L’Alsace au fil des saisons

La fin de mon périple alsacien arrive à grands pas et je suis bien heureuse d’avoir enfin pu profiter du soleil et de la douceur printanière. J’ai sorti mon vélo, gonflé et tout propre pour sillonner Strasbourg en profitant de la légère brise du moment et avoir le temps de faire tout ce que je veux : c’est-à-dire rester glandouiller sur mon lit aussi longtemps que possible tout en ne ratant pas les séances cinés qui m’intéressent.

Durant ces huit mois j’ai pu connaître non seulement Strasbourg mais l’Alsace sous différentes saisons avec ses couleurs, ses températures et ses événements qui rythment l’année, j’ai donc décidé de vous faire ici un petit résumé de ce que vous pouvez faire en Alsace selon l’époque de l’année, en commençant par mon arrivée sous le merveilleux automne.

L’Automne : L’Alsace en couleurs

C’est de loin la saison que j’ai préférée, notamment parce que j’ai pu me promener dans les villages et dans les Vosges là où les forêts sont de toutes les couleurs. On dit parfois que les Vosges ressemblent au Québec, sans être allée au Québec ou en Nouvelle-Angleterre j’ai trouvé dans les Vosges ce que je chercherais dans les forêts du nouveau monde : des vastes espaces où la forêt s’étend à perte de vue sur de petites montagnes avec de belles couleurs chaudes et vivantes. Pour voir un peu ces couleurs je vous renvoie à mon article sur mes randos dans les Vosges ici. C’est donc selon moi LA saison où visiter l’Alsace. Mais pas seulement parce que le temps est encore assez agréable pour se promener et parce qu’il y a moins de touristes, il y a une autre raison, non négligeable : c’est la saison de la fête du vin.

P1020074P1020038

P1020044

Vous le savez surement l’Alsace est une région viticole et le principal circuit touristique, en dehors de Colmar et de Strasbourg est ce qu’on appelle la route des vins, à faire en voiture, ou à vélo pour les plus courageux – je vous rappelle que ça monte et ça descend beaucoup. Si cette route est très belle en été, elle est absolument magnifique en automne. Que de superlatifs ! Mais c’est à la hauteur de ce que j’ai ressenti en visitant ces petits-villages de la route du Haut-Rhin – Ribeauvillé, Kaysersberg, Eguishem, etc – où les vignes dorées sous le soleil d’octobre donnaient au paysage un air un peu fantastique. Enfin, outre les superbes vignes que vous trouverez sur les coteaux des Vosges, il vous faut assister à au moins une fête des vendanges. Dès mon premier week-end ici une amie m’a emmenée à Barr pour y goûter le vin nouveau, ou plutôt le Riesling nouveau, très sucré, qui se boit comme du jus de pomme…on n’étaient pas sures de pouvoir reprendre la route derrière. Mais dans ces villages on ne se contente pas de boire du vin, on peut aussi suivre la visite guidées de vignes, assister au défilé de la ville – avec cortèges alsaciens, allemands, italiens, tous en costumes -, manger d’excellentes tartes flambées, des vraies faites dans un grand four et dégustées dans la petite cour d’une vieille maison, et SURTOUT voter pour l’élection de Miss vendange !

P1020326

L’Hiver : l’Alsace en fête

Décembre et Noël

C’est en Hiver qu’on entend le plus parler de l’Alsace, c’est là où la région fait son plus gros chiffre d’affaire niveau tourisme et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Cette année la question était sur toutes les lèvres pendant les deux semaines qui ont précédé les attentats de Paris : va-t-on maintenir les marchés de Nöel ? Et si oui comment vont-ils se dérouler ? Heureusement après que Colmar ai annoncé le maintien de la fête la plus importante de l’année, les autres villes ont peu à peu décidé d’installer elles aussi leur marché, avec une nette restriction des exposants pour Strasbourg, et surtout une grande surveillance un peu pénible pour les strasbourgeois. Mais qu’importe, en cette période où il fait nuit tôt et où l’Alsace est encore brumeuse et froide c’est un vrai plaisir de pouvoir se rendre au marché de Noël. En bonne strasbourgeoise je les ai fuis autant que possible durant le week-end, sauf amis venant spécialement pour l’occasion, afin d’en profiter le reste de la semaine quand il n’y a plus de touristes. Alors plutôt que de rentrer chez soi après une bonne journée de travail pour s’affaler devant une série j’ai préféré arpenter régulièrement les étales de la place Broglie ou de la Cathédrale, en donnant rendez-vous aux copines chez le vendeurs de vin chaud habituel – le meilleur et le moins cher, même si le vin est bien corsé – avant de manger sur le pouce une tartine, des spaetzle ou tout ce qu’on peut trouver de typiquement alsacien sur les marchés. C’est aussi l’occasion de faire ses courses et rapporter à la famille des friandises von Elsass : les bredele, les manele – ces brioches en forme de petits-bonhommes et qui sont devenus mon péché-mignon ici, ou encore un kouglehopf.

P1020308P1020318

P1020290P1020294P1020317J’ai profité de vivre ici pour visiter d’autres marchés de Noël : ceux de Colmar, tout en finesse, et celui d’Obernai. Mon préféré reste celui de Strasbourg. Je n’ai pas apprécié la foule de Colmar et celui d’Obernai est surtout un marché pour les produits locaux – vins, charcuteries, fromages, etc.

En décembre se tient aussi la fête de la Saint-Nicolas : pays germanique l’Alsace continue de fêter cette fête qui se déroule le 6 décembre et qui est au départ bien plus importante que Noël. Sankt-Niklaus apporte encore dans de nombreuses familles alsaciennes des livres ou des chocolats pour les enfants, c’est aussi le jour où tout le monde mange des Menele !

P1020720

Février : Strasbourg in love

En février il fait froid, l’hiver dure depuis trop longtemps, on n’en peut plus, on veut du soleil ou quelque chose qui réchauffe le cœur. Qu’à cela ne tienne ! Depuis quelques années Strasbourg organise un festival pour la Saint-Valentin intitulé « Strasbourg mon amour », c’est certes l’occasion pour les grandes marques, les magasins et les restaurateurs de se faire beaucoup d’argent, mais c’est aussi deux semaines avec des bonnes initiatives en peu partout dans la ville qui changent le quotidien.

WP_20160212_016

Patinoire de rivetoile, soirées cinémas, journées spéciales dans les musées, concerts au Zénith ou à l’Opéra, toute la ville vit durant deux semaines sur le thème de l’amour, du romantisme, de l’érotisme. Cette année  a innové en installant place Kléber le café des amours, un café/restaurant/chapiteau ouvert toute la journée et jusqu’à tard la nuit où se déroulent des événements gratuits. Des lectures au show burlesque en passant par la boum réservée aux enfants, vous trouverez forcément une soirée qui vous intéresse au café des amours, à accompagner par une bière ou un verre de crémant. Je suis allée à 3 soirées : une mini halte à la soirée slow – guimauve donc géniale -, une soirée guinguette et la soirée de lancement. Le genre d’ambiance qu’on aimerait trouver dans tous les bars ou boîtes : de la musiques de toutes les époques, des gens de tous âges, une déco sympa, une soirée bon enfant à faire avec ses copines ou même avec son mec.

WP_20160313_009

Février-Mars : Carnavals en Alsace !

Je vous ai déjà parlé dans mon article précédent du grand carnaval de Bâle qui se déroule sur trois jours, mais l’Alsace n’est pas en reste niveau carnaval. Je me suis renseignée là-dessus un peu tard et je n’ai pu assister qu’au festival de Strasbourg qui, bien que petit, accueille tout de même à peu près 30 000 personnes. Coup de chance ce dimanche-là il faisait beau, et assez chaud pour qu’il soit plaisant de rester dehors à regarder le cortège. Musique, bonne ambiance, depuis la place de l’étoile jusqu’à la place Kléber défilaient dragons, clowns, danseuses avec fanfares. Je vous poste les quelques photos que j’ai pu faire avec mon portable en croisant le défilé.

 

P1020886

WP_20160313_012P1020889

Plusieurs carnavals ont lieux en Alsace entre Février et Mars, le plus souvent le week-end d’après mardi gras :  celui de Sélestat dit « le carnaval des Machores » voit défiler pus de 70 chars avec musique et dégustations de plats typiques de la ville ;  Mulhouse par sa proximité avec Bâle possède elle aussi un grand carnaval très populaire qui se déroule fin février sur plusieurs jours ; Saverne organise elle aussi un carnaval international apparemment assez renommé ; vous pourrez trouver des cavalcades du carnaval dans la plupart des villes d’Alsace et du Bade-Wurtemberg, la tradition y est encore très vivace !

WP_20160506_007

Printemps/été : douceur de vivre et religion en bord de Rhin

 

Le printemps des bretelles

Quand l’Hiver finit Illkirch-Graffenstaden, ville de la banlieue de Strasbourg, organise son festival : le printemps des bretelles, plus d’une cinquantaine de groupes se produisent durant une dizaine de jours dans cette petite ville accessible par tram. La musique m’a l’air surtout orientée musique balkanique et traditionnelle, le chapiteau principal, le magic mirror, est le même que celui du café des amours pour le festival « Strasbourg mon amour », de quoi promettre une super soirée et une super ambiance. Encore une fois, je n’ai pas pu y assister mais on me l’a chaudement conseillé, donc à faire si vous êtes dans le coin à cette période.

Fêtes religieuses

L’Alsace est une région très fière d’avoir conservé ses privilèges religieux et notamment les jours fériés relatifs à certaines fêtes, je ne m’en plaindrais pas cette année, j’étais bien contente d’avoir droit à 4 jours pour Pâques. Moi qui pensait que l’Alsace était catholique j’ai donc pu apprendre qu’elle était à majorité protestante, et que ces fêtes qui étaient ici conservées, comme la célébration du vendredi saint, étaient en fait des vestiges de la période germanique. Le vendredi saint est en effet fêté essentiellement dans les pays protestants et en premier lieu en Allemagne.

J’ai pu grâce à ma super copine Anne-Laure en apprendre un petit peu plus sur la semaine pascale et sur ce que tout ça signifie : vous savez surement, vous qui n’êtes pas ignares comme moi, que le jeudi Saint – avant le week-end de Pâque – est le jour de la mort de Jésus, les cloches s’arrêtent donc de fonctionner avant sa résurrection le lundi qui suit. Le vendredi saint, jour bien triste pour les croyants, est l’occasion de se remémorer les souffrances du Christ et des chemins de croix sont ainsi organisés par plusieurs paroisses dans les villes alsaciennes. M’étant réveillée à 14h ce jour-là, j’ai bien sûr raté le chemin de croix de Strasbourg qui pourtant m’aurait appris beaucoup de chose sur la Bible, vu que je n’y connais rien. Tant pis pour moi.

Mais j’ai pu découvrir deux autres spécialités pascales de l’Alsace : la décoration des œufs, et l’agneau pascal. Vous trouverez en effet dans la plupart des ménages alsaciens des petits arbres auxquels sont accrochés des œufs décorés, que vous pouvez aussi acheter chez la plupart des fleuristes, sous ces arbres à œufs on retrouve l’agneau pascale, une sorte de gâteau en forme d’agneau qui se déguste à plusieurs, puisque assez bourratif à mon goût.

Depuis deux ans Colmar organise chaque printemps à l’occasion de pâques une fête du printemps qui dure deux semaines, je n’y suis pas allée mais je pense que c’est à tenter.

 Mai : le début de l’été

Mai signifie un peu le retour de l’été ici qui est symbolisé par la réinstallation de « la Guinguette du Rhin », ce bar saisonnier où sont organisées des soirées guinguettes au bord du Rhin dans le jardin des deux-rives – coté français bien entendu. Outre cette guinguette qui fermera ses portes en septembre, plusieurs événements sont organisés : le festival celtique de Strasbourg, qui se déroule le premier week-end de mai, comprend, outre des spectacles et des concerts, une parade celtique le samedi après-midi dans le centre de Strasbourg où l’on voit défilé cercles celtiques, Bagad et autre pipe-bands de toute la région rhénane, d’Heidelberg à Bâle en passant par Nancy.

WP_20160507_012

Le dimanche précédant la pentecôte je vous conseille d’aller visiter Wissembourg où se tient un traditionnel défilé alsacien avec des costumes typiques, une ambiance sehr sympa pour visiter cette ville encore très bien conservée.

Juillet/août : je ne suis venue en période estivale que pour les vacances, je ne peux pas dire vraiment quels événements sont organisées hormis le feu d’artifice du 14 juillet au parc de la citadelle, et le bal traditionnel de la place de l’étoile. En revanche tous les soirs la cathédrale est illuminée dans un spectacle d’une demi-heure, et moi qui était assez réticente à ce spectacle son et lumière, je suis vraiment tombée sous le charme. C’est une façon géniale de voire la cathédrale autrement et d’être attirée par tous les petits détails qu’on ne remarque pas.

Si vous décidez de passer des vacances ou seulement un week-end en Alsace, peu importe la ville ou le village, je vous conseille de vous rendez à l’office du tourisme, il est rare qu’une fête ou un grand marché ne soient pas organisés le week-end, il serait dommage de rater cette animation.

Un automne en couleur: randonnées vosgiennes

 

P1020002

Je poursuis ma découverte de l’Alsace par une visite dans les Vosges. C’était le grand but de mon automne ici : faire une randonnée dans la forêt vosgienne, avec de superbes points de vue sur toute cette étendue multicolore. Vision idyllique de l’Alsace, de la nature et de l’automne. J’ai réussi à faire cette randonnée et avoir ces super points de vue, mais petite déception : je n’avais pas pensé qu’en faisant une balade en forêt ce que je verrais ce serait surtout des arbres, des racines, encore des arbres et le tout en quantité suffisamment dense pour apercevoir assez peu le paysage. Alors j’ai séparé le plaisir en deux : une journée pour s’en mettre plein les mirettes – enfin surtout une petite heure sur un super point de vue du mont Saint-Odile, où je suis retournée par la suite pour une vraie balade-, et une autre pour faire une balade dominicale dans les bois dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines avec parcours historique à la clé. C’était tout comme je l’avais voulu avec la bonne soupe forestière dans une ferme vosgienne en prime !

Attention, article un peu long!

P1020001

  • Le mont Sainte-Odile

C’est la première rando qu’on m’a conseillée quand je suis arrivée ici. Il en existe plusieurs qui débutent au mont Saint-Odile ou qui y passent. Ce mont, qui s’élève à 764m d’altitude est l’un des plus connus d’Alsace et offre une vue imprenable à la fois sur les Vosges et sur la plaine d’Alsace. C’est beau. Pourquoi le plus connu d’Alsace ? Parce que au sommet du mont se tient un monastère abritant le tombeau de Sainte-Odile, la patronne de l’Alsace, et c’est le lieu de pèlerinage numéro 1 en Alsace.

P1020008 P1020021 P1010994 P1010993

Pour ne pas mourir idiote j’ai pris quelques notes sur cette fameuse sainte-Odile, et parce que les histoires de saints sont toujours plutôt sympas et rocambolesques, je vous raconte ça en quelques mots : Sainte-Odile est la sainte patronne de l’Alsace, née dans le village d’Obernai à l’époque mérovingienne – son papa s’appelle très simplement Etichon-Adalric, nom typiquement Austrasien – et il lui est arrivé, comme à la plupart des saints, quelques bricoles. Elle commence par naître aveugle, déshonorant la famille par son handicap; elle est donc envoyée dans un monastère où elle est guérie par l’évêque Erhard de Ratisbonne, mais elle reste exilée. Son frère prend sa défense et la fait revenir, le papa, pas content qu’on lui désobéisse, tue sa progéniture, ce qu’il regrette amèrement par la suite et décide alors de pardonner à sa fille.

C’est à ce moment qu’Odile reçoit la visite de saint Jean-Baptiste qui lui demande de fonder l’abbaye de Hohenbourg, aujourd’hui Sainte-Odile, sur un mont des Vosges qui surplombe Obernai. Ses ennuis ne sont pourtant pas finis : elle meurt quelques temps plus tard mais trop rapidement pour qu’on puisse lui administrer les derniers sacrements. Quelle injustice pour cette sainte qui avait, entre temps, accompli deux, trois miracles ! Les religieuses parviennent à faire revenir son âme pour recevoir ENFIN la communion portée par un ange. S’éteint alors Sainte-Odile qui deviendra la figure de l’Alsace canonisée par le pape Léon IX – pape lui-même alsacien – au XIe siècle, puis désignée patronne de l’Alsace par Pie XII au XXe siècle.

P1020017 P1020016P1010998

Le Mont Sainte-Odile n’est  pas connu seulement pour son abbaye : tout autour du mont se dresse, ou plutôt se dressait, un mur appelé « Mur païen » antérieur à l’époque romaine. Ce mur serait une des grandes énigmes archéologiques, encerclant la montagne autrefois lieu de culte païen – pour les Celtes comme pour les Alamans. Il reste assez peu de vestiges de ce mur, ou en tout cas pas suffisamment pour se faire une idée de ce que ça pouvait être lors de sa construction.

P1020267P1020273

Plusieurs balades permettent de longer le mur sur un nombre variable de kilomètres et de faire ainsi un petit tour sur le mont pour observer le panorama sur la plaine d’Alsace, lorsqu’il fait très beau on peut même voir la forêt noire. La rando que j’ai faite durait une heure, rien de bien méchant, parfait pour un dimanche en famille. Il faisait beau et beaucoup trop doux pour un milieu de mois de novembre, on entendait le vent qui grondait sur les cimes des sapins mais beaucoup trop d’arbres pour qu’il n’arrive jusqu’à  nous. La vue depuis le Mont est toujours aussi belle, mais deux semaines plus tard il n’y a plus ces jolies couleurs d’automne. D’ailleurs à l’heure où j’écris il n’y a plus aucune couleur du tout puisque les Vosges dont devenues toutes blanches. Et j’ai hâte d’y retourner pour voir ça !

P1020249

P1020265P1020276 P1020271

 

 

  • Le Val d’Argent et Sainte-Marie-aux-Mines

La seconde rando que j’ai faite était dans le Haut-Rhin – au sud de l’Alsace donc – dans une vallée appelée le val d’argent. Sur le col de Sainte-Marie, situé au-dessus du village de Sainte-Marie-aux-Mines, coin un peu boudé par les alsaciens parait-il. Nous avons randonné sur le chemin des soldats, dans la forêt toujours, à l’emplacement de l’ancienne frontière entre la France et l’Allemagne, frontière actuelle entre le département du Haut-Rhin et celui des Vosges. La borne frontière de 1871 se dresse d’ailleurs toujours sur le parking. Ce n’est pas le seul vestige de cette rando : entre les bois, les fougères et les quelques supers points de vue sur la vallée, on trouve des blockhaus de la première guerre mondiale avec quelques panneaux justifiant le nom du chemin. Frontière disputée en 1914 des combats ont évidemment eu lieu à cet endroit stratégique, et ces ruines donnent froid dans le dos.

P1020120

Le col de Sainte-Marie a été un lieu de passage très fréquenté depuis le Moyen-âge: frontière, il est à la fois zone de dispute, les villages de part et d’autre du col sont souvent ravagés, et zone de transit en temps de paix. La région est notamment très touchée par les guerres que Louis XIV mène en Hollande et ses troupes passent à plusieurs reprises le col. Mais la grande guerre qui  est restée dans les esprits en Alsace c’est la guerre de Trente ans (1618-1648) qui a opposé les français aux Habsbourg d’Autriche et où se sont distingués les Suédois, alliés des Français, par leur habileté à tout détruire : des retranchements sont ainsi construits sur le col, pareils à ceux de la 1ère guerre mondiale, en prévision du péril suédois.

P1020137

P1020144

P1020143

Je me suis un peu étendue sur les indications historiques, on retrouve vite ses mauvaises habitudes, mea culpa. Au-delà de son intérêt historique la rando, en cette période du moins, offre un vrai dépaysement : loin de tout, dans une forêt qui arbore encore ses couleurs d’automne, dans une région d’Alsace peut-être un peu plus sauvage que le reste. Deux heures de calme avec même pas trop de montées, juste ce qu’il faut pour entretenir ses muscles fessiers. Ce que j’ai préféré ? Le pique-nique sur le col surplombant la vallée verte, orange et rouge, le soleil qui se montre juste à ce moment, idéalement pour piquer un petit somme en écoutant les bruits de la forêt.

P1020130

P1020138

DSC_7498

Dernière anecdote, et non des moindres : c’est de cette vallée que viennent les Amish. Alsace, le berceau des Amishs, qui l’eût cru ? Le fondateur du mouvement amish, Jacob Amman, n’est autre qu’un Suisse exilé en Alsace au XVIIe et qui a fondé ici une variante du culte protestant, plus austère. Mais à cette époque Louis XIV décide que non, vraiment, il n’aime pas les protestants et demande à ses sujets de changer de religion ou de s’exiler. Les Amish partent donc pour Amsterdam et de là prennent un bateau pour le nouveau monde afin d’y exercer leur liberté de conscience dans l’Etat tolérant de Pennsylvanie. Il parait même que certains Amishs parlent encore un dialecte ressemblant fort à l’Alsacien.

P1020135

P1020160

DSC_7491

L’automne dans les vignes: Riquewihr et Kaysersberg

P1020189Alors qu’une seule question est sur toute les lèvres strasbourgeoises : « Le marché de Noël va-t-il être annulé ?» et qu’on attend la réponse finale de monsieur le Maire, je vous emmène visiter des petits villages dans lesquels les marchés de Noël auront bien lieu et où je pourrai retourner très vite – youpiii !

