Nauplie et Mycènes – Suite et fin du Péloponnèse

Ouf ! C’en est fini des trajets à rallonge au milieu des plaines sèches de la Grèce. Nos valises sont posées à Nauplie pour deux jours dans un grand appart au pied de la citadelle avec vue sur la ville. Le gros plus c’est qu’il y a la clim, nécessaire quand les températures commencent à atteindre les 40 degrés. Quand on bouge tous les jours en road trip, 2 nuits au même endroit semblent être une éternité. On est même allé en grande surface pour se faire à manger nous-mêmes. Soirée sur le balcon face à la mer. Perfect.

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Je n’avais jamais entendu parler de Nauplie avant l’article de Jéromine en début d’année. Je suis tombée amoureuse de ses photos, surtout de la luminosité. Evidemment en plein été les photos ne rendent pas tout à fait pareil mais la ville tient toutes ses promesses : à quelques minutes du celèbre site antique de Mycènes, Nauplie est une ville vénitienne au bord de l’eau et surveillée par deux vieilles forteresses. Un mix parfait.

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Nauplie –  Repos dans l’ancienne capitale de la Grèce

C’est surtout au Moyen-Age, lors de la 4e croisade que Nauplie commence à faire parler d’elle. Elle est successivement occupée par les Francs, les Vénitiens et les Ottomans, la forteresse la plus récente la Palamidi est construite par un architecte français pour les Vénitiens. Réputée imprenable elle sera finalement occupée par les Ottomans…l’architecte leur ayant livré les plans. GoT n’invente rien.

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C’est assez particulier, après avoir vu des ruines antiques, des monastères chrétiens, des villages montagnards, de se balader dans une ville vénitienne. Un peu comme une suite logique de ce qu’on a pu voir sur Hydra, ici les rues sont étroites, les maisons colorées, les fleurs recouvrent les murs et grimpent les escaliers. Sur la place principale une mosquée témoigne de la présence ottomane et contraste avec le reste de la vieille ville.

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Il est possible de monter à pied à la forteresse, beaucoup de marches, mais nous atteignons désormais les 45 degrés alors je cède et je vote pour la voiture. La forteresse en elle-même n’est pas passionnante. Elle est grande et certaines parties sont bien conservées, notamment des cellules, très amusant pour les enfants qui se cachent dans les ruines. L’attraction principale c’est la vue que l’on a d’ici : en contrebas s’étire la presqu’île abritant l’Acronauplie, une forteresse plus ancienne, contre laquelle s’appuie la vieille ville. Derrière il y a la mer et le fort Bourdzi qui garde l’entrée du port. Plus loin encore on aperçoit les sites antiques mycéniens d’Argos et de Tirynthe. C’est beau.

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A part se balader en ville et manger des glaces – et des souvlakis, toujours des souvlakis – deux activités sont prévues ici : une baignade tout près de la ville et surtout la visite de Mycènes.

Pour la baignade on repassera : une fausse plage se trouve juste derrière la presqu’île, l’eau est belle et on a une vue imprénable sur le fort Palamède au dessus MAIS la musique façon jet set et les algues émoussent un peu notre envie de nous baigner. Une trempette s’impose vu la chaleur cependant je vous conseillerais de vous éloigner un peu de Nauplie si vous voulez faire une vraie pause plage. Ce sera plus agréable.

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Mycènes – rencontre avec Agamemnon

Avant d’aller à Mycènes on décide de se mettre au frais au musée archéologique de Nauplie qui expose essentiellement des œuvres de … l’époque mycénienne. En plus de la clim ce musée nous offre une belle perspective de ce qu’a pu être la civilisation mycénienne. Guess what ? Il n’y a pas que le site de Mycènes dans le coin, et les éperons rocheux qu’on voit depuis notre balcon ne sont pas des villages mais des ruines d’autres cités de la même époque. Hormis cette mise en perspective je découvre des objets de l’époque mycénienne et j’en suis assez fan. Pas cher, ce musée vaut le coup si vous vous apprêtez à écumer les sites archéologiques du coin, je conseille de visiter ensuite en complément le musée archéologique d’Athènes où sont les pièces les plus célèbres – le masque d’Agammemnon par exemple – et les plus belles.

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Se promener sur le site de Mycènes est une expérience unique. Tous les élements étaient réunis pour que ce soit parfait : le soleil couchant – TOUJOURS visiter les sites grecs à 18h30/19h –, la solitude puisque nous étions absolument seuls, et surtout le je-ne-sais-quoi d’extrêmement émouvant de Mycènes.

Ma maman m’avait prévenu, c’était son site préféré, elle y avait ressenti un petit quelque chose de particulier. En regardant les photos je ne voyais pas bien de quoi elle voulait parler mais une fois devant la porte des Lions la magie opère. On a le souffle un peu coupé et une immense excitation.

