Trek sur l’Acatenango

Vendredi 26 janvier – 7h du matin sur un trottoir d’Antigua

Il ne fait pas chaud, j’ai le ventre noué et je me demande pourquoi je suis debout si tôt à attendre un minibus qui va m’emmener souffrir. Aujourd’hui on part pour un trek de deux jours.

On a réservé notre excursion au Volcan Acatenango depuis plusieurs jours sur les conseils de Françaises croisées à Flores. On a retrouvé notre nouveau meilleur ami Teng, arrivé comme nous la veille au soir à Antigua après une trop longue journée de transports (bateau, bus, taxi). Et nous voila à peine réveillés prêts à partir à la conquête de ce fameux volcan culminant à 3976m de haut.

En venant au Guatemala je m’étais imaginée enchaîner les randonnées sur les volcans, accumulant les photos en haute altitude, le cuissot se musclant et les poumons s’habituant au manque d’air. Mais quand le minibus arrive je ne fais pas la fière et je voudrais retourner me coucher. Sauf que c’est trop tard.

 

 

 

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La moitié de l’ascension se fera dans le brouillard

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Pour ce trek nous avons fait appel aux guides de Soy Tour, via whatsapp. Il s’agit d’une association locale, l’argent qui est donné sert – d’abord au paiement des guides, venus des alentours, ensuite à l’amélioration des conditions de vie dans le village qui sert de base. Après avoir fait la tournée des hôtels d’Antigua pour prendre les touristes -heureusement nous ne sommes que 13 ce jour là – le bus nous emmène au village où les guides nous font les dernières recommandations et nous proposent quelques vêtements pour le froid au cas où nous ne serions pas assez vêtus.

Il faut dire que s’il fait 25 degrès à Antigua, le temps ne sera pas le même demain matin à plus de 3000m d’altitude. Les vêtements proposés datent tous des années 90 et la plupart des futurs randonneurs reprennent la route avec un look très vintage qui nous fait oublier toute idée d’être stylée en montagne!

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Teng nous attend depuis bien une demi heure pour manger

Début de la montée: je n’aime pas les volcans

Enfin le grand moment arrive. Le bus nous débarque au bord d’un chemin de sable qui monte tout droit vers le volcan. On loue des bâtons de dernières minutes à des enfants qui attendent à l’entrée les randonneurs – grand bien nous a pris, ces bâtons étaient plus que salutaires. L’ascension commence.

En quelques minutes je ressens toute la souffrance d’une ascension mal préparée: je me demande mille fois ce que je fais là, pourquoi ma gorge me brûle, pourquoi mes pieds semblent s’enfoncer toujours un peu plus dans le sable sans avancer, et surtout pourquoi ce chemin monte de façon continue comme s’il n’avait aucun fin. Alors que je suis bonne dernière en train de cracher mes poumons et furieuse d’avoir voulu tenter cette épreuve, le guide s’arrête pour nous laisser reprendre notre souffle. Ca ne fait que 15 minutes qu’on monte et je vois que Jéromine n’est pas dans un état tellement mieux que moi. Heureusement les guides sont très prévenants: un devant, un derrière, un au milieu, ils vérifient qu’on suit et surtout s’arrêtent très régulièrement.

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sexy archivoyageuse

Cette première montée de l’Acatenango est de loin la pire: je me souviens m’être répété en boucle que je n’aimais pas les volcans et que ça n’avait aucun intérêt de faire des randos sur un tel terrain, avec une route qui ne serpentait même pas! Seuls souvenirs amusants: voir redescendre d’autres groupes affublés des mêmes tenues fluo que nous avons revêtu au début du trek.

Enfin le sable s’arrête et nous retrouvons un chemin de terre nous menant à l’entrée officielle du parc du volcan Acatenango. Le soleil ne semble pas s’être levé ce jour là et les arbres gouttent alors que nous pénétrons dans la forêts. Je ne vais pas nier que je suis déçue même si cette fraîcheur n’est pas forcément mauvaise quand on doit faire de la randonnée. Malheureusement le temps ne semble pas s’améliorer et plus nous montons plus il fait froid! Mais on ne perd pas espoir, surtout que cette deuxième partie de randonnée me plait beaucoup plus!

Les couleurs nous sont revenues, on respire mieux, et tout me parait moins difficile – mais difficile quand même! Comble du bonheur lors d’un nouvel arrêt des guides nous attendent avec des tasses de chocolat guatémaltèque fumant. Ce sera la première fois qu’on teste ce chocolat à l’eau me rappelant la texture du café turc. Comme ça fait déjà bien trois bonnes heures qu’on marche cette pause chaude et sucrée nous requinque et grâce à elle la dernière partie de la grande montée, à priori l’une des plus difficiles, est un moment très agréable.

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Parties tout derrière avec Jéromine, parce que je déteste avoir l’impression de freiner les gens, on avance d’un bon pas, peu rapide mais sûr, et sans vraiment nous en apercevoir on double tout les randonneurs avant d’arriver au sommet juste derrière Teng, qui semble infatigable. C’est sa première grande randonnée, il est en jean et crapahute comme si l’altitude et l’exercice n’avaient aucun effet sur lui. De notre côté on commence à ne plus ressembler à grand chose: les joues biens rouges, la sueur qui perle et Jéromine a revêtu le superbe manteau tout droit venu de notre école primaire qui lui donne un look particulier.

On est super fières de nous! On attend les autres avant de manger ce que les guides ont préparé (du poulet froid) que je mange de fort bon appétit maintenant que je sais qu’on a fait le plus dur. Il ne reste en effet qu’une grosse heure presque à plat, presque un genre de “rando du dimanche” à nos yeux après ce qu’on a enduré le matin.

Sauf que… je me suis mal débrouillée: est-ce parce que j’ai trop mangé? Je me suis trop reposée? Le mal de l’altitude? Cette dernière heure sera la pire heure de marche que j’ai faite de ma vie. Très vite je sens que ça ne va pas. Le ciel commence pourtant à se découvrir, on entend les grondements de volcans au loin, et mes coéquipiers me dépassent tous à bonne allure, fringants et heureux de pouvoir enfin profiter du paysage, des bois, du soleil, sans que chaque pas ne leur coûte.

Au contraire pour moi chaque pas est plus difficile que le précédent. Je sens que les pleurs montent, la panique. J’avance comme un escargot et certains randonneurs s’arrêtent pour vérifier que je ne vais pas m’effondrer. J’ai de toute évidence atteint une limite et je resterai dans un état végétatif toute la soirée. Malgré le chocolat chaud, le feu qui est allumé près de notre campement et le barbecue de chamallow. Je suis hébétée.

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On surplombe la plaine d’Antigua

Le camp de base : découverte de l’agité volcan Fuego

Et pourtant le campement est parfait: situé à 3600m d’altitude, face au volcan Fuego qui n’en finit pas de gronder et de cracher ses entrailles. Des volutes de fumées s’échappent sans arrêt de son sommet et on admire le coucher de soleil qui lui donne des teintes ocres. Il commence à faire frais et on se rhabille avant de rejoindre le feu tout en profitant de la vue sur la chaîne des volcans et la plaine d’Antigua sous nos pieds.

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Le fugeo prend mille teintes à la minute quand le soleil se couche

Quand la nuit tombe c’est le début du grand spectacle: ce n’est plus de la fumée qui sort du cratère mais bel et bien d’immenses feux qui s’écroulent sur les pentes rougeoyantes du volcan. Chaque explosion est prévenue par un grondement qui s’intensifie, le show n’en finit pas et durera toute la nuit. J’aime ce bruit, le coeur qui se soulève et cette sensation de ravissement à chaque nouvelle gerbe dorée. C’est captivant.

Et pour qu’on ne perde rien du spectacle une fenêtre a été aménagée depuis les toilettes du campement (toilettes fort sales mais on va pas faire nos difficiles, surtout qu’on est venues avec les deux saint Graal que tous nous demandent: du PQ et du gel hydroalcolique, c’est presque le confort). C’est d’ailleurs le meilleur point de vu du campement et ça donne à cette activité si banale un petit quelque chose d’extraordinaire.

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Alors que je commence à peine à reprendre mes esprit je suis époustouflée par ce que je vois et en même temps j’ai un peu peur – j’ai passé la nuit à rêver de la fin de Pompéi pour vous donner une idée – et il semble que je ne panique pas à tort puisque quelques mois plus tard certains villages sont évacués et de nombreuses personnes portées disparues suite à une éruption plus forte que la normale du volcan Fuego.

Samedi 27 janvier – 4h du matin – 3600m d’altitude.

Une lampe de poche sur la tête un guide vient nous réveiller: le chocolat est prêt, le feu pas encore éteint, nous avons le temps d’en profiter un peu avant de grimper les 376 derniers mètres qui nous séparent du sommet pour y voir le lever du soleil.

Fidèle à ma super technique, je me place bonne dernière, et même si je vais bien mieux que la veille je sens que cette montée va être difficile. D’abord parce qu’il fait encore nuit, ensuite parce que je respire de moins en moins bien. Normal à cette altitude. J’ai décidé de ne pas me surpasser, tant pis si j’arrive après le soleil, je veux que cette marche reste un plaisir pour moi. Le chemin compte autant que le but. Et grand bien m’en fasse: j’ai un très bon souvenir de ces deux heures de marche presque seule dans la montagne.

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Sur la lune? Non, seulement sur le toit de l’Acatenango

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notre prochaine étape: le lac Atitlan

Très vite je m’éloigne du reste du groupe qui va trop vite et l’une des filles qui marche avec nous est victime du mal de l’altitude, on doit ralentir et un guide reste avec nous. Une quatrième personne se joint à notre caravane: un chien abandonné qui monte et descend chaque jour avec les randonneurs. Le guide m’indique qu’il doit rester derrière et que je dois donc guider. En pleine nuit. Alors que les lumières des caravanes devant nous ont totalement disparu.

Entre panique et excitation je prend donc la tête de la cordée, notre nouveau compagnon canin me dépasse pour me montrer le chemin, et prends garde à rester toujours dans la lumière de ma lampe de poche pour que je ne le perde pas de vue. C’est un moment insolite et délicieux. Les premières lueures du jour pointent le bout de leur nez derrière la cîmes des rares arbres qu’il reste. On respire de plus en plus difficilement quand le guide, après une énième pause, nous met un peu de pression: “Les filles il reste 10 minutes avant le lever du soleil. On accélère, vous pouvez y arrivez.”

 

3976m – le sommet, enfin…

Vous voyez la scène de fin du seigneur des anneaux? Quand Frodon gravit les derniers mètres le séparant de la montagne du destin, trébuchant dans le sable, se relevant avec des yeux de fous. C’était moi et ma co-randonneuses avec toute la hargne qu’il nous restait pour parvenir au sommet le plus vite possible. Moitié pleurantes de fatigue, moitié mortes de rire en ayant bien conscience du spectacle qu’on donnait. Mais nous voici arrivées au sommet, haletante et tellement heureuses. Le guide a l’air vraiment fier de nous, le soleil n’est pas encore levé. Le temps de rejoindre Jéromine et les autres et nous apercevons le soleil se levant derrière le volcan Agua, pendant que le Fuego continue de cracher tout ce qu’il peut.

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Notre ami de feu n’en finit pas de fumer
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moches, fatigués mais heureux

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La vue depuis ce sommet valait largement les difficultés de la montée: du Pacifique au lac Atitlan en passant par la chaîne des volcans du Guatemala nous avons une vue magnifique. Les nuages qui recouvrent la vallée rendent le paysage encore plus romantique. Même s’il fait froid on a du mal à partir tant on veut rester ici admirer cette vue qu’on a bien méritée. Encore aujourd’hui je ne trouve pas vraiment comment vous décrire cette félicité qu’on ressent quand on admire un tel paysage.

Il est déjà l’heure de redescendre: on glisse dans le sable pour revenir au campement en une demi-heure, c’est amusant même s’il faut faire attention. Un deuxième petit-déjeuner nous attend avant d’entreprendre la grande descente, sous le soleil cette fois, et de profiter de la forêt tropicale dans laquelle on déambule gaiement et qu’on n’a pas pu voir la veille dans le brouillard.

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Quand on voit tout ce sable en descendant on comprend pourquoi c’était si difficile à monter

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Malheureusement cette descente est loin d’être idyllique, et tout comme le début de la montée était atroce, on souffre durant ce même passage. Le chemin demande une vigilance constante et l’Américaine qui nous précède et ne cesse de parler nous tape trop sur les nerfs. On n’en peut plus, on veut arriver et on commence à faire des bêtises: des pieds qui butent dans les pierres, des chevilles qui se tordent…Nos pieds vont mettre un sacré temps à nous le reprocher puisque nous avons toutes les deux perdus des ongles de pieds (d’où l’intérêt d’être sûr de ses chaussures de rando quand on part en trek) mais on porte cette blessure comme une blessure de guerre qui nous rappellera des mois durant l’incroyable trek pour grimper l’Acatenango!

