Sur la péninsule de l’Argolide

Après ces quelques jours paradisiaques nous voici de retour sur les routes. On a mit du temps à établir notre trajet et on sait que cette journée sera LA journée chiante. Aujourd’hui on en a pour plus de 7h de route, une route qu’on a déjà fait en grande partie puisque nous devons repasser par Athènes pour nous aventurer – enfin – dans le Péloponnèse via le Canal de Corinthe.  Après moult tergiversations c’est décidé on va directement jusqu’à l’extrême pointe de l’Argolide, la partie la plus à l’Est du Péloponnèse.

L’article de Jéromine m’a donné très envie d’aller voir à quoi ressemblait le petit port d’Ermioni et je veux absolument passer au moins une journée sur une île grecque : Hydra sera la destination idéale. On en parle comme de la parle des îles grecques et je suis assez curieuse de voir à quoi ressemble cette ile depuis mon premier séjour en Grèce. Nous avions rencontré dans notre auberge un couple de vieux français très amoureux qui avaient passé quelques jours en camping sauvage là-bas. Je n’en avais jamais entendu parler. Sa proximité avec la terre ferme en rend la visite presque incontournable.

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Les autoroutes grecques sont très agréables, le terre-plein central est coloré de belles fleurs roses rouges, ma mère m’en avait parlé, elles existaient déjà lors de son propre séjour il y a quarante ans. Nous repassons non loin de la ville toujours aussi peu attirante de Lamia, on y voit la route que nous avions empruntée et qui remonte vers les montagnes de Delphes. Un panneau nous indique que tout prêt se trouve le défilé des Thermopyles. Cette célèbre bataille des spartiates, je doute qu’il soit très intéressant de faire un détour par cet endroit pourtant mythique, nous poursuivons le chemin longeant à nouveau la mer.

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ENFIN nous sommes dans le Péloponnèse. Passé les industries du golfe la mer devient à nouveau bleu turquoise, les petites stations balnéaires défilent, la vue est sublime et je ne regrette pas d’avoir pris cette route. Dernier changement de paysage nous passons dans les terres pour aller vers Ermioni. Ici la conduite est bien moins sympa, les grecs font n’importe quoi et nous manquons plus accidents de peu. Les montagnes sont désertiques, c’était ce que je m’attendais à voir ici, on se croirait presque aux Etats-Unis. C’est beau mais fatiguant. On n’en peut plus de cette route qui tournicote sans trop savoir quand elle va s’arrêter. Ermioni semble inatteignable quand enfin le gps nous fait tourner sur un chemin de terre : l’auberge et sa piscine dont on rêve depuis quelques heures maintenant !

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L’Argolide côté mer : Ermioni et le golfe saronique

Ce soir on va faire ce qui pour moment représente les vraies vacances : se balader avec une glace sur le petit port d’Ermioni. Je peux enfin mettre mes beaux vêtements et mes espadrilles pour déambuler nonchalamment en admirant les voiliers. Le pied. Malheureusement on a raté la golden hour pour de belles photos du coucher du soleil. On a préféré profiter de la piscine. Mais la douce odeur de l’air iodé sous la lumière de la lune me fait oublier très vite ce petit désagrément.

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Il y a deux ports à Ermioni, mais nous n’en verrons qu’un. La ville est située au bout du bout de la péninsule, avant une petite forêt de pinèdes, la route longe la mer et de nuit j’ai un peu peur de finir dedans. C’est calme et suffisamment frais pour que je remette un pull.

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Depuis Ermioni on peut se rendre sur l’île d’Hydra, et c’est bien pour ça qu’on est là. Un bateau nous emmène dès 9h sur une mer d’huile pour atteindre l’unique ville d’Hydra avec ses allures de port vénitien. J’étais surprise par le mélange d’Hydra. Au premier abord elle m’a fait penser aux villes du Monténégro avec son grand clocher qui se dégage sur le port.