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Mycènes c’est donc LE site de la civilisation mycénienne et le cœur du royaume d’Agammemnon, le même que celui de la guerre de Troie. Quand la mythologie rejoint l’Histoire.  Il y a surtout des ruines, des bâtiments en ruine mais qui rendent bien l’aspect du lieu. On déambule dans une ancienne ville, on distingue les maisons, et on peut même s’enfoncer dans la citerne. Ce que je n’ai pas fait, j’avais trop peur des insectes qui tournoyaient autour de nous.

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Encore une fois le lieu apporte beaucoup : avec vue sur la vallée et Nauplie au loin, on est pourtant perdu au milieu des montagnes du Péloponnèse avec pour seul bruit le chant d’un berger qui essaie tant bien que mal de ramener ses brebis.

On a du mal a repartir, la lumière est hypnotisante, mais il nous reste encore une chose à voir : le tombeau des Atrides à quelques mètres plus bas. On s’y faufile juste avant la fermeture et là…aucune photo ne rendra justice à ce tombeau, vous n’aurez pas d’autre choix que d’y aller vous-même !

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Avec regret nous finissons par quitter l’émouvante Mycènes et la belle Nauplie, en route pour la dernière étape du voyage : Athènes et l’Attique.

Sur la péninsule de l’Argolide

Après ces quelques jours paradisiaques nous voici de retour sur les routes. On a mis du temps à établir notre trajet et on sait que cette journée sera LA journée chiante. Aujourd’hui on en a pour plus de 7h de route, une route qu’on a déjà fait en grande partie puisque nous devons repasser par Athènes pour nous aventurer – enfin – dans le Péloponnèse via le Canal de Corinthe.  Après moult tergiversations c’est décidé on va directement jusqu’à l’extrême pointe de l’Argolide, la partie la plus à l’Est du Péloponnèse.

L’article de Jéromine m’a donné très envie d’aller voir à quoi ressemblait le petit port d’Ermioni et je veux absolument passer au moins une journée sur une île grecque : Hydra sera la destination idéale. On en parle comme de la parle des îles grecques et je suis assez curieuse de voir à quoi ressemble cette ile depuis mon premier séjour en Grèce. Nous avions rencontré dans notre auberge un couple de vieux Français très amoureux qui avaient passé quelques jours en camping sauvage là-bas. Je n’en avais jamais entendu parler. Sa proximité avec la terre ferme en rend la visite presque incontournable.

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Les autoroutes grecques sont très agréables, le terre-plein central est coloré de belles fleurs roses rouges, ma mère m’en avait parlé, elles existaient déjà lors de son propre séjour il y a quarante ans. Nous repassons non loin de la ville toujours aussi peu attirante de Lamia, on y voit la route que nous avions empruntée et qui remonte vers les montagnes de Delphes. Un panneau nous indique que tout prêt se trouve le défilé des Thermopyles. Cette célèbre bataille des spartiates, je doute qu’il soit très intéressant de faire un détour par cet endroit pourtant mythique, nous poursuivons le chemin longeant à nouveau la mer.

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ENFIN nous sommes dans le Péloponnèse. Passé les industries du golfe la mer devient à nouveau bleu turquoise, les petites stations balnéaires défilent, la vue est sublime et je ne regrette pas d’avoir pris cette route. Dernier changement de paysage nous passons dans les terres pour aller vers Ermioni. Ici la conduite est bien moins sympa, les grecs font n’importe quoi et nous manquons plusieurs accidents de peu. Les montagnes sont désertiques, c’était ce que je m’attendais à voir ici, on se croirait presque aux Etats-Unis. C’est beau mais fatiguant. On n’en peut plus de cette route qui tournicote sans trop savoir quand elle va s’arrêter. Ermioni semble inatteignable quand enfin le gps nous fait tourner sur un chemin de terre : l’auberge et sa piscine dont on rêve depuis quelques heures maintenant !

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L’Argolide côté mer : Ermioni et le golfe saronique

Ce soir on va faire ce qui pour moi représente les vraies vacances : se balader avec une glace sur le petit port d’Ermioni. Je peux enfin mettre mes beaux vêtements et mes espadrilles pour déambuler nonchalamment en admirant les voiliers. Le pied. Malheureusement on a raté la golden hour pour de belles photos du coucher du soleil. On a préféré profiter de la piscine. Mais la douce odeur de l’air iodé sous la lumière de la lune me fait oublier très vite ce petit désagrément.

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Il y a deux ports à Ermioni, mais nous n’en verrons qu’un. La ville est située au bout du bout de la péninsule, avant une petite forêt de pinèdes, la route longe la mer et de nuit j’ai un peu peur de finir dedans. C’est calme et suffisamment frais pour que je remette un pull.

