L’Alsace au fil des saisons

La fin de mon périple alsacien arrive à grands pas et je suis bien heureuse d’avoir enfin pu profiter du soleil et de la douceur printanière. J’ai sorti mon vélo, gonflé et tout propre pour sillonner Strasbourg en profitant de la légère brise du moment et avoir le temps de faire tout ce que je veux : c’est-à-dire rester glandouiller sur mon lit aussi longtemps que possible tout en ne ratant pas les séances cinés qui m’intéressent.

Durant ces huit mois j’ai pu connaître non seulement Strasbourg mais l’Alsace sous différentes saisons avec ses couleurs, ses températures et ses événements qui rythment l’année, j’ai donc décidé de vous faire ici un petit résumé de ce que vous pouvez faire en Alsace selon l’époque de l’année, en commençant par mon arrivée sous le merveilleux automne.

L’Automne : L’Alsace en couleurs

C’est de loin la saison que j’ai préférée, notamment parce que j’ai pu me promener dans les villages et dans les Vosges là où les forêts sont de toutes les couleurs. On dit parfois que les Vosges ressemblent au Québec, sans être allée au Québec ou en Nouvelle-Angleterre j’ai trouvé dans les Vosges ce que je chercherais dans les forêts du nouveau monde : des vastes espaces où la forêt s’étend à perte de vue sur de petites montagnes avec de belles couleurs chaudes et vivantes. Pour voir un peu ces couleurs je vous renvoie à mon article sur mes randos dans les Vosges ici. C’est donc selon moi LA saison où visiter l’Alsace. Mais pas seulement parce que le temps est encore assez agréable pour se promener et parce qu’il y a moins de touristes, il y a une autre raison, non négligeable : c’est la saison de la fête du vin.

P1020074P1020038

P1020044

Vous le savez surement l’Alsace est une région viticole et le principal circuit touristique, en dehors de Colmar et de Strasbourg est ce qu’on appelle la route des vins, à faire en voiture, ou à vélo pour les plus courageux – je vous rappelle que ça monte et ça descend beaucoup. Si cette route est très belle en été, elle est absolument magnifique en automne. Que de superlatifs ! Mais c’est à la hauteur de ce que j’ai ressenti en visitant ces petits-villages de la route du Haut-Rhin – Ribeauvillé, Kaysersberg, Eguishem, etc – où les vignes dorées sous le soleil d’octobre donnaient au paysage un air un peu fantastique. Enfin, outre les superbes vignes que vous trouverez sur les coteaux des Vosges, il vous faut assister à au moins une fête des vendanges. Dès mon premier week-end ici une amie m’a emmenée à Barr pour y goûter le vin nouveau, ou plutôt le Riesling nouveau, très sucré, qui se boit comme du jus de pomme…on n’étaient pas sures de pouvoir reprendre la route derrière. Mais dans ces villages on ne se contente pas de boire du vin, on peut aussi suivre la visite guidées de vignes, assister au défilé de la ville – avec cortèges alsaciens, allemands, italiens, tous en costumes -, manger d’excellentes tartes flambées, des vraies faites dans un grand four et dégustées dans la petite cour d’une vieille maison, et SURTOUT voter pour l’élection de Miss vendange !

P1020326

L’Hiver : l’Alsace en fête

Décembre et Noël

C’est en Hiver qu’on entend le plus parler de l’Alsace, c’est là où la région fait son plus gros chiffre d’affaire niveau tourisme et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Cette année la question était sur toutes les lèvres pendant les deux semaines qui ont précédé les attentats de Paris : va-t-on maintenir les marchés de Nöel ? Et si oui comment vont-ils se dérouler ? Heureusement après que Colmar ai annoncé le maintien de la fête la plus importante de l’année, les autres villes ont peu à peu décidé d’installer elles aussi leur marché, avec une nette restriction des exposants pour Strasbourg, et surtout une grande surveillance un peu pénible pour les strasbourgeois. Mais qu’importe, en cette période où il fait nuit tôt et où l’Alsace est encore brumeuse et froide c’est un vrai plaisir de pouvoir se rendre au marché de Noël. En bonne strasbourgeoise je les ai fuis autant que possible durant le week-end, sauf amis venant spécialement pour l’occasion, afin d’en profiter le reste de la semaine quand il n’y a plus de touristes. Alors plutôt que de rentrer chez soi après une bonne journée de travail pour s’affaler devant une série j’ai préféré arpenter régulièrement les étales de la place Broglie ou de la Cathédrale, en donnant rendez-vous aux copines chez le vendeurs de vin chaud habituel – le meilleur et le moins cher, même si le vin est bien corsé – avant de manger sur le pouce une tartine, des spaetzle ou tout ce qu’on peut trouver de typiquement alsacien sur les marchés. C’est aussi l’occasion de faire ses courses et rapporter à la famille des friandises von Elsass : les bredele, les manele – ces brioches en forme de petits-bonhommes et qui sont devenus mon péché-mignon ici, ou encore un kouglehopf.