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A l’époque moderne l’île a été occupée à plusieurs reprises par les Vénitiens puis par les Ottomans tout comme les côtés de la Croatie et du Monténégro. C’est à cette période que l’île devient plus importante et se peuple d’armateurs, devenant une grande puissance navale. On a du mal à y croire aujourd’hui, ces navires furent pourtant primordiaux dans la guerre d’indépendance de la Grèce au XIXe siècle – contre les navires ottomans.

 

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Mais en remontant par les ruelles, ou plutôt en se perdant dans les ruelles, l’ile grecque reprend tous ses droits. De la chaux blanche, des volets colorés, en bleu en particulier et ces fleurs roses que l’on trouve partout en Grèce.

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Comme prévu l’île est désertique. Mais comme la voiture est interdite il ne me serait pas venue à l’idée d’aller me balader dans les montagnes alentours. J’essaie de monter jusqu’au point le plus haut du village et c’est dejà assez compliqué. Pour se reposer de cet effort quoi d’autre qu’une petite baignade ? Il existe plusieurs spots pour se baigner : certaines plages ne sont accessibles que par bateau – très cher – mais si vous longer la corniche vous découvrirez des petites criques suffisamment jolies et vides pour avoir envie de s’y baigner.

hydra11hydra10Bien entendu point de sable blanc ici, il s’agit plutôt d’avancées en bétons sur lesquels poser sa serviette ou de rochers, mais qu’importe. L’eau est transparente, on zieute les yacht qui stationnent non loin du port. C’est familial et si agréable de se rafraichir sous cette chaleur.

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Je pense qu’une demi-journée ou une journée suffisent pour visiter Hydra, s’y perdre, y manger et écrire ses cartes avec un bon coca sur le port de plaisance. Il est peut etre exagéré de parler d’Hydra comme de la perle des iles grecques mais elle est un très bon avant goût des Cyclades, c’est certain !

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L’Argolide côté montagne: le théâtre antique d’Epidaure

On reprend les routes en lacet le soir même pour se rendre à Epidaure. Perdu dans ce désert, au milieu de ces montagnes arides le théâtre se trouve dans une petite oasis de verdure à côté du sanctuaire d’Asclepios, le dieu de la médecine. La fatigue en moins ce trajet est bien plus agréable – surtout il ne dure qu’une trentaine de minutes. Je peux enfin apprécier à sa juste valeur ce paysage étonnant, celui que j’étais venue chercher ici.

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Comme d’autres sites grecs Epidaure se cache aux yeux des gens. On ne le distingue pas avant de se trouver devant. Mais pour nous réserver le meilleur pour la fin nous commençons par visiter le sanctuaire qui n’est autre que le premier hopital de l’antiquité. Malheureusement le site, pourtant très étendu, est assez vide : des ruines en veux tu en voila mais il est très difficile de se representer ce que pouvait être cet immense site. Certaines parties sont en rénovations, certaines colonnes se tiennent mieux que d’autres, et surtout les montagnes autour lui donne un aspect singulier.

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Le musée est interessant et les indications, si vous avez un guide, valent le coup : les cultes rendus à Asclepios et les façon de guerir des maladies étaient pour le moins étranges et païens. Ils se sont d’ailleurs poursuivis jusqu’à tard dans l’antiquité, bien après la fin des cultes païens. Par exemple certains malade devaient dormir toute une nuit dans une peau de serpent – la personnification du dieu – et dans leurs rêves le dieu leur livrait le traitement à suivre pour guérir. Weird. Cette histoire des débuts de la médecine est passionnante et ce serait dommage de passer à coté.

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Le théâtre est quant à lui majestueux. L’un des plus grands de l’antiquité et toujours parfaitement en place. Mais je pense qu’il est encore plus impressionnant lorsqu’on y voit une représentation ou un concert. Le lieu est sublime, l’acoustique parfaite. Mais en cette fin de journée on a eu du mal à se dire autre chose que « oh oui c’est beau, bon aller on se casse. », sans doute épuisés par la visite du sanctuaire sous le soleil.

L’avantage d’Epidaure c’est qu’il se situe en plein cœur de l’Argolide, pas prêt d’Athènes, ni de Nauplie, mais pas très loin non plus. La encore le site est ouvert jusqu’à 20h en horaires d’été, aucune excuse pour ne pas s’y rendre de bon matin, ou tard le soir ce qui reste à mon avis la meilleure solution, les cars de touristes étant rentrés à Athènes !