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Depuis Ermioni on peut se rendre sur l’île d’Hydra, et c’est bien pour ça qu’on est là. Un bateau nous emmène dès 9h sur une mer d’huile pour atteindre l’unique ville d’Hydra avec ses allures de port vénitien. J’étais surprise par le mélange d’Hydra. Au premier abord elle m’a fait penser aux villes du Monténégro avec son grand clocher qui se dégage sur le port.

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A l’époque moderne l’île a été occupée à plusieurs reprises par les Vénitiens puis par les Ottomans tout comme les côtés de la Croatie et du Monténégro. C’est à cette période que l’île devient plus importante et se peuple d’armateurs, devenant une grande puissance navale. On a du mal à y croire aujourd’hui, ces navires furent pourtant primordiaux dans la guerre d’indépendance de la Grèce au XIXe siècle – contre les navires ottomans.

 

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Mais en remontant par les ruelles, ou plutôt en se perdant dans les ruelles, l’île grecque reprend tous ses droits. De la chaux blanche, des volets colorés, en bleu en particulier et ces fleurs roses que l’on trouve partout en Grèce.

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Comme prévu l’île est désertique. Mais comme la voiture est interdite il ne me serait pas venue à l’idée d’aller me balader dans les montagnes alentours. J’essaie de monter jusqu’au point le plus haut du village et c’est dejà assez compliqué. Pour se reposer de cet effort quoi d’autre qu’une petite baignade ? Il existe plusieurs spots pour se baigner : certaines plages ne sont accessibles que par bateau – très cher – mais si vous longez la corniche vous découvrirez des petites criques suffisamment jolies et vides pour avoir envie de s’y baigner.

hydra11hydra10Bien entendu point de sable blanc ici, il s’agit plutôt d’avancées en bétons sur lesquels poser sa serviette ou de rochers, mais qu’importe. L’eau est transparente, on zieute les yacht qui stationnent non loin du port. C’est familial et si agréable de se rafraichir sous cette chaleur.

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Je pense qu’une demi-journée ou une journée suffisent pour visiter Hydra, s’y perdre, y manger et écrire ses cartes avec un bon coca sur le port de plaisance. Il est peut etre exagéré de parler d’Hydra comme de la perle des îles grecques mais elle est un très bon avant goût des Cyclades, c’est certain !

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L’Argolide côté montagne: le théâtre antique d’Epidaure

On reprend les routes en lacet le soir même pour se rendre à Epidaure. Perdu dans ce désert, au milieu de ces montagnes arides le théâtre se trouve dans une petite oasis de verdure à côté du sanctuaire d’Asclepios, le dieu de la médecine. La fatigue en moins ce trajet est bien plus agréable – surtout il ne dure qu’une trentaine de minutes. Je peux enfin apprécier à sa juste valeur ce paysage étonnant, celui que j’étais venue chercher ici.

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Comme d’autres sites grecs Epidaure se cache aux yeux des gens. On ne le distingue pas avant de se trouver devant. Mais pour nous réserver le meilleur pour la fin nous commençons par visiter le sanctuaire qui n’est autre que le premier hôpital de l’antiquité. Malheureusement le site, pourtant très étendu, est assez vide : des ruines en veux-tu en voila mais il est très difficile de se representer ce que pouvait être cet immense site. Certaines parties sont en rénovations, certaines colonnes se tiennent mieux que d’autres, et surtout les montagnes autour lui donne un aspect singulier.

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Le musée est intéressant et les indications, si vous avez un guide, valent le coup : les cultes rendus à Asclepios et les façon de guerir des maladies étaient pour le moins étranges et païens. Ils se sont d’ailleurs poursuivis jusqu’à tard dans l’antiquité, bien après la fin des cultes païens. Par exemple certains malades devaient dormir toute une nuit dans une peau de serpent – la personnification du dieu – et dans leurs rêves le dieu leur livrait le traitement à suivre pour guérir. Weird. Cette histoire des débuts de la médecine est passionnante et ce serait dommage de passer à coté.

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Le théâtre est quant à lui majestueux. L’un des plus grands de l’antiquité et toujours parfaitement en place. Mais je pense qu’il est encore plus impressionnant lorsqu’on y voit une représentation ou un concert. Le lieu est sublime, l’acoustique parfaite. Mais en cette fin de journée on a eu du mal à se dire autre chose que « oh oui c’est beau, bon aller on se casse. », sans doute épuisés par la visite du sanctuaire sous le soleil.

L’avantage d’Epidaure c’est qu’il se situe en plein cœur de l’Argolide, pas pres d’Athènes, ni de Nauplie, mais pas très loin non plus. La encore le site est ouvert jusqu’à 20h en horaires d’été, aucune excuse pour ne pas s’y rendre de bon matin, ou tard le soir ce qui reste à mon avis la meilleure solution, les cars de touristes étant rentrés à Athènes !

Il ne nous reste que quelques kilomètres pour notre dernière étape : Nauplie. C’en est fini des montagnes arides, nous retrouvons la mer et la civilisation !