J’ai eu en effet la chance depuis que je suis en Alsace de pouvoir visiter la région en voiture et me rendre dans ces endroits un peu moins accessibles que Colmar ou Mulhouse même si en fait les transports en Alsace sont très développés et qu’ il est possible de se rendre presque partout en train ou bus.

DSC_7470DSC_7452

Fin octobre, quand le soleil se couche encore assez tard, quand il nous éclaire d’une belle lumière dorée et qu’il fait encore bon, je me suis rendue dans les villages de Riquewihr et Kaiserberg. Vous connaissez ces noms ? C’est normal. Riquewihr est présenté régulièrement comme LE village alsacien typique entre les vignes et les Vosges et le“plus beau village de France”. Et malgré le flot touristique et l’aspect un peu disneyland, il est difficile de ne pas être séduit.

On est arrivé dans les deux cas en fin d’après-midi, quand la lumière est la plus belle, et même si les journées étaient plutôt claires ça donne une toute autre impression sur les photos.

DSC_7475DSC_7469

La visite de Riquewhir a commencé par une petite balade dans les vignes…c’est-à-dire que comme toujours on n’a pas emprunté le chemin indiqué et on a préféré grimper dans la gadoue entre les vignes. De là- haut une superbe vue sur le village, sur les Vosges un peu plus loin, et sur toutes les vignes dorées. Je suis bien contente d’avoir vu une partie de cette fameuse « route du vin » et en cette période; je ne suis pas sûre qu’il puisse y avoir de plus belles couleurs à d’autre saisons. Mais les photos valent sûrement ici mieux que des mots.

La ville se visite essentiellement autour de deux grandes rues encadrées de maisons à colombages colorées, en bois et dont les plus vieilles datent de la renaissance. Les magasins pour touristes et les touristes eux-mêmes gâchent forcément un peu le lieu mais comme on en fait partie c’est difficile de râler. En s’éloignant un peu des artères principales on arrive pourtant à croiser de vrais alsaciens qui se mettent à parler alsacien dès qu’on s’approche d’eux: faudrait tout de même pas qu’on comprenne ce qu’ils disent !

Comme mes parents ne sont pas toujours malins, ils décident qu’ils ont absolument envie d’une bière. Une bière au pays du Vin ! Heureusement que les Winstub ne sont pas trop regardantes et servent aussi bien des blondes que du Riesling.

P1020061

Le second village visité est un peu moins touristique, puisque moins présent dans les guides ou dans les articles de journaux sur l’Alsace : Kaysersberg. Qui doit son nom au château en ruine qui surplombe le village au milieu duquel coule une rivière menant jusqu’aux vignes. HAN le cliché du village romantique ! Oui, n’empêche que c’est très joli, très agréable de s’y promener alors que la nuit s’apprête à tomber, et encore plus quand on y trouve un salon de thé où s’arrêter une petite heure – ou davantage– pour se faire gonfler le ventre et les fesses à l’aide de spécialités alsaciennes.

Il faut évidemment revenir dans ces villages en hiver car ils ont tous un marché de noël – très touristique toujours – mais à thèmes différents. Et l’ambiance doit être complètement singulière.

DSC_7513

 


P1020186Dernier village visité récemment : Eguisheim. Dans le Haut Rhin toujours. Il faisait malheureusement nuit donc je n’ai pas pu prendre de photos potables. La particularité d’Eguisheim est d’être un village de forme circulaire : la rue principale fait le tour du village, et on se croirait sur le chemin de traverse dans Harry Potter. Les maisons penchent toutes d’un côté ou de l’autre, parfois même des deux, sans qu’on comprenne bien comment elles tiennent debout. Sur la place du village il y a une grande fontaine avec en arrière-plan les restes d’un château et une chapelle dédiée à Léon IX, pape né dans cette ville, ce qui lui vaut le titre de cité papale.

Mais si je suis allée à Eguisheim c’était pour me réapprovisionner en vin, pas pour moi, pour une amie, sauf que j’en ai profité aussi et après avoir goûté beaucoup trop de vin pour moi qui ne bois jamais, j’ai rapporté chez moi un excellent Riesling Grand Cru Eichberg que j’ai hâte de partager !

P1020074