Il ne nous reste que quelques kilomètres pour notre dernière étape : Nauplie. S’en est fini des montagnes arides, nous retrouvons la mer et la civilisation !

 

Surprises et merveilles de Thessalie

Troisième jour en Grèce. Après avoir visité le musée de Delphes de bon matin il est temps de reprendre la voiture en direction d’un autre incontournable classé à l’Unesco : les monastères des Météores. Pour les atteindre il nous faut redescendre les montagnes de Phocide et traverser l’immense plaine de Thessalie.

J’angoisse à mort en comptant le nombre de petits autels construits en hommage aux morts de la route en redescendant vers la plaine des oliviers. Il y en a un à chaque virage, parfois même au milieu des lignes droites, ça a quelque chose d’effrayant et de déstabilisant, je suis contente de ne pas être au volant. On franchit plusieurs cols, les montagnes sont aussi superbes de loin que de près. La flore varie très vite, on passe des oliviers aux conifères, et la température se modifie avec.

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Vue sur la plaine de Thessalie et Kalampaka depuis le Monastère du Grand Météore

A partir de Lamia on à le choix : autoroute ou nationale ? Mon copain est inflexible : même si ça prend 1h de plus il préfère passer par la nationale. Je veux bien mais avec les bêtises que nous fait faire le GPS ça veut dire qu’on ne peut compter que sur moi et la carte que j’ai entre les mains. Le vrai Road-trip commence : Kardista, Trikala, Kalampaka. Les noms se suivent comme une jolie comptine qu’on ne connaîtrait pas.

La route n’est pas aussi belle qu’on pensait, mais surprenante. La plaine de Thessalie est écrasée par le soleil, toute droite, sans aucun relief à l’horizon hormis les montagnes que nous avons laissées derrière nous. Sur la route on croise surtout des pick-up, et des stations-services sont postées un peu partout. Peu de vraies villes, mais quelques bidonvilles. Sensée être le grenier à blé de la Grèce, on y a développé l’industrie agro-alimentaire en mettant fin à une agriculture de proximité, cette région a donc été particulièrement touchée par la crise financière de 2010. De grosses usines sont abandonnées un peu partout, et on croise de nombreux paysans avec faux qui s’occupent des champs de façon manuelle. Tout ici m’évoque «Les raisins de la colère  de Steinbeck. Je suis assez soulagée quand j’aperçois au loin ces étranges rochers qui viennent de nulle part : les Météores.

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Les Météores au coucher du soleil.

Les météores

Ce n’est pas dans la ville de Kalampaka qu’on va dormir mais dans une petite auberge sur la route qui conduit aux monastères ; Il est 18h, on a juste le temps de se doucher avant d’aller observer le coucher du soleil sur ce phénomène géologique.

Spoiler : c’était une super idée, il n’y a presque personne, même si on devra attendre le lendemain pour visiter les monastères, c’est finalement la vue qui vaut le plus le coup. Et avec le calme et la température qui baisse c’est probablement le meilleur moment pour en profiter.

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Monastère d’Agios Nikolaos Anapavgas

 

Les Météores sont une merveille géologique autant qu’architecturale : les roches proviennent de sédiments déposés par un fleuve aujourd’hui déplacé ou disparu ce qui explique leur ressemblance – en bien plus grand – avec les rochers qu’on trouve à Fontainebleau hérités de la mer. Sur ces magnifiques roches jaillissant de nulle part les moines on construit des monastères inaccessibles.

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Monastère de Varlaam

Les premiers moines ont d’abord vécu comme ermites dans des grottes, formées naturellement dans les rochers,  avant de se fonder en communauté au XIVe siècle et de construire en hauteur des monastères pour échapper aux turcs. A l’époque les moines y accédaient grâce à des échelles – ce qui donne le vertige quand on voit a quelle hauteur se trouvent les monastères – puis des chemins et des marches ont été aménagés et aujourd’hui il est possible d’y venir en voiture.

