Interview d’expat – Caroline chez les Pictes

Je suis très heureuse de vous présenter mon deuxième épisode des “interview d’expats”! J’ai un peu traîné, moi qui pensais en publier un par mois MAIS je me rattraperai très vite. Promis. Aujourd’hui c’est ma très bonne copine Caroline qui s’est prêtée au jeu de l’interview.

Quand j’ai rencontré Caro elle me parlait déjà d’Ecosse, il faut dire qu’elle avait vécu un an déjà au Pays de Galles donc les paysages pluvieux et très verts avec des châteaux ça la connaissait. Puis elle a réussi à partir et en quelques semaines elle était tout à fait installée. Alors presque trois ans après: qu’est ce que c’est d’être expat en Ecosse?

Salut Caro, qu’est ce que tu fais en Ecosse ? 

Je suis en Ecosse depuis Aout 2014, d’abord à Glasgow pour mes études et après à Edimbourg depuis Aout 2015, pour le travail.

Où vis-tu ?

Dans la capitale écossaise Edimbourg. Cela a été un rêve de plusieurs années de venir vivre en Ecosse et spécialement à Edimbourg. Beaucoup de personnes (Français et Ecossais) me demandent « pourquoi l’Ecosse ? », et c’est toujours difficile de faire comprendre que l’ambiance du pays et le mode de vie ici me correspondent plus qu’à Paris.

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Edimbourg et sa pierre noire
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Glasgow – Université “Harry Potter”. Une ville jeune, une ambiance de fête et une culture alternative.

Quelles différences notables avec la France ?

Une fois passée la barrière de la langue (surtout des accents !), on se rend compte qu’il n’y  a pas tellement de différences dans la vie quotidienne. Les soucis et les envies ne sont pas si différents que ceux des Français – Français et Ecossais ont tous les mêmes sujets de conversation autour de la table au repas de Noel par exemple

Pour une différence plus marquante peut-être : le système scolaire. De la primaire à l’université, les Ecossais ont essayé de se concentrer sur l’inclusion : les classes sont très mixtes (niveaux de vie, capacités..) et la différence de l’autre est –en surface- acceptée.

Sinon, s’il y a quelque de chose de bien britannique,  c’est le « politiquement correct ». Les Ecossais (sobres) ont une telle maîtrise d’eux-mêmes : pas de disputes dans les files d’attentes, pas de bousculades dans les transports en commun, pas un mot plus haut que l’autre, excuse me sir, please, may I help ?  (Par contre, à la nuit tombée, à la sortie du pub et l’alcool aidant, certains deviennent WILD.)

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Oban – le port de départ pour les Hébrides
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Eilean Donan Castle – Le plus célèbre des châteaux creepy d’Ecosse

As-tu rencontré des difficultés lors de ton arrivée/ton installation ?

Pas spécialement de difficultés liées à l’Ecosse: pour l’instant, pas besoin de visa ou même de permis de travail. Mais on rencontre les difficultés de base que les expats connaissent tous : ouvrir un compte en banque, trouver un logement…

Ah si, il y a eu une difficulté spécial « Edimbourg » : trouver un logement au mois d’août. A cause du festival, les loyers flambent juste pour le mois et une grande partie des appartements est louée à des touristes venus pour le festival (ne parlons pas des hôtels et auberges de jeunesse).

Si vous cherchez un appart à Edimbourg, essayez plutôt en mai-juin ou il faudra casser la tirelire.

Y a-t-il des choses qui te manquent de la France ?

Une bonne boulangerie.

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Edimbourg – Princes street la rue principale de New Town
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Edimbourg – Victoria street entre New Town et Old Town

Quelles habitudes as-tu prises ici ?

Je suis en général plus zen en Ecosse – dans les transports, sur la route… dès que j’arrive à Paris, j’ai la tension qui monte d’un coup !

Qu’as-tu visité dans le pays/la région

J’ai vu Edimbourg en long en large en travers, et je suis sûre qu’il y a encore beaucoup à voir ! Mais mon souvenir préféré c’est la fois où j’ai loué une voiture pour monter dans les Highlands, les lochs, les montagnes (que les Ecossais appellent « Ben »), les vues à couper le souffle.

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Les Pentlands – Des minis montagnes à quelques minutes d’Edimbourg, de quoi randonner le dimanche en pleine nature
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A chaque saison l’Ecosse prend des couleurs différentes et un nouveau paysage s’offre à vous
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Pas très loin de Glasgow se trouve Glencoe et les three sisters – un incontournable de l’Ecosse.

Quels prochains voyages/découvertes sont prévus ?

Pour les prochains voyages en terre écossaise, j’aimerais beaucoup aller dans les Shetlands pour le festival viking Up Helly Aa, (dernière semaine de janvier) peut-être l’année prochaine ? Mais mon prochain voyage est un peu plus « exotique », je pars au Brésil : Rio, les chutes d’Iguaçu ..