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Un dernier au revoir au Fuego 

Conseil:

Pour ce qui est du matériel: de bonnes chaussures de rando (avec du compeed au cas où), un sac d’au moins 30L (on nous a demandé d’emporter 3L d’eau avec nous), des gants, un bonnet, une écharpe, des chaussettes chaudes, plusieurs couches de vêtements de montagne (on trouve tout chez Decathlon) et un coupe vent ou Soft/shell. Il fait vraiment très froid en haut et on dort difficilement à cause de ça. Nous avons grimpé en short et avons réservé nos leggin/joggin pour la nuit ou pour la montée de nuit: c’était agréable d’avoir conserver des vêtements chauds à mettre une fois qu’on se posait au camp de base.

Préférez faire ce trek en semaine, le weekend les caravanes sont très nombreuses, parfois plus de 30 personnes, ce qui rend l’expérience très impersonnelle à mon sens. Essayez de vous préparer un peu en avance avec une marche régulière car ce n’est pas un trek si facile, il est cependant faisable pour quelqu’un qui ne fait du sport que ponctuellement – comme moi – et qui est en bonne santé physique.

Pour finir je vous conseille d’aller voir le super vlog qu’on a fait sur ce trek: vous y verrez la fatigue, le maque de souffle, l’humidité et la joie. C’est notre meilleur vlog donc vraiment allez y!! C’est ici

 

Et si vous souhaitez l’avis d’autres randonneurs sur ce trek vous pouvez lire l’article de Jéromine mais aussi celui de mi-fugue mi-raison

Le Festival Interceltique de Lorient

C’est au carnaval de Veracruz que l’idée m’est venue. Assises sur les gradins devant le défilé nous discutions  Jéromine et moi de cet événement qui nous plaisait beaucoup et en sommes venues à une question : pourquoi  ne faisions-nous jamais ça en France ? Nous étions venues à Veracruz spécifiquement pour le carnaval mais en Europe, et même en France, d’autres lieux et d’autres événements méritaient peut-être eux aussi un détour.

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Le festival interceltique de Lorient c’est pour tous les âges

 

Je me suis alors souvenue d’une vieille envie : voir de mes propres yeux la grande parade du festival interceltique de Lorient. Comme Jéromine adore la Bretagne et qu’un séjour dans un pays où l’on peut se nourrir exclusivement de crêpes et de cidre est toujours attrayant on s’est donné rendez-vous en ce début du mois d’août sous le soleil breton.

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Les bretonnes fêtent l’arrivée des G.I. américains au port de Lorient lors de la première guerre mondiale
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Pour les fan d’Outlander: ça ne vous rappelle pas quelque chose cette robe?

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Le festival Interceltique de Lorient : qu’est ce que c’est ?

Le festival de Lorient, ou FIL pour les intimes, est né dans les années soixante-dix d’une compétition de bagadou, ces sortes de fanfares bretonnes qui réunissent des instruments traditionnels. Faire partie d’un bagad – singulier de bagadou – c’est loin d’être une blague : chaque ville possède un ou plusieurs bagadou qui s’affrontent lors de compétitions déterminant leur « classe », c ‘est à dire leur niveau, allant de 1 à 5. Le bagad le plus célèbre est sans aucun doute le bagad de Lann Bihoué, le bagad de la marine nationale française, né justement à Lorient, ancien port militaire et qui ouvre la Grande parade du festival.

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Le bagad de Lann Bihoué – bagad de la marine nationale
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Joueuse de Gaïta – instrument traditionnel de Galice

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Les compétitions de bagadou étant nombreuses en Bretagne, ce festival décide dès 1972 de devenir festival interceltique pour se distinguer de ses voisins et convie toutes les autres nations celtes à des festivités regroupant compétitions de bagadou, mais aussi compétitions et spectacles de danses, conférences sur l’interceltisme, concerts et bien sûr la Grande Parade.

Les nations celtes

Quand on parle de nations celtes, on a tout de suite en tête la Bretagne et les îles britanniques. Le monde celte se révèle pourtant bien plus riche et la grande force de ce festival est de faire découvrir ces autres régions celtes et leur folklore. Le FIL invite, chaque année une dizaine de nations : outre les habituels Ecosse, Irlande, Pays de Galles et Bretagne sont conviés l’Île de Man, les Cornouailles, La Galice et les Asturies – deux régions espagnoles -, l’Acadie, au Canada, et l’Australie. Depuis 1994 une nation est mise à l’honneur chaque année; en 2010 l’honneur est revenu aux diasporas celtes que l’on sait nombreuses dans les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis en particulier.

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La présentation des drapeaux des nations ouvre la Grande Parade
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L’Irlande et son fameux lanceur de bâton.
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Les irlandaises se préparent à la danse

Lors des spectacles chaque nation offre à voir sa particularité folklorique tout en signifiant son appartenance au monde celte. A travers les vêtements, les danses, les instruments on s’aperçoit vite qu’il existe de nombreuses similitudes, chacun conservant des caractéristiques bien particulières ce qui explique que les Cornouailles et l’île de Man soient des nations à part.

L’interceltisme, une passion bizarre ?

Depuis des années je regardais la parade depuis mon canapé, admirant les costumes, chantonnant au son des cornemuse, étrange passion ? Peut-être ! Et pourtant je ne suis pas la seule car le FIL accueille chaque année des centaines de milliers de visiteurs ce qui en fait le festival le plus fréquenté d’Europe. Rien que ça.

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Je suis intéressée par le monde celte depuis mon enfance et cette fameuse découverte de l’Irlande qui m’a poussée des années plus tard à suivre des cours de danse irlandaise durant 4 ans, jusqu’à  faire de la compétition. Ce que je ne vous ai jamais dit c’est qu’avant la danse irlandaise j’avais déjà suivi 3 années de cours de danse bretonne avec ma famille et nous avons écumé les Fest-noz à Paris et en Bretagne par amour des bonnes crêpes et de cette ambiance chaleureuse et bon enfant si particulière. J’aime l’idée que des peuples venus d’un peu partout se retrouvent pour partager ce folklore commun qui est encore bien vivant.

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Et soudain: les Peaky funking Blidners débarquent à Lorient!

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Que voir, que faire au festival ?

Organisé dans le centre de Lorient, le FIL voit défiler les spectacles et autres concours durant 8 jours. Si certaines activités sont payantes – l’accès au centre vous demandera notamment de porter un badge payant à partir de 19h – la grande parade et d’autres activités sont gratuites, toutes sont indiquées avec le programme sur le site du festival.

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Ne passant que deux jours à Lorient nous avions décidé de ne payer que pour voir l’un des spectacles de danses et chants des pays celtes . Plusieurs sont organisés tout au long de la semaine et les participants au spectacles ne sont pas forcément indiqués à l’avance, ou alors nous n’avions pas regardé assez attentivement. Sous un chapiteau légérement surchauffé nous avons pu admirer les pipe band – équivalent des bagadou bretons – d’Ecosse et d’Irlande, ainsi que les danseurs et danseuses d’Ecosse et des Asturies.

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Ca danse et ça chante dans tous les sens

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Sans surprise les Irlandais sont ceux qui assurent le plus le show, c’est aussi ceux qu’on attend le plus et nous avons été déçues que les danseurs ne viennent sur scène que pour une danse – ils étaient en fait programmés plusieurs jours après pour faire leur grand spectacle. J’ai pu m’apercevoir que je ne regardais plus la danse irlandaise comme avant : au lieu d’être transportée par le spectacle je ne peux m’empêcher de regarder les pieds et d’analyser les pas, certains que je connais déjà et d’autres que j’aimerais apprendre. Les musiques irlandaises étant toujours un peu les mêmes, j’ai tellement dansé dessus que je sentais mes jambes prêtes à s’élancer toutes seules pour rejoindre les Irlandais sur scène.

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Les Asturies entrent dans le cortège

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Les Asturies étaient les moins impressionnants et pourtant j’apprécie beaucoup ce folklore plus paysan avec des costumes plus simples qui évoquent les durs travaux des champs. Les danses ne varient pas beaucoup, les chants sont souvent a cappella et m’émeuvent toujours un peu.

Quant à l’Ecosse, j’aurai presque envie de pleurer quand j’entends un pipe band jouer Amazing Grace. Même si, je dois l’avouer, au bout de deux jours on en avait plein les oreilles des cornemuses, les musiques d’Ecosse me font toujours quelque chose et j’étais ravie de pouvoir les écouter à plusieurs reprises lors du spectacle, du défilé mais aussi en ville.

Le Must Do : la Grande parade !

Dimanche matin, 10h30, nous sommes prêtes. Les appareils rechargés, les fesses posées sur le bitume aux meilleures places. Certains connaisseurs ont apporté avec eux des chaises pliantes, des bouteilles d’eau, des ombrelles. Il faut dire que la journée s’annonce chaude et ensoleillée et nous allons vite nous en apercevoir. Deux commentateurs sont installés non loin de nous, et si leurs commentaires apportent certaines connaissances ils sont la plupart du temps assez insupportables.

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Magnifiques costumes de Galice

Se succèdent alors les différents cercles bretons – oui, on ne parle pas de club ou de groupe mais de cercle celtique. Ces cercles correspondent souvent à des villes et adoptent les tissus, les motifs, les couleurs et les instruments de leur contrée. Il y a bien trop de cercles bretons pour que je puisse me souvenir de tous. Des danseurs de tout âge, des nourrissons aux vieilles bretonnes, défilent en dansant avec le sourire. Cette ambiance intergénérationnelle et bon enfant c’est exactement ce qu’on aime et on est comme des enfants à un spectacle.

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Les étoffes sont superbes, les broderies sont si colorées et les dentelles des coiffes si fines! J’adore les robes des Galiciennes même si elles sont très sobres ; certaines Ecossaises défilent dans des costumes qui rappellent la série Outlander et on se demande toujours ce qu’il y a sous les kilts de ces nombreux jeunes hommes avec leur cornemuses.

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La Grande parade dure près de 4h, nous attendons de voir les danseuses irlandaises avant de rentrer à l’auberge pour de nouvelles aventures. Ce défilé est une des choses à voir dans sa vie quand on aime un peu le folklore et les beaux costumes, et encore plus quand on aime la civilisation celte ! Je suis ravie de ce que j’ai vu et je le recommande à tous. C’était également pour Jéromine et moi une occasion de s’essayer à la photo « de rue » avec des modèles consentants – plusieurs captations pour les télés sont organisées le long du défilé – et là pour faire le spectacle.

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Ils ont des chapeaux ronds… et de belles coiffes aussi

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Lorient ce n’est pas que le festival.

On a passé la majeure partie de notre temps au festival mais Lorient est une ville intéressante sous bien d’autres aspects. Ancienne capitale de la compagnie des Indes, puis port militaire et enfin grand chantier naval, la ville a su transformer son passé en attrait touristique.

On a profité de notre dernière après-midi pour aller à Port-Louis, l’ancienne citadelle construite sous Louis XIV qui fait face à Lorient. Au bord de ses remparts on s’est baignées en regardant les voiliers rentrer sur Lorient. C’est ici que se trouve le musée de la compagnie des Indes – il était trop tard pour le visiter mais j’ai entendu dire qu’il était très intéressant.

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Le Fort de Port-Louis, aujourd’hui musée de la Compagnie des Indes

Autre lieu à visiter : la base sous-marine de Lorient. Ancien port militaire, ce qui lui a valu d’être bombardée et presque détruite lors de la seconde guerre mondiale, l’activité militaire de Lorient est aujourd’hui inexistante mais ses infrastructures sont restées et on peut y visiter la base, et surtout un sous-marin d’époque.

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Enfin la cité de la voile Eric Tabarly constitue l’un des nouveaux pôles touristiques de la ville, on trouve à ses abords de nombreux voiliers en train d’être rénovés ou réparés et le musée semble être une agréable visite pour qui est intrigué par la mer, ses métiers et ses aventuriers.

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Lorient est surtout l’un des grands ports de pêche français. Les infrastructures portuaires et la présence de navires étrangers nous le rappellent.

Ces trois jours à Lorient ont tenu toutes leurs promesses et j’ai noté scrupuleusement tout ce que j’aurais aimé faire et visiter pour y retourner bien vite – l’île de Groix me fait de l’œil et je ne vais pas attendre des années pour m’y rendre je crois.

La conclusion de ce weekend festif c’est que peu importe le moment, la Bretagne c’est toujours une bonne idée, mais si vous pouvez y être le premier week-end d’août vous y verrez ce super festival qui valait effectivement le détour.

 

 

Escale à Livingston – Guatemala

Nouveau jour, nouveau départ. Nous partons aujourd’hui en bus pour traverser le pays du nord au sud avant d’arriver au lac Izabal ou nous espérons être à temps pour monter dans un bateau, ou plutôt une lancha, en direction de Livingston.

Livingston, outre son nom qui fait immédiatement appel à un imaginaire de grand explorateur et qui est donc une promesse d’aventures, fait rêver par sa position et son histoire. Située à l’embouchure du Rio Dulce sur la côte Caraïbe, la ville n’est accessible que par bateau à travers des gorges où vivent des milliers d’oiseaux. Ça vous met l’eau à la bouche ? Nous aussi.

