que chacun reconnaisse son guide. Le spectacle de l’Acropole envahie de cette foule grouillante dont nous faisions parti amoindrie forcément un peu l’impact de ce lieu, mais une fois qu’on est parvenu à en faire abstraction, sa grandeur demeure indemne.

Temple d’Athéna Niké, Erechteion, Parthénon. Nous avons tout vu, tout photographié, tout commenté. En plus des vestiges, l’Acropole offre une vue exceptionnelle sur Athènes et sur la colline de la Pnyx face à nous. Il est difficile de redescendre se mêler à la foule des mortels tant on se sent bien au milieu des dieux, mais le soleil tape trop fort et nos estomacs gargouillent, il est temps de trouver à manger.

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Il n’y a pas que les salades grecques!

Il est temps de parler de nourriture, car la Grèce ce n’est pas que les salades et les oliviers.

Nous sommes donc redescendus vers Plaka que nous avions si peu appréciée la veille, pourtant l’ambiance y était plus agréable en journée. Nous nous arrêtons à un restaurant indiqué par le guide et commandons une formule avec une dizaine de plat parmi lesquels nous choisissons cinq mets: le tarama, les espèces de poulet (cf. photos ci dessous), les boulettes de viande, les patates, et surtout le Tzatziki, pour lequel nous avons redécouvert notre amour et qui est resté notre principale, et presque unique, nourriture pour le reste du séjour.

Enfin, pas tout à fait, le soir même on a expérimenté deux plats locaux: les calamars frits pour Jéromine, qui, maintenant je le sais, en raffole, et de la viande avec (encore) du tzatziki pour moi. Une fois dans les îles  nous avons découvert un autre plat qui nous permettait de manger beaucoup, bien et pas cher: le gyros pita, ce qu’on pourrait appelé “un grec” chez nous, mais avec un pain bien meilleur, et un sauce ressemblant très franchement à du tzatziki tout simple. Plat idéal pour les midis, pour manger tout en se promenant.

Promenade dans Plaka.

Retournons à nos aventures: après s’être remplies la pense, et avoir bu des litres et des litres d’eaux, on s’est baladé à travers le quartier, qui, en cette heure de la journée, s’est avéré être relativement désert. Plaka est un endroit vraiment beau, difficile de croire qu’il s’agit d’un quartier peuplé d’une capitale, on se croirait dans un petit village, les rues sont étroites et pavées, montant et descendant vers l’Acropole avec des marches, dans chaque rue, une myriade de restaurants où les serveurs font la devanture et essaient d’attirer le client. Dans les rues adjacentes on n’entend presque plus de bruit, les plantes grimpent au fenêtre, on trouve des scooter égarés, des petite terrasses privées. Toutes les maisons sont colorées.

Nous nous dirigeons vers l’Agora et on découvre qu’il y a pire que l’Acropole à midi: l’Agora sous le soleil de 15h. Le site n’est pas très bien conservé et il est donc difficile de se faire un idée de l’intensité de la vie politique en ce lieu, on contourne un temple assez bien conservé qui donne une superbe vue sur l’Acropole en surplomb puis on se fait ejectées de l’Agora qui ferme.

On se rabat alors que le cimetière de la céramique…lui aussi fermé!

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Une oasis de fraîcheur: le jardin national.

J’ai l’idée d’aller au jardin national que nous avions vu en arrivant la vieille. Problème, le jardin est à l’autre bout de la ville, il faut remonter l’intégralité de l’avenue Ermou pour y parvenir. Prenant notre courage à deux mains, malgré la chaleur qui nous martèle le crâne on commence à marcher. On s’aperçoit vite que cette avenue est en fait LA rue commerçante d’Athènes, la dure marche apparaît plus agréable que prévue. De Zara en H&M, de climatisation en climatisation, en contournant une jolie église orthodoxe plantée au centre, on parvient finalement à la place syndagma d’où s’ouvre le jardin national. En vraies occidentales, on profite d’un petit détour par le McDo de la place pour s’acheter une glace à déguster dans le parc.

Le jardin est ombragé, TRES ombragés. On parcourt avec plaisir les allées, atterrissant sur des kiosques, des fontaines, des volières. Nos pas nous mènent à l’extrémité du parc, devant la demeure royale où nous assistons à la relève de la garde (surement encore plus ridicule qu’en Angleterre). On repart finalement vers les colonnes de Zeus et notre AJ.

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Bruxelles: Les serres royales de Laeken

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Au nord de Bruxelles, à quelques centaines de mètres de l’Atomium se trouvent les serres du domaine de Laeken, propriétés royales, ouvertes seulement quelques semaines par ans.

Evidemment, visiter un endroit ouvert au public si peu souvent c’est se confronter à une marée de belges ayant tous eu la même idée que nous, marée d’autant plus imposante que c’est le dernier jour d’ouverture, on se serait presque crues à Disneyland sauf que, comme nous le fait très justement remarqué Laura “A Disney les fleurs sont fausses”.