P1020308P1020318

P1020290P1020294P1020317J’ai profité de vivre ici pour visiter d’autres marchés de Noël : ceux de Colmar, tout en finesse, et celui d’Obernai. Mon préféré reste celui de Strasbourg. Je n’ai pas apprécié la foule de Colmar et celui d’Obernai est surtout un marché pour les produits locaux – vins, charcuteries, fromages, etc.

En décembre se tient aussi la fête de la Saint-Nicolas : pays germanique l’Alsace continue de fêter cette fête qui se déroule le 6 décembre et qui est au départ bien plus importante que Noël. Sankt-Niklaus apporte encore dans de nombreuses familles alsaciennes des livres ou des chocolats pour les enfants, c’est aussi le jour où tout le monde mange des Menele !

P1020720

Février : Strasbourg in love

En février il fait froid, l’hiver dure depuis trop longtemps, on n’en peut plus, on veut du soleil ou quelque chose qui réchauffe le cœur. Qu’à cela ne tienne ! Depuis quelques années Strasbourg organise un festival pour la Saint-Valentin intitulé « Strasbourg mon amour », c’est certes l’occasion pour les grandes marques, les magasins et les restaurateurs de se faire beaucoup d’argent, mais c’est aussi deux semaines avec des bonnes initiatives en peu partout dans la ville qui changent le quotidien.

WP_20160212_016

Patinoire de rivetoile, soirées cinémas, journées spéciales dans les musées, concerts au Zénith ou à l’Opéra, toute la ville vit durant deux semaines sur le thème de l’amour, du romantisme, de l’érotisme. Cette année  a innové en installant place Kléber le café des amours, un café/restaurant/chapiteau ouvert toute la journée et jusqu’à tard la nuit où se déroulent des événements gratuits. Des lectures au show burlesque en passant par la boum réservée aux enfants, vous trouverez forcément une soirée qui vous intéresse au café des amours, à accompagner par une bière ou un verre de crémant. Je suis allée à 3 soirées : une mini halte à la soirée slow – guimauve donc géniale -, une soirée guinguette et la soirée de lancement. Le genre d’ambiance qu’on aimerait trouver dans tous les bars ou boîtes : de la musiques de toutes les époques, des gens de tous âges, une déco sympa, une soirée bon enfant à faire avec ses copines ou même avec son mec.

WP_20160313_009

Février-Mars : Carnavals en Alsace !

Je vous ai déjà parlé dans mon article précédent du grand carnaval de Bâle qui se déroule sur trois jours, mais l’Alsace n’est pas en reste niveau carnaval. Je me suis renseignée là-dessus un peu tard et je n’ai pu assister qu’au festival de Strasbourg qui, bien que petit, accueille tout de même à peu près 30 000 personnes. Coup de chance ce dimanche-là il faisait beau, et assez chaud pour qu’il soit plaisant de rester dehors à regarder le cortège. Musique, bonne ambiance, depuis la place de l’étoile jusqu’à la place Kléber défilaient dragons, clowns, danseuses avec fanfares. Je vous poste les quelques photos que j’ai pu faire avec mon portable en croisant le défilé.

 

P1020886

WP_20160313_012P1020889

Plusieurs carnavals ont lieux en Alsace entre Février et Mars, le plus souvent le week-end d’après mardi gras :  celui de Sélestat dit « le carnaval des Machores » voit défiler pus de 70 chars avec musique et dégustations de plats typiques de la ville ;  Mulhouse par sa proximité avec Bâle possède elle aussi un grand carnaval très populaire qui se déroule fin février sur plusieurs jours ; Saverne organise elle aussi un carnaval international apparemment assez renommé ; vous pourrez trouver des cavalcades du carnaval dans la plupart des villes d’Alsace et du Bade-Wurtemberg, la tradition y est encore très vivace !