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Monastère du Grand Météore

Sur les conseils de Jéromine nous n’avons visiter qu’un seul monastère : celui du Grand Météore, le plus ancien. Intéressant, j’ai notamment beaucoup aimé la salle réservée au Folklore et aux costumes du XIXe, ou encore le petit musée avec des manuscrits du XIe, on n’était malheureusement pas seuls pour cette visite. Mais on a pu voir un moine redescendre sur la terre ferme avec un minuscule téléphérique pour une personne pour ne pas se mêler à la foule des touristes.

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Si on n’avait pas entendu les gens nous dire qu’il fallait se rendre aux météores tant c’était incroyable on aurait probablement zappé cette étape du voyage. Kalampaka est loin de tout et les images des Météores nous donnaient bof envie. Mais les photos ne rendent pas du tout justice à ce paysage incroyable, et c’est tant mieux. On est forcément surpris et enchanté de tout découvrir par soi-même.

 

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Farniente dans la Péninsule du Pélion.

Nous voici repartis sur les routes de Thessalie. Trikala, Larissa, Volos.

Cette partie Est de la Thessalie me parait moins pauvre. A notre gauche on voit s’élever au loin quelques reliefs, derrières on sait que se trouve le mont Olympe, la plus haute montagne de Grèce. A l’approche de Larissa ce sont à nouveau des machines qui s’occupent des champs, ces derniers sont d’ailleurs bien mieux arrosés, les sillons ne sont plus tracés à la main. La route est mieux entretenue et les pick-up ont disparus. Nous arrivons enfin à Volos, dans le même de Magnésie. J’ai la carte sous les yeux je sais donc à peu près à quoi va ressembler la route mais je préfère laisser la surprise au conducteur.

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Vue sur Volos en redescendant le Pélion

Arrivés à Volos nous atteignons vite le port et bifurquons en direction de la mer qu’on va longer pendant quelques kilomètres, passant à travers de petits villes balnéaires. La voiture est si proche de l’eau qu’au moindre écart on glisse dans la mer, mais je sens que le conducteur est ravi. Après ces kilomètres de champs c’est tellement agréable de sentir et de voir cette étendue bleue. Il y a une odeur de vacances, un air de légèreté et…on rate l’embranchement où on doit changer de route et pénétrer dans la Péninsule du Pélion.

La route est très fatigante car nous le Pélion n’est autre qu’une grosse montagne boisée qui plonge dans la mer. Les villages se succèdent, les routes sont étroites et parfois très pentues, il nous faudra plus d’une heure pour atteindre la destination finale : Tsangarada au centre est du Pélion. Mais nous posons nos valises pour deux jours ENFIN.

 

Qu’est-ce qu’il y a à faire dans cette péninsule éloignée de tout ?

Réponse : point de grand site archéologiques ou de superbes musées mais des plages et des criques superbes, des randonnées sur d’anciens chemins muletiers, des balades dans de vieux villages restaurés, et le tout sous cet écrin de verdure qui recouvre tout le Pélion.

Tsangarada a l’avantage d’être assez central : on a pu se rendre dans deux plages différentes, dont une qui a été utilisée pour le film  Mamma Mia , vous devriez reconnaître. Ces criques étaient paradisiaques, pour la couleur de l’eau, leur location pas toujours très accessible, et le fait qu’il n’y avait presque personne.

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Village de Damouchari – lieu du tournage de mamma mia

Ici tout est calme, il s’agit plutôt d’un tourisme familial et les maisons sont cachées par l’épaisseur de la forêt, ce qui n’empêche d’avoir une superbe vue sur la mer et au loin les îles des Sporades – je vous invite à lire l’article de Jéromine sur l’île de Skiathos à ce propos. On a donc surtout croisé des Grecs, des Bulgares et des Roumains, et la plupart du temps des habitués qui ne venaient pas ici pour la première fois.

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Fakistra – magnifique crique du Pélion.

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Cette étape à été notre gros coup de cœur de ce voyage. Boire une bière grecque sous les platanes en contemplant la mer après un petit plongeon dans l’eau turquoise. Le Pélion c’est vraiment le paradis estival.

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10 minutes de descente jusqu’à Fakistra. L’arrivée en voiture est déjà assez flippante.
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Vieux village de Tsangarada avec l’un de plus vieux platanes de Grèce.

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Avec le recul je pense que 2 jours ne sont pas suffisants pour profiter de la farniente ici, notamment parce que les villages du Pélion sont tous différents. En repartant en voiture, nous sommes montés tout en haut du Mont, là où les températures avoisinent les 20 degrés en été, puis redescendus vers les villages surplombant Volos. Alors qu’à l’Est la pierre était partout, ici les maisons on été repeintes et ressemblent presque aux villages bulgares – ce qui rappelle que la Bulgarie n’est pas si loin. C’est très joli, et je conseillerai de passer une nuit dans ces coins-là.

Enfin Volos n’est pas dénuée de charme : des cafés au bord du port, quelques plages, du street art. Cette ville m’a beaucoup évoqué Varna en Bulgarie que j’avais adoré. Je pense que ca peut être une excellente étape avant de se lancer à l’assaut de l’Olympe plus au nord.

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Vieux pont de Tsangarada.

 Pratique:

  • Logement à Tsangarada: Olga Studio, Tsangarada – Olga est adorable, les studios appartements sont idéals pour deux et pas chers, la terrasse avec vue sur la mer est géniale. Et on peut y faire sa lessive.
  • Météores-Tsangarada: comptez 3h30 voire plus, selon votre aisance dans les routes de montagne.

Interview d’expat – Jéromine en Grèce

Je reviens tout juste de près de deux semaines en Grèce où je suis allée voir ma super copine Jéromine que vous connaissez peut-être pour être l’auteure du blog l’archivoyageuse. Elle s’est installée à Athènes il y a un an, j’ai un peu tardé à aller la voir mais mieux vaut tard que jamais et cinq ans après nous étions à nouveau réunies dans la capitale grecque qu’on avait découverte ensemble. C’était l’occasion idéale pour la soumettre à l’interview d’expat, d’autant plus intéressant que ce n’est pas LA destination phare  pour s’expatrier. Alors c’est comment la vie en Grèce?

Salut Jéromine, qu’est-ce que tu es donc venue faire en Grèce?

Je suis à Athènes pour effectuer un Volontariat International en Administration, en tant qu’archiviste à la photothèque de l’École française d’Athènes, poste auquel j’ai postulé après que tu m’aies envoyé l’offre d’emploi. Je suis arrivée en septembre dernier, avec un contrat d’un an.

Et où est-ce que tu vis?

J’habite dans le quartier de Neapoli, au nord-est du centre historique d’Athènes. J’ai choisi cette zone pour la proximité avec mon lieu de travail, qui n’est qu’à une vingtaine de minutes à pied. Après dix mois je peux dire que j’aime beaucoup l’endroit où je vis, les touristes y sont peu présents, aussi je vis entourée de Grecs qui mènent une vie “normale”, et non de boutiques de souvenirs ou de restaurants attrape-touristes comme on peut en trouver à Monastiraki. Le centre et ses attractions restent quand même à proximité, me permettant de profiter pleinement de la ville.

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Monastiraki au centre d’Athènes

Il y a des différences importantes avec la France?

La plus grosse différence avec la France est au niveau des prix. Par exemple, alors qu’à Paris je payais 700 euros pour un 30m², ici je ne paye que 450 euros par mois pour un 85m² avec un grand balcon. Aller au restaurant, boire un coca en terrasse ou faire ses courses au marché revient également bien moins cher. Évidemment les salaires aussi sont  inférieurs aux nôtres, le SMIC se situant aux environs de 500 euros par mois.

Autre différence, le rythme horaire : les Grecs commencent leur journée de travail tôt, certains services tels que la poste ou la compagnie d’électricité sont ouverts dès 7h30, et finissent tôt également. Je travaille de 8h à 15h30 tous les jours. Ils déjeunent après le travail, aux alentours de 15h-16h, pour ensuite ne dîner que vers 21h-22h. Enfin, il faut quand même le souligner, les Grecs sont bien plus portés sur la discussion avec un inconnu que les Parisiens. Au marché, dans le taxi, au restaurant, on vous demandera d’où vous venez, ce que vous faites ici, si vous vous plaisez à Athènes, ce qui rend le quotidien assez agréable, notamment en arrivant dans un pays où l’on ne connait personne.

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Egine – Ile du golfe saronique à seulement une heure d’Athènes

 

Ca a été difficile de s’installer et de s’adapter?

Je n’ai pas eu de difficultés particulières en arrivant puisque j’ai la chance d’avoir trouvé un appartement avant de quitter la France, et que je travaille entourée de Français et de Grecs qui m’ont aidée dans mes démarches administratives.

J’ai eu du mal à me faire à la température de mon appartement pendant l’hiver. En effet, dans la plupart des immeubles athéniens le chauffage est collectif, et ne fonctionne que quelques heures par jour. Comme il ne fonctionnait pas chez moi, j’avais des radiateurs électriques qui étaient à la fois insuffisants à chauffer l’ensemble de mon appartement, et également un puits à argent, puisque l’électricité coûte très cher ici. De plus les appartements sont très mal isolés, et c’est un sujet de discussion assez récurrent, de savoir si l’on arrive à se chauffer assez chez soi.

Enfin, j’avoue être encore très agréablement surprise chaque samedi lorsque je me rends au marché et qu’avec moins de 10 euros je remplis mes sacs d’œufs, pommes de terre, carottes, pommes, tomates et autres légumes.

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Il y a des choses qui te manquent de la France?

J’en suis la première surprise mais à part les gens, la France ne me manque pas, que ce soit au niveau des courses au supermarché ou des sorties, qui sont à peu près les mêmes. En y réfléchissant je pourrais dire certains gâteaux et sucreries pour lesquels les rayons sont bien plus petits ici, avec beaucoup moins de choix, ou alors le fait d’aller danser en boîte, car si les Grecs sortent beaucoup, ils ne vont pas beaucoup danser

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

La principale habitude que j’ai prise ici est de marcher beaucoup plus qu’à Paris. En effet, même si le métro existe, il n’a que quatre lignes, et les stations sont très espacées les unes de autres. Les bus ne passent pas toujours même lorsqu’ils sont indiqués, et j’en ai déjà attendu un plus de trente minutes avant de renoncer. Aussi je me déplace la plupart du temps à pied.

 

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Chypre – vivre à Athènes c’est aussi l’occasion de faire des weekend là où on aurait jamais pensé aller.

Quelles découvertes as-tu faites ? Quels voyages sont prévus ?

J’étais déjà venue à Athènes il y a cinq ans pour visiter, mais je me suis rendue compte en y habitant à quel point la ville ne se résume pas à son centre historique avec le quartier de Plaka et l’Acropole. En effet, il suffit de marcher une vingtaine de minutes pour être dans le quartier anarchiste d’Exarcheia, avec ses librairies, son street-art présent partout et ses petites terrasses. Ma découverte principale est que même si Athènes est principalement connue pour ses sites archéologiques, elle a bien plus à offrir et qu’il ne faut pas hésiter à se balader au hasard.

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Le quartier anarchiste d’Exarcheia et ses nombreux tags

Je profite de mon temps ici pour voir le plus que je peux du pays, je suis allée visiter le site archéologique de Delphes, les Météores, des monastères orthodoxes perchés sur des blocs rocheux presque aussi lisses que des galets, les îles d’Égine, Hydra et Skiathos, et surtout je me suis bien baladée dans le Péloponnèse, avec plusieurs séjours et excursions, à Mycènes, Mystras, Nauplie, Méthoni, Ermioni, Monemvasia. J’ai aussi profité des vols pas chers pour aller passer un week-end à Chypre, cette île-état coupée en deux, avec une partie aux influences turques et une partie aux influences grecques.

Je ne sais pas si je vais visiter d’autres endroits de Grèce pendant les deux derniers mois qui me restent, mais j’espère profiter encore un maximum de la ville d’Athènes, en visitant les musées que je n’ai pas encore vus, et en allant à l’Acropole.