Livingston est aussi l’une des seules villes du Guatemala où survit la culture Garifuna, cette culture encore très présente au Bélize, qui mélange culture afro-caribéenne des anciens esclaves enfuis de Sainte-Lucie et culture maya. On était donc absolument sûres d’avoir un coup de foudre pour Livingston, c’est peut-être pour cette raison que nous avons finalement été déçues. Bien évidemment ce n’est pas du tout un endroit que je déconseillerais et les guides sont souvent assez unanimes dessus : c’est super. Nous avons d’ailleurs conseillé à chaque voyageurs qui visitait le Guatemala de s’y rendre, mais après la découverte du Belize nous avons eu un ressenti de « c’est pareil, en un peu moins bien. »

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Florès-Livingston: un trajet (presque) enchanteur

Mais revenons à notre bus. Il est tôt et nous attendons aux portes de la ville de Florès un bus qui semble assez moderne mais qui se révèlera au final pas du tout adapté au chemin. Bien installées, nos écouteurs sur les oreilles le spectacle peut commencer : après la jungle et les campagnes guatemaltèques nous traversons l’un des paysages qui m’aura peut être le plus plu du Guatemala. Au milieu d’une végétation luxuriante s’élèvent des sortes de pics karstiques que nous admirons tantôt sous une puissante pluie tropicale, tantôt sous un soleil doré. Il est impossible de rendre ces nuances de vert, les halos brumeux et les traînées de nuages qui saupoudrent ce paysage assez féerique et que nous admirons pleinement en arrivant au sommet de certaines routes. C’est par ici que se cachent les chutes de Semuc Champey que nous n’avons pas inscrites dans notre planning, avec quelques regrets mais nous ne pouvions pas tout faire.

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Le voyage s’avère bien plus long que prévu et on commence à s’inquiéter. Les immenses dos d’âne qui ne sont pas faciles à prendre en voiture obligent le bus à repasser en première très régulièrement, ce qui met nos nerfs à rude épreuve. L’heure tourne et à l’arrivée du bus nous courons vers le fleuve en espérant trouver une dernière lancha. Sans problème, nous aurons même le temps de manger un morceau !

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Les déboires du trajet ne sont pas finis. Je pensais remonter un fleuve sinueux en pleine jungle, que nenni ! Nous traversons l’immense lac Izabal et voyons très nettement un rideau de pluie se rapprocher de nous. Ca ne manque pas, nous finissons trempées par une pluie battante, rendue d’autant plus forte par la vitesse du bateau. Ce dernier claque sur les vagues du lac rappelant la désagréable sensation du tape-cul, ce jeu de parc pour enfant que j’ai toujours détesté. La tempête achevée nous retenons un cri de ravissement : nous voici arrivés dans un passage plus étroit du fleuve ou la végétation nous entoure, puis soudain les Gorges ! Des centaines d’oiseaux nous tournent autour, je suis trop occupée à m’extasier pour prendre une photo convenable.

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Livingston loin du monde

Le soleil se montre de nouveau et nous voilà arrivées à Livingston. Un homme nous emmène, à pied, jusqu’à l’hôtel traversant la ville qui nous paraît bien pauvre, à l’exception de la rue « touristique ». Nous ne sommes  pas rassurées, surtout au moment où nous apprenons qu’il faut passer par la plage pour atteindre l’hôtel. Mais ce dernier à l’air fort convenable, et possède une piscine. En vérité c’est un petit havre de paix: le lendemain matin nous nous réveillons avec pour unique bruit celui des oiseaux tropicaux dont nous ne connaissons pas les chants. Place à l’exploration maintenant !

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Un rapide tour en ville nous confirme que Livingston est une ville pauvre où on se sent un peu seules touristes par moments, et on n’est pas bien à l’aise. A cause de son isolement (volontaire) la ville n’est presque pas reliée au reste du Guatemala, seul le port de Puerto Barrios se trouve à moins d’une heure et en cas de problème l’aérodrome qui a été abandonné ne sert plus à rien. On expérimente cet isolement au moment où l’électricité et l’eau sont coupées dans toute la ville. Certains hôtels disposent de générateurs qui assurent le bon fonctionnement de leurs établissements, notamment des toilettes, pour le reste la seule indication c’est que « ça reviendra quand il fera noir ». A 23h il ne fait visiblement pas assez noir et nous rentrerons à l’auberge, par la plage toujours, à la lumière de nos smartphones.

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Randonnée jusqu’aux Siete altares

On n’avait pas bien prévu ce qu’on allait faire mais la gérante de l’hôtel nous parle d’un lieu au cœur de la forêt qu’on peut atteindre par la côte : les Siete altares. Malgré quelques soucis de santé (je vous laisse deviner lesquels) on part pour cette rando imprévue : 2heures à longer la plage avant d’atteindre le chemin dans la forêt nous menant aux fameux bassins/cascades, lieu de culte pour les Garifunas. La plage est calme, les eaux ne sont pas turquoise mais les palmiers se suivent et ne se ressemblent pas. On ne croise presque personne : un couple ici, un pêcheur, une famille qui joue dans l’eau, mais aussi des chiens qui semblent malheureusement chercher le combat. Se dégage de cette balade un sentiment de lenteur, d’apaisement que j’apprécie vraiment. On est bien loin du monde et je comprends le cliché de « slow » qu’ont les îles des Caraïbes.

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Enfin nous arrivons à l’entrée du chemin : un sentier boueux pour lequel nous ne sommes pas chaussées comme il faut. Evidemment la pluie d’hier a rendu le chemin presque impraticable mais nous tentons le coup tout de même. Dès les 10 premières minutes nous nous retrouvons face à un bras de rivière à traverser. On voulait jouer à Lara Croft ? On va être servies ! A moitié dans la boue, à moitié dans la rivière, cette petite rando se rapproche plus d’un canyoning que d’une balade dominicale. Sans compter que nous n’avons aucune indication sur le chemin à prendre et que plusieurs sentiers s’ouvrent sous nos yeux. Après plusieurs tentatives on décide de rebrousser chemin. Il nous faut encore deux heures pour faire le chemin de retour et le soleil ne va pas tarder à décliner. On a trouvé la faille de nos supers sandales décathlon qu’on abandonnera sitôt de retour sur la plage pour s’épargner davantage d’ampoules.

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Malgré ce semi-échec je suis contente de cette journée à la fois calme et aventureuse. Les siete altares, ou ce que nous en avons vu, étaient bien belles et ça vaut sûrement le coup de monter tout en haut pour voir les chutes et la suite de bassins. La forêt était superbe, les rais de lumières qui la traversaient nous rappelaient l’heure qui tourne et nous ont permis de faire des photos sympas !

 

Derniers au revoir à la mer des Caraïbes

Le lendemain nous repartons de bonne heure, cette fois ci notre bateau nous emmène vers Puerto Barrios, c’est un navire de travailleur et ils ont prévu les bâches pour nous protéger. Au pied de basses montagnes verdoyantes la grande ville bananière se rapproche. Cette vue me plait particulièrement et me rappelle les descriptions de Terrilville dans « Les aventuriers de la mer ». Déjà que je pensais m’aventurer dans le désert des pluies en venant à Livingston, je ne cesse de faire des rapprochements avec cette superbe saga de Robin Hobb ; serait-elle venue au Guatemala pour l’écrire ?

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P1090640Une dernière bonne saucée nous convainc qu’il est temps de quitter la côte des Caraïbes et de s’aventurer vers des cieux plus cléments, ou du moins plus secs !

Livingston est une halte qui peut être très agréable, si elle est un peu mieux préparée que nous ne l’avons fait. Si vous rêvez d’une cabane façon Robinson Crusoé où vous ne feriez presque rien pendant quelques jours, plusieurs auberges ou hôtels proposent des cabanons sur pilotis le long du Rio Dulce ou dans les bras de fleuves qui s’enfoncent dans la forêt. Outre les siete altares, la traversée des gorges est à faire ! D’autres activités sont également proposées dans les restaurants de Livingston, et probablement dans les auberges.

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Guatemala – au coeur du monde Maya

Nous quittons le Belize sous un temps pluvieux et parcourons en taxi les quelques kilomètres nous séparant de la frontière Guatémaltèque. La route serpente à travers les Mayas mountains, des panneaux indiquent des sites archéologiques et des grottes nous convainquant que ce pays mériterait bien quelques jours de visite supplémentaires. Nous voilà tout excitées de passer notre 3ème frontière et de découvrir un nouveau pays. La douane est tout sauf angoissante : au guichet le douanier tamponne rapidement nos passeports sans trop regarder pendant que des écrans diffusent les derniers clips de reggaeton. Pas de contrôle particulier, on entre et on sort un peu comme dans un moulin. Une famille de mennonites fait le chemin en sens inverse et ne comprend visiblement pas un mot d’espagnol ce qui complique un peu son passage, mais les autorités ont l’habitude alors on ne s’en mêle pas.

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Une fois la frontière passée nos poches se font plus lourdes – nous avons à nouveau changé de la monnaie pour passer aux Quetzals, et nous en avons beaucoup plus. Ne SURTOUT pas se précipiter dans l’un des nombreux taxis qui vous attendent pour traverser le « no man’s land », il suffit de traverser un pont à pied et ça ne vous prendra que quelques minutes. Nous trouvons un taxi collectif dans la ville frontalière. Ça y est, nous sommes au Guatemala, prêtes à prendre la route pour Florès et la jungle !

Comme beaucoup de voyageurs nous passons trois jours à Florès dans l’auberge Los Amigos. Trois jours pour découvrir la ville-île de Florès, paresser sur le lac Peten itza et surtout voir les majestueuses pyramides de Tikal, l’un des plus beaux sites Mayas enfoui dans la jungle.

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La ville-île de Florès

A la fois calme et touristique Florès a été une étape très agréable : arrivées en début d’après-midi nous avons eu largement le temps de nous étendre dans le super patio de l’auberge, d’amener nos vêtements à laver à la laverie attenante à l’auberge et de sortir photographier la ville. Je les attendais avec impatience les couleurs guatémaltèques et je n’ai pas été déçue : bien que petite,  l’île regorge de maisons colorées et de petite ruelles pavées. C’était un régal pour l’appareil photo.

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La promenade qui longe l’île au bord de l’eau est un peu fréquentée par les touristes : des restaurants passent de la musique, des canotiers proposent des tours de barque, et des stands tenus par des familles proposent à manger sur le pouce (c’est bon!), cette promenade a un air très méditerranéen. Nous devons  finalement faire demi-tour car une partie de l’île a les pieds dans l’eau et n’est accessible que par barque. Nous décidons de monter à travers les ruelles vers le Zocalo, la place centrale où de jeunes Guatémaltèques jouent au foot pendant que nous admirons la vue sur le lac.

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De retour à l’auberge nous rencontrons Alan qui nous propose de nous joindre à un groupe pour effectuer un tour en barque au coucher du soleil. Ça n’était pas prévu mais puisque nous avons fini d’explorer l’île – une grosse heure suffit – pourquoi ne pas voguer vers de nouveaux horizons ?!

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Nous voilà donc embarquées sur le lac Peten Itza, ce dernier bastion maya qui n’a été conquis qu’en 1697 par les Espagnols. Nous nous arrêtons au Mirador d’où nous pouvons voir combien l’île de Florès est minuscule, avant d’aller sur une plateforme d’où on peut voir le coucher du soleil tout en jouant à Tarzan en sautant à la corde. Malheureusement nous n’avons pas pris nos maillots,  nous devons donc nous contenter d’observer les autres avec en fond ce superbe coucher de soleil sur les eaux calmes du lac. Les rives deviennent dorées et les cabanons de bois prennent de jolies couleurs. Une journée parfaite au Guatemala.

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TIKAL – Au coeur du monde Maya

Le repos sera de courte durée car nous partons le lendemain matin avant l’aurore pour nous rendre à Tikal – une excursion organisée par l’auberge. Le bus s’enfonce dans la sombre jungle et je m’endors pour finir ma nuit mais au réveil les premières lueurs de l’aube réveillent les oiseaux et nous pouvons commencer l’exploration de ce mythique site Maya. La visite n’a rien à voir avec Lamanai, le guide est très intéressant et nous laisse du temps pour prendre des photos et  déambuler à notre guise sur le site. Ce dernier est énorme et je suppose que toute une journée ne suffirait pas pour tout voir, nous nous contentons donc de suivre le parcours « balisé » du guide et de voir les quatre principaux temples.

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Il n’y a encore pas grand monde à cette heure là ce qui rend la visite très agréable. Devant nos yeux ébahis contemplant la première pyramide le guide rit: « Attendez de voir le temple IV ! », nous dit-il. On a du mal à croire que ça puisse être aussi impressionnant que la place centrale où s’élève le temple maya le plus connu, sous lequel un roi serai enterré. Certains bâtiments sont laissés aux caprices de la nature et des arbres y poussent, voire les recouvrent intégralement, ce mélange de ruines et de jungle dans la douce lumière du matin donne vraiment au site un côté Indiana Jones !

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Nous finissons par monter tout en haut du temple IV, le plus haut, pour admirer la vue sur Tikal. Une traînée de nuages recouvre la forêt, rendant le site encore plus mystérieux. Des sommets de pyramides pointent ça et là alors que la jungle recouvre tout. Un horizon de grands arbres et de lianes d’où s’entendent par moments les cris des singes hurleurs. La vue est saisissante et j’ai vraiment du mal à redescendre. Les photos de rendent pas justice à ce site. Dommage, il vous faudra y aller !