WP_20160506_007

Printemps/été : douceur de vivre et religion en bord de Rhin

 

Le printemps des bretelles

Quand l’Hiver finit Illkirch-Graffenstaden, ville de la banlieue de Strasbourg, organise son festival : le printemps des bretelles, plus d’une cinquantaine de groupes se produisent durant une dizaine de jours dans cette petite ville accessible par tram. La musique m’a l’air surtout orientée musique balkanique et traditionnelle, le chapiteau principal, le magic mirror, est le même que celui du café des amours pour le festival « Strasbourg mon amour », de quoi promettre une super soirée et une super ambiance. Encore une fois, je n’ai pas pu y assister mais on me l’a chaudement conseillé, donc à faire si vous êtes dans le coin à cette période.

Fêtes religieuses

L’Alsace est une région très fière d’avoir conservé ses privilèges religieux et notamment les jours fériés relatifs à certaines fêtes, je ne m’en plaindrais pas cette année, j’étais bien contente d’avoir droit à 4 jours pour Pâques. Moi qui pensait que l’Alsace était catholique j’ai donc pu apprendre qu’elle était à majorité protestante, et que ces fêtes qui étaient ici conservées, comme la célébration du vendredi saint, étaient en fait des vestiges de la période germanique. Le vendredi saint est en effet fêté essentiellement dans les pays protestants et en premier lieu en Allemagne.

J’ai pu grâce à ma super copine Anne-Laure en apprendre un petit peu plus sur la semaine pascale et sur ce que tout ça signifie : vous savez surement, vous qui n’êtes pas ignares comme moi, que le jeudi Saint – avant le week-end de Pâque – est le jour de la mort de Jésus, les cloches s’arrêtent donc de fonctionner avant sa résurrection le lundi qui suit. Le vendredi saint, jour bien triste pour les croyants, est l’occasion de se remémorer les souffrances du Christ et des chemins de croix sont ainsi organisés par plusieurs paroisses dans les villes alsaciennes. M’étant réveillée à 14h ce jour-là, j’ai bien sûr raté le chemin de croix de Strasbourg qui pourtant m’aurait appris beaucoup de chose sur la Bible, vu que je n’y connais rien. Tant pis pour moi.

Mais j’ai pu découvrir deux autres spécialités pascales de l’Alsace : la décoration des œufs, et l’agneau pascal. Vous trouverez en effet dans la plupart des ménages alsaciens des petits arbres auxquels sont accrochés des œufs décorés, que vous pouvez aussi acheter chez la plupart des fleuristes, sous ces arbres à œufs on retrouve l’agneau pascale, une sorte de gâteau en forme d’agneau qui se déguste à plusieurs, puisque assez bourratif à mon goût.

Depuis deux ans Colmar organise chaque printemps à l’occasion de pâques une fête du printemps qui dure deux semaines, je n’y suis pas allée mais je pense que c’est à tenter.

 Mai : le début de l’été

Mai signifie un peu le retour de l’été ici qui est symbolisé par la réinstallation de « la Guinguette du Rhin », ce bar saisonnier où sont organisées des soirées guinguettes au bord du Rhin dans le jardin des deux-rives – coté français bien entendu. Outre cette guinguette qui fermera ses portes en septembre, plusieurs événements sont organisés : le festival celtique de Strasbourg, qui se déroule le premier week-end de mai, comprend, outre des spectacles et des concerts, une parade celtique le samedi après-midi dans le centre de Strasbourg où l’on voit défilé cercles celtiques, Bagad et autre pipe-bands de toute la région rhénane, d’Heidelberg à Bâle en passant par Nancy.

WP_20160507_012

Le dimanche précédant la pentecôte je vous conseille d’aller visiter Wissembourg où se tient un traditionnel défilé alsacien avec des costumes typiques, une ambiance sehr sympa pour visiter cette ville encore très bien conservée.

Juillet/août : je ne suis venue en période estivale que pour les vacances, je ne peux pas dire vraiment quels événements sont organisées hormis le feu d’artifice du 14 juillet au parc de la citadelle, et le bal traditionnel de la place de l’étoile. En revanche tous les soirs la cathédrale est illuminée dans un spectacle d’une demi-heure, et moi qui était assez réticente à ce spectacle son et lumière, je suis vraiment tombée sous le charme. C’est une façon géniale de voire la cathédrale autrement et d’être attirée par tous les petits détails qu’on ne remarque pas.

Si vous décidez de passer des vacances ou seulement un week-end en Alsace, peu importe la ville ou le village, je vous conseille de vous rendez à l’office du tourisme, il est rare qu’une fête ou un grand marché ne soient pas organisés le week-end, il serait dommage de rater cette animation.

Une demi-journée à Bâle

Le TER serpente entre la Forêt Noire et les Vosges, traversant les villes alsaciennes dont les noms me sont aujourd’hui familiers : Sélestat, Erstein, Colmar, Mulhouse… Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pris ce TER pour longer le Rhin et parcourir l’Alsace du nord au sud durant ces quelques mois. Aujourd’hui je descendrai au dernier arrêt et après l’Allemagne je vais franchir l’ultime frontière de cette grande région du Rhin supérieur pour aller en Suisse, au-delà même de l’Union Européenne.

A 1h en TER de Strasbourg, et 15 min de Mulhouse, la ville de Bâle se trouve aux portes de l’Alsace et du Bade-Wurtemberg : deuxième grande ville de la Suisse Allemande, elle est surtout connue pour son intense activité culturelle : musée des Beaux-Arts, musée Tingeli – le même que celui qui a fait la fontaine Stravinsky à Paris –diverses fondations d’art contemporain il vous faudra plusieurs jours pour visiter tout Bâle.  La langue allemande, l’architecture rhénane, le grès rouge des églises dévoilent bien que nous sommes dans la même région historique qu’à Strasbourg ou qu’à Freibourg, pourtant dès l’arrivée du train on sent qu’on sort de cette espace européen : la douane est encore active à la sortie de la gare, et il vaut mieux changer ses euros pour des francs suisses.

P1030420

P1030398P1030392

P1030453P1030462

Je n’avais jamais vraiment entendu parler de Bâle avant de voir qu’elle était au bout de ma ligne TER – à part à propos du terrible tremblement de terre que la ville a subi au moyen-âge. Cette ville située au niveau des trois frontières et qui s’étend largement sur les deux rives du Rhin m’a vraiment charmée et après un rapide tour fait après la visite de l’Usine Vitra – article ici – j’ai décidé d’y retourner pour mieux en profiter et faire quelques photos.

Malgré les nombreux musées, fondations et parcours architecturaux de la ville je me suis contentée de flâner dans la vieille ville et sur les quais, le prix des musées étant légèrement prohibitifs – environ 15l’entrée. Je regrette cependant de n’avoir pas été au musée Tingueli, mais celui-ci étant excentré les 2 degrés qu’affichait alors le thermomètre m’ont dissuadée de faire une longue marche pour le trouver. Qu’importe le centre-ville vaut déjà largement le détour et vous occupera une bonne partie de l’après-midi !

P1030430P1030444P1030443

P1030460

Les ruelles, les grandes places, les mignonnes maisons avec leurs fenêtres décorées et de minuscules jardins parfaitement aménagés encouragent à tout photographier. Après être montés à la cathédrale qui offre depuis sa terrasse une superbe vue sur le fleuve et sur la rive orientale avec la Forêt Noire en fond, nous sommes redescendus par un petit escalier jusqu’au fleuve là où se cache un bac : il s’agit d’une barque tirée par un fil qui traverse le Rhin. Cette traversée très étonnante dure quelques minutes et ne coûte pas si cher que ça, c’est encore le meilleur moyen pour parvenir sur l’autre rive où vous attend une balade plus qu’agréable. C’est par cette promenade que j’ai vu pour la première fois Bâle; après avoir errer en voiture dans la ville nouvelle, entre les grandes constructions contemporaines, nous étions arrivées soudainement sur les rives du fleuve avec la majestueuse rive occidentale qui se dressait sur son rocher, les façades s’empilant comme dans tetris avec au sommet la cathédrale. Comment ne pas être séduit ?

P1030476P1030474

P1030432

Outre les musées, Bâle est aussi connue pour son street art; pour l’apercevoir il suffit de s’éloigner un peu des sentiers touristiques, ce que je n’ai pas fait lors de cette deuxième visite, donc point de photo. Mais prenez garde à ne pas trop vous perdre, la ville monte, descend et est bien plus grande qu’elle ne semble, un vrai labyrinthe.