Ce que tu conseillerais de faire/voir absolument en Ecosse et à Edimbourg ?

3 jours à Edimbourg – les visites guidées de nuits dans les ruelles sombres de la ville sont un must + une nuit à Glasgow pour faire l’expérience des bars et des concerts, et une semaine minimum en voiture dans les Highlands pour en prendre plein des mirettes. Les plus courageux peuvent planter leur tente et camper. Je conseillerais de visiter une île, Skye ou la plus petite et belle Arran. C’est très beau et on prend un bon bol d’air pur.

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Vacances  en automne pour découvrir l’île d’Arran trop méconnue

Des endroits où sortir ?

Faire la fête ? Glasgow ! des bars très sympas à tous les coins de rue, dans le West end surtout. A ne pas rater : participer à un ceillidh. Danses écossaises, et whisky pour vous réchauffer.

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Pub dans le West End à Glasgow.  Ici le pub est une institution!

Quelle est la super découverte de ton nouveau pays qui n’existe pas ailleurs ?

La culture du pub, aller dans un bar, se rechauffer, voir ses amis, boire un verre.

Est-il facile de rencontrer des gens ?

Super facile, surtout avec l’accent français . Allez dans un pub, même le plus reculé et vous vous retrouverez toujours à discuter avec un local. Mes amis écossais, je les ai rencontrés sur le pas de ma porte (histoire vraie) car c’étaient les voisins !

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Arthur’s seat – le sommet d’Edimbourg, une ascension pas si facile sur une falaise sauvage qui donne une vue sur tout Edimbourg… et sur la mer du Nord.
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Edimbourg et les Paintlands au loin – Vue depuis le Museum of Scotland

Et une autre expatriation ?

Je pense repartir à un moment mais j’espère que l’Ecosse restera mon point de chute final.

Ressent-on une identité écossaise très forte ? Est-ce qu’on parle beaucoup du Brexit ?

Oui, venez à Edimbourg pendant les 6 nations pour voir ! Dans les mois qui ont suivi le Brexit, oui. Certains Ecossais sont même venus me voir pour s’excuser du vote de certains de leurs compatriotes (quand on parle de politesse..). Les choses sont un peu retombées depuis septembre, on est un peu dans le noir et l’incertitude.

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Alors il pleut tout le temps en Ecosse?

Cimetières en Ecosse

Ceci n’est pas un article d’halloween, et pourtant il le mériterait. Ce n’est pas la première fois que je fais un article sur un cimetière, c’est un des endroits que je préfère visiter quand je découvre une ville ou un pays. Ctte “passion” me date de la découverte des cimetières anglais il y a une dizaine d’années, et aujourd’hui encore les cimetières à la british restent mes préférés, parce que tout y est fait pour rendre la promenade agréable, quoiqu’un peu creepy, c’est une ambiance particulière qui  donne le sentiment d’être dans un roman gothique.

J’ai visité trois cimetières lors de mes dernières vacances en Ecosse : Edimbourg, Glasgow et dans un petit village du loch Lomond, Luss.

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Le cimetière d’Edimbourg est situé dans le bas Edimbourg, c’est-à-dire bien sous le château, et juste à côté du café où J.K.Rowling a écrit Harry Potter, de là à dire qu’il a inspiré quelques scènes –je pense notamment à la fin du tome 4 –  ou quelques personnages du roman, il n’y a qu’un pas. On reconnaît d’ailleurs sur certaines pierres tombales des noms pas inconnus… L’emplacement du cimetière est assez magique, avec une superbe vue sur le château, j’y suis allée un jour de bon vent, avec le feuilles d’automnes qui se déposaient doucement sur les tombes, une ambiance très gloomy. Une halte pour les fans d’Harry Potter.

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DSC_5681Le second cimetière se trouvait au bord du plus grand lac d’Ecosse, le Loch Lomond. Construit autour d’une petite église surplombant le loch d’un côté et une rivière de l’autre, j’ai eu la chance de le découvrir sous une jolie lumière de matinée d’automne, qui donnait une teinte colorée au cimetière. Cette fois-ci je me serais plutôt crue dans Sleepy Hollow, surement à cause de la petite taille du village, heureusement qu’on était en plein jour et avec un beau soleil, ça ne m’aurait pas étonnée de voir un cavalier sans tête sortir d’une tombe.

DSC_5896 DSC_5898Enfin, j’ai visité en janvier le cimetière de Glasgow, celui qui se tient face à la cathédrale, relié à cette dernière par un pont tortueux. Il faisait à nouveau un temps maussade, forte pluie et brume, génial pour aller se promener dans un cimetière ! Celui-ci se dresse sur la colline en rangées plus ou moins cohérentes, avec des mausolées plus ou moins de bon goût. Il parait que c’est aussi sur cette colline que se trouvait auparavant l’université de Glasgow qui aurait été déconstruite puis reconstruite pierre par pierre de l’autre côté de la ville.

