Week-end dans le Val de Loire

En automne quand j’ai envie de partir j’ai toujours ce gros dilemme pour choisir la destination -oui je sais ma vie est terrible – : profiter des derniers moments d’été dans le sud ou s’imprégner de la super ambiance automnale avec ses magnifiques couleurs et ses soirées au coin du feu.

Les aléas de l’emploi m’ont vite fait oublier les destinations ensoleillées et j’ai donc opté pour la seconde solution avec en prime l’impératif « pas loin et pas longtemps » : la solution de repli qui marche toujours fut donc : LES CHÂTEAUX DE LA LOIRE.

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Les bords de Loire en fin d’après-midi.
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L’embarcation typique sur la Loire

Belle en toute saison, la région des châteaux de la Loire, inscrite à l’Unesco, est l’un des Must do touristiques en France. Alliant architecture, histoire de l’art et nature, c’était un peu la destination idéale, et comble du bonheur, on a profité des derniers jours de l’été indien avec un thermomètre à 25degrés. What else ?

Cette région est immense, un week-end ne suffit clairement pas pour tout voir : d’abord parce qu’on risque l’indigestion, ensuite parce que la région est très étendue, allant d’Orléans à Nantes à peu près. J’avais décidé de prendre Blois comme base pour rayonner autour, au programme les châteaux de Blois, Chambord et Chaumont-sur-Loire, en particulier parce que c’était la dernière semaine du festival international des jardins qu’on m’avait beaucoup vendu. C’est parti !

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L’escalier de Blois. Il est pas beau?
  1. Blois – Ville royale et camp de base

On est arrivés à Blois en fin d’après-midi, juste à temps pour visiter le château sous les derniers rayons du soleil. J’étais déjà allée à Blois l’an dernier pour les journées d’histoire dont je vous avais parlé ici. Malheureusement en courant de conférence en conférence je n’avais pas eu le temps de vraiment découvrir la ville. Alors j’étais contente de pouvoir enfin pénétrer dans ce château dont j’ai fait maintes et maintes fois le tour !

Le château de Blois est très bizarre , il est constitué de trois ailes qui reflètent trois époques distinctes : la fin du gothique flamboyant et les constructions de Louis XII, la Renaissance avec la fameuse façade des loges et le superbe escalier à vis de la cour, et l’époque classique.

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Chateau de Blois – Partie “Louis XII”
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Château de Blois – partie classique

On l’oublie souvent mais Blois est un lieu chargé d’histoire, il est devenu château royal quand Louis XII a succédé à son cousin Charles VIII comme roi de France. Et c’est surement ici qu’on voit le mieux le style « Louis XII »,  un style architectural à cheval entre le gothique moyenâgeux et le style Renaissance. Résidence royale pendant près d’un siècle, Blois est surtout connue pour avoir accueilli les Etats-Généraux en 1588, moment où le roi Henri III fait assassiner son rival Henri de Guise.

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La magnifique façade des loges au coucher du soleil. Au loin la cathédrale.

POINT HISTORIQUE – en très succinct.

Henri III est roi de France après les morts successives de ses frères François II et Charles IX (celui de la St-Barthélémy). Il est plus malin que ces derniers et a l’ambition de marquer plus clairement la frontière entre lui, le monarque élu, et les autres nobles, à une période où on ne parle pas encore de monarchie absolue.

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La salamandre – Symbole de François 1er.

En même temps ça fait déjà bien une vingtaine d’années que les catholiques et les protestants se tapent dessus : les chefs des catholiques intransigeants – on appelle ça la Ligue –  ce sont les Guise, et surtout leur aîné le duc Henri de Guise. Le roi veut être un super monarque mais il sent bien que les nobles le soutiennent bof bof. Il décide de réunir les Etats-Généraux – oui les même que pour la Révolution parce qu’à cette époque ça se fait encore – et là il frappe fort, il fait une sorte de putsch ou de répression interne : il fait assassiner au sein même du château son ennemi Henri de Guise, ainsi que le frère de celui-ci, et fait arrêter les principaux chefs de la Ligue.

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BREF.