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Farniente au Lac PETEN ITZA

Que faire de notre dernière journée ici ? Rester allongées dans la patio à bouquiner et errer sur internet ? Non, Alan a prévu autre chose pour nous : aujourd’hui nous partons en collectivo vers une autre rive du lac, à El Remate, où un de ses amis possède un hôtel.

El Remate est un petit havre de paix où se dressent des hôtels et des cabanes de bois bien cachées dans les feuillages. Le genre de lieu où on passe plusieurs jours à ne strictement rien faire en admirant les changements de couleur du lac tout au long de la journée. Un lieu que je recommande aux  voyageurs qui ont un peu plus d’argent et qui cherchent un moment de farniente totale. Grâce à Alan nous profitons du ponton gratuit et du hamac pour paresser au bord de l’eau. Il n’y a pas de meilleur moyen d’apprécier à sa juste valeur cet immense lac aux eaux calmes et nous passons une après-midi exceptionnelle.

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Le retour s’avère moins reposant : les collectivos ne circulant plus à partir d’une certaine heure, nous avons mal prévu l’heure du coucher du soleil et devons rentrer dans la nuit le long du lac avant de trouver ENFIN un bus qui accepte de nous ramener à Florès. Sachant qu’il fallait un peu plus d’une demi-heure pour rentrer à l’auberge en transport nous serions montées dans n’importe quel véhicule, y compris dans un wagon à bestiaux ! (on y a fortement songé!)

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Après ce retour qui a failli être épique, besoin de confort food: on s’arrête donc au Burger king à l’entrée du village. Parce que comme le Mexique, le Guatemala est très tourné vers les Etats Unis, vous y trouverez  les mêmes enseignes et le coca comme boisson reine.

On est vraiment ravies de ce séjour dans la région du Pétén. Tikal est vraiment LE site maya qu’il faut voir selon moi, en constante fouille archéologique, les découvertes n’en finissent pas et ce lieu est aussi intéressant que beau. Si les longues marches ne vous font pas peur vous pouvez également tenter les treks comme celui d’El Mirador, accessible uniquement après trois jours de marche dans la jungle. Ça doit valoir le coup si on dispose d’un peu plus de temps.

Interview d’expatriés – Justine à Saint-Martin

Vous aviez déjà rencontré Justine lors de son PVT en Australie où elle avait découvert une nouvelle vie super épanouissante faite de grands espaces, de vie en van et d’aventure. Mais elle ne s’est pas arrêtée là et après son année à l’autre bout du monde c’est à Saint-Martin qu’elle a posé ses valises. L’île de Saint-Martin, même si elle est française, est si éloignée de la métropole qu’il n’est pas difficile de s’y sentir expatriée, je suis donc très heureuse de pouvoir interviewer à nouveau Justine  pour en savoir plus sur sa vie insulaire entre cyclones et cocotiers!

  1. Bonjour Justine, la dernière fois que tu étais sur le blog tu nous racontais ton merveilleux PVT en Australie, on te retrouve aujourd’hui à Saint-Martin. Qu’est ce que tu es venue faire ici ?

Je suis rentrée de mon séjour en Australie en janvier 2017, sous des températures glaciales. J’ai repris le travail seulement deux jours après mon retour au sein d’une grosse structure parisienne. Je n’ai tout simplement pas supporté ce brusque retour à la réalité, j’ai donc décidé de tout plaquer et de partir tenter ma chance sur les îles françaises.

C’est par hasard, en répondant à des annonces d’emploi, que j’ai déniché une opportunité professionnelle sur l’île de St Martin dont je ne connaissais même pas l’existence !

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  1. Qu’est ce qui t’attire particulièrement dans la vie insulaire ? Depuis quand tu es intéressée par l’idée d’aller vivre dans les îles ?

En Australie, j’avais adoré vivre dans des villes côtières : le cadre de vie y était exceptionnel.

Je ne souhaitais pas spécialement vivre sur une île, je voulais juste quitter la France, m’expatrier. Mais comme je suis avocat, je ne peux pas travailler à l’étranger sauf à refaire de longues études. Les îles étaient un bon compromis pour être dépaysée et continuer à exercer mon métier, tout en profitant de la douceur de vie des Caraïbes.

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Carnaval de Saint-Martin côté français

 

  1. Tu as connu Saint Martin avant et après Irma : quelles sont les différences ? Les difficultés rencontrées par les habitants ?

Il y a clairement un avant et un après Irma, l’île n’est plus la même. Avant, c’était l’île de la fête et du tourisme à outrance. Aujourd’hui l’île est silencieuse, beaucoup de gens ont quitté l’île. Les ouvriers BTP ont remplacé les touristes car l’heure est à la reconstruction et cela prend du temps.

La saison cyclonique a repris, chacun retient son souffle en priant pour que ça ne recommence pas cette année. Pour ma part, je préfère l’île sans les touristes, c’est agréable de pouvoir accéder aux plages qui auparavant étaient toutes privatisées par des hôtels gigantesques. Il est agréable de se promener librement sans afflux de touristes américains.

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Les traces d’Irma

Même si l’île est abîmée, en quelque sorte la nature a repris ses droits. Je traverse régulièrement les ruines des hôtels pour accéder aux anciennes plages privatisées avec une certaine satisfaction. Malheureusement je constate que les hôtels sont en cours de reconstruction, à l’identique.

J’ai vécu deux séismes ici, et des études alarment la population sur un risque de tsunami, mais  cela n’empêche pas les investisseurs de construire sur les plages. Money is Money !

  1. Quels sont tes lieux préférés pour sortir à Saint-Martin ?

Le quartier « Grand’Case » est niché dans les montagnes verdoyantes du côté français de l’île. C’est la capitale gastronomique des Caraïbes. La journée, une sorte de torpeur gagne les habitants en raison de la chaleur et du rythme de vie très lent. Le soir, la musique résonne et les restaurants se remplissent.

Du côté hollandais du l’île, l’ambiance est très différente, très « américanisée ». C’est là que se situent la plupart des boîtes de nuit, des casinos et des bars.

  1. Qu’est ce que tu conseillerais de faire absolument en venant à Saint-Martin ?

Je conseillerais de ne surtout pas aller sur les sites touristiques sans charme ni saveur. Désormais, je connais des endroits secrets connus des seuls locaux : la piscine naturelle, des points de vue en haut de montagnes, des petites plages difficiles d’accès, et bien sûr, les petites îles aux alentours pour faire du snorkeling et observer les poissons, raies, tortues…

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Sortie en catamaran
  1. Quelles sont les grandes différences avec la vie métropolitaine ? (Il doit y en avoir énormément donc quelles sont les plus frappantes?)

Le rythme de vie est plus lent, la vie beaucoup moins stressante. Les Antillais sont flegmatiques, « à la cool ». C’est très agréable de travailler avec eux, et je réalise désormais à quel point les métropolitains ont tendance à être râleurs : je comprends mieux notre réputation !

Le mode de vie est aussi plus chaleureux : on se tutoie, on passe notre vie en tong, on s’appelle « doudou » et « chérie », les gens t’invitent très facilement chez eux. Il n’y a pas les mêmes barrières qu’en métropole.

L’on ressent aussi une grande liberté, il y a beaucoup moins de règles, de normes, de surveillance. Bien sûr, cela laisse la place à beaucoup d’abus et à une certaine anarchie. Parfois, le sentiment d’insécurité est prégnant, non seulement en raison du fort taux de délinquance mais aussi en raison de l’insuffisance des structures de santé.

 

 

  1. Il y a des choses qui te manquent de la France métropolitaine ?

Indéniablement, la culture : elle est inexistante ici !

Mais aussi la diversité des paysages français. Il ne faut pas oublier que l’île est un petit caillou, il faut prendre l’avion pour changer de coin et c’est un sacré budget. En France, il est facile de changer d’air, de se dépayser, de se divertir avec des loisirs très différents.

Les boutiques françaises me manquent aussi, ici il n’y a rien. Un seul supermarché avec de la bouffe industrielle et quelques boutiques de vêtements pour touristes. Je rêve d’un Décathlon ou d’un Biocoop !

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Les chèvres qui errent près des piscines naturelles
  1. Tu as visité ou prévu de visiter des pays et des îles alentour ?

Je connais les petites îles voisines accessibles en bateau comme St Barth ou Anguilla. Mais j’aimerais visiter les îles plus lointaines comme la Martinique, la Guadeloupe, les îles Vierges, Cuba etc… toutes les îles des petites Antilles. Mais il faut du temps et du budget, pour l’instant je suis plutôt occupée à trouver un appartement, et après Irma : Dieu que c’est difficile !

  1. Qu’est ce qui a le plus changé dans ta vie depuis que tu es ici ?

Le mode de vie : finis les galères de transport, la grisaille parisienne, la mauvaise humeur et le stress ambiant !

  1. Tu te verrais rester vivre ici longtemps ? Ou changer d’île ? De pays ?

L’île est très petite, je me vois difficilement y rester toute ma vie. Tout est possible, je ne ferme la porte à rien : je me laisse la possibilité d’aller un jour élever des lamas en Patagonie si cela me chante !

Pour l’instant en tout cas, je me vois vivre à St Martin quelques années pour gagner en expérience professionnelle dans un beau cadre de vie.

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  1. Quelles sont les différences dans la pratique de ton métier ici par rapport à Paris ?

La pratique est totalement différente.

A Paris, je travaillais dans un grand cabinet d’avocats, au sein d’un département ultra spécialisé, les enjeux financiers s’élevaient à plusieurs millions. Ici, je travaille au sein d’un micro-cabinet généraliste qui fait de tout, le contact humain est bien plus prégnant. Le tribunal est minuscule, tout le monde se connait (15 avocats sur l’île contre plusieurs milliers à Paris).

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  1. On entend souvent dire qu’il n’est pas facile de rencontrer des gens et de s’intégrer dans les îles : ton avis à toi d’après ton expérience ?

En effet, il est très difficile de recommencer sa vie à zéro en quittant tous ses repères, notamment les amis, la famille, l’entourage.

La solitude, un sentiment de vide, peut vite nous gagner, nous sommes plus vite bouleversés car en cas de problème, la famille est loin. Il faut se recréer une famille de cœur, un entourage, mais cela n’est pas facile.

Il y a une grande différence de culture entre les métropolitains et les locaux, je remarque qu’il n’y a pas vraiment de mixité, chacun reste dans son cercle et c’est bien dommage. Moi-même, je fréquente des métropolitains fraîchement arrivés sur l’île, nous nous retrouvons entre jeunes un peu esseulés.

  1. As-tu l’impression que Saint-Martin est tournée vers d’autres pays plus que vers la France ?

Saint Martin est une île très particulière : elle est internationale et cosmopolite. Le côté hollandais de l’île est très anglo-saxon, tourné vers la culture américaine. Nombre de locaux, y compris français, ne parlent que l’anglais. L’île de Saint Martin reste sous perfusion de la métropole dont elle est entièrement dépendante, mais je ne considère pas être en France sur cette île.

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Vue sur la déchetterie côté français : l’écologie est un gros sujet ici
  1. Il y a des différences entre la partie hollandaise et la partie française de l’île ?

La frontière physique n’existe pas mais les deux côtés sont extrêmement différents culturellement parlant.

Le côté français est plus calme, les constructions sont plus modestes et l’ambiance est plus authentique. Côté hollandais, il y a davantage de buildings et de grandes constructions hôtelières.

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Le fort de Philisburg côté hollandais
  1. Quel serait ton bilan d’une année passée ici ?

Je ne regrette pas mon choix d’avoir quitté ma vie parisienne pour tenter autre chose, mais j’avais sous-estimé les difficultés aussi bien au niveau de l’intégration, que les difficultés inhérentes à Irma. Il faut se battre pour se construire une vie ici : Saint-Martin, ça se mérite ! Mais pour rien au monde je ne souhaiterais rentrer en métropole. Une fois que l’on a goûté à ce mode de vie…

 

Belize – le dépaysement assuré

Il y a des pays dans lesquels on rêve d’aller et d’autres qu’on ne connaît que parce qu’on s’amuse sur internet à des jeux de géographie (jetpunk si vous voulez tout savoir). Le Belize fait évidemment partie de la seconde catégorie ! Même si je savais à peu près où le situer – en Amérique centrale – il ne m’était jamais venu à l’esprit que je pouvais visiter un jour ce pays, mais en mettant les yeux sur une carte du Mexique et du Guatemala on s’est aperçu avec Jéromine qu’on serait bien sottes de ne pas en profiter puisque c’était sur le chemin !

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Arrivée à Caye Caulker sous le soleil : les auberges et hotels s’alignent le long de l’île sans en faire trop.

Et comme c’était très exotique et inhabituel de dire « je vais au Belize », c’est devenu LE pays qui m’intriguait le plus de ce voyage, je -ou plutôt on – ne savait absolument pas à quoi s’attendre. On a vite compris qu’il s’agissait d’un pays anglophone en pleine Amérique hispanophone, qu’il était régulièrement colonisé par les Américains, la monnaie est d’ailleurs calquée sur le dollar américain. Le Belize c’était aussi un pays du Commonwealth et sur ces dollars on trouvait le visage de la reine Elizabeth II.

Enfin c’est le pays des Garifuna, ces esclaves évadés des îles de Saint-Vincent et de la Dominique, qui se sont mélangés avec les populations locales, donnant naissance à une culture bien particulière. Bref le Belize c’est un joyeux micmac qu’on avait bien du mal à se représenter.

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Prêts à traverser le pays dans un vieux bus scolaire?

Le Belize est un petit pays à côté du Guatemala ou du Mexique, c’est pourquoi nous avions décidé de n’y passer qu’une petite semaine afin d’en voir le principal : un site maya, une île paradisiaque, et de passer  une nuit dans l’ouest du pays, dans les « Maya mountains ». Je m’étais finalement fait l’image d’un pays mystérieux, peu peuplé, avec peu de touristes et des îles dignes des meilleurs films de piraterie. Nous avons été déçues par le site maya ET par l’île mais nous avons malgré tout adoré le pays : parce qu’on ne s’attendait pas du tout à cette ambiance si particulière qui en fait une des meilleures étapes du voyage.

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Centre de Belize City, un petit côté Nouvelle-Orléans un peu délabrée

L’Arrivée à Belize City

Depuis Bacalar au Mexique nous avons choisi la facilité : un bus mexicain moderne qui nous emmenait directement à Belize City, ancienne capitale du Belize, la ville d’où partait le bateau pour Caye Caulker (la fameuse île anciennement pirate).

La frontière une fois passée nous arrivons dans un autre monde, peut-être même un autre siècle. Je n’ai malheureusement pas pensé à prendre des photos ou des films de la traversée du Belize mais elle était pour le moins étonnante. Sur des routes un peu cahotantes s’étalent des maisons en bois, souvent sur pilotis, ressemblant à s’y méprendre à d’anciennes cases d’esclaves légèrement brinquebalantes. Devant ces maisons sont attachés des chevaux, des chèvres, des boucs qui broutent paisiblement l’herbe autour. Du linge sèche sur les fenêtres, les écoles et les églises sont de grands bâtiments en bois surmontés d’une croix et on croise régulièrement des fillettes en uniforme  qui rentrent de l’école.

En une frontière le changement est radical!

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Cette photo aurait pu être très chouette sans le flou. On voit bien que la population du Belize n’est pas vraiment la même qu’au Mexique et au Guatemala.

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L’arrivée à Belize city fut quelque peu chaotique : notre logement ne se situe pas du tout en centre ville et la couleur et l’odeur de la chambre nous font vite rebrousser chemin. Sauf que maintenant il faut retourner dans le centre pour essayer de trouver un autre gîte !

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La ville ne s’est jamais vraiment remise de l’ouragan Hattie de 1961. La capitale a été déplacée à Belmopan, moins sujette aux ouragans.

Ce sera notre première fois en « Chicken Bus », ces anciens bus scolaires américains, rénovés pour accueillir des hauts parleurs et enceintes diffusant du reggae, qui constituent le moyen de transport le plus courant au Bélize mais aussi au Guatemala. Alors qu’on erre sur le bord de route espérant la venue d’un taxi – nous n’avons aucune espèce d’idée de l’endroit où nous sommes – un de ces bus s’arrête et nous fait monter. Je vous laisse imaginer la tête des passagers en nous voyant grimper dans ce bus. (Précision : la population du Belize est en grande majorité afro-caribéenne, il était difficile de passer inaperçues.)

Parvenues au centre ville nous visitons plusieurs adresses (fermées, pleines, …) avant de céder, et de payer plus que notre budget habituel pour avoir un logement décent et surtout une bonne douche !!

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Le port de Belize City.

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Une fois posées les ennuis ne sont pas finis : nous devons faire au moins 3 ou 4 banques pour réussir enfin à tirer de l’argent, dans la nuit tombante, là où les guides nous disent de nous méfier parce que le lieu n’est « pas sûr ». Mais de l’argent en poche et une douche nous permettent de nous remettre bien vite et de partir explorer Belize City. La ville n’est certainement pas la plus belle des Amériques: petite, sans grande vie culturelle mais allez savoir pourquoi elle nous plait !

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Difficile de se dire qu’il s’agit de la plus grand ville du pays et du coeur économique.

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On voit que les maisons auraient toutes besoin d’un bon ravalement de façade, que la population n’est pas vraiment riche, et qu’il n’y a pas grand chose à faire, mais on sent ici une ambiance typiquement caribéenne. Malgré les recommandations des guides nous ne nous sentons à aucun moment en danger, les gens sont tous adorables, les taxis nous indiquent le chemin quand on leur refuse la course ; les hommes nous saluent d’un « Hey G’al ! Have a good night » sans jamais insister. Encore toute imprégnées de #meToo et prêtes à s’indigner d’une parole en trop on en reste ébahies : certains français devraient venir prendre des cours de savoir vivre au Belize.

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Lamanai
J’avais beaucoup rêvé Lamanai, ce site maya en plein cœur de la jungle, qu’on ne peut atteindre qu’après une heure de bateau dans la mangrove. Je nous voyais déjà coiffées du chapeau d’Indiana Jones, approcher sans bruit ce site sacré pour ne pas attirer les grands fauves qui ne manqueraient pas d’être cachés.
Spoil: ce n’est pas ce qui s’est passé.

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La Canopée , la jungle et la New River
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Temple aux masques de Jaguar

Si les belles pyramides et la joie de pénétrer sur mon premier site maya laissent un bon souvenir, la visite n’a pourtant pas été particulièrement plaisante. Le trajet en bateau était trop long – nous avons même pris nos liseuses pour le retour, c’est vous dire combien le chemin était passionnant -, il ne faisait pas le temps merveilleux que j’imaginais et le guide ne pensant qu’aux belles photos que nous pourrions prendre, nous pressait sans arrêt pour que nous soyons à tel ou tel endroit avant l’arrivée d’autres touristes. Nous étions loin d’Indiana Jones !

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Reste que la vue sur la canopée et sur le fleuve qui serpente au loin était impressionnante et laissait imaginer tout ce que cette jungle pouvait renfermer comme trésors des temps anciens.

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Coucher de soleil au bout de l’île de Caye Caulker

Deux jours de rêve à Caye Caulker?
Fêter mes 27 ans sous le soleil des Caraïbes, les pieds dans l’eau turquoise. En voilà une belle image que j’avais hâte de vivre. Mais nous avons finalement passé ce jour là sous la tempête tropicale, en polaire et coupe-vent, après une matinée à rester sous la couette à bouquiner. Pas très différent du mois de janvier à Paris !

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Pas de plage de sable blanc à Caye Caulker, mais on peut louer des chaises sur la “plage” principale
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Des rues de sable, ici on marche pieds nus sans problèmes.

Caye Caulker possèdait deux choses que nous n’aimons pas en voyage : une foule d’Américains réunis au même endroit avec bien peu de locaux, et AUCUNE plage de sable fin. Mais une fois ces deux déceptions passées ce court séjour sur l’île aura tout de même été une expérience inattendue et intéressante. Malgré l’absence de plage, le bout de l’île est une grande place découverte d’où on peut profiter d’un superbe coucher de soleil autour d’un feu, j’ai adoré l’ambiance cool et douce qui se dégageait de cette place bordée d’eaux aux couleurs si différentes, à l’endroit où l’ouragan Hattie en 1961 a découpé l’île en deux.

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Après une journée et une nuit de tempête tropicale on ramasse les feuilles de palmiers, il y en a partout sur l’île.

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On se croirait en Jamaïque, il faut dire qu’on n’est pas si loin que ça!

L’île est petite et vous en aurez vite fait le tour à pied, mais certaines ruelles sont très agréables, on y rencontre des oiseaux, des barques très photogéniques, et quelques locaux aux dreadlocks qui se balancent sur la musique reggae qu’on entend d’un peu partout. Nous avons cependant réussi à nous perdre pour aller déguster des langoustes dans un petit boui-boui très convivial.

Caye Caulker, comme sa voisine Amburgis Caye, est un haut lieu du tourisme américain mais il ne semble cependant pas entièrement dénaturé : on y retrouve un petit quelque chose de ce qu’on a pu voir à Belize City. Si les touristes viennent ici c’est en priorité pour y faire de la plongée et du snorkelling, la barrière de corail du Belize est la 2eme plus grande au monde après l’Australie. Le temps et le coût de cette activité nous ont dissuadées d’essayer mais je pense que cette expérience rend ce séjour inoubliable !

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Une expérience hors du commun nous attendait cependant pour achever ce séjour sur l’ancienne île pirate: pour fêter mes 27 ans nous avons tout de même décidé de braver la tempête et de parcourir les cent mètres nous séparant d’un bar assez animé. Et pour cause! C’était un bar américain qui accueillait ce soir là un karaoké, tous les Américains de l’île avaient dû se donner rendez-vous là et le temps d’une soirée nous nous sommes retrouvées en plein Kentucky à écouter de la country, médusées mais surtout amusées.

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Traverser le pays De Belize City aux Mayas Mountains à la rencontre des mennonites

Notre dernière étape au Belize nous l’avons effectuée en Chicken Bus, bien installées derrière un mennonite. Vous ne connaissez pas les mennonites? Il est pourtant impossible de les rater quand on se rend au Bélize tant ils se distinguent du reste de la population. Si vous voyez un blanc au Belize vous avez d’ailleurs toutes les chances qu’il soit issu de cette communauté. Cette congrégation religieuse originellement hollandaise, semblable aux Amish, vit comme au XIXe siècle : point de technologie, des chevaux au lieu de voitures, des vêtements typiques du XIXe hollandais. Installés après moult pérégrinations au Belize ils sont aujourd’hui les principaux vendeurs de fruits sur les marchés du Belize et on peut les voir chaque semaine au marché de Belize City.

Vous vous en doutez nous étions extrêmement intriguées par ce grand homme blanc et roux avec son chapeau de paysan et ses vêtements anachroniques, nous trépignions d’envie de lui adresser la parole mais comment ne pas être envahissantes voire insultantes?

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On s’approche du Guatemala, les bus changent de couleurs.

C’est alors que notre mennonite se tourne vers nous, l’air particulièrement intéressé, et en quelques minutes le voici qui s’excuse de nous poser mille questions sur notre vie. Nous n’avons plus aucune peur de lui faire part de nos interrogations sur son style de vie, auquel il répond avec joie, avec un esprit bien plus ouvert que nous aurions pu l’imaginer. Il nous propose de venir visiter sa communauté mais nous n’avons malheureusement pas le temps, nous devons être le lendemain au Guatemala. C’est la rencontre la plus imprévue et peut être la plus enrichissante de ce voyage. Les communautés religieuses de ce type font l’objet de nombreux fantasmes et nous sommes toujours très curieux de savoir comment la vie se passe vraiment là bas.

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Le pont de San Ignacio,  ville étonnement apaisante

La traversée du Belize d’est en ouest sera sûrement la partie que j’aurai préférée : voir se succéder à nouveaux ces vieilles maisons de bois colorées, voir défiler les gens, les uniformes scolaires, distinguer quelques mennonites qui attendent aux arrêts de bus, la peau blanche et les cheveux des femmes ceints de tissus contrastant avec le reste de la population. Apercevoir au loin les montagnes verdoyantes qui se rapprochent, pénétrer dans un nouveau pays plus humide et plus vert sous une bande son de reggae. Jusqu’à la ville à majorité maya de San Ignacio où les maisons redeviennent en dur, où l’ambiance montagnarde est bien loin de Belize City et de la côte, mais tellement agréable qu’on hésitera toute la soirée à rester un jour de plus ici pour faire une rando ou visiter une grotte.

La nuit mouvementée dans l’auberge de jeunesse nous aura convaincues au matin : nous partons le plus vite possible pour Flores au Guatemala, avec l’idée qu’il y a pourtant encore de nombreuses choses à voir au Belize !

 

“Au nord c’était les corons…” – Weekend dans le bassin minier

Comme je vous le disais dans un précédent article sur mes envies de voyage, j’avais une envie grosse comme ça et qui grandissait de plus en plus d’aller voir le bassin minier français. Depuis que j’ai étudié rapidement en licence d’histoire de l’art le patrimoine industriel j’étais super intriguée par tout ce patrimoine inconnu, et en particulier par le bassin minier qui, en plus de posséder des « monuments » superbes, avait des villes datant du Moyen-âge qui promettaient un beau voyage. Les vacances de Pâques et un grand soleil m’ont motivée pour barrer de ma travel liste cette destination et je suis partie 3 jours sur les routes du Pas de Calais entre Arras, Lens et Douai.

J’ai tellement aimé ce week-end que je n’ai pas réussi à faire un article plus court, trop de choses à vous dire, et encore je suis loin d’avoir tout dit!

Un pays de tours d’extraction et de terrils

Si comme moi vous n’avez jamais mis les pieds dans le nord (à part à Lille), les terrils et les chevalements sont des choses bien abstraites pour vous. Petit point vocabulaire et histoire pour poser l’ambiance.

Les chevalements :

Ce sont ces grandes tours la plupart du temps en fer forgé qui marquaient l’entrée des fosses dans lesquelles descendaient les mineurs. Si à la fin de l’exploitation des mines on trouvait des ascenseurs dans ces tours, pendant très longtemps les mineurs sont descendus dans de grands chaudrons, tout serrés, un peu comme dans la ligne 13. Sauf que là on pouvait descendre à plus de 400m de profondeur, bien en dessous du niveau d’un fleuve. 