Enfin la grande célébrité de Bâle c’est son carnaval! La région du Rhin supérieur possède depuis longtemps cette tradition carnavalesque, et bien qu’elle se perde au nord du Rhin – même si vous pouvez encore profiter du carnaval de Sélestat encore vivace dans la région – elle demeure bien vivante à Bâle. Pendant trois jours la ville est traversée de cortèges et de musique avant de redevenir la très propre ville Suisse que l’on connaît. Qui a dit que les Suisses ne savaient pas s’amuser ? C’est un moyen de vivre un vrai carnaval sans se rendre à Rio ou La Nouvelle Orléans.

Pour toutes ces raisons je vous conseille chaleureusement un week-end à Bâle ! Seul petit bémol, nous sommes en Suisse et tout est bien plus cher qu’en France ou en Allemagne, il vaut donc mieux prévoir un petit budget.

L’Or du Rhin

  • Etape 2 : De Mayence à Sankt-Goarshausen

La partie difficile commence : il faut louer les vélos et remonter le Rhin pour les rendre dans deux jours à Coblence. Le Rhin est un trajet connu du cyclotourisme : une piste cyclable le longe intégralement, s’éloignant juste un peu au moment de passer la ville de Mayence. On passe par des jardins privatifs et par de grands champs de blés avant de rejoindre la rive à Bingen.

P1010838 P1010845

Faire du vélo dans les champs en plein après-midi et par 30 degrés ce n’est pas la meilleur des idées mais avec ce qu’il faut de fruits secs et d’eau on y survit ! Surtout quand un BeerGarten nous attend à Bingen : bière, frites et currywürst. On finit par s’habituer à ce régime germanique.

A Bingen commence la route du Rhin romantique, on y voit notre première ruine de château fort qu’on mitraille de photos comme si c’était le dernier. Deux jours plus tard on lèvera à peine les yeux pour les regarder.

P1010846

Nombreuses sont les légendes à propos du Rhin : trésor des Nibelungen, rocher de la Loreley, etc et nombreux sont les artistes inspirés par ce fleuve qui serpente entre des gorges parfois très étroites. Des châteaux ont été édifiés sur chaque éperon rocheux pour y protéger les voyageurs qui empruntaient le Rhin – et leur faire payer des péages – , et ils furent nombreux…

P1010852 P1010848

Gros coup de coeur pour la ville de Bacharach : surement parce que le soleil de la fin d’après-midi rendait les vignes plus vertes et la lumière plus belle. Adorable centre-ville avec de vieilles maisons surplombé par l’un des nombreux Burg (châteaux) du fleuve. Malheureusement notre timing ne nous a pas permis de flâner très longtemps dans les villes qui bordent le Rhin. Beaucoup trop de kilomètres à parcourir et trop peu de temps pour y arriver.

P1010856 P1010867

Nous avons finalement pris le train, le voie ferrée longeant elle aussi le Rhin sur sa rive gauche, pour parvenir jusqu’à Sankt-Goarshausen où se trouve le rocher de la Loreley et notre hébergement. A 22h nous arrivions enfin SUR ce fameux rocher où nous attendaient nos lits, après une longue montée sur une route sinueuse et quelques craquages physiques. Mais la vue sur la partie la plus encaissée du Rhin et aussi la plus légendaire fait oublier cette difficile fin de journée. Ce qu’il faut retenir ici c’est que le Rhin: c’est beau, c’est beau et c’est beau.

Un conseil : il faut faire cette partie en voiture OU laisser son vélo en bas pour monter à pied, un escalier à flanc de falaise mène au point de vue.

P1010874

  • Etape 3 : Sankt-Goarshausen-Coblence

Dernière étape, moins de kilomètres à parcourir cette fois, et nous prenons notre temps pour monter jusqu’au Burg de Sankt-Goar alors qu’il fait encore beau. Cette fois-ci nous avons vue sur Sankt-Goarshausen et le fameux rocher.

WP_20150712_007WP_20150712_004

Le soleil nous accompagne jusqu’à Boppard où nous nous arrêtons pour manger. Le temps se couvre et la pluie commence. La route du Rhin à vélo est sensée être facile, mais avec le vent qui remonte le Rhin et la pluie qui est de plus en plus forte ce n’est plus vraiment une rigolade. Pourtant on apprécie vraiment cette dernière partie du trajet, avec ce temps et cette lumière sombre le Rhin paraît plus légendaire. Un cycliste que nous avons déjà croisé la veille vient nous parler et nous félicite d’avoir choisi cette portion du Rhin pour faire du cyclotourisme, c’est la plus belle. Et lui qui vit aujourd’hui à Mayence aime passer des week-end à faire l’aller/retour avec Coblence.