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Ile d’Hydra – la perle de la mer Egée dans l’archipel des îles Saroniques

 

Qu’est ce que tu conseillerais de faire à Athènes ou en Grèce ? Que préfères-tu de la Grèce ?

Une des choses que je conseille vraiment de faire à Athènes est de se rendre au sommet de la colline du Lycabette pour y voir le coucher du soleil (par temps découvert bien sûr). La montée nécessite une demi-heure de marche, et une fois au sommet on a une vue à 360° sur la ville, on voit l’Acropole, la mer et même Égine, tandis que le soleil se couche sur les montagnes. C’est un très beau spectacle, qui a en plus l’avantage d’être gratuit.

Coucher de soleil sur le #montlycabette #sunset #lycabettus #athens #greece #visitgreece

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Je recommande sinon vraiment d’aller voir les Météores, je n’avais jamais vu d’endroit qui y ressemble ailleurs. Dernièrement j’ai passé un week-end sur l’île de Skiathos, qu’on m’avait décrite comme une deuxième Mykonos, et en fait j’ai été agréablement surprise, je l’ai préférée dix fois à Mykonos !

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Le Mont Lycabette – incontournable pour voir le plus beau coucher de soleil d’Athènes.

 

Est-ce difficile de vivre dans un pays “en crise” ?

J’ai la chance de vivre en Grèce tout en étant payée par la France, ce qui me permet d’avoir un niveau de vie supérieur aux locaux, aussi je ne ressens pas personnellement la crise. Je constate cependant les effets de la crise en voyant les rideaux de fer de certaines boutiques en permanence fermés, ainsi que les immeubles dont la construction n’a pas été achevée et qui semblent être laissés à l’abandon.

De plus, les Grecs ayant des difficultés à payer leurs factures, la compagnie d’électricité offre une compensation financière à ceux qui payent à temps, ce qui n’arriverait jamais en France. Cependant, et c’est une Grecque qui me l’a dit, en dépit de cette situation qui s’éternise, les Grecs continuent de faire la fête, de se retrouver au restaurant ou pour boire un verre, et l’ambiance générale est assez festive, ce qui est très agréable au quotidien.

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Les gorges du Bardon sur la route entre Argos et le sud du Péloponnèse. Quand on visite la Grèce les routes valent souvent autant le voyage que la destination finale.

Une spécialité culinaire ou culturelle que tu adores?

Sans hésiter le souvlaki, sandwich constitué de viande grillée, avec tomates, oignons et tzatziki enveloppés dans un pain pita. Je vais très souvent en manger, dans le même petit restaurant près du métro Syngrou-Fix, et je prends la version avec une brochette de poulet. Pour seulement 2,40 euros on a un très bon sandwich, et moi qui n’aimais pas les sandwichs grecs en France, ici j’en suis fan.

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Manger à Athènes : entre le Tzatsiki et les souvlakis il y a de quoi se faire plaisir pour pas cher.

Et c’est facile de rencontrer des gens?

J’ai choisi d’utiliser le réseau Couchsurfing pour rencontrer des gens en dehors du travail. Plusieurs évènements sont organisés, des soirées dans un bar, des rassemblements pour faire connaissance ou encore des randonnées et excursions à la journée.

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Les Météores en Thessalie

De quoi parle ton blog ?

J’ai créé mon blog il y a trois ans, à l’occasion d’un voyage de quatre mois en Asie du Sud-est, et j’ai continué de l’alimenter avec mes récits de voyage et mes vidéos. Depuis septembre dernier j’y parle aussi de ma vie quotidienne à Athènes, de ce qu’il y a à voir et à faire, de la vie d’expat’. Et sinon j’ai commencé une série d’interview des voyageurs que j’héberge via le Couchsurfing, pour mettre en avant ce système alternatif de voyage, et montrer la diversité des jeunes qui voyagent, pourquoi ils le font, ce qu’ils attendent de l’Europe, de la Grèce.

Et après Athènes ?

Je quitte Athènes fin août, et j’ai pour projet de partir en PVT en Amérique latine en janvier 2018.

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Monemvasia