Le XVI siècle est une période peu abordée dans les programmes scolaires, ou alors très rapidement, et j’ai découvert l’existence de Louis XII et le détail des guerres de religion en classe prépa. Mais guess what ? C’est passionnant et grâce à ça toute cette région de la Loire résonne différemment puisque c’est ici que TOUT se passe ! Alors je conseille fortement de faire un tour sur wikipédia avant, pendant ou après la visite pour se mettre bien dans l’ambiance.

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Il n’y pas que le Château à voir à Blois. La ville entière est agréable à visiter mais il faut avoir de bonnes cuisses : ça monte et ça descend. Construite sur deux collines, ses jolies rues anciennes montent au château et à la cathédrale dont les jardins offrent une superbe vue sur la Loire. Il faut prendre le temps d’errer et de se perdre un peu dans les rues pour trouver de bons restos et des cafés cosy comme on les aime, et trouver de quel point de vue la façade des loges est la plus belle.

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  1. Chaumont sur Loire et ses jardins

2ème jour  – 2eme château : on part de bon matin longer la Loire sous la brume en direction d’un château que je veux voir depuis longtemps : Chaumont ou plutôt le festival international des jardins.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là mais la brume était épaisse, presque trop, et donnait une atmosphère très singulière. J’ai cru que c’était quelque chose de normal sur la Loire mais un passage sur instagram m’a fait comprendre qu’il y avait la même chose à Paris, à la seule différence qu’elle s’est rapidement évaporée dans le Loir et Cher.

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L’aubre (10h) sur la Loire
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Un vrai château de contes de fée, surtout sous cette brume!

Les chateaux de la loire sont connus pour être une destination phare du cyclotourisme, mais c’est aussi très agréable de parcourir la région en voiture – même si moins écolo – et la raison principale ce sont les deux départementales construites de part et d’autre du fleuve sur des digues. On longe la Loire, on voit passer les oiseaux, les pêcheurs, les villages et surtout les châteaux.

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On voit la brume qui s’éloigne au loin. Et mon doigt sur la photo aussi…

Il faut bien une journée pour voir Chaumont : entre le château, le parc, le festival et une pause bien méritée, c’est un château où il faut prendre son temps.

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Le parc de Chaumont et ses couleurs automnales

Château légèrement fantasmé à tendance Walt Disney, j’ai adoré l’allure extérieure du château, un peu moins l’intérieur car je m’attendais à plus de pièces d’époque, c’est-à-dire du XVe ou du XVIe, or presque tout a été refait au XIXe. On se promène plus dans un manoir du style de Downtown Abbey que dans la résidence de Catherine de Médicis. Mais à part cette légère déception ce château est top. Le parc resplendit des couleurs automnales, il est animé par diverses œuvres d’art contemporain sur le thème de la nature – certaines incompréhensibles, d’autres qui se veulent seulement amusantes et ça marche.

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LE vallon des brumes. On riait comme des enfants en y descendant.

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Mais le clou du spectacle c’était le festival des jardins qui s’achève la première semaine d e Novembre, on tombait donc à pic. Un thème différent mais certains jardins  restent d’année en année. On passe entre les bosquets qui racontent tous une histoire, une ambiance. C’est entre le jardin et l’art contemporain et je dois dire que je suis bien plus sensible quand il s’agit de jeux avec la nature que de toiles abstraites ou d’happenings. Mon « jardin » préféré est sans doute le vallon des brumes : une brume toute créée pour l’occasion, une jolie cascade, un chemin de bois qui permet de s’y promener. C’est très simple et ça marche à fond ! J’ai aussi beaucoup aimé le jardin de sorcière, un jardin aux plantes médicinales décoré comme une maison de sorcière – parfait pour halloween.

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Dernière découverte : le self du château, abrité dans une serre avec une grande terrasse à l’abri de quelques arbres. Il faisait si beau et si chaud ce weekend là que je n’imaginais pas manger en intérieur. Très bobo/écolo, ce self est entièrement bio avec couverts biodégradables. On y sert des soupes de curry, des jus de carottes/betteraves/autres légumes auxquels je n’aurais pas pensé. Bref c’était très bon, très bien placé et on aurait pu y passer l’après-midi.

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  1. Chambord – Palais mystérieux

Le roi des châteaux, celui qu’on ne présente plus, et pourtant celui que je n’avais jamais vu. On – mes parents- m’en avaient dit beaucoup de mal « Mais pourquoi tu vas à Chambord, c’est vide, il y a rien ». Mais j’avais envie de me faire ma propre idée parce qu’il avait l’air tout de même très beau ce château.