 

 

Il y avait 150 chevalements dans le bassin minier du Nord Pas de Calais, 21 sont encore debout aujourd’hui. On voit très vite qu’ils sont tous différents. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fosse appartient un quartier fait de corons – ces maisons toutes pareilles – ou de cités ouvrières et ces tours sont le symbole du quartier, ce qui fait leur identité. Alors on ne lésine pas pour avoir une tour plus belle que celle du voisin, on y ajoute des ornements, des toitures particulières, et ces chevalements sont de véritables œuvres architecturales représentatives d’un style et d’une époque donnée.

Les terrils :

Ce sont ces montagnes artificielles toutes noires que l’on peut voir jaillir ici et là dans tout le bassin minier. Ils apparaissent en 1850 et sont la trace extérieure de ce qui s’est passé en sous-sol : ils sont constitués de résidus de charbon, c’est à dire de toute la matière impropre à l’exploitation, qu’on ramenait des mines. Le charbon était en effet remonté à la surface pour que des petites mains – des femmes et des enfants – trient le bon charbon du mauvais. Le mauvais était entassé à côté des fosses, remonté par des wagons.

Quand les terrils devenaient trop lourds ils s’affaissaient, c’est pourquoi on s’est mis à entasser de plus en plus de manière horizontale pour mieux répartir la charge. On a récemment perçu l’importance patrimoniale des terrils comme monuments de mémoire mais aussi leur intérêt écologique.

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Terril 74 de la base 11/19 de Loos en Gohelle

FUN FACT : les terrils parce qu’ils sont formés de résidus de charbon donc très noirs attirent d’avantage le soleil ce qui crée un micro-écosystème, On s’est aperçu qu’on trouvait sur les terrils des fleurs d’Afrique du sud et des espèces animales inconnues de la région.

Mais retournons à nos découvertes !

Les mines c’était le point central de ma visite ici. On ne peut de toute évidence pas tout voir alors on s’est contenté de deux visites principales : la base du 11/19 à Loos en Gohelle, près de Lens, pour y monter sur le terril ; puis la centre historique minier de Lewarde près de Douai.

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Deux périodes de l’histoire des mines et deux chevalements distincts: en fer forgé au XIXe et en béton armé depuis 1950

La base 11/19 de Loos en Gohelle

Les deux terrils jumeaux qui se dressent derrière Lens sont visibles d’un peu partout dans ce paysage plat, et ils sont pour le moins impressionnants. J’ai adoré conduire dans les cités ouvrières avec au bout de la rue ces montagnes qui s’agrandissaient.

Il n’y pas grand- chose à faire à part monter sur ces terrils à la base du 11/19 parce que si le site a été totalement conservé, avec ces deux chevalements du XIXe et post guerre mondiale, c’est parce qu’il abrite aujourd’hui des entreprises liées au numérique. L’idée étant de redynamiser la région qui connaît encore un très fort taux de chômage.

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Un système de rails et de wagonnets amenait les déchets de charbon en haut des terrils

Ce jour là il faisait peut-être un peu trop chaud pour monter un terril, mais on l’a quand même fait. Je vous épargne ma tête rougeaude en arrivant au sommet, il faut dire que la montée n’est pas si facile. Les terrils font facilement 200m de haut et la dernière montée est ultra raide. Tout le long du chemin on croise des gens qui viennent faire leur footing, leur cyclisme ou d’autres qui montent et descendent à toute allure, s’entraînant pour un trail.

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Vue sur la campagne environnante depuis le terril 74a. On voit au fond des terrils en plateaux
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Les fosses 1 et 3 de Liévin avec leurs chevalements

A l’arrivée au sommet, c’est un paysage que je n’ai pas du tout l’habitude de voir et qui surprend : ce pays est totalement plat et on voit par ci par là d’autres terrils et d’autres tours qui sillonnent le paysage. Ça ne donne qu’une petite idée de ce que ça devait être il y a 50 ans. Si vous regardez la série peaky blinders, on y parle souvent du « pays noir », on comprend aisément pourquoi quand on contemple le bassin du haut de ces terrils.

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Centre historique minier de Lewarde

Seconde étape : le centre minier de Lewarde. Ici vous aurez toutes les infos sur la vie de mineur de l’ouverture de la première mine, vers 1720 – oui c’est très tôt – jusqu’à la fermeture totale des mines en 1990. La visite vous mène dans les souterrains de la mine où le guide explique et montre le fonctionnement de celle-ci, vous pouvez ensuite vous balader dans les halls d’exposition et dans les autres bâtiments du site.

Vous pouvez également entendre le témoignage d’anciens mineurs en direct (même s’il commence à ne plus en rester beaucoup). Le site a été rénové pour la visite et il est vraiment très beau ! C’était à ce site là que je pensais en allant visiter le nord. Une belle architecture en brique, de vieilles machines d’acier et les deux chevalements qui nous guident de loin.

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Le carreau de la mine: là où on choisissait les mineurs le matin, ceux qui ne descendaient pas “restaient sur le carreau”  (on en apprend des choses!)

Si vous avez le temps, l’envie ou seulement que vous préferez un autre site , celui de Wallers-Arenberg, plus près de Valenciennes est extrêmement bien conservé et pour cause : c’est ici qu’a été tourné le film Germinal de claude Berri (avec Depardieu et Renaud). Avec ses trois chevalements le site est très impressionnant même de très loin. On est arrivé trop tard pour pouvoir s’y promener mais des visites sont organisées avec d’anciens mineurs, également figurants du film ; le site a d’ailleurs été associé à l’industrie du cinéma et, outre de nombreux tournages, elle accueille des associations ou des entreprises liées au cinéma.

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Les 3 chevalements de Wallers Arenberg. Le plus petit est visible dans le film Germinal.
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L’Estaminet c’est le bar où se retrouvent les mineurs, mais aussi le lieu du synidcalisme. Toute une politique du loisir a été faite pour éviter que les mineurs n’aillent trop à l’estaminet.

Les villes du Nord

Avant d’être connu pour sa houille, le bassin minier était connu pour ses villes drapières qui s’inscrivaient dans une région marchande entre Lyon et Amsterdam : c’est pour ça que beaucoup ont conservé des beffrois et des centre villes typiques des Flandres, même si un grand nombre ont été détruits par les bombardements des deux guerres.

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La place des héros

Arras

Notre point de chute : la superbe ville d’Arras. En fait Arras n’est pas vraiment située dans le bassin minier, elle en est la limite et on voit vite que la ville est plutôt bourgeoise et n’a pas hérité de la même culture que Lens ou Valenciennes. Je savais que la ville serait belle avec sa grande place qui rappelle les places belges et autant le dire : j’ai trouvé la place des héros d’Arras plus belle que les grandes places de Lille ou de Bruxelles ! Un ensemble architectural d’une harmonie rare qui s’étend sur deux places, un beffroi magnifique qui s’illumine à la nuit tombée. Il est aussi agréable de se promener à Arras de nuit que de jour, et pour cela je suis bien contente d’avoir choisi cette ville comme base pour rayonner.

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Grand’place d’Arras

Nous n’avons pas visité les musées et églises d’Arras, ce sera pour une prochaine fois, on avait juste envie de se balader en ville, de prendre une bonne bière sur la place centrale ou de chercher un bon restaurant (que nous avons trouvé), Seul bémol : j’ai trouvé la ville assez chère, on était très proche des prix parisiens.

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Notre airbnb était parfait avec vue d’un coté sur les jardins ouvriers, de l’autre sur le beffroi au loin. Dans un quartier calme et à 5minutes du centre ville. Et surtout il n’était pas difficile de se garer. Point important quand on vient en voiture !

Restaurant Carpe Diem: 8bis rue des petites Vieziers –>cuisine traditionnelle et oiginale en même temps, super bon, patron vraiment sympa!

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Douai

Surprise de ce voyage : l’architecture de Douai. Si Arras est la capitale de l’Artois, Douai est l’ancienne capitale des Flandres, la ville qui accueillait le parlement de la région. Je savais déjà que le beffroi avait été classé au patrimoine de l’Unesco – ce qui vaut dejà une visite – mais je ne m’attendais pas à ce style flamand tout en brique qui s’étend le long de la rivière, la Scarpe, et donne des allures de Venise à la ville. Certes la ville est très petite mais elle constituait une étape parfaite pour y déjeuner le midi et faire une rapide promenade. C’était aussi l’occasion de goûter les spécialités culinaires du coin, même si je ne mange pas de fromage je me suis forcée à tenter le maroilles pour ne pas mourir bête.

*Douai est au cœur du bassin minier et pas loin du site de Lewarde.

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Un vieux pont comme on en voit souvent aux Pays-Bas
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Ancien parlement des Flandres, aujourd’hui cour de justice

Lens 

Autant vous le dire, je n’ai pas trouvé de charme particulier au centre ville de Lens. Nous y passions essentiellement pour voir le Louvre-Lens qui vaut le détour, notamment parce qu’il y avait une exposition sur l’art iranien du XIXe siècle et que je suis passionnée par l’Iran. (Mais aucun rapport avec le thème du voyage). En revanche j’ai été sacrément émue par les cités ouvrières qui se déploient tout autour de la ville, plus particulièrement dans la ville voisine de Liévin où deux chevalements subsistent toujours.

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La base 11/19, la ville de Lens et ses citès minières et d’autres terrils en fond. Ils sont encore 200 dans la région.
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La grande salle du Louvre-Lens: sur la droite une frise permet de situer chronologiquement les oeuvres.

Pour la petite histoire, le chevalement qui se trouve sur l’actuel parking du Carrefour indiquait l’entrée de la fosse 3, c’est dans cette fosse que le célèbre joueur de foot Kopa a travaillé avant de se faire repérer puis de jouer au Real Madrid. Cette anecdote a son importance car elle témoigne du lien fort qui existe entre le bassin minier et le foot. Le stade de Lens est d’ailleurs visible de partout aux alentours et a été construit par les mineurs. Si l’occasion se présente je pense que c’est une expérience incroyable d’aller voir un match du RC Lens à domicile et d’entendre le stade chanter leur hymne : les corons.

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Les corons devant le site de Wallers-Arenberg

Les corons

Tout au long de notre périple nous avons croisé des corons et des cités ouvrières qui sont sortis de terre dans l’ombre des immenses terrils. Si vous avez vu Billy Eliott ça vous rappellera forcement quelque chose. Il y a une certaine beauté dans ces cités, symboles de tout une culture et de tout un mode de vie. Elles ont souvent été réalisées par des architectes auxquels faisaient appel les compagnies minières : le but était de montrer pourquoi SA cité était la meilleure, la plus hygiénique, la plus agréable pour vivre.

 

 

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Jolies maison d’Arras

Les corons sont ce qui m’a le plus ému dans tout ce voyage, ça vous prend au ventre, parce qu’il ne s’agit pas d’un mode de vie qui a disparu il y a bien longtemps, c’était presque hier et on s’aperçoit qu’on n’y connaissait rien, que ce passé minier a longtemps été quelque chose dont on ne parlait pas, qu’on n’a pas eu autant de considération qu’ils le méritaient pour ces hommes et pour ces familles alors qu’on leur doit tant.

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La cité 9 de Lens, jute à côté du Louvre-Lens: un bon exemple d’organisation hiérarchique des cités ouvrières. Le terril 74a en fond.
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Cité 9 – Eglise Saint-Théodore: inspirée des maisons scandinaves mais la brique remplace le bois. Edifiée par l’architecte Louis-Marie Cordonnier qui a réalisé de nombreuses cités ouvrières.

J’ai appris que la plupart des droits économiques et sociaux qui font désormais partie de notre constitution ont été acquis suite à des grèves et des revendications des mineurs. Zola s’est d’ailleurs inspiré d’une grève réelle, celle des mineurs d’Anzin en 1884, pour écrire son roman Germinal; il est lui même descendu dans la mine – roman naturaliste oblige – et on peut toujours voir le terril renard dont il parle dans le livre. Cette grève a permis de mettre en place la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats.

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Le bassin de la première guerre et le carnage de la bataille d’Arras

Dernière thématique imprévue de ce week-end : les lieux de mémoire de la grande guerre. Vous saviez que s’était déroulée en 1917 une importante bataille à Arras ? Non ? Et bien moi non plus !

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La carrière Wellington

C’est pourtant la première chose qu’on a  visité à Arras. Notre logement se trouvait pas loin d’un lieu appelé « la carrière Wellington » et comme mon copain adore descendre sous terre, c’était l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette fameuse bataille.

Si on ne connait rien à cet épisode de la guerre c’est qu’Arras a été confiée durant 2 ans au commandement britannique et que cette bataille devait se dérouler en même temps que la bataille du Chemin des Dames (là normalement vous en avez entendu parlé) pour prendre les allemands en tenaille. Je vous passe les détails de la statégie, le résultat c’est que les britanniques ont réussi leur mission, ils ont fait recuer les allemands de 12km au prix de…250 000 morts.

Voilà.

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L’une des sorties pour donner l’assaut. Les écritures en noire datent de la 1ère Guerre Mondiale.

Les souterrains d’Aras ont été creusés par les tunneliers néo-zélandais pour créer tout un réseau qui permettrait d’arriver derrière les lignes ennemies. Une semaine avant l’assaut 24 000 soldats sont restés terrés dans les souterrains. On y voit aujourd’hui les traces de leur passage, et ces traces donnent souvent envie de pleurer.

Ce qui était le plus surprenant c’était que nous étions les seuls Français lors de cette visite : des Britanniques, des Canadiens ou encore des membres de l’armée néo-zélandaises etaient présents et on sentait l’ambiance de recueillement, de pèlerinage que revêtait cette visite. Nous avions honte de ne rien en savoir alors qu’elle s’est déroulée chez nous.

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Jolis trous d’obus qui forment un paysage vallonné; il faut imaginer que le 9 avril 1917 il neigeait et cette belle herbe verte était un mélange de boue et de gel.
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La zone neutre entre les camps français et allemand séparés de 20m par de grands trous d’obus.

Le mémorial de Vimy

Plusieurs lieux de mémoire étant accessibles entre Arras et Lens, nous avons décidé de nous rendre au mémorial canadien de Vimy qui rend hommage aux 66 000 morts canadiens. La crête de Vimy a été reprise par les Canadiens lors de cette fameuse bataille et on comprend pourquoi : d’en haut on a vu sur toute la région. Le terrain est jalonné de trous d’obus recouverts d’une belle herbe bien verte. Je ne veux même pas pensé à ce  qui se trouve sous cette belle forêt où la nature a repris ses droits. Reste que ce terrain n’est pas accessible aux marcheurs, il a été impossible de déminer. Autre particularité, ce lieu a été cédé au Canada, vous vous retrouvez donc en terre canadienne et la visite est assurée par des Québécois! Ici aussi nous avons croisé une majorité de touristes Américains ou de Canadiens.

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Symbole du passage vers la vie éternelle. Ce monument massif est sincèrement émouvant.

Je ne m’étais jamais intéressée à la première guerre mondiale parce qu’on nous bassine trop avec ça au lycée, mais ces lieux de mémoire m’ont  touché et je réfléchis déjà à un pochain weekend ou juste une journée pour aller visiter Verdun, la Somme ou encore me rendre sur cette zone morte, non déminée, encore pleine de tranchées dont j’ai vu récemment un thread sur twitter (je vous mets le lien plus bas.)

Comme vous pouvez le voir ce week-end de découverte a été au delà de mes espérances, il faut dire que nous avons profité d’un temps superbe qui rend toute visite plus agréable. Je ne peux que chaudement recommander à tous les passionnés d’histoire de venir passer quelque jours dans ce coin, il y a tant à apprendre, tant de lieux de mémoire (de la guerre mais aussi des mines). J’ai été sur-stimulée intellectuellement et émotionnellement durant 3 jours, parce que cette histoire est encore récente et on se rend bien compte de tout ce qu’elle a de terrible.

Bref. Allez dans le bassin minier, c’est trop bien !

P.S : je ne suis passée que rapidement à Valenciennes pour prendre l’apéro donc pas de photos de la ville, mais j’ai aussi été agréablement surprise, j’ai trouvé la ville dynamique et je sais qu’il y a de nombreux sites à voir autour.

Liens:

Pour en savoir plus sur cette histoire fascinante: le site de l’Unesco sur le bassin minier

Les corons chantés par les supporters du RC Lens:

La zone rouge française 

Je réponds au sunshine blogger award

Si tu devais revivre un de tes voyages lequel ce serait et pourquoi?

Peut-être le tout premier voyage de “grande” à Istanbul. C’était notre premier voyage avec Jéromine, l’archivoyageuse – on en est à six depuis – et on avait décideé de se poser 10 jours à Istanbul. Un bon compromis pour être dépaysées et prendre ses marques en même temps. A l’époque on n’avait pas encore de wifi, et encore moins de réseau itinérant alors c’était la vraie aventure, celle où tu ne contactes personne pendant 10 jours. j’en garde un excellent souvenir et un grand amour pour la ville d’Istanbul.

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Istanbul – Premier voyage à deux aux confins de l’Europe

Tu es plutôt voyage en solo ou en groupe?

Plutôt voyage à deux ou en petit groupe. Je n’ai voyagé seule qu’un fois: pour aller à Londres consulter mes archives. J’avais adoré ça mais c’est sans doute parce que je connaissais des gens sur place et j’avais l’occasion d’aller boire des verres le soir. Je préfère en général partir avec quelqu’un: une amie ou mon copain, ou encore mes parents par moments. C’est sûrement avec eux que je voyage le mieux, par habitude et parce qu’ils sont vraiment à la cool.

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Partner in crime lors du dernier voyage au Belize

Es-tu déjà partie pour une destination qui ne t’attirait pas plus que ça et qui t’a beaucoup plu finalement?

La Chine sans hésiter. Je n’étais pas du tout mais alors du tout attirée par ce grand pays dont je ne connaissais rien. Mais quand Jéromine a proposé d’y passer un mois je me suis dit que c’était l’occasion, je n’y serais jamais allée par moi même. En me plongeant dans les guides j’ai découvert quelques endroits qui me faisaient sacrément rêver: le Yunnan par exemple. J’ai adoré ce pays, pas seulement pour ses paysages ou ses monuments mais vraiment pour l’ambiance générale qui s’en dégage. Maintenant que j’en ai vu un bout la Chine ne me paraît plus si inaccessible et j’ai beaucoup d’idées d’endroits à découvrir ou redécouvrir la bas. J’ai su le jour de mon départ que je voudrais y retourner un jour.

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La Chine – plus que les paysages ou les monuments c’est une ambiance générale qui m’a happée.

Comment t’organises -tu pour préparer tes articles?

Comme pour le reste de ma vie: je ne m’organise pas. Ce n’est pas tout à fait vrai, même si je n’écris rien et que je ne tiens pas de programme, ce qui m’empêche d’ailleurs d’être régulière, j’ai toujours une idée des futurs articles que je dois écrire. J’essaie de varier les styles d’articles pour que ce soit plus dynamique. Par exemple je fais rarement plus de deux articles purement récits de voyage de suite, j’aime y intercaler des articles de critique littéraire, ou un mélange de ce que j’ai pu faire à Paris dernièrement, ou encore des interviews de voyageurs.

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Entre deux destinations lointaines je visite Paris et sa région

Que fais-tu dans la vie?

La plus dure des questions. En général je réponds “pas grand chose” parce que j’ai une immense confiance en moi et que j’ai toujours peur que la personne face à moi me considère comme une chômeuse assistée, c’est pouquoi je préfère prendre les devants. En vrai en ce moment j’essaie de réviser des concours pour devenir bibliothécaire. J’ai travaillé pendant un an dans des bibliothèques et c’est impossible d’avoir une situation pérenne sans concours dans ce travail donc je me lance, assez sérieusement pour une fois.

Quel est le dernier livre que tu as lu et que tu as vraiment aimé?

J’ai lu “Lady Helen” quand j’étais au Guatemala, j’ai aimé comme un livre bonbon dont on a très très envie de lire la suite parce que ça rappelle les premiers émois adolescents.

Je pense que le dernier livre que j’ai vraiment eu du mal à quitter, qui m’a ouvert un tout nouveau champ de littérature c’est “Premier de cordée” de Frison-Roche dont j’ai parlé dans un précédent article. Je ne m’attendais pas à aimer à ce point ce roman d’alpinisme.

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Dans le patio de Flores au Guatemala, je dévore Lady Helen.

Quel est l’article de ton blog qui est le plus consulté par tes lecteurs?

“Randonnées dans le massif du Durmitor”, chaque semaine sans exception c’est l’article le plus lu, c’est aussi celui qui arrive dans les premières pages google quand on tape le mot clé “durmitor”. Ceci explique cela. Je suis assez contente de cet article, les photos sont jolies et je pense que ce rapide résumé de quelques randos est simple mais apporte beaucoup d’indications à qui veut se rendre au Monténégro. J’aimerais refaire des articles qui fonctionnent aussi bien.

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Randonnées dans le superbe massif du Durmitor au Monténégro. Une belle découverte.

Si tu pouvais aller n’importe où là tout de suite?

Dans ces cas là il faut toujours répondre: en Norvège, et plus précisément aux îles Lofoten.

Quelle est ta bande son parfaite pour un long trajet en bus, en train ou en avion?

Tout dépend du lieu. En Ecosse ou en Norvège j’aime écouter du métal ou de la musique classique, je trouve que les paysages s’y prêtent particulièrement. Pour le reste j’écoute généralement du folk: Alela Diane, Agnes Obel, First Aid Kit, Bob Dylan. Et quand j’en ai assez j’écoute le mp3 de Jéromine qui n’a pas du tout les mêmes musiques que moi, sauf pour la chanson française (vive Renaud).

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Le train en Chine, le bus en Amérique centrale: les moyens de transports sont une partie importante du voyage.

Qu’est ce que tu préfères dans le fait de tenir un blog?

J’aime avoir des idées pour des articles et voir la réalisation de ces idées. J’aime aussi que bloguer implique d’avoir toujours quelque chose à faire, à améliorer. Je ne crois pas que je pourrais vivre en n’ayant aucune contrainte, ce blog c’est la contrainte que je m’impose toute seule, une contrainte créative qui me permet d’avoir toujours la sensation de produire quelques chose. Et quand on est souvent au chômage comme moi c’est important pour sa propre santé psychologique de se sentir créateur de quelque chose.

Quel est ton blog préféré?

Le blog de Mathilde. Je suis toujours ravie et jalouse de ses articles. Depuis des années son ton reste sympa, comme une bonne copine qui nous parle, et elle nous abreuve en même temps de photos magnifiques, de très bonnes explications, de récits très personnels et en même temps indicatifs juste comme il faut. C’est THE blog voyage à mon goût.

Comme la plupart des blogueurs que je suis ont déjà été mentionnés pour le sunshine blogger award je ne vais pas leur rajouter une tâche supplémentaire et je m’abstiens donc de nommer des gens (et de trouver des questions à poser ahah). C’était en tout cas un plaisir de lire tous vos questionnaires et toutes vos réponses, j’espère que les miennes vont intéresseront de même.

Un grand week-end dans le Yucatan ou du bleu, du bleu et encore du bleu

Etes-vous prêts à vous prendre une bonne dose de bleu ? Avec un grand soleil, les cocotiers et tutti quanti ? Oui ? Alors vous pouvez lire la suite de cet article et partir le temps de quelques photos dans les eaux magnifiques du Yucatan, où commence ce voyage de deux mois en Amérique centrale.

Notre avion atterrissait à Cancun, c’était moins cher et ça avait un quelque chose de follement exotique pour moi d’arriver à Cancun – tout en étant bien consciente que cette ville est un symbole du tourisme all inclusive, donc rien de fort dépaysant.

Il y a tellement de choses à faire dans la péninsule du Yucatan que j’ai vite compris que je ne pourrais pas tout faire et qu’il me faudrait revenir pour plus longtemps alors on a décidé de se contenter du principal : la mer et la farniente. Longer la côte des caraïbes durant 5 jours, voilà de quoi faire une rupture totale avec l’hiver parisien.

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  1. Cancun et Isla Mujeres

A Cancun on a eu la chance de loger chez une Mexicaine, loin du complexe touristique. Des quartiers avec de petites maisons colorées aux portes ouvertes sur la rue en soirée. Aller chercher les tacos au coin de la rue et héler nos premiers taxis nous ont permis de nous remettre dans un rythme de road trip de longue haleine et de redécouvrir avec joie cette liberté.

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Nous n’avions prévu qu’une journée ici pour nous rendre à Isla Mujeres – l’île des femmes. Sur la playa del norte – la plage gratuite au nord de l’île – nous étions pratiquement seules le matin, et malgré une nette augmentation de la densité sur la plage dans l’après-midi, la plage méritait son titre de « plage paradisiaque ». La mer était d’un bleu que je n’avais jamais vu, le sable d’un doux blanc qui brulait légèrement les pieds, les palmiers sous lesquels nous avions posé nos serviettes faisaient l’ombre idéale dont nous avions besoin, et j’aurais sans doute pu me passer des yachts avec leur musique à fond mais ils font ici aussi partie du paysage.

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A part la sieste et la baignade il n’y a pas grand-chose à faire à Isla Mujeres : l’ile est petite et se traverse à pied ou en camionnette de golf mais peu d’activités y sont proposées contrairement à l’île de Cozumel connue pour la plongée. Proche de Cancun les prix y sont plus élevés que dans d’autres îles et vous devrez débourser pour manger dans les restaurants à la cool sur la plage, sans que ce soit de la grande qualité.

Isla Mujeres n’est surement pas la plus belle île des Caraïbes, Cozumel et Isla Holbox ont notamment plus de charme ou plus d’activités, mais c’est par cette île que j’ai abordé les Caraïbes pour la première fois et elle me semble une bonne entrée en matière pour cette région, loin du complexe balnéaire de Cancun.

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  1. Playa del Carmen

Après une journée à Cancun, direction Playa del Carmen, autre ville très touristique de la riviera Maya. Je ne m’attendais pas à ce que la route depuis Cancun jusqu’à Playa del Carmen soit entièrement entourée de jungle. A vrai dire je ne savais même pas qu’il y avait de la jungle dans la péninsule du Yucatan, je la situais plutôt uniquement au Guatemala. Ce trajet en collectivo – ou taxi collectif – s’est avéré déjà être une sorte de dépaysement : j’adore regarder le paysage en voiture et là il s’agissait d’un paysage que je n’avais jamais vu. Le pied!

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Playa del Carmen est bien différente de ce que j’ai pu voir de Cancun et me rappelle plutôt les villes balnéaires françaises avec leur grande rue centrale bordée de café et de magasins banana moon ou Quicksilver – sauf qu’ici il y a aussi de l’artisanat. J’ai globalement aimé l’ambiance de Playa del carmen ; dès qu’on s’éloigne du centre les rues deviennent plus « authentiques » avec beaucoup de cafés et de petits restos qui ont l’air vraiment sympa. Très colorée, très vivante, il semble que la ville attire beaucoup la jeunesse mexicaine qui vient ici pour travailler autant que pour s’amuser, nous avons d’ailleurs été logées par un Mexicain originaire de Mexico et qui travaillait comme serveur dans les grands hôtels all inclusive de la riviera Maya. C’est grâce à lui que nous avons découvert la plus belle plage du voyage (ok ex aequo avec Chacahua) : Xpu-HA.

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Sur la plage abandonnée…

Il faut prendre un collectivo pour aller à Xpu-Ha, et en vous arrêtant à peu près au milieu de nulle part au bord de la jungle, vous arriverez sur une immense plage (payante) de sable fin et d’eau turquoise avec pratiquement personne ! Un endroit où j’aimerais pouvoir me transplaner à loisir. Je vous laisse juger.

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  1. Les cenotes – Bejil-ha

Si j’avais une seule adresse à vous conseiller pour ces 5 jours ce serait celle-ci : Bejil-ha ou comment visiter les cenotes de façon responsable et en aidant l’économie locale.

Le Yucatan possède de nombreux cenotes, ces immenses trous emplis d’une eau pure et d’un bleu profond. Les cenotes que vous font visiter Bejil ha sont peut-être moins phénoménaux que les plus célèbres cenotes mais cette visite vous en apprendra beaucoup plus sur ce phénomène étrange et vous aurez en prime de superbes photos de vous sous l’eau.

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Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins…

Les deux guides de Bejil-Ha, Einner et Ivan, sont originaires du village de Chemuyil – entre Playa del Carmen et Tulum – et ont commencé à nettoyer les cenotes autour du village il y a quelques années, conscients du potentiel touristique de ces lieux et de l’importance de conserver la faune et la flore de leur région. Mettant à contribution les écoles du coin – qui s’occupent de faire par exemple les panneaux de prévention pour maintenir les lieux propres – ils ont monté leur propre organisation pour faire visiter ces cenotes à vélo.

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Cenote vu du dehors
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Le même vu du dedans.

Vous visiterez 5 cenotes assez différents les uns des autres et vous pourrez nager, presque toujours seul, dans chacun d’eux, découvrant la profondeur incroyable de ces grottes souterraines reliées entre elles.

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Vue de dehors: c’est beau mais ça semble minuscule
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Il y a en fait une profonde grotte où des plongeurs s’entrainent

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En prime des photos de vous sont faites sous l’eau, il faut savoir nager et aimer se prendre au jeu de la caméra mais comme vous pouvez le voir le résultat vaut le coup et la séance de photo est vraiment amusante.

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Dernier cenote: on peut voir tous les plongeurs qui visitent les cenotes par en dessous

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Ca ne parait pas haut mais ca l’était un peu, et pourtant on a sauté!

P.S: vous pouvez suivre Bejil-Ha sur instagram pour vous donner une idée des photos auxquelles vous aurez droit.

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  1. Bacalar : la lagune aux sept couleurs

On m’avait dit tant de bien de Bacalar que j’ai forcément été un peu déçue, ce n’est pas tellement que le lieu n’est pas magnifique mais j’imaginais plus d’endroits pour se baigner et surtout je pensais y avoir très chaud. Erreur, on a eu du mal à dépasser les 20 degrés, et c’est frustrant de voir cette eau magnifique et de grelotter de froid.

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MAIS qu’on se le dise, il faut passer à Bacalar. D’abord parce que c’est calme, et ce calme peut faire du bien après l’agitation de Cancun, Playa del carmen ou Tulum. Ensuite parce qu’il s’agit d’un endroit unique au monde : cette lagune aux couleurs si changeantes, abritant quelques cenotes et le fameux canal de pirates à l’eau presque laiteuse.

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Nous avons décidé de prendre un bateau qui faisait le tour de la lagune, une bonne idée pour voir les différents bleus et faire de belles photos à différents points de vues, on peut aussi y voir les stromatolithes, ces étranges organismes vivants qui grossissent de plusieurs centimètres par an. Il est également possible de louer un vélo et de se promener le long de la lagune – mais alors vous ne verrez pas le canal des pirates.

 

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Conseils :

Rien de difficile pour se déplacer dans le Yucatan : une grande route traverse du nord au sud le long de la mer des Caraïbes, vous trouverez des collectivos pour vous emmener facilement d’une ville à l’autre, et pour les plus longs trajets (Playa del carmen-Bacalar) la compagnie de bus ADO assure les liaisons dans de supers bus. On a d’ailleurs repris cette compagnie pour la plupart de nos déplacements par la suite.

Bateau pour Isla Mujeres : depuis l’embarcadère de Puerto Juarez ; 300 pesos A/R (30 minutes de traversée)

Collectivo pour Xpu-Ha : 35 pesos (30 minutes)

Collectivo pour Chemuyil : 40 pesos (45 minutes)

Bejil-Ha : 500 pesos la visite ; 300 pesos les photos – Les deux valent ce prix.

Pour vous rendre au Belize ce n’est pas bien compliqué non plus : vous trouverez des bus directs jusqu’à Belize City (4h) depuis le terminal de la compagnie ADO (sur la grande route). Pensez juste à vous munir d’argent liquide pour passer la frontière.

Mes voyages idéaux en 2018

« C’est quoi le prochain voyage ? »

Dernier repas du dernier jour de voyage, voici la question rituelle qu’on se pose Jéromine et moi, depuis près de 10 ans. Ça fait deux mois qu’on parcourt l’Amérique centrale, un voyage qu’on n’a pas encore digéré mais on pense déjà à « après ». Il faudrait profiter de l’instant présent, réfléchir à ce qu’on vient de vivre mais c’est plus fort que nous : on a toujours mille idées de destinations et chaque voyage en appelle un autre.

Le retour à Paris n’étant pas forcément le plus facile pour moi – vive le chômage et l’absence de stimulation qui m’avait portée pendant les deux derniers mois – c’est autant un moyen de rebondir que de rêver à mes prochaines escapades. Je suis loin d’être une folle de l’organisation et je me retrouve en général à partir dans des pays ou des régions auxquels je n’avais jamais pensé et qui sont d’excellents souvenirs- La Nouvelle-Orléans (merci Jeanne), la Chine, le Monténégro – mais j’éprouve toujours autant de plaisir à établir des wishlist qui ne cessent de s’agrandir, comme autant de possibilités de vie, de découvertes.

J’ai trouvé cet article sur le blog de Mango & Salt et je me suis dit: pourquoi ne pas partager moi aussi mes envies. Certaines me trottent dans la tête depuis un moment, d’autres sont toutes nouvelles et ne seront peut-être plus d’actualité le mois prochain, je vous présente mes dix destinations de rêve pour cette année 2018 :

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  1. Ethiopie/Djibouti

Ce mois-ci lonely planet a sorti son premier guide sur l’Ethiopie, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir sur google image tous les « incontournables » et depuis je rêve de me rendre dans ce pays. Je ne m’attendais pas à une telle diversité de paysages et de patrimoine : des cascades, des parc nationaux dignes de Yellowstone, un héritage italien, d’anciens châteaux, et la mer turquoise de Djibouti. Depuis je suis passée à la librairie Voyageurs du monde pour consulter le guide et me faire une idée du temps et du montant d’un tel voyage. Résultat : je doute que ce soit pour maintenant mais ça ne m’empêche pas de le garder dans un coin de ma tête.

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  1. Bassin minier français

J’y pensais depuis longtemps, un second visionnage de la série Peaky Blinders qui se déroule dans la ville industrielle de Birmingham m’a convaincue : mon prochain weekend sera dans le bassin minier du nord de la France. J’avais beaucoup apprécié pouvoir prendre la voiture et être libre de nos mouvements pour aller visiter la Normandie en mars. On avait remis le couvert en Octobre pour voir les châteaux de la Loire et je m’étais dit que pour notre prochain weekend amoureux je voulais changer du tourisme habituel et découvrir le patrimoine industriel. Cette région n’est pas loin de Paris et regorge de villes au passé industriel qui retrouvent une seconde vie grâce au tourisme, j’ai déjà prévu une visite de la mine de Lewarde et un passage par les villes de Lens et/ou Arras.

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  1. Madrid

Après avoir vu Antigua, Oaxaca, Mexico et d’autres villes au passé colonial espagnol j’ai eu envie de voir d’où venaient toutes ces villes et de me rendre aux origines de cette colonisation : Madrid. J’aime les villes méditerranéennes, Madrid à l’avantage d’être assez proche et les billets d’avion ne sont pas trop chers. Même si je n’en ai pas entendu des critiques dithyrambiques je suis vraiment curieuse de goûter à l’ambiance de la capitale espagnole.

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  1. Isthme de Courlande et Lituanie

Des goûts bizarres moi ? Pas du tout. Bon d’accord j’avoue que je n’avais jamais entendu parler de cette région de la Baltique avant d’avoir un cours de géopolitique avec une ambassadrice de la Lituanie. Je suis allée sur google image et ce paysage m’a séduite : une longue bande de forêt bordée de plage, le genre de paysage apaisant. Au-delà de ce lieu très particulier situé à la fois en Lituanie et sur l’enclave russe de Kaliningrad, je pense qu’un voyage en Lituanie me plairait beaucoup : je connais peu les pays slaves et le paysage de Lituanie a de quoi me plaire : lacs, forêts, vieilles villes. Tout ce que j’aime.

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  1. Thessalonique

Après mon road trip en Grèce continentale de cet été j’ai envie de découvrir encore plus la Grèce et l’article de Marie sur la capitale de la région de Chalcidique donne clairement envie de prendre un avion immédiatement. La ville est riche d’un passé macédonien puis ottoman et à quelques kilomètres de là se trouvent des plages parmi les plus belles de Grèce. Que demande le peuple?

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  1. Colombie

Pendant deux mois j’ai entendu parler de la Colombie comme le pays le plus beau du monde. Impossible de ne pas piquer ma curiosité. Un petit tour sur google image m’a montré combien la Colombie avait des paysages divers et tous sublimes – désert, plages de caraïbes, montagnes – et les récentes photos de Mi-fugue mi-raison qui y sont pour plusieurs mois ne font que conforter cette idée.

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  1. Nord de l’Espagne : la Navarre et Saragosse

5h40 – c’est le temps que met le train pour arriver à Hendaye, la frontière espagnole depuis Paris. J’adore le train, j’adore aussi les road trip. Il me semble que partir en Navarre espagnole est un bon moyen de mixer les deux. Mon objectif numéro un c’est bien entendu le désert de Bardenas Reales, ou comment découvrir l’ambiance des grands déserts américains sans aller trop loin. J’ai aussi repéré la ville de Saragosse à mi-chemin entre Hendaye et le désert, qui semble vraiment belle. En règle générale c’est une région qui vaut bien une grosse semaine et dans laquelle on ne peut pas s’ennuyer.

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  1. Georgie

Puisqu’on est parti dans les paysages désertiques voici mon obsession de l’année : la Géorgie. Je rêve de ses montagnes vertes, de ses monastères perdus au milieu de rien, de la vivante Tbilissi, des grottes rappelant Petra. Plus généralement on ne m’a fait que de très bons retours de ce pays. Encore une fois sa relative proximité et sa superficie « humaine » (ce n’est pas la Chine ou le Kazakhstan) en font une destination idéale pour un voyage montagnard.

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  1. Les Pouilles

De l’eau turquoise, des villes historiques et l’une des meilleures gastronomies du monde. Ajoutez à cela que l’Italie est devenue presque mon second pays : je ne peux que rêver d’aller dans les Pouilles, d’ailleurs j’ai déjà le guide chez moi. Une seule chose me freine : j’ai peur qu’il y fasse beaucoup beaucoup trop chaud en été. Mais après les 45 degrés à Athènes, tout devrait paraître supportable.

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  1. York

Encore une très vieille envie, de toutes les villes anglaises York est sûrement celle qui m’attire le plus. Petite, calme mais néanmoins vivante, elle semble réunir tout ce que j’aime de l’Angleterre. Entourée de collines verdoyantes, de vieilles propriétés qui rappellent Downtown abbey ou les œuvres de Jane Austen, York est une constante de ma wishlist voyage.

11. (Parce que pourquoi pas) Toulouse et sa région

Je n’avais pas particulièrement apprécié Toulouse lors de ma première visite il y a quelques années. Maintenant que j’ai un membre de la famille de mon copain qui y vit j’aimerais laisser une deuxième chance à la ville. ET alors que le temps reste grisâtre à Paris j’avoue que l’idée d’un weekend au soleil pour pas cher me tente beaucoup!

sources de photos: Ethiopie / Bassin minier / Madrid / Colombie – les autres photos sont libres de droit.