Suivant le rythme de croisière on pénètre dans les immenses serres, la verrière est ronde et soutenue par des poutres d’acier – typique de l’art nouveau – et des colonnes néo-classiques enfouies sous les plantes. Certains arbres montent jusqu’au plafond, avec des branches et des feuilles faisant deux fois notre taille.

Certaines salles sont entièrement végétales, murs compris, avec des plantes étranges ressemblant à des carapaces de tortues d’où sortiraient des bois de cerf. Dans la plupart des couloirs des plantes en clochettes de différents roses – des fuschia il paraît – pendent du plafond. Ci et là des statues et fontaines sont cachées dans des bosquets.

Seul Hic: la plupart du temps le nom des fleurs n’est pas indiqué. Impossible de se balader au grès de ses envies, le parcours est strict et bien indiqué.

On sort par moment des serres pour passer par le parc royal d’où l’on voit la pagode japonaise (ou chinoise?) surplombant l’étang, partout autour du vert, du vert, et au loin, Bruxelles qui s’étend.  Cette petite balade donne assez envie de devenir roi de Belgique!

Dans les serres à nouveau, une odeur fraîche et parfumée règne, impossible de savoir de quelle fleur cela provient, peut-être un ensemble de fragrance. C’est on ne peut plus agréable. Si seulement il n’y avait pas tout ce monde. On a juste envie d’être seul sous cette verrière. Ce lieu a conservé un quelque chose du XIXème siècle, un quelque chose de l’époque des expositions universelles. Il est une certaine sérénité et une grande inspiration qui émane de ces dalles de pierres entourées de gigantesques lianes.

Une visite qui, de toute évidence, vaut le coup, pour peu que l’on soit à Bruxelles au bon moment!

Dans le cimetière de Dracula

“Van Helsing s’approcha du cercueil de Lucy, et je fis de même. Se penchant, de nouveau il retira la partie du cercueil de plomb qu’il avait sciée ; alors, quelle ne fut pas, encore une fois, ma surprise, mêlée d’horreur !
Lucy était étendue là, telle exactement que nous l’avions vu la veille de son enterrement, et même, chose étrange, d’une beauté plus radieuse que jamais ; je ne pouvais pas croire qu’elle fût morte. Les lèvres étaient aussi rouges, non, plus rouges que de son vivant, et les joues délicatement colorées.”

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Bien que je sois dans la capitale anglaise essentiellement pour le travail – transcription d’archives pour mon mémoire d’histoire – j’en ai profité pour faire quelques visites dont une quelque peu insolite: le cimetière de Highgate.

Highgate se trouve un peu en périphérie du centre, sur la northern line, à l’arrêt Archway. (Environ 10 minutes de King’s Cross) En sortant du métro je me sentais déjà dépaysée: comment à quelques minutes du centre de Londres on peut avoir l’impression de se trouver dans une banlieue résidentielle?

Il faut ensuite monter la grande avenue de Highgate Road en passant dans un joli quartier très calme, puis bifurquer vers une école maternelle qui mène tout droit au parc de Highgate surplombant le cimetière. Peut-être parce qu’il était midi, peut-être parce qu’on était en hiver et que la température avoisinait les zéro degré, j’étais seule dans ce parc plutôt grand et agréable. Je parviens enfin, après moult hésitations quant au chemin à emprunter, au cimetière de Highgate. Le cimetière est en deux partie, on peut visiter la partie basse seul en payant £2, la partie haute, et la plus intéressante, ne se visite qu’avec un guide et coûte £7, certes ce n’est pas donné, mais je ne visite rien d’autre de payant à Londres, je peux me le permettre.

J’ai surement choisi le meilleur jour pour visiter cet endroit même si le froid humide pénètre dans mes os, au bout d’un moment je ne sens même plus mes extrémités, mais le lieu est tellement fascinant que je m’en contrefiche. Il a neigé il y a quelques jours et sous l’ombre des arbres la dernière couche n’a pas encore eu le temps de fondre. Le guide nous mène à travers des chemins tortueux entre les tombes et les caveaux. Ce cimetière est des plus gothiques, il paraît qu’il aurait inspiré Bram Stocker pour Dracula. rien d’étonnant. Les racines poussent sur les tombes, envahissant les inscriptions latines. Les statues surveillent notre passage, cachées derrières des plantes. L’atmosphère est surnaturelle.

On parvient devant l’allée égyptienne flanquée de colonnes gravées, derrière, des caveaux sous un plafond de feuilles qui nous mène en haut du cimetière. On poursuit notre chemin à travers les arbres et les ronces, les statues paraissent tristes, d’autres nobles et fières. Ici un lion, là un ange. Je préfère ne pas trop m’éloigner du groupe.

J’ai beau ne pas croire aux vampires, dans ce lieu on ne sait plus en quoi on croit.

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