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Jardins à la française sur fond de plus grand domaine forestier d’Europe

Il s’agit du château le plus à l’est du Val de Loire, donc le plus proche de Paris, donc sur la route. Le temps était moins clément que les deux jours précédents mais j’espérais pouvoir faire de belles photos et me balader un peu dans le parc pour profiter de l’automne à défaut de voir un super château. Et finalement il m’a vraiment emballée ce palais. D’abord parce que de l’extérieur il a franchement de la gueule – l’arrivée à travers les bois est digne d’un film -, ensuite parce qu’il est amusant à visiter. Amusant ? Je m’explique.

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Construit par François 1er, ce château veut se donner des airs de fin moyen âge, il est donc organisé autour d’un donjon avec 4 tours … et un dédale de couloirs et d’appartements. Aucun intérêt à visiter Chambord selon un itinéraire précis, je n’ai jamais compris où je me trouvais vraiment dans le château mais j’ai adoré fouiner un peu partout et m’y perdre.

2ème amusement : le fameux escalier hélicoidale. Deux personnes peuvent y monter chacune de leur côté sans jamais se croiser – mais on se voit par les petites lucarnes, ce qui est assez rigolo.

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Enfin j’ai adoré le mystère qui entoure ce site : personne ne sait bien pourquoi François 1er à construit Chambord ici. Le château est loin de tout, même de la Loire, au milieu des marais et de la forêt. Il s’agit pourtant du second plus grand château de France après Versailles, il a d’ailleurs inspiré le Roi Soleil. Mais surtout François 1er n’a presque pas vécu à Chambord, jamais plus de deux semaines d’affilé, et si ses fils et petits-fils ont poursuivi les travaux d’aménagement, le palais était trop éloigné de la cour pour qu’ils y séjournent vraiment. C’est resté un pavillon de chasse traversé par les courants d’air et tellement grand qu’il était difficile à chauffer.

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Pose selfie/ blogueuse mode. LE fond n’est pas trop mal.
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Chambord est surtout l’un des plus gros domaines forestiers d’Europe, avec une faune et une flore préservée.  On y trouve des cerfs, des sangliers, mais aussi des poissons des marais.

Pour cette raison on a longtemps laissé Chambord tel qu’il devait être à l’époque : vide. MAIS la palais a en fait été habité bien plus tard : Louis XIV y a fait quelques séjours et il a servi de lieu de résidence à des princes en exil, des cousins du roi, etc. Aujourd’hui les monuments nationaux ont décidé de réaménager Chambord avec du mobilier du XVIIIe, époque où il a le plus été habité. Le contraste d’aménagement entre ces différentes époques est saisissant.

Mon copain a trouvé que le palais avait tout d’une belle coquille vide. Chef d’œuvre de l’art renaissance la façade extérieur peut paraître un peu too much : des tours de partout, de la dentelle à certains endroits et un massif mur d’enceinte. Je pense que Chambord est tout de même un château à voir justement parce qu’il est si impressionnant et mystérieux.

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En voiture sur la digue.
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Promenade matinale à Blois.

Ces deux jours dans la Loire étaient encore mieux que ce que j’avais prévu et j’ai vraiment très hâte de faire un deuxième séjour plus à l’Ouest, à la découverte de châteaux plus anciens : Loches, Amboise, Ussé, et tant d’autres !

 

 

 

 

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Le week-end du 8 octobre je me suis rendue à un événement dont j’avais entendu parler depuis plusieurs années mais auquel je n’avais encore jamais assisté : les rendez-vous de l’Histoire de Blois. L’Histoire avec un grand H, mon premier amour qui me passionne toujours autant peu importe l’époque ou le lieu, pour qui j’ai trépigné d’impatience pendant plus d’une semaine trop pressée de passer mon week-end à écouter des conférences en veux-tu en voilà. A moins que vous ne soyez vous-même historien, ou prof d’histoire, ou archiviste, ou dans l’édition d’histoire ou encore, et surtout, retraité – car c’est la population majoritaire à ce genre de rendez-vous- vous ne savez pas trop ce que c’est les RDV de Blois. Je vous explique tout ça de suite !