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Ecosse: Glencoe et le massacre des McDonald

O Cruel is the snow that sweeps Glencoe and covers the grave O’Donald…

Par une froide matinée écossaise, chaussées de nos gros manteaux et de bonnes chaussures, nous avons traverse Glasgow encore endormie pour prendre le bus, direction les Highlands de l’Ouest: Loch Lomond, Oban et surtout Glencoe et les Three Sisters.

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Je savais à quoi m’attendre en me rendant à Glencoe, j’y étais déjà allée il y une dizaine d’année, je l’avais alors vu sous l’herbe verte entre brume et rayons de soleil. Je savais que cette fois-ci serait très différente : plus froide, plus magique aussi peut-être. Cette petite halte à Glencoe pour la journée m’a permis de m’intéresser un peu plus à l’histoire de l’Ecosse et surtout à ce fameux « massacre de Glencoe » dont Stephen, notre méchant guide, nous a parlé. Mais trop fascinée par le lieu je n’ai rien écouté, il a fallu que j’aille fouiller à la bibli (et sur wikipédia) à mon retour pour me mettre à jour. Alors aujourd’hui, petit cour d’histoire anecdotique : Le Massacre de Glencoe !

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On est à la fin du XVIIe siècle, pour situer un peu Louis XIV est roi de France, bien établi dans son Versailles. Pendant ce temps en Grande-Bretagne la vie monarchique est bien moins funky : le roi Charles Stuart s’est fait couper la tête et son descendant le roi Jacques II a dû s’exiler en France – à Saint-Germain-en-Laye -, il n’est pas la bienvenue en Angleterre essentiellement parce qu’il est catholique et que les anglais sont devenus anglicans depuis un bon siècle. A ce moment un type arrive, il est néerlandais et s’appelle Guillaume d’Orange, il demande le trône de Grande-Bretagne que les britanniques lui donnent. Pourquoi ? Parce que Guillaume est protestant lui !

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Avant le 1er janvier 1692 tous chefs de clans doivent avoir prêté serment d’allégeance au nouveau roi Guillaume. Mais voilà qui pose problème : les écossais sont liés par serment aux Stuarts, descendants de Marie Stuart et rois d’Ecosse. Ils doivent alors attendre une missive du roi exilé qui les délie de leur serment pour pouvoir se présenter à Guillaume comme nouveaux sujets fidèles. Le clan des MacDonald, fervents « jacobites » prennent le temps. Au dernier jour enfin, le chef du clan ou sept (héhé comme les septons de Game of Thrones), se rend à Fort William pour y prêter serment. Hélas ! Le shérif d’Argyll qui le reçoit, un membre du clan Campbell lui explique qu’il n’est pas habilité à recevoir ce serment et lui demande de se rendre directement dans la résidence principal des ducs d’Argyll, chefs du Clan Campbell, le château d’Inveraray. Après trois jours de tempêtes et de neige, le chef Mc Donald parvient enfin à destination. Le serment est accepté malgré le retard.

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MAIS deux mois plus tard, alors que la neige soupoudre Glencoe, une partie du clan Campbell passe sur les terres des McDonald à Glencoe et demandent l’hospitalité, tradition écossaise.Au bout de deux semaines de vie commune un message parvient au capitaine Robert Campbell, qui est aussi un parent des McDonald. Il s’agit d’un ordre signé du roi Guillaume d’Orange demandant à ce que le 13 février tous les McDonald de moins de 70 ans soient passés par l’épée pour qu’il ne reste aucun survivant du clan des McDonald de Glencoe.

A cinq heure du matin le massacre commence. Ceux qui ne sont pas tués fuient dans les montagnes de Glencoe avec femmes et enfants et meurent de faim et de froid. Les rares survivants fuient l’Ecosse, prévenus et aidés sans-doute par certains Campbell n’ayant pas voulu obéir aux ordres et rompre la règle de l’hospitalité. Même si les Campbell sont les grands méchants de l’histoire il ne faut pas oublié qu’ils sont désormais soumis à l’allégeance envers le roi et risquent le parjure en allant à l’encontre des ordres.

Reste que ce massacre a profondément choqué les écossais par sa trahison et sa violence, jusqu’à tard il était indiqué dans certaines auberges « interdit aux Campbell ». Cette histoire rend aujourd’hui les terres de Glencoe et des Three Sisters encore plus mystérieuses et sauvages.

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De manière générale l’arrivée à Glencoe ne laisse pas indemne : soudain plus personne ne parle, on a toujours le souffle un peu coupé par la beauté et la grandeur du paysage, c’est difficile de ne pas tomber amoureux de l’Ecosse après avoir vu ça. Une foule de sentiments agite les cœurs, c’est assez indescriptible, une chose est sure : il faut y être allé une fois dans sa vie !

Et voici une petite vidéo avec musique gaélique pour donner une idée du truc: