Instant londonien: printemps sur la Tamise

J’ai à peu près une dizaine d’articles en retard, de photos à poster et d’histoires à raconter sur la Sicile, la Hongrie, l’Espagne et j’en passe, mais en ce jour de grisaille parisienne je préfère m’atteler à des souvenirs plus proches et plus printaniers: ceux de mon premier week end à Londres sous le soleil.

Il m’aura donc fallu 6 allés retour à Londres pour enfin découvrir la ville sous un jour printanier, et si j’ai adoré cette ville sous la pluie, la neige et le vent je l’ai encore plus aimée sous le ciel bleu. J’ai donc pu en deux jours visiter quelques essentiels qui me manquaient comme Camden ou Soho, et surtout découvrir les supers quartiers de London Bridge et South Bank, le long des quais de la Tamise où se pressait une foule d’anglais bras et jambes nus pour profiter de ce grand retour du soleil.

  • Borough Market

Le premier arrêt du week-end était Borough Market, situé sous la ligne de train partant de London Bridge, coincé entre le Shard et les quais. A Londres pas de cafés en terrasses, les gens s’assoient à terre pour pique-niquer, boire un coup ou juste discuter, il a donc fallu zigzaguer entre les groupes étalés de parts et d’autres du chemin au pied d’un église qui fait face au marché, les cerisiers étaient en fleurs, les flûtes de champagnes dans toutes les mains et les rires fusaient de ci de là. Ambiance festive en plein samedi après-midi à Londres. Le marché en lui-même correspond parfaitement à l’idée que je me fais de cette ville: à la fois underground, un marché placé sous une rame de train, et conservant un côté très “ouvrier”, architecture des stands en acier, presque type art nouveau, briques un peu partout. Un grand fouillis qui fourmille de londoniens, des coins et recoins abritant essentiellement des stands d’alimentation: thé, smoothies, cookies, et même fromages français,avec pour décoration une carte administrative de la France – pas trop dépaysant.

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  • Millenium Bridge

On quitte le marché et on se retrouve immédiatement dans des rues calmes avec des parcs, des vélos qui nous dépassent et qui se rendent sur les quais avec la foule.  Au bord de la Tamise c’est le même plaisir, la lumière de cette fin d’après midi est parfaite et les bâtiments modernes construits sur les docks près de la cathédrale St-Paul prennent une autre figure, les teintes orangées sur reflètent sur l’eau, et depuis le millenium bridge qui traverse le fleuve on peut admirer le Tower Bridge en proftant de la douce caresse du vent iodé nous venant de la mer.

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  • South Bank

On arrive enfin vers Southbank après être passées par plusieurs quartiers et s’être imaginées vivre dans une dizaine de maison et appartements croisés sur le chemin. Southbank, nouveau marché, celui aux livres cette fois, je n’ai pas regardé avec grande attention ce qui pouvait être vendu, je me suis seulement fixée sur une traduction anglaise de Philippes de Commynes – chroniqueur français du XVème siècle- que je ne m’attendais pas à trouver ici. Tout près du marché aux livres on trouve un skatepark intégralement taggué avec quelques jeunes qui tentent des figures sous le regard intrigué du public. En traversant le pont menant jusqu’à Charing Cross on peut voir le cimetière des skates, une plateforme au milieu du fleuve où se trouvent des vieux skates, de vieilles chaussures.

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Après ce petit périple le long des quais de la Tames avec pour compagnon le beau grand soleil, et non le fog qui pour l’occasion s’était déplacé à Paris, on est retourné dans le quartier de Deptford, illustration vivante des romans de Dickens, entre maisons de briques, ruines et ruelles effrayantes. Un tout autre Londres. Mais ça c’est une autre histoire.

Dans le cimetière de Dracula

“Van Helsing s’approcha du cercueil de Lucy, et je fis de même. Se penchant, de nouveau il retira la partie du cercueil de plomb qu’il avait sciée ; alors, quelle ne fut pas, encore une fois, ma surprise, mêlée d’horreur !
Lucy était étendue là, telle exactement que nous l’avions vu la veille de son enterrement, et même, chose étrange, d’une beauté plus radieuse que jamais ; je ne pouvais pas croire qu’elle fût morte. Les lèvres étaient aussi rouges, non, plus rouges que de son vivant, et les joues délicatement colorées.”

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Bien que je sois dans la capitale anglaise essentiellement pour le travail – transcription d’archives pour mon mémoire d’histoire – j’en ai profité pour faire quelques visites dont une quelque peu insolite: le cimetière de Highgate.

Highgate se trouve un peu en périphérie du centre, sur la northern line, à l’arrêt Archway. (Environ 10 minutes de King’s Cross) En sortant du métro je me sentais déjà dépaysée: comment à quelques minutes du centre de Londres on peut avoir l’impression de se trouver dans une banlieue résidentielle?

Il faut ensuite monter la grande avenue de Highgate Road en passant dans un joli quartier très calme, puis bifurquer vers une école maternelle qui mène tout droit au parc de Highgate surplombant le cimetière. Peut-être parce qu’il était midi, peut-être parce qu’on était en hiver et que la température avoisinait les zéro degré, j’étais seule dans ce parc plutôt grand et agréable. Je parviens enfin, après moult hésitations quant au chemin à emprunter, au cimetière de Highgate. Le cimetière est en deux partie, on peut visiter la partie basse seul en payant £2, la partie haute, et la plus intéressante, ne se visite qu’avec un guide et coûte £7, certes ce n’est pas donné, mais je ne visite rien d’autre de payant à Londres, je peux me le permettre.

J’ai surement choisi le meilleur jour pour visiter cet endroit même si le froid humide pénètre dans mes os, au bout d’un moment je ne sens même plus mes extrémités, mais le lieu est tellement fascinant que je m’en contrefiche. Il a neigé il y a quelques jours et sous l’ombre des arbres la dernière couche n’a pas encore eu le temps de fondre. Le guide nous mène à travers des chemins tortueux entre les tombes et les caveaux. Ce cimetière est des plus gothiques, il paraît qu’il aurait inspiré Bram Stocker pour Dracula. rien d’étonnant. Les racines poussent sur les tombes, envahissant les inscriptions latines. Les statues surveillent notre passage, cachées derrières des plantes. L’atmosphère est surnaturelle.

On parvient devant l’allée égyptienne flanquée de colonnes gravées, derrière, des caveaux sous un plafond de feuilles qui nous mène en haut du cimetière. On poursuit notre chemin à travers les arbres et les ronces, les statues paraissent tristes, d’autres nobles et fières. Ici un lion, là un ange. Je préfère ne pas trop m’éloigner du groupe.

J’ai beau ne pas croire aux vampires, dans ce lieu on ne sait plus en quoi on croit.

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