P1010878 P1010880

WP_20150712_013

Nous passons une boucle, on trouve moins de vignes ici, le Rhin s’élargit, il ne va pas tarder à rejoindre la Moselle à Coblence. Quand nous y parvenons il pleut franchement, nous avons parcouru 30 kilomètres en 1h30, pressées par la météo, et nous somme contentes de voir qu’un téléphérique nous amène jusqu’à l’entrée de l’auberge située dans la forteresse qui surplombe la ville. Cette forteresse est l’une des plus grandes d’Europe, plus grandes que celles de Vauban, et fut en partie détruite par Napoléon puis reconstruite au cours du XIXe. D’ici on a une vue impressionnante sur la  ville de Coblence, pas vraiment jolie, mais assez grande comparée à toutes les villes qu’on a pu croiser.

WP_20150712_015

A vélo sur le Rhin. Etape 1: les environs de Mayence

WP_20150709_001Faire du vélo sur le Rhin fait partie des ces choses que j’ai mise dans ma liste des « Choses à faire dans ma vie » pour l’oublier instantanément puisque ce n’était tout de même pas ma priorité. Et – comme la danse irlandaise, comme l’apprentissage du suédois – ce sont justement ces choses-là que j’ai pu barrer de ma liste. En février dernier une amie a eu l’idée géniale de partir faire du cyclotourisme près de Strasbourg. Intéressant… Quand on fait du vélo, ce qui n’est pas DU TOUT mon cas. Mais cette amie ayant des capacités de persuasion et de motivation hors du commun j’ai embrayé en proposant de remonter le Rhin entre Mayence et Coblence. L’organisation a été chaotique – 7 filles venant d’un peu partout dans le monde qui se retrouvent à Mayence pour louer des vélos – mais les vacances valaient le coup. Et on a pu apprendre que 60km par jour c’était un peu trop pour nos petites cuisses.

P1010724 P1010734

Avant d’enfourcher nos vélos nous sommes restées quelques jours à Mayence histoire de se mettre en jambe. ET il y  a des choses à faire autour de Mayence (comme dans toute l’Allemagne)

  • Visite de Mayence : Ancienne ville romaine, Mayence a pris de l’importance durant le Saint-Empire-Romain-Germanique quand son archevêque est devenu l’un des princes-électeurs de l’Empire. Mais la ville est surtout connue pour être le lieu de naissance de Gutenberg, et de l’imprimerie. Il paraît que le musée de l’imprimerie est très bien… C’est évidemment la seule chose que nous n’avons pas vue.  Le centre-ville est petit mais très mignon, organisé sur plusieurs rues autour de la cathédrale et de sa grande place, il ressemble à celui de beaucoup de villes allemandes. Enfin, l’église Saint-Stéphane qui se situe dans la haute ville abrite des vitraux de Chagall.

P1010733 P1010735

  • Les vignes : Mayence est la capitale de la Rhénanie-Palatinat et au centre du plus grand vignoble d’Allemagne. Le gérant de notre auberge nous a prêté des vélos pour qu’on visite la région en pédalant. Cadre idyllique entre le Main et les Vignes, nous sommes allées jusqu’à la ville de Erbach avant de remonter vers les collines pour visiter l’Abbaye d’Erbach où a été filmé une partie du « Nom de la  Rose ». On n’y reconnait absolument rien mais rien que pour la descente à vélo jusqu’au Rhin je suis contente d’y être allée.

P1010759 P1010761

P1010782

P1010783 P1010793

  • Francfort : dernier jour vers Mayence, comme on a – déjà – mal aux fesses et qu’on n’a pas envie de refaire tout de suite du vélo on profite du réseau de chemins de fer allemand pour aller visiter Francfort qui ne se situe qu’à 1 heure de Mayence. Il faisait très très beau, et même pas trop chaud, ça a du contribuer au fait que j’ai bien aimé Francfort. Juste derrière le mini centre-ville historique se dressent les tours – architecturalement pas vraiment réussies – de la bourse allemande. Les berges du Main sont aménagées et comme partout en Allemagne les gens se déplacent à Vélo, ce qui donne une atmosphère de vie bien plus agréable.

P1010826P1010801 P1010804

  • A voir surtout à Francfort : les musées. Il y en a plusieurs, on s’est contentées du Städel Museum. Prix élevé mais collection immense allant de la 1ère Renaissance Italienne à l’art contemporain qui occupe tout le sous-sol.

WP_20150710_008