Crées en 1998 par Jack Lang – second ministre de la culture à vie après Malraux – qui était aussi le maire de Blois, les RDV de l’Histoire c’est un festival d’Histoire qui s’étend du jeudi au dimanche : quatre jours de conférences, d’ateliers, de tables rondes sur l’Histoire. Chaque année un thème est choisi, on le découvre le dimanche soir à la fin des RDV, quand tous les parisiens s’entassent dans l’intercité en direction d’Austerlitz ; et les conférences doivent tourner autour de ce thème. Cette année le thème était très large mais surtout très actuel, « Partir », ce qui a permis à de nombreux non-historiens de participer également à ce sujet brûlant : j’ai assisté par exemple à une conférence d’Amnesty Internationale qui m’a  un peu déçue car il y manquait, à mon goût, la rigueur scientifique des autres conférences que j’ai pu voir. Outre les conférences purement historiques un programme d’économie a été mis en place s’intéressant bien évidemment à l’actualité, un peu en marge du thème principal de l’événement. De manière générale chacun essaie de se raccrocher au thème de près ou de loin pour traiter son propre sujet : le titre de la conférence « Partir c’est manger » m’a notamment peu convaincue.

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En parallèle de ces conférences se tient un salon du livre d’histoire où se trouvent toutes les éditions historiques de Gallimard à Vendémiaire en passant par le coin BD ! Et c’est toujours une bonne idée d’aller faire signer une BD par l’auteur, avec un joli croquis en dédicace, pour l’offrir à Noël, cette année en particulier puisque Riyad Sattouf était le Président du salon du livre.  C’était très dur pour moi, et pour mes copines, de ne pas acheter tous les livres qu’on voyait, on a forcément cédé pour un ou deux, mais les fanas de librairies et bibliothèques comprendront.

Enfin les RDV proposent en coopération avec les cinémas de Blois une sélection de films, souvent documentaires, touchant au thème, une bonne alternative quand on en a un peu marre de rester assis à écouter de vieux universitaires parler.

  • Comment ça se déroule ?

C’est ici que tout se complique : les RDV ont lieu dans différents lieux de Blois – le château, la préfecture, le salon du livre, la bibliothèque, l’université, l’iut, la maison de la magie. Certaines conférences nécessitent un ticket – gratuit bien sûr – mais qu’il faut prendre 2h à l’avance, et là encore faire attention car les petites vieilles ont tendance à se jeter voracement dessus n’en laissant plus aucun pour les jeunes chercheurs. La plupart des conférences sont libres d’accès MAIS là encore il vaut mieux venir bien en avance pour ne pas risquer de voir la salle pleine alors que c’est justement cette conférence-là que vous vouliez absolument voir. Qu’on se le dise, malgré l’offre immense qui est proposée, on ne peut pas écouter plus de trois, maximum quatre, conférences par jour, et  mieux vaut bien prévoir son programme à l’avance, tout en sachant qu’il risque fortement d’être perturbé : donc avoir un plan B évite les déconvenues. Autre problème : les lieux ne sont pas toujours  proches les uns des autres, comptez un bon gros quart d’heure, et une centaine de marches, pour vous rendre de l’université au château, et bien entendu quand celle que vous avez planifiée affiche complet, l’autre qui vous intéresse est à l’autre bout de la ville.

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  • Que voir ? Mon planning de la session 2016

Venons-en maintenant au vif du sujet : qu’est-ce que j’ai pu voir et apprendre durant ce week-end bien chargé culturellement ? J’ai été plutôt déçue de ma première journée qui a néanmoins été sauvée par la dernière conférence :

Le droit des migrants, par Amnesty Internationale : très intéressant sur le parcours des migrants, sur les origines de la crise des migrants, sur le fait que les migrants sub-sahariens qui arrivent aujourd’hui en Europe sont en fait migrants depuis bien plus longtemps; issus d’Ethiopie ou d’ailleurs, ils se sont d’abord exilés au Soudan, puis en Libye avant d’être contraints, ne pouvant revenir sans danger, à partir vers l’avant en Europe. L’exposé manquait cependant d’un peu d’objectivité et d’explication sur ce qui se passe concrètement quand un migrant arrive en France et demande asile.

De la Gaule à la Francie, BnF : intéressant en soi mais recoupant complétement mon cours de prépa, je n’ai rien appris de plus.

Israéliens, Palestiniens : entre diasporas et états, Vincent Lemire et Jihane Sfeir : Je suis tombée en amour devant ces deux conférenciers l’un spécialiste de Jérusalem, l’autre de la Palestine. Ils s’exprimaient tour à tour selon un ordre chronologique sur la fondation de l’Etat d’Israel, sur les complications qui sont apparues, etc. Un exposé à la fois sociologique, économique, diplomatique, un condensé passionnant avec des profs qui savent y faire devant un public.

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Le second jour a été plus prolifique, mieux préparé aussi, selon moi il faudrait imposer des tickets à chaque conférence, ça éviterait de grandes déceptions, mais ça coûterait beaucoup trop cher en papier…

La figure du Barbare, B. Dumézil : j’avais entendu Dumézil sur France inter, à la Marche de l’Histoire, il venait de sortir son dictionnaire du barbare en coopération avec nombre d’historiens et de sociologues. La conférence était géniale, transversale puisque touchant à la figure du barbare tout au long de l’histoire, de l’ethnogenèse – le fait de fabriquer des peuples – des Romains à la vision des fondamentalistes islamiques d’aujourd’hui. C’était très très dur de ne pas se jeter sur le bouquin en sortant.

Histoire des émotions, Alain Corbin, George Vigarello: Alain Corbin était LA STAR de cette édition, celui que toutes les femmes s’arrachent. Un vieux monsieur la tête dans les nuages qui ne comprend pas bien comment fonctionne un micro mais j’avoue que moi aussi j’étais toute émoustillée à l’idée de le voir. Monde parallèle des historiens quand tu nous tiens ! L’exposé partait un peu dans tous les sens, mais difficile de faire tenir un sujet aussi massif en une heure; à défaut d’être entrés dans le détail les auteurs ont donné un bon aperçu de leur travail, et avec un don pour les anecdotes, ont réussi à accrocher leur public.

Punir et partir, ou le bannissement et l’exil : ici encore une conférence transversale allant de l’Antiquité au dernier départ des bagnards pour les îles en 1939, une conférence typique Paris 1, on s’en rend peu compte mais on appartient toujours à une école historique, mais ô combien passionnante. Animée par un magistrat qui donnait à entendre un avis plus juridique, Claude Gauvard –ponte de l’histoire médiévale – a volé la vedette à tous, même si le professeur d’Antique un « jeune » historien très bon orateur, a pris nos cœurs à toutes en nous expliquant la procédure d’ostracisme. Je n’irai pas plus loin, si vous en avez envie je peux faire des articles, ou des fiches presque, beaucoup plus détaillés avec les notes que j’ai prises.

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J’ai choisi de faire un parcours très historique, en m’intéressant à plusieurs périodes et plusieurs aires mais toujours sur des thématiques en rapport avec ma formation, cependant j’ai longuement hésité à suivre des conférences plus en rapport avec mon blog. Le thème de cette année s’y prêtait en effet très bien : j’aurai pu axer ces deux journées sur le thème « voyage et récits de voyages », nombreuses étaient les conférences et les tables rondes sur le sujet.

Pour conclure, les RDV de Blois sont malheureusement victimes de leur succès, je ne m’attendais pas à voir autant de monde, l’organisation n’est pas toujours au top, c’est finalement assez fatiguant mais tellement intéressant. Tout le monde peut y trouver son bonheur tant les sujets de conférences sont variés et ne concernent pas uniquement les historiens, enfin même si j’ai trouvé que parfois beaucoup de connaissances devaient être préalablement acquises, pour la plupart des conférences les historiens prennent grand plaisir à vulgariser et rendre accessible à tous ce savoir, sans pour autant le réduire.

Le thème de l’année prochaine sera  les explorations et les découvertes, et je ne sais pas pour vous mais je compte bien m’y rendre à nouveau ! (Surtout que je n’ai même pas eu le temps de visiter le château)

 

voici les titres des ouvrages parus ou à paraître des auteurs que j’ai vus :

  • Jérusalem. Histoire d’une ville monde, Dir. V. Lemire, champs histoire, Flammarion, 2016
  • Histoire des émotions, A. Corbin, G. Vigarello, J-J. Courtine, éd. Seuil, 2016
  • Les Barbares, Dir. B. Dumézil, PUF, 2016